Fort-de-France

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Fort-de-France
Vue de l'arrivée des bateaux en provenance des Trois-Ilets
Vue de l'arrivée des bateaux en provenance des Trois-Ilets
Blason de Fort-de-France
Blason
Logo
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Martinique
Département Martinique
Arrondissement Arrondissement de Fort-de-France
(chef-lieu)
Canton chef-lieu de dix cantons
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Centre de la Martinique
Maire
Mandat
Didier Laguerre
2014-2020
Code postal 97200, 97234 (quartier de Balata)
Code commune 97209
Démographie
Gentilé Foyalais
Population
municipale
86 753 hab. (2011)
Densité 1 962 hab./km2
Population
aire urbaine
130 822 hab. (2009[1])
Géographie
Coordonnées 14° 36′ 14″ N 61° 04′ 10″ O / 14.604, -61.0695514° 36′ 14″ Nord 61° 04′ 10″ Ouest / 14.604, -61.06955  
Altitude Min. 0 m – Max. 1 070 m
Superficie 44,21 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Martinique

Voir la carte administrative de Martinique
City locator 14.svg
Fort-de-France

Géolocalisation sur la carte : Martinique

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Fort-de-France
Liens
Site web fortdefrance.fr/

Fort-de-France ([fɔʁ.də.fʁɑ̃s]) (anciennement Fort-Royal, Fodfrans en créole) est une commune française située dans le département français d'outre-mer de la Martinique. En tant que chef-lieu du département et de la région de la Martinique, la ville (88 440 habitants en 2009)[2] concentre d'importantes fonctions administratives, militaires et culturelles. C'est aussi un pôle économique, commercial et portuaire majeur de l'archipel des Petites Antilles. L'unité urbaine, c'est-à-dire l'agglomération au sens statistique et morphologique telle que la définit l'Insee, a 130 822 habitants en 2009[3]. Cependant, Fort-de-France est au cœur d'une conurbation de 170 000 habitants, incluant la commune limitrophe du Lamentin où se situent d'importantes zones d'activités et l'aéroport international Martinique Aimé Césaire, la commune de Schœlcher, ville universitaire, et les communes de Saint-Joseph et de Case-Pilote.

Fort-de-France a changé plusieurs fois d'appellation : les Français baptisent le site du nom de Cul-de-Sac Royal (1635-1672), il devient la paroisse puis la ville de Fort-Royal (1672-1793) avant de devenir Fort-de-la-République ou République-Ville à la suite de la Révolution (1793-1794). La ville redevient Fort-Royal (1794-1807) et enfin Fort-de-France depuis 1807.

Ses habitants sont appelés les Foyalais.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Queen Mary 2 dans la baie de Fort-de-France en mars 2004
Fort-de-France dominée par les pitons du Carbet

Localisation[modifier | modifier le code]

Fort-de-France est située à 6 800 km de Paris, sur la côte caraïbe de la Martinique, c'est-à-dire à l'ouest de l'île, et presque à mi-chemin entre les extrémités septentrionale et méridionale du département. La ville est construite sur le littoral nord de la baie de Fort-de-France.

C'est une commune très étendue (11,7 km du nord au sud et 5,2 km d'est en ouest) : certains quartiers, comme Balata, sont très éloignés du centre-ville.

Géologie, relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

La topographie est très variée. La commune de Fort-de-France s'étire des contrefort du massif volcanique des Pitons du Carbet (le point culminant de la commune atteint environ 1 100 mètres d'altitude, près du sommet du Piton Dumauzé) et par le Morne Césaire (603 mètres). Les pentes volcaniques abruptes et boisées sont entaillées par quelques cours d'eau peu importants mais dont le débit prend un caractère torrentiel par temps de pluie. Les hauteurs qui dominent la partie centrale de la ville, entre les Pitons du Carbet et la plaine du Lamentin, forment une sorte de piémont disséqué en collines (les mornes) et en lambeaux de plateaux en pente douce. Les deux principaux cours d'eau qui débouchent sur la mer à Fort-de-France sont la Rivière Madame et la Rivière Monsieur. L'hypercentre de la commune, appelé ville basse, se déploie dans une zone plate autrefois marécageuse (mangrove) entre le Morne Tartenson et le Morne Pichevin (Hauts du Port). Elle donne sur un éperon rocheux qui forme une avancée de 300 mètres dans la baie sur lequel est bâti le Fort Saint-Louis. Il constitue la principale défense de la ville avec les forts Tartenson et Desaix sur des mornes d'une altitude de 140 mètres surplombant le centre-ville.

La côte, le long du littoral foyalais, alterne donc falaises et parties basses, et les plages, de sable gris, n'y sont guère étendues. Seule quelques reliquats de mangrove subsistent aux abords de la Pointe des Sables.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Fort-de-France est de type tropical humide, caractérisé par des températures moyennes élevées tout au long de l'année (26,5 °C) et un gros volume de précipitations (1 950 mm). Cependant, les températures moyennes mensuelles les plus chaudes sont observées d'août à octobre (31 °C de maximum en journée, 24 à 25 °C minimum la nuit) et les moins chaudes en janvier et février (29 °C maximum en journée et 22 °C minimum la nuit). Comme toute la Martinique, Fort-de-France est soumise au régime des alizés, les vents d'est, dont la circulation générale détermine les saisons pluviométriques[4]. Ainsi, on distingue :

  • le carême, de février à avril, saison plus sèche au cours de laquelle les alizés sont moins chargés en humidité (les précipitations moyennes mensuelles sont de 60 à 90 mm) et où le ciel est relativement clair ; les très belles journées n'excluent pas quelques averses ;
  • l'hivernage (ou saison des pluies), de juillet à octobre, saison plus chaude au cours de laquelle les averses sont plus nombreuses et plus intenses. Entre deux perturbations, cependant, le temps est beau, le ciel est peu nuageux et les alizés sont faibles. L'hivernage correspond à la période des cyclones. Parmi les cyclones les plus violents ou dévastateurs, on retient celui du 19 août 1891, qui avait provoqué la mort de 400 personnes à Fort-de-France (1 000 au total en Martinique), détruit la majeure partie de l'hôpital et du camp militaire de Balata. Lors du passage du cyclone Allen, les 3 et 4 août 1980, des pointes de vent de 167 km/h ont été enregistrées à Desaix et on y a relevé 159 mm de précipitations en 18 heures. Lors du passage d'Edith, le 25 septembre 1963, le débit de la Rivière Madame à Fort-de-France a atteint 150 m3/s, alors qu'il varie normalement entre 20 m3/s en période de crue et 0,050 m3/s en période d'étiage[5].

Si les intersaisons (de novembre à janvier, de mai à juin) possèdent des caractéristiques climatiques intermédiaires, elles peuvent être marquées par des épisodes exceptionnels. Ainsi, à cause de l'épisode pluvieux des 4 et 5 mai 2009, les précipitations du mois de mai 2009 ont été les plus fortes enregistrées au cours des cinquante dernières années à Fort-de-France pour un mois de mai (trois fois le volume moyen)[6], provoquant d'importantes inondations.

Une des conséquences du caractère montueux de la majeure partie du territoire de la commune de Fort-de-France et des épisodes de fortes pluies est l'instabilité des versants, avec le risque de glissement de terrain.

Les températures diminuant avec l'altitude, les populations de classes moyennes ou aisées ont recherché ces espaces plus aérés pour y bâtir leurs résidences, comme à Balata, Tivoli, La Redoute ou Haut Didier. Par ailleurs, l'espace végétal et forestier tient encore une grande place dans la ville, surtout sur les pentes du nord de la commune. La végétation mésophile des premières pentes cède la place à la végétation hygrophile (forêt avec lianes et grands arbres) au-dessus de 700 mètres. En outre, les maisons entourées de leurs jardins recèlent d'espèces qui peuvent compléter l'alimentation des citadins foyalais, comme les arbres à pain, les manguiers, les cocotiers…

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

L'Autoroute A1 (972) relie Fort-de-France à l'aéroport, puis débouche sur la RN5 vers le sud de l'île. Il s'agit de la seule autoroute française située en outre-mer. Les autres accès principaux à la ville sont :

La ville est contournée par la rocade RD 41 d'est en ouest.

Pistes cyclables[modifier | modifier le code]

La ville est en retard en matière d'aménagement cycliste. En 2012, le département prévoit la création de 129 km de pistes cyclables sur 15 ans pour toute l'île[7].

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport international « Martinique Aimé Césaire » se situe à environ 10 km de Fort-de-France[8]. On compte environ 1 700 000 passagers en 2010.

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Vue de la gare multimodale de Fort-de-France à la Pointe-Simon, bateau Vedettes Madinina pour Les Trois-Ilets.

Le port de Fort-de-France est le premier port de croisière français avec environ 470 000 passagers au début des années 2000[9].

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Un bus Mozaïk de la ligne 3, à Fort-de-France.

Le périmètre de la CACEM est desservi par des transports en commun desservent également les villes de Fort-de-France, Schœlcher, Le Lamentin et Saint-Joseph.

Le réseau de transports urbains se nomme Mozaïk. Il existe une gare des taxis collectifs à la Pointe-Simon[10].

Un projet de TCSP avec un Bus à haut niveau de service est actuellement en cours de réalisation à la Martinique. Il doit relier le centre-ville de Fort-de-France (Pointe Simon) au Lamentin, à la Place Mahault d'une part et à l'échangeur de Carrère d'autre part[11].

Article détaillé : BHNS de Martinique.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

La ville de Fort-de-France est composée de nombreux quartiers que sont :

  • Balata
  • Bellevue
  • Chateauboeuf
  • Citron
  • Clairière
  • Cluny
  • Coridon
  • Crozanville
  • De Briant
  • Des Rochers
  • Didier
  • Dillon
  • Ermitage
  • Floréal
  • Godissard
  • Langelier-Bellevue
  • La Meynard
  • La Médaille
  • Montgérald
  • Morne Calebasse
  • Morne Laurent
  • Morne Morissot
  • Morne Pichevin
  • Morne Tartenson
  • Morne Venté
  • Moutte
  • Pointe des Nègres
  • Post-Colon
  • Ravine-Bouillé
  • Ravine-Vilaine
  • Redoute
  • Renéville
  • Rodate
  • Rive Droite
  • Sainte-Catherine
  • Sainte-Thérèse
  • Terres-Sainville
  • Texaco
  • Tivoli
  • Trénelle
  • Volga

Logement[modifier | modifier le code]

Le nombre total de logements sur la commune est de 43 237 au recensement de 2006. Parmi ceux-ci, 86,7 % sont des résidences principales, 0,6 % sont des résidences secondaires et 11,6 % sont des logements vacants[12]. Le prix moyen de l'immobilier à la vente est d'environ 2 706 €/m2 en mai 2010.

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

  • La campagne de ravalement de façades.
  • Réhabilitation de nombreux immeubles publics.
  • Aménagement de la voirie piétonne au centre-ville.
  • Aménagement de couloirs pour les transports en commun.
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Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune est dû à la présence du fort que la France a établi au XVIIe siècle. D'abord appelé cul-de-sac du Fort-Royal (1635-1672), le site devient la paroisse puis la ville de Fort Royal (1672-1793), Fort-de-la-République ou République-Ville (1793-1794), de nouveau Fort-Royal (1794-1807) et Fort-de-France depuis 1807.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à une ancre de sable, sur laquelle broche un faisceau de licteurs, posé en pal sur deux branches de chêne et d'olivier passées en sautoir, le tout d'or.
Commentaires : Fort de France, le théâtre, ancien hôtel de ville, le 25 décembre 2008Ce blason est présent sur le fronton de l'ancien Hôtel de ville.
Logo officiel de Fort-de-France

Logotype[modifier | modifier le code]

Logo officiel de Fort-de-France.

Devise[modifier | modifier le code]

La devise de Fort-de-France est Semper Francia ("Toujours la France" en latin). Cette devise est inscrite sous le blason du fronton de l'ancien Hôtel de Ville.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article général Pour un article plus général, voir Histoire de la Martinique.

L'histoire de Fort-Royal, devenu Fort-de-France en 1807, est marquée dès la fondation de la colonie, par sa rivalité avec Saint-Pierre et par les catastrophes naturelles qui ont dévasté la cité à plusieurs reprises. C'est l'Éruption de la montagne Pelée en 1902 qui, en dévastant Saint-Pierre, consacre Fort-de-France comme ville capitale de la Martinique.

Fondation de la ville[modifier | modifier le code]

Alors que les Caraïbes ont privilégié la côte au vent (côte atlantique) et le Sud de l'île pour leurs implantations, les colons français s'installent dès 1635 sur la côte-sous-le-vent (côte caraïbe) sur le site de Saint-Pierre, par la construction d'un fortin à l'embouchure de la rivière Roxelane. Néanmoins, dans un contexte de conflits avec les Caraïbes, les Hollandais et les Anglais, les colons s'intéressent rapidement à ce site stratégique situé à l’entrée de la plus grande baie de l’île. Le site est aisé à défendre et bien protégé des tempêtes, ce qui n'est pas le cas de la rade de Saint-Pierre.

Malgré le climat insalubre des marécages environnants[13], un premier centre d'habitation est implanté sur le site de l'actuel centre-ville par le gouverneur Jacques Dyel du Parquet, neveu du flibustier Pierre Belain d'Esnambuc, qui y installe sa résidence en 1639. Il y fait construire un premier fort en palissade qu'il nomme Fort-Royal.

Toutefois, c'est le gouverneur Jean-Charles de Baas qui décide de fonder la ville sous nom de le Fort-Royal le 3 octobre 1669. Les travaux d'assainissement des marécages commencent et le plan d'alignement des voies de la future ville est approuvé par Colbert en 1671. Ainsi naît le quadrilatère de 42 hectares, au plan en damier, qui constitue le noyau urbain de la ville actuelle : la ville basse.

Cependant, la décision d'implanter une ville dans un endroit si inhospitalier ne fait pas l'unanimité. Le sol meuble ne favorise pas les constructions et l'air des marécages entraîne une forte mortalité par la malaria. Le développement de la ville impose de nombreux aménagements hydrauliques qui nécessitent près d'un siècle pour être intégralement mis en œuvre.

L'année 1674 est marquée par la célèbre bataille du Fort-Saint-Louis qui voit la défaite de la puissante escadre hollandaise de l'amiral de Ruyter dans sa tentative de prendre la ville, et le rattachement des îles à la Couronne de France.

En novembre 1677, le comte de Blénac débarque à la Martinique pour succéder au gouverneur de Baas qui vient de décéder. C'est lui qui achève la construction de la ville, de son fort (l'actuel fort Saint-Louis) et que l'histoire retiendra comme fondateur de la ville. Travailleur opiniâtre, il obtient que le siège du Gouvernement général ainsi que le palais du Gouverneur soient transférés de Saint-Pierre à Fort-Royal en 1692, faisant de la nouvelle cité la capitale administrative de la Martinique.

Fort-Royal au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Fort-Royal vers 1750

En 1738, la ville est ravagé par un tremblement de terre.

Après l'échec de l'attaque de 1759 par la mer, les Anglais prennent d'assaut Fort-Royal par la terre en 1762 à la suite du débarquement de leurs troupes à Case Navire. Le fort et la Martinique tombent aux mains des Britanniques en février 1762.

La Martinique est restituée à la France un an plus tard par le Traité de Paris. Georges-René Pléville Le Pelley est nommé capitaine du port de Fort-Royal et est chargé de sa réhabilitation. Les installations portuaires de la ville sont alors réduites à leurs plus simples expression. Le bassin est encombré par les épaves de onze bateaux coulés par les Anglais. Au cours de ces travaux, il assèche les marais putrides qui gangrènent les abords de la ville et rend le port accessible aux plus gros bâtiments de commerce. Il supprime les taxes d'accès au port et relance le commerce maritime. Il se consacre ensuite à la correction des cartes des Antilles avant d'être rapatrié à Marseille pour des problèmes de santé. Il est remplacé par Robert Tascher de la Pagerie, le père de la future impératrice Joséphine.

Développement de la ville et rivalité avec Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

En outre, l'entrée du capitaine général Villaret-Joyeuse à Fort-Royal le 14 septembre 1802 consacre le retour de la Martinique à la France, en application de la Paix d'Amiens signée avec l'Angleterre[14] et c'est sous l'Empire, en 1807, que la ville devient "chef-lieu de la colonie" et prend le nom de Fort-de-France. Ce nom n'est pas remis en cause lors de la nouvelle occupation britannique, de 1809 à 1815. Mais Fort-de-France, ville administrative et militaire, souffre toujours de la concurrence de Saint-Pierre, plus peuplée, enrichie par le commerce et le négoce, dont la renommée culturelle est grande dans tout l'arc antillais. Les deux villes sont cependant complémentaires, car si Saint-Pierre fait office de port de mouillage, Fort-de-France fait fonction de port de carénage. D'ailleurs, de nouveaux aménagements portuaires sont réalisés à Fort-de-France pendant les années 1860 et un bassin de radoub est inauguré en 1868.

La limitation actuelle du territoire communal date de 1888[15].

L'arrivée d'esclaves, d'affranchis et de mulâtres, puis de populations désormais toutes libres à partir de 1848, consacre l'essor de la ville, qui passe de 9 200 habitants environ au début du XIXe siècle à 17 000 environ en 1876. De plus, l'introduction de la machine à vapeur dans le système de production sucrière entre 1840 et 1870 conduit à une importante transformation de l'espace agricole et rural de la Martinique. Cela favorise la concentration foncière dans de grands domaines agricoles autour des usines centrales sucrières et des rhumeries, en même temps qu'un émiettement de petites propriétés et exploitations tenues par des affranchis ou par leurs descendants, et un vaste mouvement d'exode rural[16]. Parallèlement, la baisse de la mortalité accélère la croissance démographique. Aussi, en 1901, le recensement donne 29 000 habitants à Saint-Pierre contre environ 24 700 à Fort-de-France. Mais, alors que la population de la première est essentiellement urbaine, concentrée dans l'espace, celle de Fort-de-France est beaucoup plus dispersée, la partie urbaine ne regroupant que 7 000 habitants, et ses emplois y sont encore en majorité agricoles[17].

Des catastrophes naturelles ou humaines détruisent à plusieurs reprises la ville. Ainsi, un tremblement de terre ravage la cité le 11 janvier 1839, puis un grand incendie détruit les trois quarts de la ville coloniale, la quasi-totalité des 1 600 maisons construites en bois pour pallier les conséquences d'un futur séisme, le marché, la cathédrale Saint-Louis le 22 juin 1890, et enfin, un cyclone s'abat sur la ville et tue près de 400 personnes le 18 août 1891. Ironie du sort, c'est une autre catastrophe naturelle qui va définitivement consacrer Fort-de-France dans son rôle de première ville de l'île[15] : l'éruption de la montagne Pelée qui dévaste Saint-Pierre le 8 mai 1902.

Fort-de-France au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Un groupe de réfugiés à Fort-de-France, après l'éruption de 1902.

Après l'éruption de la Montagne Pelée, Saint-Pierre n'est plus une ville commerciale, car elle a perdu tous les habitants qui étaient restés sur place (sauf deux survivants), et son repeuplement s'effectue lentement et très partiellement. Les migrants du nord de l'île arrivent massivement à Fort-de-France, qui récupère l'ensemble des fonctions portuaires, industrielles et de direction économique et commerciale de la Martinique. Pour faire face à cet afflux de population, le maire de la ville, Victor Sévère, relance en 1904 un projet évoqué par les édiles locaux à la fin du siècle précédent : l'assainissement et la municipalisation des Terres-Sainville, un vaste marécage situé au nord-ouest de la ville basse coloniale, alors peuplé de misérables qui y avaient construit leurs cases.

Après une longue bataille juridique pour en exproprier les habitants, les travaux sont réalisés dans la deuxième moitié des années 1920, donnant naissance à un quartier moderne, destiné à une population ouvrière, dont la trame viaire orthogonale prolonge celle du centre-ville, avec des mailles plus petites toutefois. En revanche, les quartiers de Sainte-Thérèse, du Morne Pichevin et de Dillon, de même que d'autres groupement d'habitat individuel spontané (cases) se développent le long des routes allant vers les bourgs avoisinants, sous la pression de la croissance naturelle de la population et de l'exode rural, et donnent l'image d'une dispersion anarchique de l'urbanisation.

Dans les années 1930, l'assainissement est encore imparfait, comme en témoignent l'état du canal de la Levée, un ensemble de fossés séparant les Terres-Sainville du centre, la décharge de la pointe Simon et les caniveaux qui servent d'égouts à ciel ouvert. En dehors du centre-ville, des résidences aisées de style colonial escaladent toutefois les hauteurs aérées du plateau Didier, au nord-ouest de la ville (Balata) et à Redoute, sur la route du Morne-Rouge. Fort-de-France apparaît donc comme une ville de contrastes, plus hétérogène et moins riche que ne l'était Saint-Pierre au temps de sa splendeur.

La crise économique des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, en limitant les débouchés sucriers de la Martinique, mettent à mal son système agricole. La fermeture de grandes usines sucrières durant les années 1950 et 1960, les difficultés des petits propriétaires ou exploitants à vivre des revenus des produits de leurs terres, la forte croissance démographique se conjuguent pour attiser l’émigration vers la métropole et l’exode rural vers Fort-de-France.

Bénéficiant de la loi de départementalisation de 1946 et désormais mieux reliée au reste de l’île grâce à l'amélioration du réseau routier, la ville offre alors l’espoir d’y trouver des emplois dans les services et les équipements. La population est donc passée de 16 000 habitants en 1894 à plus de 52 000 en 1936, puis 66 000 en 1946. Si on peut douter de la fiabilité des recensements antérieurs à celui de 1954 - ce dernier accorde 60 600 habitants à Fort-de-France, révélant la surestimation du chiffre de 1946 -, il est indéniable que la croissance démographique est vive jusqu'en 1967 (97 000 habitants), avant de se stabiliser autour de 100 000 habitants entre 1974 et 1990. Elle s'accompagne de la multiplication des bidonvilles et autres quartiers d'habitat spontané qui enserrent alors l'hypercentre (Terres-Sainville et centre colonial) : Texaco, qui a donné son nom au célèbre roman de Patrick Chamoiseau, prix Goncourt en 1992, Canal-Alaric, Volga-Plage, Trénelle, Citron, Fond-d'Or, Renéville, etc.

Au milieu des années 1970, on estime que 40 % des constructions de Fort-de-France avaient été réalisées sans autorisation et les quartiers insalubres regroupaient un quart des logements, contenant un quart de la population de la commune[18]. Pour faire face aux besoins, Aimé Césaire, maire de la ville de 1945 à 2001, a entrepris la construction de grands ensembles de logements sociaux, comme les cités Dillon, Floréal, Bon-Air et Calebasse dans les années 1960 et 1970 ou Châteaubœuf dans les années 1980, ou de quartiers plus résidentiels (Cluny, Bellevue, Des Rochers, etc.), et appuyé la densification des quartiers centraux. La « durcification » de la majorité des anciens bidonvilles qui ont été reliés aux réseaux (eau, électricité, etc.), avec légalisation des installations, a aussi accompagné la politique de résorption de l'habitat insalubre mise en place par les pouvoirs publics.

Depuis 1990, la population de Fort-de-France décline au profit des communes voisines de Schoelcher, Saint-Joseph et Le Lamentin, et même au-delà, au profit de Ducos, où se sont implantés des lotissements pavillonnaires et des ensembles de logements collectifs. Elle est passée en dessous du seuil de 90 000 habitants (population municipale, c'est-à-dire sans double compte) au recensement de 2007. De même, c'est dans ces périphéries que se sont installées les nouvelles zones d'emploi. Ce phénomène a donc conduit la municipalité à réaliser des opérations de restructuration urbaine visant à redonner son attractivité à la ville (centre d'affaires de la Pointe-Simon, centre commercial Perrinon, etc.) et à améliorer son cadre de vie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le conseil municipal de Fort-de-France est composé de 53 élus dont 15 adjoints (Majorité : PPM : 42 élus - Opposition : Alliance MIM/CNCP/PALIMA : 10 élus et la droite FMP/DVD : 1 élu).

Le 23 mars 2014, dès le 1er tour, Didier Laguerre est élu maire de Fort-de-France, sa prise de fonction a eu lieu le 29 mars 2014.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1883 1888 Jules Fanfan ... ...
1888 1896 Osman Duquesnay Républicain Conseiller général
1896 1900 Henri Audemar ... ...
1900 1907 Victor Sévère Radical Député
1907 1908 Antoine Siger (assassiné) Radical ...
1908 1919 Victor Sévère Radical Député
1919 1924 Louis Saint-Cyr ... ...
1924 1941 Victor Sévère Radical Député
1941 1943 Jean de Laguarigue (administration de l'Amiral Robert) Régime de Vichy ...
1943 1943 Étienne Montestruc (administration de l'Amiral Robert) Régime de Vichy ...
1943 1945 Victor Sévère Radical ...
1945 2001 Aimé Césaire PC puis PPM Député
2001 2010 Serge Letchimy PPM Député
2010 2014 Raymond Saint-Louis-Augustin PPM  
2014   Didier Laguerre PPM  

Instances administratives et judiciaires[modifier | modifier le code]

À Fort-de-France se trouvent la préfecture, l'État-major des forces armées aux Antilles-Guyane, le Palais de justice, le tribunal de grande instance, la cour d'appel, l'hôtel du département, l'hôtel de la région, l'archevêché, le centre hospitalier universitaire et la Poste centrale.

Fort-de-France est aussi une base navale de la Marine nationale, située au fort Saint-Louis. Une frégate de surveillance, deux patrouilleurs et un bâtiment de transport léger y sont affectés au titre de la souveraineté nationale et pour lutter contre le trafic de drogue.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Commune de Fort-de-France (en rose) dans l'arrondissement de Fort-de-France (en jaune)

L'arrondissement de Fort-de-France comprend seize cantons dont dix cantons sont situés sur le territoire de la commune.

La ville fait aussi est aussi le siège de la Communauté d'agglomération du Centre de la Martinique (CACEM), qui regroupe 165 494 habitants en 2009[19], avec les communes voisines du Lamentin, de Saint-Joseph et de Schœlcher.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

La ville de Fort-de-France est depuis plus de 50 ans le bastion du Parti Progressiste Martiniquais fondé par Aimé Césaire. La sensibilité politique des Foyalais se place davantage à gauche.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

En 2008, la ville produisait 1 178 kWc d'électricité grâce à l'énergie photovoltaïque[20]. Par ailleurs, plusieurs mesures ont été mises en place en faveur d'un développement durable de la commune (gouvernance, éducation, énergie…)[20].

En 2004, la CACEM est responsable de la collecte mécanisée des déchets, qui sont traités aux CVE (Centre de valorisation énergétique) et CET (Centre d'Enfouissement Technique) de la Trompeuse sur la commune[21].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 13 mai 2012, Fort-de-France n'est jumelée avec aucune commune[22].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Plusieurs catastrophes ont augmenté la mortalité au XIXe siècle, la population restant sous 17 000 habitants. La croissance démographique est importante durant un siècle, de 1891 (après la dernière catastrophe sur la commune) à 1990 et notamment après 1954, pour atteindre 100 000 habitants au début des années 1990. La ville perd ensuite régulièrement de la population (87 216 habitants en 2010).

En 2011, la commune comptait 86 753 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1853. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1853 1867 1894 1901 1936 1954 1961 1967 1974
13 130 16 721 17 274 24 692 52 051 60 648 84 811 96 943 98 807
1982 1990 1999 2006 2011 - - - -
99 844 100 080 94 049 90 347 86 753 - - - -
(Sources : Insee : Population sans doubles comptes à partir de 1961[23] puis population municipale à partir de 2006[24])
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La comparaison entre les années 2006 et 1990 montre une population très jeune en 1990, et un vieillissement progressif en 2006, notamment chez les femmes[25] :

Pyramide des âges en 2006 en nombre d'individus.
Hommes Classe d’âge Femmes
2 164 
75 à plus
4 276 
4 727 
60 à 74
6 636 
10 056 
40 à 59
14 086 
10 486 
20 à 39
12 654 
12 695 
0 à 19
12 567 
Pyramide des âges en 1990 en nombre d'individus.
Hommes Classe d’âge Femmes
1 411 
75 à plus
2 911 
3 949 
60 à 74
5 624 
9 101 
40 à 59
11 247 
16 327 
20 à 39
17 987 
15 858 
0 à 19
15 657 

Enseignement[modifier | modifier le code]

Établissements scolaires[modifier | modifier le code]

La commune compte 25 écoles maternelles, 59 écoles élémentaires, 8 collèges, 4 lycées professionnels, 3 lycées généraux publics et 6 écoles sous contrat[26].

  • Collège Aimé Césaire (Terres-Sainville)
  • Collège Julia Nicolas (Centre-ville)
  • Collège Perrinon (Cluny)
  • Collège Tartenson
  • Collège Roger Castendet (Coridon)
  • Collège Cassien Sainte-Claire (La Meynard)
  • Collège Fernand Donatien (ex Dillon 1)
  • Collège Dillon 2
  • Collège Jacqueline Julius (Godissard)
  • Séminaire Collège (Privé catholique)
  • LP André Aliker (Cluny)
  • LP de Dillon
  • LP de Chateauboeuf
  • LP Dumas Jean-Joseph (ex Pointe des Nègres)
  • Lycée Techno-Compta (Privé)
  • Lycée Victor-Schœlcher
  • Lycée de Bellevue
  • Lycée Joseph Gaillard (ex Lycée Technique)
  • Lycée polyvalent A.M.E.P (Privé)
  • Lycée professionnel A.M.E.P Raynal Sarcus (Privé)
  • Le Lycée de l'Union (ex Institut Martiniquais d'Études) (Privé) fondé en 1967 par Edouard Glissant
  • Couvent Saint-Joseph de Cluny (Privé catholique)
  • CFA Tertiaire de la CCI Martinique

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

  • Classes Préparatoires aux Grandes Écoles - Scientifique et Littéraire (Lycée de Bellevue)
  • L'École de Gestion et de Commerce (CCI Martinique)
  • Campus Caribéen des Arts (ex Institut Régional d'Art Visuel de la Martinique) (Conseil Régional)

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Le Festival culturel de la ville de Fort-de-France a lieu chaque année aux mois de juin et juillet.

Santé[modifier | modifier le code]

Les hôpitaux de Fort-de-France totalisent environ 1 900 lits[27].

Le CHU de Fort-de-France est composé de 4 établissements (environ 1 300 lits) et reçoit chaque année environ 40 000 malades[28] :

  • L'hôpital Pierre Zobda-Quitman (environ 700 lits) ;
  • L'hôpital Albert Clarac (environ 50 lits) ;
  • La Maison de la Femme de la Mère et de l'Enfant (Maternité ; environ 150 lits) ;
  • Le Centre Emma Ventura (environ 400 lits).

Les autres équipements sont[27] :

  • La Clinique Saint-Paul (privé, 52 lits) ;
  • Le CHS de Colson (470 lits) ; (hôpital psychiatrique)
  • Le dispensaire Calmette.

On trouve également en ville des laboratoires d'analyse et des médecins spécialisés.

Sports[modifier | modifier le code]

Chaque année au mois de novembre a lieu le semi-marathon international de la ville de Fort-de-France. C'est la plus importante manifestation sportive organisée par la ville de Fort-de-France.

Clubs sportifs[modifier | modifier le code]

Fort-de-France compte plusieurs clubs sportifs :

  • Football :
    • le Club Colonial de Fort-de-France (Avec 19 titres de champion, c'est le club de football le plus titré en championnat de la Martinique)
    • le Golden Star de Fort-de-France (16 titres de champion de Martinique)
    • le Good Luck de Fort-de-France (2 titres de champion de Martinique)
    • l'Excelsior (3 titres de champion de Martinique)
    • l'Intrépide (3 titres de champion de Martinique)
    • l'UJ Redoute
    • C.O.D.S.T (Club Omnisports Dillon Sainte-Thérèse)
    • C.O.T.V (Club Omnisports Trénelle-Volga)
  • Handball :
    • L'Espoir de Floréal
    • USC Citron
    • l'UJ Redoute
    • ASC Volga-Plage
    • ASC Dillon Doubout
  • Basket ball :
    • L'USAC (Union Sportive Amicale et Culturelle)
    • Intrépide Basket Club
    • Golden Star Basket Ball
    • Baloncesto
  • Volley ball :
    • Good-Luck
  • Athlétisme :
    • Mairie Sportive
    • Club Colonial
    • ASC Police
  • Rugby :
    • Good-Luck
    • CS Militaire
  • Cyclisme :
    • Union Sportive Foyalaise (USF)
  • Natation :
    • Cercle des nageurs de l'Espadon
  • Yoles rondes
    • Tremplin's Club de voile les Alizés

Stades[modifier | modifier le code]

Il y a deux grands stades à Fort-de-France :

Autres stades 
  • Stade Serge Rouch
  • Stade Desclieux
Autres équipements sportifs 
  • Hall des sports Pellière Donatien
  • Gymnase du stade Louis Achille
  • Gymnase municipal Richard Granvorcka de Coridon
  • Gymnase de Godissard
  • Boulodrome de Dillon
  • Complexe sportif de la Cour Fruit à Pain (Terres-Sainville)
  • Piscine du Lycée Joseph Gaillard (ex Pointe des Nègres)
  • Piscine de la Pointe de la Vierge (Texaco)

Médias[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

La religion catholique (église des Antilles) est pratiquée au sein de l'archidiocèse de Saint-Pierre et Fort-de-France. Depuis 2004, Mgr Michel Méranville est archevêque de Fort-de-France (cathédrale Saint-Louis).

Économie[modifier | modifier le code]

Fort-de-France est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique. Elle gère le CFA, l'EGC, le port de la ville, l’aéroport (aéroport international Martinique Aimé Césaire), la Marina Pointe du Bout, la gare maritime inter-îles et le terminal croisière de la Martinique.

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2008, le revenu fiscal médian par ménage était de 12 743 €, ce qui plaçait Fort-de-France au 30 716e rang parmi les 31 604 communes de plus de 50 ménages en métropole[29].

Emploi[modifier | modifier le code]

La population active résidant dans la commune atteignait un total de 40 331 individus au recensement de 2006 et le nombre d'emplois 45 793. La moitié des établissements employeurs de la Martinique sont situés autour de Fort-de-France et Le Lamentin, soit 1 394 établissements employeurs publics et 3 324 privés en 2008[30]. Le taux de chômage, en 2006, était de 25,6 %[31].

Répartition des actifs occupés par catégorie socioprofessionnelle en 2006

  Agriculteurs Artisans, commerçants, chefs d'entreprise Cadres, professions intellectuelles Professions intermédiaires Employés Ouvriers
Fort-de-France 0,3 % 7,2 % 12,8 % 25,6 % 38,2 % 15,8 %
Moyenne nationale 2,2 % 6,0 % 15,4 % 24,6 % 28,7 % 23,2 %
Sources des données : INSEE[31]

La mairie de Fort-de-France et le Conseil général constituent des employeurs importants.

Entreprises de l'agglomération[modifier | modifier le code]

Parmi les plus gros employeurs, on comptait EDF (450 salariés), France-Télécom (740 sal.), les magasins Carrefour (190 sal.) et Hyper U (125 sal.), les éditions France Antilles (220 sal.), le centre d'appel Groupama (140 sal.), et de nombreux autres magasins, banques (le Crédit Mutuel, 290 salariés, la BNP, 210 salariés, etc.) et assurances, agences d’Intérim, entreprises du bâtiments et de services (restauration collective, gardiennage, entretien d'espaces verts, etc.)[32]

Secteurs d'activités[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Le centre commercial Perrinon est au cœur de la ville.


Transport maritime[modifier | modifier le code]

Le port de Fort-de-France est le plus important port de commerce de la Martinique. Il est réparti sur plusieurs sites (le terminal conteneurs de la Pointes des Grives, les quais de la Baie des Tourelles (nord et sud), le quai ouest, le bassin de radoub et le terminal de croisières de la Pointe Simon).

La Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique a géré le port de Fort-de-France entre 1964 et 2013. Cependant depuis le 1er janvier 2013 c’est l’Établissement Public « Grand Port Maritime de la Martinique » qui s’occupe de la gestion du port.

Fort-de-France est le 6e port à conteneurs de France avec 160 000 conteneurs EVP traités chaque année, et le premier bassin d'emploi de l'outre-mer français, avec environ 1 000 emplois directs[33]. Chaque année, environ 3 millions de tonnes[34] de marchandises sont traitées dans le port, dont 70%[35] sont des importations. Ces importations sont majoritairement du pétrole brut à destination de la raffinerie SARA et des marchandises diverses conteneurisées pour les consommateurs martiniquais (électroménagers, multimédia, alimentaire, etc.). Près de 80%[36] des importations martiniquaises proviennent de l’Europe mais principalement de la France métropolitaine. Concernant les exportations, les produits pétroliers raffinés restent le principal poste d’exportation, suivie par les bananes (280 000[36] tonnes par an) envoyées vers l’Europe dans des conteneurs réfrigérés, ce qui permet à la Martinique de se placer à la 16e place des pays importateur de banane en Europe.

Près de 96%[36] des marchandises importées ou exportées en Martinique passent par le port de Fort-de-France, ceci illustre clairement l’importance du Port et de ses routes maritimes.

Le port de Fort-de-France joue aussi un rôle essentiel dans le transport de passagers, que ce soit dans le domaine de la croisière ou inter-îles. Avec un trafic de 110 023[37] passagers pour la croisière et 127 704[37] passagers inter-îles en 2012, le port est un maillon important pour l’économie touristique de l’île et pour la mobilité des personnes dans la Caraïbe.

Le port charge et décharge également des véhicules en provenance et a destination de l’Europe grâce a des navires rouliers (RORO).

Tourisme et affaires[modifier | modifier le code]

Un centre d'affaires est en cour d'achèvement sur une ZAC concédée au début des années 1990 par la ville à la Semaff. Il se situe à la Pointe-Simon de Fort-de-France, sur un espace de quinze hectares, à proximité de l’embouchure de la Rivière Madame. Il comporte :

  • une tour de 20 étages pour des bureaux, qui s'élève jusqu'à 105,5 mètres de haut et qui est la plus haute des Petites Antilles (en excluant Trinidad) ;
  • un immeuble de sept étages constitué de bureaux, de commerces et d'un hôtel d'affaire, actuellement en construction ;
  • un immeuble de grand standing de 8 étages de type condominium, pour des logements et des services à vocation touristique et d'affaires.

La totalité de la surface construite fait prévoir un complexe urbain de 24 000 m2, son inauguration était prévue le 18 avril 2012, date anniversaire de la mort d'Aimé Césaire mais se fera à la fin des travaux (fin juin voire début juillet).

Il est également prévu dans la deuxième phase une galerie marchande de type « village créole » appelé Fort-de-France antan lontan à proximité du « Malecon » et adossé à l’aménagement au boulevard Alfassa[38], ainsi qu'un deuxième hôtel relié par une passerelle au complexe de la première phase et un palais des congrès.

Au 28 avril 2012, les façades de la tour et du condominium sont achevées et le gros œuvre du troisième bâtiment est achevé (Erick Orville et Frank Brière, architectes), c'est aussi le jour de démantèlement de la dernière grue du chantier.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

Vue sur Fort-de-France, à partir du Calvaire

Monuments et lieux civils[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

  • Le jardin de la Savane, mesurant 5 ha, est situé aux abords du Fort Saint-Louis. La réouverture au public a lieu en 2011 après 3 à 4 ans de travaux[39]. Il comprend 3 ha de pelouses, 7 « îles » botaniques, des kiosques[40]
  • Le jardin de Balata, commencé en 1982 et ouvert au public en 1986, est un jardin botanique situé à quelques minutes du centre-ville.
  • En 2005, le périmètre du Parc naturel régional de Martinique englobe la partie nord de la commune. Une maison de Parc est présente à Fort-de-France (Domaine de Tivoli)[41].
  • Le Parc culturel Aimé Césaire, ainsi renommé en 2008, fut auparavant Parc Gallieni (du nom de la caserne) puis Parc floral en 1973. Les services culturels y sont installés depuis 1976 ; c'est aujourd'hui un lieu d'activités multiples[42].
  • La cascade d'Absalon

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Autres lieux[modifier | modifier le code]

  • Cinéma CMAC Atrium.

Fort-de-France et la littérature[modifier | modifier le code]

Fort-de-France est le titre d'un roman de Pierre Benoit publié en 1933.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La cuisine est composée de plats créoles : boudin noir, boudin blanc à base de poissons, acras (beignets) de morues ou crevettes, crabes farcis, boucané, colombo… Elle s'appuie sur les produits locaux : produits de la mer, fruits et légumes exotiques…

Personnalités liées à la commune (par ordre de naissance)[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Solange Contour, Fort de France au début du siècle, Paris, L'Harmattan,‎ février 1994, 224 p. (ISBN 2738416845)
  • Micheline Marlin-Godier, Fort-de-France : 1884-1914, Petit-Bourg, Ibis Rouge,‎ octobre 2000, 267 p. (ISBN 284450082X)
  • Denis Martouzet, Fort-de-France : ville fragile ?, Paris, Economica,‎ octobre 2001, 264 p. (ISBN 271784287X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Insee - Population de l'aire urbaine de Fort-de-France en 2009, consulté le 18 juillet 2012.
  2. INSEE - Population légale Fort-de-France 2009.
  3. Insee - Résultats du recensement de la population de 2009 - Unité urbaine de Fort-de-France, consulté le 18 juillet 2012.
  4. www.meteo.fr.
  5. François Doumenge et Yves Monnier, Les Antilles françaises, PUF, collection « Que sais-je ? », 1989.
  6. www.meteo.fr.
  7. « Séminaire sur la place du vélo dans la politique du Développement Durable et Solidaire », sur Le site du Conseil général de Martinique,‎ 2012 (consulté le 20 mai 2012)
  8. « L'Aéroport et la CCIM », sur http://www.martinique.aeroport.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012).
  9. « Diagnostic du PLU de Fort-de-France », sur http://www.fortdefrance.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012), p. 78 et 79
  10. « Diagnostic du PLU de Fort-de-France - Les transports », sur http://www.fortdefrance.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012), p. 85
  11. [1]
  12. INSEE - Recensement de la population de 2006 - Logement à Fort-de-France.
  13. Exemple avec la bataille du 20 juillet 1674 contre une force hollandaise.
  14. Paul Butel, Histoire des Antilles françaises, Perrin, 2002.
  15. a et b « Diagnostic du PLU de Fort-de-France », sur http://www.fortdefrance.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012), p. 14
  16. www.univ-provence.fr.
  17. Denis Martouzet, Fort-de-France. Villes fragile ?, Anthropos, 2001.
  18. Serge Letchimy, Urbanisme et urbanisation à la Martinique. Le cas de Fort-de-France, thèse de doctorat de troisième cycle, Université de Paris IV, 1984.
  19. Insee - Résultats du recensement de la population de 2009 - Communauté d'agglomération du Centre de la Martinique, consulté le 18 juillet 2012
  20. a et b « La Politique énergétique de la Ville de Fort-de-France », sur res-league.eu, Ligue européenne des champions des énergies renouvelables,‎ 2010? (consulté le 23 juin 2012)
  21. « Fiche 14 - Gestion des déchets en Martinique », Agenda 21 du CG, sur cg972.fr, Le Conseil général de Martinique,‎ 2005-2007 (consulté le 23 juin 2012), p. 1
  22. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur le site du ministère des Affaires étrangères (consulté le 13 mai 2012).
  23. Historique de la population des communes de 1961 à 2008
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  25. Recensement de l'INSEE en 2006.
  26. « Diagnostic du PLU de Fort-de-France - Équipements de proximité », sur fortdefrance.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012), p. 85
  27. a et b « Diagnostic du PLU de Fort-de-France - Équipement sanitaire » [PDF], sur fortdefrance.fr,‎ 2007 (consulté le 20 mai 2012), p. 83
  28. « Histoire du CHU de Fort-de-France », sur chu-fortdefrance.fr/ (consulté le 20 mai 2012)
  29. « CC-Résumé statistique/com,dep,zone empl », sur le site de l'Insee (consulté le 6 novembre 2010)
  30. Joëlle Nacitas, Xavier Paraire, « Un emploi salarié martiniquais sur deux dans les établissements de grande taille », sur INSEE, INSEE,‎ avril 2011 (consulté le 23 juin 2012)
  31. a et b INSEE - Résultats du recensement de 2006 - Chiffres clés Emploi - Population active.
  32. Roger Brunet, « Fort-de-France », sur Le trésor des Régions,‎ 2000-2010 (consulté le 23 juin 2012)
  33. « Le port a ouvert grand ses portes », sur http://www.martinique.franceantilles.fr,‎ 2 avril 2012 (consulté le 14 mai 2012)
  34. « Fort de France, port d'intérêt national », sur Ministère du développement durable,‎ 10 mars 2011 (consulté le 14 mai 2012)
  35. « Grand quantité d'importation ».
  36. a, b et c « Le port en quelques chiffres »
  37. a et b « statistique trafic commercial 2012 du port » [PDF]
  38. Projet du centre d'affaires à la Pointe-Simon.
  39. « Une bonne Nouvelle pour 2011 La Savane de Fort - De - France (Martinique) enfin réouverte après des années de travaux…! », sur http://www.radiomediaantilles.com (consulté le 13 mai 2012)
  40. « Enfin La Savane! … Ou presque », sur http://www.martinique.franceantilles.fr,‎ 28 décembre 2010 (consulté le 13 mai 2012)
  41. « Territoires, sites et équipements du PNR de Martinique », sur http://www.pnr-martinique.com (consulté le 13 mai 2012)
  42. « Réhabilitation du Parc culturel Aimé Césaire », sur http://www.fortdefrance-gip-gpv.fr (consulté le 13 mai 2012)