Paris

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la capitale de la France. Pour les autres significations, voir Paris (homonymie).
Paris
La tour Eiffel et les gratte-ciel de la Défense en arrière-plan.
La tour Eiffel et les gratte-ciel de la Défense en arrière-plan.
Blason de Paris
Blason
Logo
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France (préfecture)
Département Paris (préfecture)
Arrondissement Paris (Chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 20 cantons (les arrondissements)
Maire
Mandat
Anne Hidalgo (PS)
2014-2020
Code postal 75001 à 75020 et 75116
Code commune 75056 et de 75101 à 75120
Démographie
Gentilé Parisiens
Population
municipale
2 249 975 hab. (2011)
Densité 21 347 hab./km2
Population
aire urbaine
12 292 895 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 24″ N 2° 21′ 07″ E / 48.856578, 2.35182848° 51′ 24″ Nord 2° 21′ 07″ Est / 48.856578, 2.351828  
Altitude Min. 28 m – Max. 131 m
Superficie 105,40 km2
Localisation

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Site web paris.fr

Paris (prononcé [pa.ʁi ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est la capitale de la France. Elle se situe au cœur d'une vaste plaine fertile au climat tempéré, le Bassin parisien, sur une boucle de la Seine, entre les confluents de celle-ci avec la Marne et l’Oise. Ses habitants s’appellent les Parisiens.

Paris est également le chef-lieu de la région Île-de-France et l'unique commune française qui est en même temps un département. Comme les villes de Lyon et de Marseille, elle est divisée en arrondissements (au nombre de vingt). Elle possède un préfet de police.

Ville longtemps la plus peuplée d'Europe, elle reste la plus peuplée de France. D’après le recensement de l’Insee[b 1], la commune de Paris comptait au 1er janvier 2011 plus de 2,2 millions d'habitants. L'agglomération de Paris s’est largement développée au cours du XXe siècle, rassemblant 10,5 millions d'habitants au 1er janvier 2011[b 2], et son aire urbaine (l’agglomération et la couronne périurbaine) comptait environ 12,3 millions d'habitants au 1er janvier 2011[b 3]. Elle est l'une des agglomérations européennes les plus peuplées.

La position de Paris, sur une île permettant le franchissement du grand fleuve navigable qu'est la Seine par une voie reliant le Nord et le Sud des Gaules, en fait dès l'Antiquité une cité importante, capitale des Parisii, puis lieu de séjour d'un empereur. Sa position au centre du territoire contrôlé par les rois Francs la fait choisir comme capitale de la France à la place de Tournai. Placée au centre d'un territoire agricole fertile avec un climat humide et doux, Paris devient une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, avec l'Université de Paris, la cité devient un des premiers foyers en Europe pour l’enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cesse de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est l'une des villes les plus importantes de tout le monde chrétien. Au XVIIe siècle, elle est la capitale de l'une des principales puissances politiques européenne, au XVIIIe siècle l'un des plus grands centres culturels de l’Europe et au XIXe siècle la capitale des arts et des plaisirs. Paris joue donc un rôle politique et économique majeur dans l’histoire de l'Europe au cours du IIe millénaire.

Symbole de la culture française, abritant de nombreux monuments, la ville attire dans les années 2000 près de trente millions de visiteurs par an[1]. Paris occupe également une place prépondérante dans le milieu de la mode et du luxe ; c'est aussi une des capitales les plus visitées au monde.

La ville est, avec sa banlieue, la capitale économique et commerciale de la France, ainsi que sa première place financière et boursière. La région parisienne, avec un produit intérieur brut (PIB) de 607 milliards d'euros (845 milliards de dollars) en 2011[b 4], est un acteur économique européen majeur. Elle est la première région européenne par le PIB régional[2] et 6e par le PIB par habitant PPA[3]. La densité de son réseau ferroviaire, autoroutier et sa structure aéroportuaire, plaque tournante du réseau aérien français et européen, en font un point de convergence pour les transports internationaux. Cette situation résulte d’une longue évolution, en particulier des conceptions centralisatrices des monarchies et des républiques, qui donnent un rôle considérable à la capitale dans le pays et tendent à y concentrer les institutions. Depuis les années 1960, les politiques gouvernementales oscillent toutefois entre déconcentration et décentralisation.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Paris
Clichy,
Levallois-Perret,
Neuilly-sur-Seine
Saint-Ouen, Saint-Denis, Aubervilliers Pantin,
Le Pré-Saint-Gervais,
Les Lilas
Puteaux,
Suresnes,
Saint-Cloud
Paris Bagnolet, Montreuil, Saint-Mandé, Vincennes, Fontenay-sous-Bois, Nogent-sur-Marne
Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vanves Malakoff, Montrouge, Gentilly, Le Kremlin-Bicêtre Joinville-le-Pont, Saint-Maurice, Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine

Topographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Plans de Paris.
Point zéro des routes de France, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Au milieu du Bassin parisien, deux îles sur la Seine constituent le cœur historique de Paris : l'île de la Cité, la plus à l'ouest et l'île Saint-Louis, la plus à l'est. La ville s'étend de part et d'autre du fleuve, sur une superficie environ deux fois supérieure au nord, sur la rive droite, à celle au sud, sur la rive gauche.

Plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines[s 1] : sur la rive droite Montmartre (131 m), Belleville (128,5 m), Ménilmontant (108 m), les Buttes-Chaumont (103 m), Passy (71 m) et Chaillot (67 m) ; sur la rive gauche Montparnasse (66 m), la Butte-aux-Cailles (63 m) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 m). Paris intra-muros, délimitée de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers, puis administrativement en 1860 par l'annexion de communes ou de leurs quartiers, est aujourd'hui séparée de ses communes limitrophes par une frontière artificielle[4], le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 km. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les routes et autoroutes qui rejoignent cette rocade, dont la couverture progressive permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.

Au-delà de l'enceinte de Thiers, deux grands espaces boisés ont été aménagés par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, sur des communes voisines, avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12e), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 km. Paris s'étend également sur l'héliport (15e arrondissement). Plus anecdotique, depuis 1864, la ville de Paris est propriétaire du domaine entourant les sources de la Seine[5], à 231 km de la ville.

La superficie de la ville de Paris est de[b 5] 105,40 km2 (113e rang des communes de France métropolitaine), celle de son unité urbaine de 2 845 km2, rassemblant 10 516 110 habitants en 2011 répartis dans 412 communes d'Île-de-France[b 6].

Le point zéro des routes de France est matérialisé par une dalle située devant Notre-Dame de Paris.

Vue sur Paris, au crépuscule, depuis la tour Montparnasse.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de franchir le fleuve.

Le pont des Arts et le pont Neuf, deux des plus célèbres ponts de Paris

La ville est également traversée par la Bièvre, aujourd'hui entièrement souterraine, qui arrive du sud, et par le canal Saint-Martin (4,5 kilomètres), inauguré en 1825. Il constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq (108 kilomètres) et du canal Saint-Denis (6,6 kilomètres), ouvert en 1821, qui permet de rejoindre la Seine en aval en évitant la traversée de la ville. Il alimente le bassin de la Villette, passe en souterrain sous les boulevards Jules-Ferry et Richard-Lenoir et la place de la Bastille, traverse le port de l'Arsenal et rejoint la Seine en amont de l'île Saint-Louis[f 1].

Vue panoramique à 180 degrés de la Seine près du pont Saint-Michel (à gauche) et de Notre-Dame (à droite de l'image).

Autrefois, la Seine recevait encore dans Paris un autre affluent : le ruisseau de Ménilmontant qui traversait les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis, passait derrière la Grange-Batelière, continuait en traversant la Ville-l'Evêque et le Roule et se jetait dans la Seine au nord de la colline de Chaillot. À partir du XVIe siècle, il fut transformé en égout et devint le Grand Égout[6].

La ville a été marquée par de nombreuses inondations, dont les plus importantes[7] sont celles de 583, 842, 1206, 1280, 1325, 1407, 1499, 1616, 1658, 1663, 1719, 1733, 1740, 1764, 1799, 1802, 1836, 1844, 1876, 1910, 1920, 1924, 1945 et 1955.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le Bassin parisien, constitué il y a 41 millions d'années, forme un grand ensemble de couches sédimentaires successives. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque, les Vosges, le Massif central et le Massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique, préfigurant les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'Oligocène, le Bassin parisien devient continental[8].

En 1911, le géologue Paul Lemoine montre que le bassin est composé de strates disposées en cuvettes concentriques[9],[10], puis des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits confirment les strates en cuvettes concentriques, mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion. La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont des sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16e arrondissement d'Auteuil au Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le Lutétien, riche en gypse et en calcaire[11].

Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. Le calcaire a été exploité jusqu'au XIVe siècle sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard, et son extraction s'est aujourd'hui déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple[12]. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux.

L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au XIXe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines, présentes dans le sous-sol parisien, fournissent par forage de l'eau à la ville, comme celles d'Auteuil. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle[13].

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de Paris.

La station Paris-Montsouris se situe à 75 mètres d'altitude dans le parc Montsouris[14]. Elle se trouve à 4,7 kilomètres au sud-sud-ouest de l'hôtel de ville[Note 1].

Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique dépasse celle continentale et se traduit (1981 - 2010) par une température minimale moyenne de 15,1 °C de juin à août et de °C de décembre à février et de 8,9 °C sur l'année, avec des pluies fréquentes en toutes saisons (111 jours) et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (637 millimètres) que sur les côtes, et quelques pointes de températures (influence continentale) au cœur de l'hiver ou de l'été. Le développement de l'urbanisation provoque une augmentation de la température et une baisse du nombre de jours de brouillard[s 2],[15].

Lors de la canicule européenne de 2003, il a fait 39,4 °C le 6 août, 39,5 °C le 11 août et 39,4 °C le 12 août[16]. Le record de température minimale la plus chaude a eu lieu les 11 et 12 août 2003 avec 25,5 °C[16].

En 2012, on a observé 38,4 °C le 18 août et 38,1 °C le 19 août[16].

Paris-Montsouris - Période moyenne 1981-2010 sauf insolation 1961-1990
Mois J F M A M Jn Jt A S O N D Année
Températures maximales (en °C) 7,2 8,3 12,2 15,6 19,6 22,7 25,2 25,0 21,1 16,3 10,8 7,5 16,0°C
Températures minimales (en °C) 2,7 2,8 5,3 7,3 10,9 13,8 15,8 15,7 12,7 9,6 5,8 3,4 8,9°C
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 51,0 41,2 47,6 51,8 63,2 49,6 62,3 52,7 47,6 61,5 51,1 57,8 637 mm
Nombre de jours avec précipitations (> 1mm) 9,9 8,9 10,6 9,3 9,7 8,4 7,9 7,6 7,9 9,7 9,9 10,9 111 jrs
Nombre d'heures d'ensoleillement 62 79 129 166 194 202 212 212 168 118 68 51 1761 h
Source : Météo France


Paris-Montsouris - Températures extrêmes de 1873 à 2013
Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (en °C) 16,1 21,4 25,7 30,2 34,8 37,6 40,4 39,5 36,2 28,9 21,0 17,1
Années des températures maximales 1999 1960 1955 1949 1944 1947 1947 2003 1895 2011 1899 1989
Températures minimales records (en °C) -14,6 -14,7 -9,1 -3,5 -0,1 3,1 6,0 6,3 1,8 -3,1 -14,0 -23,9
Années des températures minimales 1940 1956 1890 1879 1874 1881 1907 1881 1889 1890 1890 1879
Source : Météo France

Tous les trimestres, Météo-France et l'Agence Parisienne du Climat éditent un bulletin climatique qui revient en détail sur les saisons passées et les compare à celles des 30 dernières années[17].

Le 10 septembre 1896 : une tornade violente a frappé le coeur de Paris, peu avant 15 heures. Elle s'est déplacé 6 kilomètres et elle a fait 5 morts et une centaine de blessés[18].

Transports[modifier | modifier le code]

Le tramway.
Entrée de la station de métro Palais Royal - Musée du Louvre, sur la place Colette.
Station Vélib' place de la Bastille, avec pistes cyclables.

La ville de Paris dispose d'un réseau dense de lignes de bus (100 lignes) et de métro (16 lignes), mais aussi quelques autres modes de transport qui se développent progressivement, comme le tramway. Le métro, présent depuis le 19 juillet 1900, date d'ouverture du premier tronçon de la ligne 1, est considéré comme l'un des symboles de la ville, notamment grâce à son style architectural en Art Nouveau. Paris est également desservi par le RER, réseau ferroviaire suburbain qui facilite les relations à l'échelle de l'agglomération parisienne. Six grandes gares ferroviaires la relient à sa périphérie grâce à une quinzaine de lignes de chemin de fer de banlieue (Transilien), à toutes les villes de France et aux pays proches par le biais du TGV ou de trains classiques.

Paris est la deuxième ville d'Europe en trafic aérien de passagers en 2009[19], et la cinquième au monde en 2008[1]. Les deux aéroports qui accueillent l'essentiel du trafic — Orly et surtout Roissy-Charles-de-Gaulle — ont transporté 83 millions de passagers en 2009[19] et 2,41 millions de tonnes de fret en 2007[20].

La circulation routière est très dense et souvent difficile malgré les larges avenues tracées par Haussmann au XIXe siècle qui facilitèrent alors grandement un trafic déjà important à cette époque. La ville est entourée par un boulevard périphérique, autoroute urbaine la plus empruntée d'Europe[s 3] avec 270 000 véhicules par jour[21]. Un réseau d'autoroutes urbaines en toile d'araignée la relie aux banlieues périphériques et au reste du pays.

En 2010, une étude place l'agglomération parisienne championne d'Europe des embouteillages routiers sur 109 agglomérations étudiées. Les automobilistes passent en moyenne soixante-dix heures par an dans le trafic routier[22].

Le stationnement à Paris est difficile et payant dans la quasi-totalité des rues, la municipalité menant une politique de promotion du transport collectif et cycliste. Ainsi, la ville dispose depuis 1996 d'un réseau de pistes cyclables en augmentation constante atteignant fin 2007, selon les chiffres publiés par la ville, 400 kilomètres incluant les bandes et pistes cyclables ainsi que les couloirs de bus élargis[s 4],[23]. À la suite de Rennes et Lyon, la mairie de Paris lance le 15 juillet 2007 un système de location de vélos en libre service, baptisé Vélib', avec le réseau le plus dense d'Europe, 20 000 vélos fin 2007, 1 400 stations dans Paris, une tous les 300 mètres en moyenne, et géré par JCDecaux[s 5]. La part des vélos dans les déplacements est estimée à 3 % en 2008[24], positionnant Paris dans le bas du classement des capitales européennes les plus cyclistes[25].

Mi-2010, 16 623 taxis circulent à Paris[s 6]. La commune a lancé partiellement le 2 octobre 2011[26] le système de location de voitures en libre service de courte durée « Autolib' ». Confié par délégation de service public au groupe Bolloré, ce service permet de louer un véhicule conçu spécifiquement pour cet usage : la Bluecar, voiture totalement électrique à quatre places de 3,65 mètres de longueur, dotée d'un coffre de 350 dm3 et d'une autonomie variant de 150 à 250 kilomètres[27],[28].

Environnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Environnement à Paris.

Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économique[s 7]. Paris est la capitale la plus dense d'Europe en population. La part des espaces verts est des plus réduites, et ce malgré les parcs et jardins qui ont été créés au cours des deux dernières décennies afin de pallier cette carence, d'où une biodiversité relativement limitée[29]. La pollution atmosphérique et le bruit constituent des problèmes de santé publique ; ils ont motivé la création de réseaux de surveillance (comme Airparif).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La plupart des souverains français depuis le Moyen Âge ont tenu à laisser leur marque sur une ville qui n'a jamais été détruite, contrairement à Londres (grand incendie de 1666), Lisbonne (tremblement de terre de 1755) ou Berlin (combats de la Seconde Guerre mondiale). Tout en conservant l'empreinte du passé le plus ancien dans le tracé de certaines rues, Paris a élaboré au cours des siècles un style homogène et a su moderniser ses infrastructures.

L’île de la Cité et l'île Saint-Louis

Jusqu'au Moyen Âge, la ville était composée d'une dizaine d'îles ou bancs de sable dans la Seine ; il en subsiste trois : l'île Saint-Louis, l'île de la Cité et l'île aux Cygnes.

Article détaillé : Liste des îles de Paris.

L'organisation actuelle de la ville doit beaucoup aux travaux d'Haussmann, sous le Second Empire. Il a fait percer la plupart des voies les plus fréquentées aujourd'hui (Boulevard Saint-Germain, Boulevard de Sébastopol…). On associe souvent Paris à l'alignement d'immeubles de hauteur égale le long d'avenues bordées d'arbres, aux façades rythmées par les ornements du deuxième étage et le balcon filant du cinquième étage. Le centre de Paris se distingue de celui de beaucoup d'autres grandes villes occidentales par la densité de sa population[Note 2].

Depuis l'édit du grand voyer de France de 1607 règlementant les saillies sur voie, il existe des règles strictes d'urbanisme à Paris, en particulier des limites de hauteur et de densité des immeubles. Aujourd'hui, les nouveaux bâtiments de plus de trente-sept mètres, hauteur maximale admise entre 1974 et 2010, sont autorisés jusqu'à 50 m voire 180 m seulement dans quelques quartiers périphériques ; la limite de hauteur est encore moins élevée dans de nombreux quartiers centraux[s 8]. La tour Montparnasse (210 mètres) était depuis 1973 le plus haut immeuble de Paris et de France, jusqu'à l'exhaussement à 231 mètres de la tour First en 2011, dans le quartier de la Défense 1 à Courbevoie. Les gratte-ciels se multiplient en proche banlieue, en particulier dans le quartier de La Défense et d'autres tours, d'une hauteur comprise entre 265 mètres et 323 mètres, y sont en projet.

Voirie parisienne[modifier | modifier le code]

Paris comptait 6 088 voies publiques ou privées en 1997. La plus large (120 mètres) est l'avenue Foch (16e), la plus étroite (largeur minimale 1,80 mètre) la rue du Chat-qui-Pêche (5e)[30]. La plus longue (4 360 mètres) de Paris intra-muros est la rue de Vaugirard (6e et 15e)[31], la plus courte (5,75 mètres) la rue des Degrés (2e). L'avenue la plus courte (14 mètres) est l'avenue Georges-Risler (16e). La voie la plus pentue (17 %) est la rue Gasnier-Guy (20e)[s 9].

Paris et sa banlieue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agglomération parisienne.
L'agglomération parisienne vue par satellite. On distingue nettement l'expansion de l'urbanisation le long des vallées et grandes voies de communications.
Immeubles résidentiels de Neuilly-sur-Seine.

Entre 1870 et 1940, la capitale de la France prend peu à peu un nouveau visage : Paris laisse place au « Grand Paris ». L'organisation administrative de Paris avait connu sous Napoléon III une adaptation à l'évolution démographique. Mais la ville est restée ensuite enfermée dans l’enceinte de Thiers (sa limite en 1860), sans connaître de nouvelle évolution administrative. Paris, surpeuplée, ne pouvant loger l'importante immigration provinciale, les communes périphériques absorbent le trop-plein de l'expansion démographique liée à l'exode rural et à la croissance économique de la ville : la notion contemporaine de « banlieue » fait son apparition[réf. souhaitée]. Désormais, on parle moins de Paris que de la région parisienne. Jusqu’alors largement négligés, de nouveaux problèmes, comme celui des transports, apparaissent. En 1961, à la demande du Général de Gaulle, Paul Delouvrier planifie enfin l'évolution urbaine et élabore la construction de cinq villes nouvelles et du réseau de RER. Mais cette mutation majeure ne s'accompagne pas de la création d'une autorité unique, voyant au contraire deux des trois départements de la région parisienne (la Seine et la Seine-et-Oise) en constituer sept qui, s'ils sont plus proches des habitants, dispersent également les ressources fiscales et les compétences politiques. Tandis que la population de la ville de Paris diminue sensiblement de 1954 à 1982 (- 23,6 %), puis plus lentement à la fin du XXe siècle avant d'augmenter légèrement ces dernières années, celle de la banlieue s'accroît sans discontinuer depuis la fin du XIXe siècle, jusqu'à totaliser au XXIe siècle près de 80 % de la population du grand Paris.

La géographie sociale de l’agglomération s'est calquée sur les grandes tendances de la ville durant le XIXe siècle : les classes aisées se retrouvent dans l'Ouest et dans le Sud-Ouest et les plus populaires dans le Nord et dans l'Est. Les autres secteurs sont peuplés de classes moyennes, avec cependant des exceptions liées au site et à l'histoire des communes, comme Saint-Maur-des-Fossés à l'est et Enghien-les-Bains au nord, qui accueillent une population fortunée.

Les grands ensembles ont été édifiés durant les années 1960 et 1970 afin de loger rapidement et à bas coût une population en rapide expansion. Une certaine mixité sociale y existait à l'origine, mais l'accession à la propriété (ouverte aux classes moyennes à partir des années 1970), leur piètre qualité de construction et leur mauvaise insertion dans le tissu urbain ont contribué à les faire déserter par ceux qui le pouvaient et à n'y attirer qu'une population sans grandes possibilités de choisir : la proportion d’immigrés pauvres y est très forte.

On trouve des « quartiers sensibles » dans les arrondissements du Nord et de l'Est parisien[Note 3], autour de la Goutte-d'Or et de Belleville notamment. En banlieue nord de Paris, ces quartiers sont essentiellement concentrés dans une grande partie du département de la Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure à l'est du Val-d'Oise. D'autres, plus épars, se trouvent par exemple dans la vallée de la Seine, en amont à Évry et Corbeil-Essonnes (Essonne), en aval aux Mureaux et à Mantes-la-Jolie (Yvelines) ou dans certains ensembles sociaux des villes nouvelles.

Logement[modifier | modifier le code]

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 1 353 036, alors qu'il était de 1 322 540 en 1999[a 1].

Parmi ces logements, 85,7 % étaient des résidences principales, 6,5 % des résidences secondaires et 7,8 % des logements vacants (en nette diminution par rapport à 1999 : 10,3 %)[a 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 33,1 %, légèrement en hausse par rapport à 1999 (29,6 %)[a 3].

En 2009, 55,0 % des appartements de Paris ne possédaient qu'une ou deux pièces[a 4].

Quartier Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement.

Le logement social représente un peu plus de 17 % du parc immobilier urbain, mais ce taux moyen cache de fortes disparités dans sa répartition spatiale : les dix premiers arrondissements du centre historique ne totalisent que 6 % des logements sociaux de la ville, pour 23 % du parc total. Les 13e, 19e et 20e en comptaient 96 000 en 1999, soit 47 % du parc social parisien concentré dans seulement trois arrondissements. Si on ajoute les 12e, 14e, 15e et 18e arrondissements, on atteint un taux de 81 % concentrés dans un croissant périphérique du sud au nord-est de la ville[32]. La proportion de logements sociaux comptabilisés selon la loi SRU en 2006 varie de 1,2 % dans le 7e arrondissement (357) à 34,1 % dans le 19e arrondissement (28 147). Entre 2001 et 2006, 23 851 logements ont été agréés dans la ville mais 88 131 Parisiens et 21 266 non-Parisiens étaient demandeurs d'un logement social en 2006. La rotation des locataires est faible en raison du niveau élevé des prix de l'immobilier. Ce taux est de 10 % par an en France, 7,5 % en Île-de-France mais de seulement 5 % à Paris intra-muros[33]. De nombreuses associations œuvrent pour trouver des solutions au mal-logement et à la précarité de personnes sans logement (Emmaüs, Secours catholique, Croix-Rouge française…).

Paris est la neuvième ville la plus chère du monde[34] en ce qui concerne les prix de l'immobilier de luxe : 12 600 euros/m2 en 2007 (contre 36 800 pour Londres, la plus chère)[35],[36]. Selon une enquête du site MeilleursAgents.com réalisée pour le compte du journal La Tribune, au 1er septembre 2012, la rue la plus chère est le quai des Orfèvres (6e arr.), avec un prix médian de 20 665 euros/m2, contre 3 900 euros/m2 rue Pajol (18e)[37].

Sociologie urbaine[modifier | modifier le code]

Les ménages aisés vivent essentiellement dans l'Ouest et à l'ouest de la ville tandis que le Nord-Est concentre les populations les plus pauvres et d'origine immigrée.

La hausse continue des prix de l'immobilier explique le remplacement progressif des populations modestes ou intermédiaires par une nouvelle classe plus aisée. On constate ce processus de gentrification dans de nombreuses autres mégapoles comme Londres ou New York. À Paris, cette évolution a vulgarisé le terme de bobos (pour bourgeois-bohème, terme flou mais très usité auquel les sociologues font rarement référence) avant de provoquer une mutation sociale de quartiers encore récemment considérés comme populaires, tels le 10e arrondissement ou certaines communes de proche banlieue comme Montreuil en Seine-Saint-Denis. Paris est la 12e ville de France de plus de 20 000 habitants pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 34,5 foyers fiscaux pour 1 000 habitants. 73 362 foyers fiscaux déclaraient un patrimoine moyen de 1 961 667 euros en 2006. Le 16e arrondissement arrive en tête pour le nombre de redevables avec 17 356 contribuables[38],[39]. Avec 27 400 euros de revenu moyen par unité de consommation en 2001, les ménages parisiens sont les plus aisés de France. Les quatre autres départements en tête du palmarès sont tous franciliens : Hauts-de-Seine, Yvelines, Essonne et Val-de-Marne, ce qui reflète la concentration de professions très qualifiées à haut revenu dans la région Île-de-France.

Mais si Paris a une image d'une « ville de riches » avec une proportion de classes sociales élevées plus importante qu'ailleurs, sa sociologie intra-muros reste en réalité très contrastée. Selon l'indice de parité de pouvoir d'achat (PPA), les revenus réels des Parisiens sont très inférieurs à leurs revenus nominaux : le coût de la vie intra-muros (à commencer par celui du logement) est particulièrement élevé, et certains types de denrées coûtent plus cher à Paris que dans le reste de la France. De plus, au contraire du revenu médian, le revenu moyen cache les disparités, quelques très hauts revenus pouvant éclipser de très bas revenus beaucoup plus nombreux. Dans le cas de Paris, le seuil des 10 % de revenus les plus hauts (9e décile) s'élève à 50 961 euros annuels[b 7], ce qui explique en partie le haut revenu moyen de la capitale et l'écart important entre le revenu moyen et le revenu médian[b 7].

Les différences sociales sont traditionnellement marquées entre les habitants de l'Ouest de Paris (essentiellement aisés) et ceux de l'Est. Ainsi, le revenu moyen déclaré dans le 7e arrondissement, le plus élevé, était 31 521 euros par unité de consommation en 2001, soit plus du double de celui du 19e arrondissement qui n'était 13 759 euros, valeur proche de la médiane des revenus de la Seine-Saint-Denis de 13 155 euros. Les 6e, 7e, 8e et 16e arrondissements sont classés au niveau des dix communes franciliennes au revenu moyen le plus élevé alors que les 10e, 18e, 19e et 20e arrondissements sont au niveau des communes les plus pauvres d'Île-de-France[b 8].

On note enfin de très fortes disparités de revenus au sein même de tous les arrondissements : le rapport interdécile (le seuil des 10 % des revenus les plus élevés divisé par le seuil des 10 % des revenus les plus bas) le plus faible est 6,7 dans le 12e arrondissement, contre 13,0 pour le 2e arrondissement (qui présente la plus forte dispersion de revenus)[b 7]. Plus globalement, Paris se classe parmi les départements métropolitains aux seuils de bas revenus les plus faibles (81e rang[b 7]), et présente un rapport interdécile de 10,5[b 7] qui en fait le département français où se concentrent les plus fortes disparités sociales.

On y constate également la ghettoïsation ethnique et sociale de certains quartiers, comme celui de Barbès - Rochechouart. En effet, la sociologie de certains arrondissements de l'Est de Paris (comme le 19e) ressemble à celle de quelques quartiers sensibles de banlieue ne constituant que l'extension extra-muros de la cartographie sociale de la ville : le 16e arrondissement se prolonge par des communes de banlieue aisées, alors que le Nord-Est de la ville a pour appendice les communes de la Seine-Saint-Denis, réputées pauvres. Au début des années 2000, la population la plus démunie est concentrée dans les arrondissements du nord-est : 40 % des foyers concernés résident dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, contre 2 % dans les 4e et 6e arrondissements. 32,6 % des familles parisiennes d'origine étrangère hors Union européenne vivent sous le seuil de pauvreté ; ce n'est le cas que pour 9,7 % des Français dont la personne de référence est française[40]. Certains quartiers, comme celui de la Goutte d'Or, cumulent toutes les difficultés sociales : échec scolaire, chômage élevé ou encore santé scolaire déficiente[41].

Certains quartiers se caractérisent par des regroupements communautaires : le quartier du Marais a la particularité d'attirer une importante communauté homosexuelle à proximité de la communauté juive ashkénaze dont l'implantation autour de la rue des Rosiers remonte au XIIIe siècle. Le 13e arrondissement regroupe quant à lui une importante communauté asiatique dans le quartier des Olympiades.

Il faut par ailleurs noter que la sociologie d'un quartier peut varier selon les heures. Celui de la place de la Bastille, par exemple, avec ses nombreux bars et lieux de vie nocturne, est animé le soir par beaucoup de jeunes tandis que, dans la journée, il jouit d'une relative tranquillité.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Paris tire son nom du peuple gaulois des Parisii (un Parisius, des Parisii). Le mot Paris est dérivé du latin Civitas Parisiorum (la Cité des Parisii), désignation qui l'a emporté sur Lutetia (Lutèce). L'origine du nom des Parisii n'est pas connue avec certitude. Les Parisii ont donné leur nom à Paris, ainsi qu'au pays (pagus) du Parisis (maintenant « pays de France »). Le nom de Parisis se retrouve dans les toponymes Villeparisis, Cormeilles-en-Parisis, Fontenay-en-Parisis. À l'époque romaine, on trouve également des Parisii en Angleterre, dans l'actuel Yorkshire de l'Est.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire de Paris et chronologie de Paris.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Un habitat permanent est attesté dans les limites du Paris actuel à partir de la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 avant notre ère) au village de Bercy ; les restes de trois pirogues néolithiques aujourd'hui visibles au musée Carnavalet ont ainsi été retrouvés[42],[43] sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12e arrondissement, où la présence humaine semble avoir été continue durant le Néolithique[f 2].

De façon générale, l'histoire du site parisien est toutefois mal connue jusqu'à la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, l'un des 98 peuples gaulois, sont les maîtres des lieux en 52 avant notre ère, au moment d'être soumis à Rome. Ainsi, on ne connaît pas précisément l'emplacement de la cité gauloise mentionnée dans les sources latines : il pourrait s'agir de l'île de la Cité (aucun vestige archéologique antérieur à Auguste n'y a toutefois été retrouvé), de l'île Saint-Louis, d'une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire du site de Nanterre, où a été découvert en 2003 une importante agglomération ordonnée[Note 4],[44],[45]. Dans tous les cas, la cité romaine s'étend sur la rive gauche et sur l’île de la Cité ; elle prend le nom de Lutetia (Lutèce).

À l'époque gallo-romaine, Lutèce n'est qu'une cité relativement modeste du monde romain, n'ayant probablement que cinq à six mille habitants à son apogée[c 1] ; en comparaison, Lugdunum, capitale des trois Gaules (dont la lyonnaise qui englobe la région de Lutèce), aurait compté au IIe siècle de 50 000 à 80 000 habitants[46]. Elle connait toutefois une certaine prospérité grâce au trafic fluvial[c 2]. Suivant la tradition, la cité aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250[c 3].

La position stratégique de Lutèce face aux grandes invasions[c 4] en fait un lieu de séjour pour l'empereur Julien entre 357 et 360, puis Valentinien Ier en 365-366. La cité prend le nom de Paris à cette époque[47]. Si ses faubourgs subsistent encore au IVe siècle[c 5], la population se replie au Ve siècle dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila, qui s'en détournent effectivement sans combat[f 3].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Plan de Paris reconstitué à l'année 1223.

En 508, après avoir conquis la majeure partie de la Gaule, Clovis fait de Paris sa capitale[c 6]. Il y établit sa résidence principale (Palais des Thermes), et y fait construire plusieurs édifices religieux, dont la basilique des Saints-Apôtres, où il est enterré ; le rôle de la cité doit cependant être relativisé, dans la mesure où il n’existe pas alors d’administration royale. Tout au long du VIe et VIIe siècles, Paris garde une importance particulière[c 7], même si les divisions du royaume de Clovis entre ses héritiers limitent son rayonnement. Childebert Ier y fait ainsi construire la plus grande cathédrale de la Gaule (la cathédrale Saint-Étienne), tandis que Childéric II fait rénover les arènes gallo-romaines. Durant cette période, revitalisée par les fondations monastiques[48] et sa fonction de capitale[49], la ville commence probablement à s’étendre sur la rive droite[f 4], alors que la rive gauche est réoccupée.

L’extension vers l’est du royaume des Francs sous le règne de Charlemagne fait perdre à Paris sa position politique privilégiée[c 8]. À partir du milieu du IXe siècle, elle fait partie du territoire des Robertiens, qui prennent le titre de comte de Paris. Particulièrement exposée à cause de sa situation sur la Seine, elle est à la même époque ruinée économiquement par les raids des Vikings, qui la ravagent à plusieurs reprises[c 9], ce qui oblige la population à se replier à nouveau sur l’île de la Cité. En 885-886, assiégée par les Normands, la cité parvient à leur résister avec succès, tout en leur barrant l’accès au fleuve. Cet épisode procure un grand prestige à Paris et à son comte Eudes, qui a aidé à sa défense ; il marque par contre une étape du déclin de l’empire carolingien, le comportement de Charles le Gros ayant été jugé indigne durant les événements.

Sous le règne des premiers Capétiens, Paris est une des principales villes du domaine royal, mais pas une capitale, n’étant pour eux qu’une résidence parmi d’autres. Elle gagne cependant en importance avec le temps : Robert le Pieux fait ainsi restaurer le Palais de la Cité[c 10] et plusieurs abbayes, tandis que Louis VI puis Louis VII y fixent leur cour et leur chancellerie. Dans le même temps, la cité prospère, devenant une place importante du commerce du blé, du poisson et du drap, les marchands parisiens s’unissant au sein d'une « hanse des marchands de l’eau »[50] privilégiée par Louis VII en 1170-1171. Elle devient également un centre d’enseignement majeur, grâce aux écoles épiscopales dans un premier temps[f 5], puis à partir du milieu du XIIe siècle, aux communautés religieuses qui s’établissent sur la rive gauche alors dépeuplée[c 11]. À l’image de l’ensemble de l’Occident chrétien, sa population augmente à cette époque de façon considérable : Paris s’étend d'abord sur la rive droite (début du XIe siècle)[c 12], qui devient son poumon économique[51], l’île de la Cité abritant dès lors les grands édifices administratifs et religieux.

Recueil des ordonnances de la prévôté des marchands de Paris, 1416, par Charles VI.

C’est Philippe Auguste qui fait de Paris la capitale incontestée du royaume, sur lequel il est le premier des capétiens à exercer un fort contrôle ; cette position est encore renforcée sous les règnes de Louis IX et de Philippe le Bel. L’administration royale, qui se développe considérablement, tient ainsi son siège dans la cité, où se situent la Chambre des comptes, le Trésor, et les Archives du royaume. Les bourgeois parisiens jouent un rôle majeur dans la gestion de l’État, faisant souvent partie du proche entourage du souverain. Les monarques veillent néanmoins à limiter l’autonomie de la ville, qui n’obtient pas le statut de commune ; les corporations se voient seulement accorder divers privilèges politiques, ce qui aboutit en 1263 à l’apparition d’une municipalité composée d’un prévôt des marchands et quatre échevins. Dans le même temps, les écoles de la rive gauche s’unifient en une « universitas »[c 13], reconnue par le pape en 1209-1210, faisant de Paris le plus prestigieux centre d’enseignement d’Europe occidentale pendant au moins un siècle. La cité devient également le symbole du pouvoir royal, qui cherche à lui donner des édifices dignes de son rang : la cathédrale Notre-Dame est achevée vers 1250, la Sainte-Chapelle abritant la couronne d'épine du Christ en 1248, le Palais de la Cité est rénové et étendu, et le marché parisien est couvert et emmuré (Halles). Philippe Auguste entoure par ailleurs les deux rives de la cité de murailles de pierres, terminées en 1209-1212. Paris poursuit sa croissance, la rive gauche étant repeuplée au XIIIe siècle[c 14] ; au début du XIVe siècle, on estime sa population à environ 200 000 habitants[c 15], ce qui en fait la ville la plus peuplée d'Europe[f 6].

En 1348, la cité est frappée pour la première fois par la peste, qui ravage l’Europe entre 1347 et 1351 ; ce mal l’atteint ensuite de façon cyclique pendant plusieurs siècles. Pendant la guerre de Cent Ans, elle est exposée aux attaques anglaises, ce qui amène Charles V à construire sur la rive droite un nouveau rempart englobant les faubourgs. Dans le même temps, dans un contexte de dépression économique et de défaite militaire, l’autorité royale est remise en cause : le prévôt des marchands Étienne Marcel tente ainsi de s'emparer du pouvoir en 1357-1358, tandis que les émeutes populaires se multiplient, telle celle des Maillotins en 1382[c 16]. En réaction, Charles V puis Charles VI élisent résidence dans l’est parisien, moins exposé aux troubles. Au début du XVe siècle, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons occasionne également de nombreuses violences dans la capitale ; ces derniers s'imposent en 1418, et Paris tombe en conséquence aux mains du roi d’Angleterre deux ans plus tard. La cité est reconquise en 1436 par Charles VII, mais celui-ci préfère résider près de la Loire, et il en est de même pour ses successeurs Louis XI, Charles VIII et Louis XII. À l’issue de la guerre, Paris s’est rétractée derrière ses murailles[52], et sa population est tombée à environ 100 000 habitants[c 17].

De la Renaissance au dix-huitième siècle[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Sens, une des demeures de Paris, édifié entre 1475 et 1519.

La Renaissance, marquée par le roi et sa cour résidant dans le Val de Loire, ne bénéficie donc guère à Paris. Malgré son éloignement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première réglementation d’urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII[c 18].

En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien[s 10].

Plan des environs de Paris en 1735.
Plan de Paris en 1787 par Brion de la Tour.

Le 24 août 1572, sous Charles IX, est organisé le massacre de la Saint-Barthélemy. On compte entre deux mille et dix mille victimes[f 7]. La Ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la Journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville[f 8]. Après son assassinat, le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu Henri IV. La ville, pourtant ruinée et affamée, ne lui ouvre ses portes qu'en 1594 après sa conversion.

La Journée des barricades (1648) marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale[f 9].

Malgré une mortalité supérieure aux naissances, la population atteint les 400 000 habitants grâce à l'immigration provinciale. Paris est une ville misérable où règne une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie[53].

Louis XIV choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Durant son règne, le Roi Soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi envers la cité une hostilité que n'apprécient guère les Parisiens[f 10].

Au XVIIIe siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui permet une importante croissance démographique, la ville atteint 640 000 habitants[54] à la veille de la Révolution française.

En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV retourne au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien[f 11].

La ville s'étend alors à peu près sur les six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville en 1749 lorsqu'il décide l'aménagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), la création de l'école militaire en 1752[55], et surtout la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754, plus connue sous le nom actuel de Panthéon[56].

La Révolution française et l'Empire[modifier | modifier le code]

La Prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

La Révolution française débute à Versailles par la convocation des États généraux puis le Serment du Jeu de paume. Mais les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières et mus par une rancœur à l'égard du pouvoir royal ayant abandonné la ville depuis plus d'un siècle, lui donnent une nouvelle orientation[f 12]. La prise de la Bastille le 14 juillet 1789, liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine, en est une première étape. Le 15 juillet, l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de Ville la charge de premier maire de Paris. Le 5 octobre, l’émeute, déclenchée par les femmes sur les marchés parisiens, atteint Versailles le soir. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d’y convoquer l’Assemblée constituante qui s’installe le 19 octobre dans le Manège des Tuileries[c 19].

Le département de Paris comprend alors 3 districts : Paris, le Franciade et Bourg-de-l'Égalité.

Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu qui sera le 17 juillet 1791 le théâtre d'une dramatique fusillade. Occupés à partir de mai 1790 après la mise en vente des biens nationaux, le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, hauts lieux du Paris révolutionnaire, marquent la toute-puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution[c 20].

Dans la nuit du 9 août 1792, une commune révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de Ville. La journée du 10 août voit la foule assiéger le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins (représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces) qui sera écarté en 1793[c 21].

L'Hôtel de Ville,
le 9 Thermidor an II.

Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la coupe du Comité de salut public. Le Tribunal révolutionnaire, avec l'aide de la mairie, s'emploie à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles suspects, de prêtres réfractaires et d'opposants jugés contre-révolutionnaires. La création de la charge de Préfet de police par Napoléon, otera à la municipalité tout pouvoir de police judiciaire, de sorte que le maire de Paris est, aujourd'hui encore, le seul de France à en être privé[57],[58]. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794)[c 22].

La Révolution n'est pas une période favorable au développement de la ville (peu de monuments sont édifiés) qui n'a plus que 548 000 habitants en 1800. De nombreux couvents et églises sont rasés et font place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.

En 1806, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 650 000 habitants[54] ; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants[c 23]. Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte, qui a pris le pouvoir en 1799, est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire et ambitionne d'en faire la « nouvelle Rome »[59]. Il ordonne dans ce but la construction des arcs de triomphe de l’Étoile et du Carrousel ainsi que celle du palais impérial de la Bourse (achevé sous la Restauration) et de la colonne Vendôme[60]. Il soumet également à Jean-Antoine Alavoine le projet de l'éléphant de la Bastille, et aux architectes Percier et Fontaine l'édification du palais du Roi de Rome, dont seuls les jardins du Trocadéro et le pont d'Iéna seront en définitif terminés[59]. L'Empereur multiplie par ailleurs les points d'eau, alimentés par un réseau de 50 km de canaux qui acheminent l'eau de l'Ourcq[59].

En 1814, la bataille de Paris entraîne la capitulation de la capitale puis conduit à la première abdication de Napoléon et à la Restauration. Les cosaques de l'armée russe occupent certains points de la ville, ce qui donnera lieu à une légende concernant l'origine du mot bistro, comme le proclame le Syndicat d'Initiative du Vieux Montmartre, au restaurant À la Mère Catherine, place du Tertre. Les armées alliées quittent la ville après le 3 juin 1814, date du départ du tsar Alexandre Ier.

De la Restauration à la Commune de Paris[modifier | modifier le code]

À la fin des Cent-Jours, la chute de l'Empire en juillet 1815 amène à Paris les armées anglaises et prussiennes, qui vont jusqu'à camper sur les Champs-Élysées. Louis XVIII, de retour de son exil à Gand, s'installe à nouveau aux Tuileries.

Louis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de 100 000 habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupérisée du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricades font tomber Charles X lors des Trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.

Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée[c 24].

Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme et le logement : le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui d'Haussmann. Des milliers de logements disparaissent, sur fond d'une spéculation immobilière qui sera la cause d'un krach financier international.

L'avenue de l'Opéra vue par Pissarro depuis l'actuel Hôtel du Louvre

Le 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines[61]. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 438 à 7 802 hectares[Note 5]. Après ces annexions, les limites administratives de la ville ne seront que peu modifiées et la croissance urbaine, qui continue toujours de la fin du XIXe siècle au XXe siècle, ne s'accompagnera donc plus d'une expansion des frontières communales, ce qui est à l'origine de la « banlieue »[c 25].

Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. À cette occasion, est inventée la poste aérienne, grâce aux ballons montés. Refusant l'armistice signé le 26 janvier 1871 et à la suite des élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le 18 mars 1871. C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, la réprime entre les 22 et 28 mai lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connue Paris[c 26],[f 13]. Après la guerre de 1870, pour se relever, la Ville de Paris lève un grand emprunt public de 1,2 million de francs qui a un grand succès ; il est souscrit plus de quinze fois[62].

De la Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paris sous l'occupation allemande.

Pendant la Belle Époque, l'expansion économique de Paris est importante ; en 1913 la ville possède cent mille entreprises qui emploient un million d'ouvriers[63]. Entre 1900 et 1913, 175 cinémas sont créés à Paris, de nombreux grands magasins voient le jour et contribuent au rayonnement de la ville lumière. Lieu de toutes les spéculations, Paris devient aussi la deuxième place financière internationale presque à égalité avec Londres.

Deux expositions universelles laissent une large empreinte dans la ville. La tour Eiffel est construite pour l'Exposition de 1889 (centenaire de la Révolution française) qui accueille vingt-huit millions de visiteurs. La première ligne du métropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurés à l'occasion de celle de 1900 qui reçoit cinquante-trois millions de visiteurs[63]. L'industrie se déplace progressivement en proche banlieue où se trouve l'espace nécessaire : Renault à Boulogne-Billancourt ou Citroën à Suresnes. Cette migration est à l'origine de la « banlieue rouge ». Néanmoins certaines activités restent fortement implantées dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie[f 14].

De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle (notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre) et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.

En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et cause trois milliards de francs de dégâts[c 27]. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements[64] et des tirs de canon allemands. Ces bombardements restent sporadiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique[c 28].

L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché (ou HBM) érigées à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. Les autres immeubles parisiens sont, pour l'essentiel, délabrés et constituent des foyers de tuberculose ; la densité urbaine culmine en 1921, Paris intra-muros comptant 2 906 000 habitants[s 11]. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité, en « banlieue » où l'expansion se fait de façon anarchique, souvent en pleins champs sans réels aménagements ou équipements publics[c 29].

Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques[f 15]. Le 6 février 1934, la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire dégénère en émeute et fait dix-sept tués et mille cinq cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq cent mille manifestants[c 30].

Défilé de Panzers à Paris en 1941 (Les chars sont des Somua S-35 et Hotchkiss H35 français).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, déclarée ville ouverte dès la débâcle, est occupée par la Wehrmacht le 14 juin 1940. Elle est relativement épargnée[Note 6]. Le gouvernement du maréchal Pétain installé à Vichy, Paris cesse d'être la capitale et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefehlshaber in Frankreich)[c 31]. Le 23 décembre 1940, l'ingénieur Jacques Bonsergent est le premier résistant fusillé à Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, il est procédé à la rafle du Vel' d'Hiv', arrestation de 12 884 Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants[c 32].

À l'approche des troupes alliées, la Résistance intérieure déclenche un soulèvement armé le 19 août 1944. La Libération de Paris se fait le 25 août avec l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc, qui commande au capitaine Raymond Dronne de percer les lignes ennemies avec sa neuvième compagnie (Régiment de marche du Tchad). Le général von Choltitz capitule sans exécuter les ordres d'Hitler demandant la destruction des principaux monuments de la ville[65],[66]. La ville est relativement épargnée par les combats[c 33]. Paris est l'une des rares communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération[67].

Le Paris contemporain[modifier | modifier le code]

En 1956, Paris se lie à Rome par un jumelage privilégié, symbole fort dans une dynamique géographiquement plus large[68] de réconciliation et de coopération après la Seconde Guerre mondiale[s 12],[s 13].

Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le 17 octobre 1961, une manifestation en faveur de l'indépendance de l'Algérie est violemment réprimée. Selon les estimations, entre 32 et 325 personnes sont massacrées par la police, alors dirigée par Maurice Papon[69]. À partir du 22 mars 1968, un important mouvement étudiant démarre à l'université de Nanterre. Il entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. La contestation, prenant corps dans un contexte de solidarité internationale et d'émulation (noirs et féministes américains, « provos » néerlandais, Printemps de Prague, attentat contre l'Allemand Rudi Dutschke, etc.) entre brimés idéalistes et jeunes, bercés par Bob Dylan et son tube The Times They Are a-Changin', voulant « changer le monde », se développe très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses défilés rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Le 30 mai, une manifestation de soutien au gouvernement et au Général de Gaulle réunit un million de personnes, de la place de l'Étoile à celle de la Concorde. Après deux mois de désordre et de troubles, les Parisiens votent massivement en faveur du général de Gaulle lors des élections législatives des 22 et 29 juin et le calme revient[c 34].

Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au bâtiment qui abrite le musée national d'art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Valéry Giscard d'Estaing, président à son tour, ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement celui de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Le gaulliste Jacques Chirac est alors élu maire. Il sera réélu en 1983 et 1989. Sous le premier mandat du président François Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du 31 décembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris[c 35].

En 1991, les quais de la Seine, du pont de Sully (en amont) au pont d'Iéna (en aval), sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de remarquable ensemble fluvio-urbain avec ses monuments dont plusieurs constituent des chefs-d'œuvre architecturaux au rayonnement mondial[70].

Élu président de la République en mai 1995, Jacques Chirac est remplacé par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué notamment par la mise au jour de plusieurs affaires politico-financières et par la division de la majorité municipale.

En 2001, le socialiste Bertrand Delanoë est élu maire. Il se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la ville au profit notamment des piétons et des transports en commun. Il développe l'animation de la vie parisienne par de grandes manifestations culturelles comme Nuit Blanche ou simplement ludiques comme Paris Plages. Le 16 mars 2008, Bertrand Delanoë est réélu maire de Paris face à Françoise de Panafieu (UMP).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Organisation administrative[modifier | modifier le code]

Depuis la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1er janvier 1968, Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant et depuis 1790, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.

Le département de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en vingt arrondissements municipaux créés lors de son extension territoriale de 1860, en remplacement des douze arrondissements qui existaient auparavant depuis le 11 octobre 1795, et en dix-huit circonscriptions électorales.

Statut[modifier | modifier le code]

Le statut de la ville a changé plusieurs fois. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel, la Commune de Paris, avec une assemblée démocratiquement élue. La Troisième République fut dirigé au début par des conservateurs effrayés par cet épisode. Ceux-ci édictèrent la loi du 5 avril 1884 qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de la Seine et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont la fonction était principalement représentative. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.

La loi du 31 décembre 1975 (entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977) instaure un conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent le maire de Paris.

Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parité entre les électeurs, le maire de Paris et le Conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conserve les pouvoirs de police. Enfin, la loi PLM du 31 décembre 1982, entrée en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983 et portant à 163 le nombre de conseillers de Paris, étend les pouvoirs du conseil de Paris, principalement en matière budgétaire, et crée les conseils d'arrondissements.

Depuis le décret 2002-810 du 2 mai 2002, les pouvoirs de police administrative sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police qui se prêtent réciproquement leurs moyens d'action à cet effet. Ce dernier peut siéger au conseil de Paris et doit lui soumettre chaque année son budget et son compte[s 14] (bien que ce budget reste décidé par l'État). Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.

L'action du conseil de Paris s'exerce également par l'intermédiaire de sociétés dont il possède une part du capital, les sociétés d'économie mixte de Paris.

Absence d'intercommunalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paris Métropole.

Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité à fiscalité propre entre Paris et sa banlieue[Note 7]. Il faut en effet préciser que le territoire de la Ville de Paris ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales.

L'absence d'une organisation administrative gérant le « grand Paris », butant sur des considérations historiques et politiques, est actuellement un des problèmes majeurs de l'agglomération parisienne[s 15].

Les limites communales actuelles résultent de traditions historiques, anachroniques (ou correspondant à une topographie disparue car fondue dans l'agglomération). Les populations ont pourtant de communs besoins administratifs et préoccupations économiques et sociales. Cependant chaque commune étant administrativement et fiscalement indépendante, l'organisation des besoins collectifs (transports, logement, etc.) qui dépassent de loin le cadre communal voire départemental n'a de fait aucune autorité organisatrice à l'échelle de l'agglomération, la région Île-de-France dépassant largement ce cadre (près de 80 % de l'espace régional reste rural).

La fiscalité locale est de même très concentrée dans certaines communes riches en entreprises et/ou populations aisées (cas typique de Neuilly-sur-Seine par exemple qui bénéficie des rentrées fiscales d'une population parmi les plus aisées de France et de nombreuses entreprises, tout en ne possédant que 2,8 % de logements sociaux)[71], alors que les charges qu'entraîne l’afflux sur un territoire de populations de conditions modestes sont supportées par des communes qui n’ont pas toujours la possibilité de trouver dans leurs limites administratives les ressources nécessaires pour les compenser (Clichy-sous-Bois est ainsi une des villes les plus pauvres de France ; elle cumule une population défavorisée et des ressources fiscales très limitées, vivant essentiellement de dotations de l'État[72]).

Cette difficulté est à l'origine de la Conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne qui s'est réunie à l'initiative de la Ville de Paris pour la première fois en mairie de Vanves le 7 juillet 2006[s 16], après que l'adjoint Pierre Mansat a renoué le dialogue de Paris avec les communes riveraines. Le président de la République Nicolas Sarkozy s'est également saisi du problème dans son discours du 26 juin 2007[73], critiquant le projet de SDRIF, se disant repenser « l'organisation des pouvoirs » et créer une communauté urbaine, imposant de fait la vision d'une reprise en main par l'État[74],[75], ce qui n'a pas manqué de provoquer de nombreuses réactions parmi les élus locaux de l'agglomération[76]. Du 18 mars 2008[77] au 4 juillet 2010[78], Christian Blanc occupe le poste de Secrétaire d'État chargé du développement de la Région Capitale, dont les travaux aboutissent à la création de la Société du Grand Paris[79], présidée par André Santini[80].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Paris.
Liste des maires successifs depuis 1977
Période Identité Étiquette Qualité
20 mars 1977 16 mai 1995 Jacques Chirac RPR Haut fonctionnaire
22 mai 1995 25 mars 2001 Jean Tiberi RPR Magistrat
25 mars 2001 5 avril 2014 Bertrand Delanoë PS Conseiller en communication
5 avril 2014 en cours Anne Hidalgo PS Inspectrice du travail

Lors de sa première élection en 2001, Bertrand Delanoë était minoritaire en nombre de voix mais avait été élu grâce à un nombre supérieur de conseillers de Paris. Selon les projections réalisées par le magazine Slate, la situation est similaire pour l'élection d'Anne Hidalgo en 2014[81].

Budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

Le budget primitif 2011 (ville et département) s’élevait à 8,582 milliards d’euros dont 6,906 milliards d’euros consacrés au fonctionnement et environ 1,676 à l’investissement[s 17]. L'encours de dette s’élevait à 2,696 milliards d’euros. Les emprunts garantis par le département de Paris en 2008 s'élevait à 26,6 milliards d'euros[s 18].

Après une stabilité entre 2000 et 2008[82], les taux d’imposition ont été augmentés en 2009 et sont portés à 9,59 % pour la taxe d'habitation, 7,75 % pour la taxe sur le foncier bâti, 14,72 % pour la taxe sur le foncier non bâti et 13,46 % pour la taxe professionnelle[s 19],[83]. La fiscalité représente 55 % des recettes de la ville[s 19]. Paris est l'une des quinze grandes villes françaises (de plus de 1 000 000 habitants) n'ayant pas augmenté ses taux d'impôt foncier en cinq ans[84]. Cette stabilité ne concerne que les taux d'imposition. La bulle immobilière qui s'est développée pendant toute la première mandature de M. Delanoë a permis une hausse extrêmement importante des rentrées fiscales assises sur l'immobilier. Le nombre des transactions en même temps que leur valeur a considérablement augmenté. Cette bulle fiscale a permis d'accroître les effectifs de la Mairie de Paris de 40 à 49 000 agents (73 000 agents, en 2013, pour la mairie et le département de Paris selon l’Ifrap[85]). L'explosion de cette bulle immobilière temporaire laisse la mairie avec un excédent de dépenses permanentes à financer autrement. C'est pourquoi Bertrand Delanoë a annoncé en 2008 la création d'une nouvelle taxe départementale de 3 % sur le foncier (payée uniquement par les propriétaires) et une hausse des taux de l'impôt foncier[86]. Pour la période 2007-2012, l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) calcule que Paris est la ville qui a connu la progression nationale la plus forte de sa taxe foncière (+ 67,90 % contre 21,17 % en moyenne), en raison notamment de la création de ce taux départemental[87],[88],[89].

Après six années sans aucune hausse des taux des impôts locaux (2001 à 2008 inclus) votés par les élus parisiens, puis deux années de hausse (2009 et 2010), la municipalité s'est engagée à ne plus augmenter le taux des 4 impôts locaux. Selon le magazine Capital de juin 2010, Paris reste la grande ville avec les plus faibles montants d'impôts locaux.

Le taux d'endettement de la Mairie de Paris (ville et département) est à 39 % de ses ressources, bien moins que la moyenne nationale des grandes villes (89 %). La ville bénéficie, pour 2010 et 2011, de la note maximale des agences de notation financière, le « AAA », qui permet d'emprunter aux meilleurs taux pour investir et construire. A la suite de la forte augmentation de la dette, un « quasi-quadruplement de la dette de Paris entre 2001 et 2014 », les agences de notation rétrogradent Paris en 2012 et 2013 à la note de AA+[85].

Dans un livre intitulé Comptes et légendes de Paris, Bilan de la gestion Delanoë (2011), le journaliste Dominique Foing analyse, sur la base des rapports de l'Inspection générale de la ville de Paris et de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France, la gestion des années 2001-2011 de la ville de Paris : les dépenses municipales auraient augmenté de 44,45 % (« le produit fiscal, fiscalité immobilière incluse, collecté sur les contribuables parisiens est passé de 1,7 milliard d'euros au budget 2001 à 2,5 milliards d'euros au budget 2008, soit 47 % d'augmentation »), signifiant pour ceux-ci une hausse des recettes des impôts de 70 % entre 2001 et 2011 ; concomitamment, les dépenses de fonctionnement se seraient accrues de 2 milliards d'euros, la dette, relativement faible en 2011, augmentant d'un milliard d'euros[90],[91].

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Le tribunal de grande instance de Paris est situé dans le Palais de Justice, sur l'île de la Cité. C'est la juridiction qui traite le plus grand nombre d'affaires en France[92]. Dans chaque arrondissement se trouve un tribunal d'instance.

Le tribunal de commerce de Paris se situe quant à lui quai de Corse, également sur l'île de la Cité. Le tribunal de police de Paris est installé rue de Cambrai, dans le 19e arrondissement, et le conseil de prud’hommes de Paris rue Louis-Blanc, dans le 10e arrondissement.

Outre les tribunaux de la ville, les tribunaux de plusieurs départements relèvent de la Cour d'appel de Paris : la Seine-et-Marne, l'Essonne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Yonne. Le ressort de cette cour concerne 12,6 % de la population française soit 7 605 603 personnes en 2004[93]. Les autres départements d'Île-de-France ainsi que l’Eure-et-Loir dépendent, eux, de la cour d'appel de Versailles[94].

Dans l'ordre administratif, Paris est du ressort du tribunal administratif de Paris. Les appels sont portés devant la Cour administrative d'appel de Paris, laquelle connaît aussi les appels des tribunaux administratifs de Mata-Utu, Melun, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. À Paris siègent également les juridictions nationales suprêmes : Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d'État.

La région Île-de-France totalise à elle seule plus du quart des crimes et délits commis en France métropolitaine. Au sein de la région, la grande couronne, la petite couronne et Paris intra-muros comptabilisent chacune environ un tiers du total des faits constatés. La typologie de la criminalité parisienne reste largement dominée par les vols qui représentent les deux tiers des crimes et délits. En 2006, 255 238 faits ont été comptabilisés soit un taux de criminalité de 118,58 actes pour 1 000 habitants (crimes et délits), ce qui représente près du double de la moyenne nationale (61,03 ‰) mais se situe dans la moyenne des grandes villes de France (Lyon : 109,22, Lille : 118,93, Nice : 119,52, Marseille : 120,62). La part des femmes mises en cause est inférieure à 15 % (légèrement sous la moyenne nationale) et la part des mineurs est de 11,02 % soit sept points de moins que la moyenne française de 18,33 %. À l'inverse, la part des étrangers (résidents en France titulaires d'une carte de séjour) est supérieure à la moyenne française de 20,73 %[95],[96].

Le centralisme parisien explique également que la ville soit parfois victime d'attentats. Aussi bien sous Napoléon Ier ou, plus proche de nous, lors de l'attentat du RER Saint-Michel, l'histoire parisienne est ponctuée de ces événements à haute valeur symbolique. Ce qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne dans la ville, particulièrement avec la mise en place du plan vigipirate[97] qui voit une présence renforcée de policiers, gendarmes et militaires près des lieux touristiques et stratégiques de la capitale[98].

À Paris, certaines prisons sont restées célèbres : le Grand Châtelet (sur la rive droite) abritait la prison du roi, et son annexe, le Petit Châtelet (au débouché du Petit-Pont sur la rive gauche), lieu d'incarcération à partir du XIVe siècle, fut démoli en 1782. Trois prisons sont devenues des symboles historiques : la Conciergerie, la Bastille et le donjon de Vincennes. Le Palais de justice possédait sa propre prison, la Conciergerie, qui après avoir accueilli parmi d'autres les Girondins et Marie-Antoinette pendant la Révolution française, continua à servir de prison temporaire jusqu'en 1914. La Bastille, édifiée à partir de 1370 et devenue exclusivement prison d'État sous Richelieu, constituait contrairement à l'idée générale une prison de « luxe » pour un nombre de prisonniers n'excédant jamais la quarantaine. Le donjon de Vincennes, également prison d'État jusqu'en 1784, mais plus résidence surveillée que véritable lieu d'incarcération, continua à servir occasionnellement de prison jusque sous le Second Empire.

Il subsiste une seule prison à Paris, la prison de la Santé, ouverte en 1867. Les principales prisons franciliennes se situent maintenant à Fresnes et Fleury-Mérogis, auxquelles il faut ajouter la maison centrale de Poissy[f 16].

L'hygiène est gérée par le service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène de la ville de Paris.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jumelage et partenariats.

Paris est jumelée avec une seule ville, Rome, depuis 1956, avec le slogan « Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris » (en italien « Solo Parigi è degna di Roma; solo Roma è degna di Parigi »).

La ville a également conclu des pactes d'amitié et de coopération avec de nombreuses villes dans le monde, dont Tokyo en 1982, Berlin en 1987, Madrid en 2000 et Dakar en 2011[99].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Croissance de la population parisienne depuis le recensement en 1801.

Évolution du nombre d'habitants[modifier | modifier le code]

En 2011, Paris comptait 2 249 975 habitants. Depuis 2004, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu au moyen d'enquêtes annuelles par sondage.

Évolution de la population de Paris depuis l'Antiquité [modifier]
250 1180 1220 1328 1422 1500 1565 1590 1600
6 000[102] 25 000[103] 50 000[103] 200 000[104] 100 000[105] 150 000[106] 294 000[106] 200 000[107] 300 000[106]
1637 1680 1766 1793 1795 1796 1801 1807 1811
415 000[108] 500 000[109] 576 639[110] 640 504[111],[112] 636 722[113] 551 347[114] 547 756[115] 580 609[116],[112] 622 636[117]
1817 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
713 966[118] 785 862[119] 909 126[120],[121] 935 261[115],[122] 1 053 897[123],[122] 1 053 262[122],[115] 1 174 346[122] 1 696 141 1 825 274
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 851 792 1 988 806 2 269 023 2 344 550 2 447 957[124] 2 536 834 2 714 068 2 763 393 2 888 110
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
2 906 472[125] 2 871 429 2 891 020[126] 2 829 746 2 725 374 2 850 189 2 790 091 2 590 771 2 299 830
1982 1990 1999 2006 2009 2010 2011 - -
2 176 243 2 152 423 2 125 246[127] 2 181 371 2 234 105 2 243 833[128] 2 249 975 - -
Population totale (avant 1962), sans doubles comptes (1962 à 1990) puis municipale (1999 et après).
Depuis 1793 : population sur le territoire communal de l'époque (sensiblement étendu en 1860).
(Sources : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui[100], Insee[101] et voir notes par année.)


Évolution démographique de Paris depuis 1793 (sur un territoire qui s'est étendu en 1860)

Sources : voir dans le tableau ci-dessus.[129]

Nombre d'habitants de l'agglomération et de l'aire urbaine[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2011, l'agglomération définie par l'Insee comprend 412 communes et totalise 10 516 110 habitants[b 9],[b 10]. Son aire urbaine, incluant des communes situées dans une zone d'influence forte de la ville, atteint 12 292 895 habitants au 1er janvier 2011[b 11] dans la délimitation de 2010, ce qui en fait la 20e aire urbaine du monde environ et l'une des trois plus grandes d'Europe avec Moscou et Londres.

Immigration[modifier | modifier le code]

Les recensements français, comme l'impose la législation, ne posent aucune question concernant l'appartenance ethnique ou religieuse mais recueillent des informations au sujet du lieu de naissance. Il est ainsi possible de déterminer que l'aire urbaine de Paris est une des plus multiculturelles en Europe. Au recensement de 2010, 23,0 % de la population totale de l'Île-de-France était née hors de France métropolitaine (contre 19,4 % en 1999)[b 12]. Au recensement de 1999, 4,2 % de la population de l'aire urbaine de Paris était constituée d'immigrés récents (arrivés en France dans les cinq années précédant 1999), dans leur majorité de Chine et du continent africain[b 13]. Par ailleurs, la zone métropolitaine de Paris compte également 15 % de musulmans[130],[131].

La première vague massive d'immigration vers Paris commence vers 1820 avec l'arrivée des paysans allemands fuyant la crise agricole et « ouverts » à la France depuis la présence outre-Rhin des armées révolutionnaires et napoléoniennes. Plusieurs autres vagues migratoires ont ensuite suivi sans interruption jusqu'à nos jours : Italiens et Juifs d'Europe centrale pendant le XIXe siècle, Russes après la révolution de 1917, habitants des colonies pendant la Première Guerre mondiale, polonais entre les deux guerres mondiales, Espagnols, Italiens, Portugais et Africains du Nord des années 1950 aux années 1970, Juifs séfarades après l'indépendance des pays d'Afrique du Nord, Africains et Asiatiques depuis lors[132].

La localisation des immigrés dans la ville varie en fonction de l'appartenance communautaire : les 18e et 19e arrondissements concentrent une forte part des immigrés originaires d'Afrique sub-saharienne, en particulier dans le quartier de Château Rouge et près du boulevard Barbès (quartier de la Goutte-d'Or), tandis que le quartier de Belleville rassemble d'importantes communautés maghrébines et chinoises. Dans le 13e arrondissement se situe le quartier asiatique de Paris, plus important « Chinatown » d'Europe[133]. Le seizième arrondissement fait partie des zones qui ont la plus forte concentration de migrants en provenance des États-Unis[réf. nécessaire]. Dans le 10e arrondissement se situent les quartiers pakistanais, sri lankais et turcs, notamment celui de Strasbourg-Saint-Denis[réf. nécessaire].

En 2005 à Paris, 41,3 % des jeunes de moins de 18 ans avaient au moins un parent immigré dont 12,1 % d'origine maghrébine et 9,9 % d'Afrique subsaharienne[134].

Déclin démographique de Paris et reprise récente[modifier | modifier le code]

La démographie parisienne n'est pas autonome : elle est totalement liée à celle de son agglomération. Ce phénomène dérive de la petite taille administrative de Paris, qui implique que le partage de l'espace ne se fait pas à l'échelle de la ville mais de sa région[135].

Malgré l'augmentation du nombre de logements, la population de Paris a connu un déclin important depuis les années 1950-1960, mais ce déclin est enrayé depuis 1999 : les chiffres du dernier recensement publié par l'Insee montrent une croissance de 109 000 habitants entre 1999 et 2009, la population de Paris s'élevant désormais à 2 234 105 personnes[a 5].

La principale explication réside dans l'évolution relative entre l'accroissement naturel (différence entre le nombre de naissances et celui des décès) et le solde migratoire (différence entre le nombre apparent des arrivées et celui des départs). L'accroissement naturel était positif mais relativement faible entre 1968 et 1990, alors que les départs l'emportaient largement sur les arrivées, avec un solde migratoire négatif. La différence entre ces deux soldes aboutissait à un solde total négatif, soit une diminution de la population. Depuis 1999, le solde naturel a augmenté, traduisant une augmentation du nombre des naissances (le taux de natalité est désormais supérieur à la moyenne nationale, avec 14,6 ‰ entre 1999 et 2008), et une diminution du nombre des décès. Inversement, le déficit migratoire a diminué (- 0,3 % par an de 1999 à 2008, contre - 0,7 % par an entre 1990 et 1999, - 0,6 % par an de 1982 à 1999, - 1,1 % par an de 1975 à 1982 et - 2,1 % par an de 1968 à 1975). Au total, la population parisienne recommence donc à augmenter et rajeunit[a 6].

Ensuite, la capitale avait subi une baisse du nombre des résidences principales du début des années 1960 à 1990. Mais, depuis 1990, le mouvement s'est inversé, avec une accélération de la croissance de leur nombre depuis 1990 : 1 159 952 résidences principales en 2009 contre 1 110 912 en 1999 et 1 095 090 en 1990[a 2]. Ce mouvement participe d'une tendance générale à l'augmentation de la population des villes centres des agglomérations métropolitaines en France et en Europe. Les statistiques de la construction à Paris montrent également un mouvement constant de transformation des locaux industriels et artisanaux, ou de commerces en étages, en habitation dans les quartiers centraux, qui s'ajoute à la politique municipale de construction de logement sociaux favorisée par les règles de pourcentage introduites notamment au plan local d'urbanisme et qui soutiennent la hausse du nombre de logements dans la capitale.

Enfin, la taille moyenne des ménages parisiens a beaucoup baissé : le recul de la cohabitation des générations adultes et la réduction du nombre d'enfants par couple ont longtemps été les principales explications. Cependant, la fécondité étant désormais constante, voire en légère augmentation depuis 2000, la diminution de la taille des ménages parisiens s'explique aujourd'hui essentiellement par l'attraction des jeunes adultes qui, sans enfants, peuvent profiter des loisirs et des emplois de la capitale et faire face au coût de l'immobilier en se contentant de petites surfaces. À l'inverse, les couples faisant de nouveaux enfants ont tendance à migrer vers la banlieue dont les habitations sont plus adaptées et meilleur marché[135],[136]. Cette dynamique Paris-banlieue explique les spécialisations respectives de la capitale (dont 55 % des logements n'ont qu'une ou deux pièces[a 4] et du reste de sa région.

Familles et ménages parisiens[modifier | modifier le code]

La population de la ville est relativement jeune : en 2008, selon l'Insee, le pourcentage d'habitants âgés de moins de 35 ans est de 46 %[b 14], soit quatre points de plus que la moyenne nationale, qui est de 41,8 %[b 15].

Paris rassemble, comme toutes les métropoles, plus d'étudiants, de jeunes adultes actifs et de personnes âgées que la moyenne du pays ; les familles sont par conséquent sous-représentées. En 2008, la commune comptait 501 836 familles regroupant 1 433 376 personnes (soit 68 % de la population parisienne), pour 1 148 720 ménages. 51,4 % des ménages étaient composés d'une seule personne : ces 590 122 personnes vivant seules représentaient donc près de 28 % de l'ensemble des Parisiens[b 16]. Il reste donc 4 % de Parisiens qui ne vivent ni seuls, ni en famille. 43 % des familles parisiennes sont constituées d'un couple sans enfant de moins de 25 ans ce qui représente 433 000 personnes, 39,3 % des familles sont des couples avec au moins un enfant et 17,6 % des familles avec au moins un enfant sont monoparentales (contre 13,5 % en France métropolitaine)[b 17]. En 2008, 70,2 % des couples parisiens (soit 27,5 % de la population totale de Paris) sont formés de deux personnes mariées, contre 76,9 % des couples de France métropolitaine ; 21,5 % des couples parisiens sont formés de deux personnes célibataires[b 18]. Ces structures familiales s'expliquent en partie par l'importance du nombre de divorces, Paris étant en tête des départements français pour le nombre de nouveaux divorcées pour 1 000 personnes mariées (20,5 en 2006-2008 selon une étude de l'Ined)[137]. C'est aussi à Paris que sont signés le plus de Pacs en France.

À l'inverse, l'indicateur conjoncturel de fécondité, de 1,57 enfants par femme en 2008, est inférieur à la moyenne régionale (2,01) et nationale (2,0)[138]. Le nombre d'enfants par foyer est faible : 43 % des familles n'ont aucun enfant de moins de 25 ans et près de 25 % n'ont qu'un enfant ; la part des familles nombreuses (8,9 % de familles de trois enfants et plus) est inférieure à la moyenne régionale (11,8 %) et nationale (9,6 %), essentiellement à cause de la petite surface des logements et des prix élevés de l'immobilier.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les établissements d'enseignement de la ville de Paris relèvent de l'académie de Paris.

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

Durant l'année scolaire 20052006, 263 812 élèves étaient scolarisés dans le secteur public, dont 135 570 dans le premier degré et 128 242 dans le second degré, ainsi que 138 527 dans le secteur privé, dont 91 818 sous contrat. Paris possède des établissements en zone d'éducation prioritaire (ZEP) ou en réseau d’éducation prioritaire (REP) : 214 écoles et 32 collèges (soit un enfant parisien sur cinq) relèvent de ces classements[s 20].

En 2007, la ville totalisait 881 établissements publics dont 323 écoles maternelles, 334 écoles élémentaires, six établissements spécialisés (écoles à l’hôpital), 110 collèges, 72 lycées généraux et technologiques, 34 lycées professionnels et deux lycées expérimentaux publics. S'ajoutent 256 établissements privés sous contrat : 110 écoles maternelles et élémentaires, une école spécialisée, 67 collèges, 73 lycées généraux et technologiques et cinq lycées professionnels privés sous contrat.

Dans l'enseignement secondaire, les lycées Louis-le-Grand et Henri-IV ont une envergure nationale voire internationale.

Vie universitaire[modifier | modifier le code]

L'enseignement supérieur regroupait en 2007 environ 585 000 étudiants en Île-de-France, soit plus du quart du total français[b 19].

Il existe une certaine volonté de décentralisation qui a notamment conduit dans les années 1990 au transfert de l'ENA à Strasbourg et d'écoles normales supérieures à Lyon. Toutefois, la plupart des établissements nationaux les plus prestigieux se trouvent toujours en région parisienne, comme les grandes écoles du groupe ParisTech (Arts et Métiers ParisTech, Supélec, Polytechnique ou HEC) ou encore Sciences Po.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès le XIIe siècle, Paris est un des grands centres intellectuels d'Europe, particulièrement en matière de théologie et de philosophie. On retient symboliquement 1200 comme date de fondation de l'Université de Paris, lorsque Philippe Auguste accorde un statut particulier à la corporation (maîtres et élèves) en l'affranchissant de la justice et de la police publiques, les faisant alors relever de la justice ecclésiastique. Les collèges, résidences de maîtres et d'élèves où se déroule également l'essentiel de l'enseignement, sont organisés en facultés. La création de la Sorbonne remonte à 1257. L'université vit essentiellement autour de la montagne Sainte-Geneviève, au sein du quartier latin qui s'étale sur une large partie des 5e et 6e arrondissements. Le quartier est aujourd'hui encore un centre universitaire de grande importance.

À partir du XVIIIe siècle, des écoles spécialisées sont créées pour certaines professions. Elles sont à l'origine des grandes écoles actuelles. L'École polytechnique et l'École normale supérieure sont fondées pendant la Révolution. L'Université de Paris moderne est constituée au XIXe siècle de six facultés : droit, médecine, pharmacie, littérature, théologie et science. Au XXe siècle, le nombre d'étudiants croît fortement. Après la révolte des étudiants de mai 1968 dont la Sorbonne est l'épicentre, l'Université de Paris est réorganisée en treize établissements autonomes (Paris I à Paris XIII), chacun spécialisé dans un domaine relativement délimité.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Paris intra-muros reste le centre universitaire français majeur. Les universités Paris I à VII sont regroupées rive gauche sur trois arrondissements (5e, 6e et 13e). Le quartier latin conserve ainsi une place importante, avec les implantations les plus anciennes : l'Université Paris-Sorbonne, l'École normale supérieure (ENS) et le Collège de France. D'autres institutions d'enseignement supérieur se trouvent aussi dans ce quartier (Institut d'études politiques de Paris [Sciences Po], université de Paris II [Assas], campus de Jussieu, École des hautes études en sciences sociales [EHESS], etc.). L'université Paris-Dauphine est néanmoins excentrée. De plus, il se manifeste une certaine volonté d'étendre le quartier universitaire vers l'est de la ville, dans le 13e arrondissement où est implantée la Bibliothèque nationale de France et où plusieurs bâtiments universitaires ont ouvert, comme l'université Paris VII - Diderot, anciennement établi dans le 5e arrondissement. La ville accueille depuis 1912, le campus principal des Arts et Métiers ParisTech près de la place d'Italie.

Des universités ont été créées en banlieue depuis les années 1960, la plus ancienne étant celle de Nanterre en 1964. Dans le même temps, plusieurs grandes écoles ont également quitté le centre de Paris, notamment pour disposer de locaux plus vastes. Le plateau de Saclay, au sud de Paris, en est devenu un pôle important. Il regroupe, sur un territoire assez vaste, une université (Paris XI), des grandes écoles (HEC en 1964, Supélec en 1975, Polytechnique en 1976), et des laboratoires publics et privés. Dans le cadre du Grand Paris, le projet de cluster technologique Paris-Saclay est lancé en 2010 et consiste essentiellement en l'installation de huit grandes écoles et plusieurs organismes de recherche. Inspiré du modèle de la Silicon Valley, il doit concentrer 20 à 25 % de la recherche publique française et 350 000 emplois aux alentours de 2020[139].

En 1991, quatre autres universités sont fondées en banlieue : Cergy-Pontoise, Évry, Marne-la-Vallée et Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Signe d'un certain volontarisme décentralisateur, « Paris » n'apparaît pas dans leur nom contrairement aux autres universités de proche banlieue.

La ville de Paris entretient elle-même sept établissements d'enseignement supérieur[s 21]. Quatre sont dédiés aux arts appliqués dont les prestigieuses École Boulle (ameublement) et École Estienne (arts graphiques, notamment reliure), deux sont des écoles d'ingénieurs (École des ingénieurs de la ville de Paris et École supérieure de physique et de chimie industrielle) et l'École du Breuil est à caractère horticole.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Le caractère festif de la ville est marqué depuis 2002 par les opérations de Paris Plages, organisée entre juillet et août, et qui consiste à transformer une partie des quais de Seine en plage avec transats et activités, ou de la Nuit Blanche, qui permet au public d'assister gratuitement à différentes expressions de l'art contemporain à travers la ville pendant la nuit du premier samedi au premier dimanche d'octobre.

Paris accueille tout au long de l'année de nombreuses festivités : fin janvier, les rues du 13e arrondissement s'animent avec les célébrations du Nouvel An chinois ; en février-mars défilent le cortège traditionnel du Carnaval de Paris et celui de la Mi-Carême ; fin février se déroule le salon international de l'agriculture ; mars voit se tenir le salon du livre ; fin avril ou début mai la Foire de Paris rappelle les grands rassemblements médiévaux ; le marathon de Paris a lieu courant avril dans les rues de la ville, la Gay pride en juin et la Techno Parade en septembre.

Le 14 juillet est l'occasion du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées et du feu d'artifice tiré depuis les jardins du Trocadéro[140].

Octobre est le mois du Mondial de l'automobile les années paires qui alterne avec le mondial du deux-roues les années impaires. Le même mois accueille la Foire internationale d'art contemporain (FIAC). Le deuxième samedi d'octobre, Montmartre renoue avec son passé viticole lors de la fête des vendanges de Montmartre. Une des plus anciennes manifestations d'art à Paris est la Biennale de Paris, fondée en 1959 par André Malraux.

Santé[modifier | modifier le code]

De nombreux hôpitaux sont implantés dans Paris, dont certains sont particulièrement anciens, la tradition hospitalière remontant au Moyen Âge. L'Hôtel-Dieu de Paris, fondé en 651 par Saint Landry, évêque de Paris, est le plus ancien établissement de la ville. Symbole de la charité et de l'hospitalité, il fut le seul hôpital de Paris jusqu'au XIIe siècle[f 17].

La plupart des établissements relèvent de l'AP-HP, Assistance publique - Hôpitaux de Paris, établissement public de santé créé par la loi du 10 janvier 1849 et relevant de la ville de Paris. Elle exerce le rôle de Centre hospitalier régional pour Paris et l'Île-de-France et emploie plus de 90 000 personnes dont de nombreux médecins et des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière (FPH). L'hôtel de Miramion dans le 5e arrondissement qui abritait un hôpital a été transformé en musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et évoque l'histoire hospitalière de la ville. Parmi ses principaux établissements, peuvent être cités dans Paris intra-muros l'hôpital Necker-Enfants malades, l'hôpital Cochin, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Antoine, Saint-Louis, Bichat-Claude Bernard ou le dernier-né, l'hôpital européen Georges-Pompidou.

En outre, ne relevant pas de l'AP-HP, mais placé sous la tutelle du ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants, l'hôpital militaire des Invalides, également nommé « Institution nationale des Invalides »[141], est ouvert pour les soins médicaux et chirurgicaux aux pensionnaires de l'institution, aux anciens combattants, aux militaires en activité mais également aux assurés sociaux.

En petite couronne (proche banlieue), les établissements hospitaliers Henri Mondor (Créteil), Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), Le Raincy-Montfermeil ou encore Beaujon (Clichy) sont parmi les plus connus[142]. La grande couronne possède plusieurs hôpitaux généralement intercommunaux ne relevant pas non plus de l'AP-HP : on peut citer les hôpitaux Victor Dupouy d'Argenteuil ou encore le centre hospitalier de Versailles.

On peut également citer parmi les institutions hospitalières l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260 par Saint Louis et dont le but était de recueillir les aveugles de Paris, les hôpitaux d'instruction des armées (du Val-de-Grâce, de Percy, de Bégin) ou encore l'hôpital américain de Paris, fondé en 1906 et situé à Neuilly-sur-Seine, qui relève d'un statut particulier d'établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné par la Sécurité sociale.

Paris est par ailleurs une des villes de France les plus denses en médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes : on comptait en 2005 pas moins de 5 840 médecins généralistes (contre par exemple 3 349 au total en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, à la population cumulée légèrement plus élevée)[143].

Pour garantir et préserver l'hygiène de ses habitants, en particulier sa population défavorisée, la mairie de Paris met à sa disposition seize bains-douches municipaux, répartis dans neuf arrondissements. Ces bains-douches sont à la disposition de tous, en cabine individuelle, mais le nécessaire de toilette doit être apporté par les utilisateurs[144].

Sports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à Paris.

Clubs professionnels[modifier | modifier le code]

Nom Sport Division Stade/Salle Fondation Titres
(Championnat de France)
Paris Saint-Germain Football Ligue 1 Parc des Princes 1970 4
Stade français Paris Rugby Top 14 Stade Jean Bouin 1883 13
Paris-Levallois Basket Basket-ball Pro A Stade Pierre-de-Coubertin 2007 0
Paris Saint Germain Handball Handball Division 1 Stade Pierre-de-Coubertin 2012 1
Issy Paris Hand Handball Division 1 Stade Pierre-de-Coubertin 1999 1
Paris Volley Volley-ball Ligue A Salle Charpy 1998 8

L'histoire de Paris est marquée par le sport, du jeu de paume à partir du XIIe siècle au football au XXIe siècle en passant par les courses hippiques et le cyclisme au XXe siècle. La ville compte 360 équipements sportifs : 172 courts de tennis, 131 gymnases municipaux, 36 piscines (accueillant 3,4 millions d'entrées individuelles en 2006) et dix bassins écoles, trente-deux stades municipaux, deux bases nautiques, ainsi que six parcs interdépartementaux répartis dans les trois départements de la petite couronne[s 22].

Les principaux clubs de sport de Paris sont le Paris Saint-Germain (football), le Paris FC (football), le Paris-Levallois Basket (basket-ball), le Paris Handball (handball), le Stade français (rugby à XV) et le Paris Volley (volleyball).

Le Parc des Princes (48 527 places), édifié en 1897, reconstruit en 1932 puis en 1972 au sud-ouest de la capitale, est l'antre du Paris Saint-Germain, qui est son club résident depuis 1974[s 23].

Le Parc des Princes lors du match PSG - Montpellier le 19 février 2012

Le stade Jean-Bouin construit en 1925 à côté du Parc des Princes, stade historique du CASG Paris (club athlétique de la Société générale), devenu le Paris Jean-Bouin, renové une première fois en 1972 puis une seconde fois en 2013, est aujourd'hui le temple du rugby parisien dont le principal club résident est le Stade français Paris.

Le Palais omnisports de Paris-Bercy, vaste espace modulable clos de l'Est parisien inauguré en 1984, accueille de nombreuses compétitions sportives mais fait également office de salle de spectacles et reçoit diverses manifestations : concerts, patinoire, etc[s 24]. Le stade Charléty, créé en 1939 et reconstruit en 1994, temple du sport amateur à Paris[s 25], comprend un stade d'athlétisme de 20 000 places et une salle omnisports de 1 500 places[s 26].

Paris a été la ville d'accueil des matchs de la coupe du monde de football de 1938 ainsi que de celle de 1998.

Le Stade de France (81 338 places), édifié à Saint-Denis en proche banlieue Nord pour la Coupe du monde de football de 1998, est l'antre de l'équipe de France de football qui y remporta cette compétition. Il accueille les finales de la coupe de France de football et de la coupe de la Ligue. Il fut également l'hôte, en 2000 et 2006, de la finale de la Ligue des champions de l'UEFA. Il est aussi utilisé toute l'année pour les matchs à domicile de l'équipe de France de rugby à XV durant le Tournoi des Six Nations, parfois pour de grands matchs des équipes de rugby du Stade français et du Racing Club de France, ainsi que pour les finales du Top 14. Plusieurs matchs de la Coupe du monde de rugby de 2007 y ont été joués, dont la finale.

Paris a accueilli les Jeux olympiques d'été de 1900 et de 1924 et a été candidate malheureuse à l'organisation de ceux de 1992, 2008 et 2012 (Paris 2012), qui se sont déroulés respectivement à Barcelone, Pékin et Londres.

Le Tour de France part chaque année d'une ville différente, mais s'achève toujours à Paris (au Parc des Princes à partir de 1903 et depuis 1975 sur les Champs-Élysées). Le tennis est un autre sport populaire à Paris : les Internationaux de France, tenus chaque année sur la terre battue du stade Roland-Garros à proximité du bois de Boulogne, sont l'un des quatre événements du Grand Chelem du tennis professionnel[s 27].

Médias[modifier | modifier le code]

Selon le linguiste Philippe Boula de Mareüil, la norme pour la prononciation du français « est attribuée à la bourgeoisie cultivée de la capitale, où convergent toutes les voies de communication et où sont installés aujourd’hui les grands médias. Cette prononciation est diffusée par la radio, la télévision [...]. Paris agit à la fois comme un pôle d’attraction et un rouleau compresseur »[145].

Presse écrite[modifier | modifier le code]

Le quotidien régional Le Parisien est décliné aujourd'hui en dix versions départementales, dont une à Paris. Quatre journaux gratuits sont distribués, trois le matin (20 minutes, Direct Matin et Métro), un le soir (Direct Soir), et sont surtout lus dans les transports publics.

L'Officiel des spectacles et Pariscope offrent le programme culturel exhaustif de la métropole.

Télévision locale[modifier | modifier le code]

On peut citer, outre les programmes régionaux de la chaîne nationale France 3, quelques chaînes associatives ou de collectivités locales. Télif rassemble sur un unique canal diffusé par le câble, l'ADSL ou le satellite les chaînes locales de la région : VOTV (Val-d'Oise), Télessonne (Essonne), TVM Est parisien (Seine-Saint-Denis), TVFil78 (Yvelines) et RTV (Rosny-sous-Bois). Zaléa TV, chaîne associative parisienne, est périodiquement diffusée par voie hertzienne en fonction des autorisations distribuées qui ont parfois poussé la chaîne à des diffusions pirates. Teleplaisance.org, autre chaîne associative, diffuse uniquement des programmes amateurs. Les deux chaînes sont disponibles en 2007 grâce à une diffusion via internet.

Sept chaînes locales TNT émettent depuis le 20 mars 2008. Il s'agit de NRJ Paris, d'IDF 1, et de Cap 24. Quatre autres chaînes se partagent ensuite un même canal : Demain IDF, « télévision de l'urbanité et de la diversité » ; BDM TV, qui doit aller dans les quartiers parler culture et initiatives, Cinaps TV, un regroupement de scientifiques et d’artistes inventent une télévision dont l’objectif est de transmettre du savoir et de cultiver la curiosité. Et enfin Télé Bocal, qui travaille dans les quartiers en difficulté, classés « politique de la ville ».

Voir aussi : Presse écrite en Île-de-France et Radio à Paris.

Cultes[modifier | modifier le code]

La chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse est un lieu de pèlerinage catholique.

Personnalités liées à Paris[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Économie de l'Île-de-France.

Avec un produit intérieur brut (PIB) de 607 milliards d'euros (845 milliards de dollars) en 2011 soit un peu plus de 30 % du PIB français[b 4], la région parisienne est une des plus riches d'Europe : si elle était un pays, elle serait la dix-septième plus grande économie de la planète, produisant plus de richesses que les Pays-Bas et la Turquie, et pratiquement autant que l'Indonésie[157].

Paris, comme le reste de l'Île-de-France mais de façon plus marquée encore, est plus riche et plus tertiarisée que la moyenne française. L'agglomération parisienne est toutefois nettement moins spécialisée économiquement que d'autres grands centres économiques mondiaux, notamment que Londres, sa grande rivale en Europe, qui est particulièrement dynamique dans le secteur financier. Toutefois, selon Éric Le Boucher, l'Île-de-France connaît un déclin économique et des pertes d’emplois : « aucune région-capitale au monde ne perd ses emplois comme celle de Paris, aveuglée par son passé brillant, mal gouvernée, fragmentée dans ses égoïsmes, anémiée faute de s'inscrire résolument dans la compétition mondiale des métropoles du XXIe siècle[158] ». Les mêmes inquiétudes sont relayées par l'architecte Jean Nouvel qui estime impératif que Paris évolue, « sous peine de devenir une ville musée[159] ».

Paris dispose d'une superficie de bureaux supérieure à celle de Londres (y compris en demande placée pour les banques[160]) bien qu'étant cinq fois moins étendue, un nombre plus important de groupes du Fortune 500 y ont leur siège[161], l'Île-de-France s'impose comme la première région européenne, devant le Grand Londres, pour les emplois créés par les implantations internationales en 2007[162] et enfin la capitale française dépose chaque année plus de brevets que la capitale anglaise et dispose d'une plus grande proportion de chercheurs dans sa main d'œuvre[163]. À l'heure actuelle, le PIB à parité de pouvoir d'achat de l'agglomération parisienne, estimé à 460 milliards de dollars, est supérieur à celui de Londres[164]. Ces comparaisons doivent être prises avec prudence, les périmètres pris en compte n'étant pas toujours les mêmes : ainsi le Grand Londres, avec 7 517 700 habitants, ne représente pas la totalité de l'agglomération londonienne. Dans les enquêtes comparatives sur l'attractivité économique, européennes ou mondiales, Paris est dorénavant numéro deux derrière Londres, mais toujours devant Tokyo, Madrid, New York et Berlin. L'ambition parisienne est, selon la municipalité, « d'être à la fois Rome et la Californie » (un tiers des brevets de France sont déposés à Paris[165]).

Le plus gros secteur économique est le tourisme de loisirs (cafés, hôtels, restaurants et services liés) et professionnel (salons, congrès…). Elle fait face à la concurrence émergente de villes d'Europe de l’Est ou du Sud parfois moins chères. Ainsi, Madrid est une concurrente sérieuse pour le tourisme de loisirs, Vienne et Milan pour les salons et congrès. Paris dispose d'un tissu hôtelier très diversifié, à un coût moindre que bien d'autres capitales pour les 2 et 3 étoiles et bénéficie encore de sa réputation pour l'élégance, le luxe, les parfums, la mode et la gastronomie. Le secteur culturel, public comme privé, est aussi un gros secteur économique à Paris: édition, médias, musique, cinémas, salles de spectacle, musées, galeries et marchands d'art, compagnies de danse et de théâtre… la concentration culturelle est inégalée en Europe. Paris et son agglomération rassemblent les trois quarts des intermittents du spectacle de tout le pays.

Paris reste de loin le département qui regroupe le plus d'emplois dans la région avec près d'1 650 600 en 2004, soit 31 % des emplois privés de la région, devant les Hauts-de-Seine avec 848 200 emplois (16 %[166]). Le taux de chômage de Paris est, fin 2010, de 8,7 %, ce qui est en dessous du taux national, 9,8 %, alors que, pendant trente ans, le taux parisien était toujours supérieur à celui de la France.

Les salaires parisiens sont très légèrement supérieurs à ceux de la région (19 euros de l'heure en moyenne annuelle au lieu de 18,2 euros, chiffres de 2002) et largement supérieurs à la moyenne des salaires en France (13,1 euros). Néanmoins, cet écart s'explique essentiellement par la forte surreprésentation de cadres qui constituent 25 % des salariés. La ville se caractérise surtout par sa forte inégalité salariale : les 10 % des salariés les mieux payés touchent quatre fois plus que les 10 % les moins payés, ce qui dépasse un peu la moyenne régionale (3,7), mais est largement supérieur à l'écart constaté dans le reste de la France (2,6). De même, les inégalités géographiques apparaissent également au sein même de la ville : le salaire horaire moyen offert dans le 8e arrondissement (24,2 euros) est supérieur de 82 % à celui du 20e arrondissement (13,3 euros). En revanche, les écarts salariaux homme-femme à niveau égal ne sont que de 6 % à Paris contre 10 % dans le reste de la France[b 20].

Le quartier d'affaires de la Défense, depuis la tour Défense 2000

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 32 984 €, ce qui plaçait Paris au 9 215e rang parmi les 31 525 communes de plus de 39 ménages en métropole[b 21].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

La ville de Paris connaît une tertiarisation croissante de son économie avec la prolifération des sociétés de services. Néanmoins, l'artisanat et l'industrie représentent toujours une part non négligeable des emplois. Le commerce maintient son attractivité malgré le développement des grandes surfaces commerciales, sous-représentées en Île-de-France en proportion du nombre d'habitants.

Le secteur de l'industrie comptait près de 25 000 établissements en 2003 et employait 110 000 salariés en l'an 2000. L'imprimerie-presse-édition fournissait l'essentiel de l'activité avec 40 % des emplois industriels parisiens, et les industries de l'habillement et du cuir 23 %. Le secteur de l'artisanat totalisait 36 237 entreprises (pour l'essentiel concentrées dans le nord et l'est de la ville), soit 28 % des artisans de la région, et rassemblait 123 000 salariés en 2003[167]. Depuis les années 1980, la municipalité a organisé l'implantation artisanale et industrielle par la création d'« hôtels d'activités », en particulier dans les quartiers extérieurs de l'est de la ville[168]. Les services rassemblent 35 % des effectifs salariés des entreprises artisanales, suivis par la fabrication avec 28,9 %, le bâtiment avec 22,4 % et enfin l'alimentation avec 13,7 %[167].

Le commerce parisien, resté particulièrement attractif bien au-delà des limites de la ville avec près de 80 000 locaux et 30 000 commerces de détail, se caractérise par son extrême diversité et sa répartition géographique relativement équilibrée[167]. Malgré l’émergence d’une structure polycentrique à l’échelle de l’agglomération, la trame commerciale parisienne continue à se caractériser par une forte continuité spatiale et un poids important de la logique hiérarchique, avec une grande diversité d’échelons de centralité[169]. Néanmoins, l'implantation des grandes surfaces en périphérie ou l'augmentation des baux ont entraîné d'importantes mutations à la fin du XXe siècle. L'émergence ou l'affirmation de nouvelles spécialisations commerciales ont progressivement conduit au déclin les petits commerces de bouche. C'est le cas pour les boutiques d'informatique fort concentrées (rue Montgallet et rue de Charenton en particulier dans le 12e arrondissement) ou les commerces de gros du textile (quartier du Sentier et une partie du 11e arrondissement). L'arrivée massive de chaînes internationales de magasins, de vêtements pour l'essentiel (Celio, Zara, etc.), a encore accru le phénomène au point de faire craindre aux Parisiens la disparition rapide du petit commerce de proximité (commerces de bouche ou librairies de quartier en particulier), ce qui s'est produit dans de nombreux quartiers de Londres par exemple. La municipalité a finalement joué de son droit de préemption afin de lutter contre ce phénomène et le plan local d'urbanisme tente de limiter l'impact de cette évolution dans l'avenir en interdisant par exemple le changement d'affectation d'un local commercial revendu[170].

Le secteur des services aux entreprises est le plus important et correspond au tiers des établissements parisiens. Au 31 décembre 2001, près de 122 300 entreprises employaient au moins un salarié. En effet, une des caractéristiques de l'économie parisienne tient à la forte présence, aux côtés des grands sièges sociaux, de petites entreprises d'un à dix salariés qui rassemblent plus d'un quart des emplois. Ce secteur regroupe les activités de conseil et d'assistance, les services opérationnels, les postes et télécommunications ainsi que la recherche et le développement[167].

Selon le schéma directeur établi par le Conseil régional d'Île-de-France, la métropole table d'ici 2025 sur la création d'un million et demi d'emplois, la construction de 500 000 bureaux et surtout l'implantation d'un millier d'entreprises étrangères, notamment indiennes, chinoises et brésiliennes, faisant passer le taux de croissance de 2 à 5 % par an[171].

Quartiers d'affaires[modifier | modifier le code]

Le parc d'activités Paris-Nord II et, au fond, le village de Roissy-en-France (à gauche) et l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (à droite).

La ville de Paris n'offrant plus de surfaces disponibles, les quartiers d'affaires se sont en partie développés à sa périphérie. Le pôle « Paris-La Défense »[172], qui regroupe la partie Ouest de la rive droite parisienne et neuf communes des Hauts-de-Seine, domine le monde des affaires francilien : on y trouve la plupart des grands sièges sociaux et des emplois à haut revenu. Deux zones y sont particulièrement importantes : le centre de Paris et le quartier de La Défense[173], en banlieue Ouest, qui constitue le premier quartier d'affaires européen par l'étendue de son parc de bureaux[174].

Le quartier des affaires s'étend sur un périmètre assez large autour de l'Opéra et de la gare Saint-Lazare[175]. Il garde un rôle majeur mais les prix de l'immobilier de bureau y sont particulièrement élevés et les surfaces limitées par les règles de l'urbanisme. Entre 1994 et 2005, le nombre d'emplois privés y a assez nettement diminué au profit de la proche banlieue Ouest[176] dans laquelle la Défense a une place centrale.

La Défense, caractérisée par ses gratte-ciels, se développe depuis les années 1960 et compte trois millions de mètres carrés de bureaux et 150 000 salariés. On y trouve 1 500 entreprises dont quatorze des vingt premières entreprises nationales et quinze des cinquante premières mondiales[177]. Un grand plan de relance est prévu pour le quartier pour les années à venir.

D'autres quartiers d'affaires s'implantent aussi ailleurs. Paris Rive Gauche dans le 13e arrondissement est le plus avancé des projets en cours de développement. En banlieue, d'autres pôles naissent dans des zones où les prix de l'immobilier sont moins élevés ou sur des hubs stratégiques (aéroport Paris-Charles-de-Gaulle). Dans le département de la Seine-Saint-Denis et plus particulièrement dans le quartier intercommunal de La Plaine Saint-Denis, de nombreux projets dont certains sont classés ZAC devraient modifier radicalement l'ancienne plus grande zone industrielle d'Europe (au 1er juillet 2008 moins d'1 % des travaux prévus avaient débuté)[178].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Vue panoramique de Paris, depuis le sommet de l'Arc de Triomphe.

Le « tourisme », dans le sens moderne du terme, n'a pris d'ampleur qu'à la suite de l'apparition du chemin de fer, au cours des années 1840. Une des premières attractions fut, dès 1855, la série d'expositions universelles, autant d'occasions d'édifier à Paris de nombreux nouveaux monuments, dont le plus célèbre est la tour Eiffel, érigée pour l'Exposition de 1889. Ceux-ci, en plus des embellissements apportés à la capitale sous le Second Empire, ont largement contribué à faire de la ville elle-même l'attraction qu'elle est devenue.

Mais si Paris est aujourd'hui la capitale la plus visitée au monde, elle est jugée comme l'une des moins accueillantes et des plus chères : selon une enquête[179] sur soixante villes auprès de 14 000 personnes à travers le monde[180], elle se situe à la première place pour la beauté et le dynamisme, mais en fin de classement en ce qui concerne la qualité de l'accueil (52e sur 60) et les prix pratiqués (seulement 55e[181]). Afin d'améliorer l'accueil des touristes et rompre cette mauvaise réputation, des habitants, membres du réseau greeter et s'inscrivant dans la mouvance du tourisme participatif, accueillent chaque année de plus en plus de visiteurs pour des balades gratuites à la découverte de Paris et des parisiens[182].

La région parisienne accueille environ 42 millions de touristes par an[183] et Paris intra-muros environ 32 millions en 2013 dont approximativement 15,5 millions d'étrangers[184], ce qui fait d'elle la ville la plus visitée au monde[185],[183]. Elle est également l'une des villes organisant le plus de congrès internationaux[186]. En 2009, les cinquante premiers sites culturels de la ville ont enregistré 71,6 millions d'entrées en 2010, un chiffre en légère augmentation par rapport à 2008[187],[188].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Paris compte plus de 1 800 immeubles classés ou inscrits à l'inventaire des monuments historiques, dont près de cent lieux de culte. Les monuments les plus célèbres de Paris datent d'époques variées. Ils se trouvent souvent dans le centre et sur les rives de la Seine. Les quais de Seine du Pont de Sully au Pont de Bir-Hakeim constituent l'un des plus beaux paysages fluviaux urbains et sont d'ailleurs classés à l'inventaire du patrimoine mondial de l'UNESCO. On y trouve notamment, d'est en ouest : Notre-Dame, le Louvre, les Invalides, le pont Alexandre-III, le Grand Palais, le musée du quai Branly, la Tour Eiffel et le Trocadéro. Plus à l'est, d'importants édifices contemporains ont été construits (le ministère des Finances, le site François Mitterrand de la bibliothèque nationale de France, etc.).

On trouve sur l'île de la Cité des monuments anciens emblématiques. La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, principalement bâtie du XIIe siècle au XIIIe siècle, a été très restaurée au XIXe siècle et sa façade occidentale nettoyée à la fin du XXe siècle. Elle est symboliquement le noyau de Paris et les distances routières françaises sont mesurées à partir de son parvis. L'ancien palais de la Conciergerie fut le siège du pouvoir royal jusqu'au règne de Charles V, dans la seconde moitié du XIVe siècle. Une partie du bâtiment fut dès lors aménagée en prison et fut notamment le lieu de détention d'illustres personnalités de l'Ancien Régime avant leur exécution, lors de la Révolution française. La Sainte-Chapelle, construite à proximité de la Conciergerie, est considérée comme un chef-d'œuvre de l'architecture gothique. Le pont Neuf, à l'extrémité occidentale de l'île et datant de la fin du XVIe siècle, est le plus vieux pont de Paris en l'état.

Des monuments de style classique marquent également le centre de Paris de leur empreinte. La chapelle de la Sorbonne au cœur du quartier latin, a été construite au début du XVIIe siècle. Le Louvre, résidence royale, a été embelli au XVIIe siècle et plusieurs fois retouché par la suite. L'Hôtel des Invalides, avec son fameux dôme doré, fut érigé à la fin du XVIIe siècle dans les faubourgs de la ville par un Louis XIV soucieux d'offrir un hospice aux soldats blessés. Il abrite depuis le 15 décembre 1840 les cendres de Napoléon Ier et son tombeau depuis le 2 avril 1861[189]. Le Panthéon, édifié quant à lui à la fin du XVIIIe siècle à proximité de la Sorbonne, est devenu sous la Révolution un temple civil où des Français illustres sont enterrés.

Le patrimoine du XIXe siècle est très abondant à Paris avec notamment l'Arc de Triomphe, les passages couverts, le Palais Garnier, construit à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République et qui abrite l'opéra de Paris, et la Tour Eiffel, construction « provisoire » érigée par Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889 mais qui ne fut jamais démantelée. Elle est devenue le symbole de Paris, visible de la plupart des quartiers de la ville et parfois de la proche banlieue.

Au XXe siècle, de nombreuses réalisations des plus grands architectes parsèment les rues de Paris : Guimard, Plumet[190] ou Lavirotte, références de l'Art nouveau en France, puis celles de Mallet-Stevens, Roux-Spitz, Dudok, Henri Sauvage, Le Corbusier, Auguste Perret, etc. pendant l'entre-deux-guerres.

L'architecture contemporaine à Paris est représentée par le Centre Pompidou, édifice des années 1970 qui abrite le musée national d'art moderne ainsi qu'une importante bibliothèque publique librement accessible, par l'institut du monde arabe ouvert en 1987 ou encore par les importantes réalisations voulues par le président François Mitterrand : la bibliothèque nationale de France dans le nouveau quartier de Paris Rive Gauche en plein développement, l'opéra Bastille et, probablement la plus célèbre, la pyramide du Louvre, œuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei érigée dans la cour du Louvre. Plus récemment, le musée du quai Branly, ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques dessiné par Jean Nouvel et inauguré en 2006, a encore enrichi la diversité architecturale et culturelle de la capitale.

La butte Montmartre et le Sacré Cœur vus du Centre Georges-Pompidou

C'est dans la cour du Louvre que débute l'axe historique de Paris : il s'agit d'un alignement monumental d'édifices et de voies de communication partant du cœur de la ville en direction de l'ouest. Il commence à la statue de Louis XIV dans la cour principale du palais du Louvre, passe sous l'Arc du Carrousel et se poursuit à travers le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et aboutit à l'Arc de Triomphe au milieu de la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'Étoile). À partir des années 1960, la perspective fut prolongée plus à l'ouest par la construction du quartier d'affaires de La Défense, quartier où se situent la plupart des plus hauts gratte-ciel de l'agglomération parisienne. La perspective est parachevée en 1989 par la construction de l'Arche de la Défense.

La tour Montparnasse et la basilique du Sacré-Cœur au sommet de la butte Montmartre sont, de par leur hauteur, des points de repère importants dans le ciel parisien. Cette dernière est un des lieux emblématiques de Paris et accueille de nombreux visiteurs, en particulier autour de la place du Tertre où se tiennent des peintres et caricaturistes.

Dans les années 1960, le ministre des affaires culturelles André Malraux lance une grande campagne de ravalement des façades[191], ce qui fait dire au cinéaste François Truffaut : « À partir du blanchiment de Paris, c'est devenu très difficile de montrer Paris tel qu'il avait été avant[192] ».

Parcs et jardins[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des espaces verts de Paris.

Paris comporte 463 parcs et jardins dont le Bois de Boulogne et le Bois de Vincennes et quatorze cimetières arborés. On trouve des jardins anciens dans le cœur de Paris, comme ceux des Tuileries et du Luxembourg. Le jardin des Tuileries a été créé au XVIe siècle, sur la rive droite de la Seine, à proximité du Louvre pour le palais éponyme aujourd'hui disparu. Le jardin du Luxembourg, sur la rive gauche, était autrefois une dépendance privée du château construit pour Marie de Médicis vers 1625. Le jardin des Plantes, institué par Guy de La Brosse, le médecin de Louis XIII, pour la culture des plantes médicinales, fut quant à lui le premier jardin public de Paris.

C'est toutefois au Second Empire que les jardins parisiens doivent l'essentiel de leur physionomie actuelle. La création d'espaces verts fut une facette importante de la politique d'aération d'une ville où s'entassait une population en rapide augmentation. Sous la conduite de l'ingénieur Jean-Charles Alphand et du paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, un nouveau type de jardin voit le jour. Le bois de Boulogne et le bois de Vincennes, alors à l'extérieur de Paris, sont aménagés : situés respectivement à l'extrême ouest et à l'extrême est de Paris intra-muros, ils constituent aujourd'hui, et de loin, les espaces verts les plus étendus de la ville. Certains jardins du centre sont réaménagés et des squares de quartier sont créés. Dans les quartiers plus récents, d'importants parcs sont dessinés, Monceau (autrefois connu sous le nom de « folie de Chartres »), Montsouris, les Buttes-Chaumont ont été conçus par l'ingénieur de Napoléon III.

Depuis les années 1980, plusieurs espaces verts ont été aménagés dans des zones d'activités désaffectées. Le parc de la Villette, imaginé par l'architecte Bernard Tschumi à l'emplacement des anciens abattoirs de Paris, est aujourd'hui le plus grand parc de Paris intra-muros. Durant les années 1990, le parc de Bercy, le parc André-Citroën, celui de Belleville et d'autres encore ont vu le jour. Des jardins familiaux ou éducatifs ont également agrémenté la périphérie de la ville le long de l'ancienne ligne ferroviaire circulaire de « petite Ceinture ». Les jardins d'Éole inaugurés en 2007 et la première phase du parc Clichy-Batignolles en 2008, sont les plus importants parcs créés à Paris dans les années 2000.

Principaux espaces verts parisiens (entre parenthèses : superficie en hectares)[s 28]
Antérieurs au Second Empire Aménagés sous le Second Empire Créés dans le dernier quart du XXe siècle Créés au XXIe siècle

Cimetières[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cimetière parisien.

Les principaux cimetières parisiens étaient situés à la périphérie de la ville à leur création en 1804 sous Napoléon Ier. Plusieurs églises de Paris possédaient également leurs propres cimetières mais à la fin du XVIIIe siècle, il fut décidé de les fermer pour des questions de salubrité. Tous les ossements contenus dans les cimetières paroissiaux supprimés en 1786 ont été transférés dans d'anciennes carrières souterraines en dehors des portes méridionales de Paris, lieu devenu depuis la place Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement. Ces carrières sont connues de nos jours comme les catacombes de Paris[f 18].

Bien que l'extension de Paris ait aujourd'hui de nouveau englobé tous ces anciens cimetières, ceux-ci sont devenus des oasis de tranquillité très appréciés dans une ville trépidante. Plusieurs grandes figures ont trouvé le repos dans le cimetière du Père-Lachaise. Les autres cimetières de taille majeure parmi les quatorze de Paris sont le cimetière de Montmartre, le cimetière du Montparnasse, le cimetière de Passy et les catacombes de Paris.

De nouveaux cimetières « hors-les-murs » ont été créés en début du XXe siècle : les plus grands sont le cimetière parisien de Saint-Ouen, le cimetière parisien de Pantin, le cimetière parisien d'Ivry et le cimetière parisien de Bagneux.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Paris est un centre culturel de premier plan. Destination touristique visitée chaque année par quelque vingt-six millions de touristes étrangers, Paris intra-muros dispose notamment de 143 musées permanents et de quatre-vingt lieux d'expositions temporaires, soit 223 au total, tels Le Louvre ou le Grand Palais, et des sites exceptionnels, comme les Champs-Élysées ou la tour Eiffel. Capitale mondiale des salons et conférences (5 % de l'activité mondiale des congrès sur près de 600 000 mètres carrés), de la mode, du luxe, de la gastronomie et de l'amour romantique, Paris propose également un choix important en matière de spectacles, théâtres ou opéras notamment, et présente à un public particulièrement cinéphile un choix sans égal de films en provenance du monde entier.

Les principaux quartiers pour les sorties nocturnes sont l'avenue des Champs-Élysées, du Rond-point des Champs-Élysées jusqu'à l'Arc de Triomphe, la Bastille et la rue de Lappe, le quartier des Halles et celui du Marais, le quartier Latin jusqu'à Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse, Pigalle, la rue Oberkampf, célèbre pour ses bars, la rue Mouffetard, la Butte-aux-Cailles, la place de la République ou les rives du canal Saint-Martin.

À Las Vegas, un casino a reconstitué à une échelle ½ la tour Eiffel, l'Arc de Triomphe et l'Opéra Garnier. Sur le même principe, un promoteur chinois construit actuellement un « petit Paris » dans la banlieue de Hangzhou en Chine.

Musées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des musées parisiens.
Le musée du Louvre.

Paris et la région Île-de-France possèdent la plus importante offre muséographique de France. On compte en effet pas moins de cent quarante-trois musées dans Paris intra-muros auxquels il faut ajouter plus de cent-dix musées dans la région. Mais au-delà du nombre, c'est surtout dans la diversité des collections que se trouve la plus grande richesse.

Capitale pluriséculaire au riche patrimoine, Paris attire chaque année de nombreux visiteurs. Le musée le plus ancien, le plus grand en surface et en collections est le musée du Louvre. Avec un record de fréquentation de 8,3 millions de visiteurs en 2006, le Louvre est de loin le musée d'art le plus visité au monde. D'autres possèdent également une renommée mondiale tels le musée national d'art moderne (dans le Centre Georges-Pompidou), consacré à l'art moderne et contemporain, ou le musée d'Orsay, pour l'art de la seconde moitié du XIXe siècle (de 1848 à 1905). À proximité de Paris, le château de Versailles, palais édifié par le Roi-Soleil et résidence des rois de France aux XVIIe et XVIIIe siècles, attire également plusieurs millions de visiteurs par an. Le palais et le parc de Versailles sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979[193].

On trouve des musées sous divers statuts administratifs : les plus célèbres sont des musées nationaux, c'est-à-dire appartenant à l'État français. On peut citer, outre le Louvre, Orsay, et le Centre Pompidou, le musée national du Moyen Âge (Thermes et hôtel de Cluny), le musée du Quai Branly, la Cité de l'Architecture, le musée Guimet, le Palais de Tokyo par exemple. D'autres dépendent de ministères, tels le musée de l'Armée à l'Hôtel des Invalides, le musée de la marine au Palais de Chaillot et le musée de l'air et de l'espace du Bourget qui relèvent du ministère de la Défense ou le muséum national d'histoire naturelle qui dépend de l'Éducation nationale. On peut également citer le Panthéon, où reposent les « grands hommes » de la Nation tels que Victor Hugo, Voltaire, Rousseau, Jean Moulin, Jean Jaurès ou Marie Curie. D'autres relèvent de l'Institut de France comme le musée Jacquemart-André, ou encore sont des musées privés, tels que le musée des Arts Décoratifs, La Pinacothèque ou le musée Dapper.

La municipalité de Paris possède et gère quant à elle quatorze musées et sites municipaux dont les plus célèbres sont le musée Carnavalet, consacré à l'histoire de Paris, à proximité de la maison de Victor Hugo, le musée d'art moderne de la ville de Paris ou encore les catacombes. La ville possède également le musée du Petit-Palais (musée des Beaux-Arts de la ville de Paris) ou le musée Cernuschi (musée des Arts Asiatiques de la ville de Paris). De nombreuses expositions thématiques y sont organisées[s 29].

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Photo de la BnF et de la piscine Joséphine-Baker.
Vue de la BnF et de la piscine Joséphine-Baker.

Paris accueille un grand nombre de bibliothèques et médiathèques, notamment publiques. La bibliothèque Mazarine, constituée à partir de la bibliothèque personnelle du cardinal Mazarin, est la plus ancienne bibliothèque publique de France ; elle fut ouverte au public en 1643.

La Bibliothèque nationale de France se trouve pour l'essentiel à Paris, notamment sur deux sites : « Richelieu » situé dans le 2e arrondissement et surtout « François-Mitterrand » dans le 13e arrondissement. Elle constitue l'une des plus importantes bibliothèques au Monde avec une collection estimée à plus de 30 millions de pièces dont 14 millions de volumes. Cet établissement public est le dépositaire en France du dépôt légal depuis le règne de François Ier. L'autre grande bibliothèque publique est la Bibliothèque publique d'information du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou.

La ville gère cinquante-cinq bibliothèques municipales de prêt généralistes[s 30] et une dizaine de bibliothèques municipales thématiques[s 31] où il est également possible d'emprunter certains documents. On peut citer parmi les plus connues la bibliothèque historique de la ville de Paris, créée en 1871, qui possède un million de livres et brochures, des photographies, cartes et plans liés à l'histoire de la ville ou la bibliothèque du cinéma François-Truffaut, offrant une importante documentation sur le cinéma[s 32]. Contrairement à l'accès à la BNF et à la bibliothèque Mazarine, l'accès aux bibliothèques municipales est entièrement gratuit même s'il peut être interdit aux mineurs dans les bibliothèques thématiques. L'emprunt des livres, revues, bandes dessinées ou partitions est gratuit, celui des disques et vidéos se fait moyennant un forfait annuel.

Il existe en outre des bibliothèques associatives ou privées. De nombreuses bibliothèques universitaires sont ouvertes au public, la plus prestigieuse d'entre elles étant la Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Opéras, théâtres et salles de spectacle[modifier | modifier le code]

L'Olympia, célèbre salle de concert parisienne.

Les trois opéras de Paris sont l'Opéra Garnier, l'Opéra Bastille et l'Opéra comique outre les autres scènes lyriques occasionnelles que sont le Théâtre du Châtelet et le Théâtre des Champs-Élysées. Ils offrent un répertoire varié de classique et de moderne.

Le théâtre est traditionnellement un lieu majeur de la culture parisienne. Cela demeure vrai, bien que plusieurs de ses acteurs les plus populaires sont également des vedettes de la télévision française. Paris intra-muros offre plus de 70 000 places réparties dans 208 théâtres et cafés-théâtres. La Comédie-Française, le théâtre de l'Odéon, le théâtre de Chaillot ou, sur d'autres registres, le théâtre Mogador et le théâtre de la Gaîté-Montparnasse figurent parmi les principaux théâtres parisiens. Quelques-uns sont également des salles de concert.

Des légendes du monde musical français et francophone tels qu'Édith Piaf, Maurice Chevalier, Georges Brassens, Charles Aznavour ou Jacques Brel ont trouvé la gloire dans les salles de concert parisiennes : Bobino, l'Olympia, Les Trois Baudets, La Cigale ou encore Le Splendid. La salle Pleyel accueille de nombreux concerts symphoniques, la salle Gaveau de la musique de chambre ; la maison de Radio France offre, quant à elle, de nombreux concerts d'une grande diversité musicale.

L'Élysée Montmartre mentionné ci-dessous, dont la taille s'est nettement réduite, est devenu une salle de concert. Le New Morning est l'un des quelques clubs parisiens offrant toujours des concerts de jazz mais on peut y entendre des musiques d'autres horizons. Plus récemment, Le Zénith dans le quartier de la Villette et Bercy Arena dans le quartier de Bercy, voire le Stade de France à Saint-Denis ou le Parc des Princes proposent des concerts à plus grande échelle.

Les guinguettes et les cafés-concerts constituaient l'épine dorsale du divertissement parisien avant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les exemples précoces, avant le milieu du XIXe siècle, on peut citer la guinguette du moulin de la galette et les cafés-concerts de l'Élysée Montmartre et du Château-Rouge. Les orchestres populaires ont ouvert la voie aux accordéonistes parisiens dont la musique a déplacé des foules à l'Apollo et la java a fait danser au faubourg du Temple et à Belleville. En dehors des clubs survivants de cette époque s'est développée la discothèque moderne : Le Palace et Les Bains Douches, bien que fermés aujourd'hui, en sont les exemples les plus légendaires de Paris. Aujourd'hui, une grande partie du clubbing à Paris se déroule dans des clubs comme le Queen, l'Étoile, Le Cab qui sont très sélectifs. Les clubs orientés vers la musique électronique tels que Le Rex, le Batofar (un bateau converti en club) ou The Pulp sont assez populaires et les meilleurs DJ du monde y offrent leurs prestations.

Paris compte soixante-et-onze discothèques et une trentaine de cabarets et diners-spectacles dont les plus fameux sont le Moulin Rouge fondé en 1889, où l'on mit à la mode le French cancan, le Lido, le Crazy Horse ou le Paradis Latin, doyen des cabarets parisiens dont l'origine remonte à 1802, et qui symbolisent le « Paris canaille », ainsi que des boites de chansonniers tels que le Caveau de la République et le Théâtre des Deux Ânes ou de travestis comme Chez Michou.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Paris compte un grand nombre de salles obscures avec quatre-vingt-cinq cinémas représentant 377 écrans (la plus grande concentration mondiale par habitant), dont cent-cinquante écrans indépendants et quatre-vingt-neuf classés art et d'essai. Elles se distinguent par la variété de l'offre : environ 450 à 500 films sont à l'affiche chaque semaine[s 33], ce qui fait de Paris la ville où le plus de films différents sont distribués (du blockbuster américain au film d'art et d'essai moyen-oriental)[194]. Ces salles sont fréquentées par plus de vingt-sept millions de spectateurs par an (chiffres 2006).

Quelques grands groupes dominent de plus en plus et le cinéma indépendant est fragilisé. Depuis les années 1990, de grands multiplexes de dix ou vingt salles ont été créés (aux Halles, à Bercy, etc.)[195].

La plus grande salle de cinéma à Paris est aujourd'hui Le Grand Rex avec 2 800 places, depuis que le Gaumont Palace de la place de Clichy (qui comptait 6 000 places) a été détruit en 1973. Toutes les autres salles parisiennes possèdent désormais moins de 1 000 places.

L'ancien American Center de l'architecte Frank O.Gehry abrite désormais la Cinémathèque française, au nord de la passerelle Simone-de-Beauvoir, dont elle est séparée par le parc de Bercy ; elle fait face au site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France.

Cafés, restaurants et hôtels[modifier | modifier le code]

Le Café de Flore, célèbre café parisien, à Saint-Germain-des-Prés.
Le café Les Deux Magots, un autre café parisien célèbre de Saint-Germain-des-Prés.

Les cafés sont rapidement devenus une partie intégrante de la culture française de par leur aspect, en particulier à partir de l'ouverture du café de la Régence au Palais-Royal en 1681 puis, huit ans plus tard, du café Procope sur la rive gauche. Les cafés dans les jardins du Palais-Royal sont devenus particulièrement populaires au cours du XVIIIe siècle et peuvent être considérés comme les premières « terrasses de café » à Paris. Celles-ci ne connurent pas d'expansion jusqu'à ce que les trottoirs et les boulevards aient commencé à apparaître au milieu du XIXe siècle. À la Révolution, les cuisiniers des princes et des nobles créèrent le concept de restaurant.

Le premier établissement annonciateur de « la restauration » semble avoir été à Paris La Tour d'Argent, fondé en 1582 par un certain Rourtaud ; l'endroit aurait contribué à l'utilisation de la « fourchette » en France. Le premier restaurant, dans l'acception moderne, est ouvert à Paris, rue des Poulies, en 1765 par un marchand de bouillon nommé Boulanger (dit Champ d'Oiseau) qui invente la « carte de restaurant » et le mot « restaurant », et en 1782, Antoine Beauvilliers, cuisinier du prince de Condé et officier de bouche du comte de Provence, reprend la formule et ouvre, dans un cadre raffiné, la Grande Taverne de Londres, au 26 rue de Richelieu. C'est là le premier véritable « grand restaurant » de Paris, qui restera pendant plus de vingt ans sans rival. Mais c'est à partir de la Révolution française que le phénomène prend de l'ampleur avec la fuite des nobles qui laissent sans emploi leur cuisinier, alors que de nombreux provinciaux arrivent à Paris où ils ne comptent pas de famille qui puisse les nourrir. Dès 1789, on compte à Paris une centaine de restaurants fréquentés par la bonne société, regroupés autour du Palais-Royal. Trente ans après on en dénombre 3 000.

La réputation culinaire de Paris trouve ses fondations dans les origines diversifiées de ses habitants. Avec l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXe siècle et la révolution industrielle qui suivit, de nombreuses personnes de toute la France sont arrivées dans la capitale, apportant toute la diversité gastronomique des différentes régions de France et créant de nombreux restaurants de spécialités régionales, comme « Chez Jenny » pour la cuisine alsacienne et « Aux Lyonnais » pour celle de Lyon. L'immigration en provenance de pays étrangers a apporté une encore plus grande diversité culinaire et on trouve aujourd'hui à Paris, en plus d'un grand nombre d'établissements de cuisine du Maghreb ou d'Asie, des établissements proposant des préparations culinaires en provenance des cinq continents.

Une autre conséquence de l'augmentation du nombre de voyageurs et de touristes dans la capitale est, dès la fin du XIXe siècle, la présence de nombreux hôtels, en partie liée aux expositions universelles. Parmi les plus luxueux, l'hôtel Ritz est apparu sur la place Vendôme en 1898 et l'hôtel de Crillon a ouvert ses portes sur le côté nord de la place de la Concorde en 1909.

Paris, centre littéraire et intellectuel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : vie littéraire à Paris.

Dès le XIIe siècle, le rayonnement de son université fait de Paris l'un des grands foyers intellectuels du monde chrétien. L'adoption du dialecte parisien par la Cour affirme cette vocation. Durant la Renaissance, la ville devient un foyer de l'Humanisme. Avec la progressive centralisation du pouvoir, Paris se trouve renforcée dans sa prééminence culturelle en France. Vers le milieu du XVIIe siècle, Paris et ses salons deviennent le centre presque unique de la littérature française. Dans le dernier tiers du siècle, le prestige de la cour de Louis XIV à Versailles éclipse un peu celui de Paris. Toutefois, la vie intellectuelle parisienne reste active (création de la Comédie-Française sous le patronage du roi en 1680).

Au cours du XVIIIe siècle, Paris redevient le centre culturel du royaume. Les salons parisiens connaissent leur plus bel essor. Voltaire, au ton léger et ironique, est l'écrivain parisien par excellence. À l'inverse, Jean-Jacques Rousseau fuit cette ville « de bruit, de fumée et de boue » et se réfugie à Montmorency, à 15 km au nord de Paris, avant de s'y réinstaller en 1770.

À partir de la Révolution, le monde littéraire se fait plus large, plus complexe. Paris n'en demeure pas moins le cœur de la vie intellectuelle française, en attirant Carlo Goldoni et en accueillant des progressistes, comme Adam Mickiewicz ou Heinrich Heine, menacés ou chassés de différents pays d'une Europe restée globalement très conservatrice. Au cours des XIXe et XXe siècles , Paris est le théâtre où se succèdent les différents mouvements littéraires français et leurs figures principales, romantisme et réalisme avec Hugo ou Balzac, naturalisme avec Zola, Parnasse et symbolisme avec Baudelaire, Verlaine ou Mallarmé, surréalisme avec Apollinaire et André Breton, et d'où viendra le renouveau littéraire apporté par Proust et Céline. Dans les années 1920, beaucoup d'écrivains étrangers viennent découvrir Paris et s'en inspirent dans leur œuvre : Ernest Hemingway, Henry Miller, Gertrude Stein, Ezra Pound, etc. et d’autres attirés par son milieu littéraire viennent y chercher l’espoir : D. H. Lawrence, James Joyce, Samuel Beckett, Eugène Ionesco, etc. Montparnasse, quartier des artistes depuis la fin du XIXe siècle, connaît son âge d'or. Après la Seconde Guerre mondiale, c'est Saint-Germain-des-Prés qui devient le foyer littéraire le plus célèbre, avec la présence de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian ou Jacques Prévert[196]. Le quartier latin demeure le quartier des libraires et l'on compte 217 bouquinistes à proximité sur les quais de Seine. Paris est la principale ville de l'activité littéraire et de l'édition françaises, et beaucoup de quartiers de Paris possèdent une plaque rappelant le séjour d'un écrivain.

Paris dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Paris dans la littérature[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps, Paris a inspiré les écrivains. Au XVe siècle, François Villon plonge dans les bas-fonds de Paris pour amorcer son œuvre majeure : Le Testament. Toutefois, au XVIIe siècle et, dans une moindre mesure au XVIIIe siècle, la description de la réalité parisienne contemporaine intéresse peu les auteurs.

Au XIXe siècle, les écrivains français s'attachent davantage à décrire la réalité de leur temps de manière plus exacte. Sous la monarchie de Juillet, Honoré de Balzac cherche à brosser un tableau détaillé et moderne de la société française, c'est La Comédie humaine[197]. Paris occupe une place privilégiée dans cette œuvre et pas seulement dans les Scènes de la vie parisienne. Il distingue par la diversité des réseaux de relations : c'est là que sont possibles les succès les plus fulgurants, là que l'on cherche la gloire[198] mais aussi là que l'on peut tomber dans l'anonymat le plus absolu[199].

Si Balzac s'intéresse avant tout à la haute société ou aux ambitieux désargentés, on commence à la même époque à s'intéresser à la ville populaire, perçue comme menaçante et fascinante. Des études paraissent sur les « classes dangereuses » d'une ville en expansion. Les Mystères de Paris d'Eugène Sue, qui fait une très large place au Paris de la pègre, connaît un immense succès lors de sa parution en feuilleton en 18421843. Vingt ans plus tard, c'est l'autre plus grand romancier de Paris, Victor Hugo, qui publie Notre-Dame de Paris et Les Misérables, autre volumineux ouvrages traitant du Paris populaire devenu des classiques. Paris fascine avec une double image : une ville fastueuse et prestigieuse (Stendhal sublime Le Frascati, Balzac chante le boulevard des Italiens, Nerval ou Baudelaire ne jurent que par le Divan Le Pelletier) mais aussi une ville populaire où règne le vice. Gérard de Nerval s'y suicide dans le lieu le plus sordide qu'il ait pu y trouver. Le Paris en mutation d'Haussmann est largement décrit par Émile Zola dans Les Rougon-Macquart (Le Ventre de Paris, Nana, Au Bonheur des Dames) ; il est le cadre des errances et états d'âme des poètes Parnassiens et symbolistes et surtout de Baudelaire (Le Spleen de Paris).

Dans les années 1960, les écrivains transforment Paris en une ville mythique : parfois drôle et burlesque comme Zazie dans le métro de Raymond Queneau ou encore pleine de souvenirs comme Je me souviens de Georges Perec.

La ville fascine encore les écrivains de la nouvelle génération, comme Patrick Modiano (et le quartier de Belleville) ou Jean-François Vilar (et le quartier de la Bastille).

La poésie joue également à Paris un rôle dans de nombreuses œuvres : Jacques Réda et Les Ruines de Paris, Jacques Roubaud et La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains.

Paris dans la peinture et la sculpture[modifier | modifier le code]

Paris a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes qui ont diffusé son image dans le monde entier.

Il existe de rares représentations de la ville dans certaines peintures et miniatures médiévales, mais les peintures représentant Paris ne se multiplie de manière significatives qu'à partir des Guerres de religion à la fin du XVIe siècle. C'est sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII que la ville est représentée par Jacques Callot et par les peintres hollandais De Verwer et Zeeman, en particulier les bords de Seine qui les fascinent. Le Louvre devient un sujet de prédilection au XVIIe siècle mais il faut pourtant attendre la vogue de la peinture en plein air au XIXe siècle pour voir les artistes s'intéresser à la vie parisienne et au paysage urbain en mutation. Corot plante son chevalet sur les quais de Seine, Monet représente l'atmosphère vaporeuse de la gare Saint-Lazare, Renoir décrit la vie Montmartroise (Moulin de la galette, le Moulin rouge), Pissarro peint le Pont Neuf et Sisley l'Île Saint-Louis. Puis, au tournant du siècle, Seurat, Gauguin (parisiens de naissance), Cézanne et Van Gogh représentent largement Paris dans leur œuvre. Toulouse-Lautrec est peut-être le plus parisien dans l'âme mais il s'intéresse plus aux cabarets et aux bas-fonds parisiens, qu'il fréquente assidûment, qu'aux paysages. Au XXe siècle, les plus parisiens des peintres sont certainement Marquet et Utrillo qui représentent souvent les quartiers déshérités de la ville. Matisse, Vlaminck et Derain mènent une vie de bohème au Bateau-Lavoir à Montmartre tandis que Léger, Modigliani, Chagall, Zadkine et Soutine s'installent dans les ateliers de la Ruche à Montparnasse ; c'est l'âge d'or de l'école de Paris qui laisse place au surréalisme après la Seconde Guerre mondiale.

Les sculpteurs François Rude (La Marseillaise, composition la plus forte de l'Arc de Triomphe) puis Jean-Baptiste Carpeaux avec la fontaine de l'Observatoire précèdent les grands maîtres de la fin du XIXe siècle dont d'innombrables œuvres ornent la voie publique parisienne : Rodin, Dalou (jardin du Luxembourg, place de la Nation), Bourdelle (Palais de Tokyo), Maillol (jardin des Tuileries) puis Paul Landowski (sainte Geneviève au pont de la Tournelle). L'Art nouveau a trouvé un étonnant débouché en 1900 avec le métro de Paris naissant dont Guimard orna alors plusieurs dizaines de bouches d'entrée. L'art contemporain s'illustre par exemple au Palais-Royal avec les colonnes de Buren ou à Beaubourg avec la fontaine Stravinski.

Paris dans la musique et la chanson[modifier | modifier le code]

Paris constitue un thème et un cadre pour d'innombrables chansons et œuvres musicales.

La tradition musicale à Paris remonte au Moyen Âge avec la création à la fin du XIIe siècle de l'école polyphonique de Notre-Dame dont les œuvres expriment la foi médiévale. Sous François Ier naît à Paris l'imprimerie musicale française et les premières chansons populaires apparaissent. Sous le règne de Louis XIV, les grands opéras sont représentés à Paris : Lully s'y installe et devient responsable de la musique de la Cour. Ses ballets sont représentés au Louvre à partir de 1655. Au XVIIIe siècle, Rameau accentue le rôle de l'orchestre dans ses opéras-ballets, la musique s'impose dans les salons. L'histoire de France influence également la musique parisienne : de nombreuses chansons populaires sont créées durant la Révolution française ; la Carmagnole devient l'hymne des Sans-culottes en 1792. Au XIXe siècle, Paris devient la capitale de la musique, plus par les grands maîtres étrangers comme Rossini et Gaetano Donizetti et même Richard Wagner qu'elle attire par son rayonnement que grâce à ses propres compositions. La musique évolue progressivement vers le Romantisme incarné par exemple par Frédéric Chopin et Franz Liszt. Gounod renouvelle l'opéra lyrique tandis que Berlioz importe la musique descriptive.

La musique festive de danses de Paris, au XIXe siècle est célèbre dans le monde entier. Jouée notamment au moment du Carnaval de Paris, elle influence des musiques traditionnelles et des compositeurs étrangers. Au nombre de ceux-ci, on trouve Johann Strauss père, venu à Paris, à l'invitation de Philippe Musard, alors très célèbre. Ce dernier, ainsi que des dizaines d'autres compositeurs parisiens très fameux à l'époque (Jullien, Tolbecque, etc.).

Après 1870, Dukas, Saint-Saëns ou Bizet font de la France la maîtresse de la musique de ballet. Le caractère national de la musique revient avec Ravel et Debussy, musiciens impressionnistes. La fin du XIXe siècle est aussi l'époque des chansonniers dont Le Chat noir est le lieu de représentation emblématique, immortalisé par Toulouse-Lautrec. Au XXe siècle, les chansons d'Édith Piaf, la « môme de Paris », ainsi que celles de Maurice Chevalier incarnent la chanson populaire parisienne dans le monde entier. Plus récemment, Jacques Dutronc chante en 1968 « Il est 5 heures, Paris s'éveille » et Dalida devient l'une des plus célèbres Montmartroises, une place de la Butte porte son nom et un buste a été érigé en son hommage dix ans après sa disparition[200].

Paris dans la photographie[modifier | modifier le code]

Phaéton de marque Brouhot à Paris en 1910.

Dès l'invention de la photographie, de nombreux artistes ont cherché à capter l'atmosphère de la ville et sa vie quotidienne prise sur le vif. Initiée par Eugène Atget (18571927)[201], la photographie de scènes de rues et petits métiers aujourd'hui disparus est incarnée par Robert Doisneau (19121994), un des premiers grands photographes de Paris[202]. Les scènes insolites constituaient ses sujets de prédilection : les enfants jouant dans les rues, les concierges, les bistrots, les marchés, etc. Ses photographies sont pleines d'humour et de tendresse, la plus célèbre étant Le Baiser de l'Hôtel de Ville[203]. Les images de Willy Ronis évoquent le Belleville et le Ménilmontant d'autrefois, saisissante illustration d'une atmosphère populaire à jamais disparue[204]. Marcel Bovis (1904-1997) a quant à lui représenté la magie de Paris la nuit.

Paris au cinéma[modifier | modifier le code]

L'épicerie Collignon à Montmartre, apparaissant dans le film le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.

Paris est, avec New York, une des villes les plus filmées au monde[réf. nécessaire]. Outre l'importante production française, les réalisateurs étrangers qui l'ont choisie pour cadre sont nombreux.

Parmi une longue liste de films, quelques chefs-d'œuvre du cinéma français sont devenus des classiques. Hôtel du Nord (1938) fut le cadre de la célèbre réplique d'Arletty « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? ». Le petit hôtel au bord du canal Saint-Martin, où le film ne fut d'ailleurs pas tourné[Note 10] est devenu un lieu de pèlerinage cinéphile.

La Traversée de Paris (1956) et Le Dernier Métro (1980) rappellent une certaine réalité de l'Occupation, tandis que Paris brûle-t-il ? (1966) évoque la libération de Paris en août 1944. Plus récemment, Chacun cherche son chat (1996) est une tranche de vie d'un immeuble parisien montrant l'isolement dans une grande métropole et la solidarité qui peut pourtant y exister. Enfin, le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001), conte contemporain dans un Paris mythique et intemporel, a rencontré un succès populaire international et amené de nombreux cinéphiles à Montmartre à la recherche des lieux emblématiques du tournage.

De grands succès du cinéma international, comme Tout le monde dit I love you (1996) ou Minuit à Paris (2011) de Woody Allen, Moulin Rouge ! (2001) ou Da Vinci code (2006), ont choisi la ville pour cadre. En 2007, grâce à son image et à sa position de capitale de la gastronomie, Paris a été choisie comme cadre de l'action du film d'animation américain Ratatouille[205].

De plus, Paris apparaît dans de nombreux films récents comme La Mémoire dans la peau (2002) avec Matt Damon, qui se déroule en grande partie à Paris, ou Tout peut arriver (2003) avec Jack Nicholson, qui dîne dans le restaurant Le grand Colbert à la fin du film. En 2010, Paris est aussi le lieu de résidence de Fabrice Luchini dans Les Femmes du 6e étage. Paris apparaît également dans le film Inception (2010), où l'action se situe en partie.

Paris dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'argot « parisien » révélé par les écrivains du XIXe siècle comme Victor Hugo, Eugène Sue ou Balzac reste très vivace à Paris jusqu'aux années 1950. L'évolution sociologique et ethnique de la population parisienne explique en grande partie cette « mort » de l'argot parisien, qui ne se pratique plus vraiment dans la rue mais qui fit longtemps la joie des lecteurs de romans comme San Antonio, des spectateurs de films dialogués par Michel Audiard ou des auditeurs de chansons de Pierre Perret, de Renaud (titi parisien par excellence) ou de sketches de Coluche. Depuis, l'embourgeoisement de la capitale et l'arrivée massive de populations provinciales et étrangères contribuent progressivement à la disparition de l'argot parisien, supplanté par le verlan[206] et par de nouvelles formes d'expression développées en banlieue, éventuellement ponctuées de mots empruntés aux langues étrangères, telles que l'anglais ou l'arabe.

On appelle souvent Paris la « Ville lumière ». L'origine de cette périphrase vient de la création de l’éclairage public par Gabriel Nicolas de La Reynie, au XVIIe siècle.

Paris est surnommée familièrement « Paname », surnom donné au début du XXe siècle aux Parisiens qui avaient adopté le chapeau dit panama[réf. nécessaire], mis en vogue par les ouvriers qui creusaient le canal du même nom au début du XXe siècle. Cette coiffe très pratique s'exportait principalement vers les États-Unis et l'Europe ; elle avait fait fureur à Paris où tous les hommes portaient un panama. Ce chapeau a donné lieu à de nombreuses chansons, notamment le Paname de Léo Ferré, mélancolique déclaration d'amour à la capitale, qui vaudra au chanteur son premier grand succès.

Plus anciennement, Paris et aussi Pantin, une de ses proches banlieues, étaient surnommées argotiquement « Pantruche » (d'où le nom de la Compagnie carnavalesque parisienne « les Fumantes de Pantruche », présente au Carnaval de Paris).

« Parigot » est un terme d'argot qui désigne un Parisien. Ce terme est généralement considéré comme péjoratif ou au moins moqueur.

Paris dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Jeu vidéo se déroulant à Paris.

La ville est reproduite dans le jeu vidéo The Saboteur, sorti en 2009, avec la plupart des plus grands monuments de la ville. Le jeu se déroule au tout début de la Seconde Guerre mondiale[207],[208]. Elle est également entièrement reproduite dans le jeu vidéo automobile Midtown Madness 3 et Midnight Club II. Une partie du scénario s'y déroule dans Tomb Raider : L'Ange des ténèbres, et une mission y a lieu au tout début du jeu 007: Nightfire. En novembre 2011, des missions y ont lieu également dans Call of Duty: Modern Warfare 3. De plus, on retrouve une carte de Battlefield 3 dans le mode multijoueur qui se déroule à Paris (Opération Métro et traversée de la Seine) ainsi que dans son mode solo. Paris apparait également dans le jeu Remember me, se déroulant dans la ville de Néo-Paris, une version plus technologique de la Ville Lumière.

En octobre 2014, on devrait voir Paris à l'échelle 1:1 dans le jeu Assassin's Creed Unity se déroulant durant la Révolution française de 1789[209].

Paris, siège d'organisations internationales[modifier | modifier le code]

Plusieurs organisations internationales ont leur siège à Paris : l'Unesco, l'OCDE, le secrétariat international de la Chambre de commerce internationale, le Groupe d'action financière (GAFI) ou encore l'Association mondiale anationale (SAT), etc.

Paris, capitale de la mode et du luxe[modifier | modifier le code]

La rue du Faubourg-Saint-Honoré, l'une des plus luxueuses rues de Paris.

En 1945, il existait pas moins de 106 maisons labellisées haute couture en France, toutes concentrées à Paris, avec parmi elles l'une des plus célèbres : Givenchy. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une dizaine : les plus anciennes, Dior, Chanel, Yves Saint Laurent ou encore les plus modestes Dominique Sirop, Adeline André ou Franck Sorbier.

Ces maisons de haute couture excellent dans la mode, et parfois dans la parfumerie par l'entremise de sociétés tierces. Ainsi, no 5 de Chanel ou Arpège, apparus dans les années 1920, sont devenus incontournables, tout comme Miss Dior dans les années 1940. Parallèlement à la parfumerie, se développe depuis le XIXe siècle la maroquinerie, avec Vuitton ou Hermès comme représentants notables. Vuitton, qui a su développer des malles pratiques et raffinées, est devenu un des premiers en la matière. Certains se partagent la marché de la mode et de ses accessoires : Lanvin, Dior… Vers la fin du XXe siècle, de nouveaux créateurs apparaissent comme Jean Paul Gaultier (qui a remis les corsets à la mode), Claude Montana, Thierry Mugler, Christian Lacroix (qui mise sur l'explosion des couleurs) ou encore Chantal Thomass pour la lingerie. Le prêt-à-porter n'est pas en reste, avec Jean-Charles de Castelbajac ou encore Vanessa Bruno et Isabel Marant par exemple.

Les Galeries Lafayette du boulevard Haussmann.

Aujourd'hui, Paris doit faire face à la concurrence de New York, Londres, Milan. La ville occupe néanmoins une place éminente sur la scène mondiale, en particulier pour la joaillerie (concentrée place Vendôme et rue de la Paix) et la haute couture. L'habillement de luxe est particulièrement présent dans le 8e arrondissement, avenue Montaigne ou rue du Faubourg-Saint-Honoré notamment. On y trouve le siège de LVMH, premier groupe mondial dans le secteur du luxe, et les points de vente d'Hermès, Cartier, Christian Louboutin, ou Dior ainsi que les boutiques de toutes les marques de luxe indépendantes ou affiliées à de grands groupes tels que LVMH ou PPR.

Paris est aussi une des capitales du « shopping » et des magasins aux enseignes réputées et présentes partout dans le monde, les Galeries Lafayette ou le Printemps. La ville vit naître les grands magasins modernes, fondés sur l'idée révolutionnaire, à l'époque, de présenter un assortiment large et profond, des prix fixes et apparents, un accès direct et une mise en valeur de la marchandise dans un espace de vente dont l'agencement, la composition et les décors ont été réfléchis. Le premier exemple du genre est Le Bon Marché transformé en 1852.

Paris dans le neuvième art[modifier | modifier le code]

Paris et la bande dessinée sont de vieilles amies. Dès le début du siècle, des créateurs précurseurs du neuvième art font de la capitale le décor privilégié des aventures de leurs personnages. En 1905 apparaît Annak Labornez, plus connue sous le sobriquet de Bécassine, qui part bien vite travailler à Paris, chez la marquise de Grand'Air. En 1908, trois authentiques Parigots commencent à arpenter le pavé parisien, au gré de leurs filouteries et arnaques en tout genre : Croquignol, Ribouldingue et Filochard deviennent célèbres sous le nom des Pieds Nickelés.

Au sortir de la guerre, la bande dessinée est incontestablement belge, avec deux grandes écoles : la Ligne claire, pour le journal de Tintin, sous la houlette de Hergé, et l'école de Marcinelle, pour Spirou, inspirée par Joseph Gillain. Elle entame sa migration vers la France et Paris en 1959, avec la création par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier de Pilote. C'est en France que la bande dessinée entame son renouveau, voyant apparaître des auteurs tels que Philippe Druillet, Giraud, Fred… En 1978, Casterman lance son propre journal, (À suivre), ambitieux magazine qui verra exploser le plus parisien des auteurs de BD, Jacques Tardi, avec Les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec.

Aujourd'hui, les principaux éditeurs sont à Paris, dans la lignée des pionniers du début du siècle comme la dynastie des Offenstadt et leur Société parisienne d'édition. Et c'est à Paris que la Nouvelle bande dessinée a pris racine, avec les jeunes auteurs indépendants : Joann Sfar, Lewis Trondheim, Jean-Christophe Menu, Winshluss, David B.

Principales bandes dessinées ayant pour décor la ville de Paris : Il était une fois une fille que j'ai rencontrée deux fois de Davy Mourier, Kiki de Montparnasse de José-Louis Bocquet, Louis la Lune de Alban Guillemois, Le Mystère Tour Eiffel de Armand Guérin et Fabien Lacaf, Chambres Noires de Olivier Bleys et Yomgui Dumont, Le Diable Amoureux et autres films jamais tournés par Méliès de Fabien Vehlmann et Franz Duchazeau

Paris, capitale du cinéma[modifier | modifier le code]

La première projection cinématographique publique a été réalisée à Paris, le 28 décembre 1895, par Antoine Lumière[210],[211]. C'est également à Paris que Georges Méliès (1861-1938) invente « l'art du cinéma » et le spectacle cinématographique : avant lui les films sont uniquement des documentaires ou des démonstrations techniques. Georges Méliès est connu pour les développements qu'il apporta aux techniques du cinéma, essentiellement dans le domaine du scénario et des trucages. Il est le premier réalisateur et le créateur du premier Studio de cinéma.

La première projection cinéma numérique publique d'Europe a été réalisée à Paris, le 2 février 2000, par Philippe Binant[212],[213].

Paris, le mythe et la réalité[modifier | modifier le code]

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L'histoire de France et celle de sa capitale sont depuis longtemps intimement liées, du « Paris vaut bien une messe » (attribué à Henri IV qui y laissa sa vie) au « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré[214] ! » (célèbre phrase du général de Gaulle prononcée le 25 août 1944, lendemain de la Libération de Paris). En effet, un grand nombre d'événements emblématiques de l'histoire nationale se sont déroulés à Paris, capitale où se concentrent temps forts, tensions et douleurs mais aussi joies collectives : grandes heures de la Révolution française, Commune de Paris, manifestations du Front populaire.

Les pages de l'histoire de France peuvent donc facilement s'illustrer par Paris, qui loin d'être que le centre de la vie politique du pays, bénéficie d'une image qui, par son rayonnement culturel, ne peut se réduire à une accumulation de clichés : sa cour des miracles, ses monuments mondialement célèbres, la Tour Eiffel, son métropolitain, ses expositions universelles, les chansons (celles de la Belle Époque, de l'Entre-deux-guerres, d'Édith Piaf, ou de Maurice Chevalier). La ville de la fête et de la frivolité (avec ses cabarets), du swing et du jazz de l'après-guerre, des cinémas, est aussi celle du progrès, celle où se réalise la réussite sociale (si souvent décrite dans la littérature)[réf. nécessaire]. Cet ensemble a constitué le mythe de Paris[réf. nécessaire]. Ces représentations s'assoient sur une dualité, une représentation matérielle et une spirituelle et symbolique[réf. nécessaire].

Pourtant la ville a fortement évolué au cours des siècles, les travaux d'Haussmann l'ont radicalement modifiée, les transformations des « trente Glorieuses » ont encore modifié l'aspect de plusieurs quartiers, des générations de Parisiens se sont succédé, Paris change sans cesse, Paris évolue mais « Paris sera toujours Paris », par sa façon de se transformer sans cesse tout en restant la même et en conservant son âme[215].

Paris ne parvient toujours pas à concilier concentration de richesses et qualité de vie[réf. nécessaire], contrairement à plusieurs grandes villes de France[réf. nécessaire] qui ont su développer leur attractivité économique et culturelle tout en conservant un environnement de qualité, ce qui explique en partie leur dynamisme démographique que ne possède plus Paris. La capitale reste largement en tête des villes de France pour sa puissance économique, le choix de filières et d'écoles pour l'enseignement supérieur, son offre culturelle d'exception, l'offre de soins et la qualité d'accès aux nouvelles technologies (couverture ADSL à 100 %, large concurrence des opérateurs internet et récemment le déploiement de la fibre optique résidentielle et du Wi-Fi gratuit mis en place par la municipalité). Sa qualité environnementale (pollution, part réduite des espaces verts) reste médiocre et les prix de l'immobilier n'ont cessé d'atteindre les sommets[216]. Ces données nationales sont toutefois à relativiser, en effet, selon l'indice Mercer, Paris est la 33e ville du monde en termes de qualité de vie avec un indice de 102,7 en ne se classant toutefois qu'en 60e position en termes d'hygiène et de santé, notamment handicapée par son niveau de pollution malgré la qualité de ses soins médicaux[217].

Héraldique, drapeau, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Blason de Paris.
Logotype de la mairie de Paris.
Armes de Paris avec ornements

Les armes de Paris se blasonnent ainsi : « De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d'azur fleurdelysé d'or »

Le drapeau de Paris est formé de deux bandes verticales bleu et rouge, qui sont à l'origine des couleurs bleu et rouge du drapeau tricolore français actuel unies au blanc symbole de la monarchie[218].

Devise : Fluctuat nec mergitur, ce qui signifie en latin : « Il est battu par les flots mais ne sombre pas ». Elle évoque le navire représenté sur le blason de la ville, symbole de la corporation des Nautes ou Marchands de l'eau, puissante à l'époque antique de la ville.

La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville au Ve siècle par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont.

La mairie s'est en outre dotée d'un logotype reprenant les couleurs bleu et rouge et le dessin de la nef.

Drapeau de Paris

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur Paris.

La bibliographie partielle ci-dessous ne mentionne que les titres ayant été utilisés pour la rédaction de l'article. L'article détaillé permet de consulter une bibliographie plus complète.

  • Marcel Le Clère, Paris de la Préhistoire à nos jours, Éd. Bordessoules, 1985, 705 p.
  1. p. 40.
  2. p. 40.
  3. p. 52.
  4. p. 47.
  5. p. 46.
  6. p. 66.
  7. p. 68.
  8. p. 71.
  9. p. 98.
  10. p. 114.
  11. p. 145.
  12. p. 131.
  13. p. 147.
  14. p. 142.
  15. p. 202.
  16. p. 207.
  17. p. 202.
  18. p. 244.
  19. p. 406-418.
  20. p. 418-424.
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Autres éléments bibliographiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire aux coordonnées suivantes : latitude 48°49'24"N, longitude 02°20'12"E ; issues du site http://meteo-climat-bzh.dyndns.org/station-1.php
  2. Seul Manhattan avec 26 000 habitants/km2 a une densité de population supérieure sur une superficie relativement comparable.
  3. La politique de la ville est ciblée vers certaines « zones urbaines sensibles » (ZUS) délimitées dans ces arrondissements (voir la liste et les plans des ZUS sur le site du ministère de la Ville).
  4. On y trouve notamment un atelier monétaire. Cette zone clairement inondable n'entre pas en contradiction avec le texte de César qui situe l'oppidum des Parisii sur une « île de la Seine ». La cité, après sa destruction, aurait pu être « déplacée » de quelques kilomètres vers l'est par les Romains et reconstruite ex nihilo sur le versant nord de la montagne Sainte-Geneviève.
  5. Ces superficies incluent l'emprise de la Seine. Les superficies sont respectivement de 3 288 ha en 1859 et 7 088 ha en 1860 si l'on défalque l'emprise de la Seine. Source : Statistique de la France comparée avec les autres États de l'Europe, Maurice Block, Paris, 1860, p. 397-399.
  6. Paris souffre malgré tout de bombardements, qui se multiplient à partir de 1942.
  7. Paris et les départements de banlieue sont notamment regroupés au sein du SIAAP, Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne. Par ailleurs, le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), désormais établissement public de la région Île-de-France, est l'autorité organisatrice de transports responsable de l'ensemble des transports collectifs de Paris et de la banlieue.
  8. Mais réaménagé sous le Second Empire.
  9. Devenu public et réaménagé sous le Second Empire.
  10. Le film Hôtel du Nord fut tourné en studio et non au bord du canal Saint-Martin.

Références[modifier | modifier le code]

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  111. 640 504 hab. au recensement de l'an II d'après Burstin 2012, p. 312, qui indique la référence des Archives nationales F20 381. Le même chiffre est donné par le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui pour 1793.
  112. a et b Jacques-Antoine Dulaure dans Histoire physique, civile et morale de Paris, 3e édition, tome 9, Paris, 1825, p. 445-446, explique: « On a vu (...) qu’en adoptant la méthode de Messance, en multipliant le nombre des naissances par celui de trente, la population de Paris à la fin du règne de Louis XVI , en 1791, s’élevait à 610,620 habitans. La révolution, l'émigration, le régime de la terreur, ont dû causer une diminution considérable dans ce nombre ; aussi voit-on, même à une époque où ces causes avaient cessé d’agir, dans les tables de l'état civil, dressées ou reproduites par le bureau des longitudes, une variété de résultats sur la population de Paris, qui indique l'incertitude. En l'an VI (1798), cette population est marquée de 640,504. Il en est de même pour l'an VII (1799 et suivantes), mais en l'an X (1802), on éleva cette population, par estime, à 672,000; puis, en 1806, elle est réduite à 632,000. Un recensement fait dans les années 1806, 1807 et 1808, donne à la ville de Paris une population beaucoup moindre. Il est vrai que les militaires n’y sont pas compris. Cette population se trouve subitement rabaissée à 580,609. (Voyez l'annuaire du bureau des Longitudes, depuis l'an VII jusques et y compris l'an XII.) ». L'ouvrage contient aussi des états très détaillés du recensement de 1817. Effectivement l'Annuaire de la République Française du Bureau des longitudes publia : en mai 1797 (an V) le chiffre de 600 000 hab. (Annuaire... pour l'année VI, p. 70), en 1798 (an VI) le chiffre de 640 504 hab. dans un tableau rédigé par le citoyen Camus (Annuaire... pour l'année VII, p. 69), idem en l'an VII, p. 70 et en l'an VIII, p. 71, mais en effet 672 000 par estime en l'an X, p. 75, l'an XI, p. 77 et l'an XII, p. 83.
  113. 636 722 hab. au recensement de pluviôse an III (janvier-février 1795) d'après Burstin 2012, p. 312, qui indique la référence des Archives nationales F7 36884.
  114. 551 347 hab. au recensement de l'an V (octobre 1796) d'après Burstin 2012, p. 312, qui indique la référence des Archives nationales F20 123-124. La date exacte d'octobre 1796 est donnée par Marcel Reinhard, Nouvelle histoire de Paris : la Révolution, 1789-1799, Hachette, Paris, 1971.
  115. a, b et c Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Maisonneuve et Larose,‎ 1855, 2e éd., 796 p. (ISBN 2-7068-1668-6, lire en ligne), p. 135–136. Chiffres pour 1800, 1817, 1841, 1846 et 1851. Dont population de la garnison : 15 549 en 1817, 23 228 en 1841, 19 701 en 1846, 31 732 en 1851. Le recensement de 1800 est en fait celui de l'an IX (23 septembre 1800 au 22 septembre 1801) et est généralement indiqué comme ayant eu lieu en 1801 dans le calendrier grégorien.
  116. Le recensement national de 1806-1809 eut lieu pour Paris en mars-juillet 1807 (voir la description du fond F/20/404-406 "recensement parisien de 1807" aux Archives nationales, et Claude Motte, Isabelle Séguy, Christine Théré, Communes d’hier, Communes d’aujourd’hui. Les communes de la France métropolitaine, 1801-2001, Dictionnaire d’histoire administrative, Paris INED, 2003, p. 13), c'est-à-dire en pleine guerre, pendant la Campagne de Pologne. Le chiffre donné pour ce recensement est de 580 609 hab. en temps de guerre correspondant à 659 555 hab. en temps de paix. Le dernier chiffre est approximatif ainsi qu'il est expliqué dans la Revue des études juives, vol. 93, Paris, 1932, p. 213 : « à Paris, il y avait 2.733 Juifs sur une population totale de 580.609 âmes. Tel fut le nombre établi par le préfet de police en 1807 ; en citant ce chiffre il ajouta qu'en temps de paix la population de Paris pouvait s'élever, par approximation, jusqu'à 659.555 personne. ». Un tableau détaillé de ce double chiffre est donné par Burstin 2012, p. 312, qui indique la référence des Archives nationales F20 255 et donne la ventilation pour les sections de l'ancien 12e arrondissement de Paris. C'est le même chiffre de 580 609 qui est donné par Jean Tulard, Le Consulat et l'Empire, 1800-1815, Paris, 1970, lequel cite Louis Chevalier, La formation de la population parisienne au XIXe siècle, 1950, p. 40 (toutefois l'édition de 1950 de ce livre ne donne pas de chiffre pour 1807, donnant 546 856 en 1801, 622 636 en 1811, 713 966 en 1817, 785 866 en 1831 et 899 313 en 1836). Enfin, ce chiffre de 580 609 est donné comme étant un "recensement par évaluation" en 1805 dans Recherches statistiques sur la Ville de Paris et le département de la Seine, tome VI, 1860, p. 7. Par ailleurs plusieurs ouvrages publiés vers 1813-1815 donnent pour Paris une population de « 649 412 en temps de paix et 573 784 en temps de guerre » (par exemple le Traité de Médecine Légale et d'Hygiène Publique ou de Police de Santé, adapté aux codes de l'Empire Français et aux connaissances actuelles, Paris, 1813, p. 181) et ce même chiffre de 649 412 est celui donné par le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui pour le recensement de 1806 (en fait 1807). On trouve enfin le chiffre de 599 243 pour 1805 dans Schnitzler 1846, p. 389.
  117. Le chiffre de 622 636 habitants est donné pour le recensement de 1811 par de nombreux auteurs, comme Husson, Les consommations de Paris, 1856, p. 19 (contient aussi des chiffres depuis 1675 et une analyse très précise), Garnier et Guillaumin, Annuaire de l'économie politique et de la statistique, 1854, p. 232 (également accompagné d'intéressantes analyses), ou plus récemment Louis Chevalier, La formation de la population parisienne au XIXe siècle, 1950, p. 40, ou encore Alfred Fierro, La vie des Parisiens sous Napoléon, Paris, 2003 p. 18 et 57. Bertrand Gilles, Les sources statistiques de l'histoire de France: des enquêtes du XVIIe siècle à 1870, Droz, Paris, 1980, indique pour le dénombrement de 1811 en France, qu'il « passe pour avoir été une estimation utilisant les mouvements de population » mais précise qu'il existe pour Paris un relevé par cantons aux Archives nationales sous la cote F20 407.
  118. Le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, qui indique 1821 au lieu de 1817, ne donne que 657 172 habitants mais en réalité ce chiffre est partiel et ne concerne que les habitants recensés nominativement au 1er mars 1817. Il faut y ajouter 56 794 personnes recensées collectivement, soit un total de 713 966. Ce chiffre, qui est celui donné par MM. Lazare dans le Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments de 1855, est expliqué avec beaucoup de détails dans Recherches statistiques sur la Ville de Paris et le département de la Seine, année 1821, tableau n°7. Cet ouvrage précise que les personnes recensées collectivement sont 17 296 dans les hôpitaux et hospices, 15 549 dans les établissements militaires, 3 233 en prison, 9 484 dans les hôtels et 11 232 dans divers établissements).
  119. Recherches statistiques sur la Ville de Paris et le département de la Seine, tome V, 1844, Article III, tableaux n°61 à 65. Le recensement de 1831 totalise 785 862 habitants dont 753 987 recensés à domicile, 15 576 en garnison, 5 362 dans les hôpitaux civils, 8 272 dans les hospices civils et 2 665 en prison.
  120. Pour 1836, plusieurs chiffres sont avancés. On peut ainsi lire : «  Avant 1846, on n'était pas bien fixé sur la valeur exacte qu'on devait attribuer à la population d'un pays. Tantôt on y comprenait la garnison, tantôt on ne la comprenait pas; tantôt on y comprenait les militaires absents pour cause de service militaire, les enfants absents parce qu'ils étaient en nourrice, etc.; tantôt on ne les comprenait pas. De là vient qu'on trouvera quelquefois dans les publications officielles des chiffres différents de ceux qui sont marqués sur ce tableau. (Exemple: pour 1836, la statistique de France attribue à Paris 909.126 hab., tandis que le VI° volume des Recherches statistiques sur la ville de Paris admet le chiffre de 868.438 hab. ; le chiffre que nous admettons est 899.313.) » dans Résultats statistiques du dénombrement de 1891 pour la ville de Paris et le département de la Seine, et renseignements relatifs aux recensements antérieurs, Préfecture de la Seine, Service de la statistique municipale, 1894, page XVI. Voir Recherches statistiques sur la Ville de Paris et le département de la Seine, tome V, 1844, p. XII qui donne 882 268 habitants en 1836 non compris la garnison ni les militaires sous les drapeaux.
  121. Schnitzler 1846, p. 389-396, explique en détails les chiffres de 1831, 1836 et 1841 : d'après lui les 909 126 recensés en 1836 ne comprennent pas la garnison mais comprennent 33 245 enfants envoyés au dehors en nourrice, 2 518 militaires sous les drapeaux et 21 976 personnes absentes pour divers motifs.
  122. a, b, c et d Recherches statistiques sur la Ville de Paris et le département de la Seine, tome VI, 1860, p. 7, donne un tableau récapitulatif des précédents recensements, dont le chiffre de 868 138 pour le recensement de 1836. Il contient également la description très détaillée des recensements de 1841, 1846, 1851 et 1856.
  123. Le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui donne 1 053 297 mais Félix et Louis Lazare donne 1 053 897
  124. Le détail des chiffres du recensement de 1891 est donné dans Résultats statistiques du dénombrement de 1891 pour la ville de Paris et le département de la Seine, et renseignements relatifs aux recensements antérieurs, Préfecture de la Seine, Service de la statistique municipale, 1894.
  125. Population totale 2 906 472 dont population comptée à part 58 173 et population municipale totale agglomérée 2 848 299, ainsi qu'on peut le lire dans Dénombrement de la population, 1921, décret du 28 décembre 1921, Ministère de l'intérieur, Paris, 1921, p. 730, qui donne aussi le détail par arrondissement.
  126. Voir René Mossé, « La population de Paris d'après le recensement de 1931 », Journal de la société de statistique de Paris, n°75 (1934), p. 152-168.
  127. En 1999, la population sans doubles comptes était 2 125 246, la population municipale était 2 125 246 et la population totale 2 147 857.
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  129. Le recensement d'octobre 1796 a été représenté en 1797, à la fois pour une meilleure lisibilité de l'histogramme par rapport au recensement de 1793, et à la fois parce que les autres recensements sont de début d'année. Pour plus de lisibilité de l'histogramme, le recensement de 1795 et certains des recensements postérieurs à 2006 n'ont pas représentés.
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