Bulgarie

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République de Bulgarie

Република България (bg)

Republika Bălgaria (bg)

Drapeau
Drapeau de la Bulgarie
Blason
Armoiries de la Bulgarie
alt=Description de l'image EU-Bulgaria.svg.
Devise nationale Съединението прави силата
(L'union fait la force)
Hymne national Mila Rodino
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Rossen Plevneliev
Premier ministre Boïko Borissov
Langues officielles Bulgare
Capitale Sofia

42° 41′ N 23° 19′ E / 42.683, 23.317

Géographie
Plus grande ville Sofia
Superficie totale 110 944 km2
(classé 102e)
Superficie en eau 0,3 %
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance de l'Empire ottoman
déclarée
- reconnue
1908
Démographie
Gentilé Bulgares
Population totale (2011) 7 364 570[1] hab.
(classé 96e)
Densité 65,48 hab./km2
Économie
PIB nominal (2009) $47,1 milliards[2] (75e)
PIB (PPA) (2009) $90,1 milliards[3] (63e)
IDH (2012) en augmentation0,782[4] (élevé) (58e)
Monnaie nouveau lev
(depuis 1999) (BGN​)
Divers
Code ISO 3166-1 BGR, BG​
Domaine Internet .bg
Indicatif téléphonique +359

La Bulgarie, en forme longue la République de Bulgarie, en bulgare България et Република България, translittération : Bălgaria et Republika Bălgaria, est un pays d’Europe du Sud-Est situé dans la péninsule balkanique. La Bulgarie couvre une partie du territoire de l'ancienne Thrace. Elle est bordée par la mer Noire à l'est, au sud par la Grèce et la Turquie, au nord par le Danube et la Roumanie, à l’ouest par la Serbie et la République de Macédoine.

Les premiers vestiges de civilisation sur son territoire datent de la fin du chalcolithique vers 4600 av. J. C. Fondée en 680-681, la Bulgarie est un État successeur de la Grande Bulgarie et le plus ancien pays slave encore en existence. Elle était un empire puissant au Moyen Âge, dans la période de 681 à 1018 (Premier Empire) et de 1185 à 1396 (Second Empire). Après 1371, à cause d'une crise politique, le Second Empire se morcelle en quelques petites principautés, qui tombent sous les attaques ottomanes à la fin du siècle. Après une série de révoltes dans les années 1800, une principauté bulgare se forme et obtient son indépendance en 1908. Jusqu’en 1944, la Bulgarie est alliée à l'Allemagne et elle devient un pays socialiste sous l'influence de l'URSS en 1946. En 1990, le régime communiste tombe et la République de Bulgarie est formée.

La Bulgarie est une république parlementaire et démocratique avec un haut Indice de développement humain (0,782)[4]. Le pays fait partie de l’Union européenne, de l'OTAN et de l'Organisation mondiale du commerce.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Bulgarie vient du nom du peuple principal dans le Premier royaume bulgare, les Proto-Bulgares[5].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Bulgarie.
Carte topographique de la Bulgarie

La Bulgarie se trouve en Europe du Sud-est, avec 1 808 km de frontières terrestres (Roumanie 608 km ; Grèce 494 km ; Serbie 318 km ; Turquie 240 km ; République de Macédoine 148 km). La longueur du littoral est de 354 km et l'altitude s'élève de 0 m (la côte de la Mer Noire) à 2 925 m (le mont Mousala).

La principale caractéristique du pays est sa division en bandes de montagnes et de plaines orientées est-ouest. Du nord au sud se succèdent le plateau Danubien, les massif des Balkans (Stara planina), la Thrace du nord et le massif des Rhodopes. La partie Est, près de la mer Noire, est constituée de collines qui gagnent progressivement en hauteur en allant vers l'Ouest. La partie Ouest du pays est constituée uniquement de montagnes.

Plus des deux tiers du pays, constitués de plaines, plateaux et collines, se situent à une altitude inférieure à 600 mètres. Les plaines (moins de 200 mètres d'altitude) représentent 31 % de la surface du pays, les plateaux (entre 200 et 600 mètres) 41 % de la surface, les montagnes de faible élévation (entre 600 et 1 000 mètres) 10 %, les montagnes moyennes (entre 1 000 et 1 500 mètres) 10 % et les montagnes élevées (plus de 1 500 mètres) 3 %[6]. L'altitude moyenne de la Bulgarie est de 470 mètres.

Des montagnes relativement hautes occupent la zone située entre le Bassin de Sofia, la Plaine de Thrace et la frontière avec la Grèce au Sud : les monts de Vitocha au sud de Sofia, le Massif de Rila plus loin au Sud et le massif de Pirin au Sud Ouest de la Bulgarie. Ces montagnes constituent les paysages les plus saisissants de la Bulgarie et de toute la péninsule des Balkans. Le massif du Rila culmine au Mont Mousala, plus haut sommet des pays Balkans. Une douzaine d'autres sommets dans le même massif culminent à plus de 2 600 mètres. Les plus hautes montagnes se caractérisent par des sommets rocheux et des lacs situés au-dessus de la limite arbustive. Les sommets moins élevés sont couverts de prairies alpestres qui donnent à la chaîne une image de paysage verdoyant. La chaîne de Pirin est caractérisée par des sommets et des pentes rocheuses. Son plus haut sommet est le mont Vihren, la deuxième plus haute montagne de Bulgarie. Plus à l'Est se trouve le vaste massif des Rhodopes.

Deux ensembles montagneux (le Grand Balkan et les Rhodopes) atteignent une altitude moyenne de 2 000 mètres et commandent un réseau de petites vallées dont la plus connue est la vallée des roses. Les plaines s'étendent au nord. Elles sont irriguées par les affluents du Danube[7].

La Bulgarie a un réseau de 540 rivières, dont la plupart sont plutôt courtes[8]. Toutes les rivières de Bulgarie sauf l'Iskar sont issues du massif des Balkans. L'Iskar prend sa source dans le massif de Rila et coule vers le Nord en traversant la banlieue Est de Sofia puis à travers une vallée dans les montagnes des Balkans pour finalement se jeter dans le Danube. Le Danube reçoit environ 4 % de ses eaux des affluents de Bulgarie. Le cours du Danube le long de la frontière de la Bulgarie est large de 1,6 à 2,4 km. La période des hautes eaux se situe en juin. Le fleuve est gelé en moyenne durant 40 jours par an[9].

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Environnement[modifier | modifier le code]

Le pays a signé et ratifié le protocole de Kyoto. En 2010, la Bulgarie a atteint son objectif de réduire ses émissions de CO2 par 30 % en comparaison avec les niveaux de 1990[10]. Malgré ce progrès, les grandes régions urbaines souffrent de la pollution de l'air gravement causée par des usines obsolètes et des centrales électriques à charbon[11]. L'environnement est affecté aussi par l'utilisation de pesticides et la production énorme de métaux lourds à l'époque communiste[12].

Pour améliorer la situation écologique, le pays a initié quelques programmes pour préserver l'environnement[12]. Entre 20 et 30 % du territoire bulgare est inclus dans le réseau Natura 2000 et est protégé par la législation européenne. Plus de 35 % du territoire de la Bulgarie est couvert par des forêts[13]

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de la Bulgarie.
Les 28 oblasti de la Bulgarie

Depuis 1999, la Bulgarie est subdivisée en 28 oblasti (en bulgare : oбласт = oblast, au singulier, et oбласти = oblasti, au pluriel). Ce terme peut être traduit, au choix, par « région », « district » ou « province ».

Chacune des 28 régions porte le nom de la ville qui en est le chef-lieu, et où siège un « gouverneur régional » (en bulgare oбластен управител = oblasten oupravitel), dont le rôle est plus ou moins comparable à celui d'un préfet de département en France. Les gouverneurs régionaux sont nommés par le Conseil des ministres national, prévoyant un État fortement centralisé. Les municipalités sont dirigées par des maires, qui sont élus pour quatre ans, et par les conseils municipaux, qui sont élus au suffrage direct des organes législatifs. Les juridictions subnationales sont fortement dépendantes du gouvernement central pour le financement[14].

En dehors de cet échelon régional existe un échelon local, celui des « communes » (en bulgare : oбщинаobchtina – au singulier, oбщиниobchtini – au pluriel), au sein desquelles chaque ville et village conserve une personnalité propre, même si une intercommunalité semble avoir existé dès le milieu du XIXe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Bulgarie.

Antiquité[modifier | modifier le code]

En 4600 avant l'ère chrétienne, une mystérieuse civilisation s'installe sur les rives de lacs voisins de la mer Noire, tout près de l'actuelle ville de Varna. Cette culture de Varna, datant de la fin du chalcolithique, connaîtra un développement culturel et technologique sans précédent pour l'époque. Ce sont d'abord d'admirables poteries, des idoles en os et en pierre, et des outils de cuivre qui en révèlent l'existence puis une découverte fortuite, en 1972, si stupéfiante que son annonce fera le tour du monde. À quelques kilomètres de Varna, se trouve une nécropole contenant les objets d'or[15] les plus anciens jamais découverts à ce jour[16],[17]. La ville de Solnitsata est considérée comme la plus ancienne cité européenne.

Entre 4600 et 4200 ans avant notre ère, bien avant la Mésopotamie ou l'Égypte des pyramides, l'orfèvrerie a débuté sur les rives de la mer Noire, dans la Bulgarie actuelle. Les plus riches tombes renferment des diadèmes et des sceptres en or, des haches et pointes de javelot à fort poids de cuivre, des parures raffinées, des céramiques finement décorées. L'étude des quelque 300 sépultures de la nécropole de Varna démontre, à l'âge du cuivre, l'existence d'une société fortement hiérarchisée[18]

Architecture romaine à Plovdiv, la plus ancienne ville d'Europe[19],[20].

La Thrace doit son nom aux Thraces, peuple indo-européen qui occupait cette région. Leur existence est attestée par Homère dans l'Iliade au chant X. Ils furent un peuple hautement civilisé peuplant, pendant l'Antiquité, le territoire de l'actuelle Bulgarie. Varna fait partie des plus anciennes villes d'Europe. L'ancienne « Odessos » a été fondée au VIe siècle av. J.-C. (environ en 570 av. J.-C.) par les colonisateurs de Milet. Mais la région était déjà peuplée depuis longtemps par les Thraces, dès le IIe millénaire av. J.-C., et même avant, par la mystérieuse « Culture Varna » (Chalcolithique) qui a développé la poterie et l'orfèvrerie. Cette civilisation nous a laissé les plus vieux bijoux en or du monde datés du Ve millénaire av. J.-C..

Les Thraces se répartissent en diverses tribus jusqu'à ce que le roi Térès les réunisse autour d'un État, vers 500 avant notre ère. Le royaume de Thrace atteint son apogée sous le règne des rois Sitalcès et Cotys Ier (383-359 avant J.-C.), de la dynastie des Odryses ; détruit et envahi par la Macédoine de Philippe, le père d'Alexandre, il connaît un renouveau sous Seuthès III en -341. En 188 de notre ère, la Thrace est définitivement intégrée dans l'Empire romain qui, petit à petit, romanise les populations au nord d'une ligne nommée Jirecek (du nom de l'historien du XIXe siècle qui l'identifia), tandis qu'au sud de cette ligne, les Thraces s’hellénisèrent.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À partir du VIe siècle arrivent, le plus souvent pacifiquement, les Slavons, des Slaves qui s'installent parmi les populations thraces romanisées ou hellénisées. Les Slavons deviennent progressivement majoritaires. À partir du VIe siècle arrivent les Bulgares. Il s'agit d'une confédération de peuples et tribus d'Asie centrale, dont certains turcophones (et proches des actuels Balkars du Caucase), mais aussi iraniennes (et proches des Alains et des actuels Ossètes du Caucase) qui seront eux aussi assimilés par l'immense population slave. Mais, aujourd'hui, la carte génétique renvoie à une origine européenne de la plupart des Bulgares. La langue aussi a préservé des centaines de mots thraciens. Cependant, les écritures runiques bulgares, encore mal étudiées, tendent à prouver une appartenance linguistique du groupe principal aux langues du Pamir utilisées autrefois avant la turquisation forcée et tardive de la région vers le XIVe siècle (P. Dobrev). Ils commencent à affluer vers l'Europe par vagues successives à partir du IIe siècle après J.-C. et s'installent d'abord sur le Don. For

La Bulgarie sous le règne de Siméon.

Au VIIe siècle, les Bulgares du Don se séparent en deux : une moitié remonte vers le nord et fonde la Bulgarie de la Volga (ultérieurement convertie à l'islam et assimilée par les Tatars); l'autre moitié, menée par le khan Asparoukh, migre vers l'ouest et fonde le 9 août 681 la « Bulgarie du Danube », un vaste état qui s'étendait sur les actuelles Bulgarie, Macédoine, Serbie, Hongrie occidentale, Roumanie et Moldavie. Selon des thèses récentes et bien fondées, telle que celle de l'académicien Bojidar Dimitrov, ce premier État bulgare est la continuation directe de l'État de Koubrat le Grand, le père d'Asparoukh[21], dont l'empire couvrait aussi l'actuelle Ukraine.

La Bulgarie augmentait sa puissance avec chaque monarque suivant - en 717 le khan Tervel est appelé par ses contemporains « le Sauveur d'Europe[22] », après avoir sauvé Byzance des assauts arabes avec l'armée bulgare. Kroum (803-814)[23] institue le premier code de lois bulgare connu, qui pourrait être le premier exemple de politique sociale étatique dans l'histoire, assurait des subsides aux mendiants et la protection de l'État aux pauvres et à tous les Bulgares. En 864[24], Boris Ier abolit le tengrisme et embrasse la foi orthodoxe, adopte le slavon comme langue usuelle et officielle.

Le royaume de Bulgarie devient rapidement une dangereuse menace pour l'Empire byzantin. Il atteint son apogée culturel et sa plus grande extension territoriale sous Siméon Ier, fils de Boris Ier, le Charlemagne bulgare, reconnu tsar (déformation de César, jusqu'à cette époque-là les monarques bulgares se titraient comme khans) en 913 par Constantinople et en 926 par Rome. Ce royaume multi-ethnique, où cohabitent des Grecs (le long des côtes), des Slavons (majoritaires au long des rivières internes), des Albanais (dans l'ouest) et des Thraces latinisés connus dans l'histoire sous le nom de « Roumains » (autour des principaux massifs montagneux, des lacs macédoniens et du Danube), s'étend considérablement : de la mer Adriatique à la mer Noire, et du nord de la Roumanie actuelle à la Thessalie. Les fastes de la cour bulgare et de l'Église contrastent avec le sort misérable des paysans sous le régime féodal. Les nombreuses guerres, le poids des impôts et le mécontentement populaire affaiblissent le premier royaume bulgare.

Au Xe siècle, en 969, l'empereur byzantin Basile II (surnommé « Bulgaroctone », le « Tueur de Bulgares »), allié aux Rus' de Russes de Kiev, attaque la Bulgarie. En 971, il prend Preslav, la capitale, et, en 1018, il met fin au premier Tzarat et réincorpore les anciens territoires de la Bulgarie dans l'Empire romain d'Orient.

En 1180, la révolte des Bulgares et des Valaques menée par les frères Petar et Assen, aboutit au Second Empire Bulgare.

La forteresse d'Assen, un avant-poste de la Bulgarie contre l'Empire Latin pendant le règne d'Ivan Assen II

Durant le règne de Jean Kalojan (1197-1207, dit « Joanisse, roi de Blaquie et de Bougrie  » par Geoffroi de Villehardouin[25]) la Quatrième croisade détruit la puissance byzantine en 1204 : Constantinople devient le siège d'un Empire latin d'orient. Baudouin VI de Hainaut qui avait été proclamé empereur à Constantinople tente de conquérir le royaume, mais Kalojan l'écrasa et le fit prisonnier à Andrinople en avril 1205. La rançon n'étant pas payée, Baudouin mourut en captivité. Kalojan mourut assassiné en 1207 par un mercenaire couman alors qu'il assiégeait Thessalonique tombée entre les mains des Croisés.

Plus tard, sous le règne de Ivan Assen II (1218-1241), le royaume parvint à son apogée. Les arts et la culture connaissent un grand essor, comme en témoignent, entre autres, les fresques du monastère de Boiana près de Sofia, de nombreuses églises, ainsi que le palais de Tarnovo sur la colline de Tsarevets. À cette époque le royaume possédait l'accès à trois mers : la mer Noire, la mer Égée et la mer Adriatique[26]. Sur le plan économique, Ivan Asen II encouragea le commerce, accorda des privilèges à la république de Dubrovnik (vers 1230) et frappa monnaie en or et en bronze.

Ivan Assen II mourut en 1241. Une conjuration de boyards assassina son fils mineur ainsi que son frère Mihail Assen. En 1242, les raids tatars et mongols frappèrent durement le royaume des Assénides, au retour de leur grande invasion en Occident, et obligent cet État à payer tribut à la Horde d'or dirigée par Djötchi. La dynastie des Assénides régnera encore une quarantaine d'années, avant d'être remplacée par la dynastie des Terter.

Bien qu'affaibli par la domination tatare, le royaume connaîtra une dernière période brillante sous le long règne (1331-1371) de tsar Ivan Alexandre. La première période de son règne (1331-1364) est une réussite avec la reconquête des territoires qui avaient perdus en Thrace, le long de la Mer Noire et dans les Rhodopes. La seconde période (1365-1371) est marqué par les défaites contre Amédée VI de Savoie qui se dirige vers la Mer Noire (1366-1367), contre le Royaume de Hongrie qui envahit la région de Vidin. (1365-1369). Le royaume est partagé entre les fils d'Ivan Alexandre, l'un ayant le royaume de Vidin, l'autre le royaume de Tărnovo, alors que le Despotat de Dobroudja était devenu indépendant au fil du règne d'Ivan Alexandre. Trop faibles pour opposer une résistance réelle, les deux royaumes de Tarnovo (1393) et de Vidin (1396) allaient tomber l'un après l'autre sous la domination de l'Empire ottoman à la fin du XIVe siècle.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

La Bataille de Varna en 1444 était la culmination de la dernière Croisade contre la conquête ottomane de Bulgarie.

La Bulgarie est entièrement conquise en 1396. La position géographique de la Bulgarie, l'importance relative de sa population ainsi que le peu d'intérêt que lui portaient les puissances occidentales en ont fait une province de l'Empire ottoman pendant près de cinq siècles, de 1396 à 1878. La Bulgarie, annexée à l'Empire ottoman, n'est alors qu'une province administrée par les sultans d'Istanbul sous la tutelle religieuse du Patriarcat de Constantinople. Le pays perd son indépendance mais aussi son nom et sa capitale : les Ottomans n'emploient que le mot Roumélie (en turc Rumeli qui signifie "pays des Romains", c'est-à-dire pris aux latinophones). Un système féodal strict y fut établi, afin de contrôler de près cette région proche d'Istanbul et donc stratégiquement essentielle. Les Bulgares n'étaient pas juridiquement égaux avec les musulmans ottomans et devaient payer des impôts beaucoup plus élevés (dhimmitude)[27]. Mosquées et minarets se multiplient au fil de la colonisation ottomane et de l'islamisation d'une partie des Slaves (Pomaques). Sur les côtes, les Grecs demeurent à Nessebar, Obzor et Varna.

Quelques églises sont rasées[28] et c'est autour de la religion chrétienne, dans les montagnes, que la résistance[29] s'organise, le plus souvent grâce aux monastères qui vivaient repliés sur eux-mêmes pour éviter les représailles, mais qui entretenaient le culte de la nation bulgare. La période ottomane permet aussi l'accès à l'indépendance de l'Église Bulgare. Échappant à la tutelle du Patriarcat œcuménique de Constantinople, dominé par les Grecs, les religieux orthodoxes bulgares instaurent l'exarchat Bulgare en 1870 avec le consentement de la Sublime Porte et sous les pressions russes.

Vers la deuxième moitié du XVIIIe siècle, avec le développement de l'économie et le commerce et le déclin de la force militaire turco-ottomane, une nouvelle génération de Bulgares surgit. Les plus éminents personnages de cette véritable Renaissance tardive "à la bulgare" sont le moine Païssii de Hilendar, Petar Beron, Kolio Ficheto (le plus grand architecte de l'époque), Georgi Rakovski, le poète Hristo Botev (tué en 1876), Georgi Benkovski, Liuben Karavelov et Stefan Stambolov. Isolés dans leurs montagnes, les monastères deviennent de vrais foyers de résistance contre les Ottomans. De nombreux nationalistes y trouveront refuge. Parmi eux, le plus célèbre des héros révolutionnaires, Vassil Levski, sera pendu à Sofia.

La domination ottomane ne prend effectivement fin qu'à la suite de l'insurrection d'avril 1876, qui entraîne la guerre russo-turque de 1877 et le traité de San Stefano du 3 mars 1878, par lequel la Bulgarie acquiert une indépendance relative en tant que principauté autonome.

Restauration de l'État bulgare[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Royaume de Bulgarie.

La création de ce grand État slave dans les Balkans et le renforcement de l’influence russe dans la région provoquent le bouleversement des intérêts politico-stratégiques des Grandes Puissances. Aussi, devant leurs protestations, le tsar Alexandre II accepte la réunion du Congrès de Berlin en 1878. Ce dernier se clôt par le Traité de Berlin qui supprime la Bulgarie ethnique du traité de San Stefano qui faisait suite au conflit russo-ottoman, et divise en deux la nouvelle principauté bulgare. Ces nouvelles frontières refusent aux Bulgares l'unité réclamée par les nationalistes. Plusieurs conflits régionaux démarrent.

En 1879, la Bulgarie se dote de la « Constitution de Tarnovo » instaurant une monarchie parlementaire modérée où le pouvoir est partagé entre le prince et l’Assemblée nationale. Le même jour le prince allemand Alexandre de Battenberg est élu chef de la principauté par l’Assemblée constituante. Mais le prince entre rapidement en conflit avec les libéraux alors au pouvoir et parvient grâce à un coup d’État, en 1881, à suspendre la constitution et à s’octroyer les pleins pouvoirs. En 1883, le prince rétabli le régime constitutionnel. En septembre 1885, un soulèvement permet aux Bulgares de prendre le contrôle de la Roumélie orientale. Un mois plus tard, la Serbie tente vainement d’envahir la Bulgarie.

La proclamation de l’indépendance bulgare et la Crise bosniaque : la Bulgarie et la Bosnie se séparent de l'Empire ottoman alors que le sultan Abdul Hamid II regarde, impuissant

À partir de 1903, le prince Ferdinand de Saxe-Cobourg-Gotha inaugure un régime personnel. Continuant de se moderniser, la Bulgarie devient même une puissance militaire dans la région des Balkans, appelée « la Prusse des Balkans[30],[31] ». Néanmoins, ce n’est qu’en 1908 que le prince déclare l’indépendance de la Bulgarie, profitant de la prise du pouvoir du parti Jeunes-Turcs à Constantinople. Il s'octroie le titre de tsar.

Le pays est profondément impliqué en 1912 et 1913 dans les guerres des Balkans, série de conflits avec ses voisins. Pendant la première guerre des Balkans, la Bulgarie menait la Ligue Balkanique contre l'Empire ottoman et a vaincu, mais la dispute sur le contrôle de Macédoine a provoqué une seconde guerre entre les pays de la Ligue. La Bulgarie, attaquée simultanément par ses voisins, a perdu face aux armées de l'Empire ottoman, la Serbie, la Grèce et la Roumanie. Cette perte a résulté en une « catastrophe nationale », avec des déchirures territoriales et une crise économique.

Pendant les deux guerres mondiales, la Bulgarie se retrouve dans le camp des perdants. La perte de la Première Guerre mondiale provoque la seconde catastrophe nationale et dénote l'échec des efforts à réunir tous les bulgares dans un État-nation. Une période d'instabilité politique a suivi. Le coup d'État du 9 juin 1923 supprime l'ancien gouvernement agrarien et installe un régime pro-fasciste d'Alexandre Tsankov. En septembre la même année, une insurrection ouvrière visait à renverser le gouvernement de Tsankov, mais cela a échoué.

Pendant l'entre-deux guerres et en prenant exemple sur l'Allemagne nazie, le tsar Boris III contourne une à une les clauses du Traité de Neuilly, de façon indirecte tout d'abord, puis ouvertement à partir des années 1930. C'est ainsi qu'il parvient à fonder à nouveau une armée de l'air dès 1935. Dans le même temps, il soumet la Bulgarie à un régime fortement autoritaire. En 1935, tsar Boris III installe une dictature personnelle pour éviter la crise politique[32].

La Bulgarie continuera néanmoins à renforcer son armée à la fin des années 1930. Le 7 septembre 1940, l'Allemagne aide la Bulgarie à récupérer le sud de la Dobroudjaou le Quadrilater (Cadrilater en Roumain) aux dépens de la Roumanie (traité de Craiova). Cette aide allemande avait comme but certain de voir la Bulgarie se ranger du côté des pays de l'Axe, ce qui fut fait le 1er mars 1941 lorsque le tsar Boris III signa le pacte tripartite. La Bulgarie entra en guerre aux côtés de l'Allemagne contre la Yougoslavie et la Grèce (opération Marita), ce qui lui permit de récupérer également la Macédoine et le débouché sur la mer Égée. À la suite du décès du tsar Boris III le 28 août 1943, les alliés tentèrent de faire pression sur le jeu des alliances bulgares en bombardant directement la Bulgarie. Malgré une position de neutralité préservée durant toute la guerre vis-à-vis de l'Union soviétique, l'Armée rouge approche de la frontière bulgare puis déclare la guerre à la Bulgarie le 5 septembre 1944. C'est la "guerre d'un jour", car le lendemain, une insurrection menée par la coalition du Front de la Patrie (communistes bulgares et Zveno) renverse le gouvernement et instaure un régime favorable à l'URSS.

Sauvetage des juifs bulgares[modifier | modifier le code]

Monument en l’honneur de la nation bulgare et du sauvetage des juifs bulgares à Jaffa, Israël

En mars 1943, un vaste mouvement d'opinion, en Bulgarie, oblige le roi et le Parlement à reculer et à refuser de livrer les Juifs nationaux aux nazis. Malgré la présence de la Wehrmacht sur le sol de son allié, la communauté juive de Bulgarie est sauvée de la déportation[33].

Les Juifs vivants dans la frontière de la Bulgarie, définie avant 1941, échappent et survivent alors au Génocide[34] .

République populaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République populaire de Bulgarie.

Après la Seconde Guerre mondiale, la Bulgarie entre dans la sphère d'influence de l'URSS (avec l'entrée de l'armée rouge le 8 septembre 1944) et devient elle-même une « démocratie populaire » voulant construire le socialisme, en 1946.

En 1947, le Parti communiste commence à imposer un contrôle total sur l'économie, s'empare de tous les capitaux des entreprises privées (environ 6100) et effectue une nationalisation complète[35]. Georgi Dimitrov guide l'élaboration de la constitution de 1947 sur le modèle de la constitution de 1936 de l'Union soviétique, dont les clauses principales sont l'égalité devant la loi, un système universel de protection sociale, la liberté d'expression, la presse et de réunion et l'inviolabilité de la personne, domicile, et la correspondance. Mais ces droits ont été qualifiés par une clause d'interdiction d'activités qui mettrait en péril les acquis de la révolution nationale de 9 septembre 1944[36].

Moscou a une telle confiance dans le régime de Sofia qu’il n’entretient aucune troupe sur le sol de la Bulgarie, tout en lui livrant son pétrole à des tarifs préférentiels en échange de produits agricoles et de l’industrie légère. La stalinisation de la société est totale, avec la formation de combinats industriels géants et la collectivisation des terres. De 1950 à 1956 Valko Tchervenkov, un stalinien, démantèle les derniers vestiges de l'activité économique privée et la résistance politique. Avec l'abolition du système des coupons et la nationalisation de la santé et l'éducation, le niveau de vie augmente de 75 %[37]. La Bulgarie, auparavant un pauvre pays agraire, désormais connait une expansion industrielle rapide. Dans le même temps Tchervenkov effectue des purges politiques, une censure stricte, une politique isolationniste et impose un culte de la personnalité.

Après Tchervenkov, Todor Jivkov devient premier secrétaire du parti communiste bulgare en 1954, puis président en 1962. S’ouvre alors une ère de plus de trente-cinq ans de domination d’un seul homme qui ne sera chassé qu’en 1989, à l’âge de 78 ans[38]. Mais le régime autocratique de Jivkov aussi garantit une ère de stabilité politique et sociale sans précédent dans l'histoire bulgare moderne[39]. Dans les années 1980, un certain nombre de problèmes politiques (vieillissement de la nomenklatura), économiques (inflation) et sociales (la question turque) déstabilisent le régime[40].

Les premières remises en question de l’économie socialiste en Bulgarie et de son alignement sur l’Union soviétique apparurent bien avant la perestroïka : en 1984, la décision des Russes d’appliquer les tarifs internationaux à leur pétrole, conjuguée à une forte sécheresse qui eut pour résultat de faire baisser le niveau des cours d’eau alimentant les barrages hydroélectriques, suscitent un fort mécontentement. Mais c’est la situation écologique désastreuse[41] du pays qui déclenche les premières protestations ouvertes et la formation de groupes dissidents comme le club pour le soutien de la perestroïka et de la glasnost puis, en 1989, Podkrepa et Ekoglasnost. Les mouvements de protestation entraînent la chute de Jivkov le 10 novembre 1989[42] ainsi que l’unification de tous les groupes dissidents et libéraux au sein du SDS (Union des forces démocratiques) alors qu’un grand enthousiasme s’empare du pays. La domination du parti communiste s'achève en 1990, quand ont lieu les premières élections multipartites.

La Bulgarie a signé le Traité de Lisbonne en 2007.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

L'intégration de la Bulgarie au monde démocratique a été plus longue que pour d'autres pays du pacte de Varsovie. Après une forte instabilité gouvernementale, due à l'instauration d'un régime parlementaire fort par la nouvelle constitution (sept gouvernements se sont succédé en sept ans entre 1991 et 1997), une coalition de droite, dominée par le SDS, arriva au pouvoir en 1997. Ces années de transition ont apporté l'expérience de l'alternance politique mais surtout l'enracinement croissant de l'État de droit, malgré des lacunes importantes, essentiellement dues à la corruption.

En décembre 2000, la levée de l'obligation de visa pour les Bulgares souhaitant voyager dans les pays de l'Union européenne a représenté un premier pas concret vers son intégration. La crise du Kosovo, au cours de laquelle la Bulgarie a joué un grand rôle dans l'accueil et le transit des troupes de l'OTAN, a marqué un tournant dans les relations politiques entre les alliés occidentaux et Sofia, même si l'opinion bulgare était naturellement portée à une certaine solidarité avec les Serbes slaves et orthodoxes.

La stabilisation économique et politique du pays est désormais incontestable. La Bulgarie a rejoint l'OTAN en 2004 et l'Union européenne en janvier 2007.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Bulgarie.

La Constitution date de juillet 1991.

Elle instaure une république multipartite à régime parlementaire, où le président de la République est chef de l'État et le Premier ministre chef du gouvernement. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement tandis que le pouvoir législatif est partagé entre le gouvernement et l'Assemblée nationale. Le pouvoir judiciaire est indépendant des deux premiers.

Présidence de la République[modifier | modifier le code]

Le président de la République de Bulgarie est élu au suffrage direct pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois. Il est le chef de l'État et le commandant en chef des forces armées. Il est également à la tête du Conseil consultatif pour la sécurité nationale. Il peut s'opposer en premier ressort à la promulgation d'une loi. Pour contourner ce veto, le parlement vote à nouveau le texte. Il nomme le Premier ministre.

Le président de la République actuel est Rossen Plevneliev qui a succédé en janvier 2012 à Gueorgui Parvanov.

Le président de la République de Bulgarie est assisté dans ses fonctions par un vice-président de la République élu simultanément sur le même bulletin que lui.

Parlement[modifier | modifier le code]

Le Parlement bulgare.

Le Parlement de la République de Bulgarie est monocaméral, il ne comprend donc qu'une seule chambre, l'Assemblée nationale (Narodno Sabranie), constituée de 240 députés élus au suffrage universel direct pour une durée de quatre ans. Les électeurs votent pour un parti politique, ou pour une liste de coalition dans chacune des vingt-huit divisions administratives du pays. Un parti ou une coalition doit obtenir au minimum 4 % des suffrages pour obtenir des députés. Le Parlement vote les lois et le budget, prend les décisions relatives à : l'organisation des élections présidentielles ; la nomination et de la révocation du Premier ministre et des autres membres du gouvernement ; la déclaration de guerre, au déploiement de troupes armées hors de la Bulgarie ; la ratification des accords et des traités internationaux.

La Constitution institue également une Cour constitutionnelle chargée de contrôler la constitutionnalité des lois ainsi que celle des traités internationaux. Elle peut être saisie par le président de la République, le Premier ministre, l'Assemblée nationale et par la Cour suprême de cassation et par la cour suprême administrative (il n'y a pas de recours direct des citoyens devant la Cour constitutionnelle).

Élections[modifier | modifier le code]

Résultats des élections parlementaires de 2009.

Lors des élections législatives du 25 juin 2005, le Parti socialiste bulgare de Serguei Stanichev est arrivé en tête des suffrages avec 30 % des voix devant le Mouvement national Siméon II du Premier ministre Simeon Sakskoburggotski (l'ex-roi Siméon II), le parti de la minorité turque (le Mouvement des droits et libertés) et le parti nationaliste Ataka (Attaque)[43].

Le 16 août 2005, après une première tentative avortée de formation de coalition, le nouveau gouvernement proposé par Serguei Stanichev est accepté par le Parlement par 169 voix pour et 67 contre. C'est un gouvernement de coalition avec les deux partis arrivés en deuxième et troisième positions aux élections législatives deux mois auparavant, dirigés respectivement par Simeon Sakskoburggotski et par Ahmed Dogan.

Le dimanche 20 mai 2007, les Bulgares ont élu les dix-huit députés européens pour la première fois au suffrage universel direct. La participation a été très faible (28,6 %), manifestant le désintérêt des Bulgares pour les affaires européennes. De plus, discrédité par de nombreuses affaires de corruption, le Parti socialiste bulgare est en net recul : le nouveau parti de centre-droit Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB), dirigé par le maire de Sofia, Boïko Borisov, arrive ainsi en tête avec 21,69 % des voix, et obtient cinq sièges. Ont également obtenus cinq sièges : le Parti socialiste bulgare (21,41 %) et le Mouvement des droits et des libertés des turcophones (20,26 %). Le parti nationaliste Ataka se voit attribuer deux sièges (14,22 % des voix) tandis que le dernier siège revient au Mouvement national pour la stabilité et le progrès (6,26 %), parti centriste héritier du Mouvement national Simeon II[44].

Le 5 juillet 2009, le GERB, nouveau parti politique se revendiquant de droite, gagne les élections législatives avec une majorité relative de 39,71 % des suffrages et Boïko Borisov devient Premier ministre le 27 juillet.

Armée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée bulgare.
Trois MiG-29 bulgares, 2011.

L'armée bulgare (en bulgare Българска армия, translittération internationale Bălgarska armija) a débuté une réforme en profondeur en 1997 afin d'atteindre les standards de l'OTAN à laquelle la Bulgarie a adhéré en avril 2004. L'armée bulgare a beaucoup d'expérience militaire, ayant participé à 10 grands conflits de 1885 à nos jours.

Soldats de la 68e brigade en Afghanistan, janvier 2011

Le budget de la défense bulgare s'élevait en 2005 à 979 millions de leva soit 502 millions d'euros ; en 2003 il était de 1,08 milliards de dollars américains (1,9 % du produit national brut); en 2008 - $ 1 339 milliards et en 2010 - $ 602 millions (1,44 %)[45].

Ses effectifs qui s'élevaient en 1988 à 152 000 hommes alors que le pays était membre du Pacte de Varsovie[46] sont descendus à 45 000 hommes en 2005 et devraient atteindre 27 000 militaires en 2011[47]. La Bulgarie a décidé d’abolir le service militaire obligatoire (dont la durée était de six à neuf mois) à partir du 1er janvier 2008. En juin 2011, plus de 930 soldats bulgares sont déployés dans d'autres pays.

Après une réduction du matériel obsolète entre 2000 et 2008, l'Armée de Terre exploite actuellement 160 chars T-72 et 378 véhicules blindés lourds ; 192 pièces d'artillerie de plus de 100 mm de calibre[48]. Les forces aériennes ont 14 bombardiers Su-25, 30 chasseurs MiG-21 et MiG-29 et 73 autres avions et hélicoptères[49]. La Bulgarie possède aussi des systèmes de missiles précis comme les S-300[50] et SS-21.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de la Bulgarie.

La Bulgarie possède une économie de marché libérale, qui est intégrée dans l'Économie de l'Union européenne depuis 2007. La monnaie nationale est le lev bulgare, qui est lié à l'euro au taux de 1,95583 pour un euro. La Bulgarie est un pays industrialisé et la plupart de l'économie est dans le secteur privé.

Le pays a connu une grave crise économique en 1996-1997 et est passé sous la tutelle du Fonds monétaire international qui lui a imposé de sévères restrictions et de nombreuses privatisations.

Les principales sources de revenus et de croissances économiques sont le secteur de l'énergie, l'exploitation minière, l'industrie légère et le tourisme. Selon l'Institut national de statistique (INS) de Bulgarie, le PIB en 2009 était de $ 43,5 milliards (environ 90 milliards à PPA)[51]. En 2010 le montant des exportations était de $ 19,3 milliards[52], dont les principaux produits étaient l'acier, les machineries, les combustibles raffinés et les textiles.

Durant la décennie 2000, le pays a connu une croissance économique importante dans l'optique de son adhésion à l'Union européenne. De 2004 à 2008, la croissance du produit intérieur brut était de 6 % en moyenne. Le chômage est tombé de 18 % (2003) à 9,1 % (2010)[53]. La main-d'œuvre est estimée à 3,8 millions de personnes[54]. 2008 aura été marquée par une forte croissance, 6,5 % du PIB, et de grands projets énergétiques comme le gazoduc South Stream et la centrale nucléaire Belene. Mais l'année est également marquée par la sanction de Bruxelles contre l'utilisation frauduleuse des fonds d'aide européens et les premières conséquences sur l'économie réelle de la crise financière internationale avec un éclatement de la bulle immobilière qui s'est traduit par une chute des investissements directs étrangers de 25 % en huit mois[55].

PIB nominal par région[modifier | modifier le code]

La Bulgarie a 6 régions de planification selon la Nomenclature d'unités territoriales statistiques.

Rang Régions PIB en € PIB en $ PIB équivalent  % du PIB moyen de l’UE[56]
1 Région du Sud-Ouest 18 200 25 130 Drapeau de la République tchèque République tchèque 73 %
2 Région du Nord-Est 9 400 12 720 Drapeau du Panama Panama 37 %
3 Région du Sud-Est 9 000 12 180 Drapeau du Venezuela Venezuela 36 %
4 Région du Sud central 7 600 10 290 Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 30 %
5 Région du Nord central 7 500 10 150 Monténégro Monténégro 30 %
6 Région du Nord-Ouest 7 100 9 600 Drapeau de la Colombie Colombie 28 %

Selon Eurostat (2008)[57].

Énergie et industrie[modifier | modifier le code]

Éoliennes en Dobroudja du Sud

Même si elle manque de ressources stratégiques comme le gaz naturel et le pétrole, la Bulgarie possède un réseau énergétique puissant qui joue un rôle important dans la région et en Europe[58]. La source principale d'électricité est l'énergie nucléaire. La seule centrale nucléaire du pays - Kozlodouï - satisfait 34 % des besoins énergétiques de Bulgarie[59]. Une deuxième centrale avec deux réacteurs de 1000 MW est en cours de construction pas loin de Béléné. La construction de deux réacteurs supplémentaires à Kozlodouï est également envisagée. Après 2005 le pays a aussi concentré ses efforts sur les projets d'énergies renouvelables, en particulier des parcs éoliens[60]. La Bulgarie a actuellement l'un des marchés à plus forte croissance de l'énergie éolienne dans le monde[61]. Les autres sources d'électricité sont 64 centrales hydroélectriques et plusieurs vastes centrales thermiques[62].

Malgré l'énorme ralentissement économique après la chute du communisme, la Bulgarie possède encore une capacité industrielle considérable. Le pays est un producteur à grande échelle de cuivre, de zinc, de charbon et de tabac[63] (classé respectivement seconde, quatrième, sixième et troisième dans l'Union européenne). Le pays produit aussi 2,1 millions de tonnes d'acier par an[64]. La production de métaux et d'alliages a lieu dans quelques grands complexes miniers et métallurgiques, comme "Elatsite" (42 000 millions de tonnes de cuivre par an[65]), "Stomana" (1 400 000 millions de tonnes de fer et acier par an[66]) et "KTsM" (65 000 tonnes de plomb et 80 000 tonnes de zinc par an[67]). L'industrie lourde inclut aussi le raffinement des carburants, la production et la réparation de wagons, d'automobiles (en Lovetch[68]), de matériel de communication, de matériel électronique[69] et de matériel militaire.

Transport et infrastructure[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport en Bulgarie.
Un autorail Siemens des Chemins de fer bulgares de l'État (BDJ).

Située dans le carrefour entre l'Europe et l'Orient, la Bulgarie possède une position stratégique. Le réseau routier a 40 231 km de longueur, dont une partie considérable est en mauvais état.

Le réseau ferroviaire est bien développé, cependant les lignes les moins fréquentées disposent plutôt de trains vétustes[70]. La ligne Sofia-Plovdiv est la mieux desservie du pays. Il n'existe pas de trains à grande vitesse en Bulgarie, mais la première ligne de ce type est prévue d'être complète en 2017[71]. Le programme de modernisation à un coût de 580 000 000 euros est en progression[72]. Le métro de Sofia est le seul système de transport urbain souterrain en Bulgarie. Le métro est prolongé pour 27 km avec 27 stations en très bon état[73]. Dans le début des années 2000, la Bulgarie avait 37 300 km de routes, dont presque toutes ont été asphaltées, mais près de la moitié (18 000 kilomètres) est tombé dans le plus mauvais classement international pour les routes asphaltées[74]. Le réseau routier en 2011 est constitué de 40 321 kilomètres de routes, dont 644 km sont de terre, 39 169 km sont bitumées et 418 km sont des autoroutes. La Stratégie nationale de développement de l'infrastructure intégrée envisage la construction de 720 kilomètres de nouvelles autoroutes jusqu'à 2015.

La Bulgarie était le premier pays de l'Europe de l'Est avec une industrie des technologies de l'information[75]. Le réseau de communication comprend une gamme complète de services téléphoniques et Internet à la disposition de la majorité de la population. Le nombre total de lignes téléphoniques fixes s'élève à 2,164 millions[76], et le nombre de téléphones cellulaires en usage est estimé à plus de 10,6 millions[77]. La Bulgarie a connu une augmentation rapide du nombre d'utilisateurs d'Internet - de 430 000 en 2000 à 3,4 millions (48 % de la population) en 2010[78].

Investissement direct à l'étranger[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1990, les investissements de l'Occident et la Russie ont largement contribué à la récupération de la crise économique de 1996-1997, mais le taux d'investissement est resté inférieur à ceux dans d'autres pays d'Europe orientale[79]. En 2003, les principales sources nationales de l'investissement direct étranger, par ordre d'importance, étaient l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas.

Un certain nombre d'entreprises étrangères ont investi dans l'engrais chimique et les industries agro-alimentaires[79]. Dans les années 2000, la Chine a investi dans l'industrie électronique bulgare. Certains accords de coopération ont été faites pour la fabrication de composants de véhicules. Eurocopter a un protocole bilatéral impliquant une variété de machines, logiciels et autres produits industriels.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Bulgarie.
Bulgarian photographers.jpg Abiturienti.jpg
Gauche : Hommes bulgares en 1926
Droite : Deux jeunes filles bulgares à un bal de finissants


Avec une population de 7 364 570 en 2011[80], la Bulgarie est le 16e pays le plus peuplé dans l'Union Européenne. La plupart d'eux (environ 83 %) sont bulgares, et les autres grands groupes ethniques sont les turcs (environ 9 %) et les tziganes (environ 5 %). Le taux d'urbanisation est de 73 %[81]. La plus grande ville est la capitale Sofia avec ses 1 270 000 habitants[81], qui représentent 17 % de la population totale du pays. Les autres grandes villes sont Plovdiv (338 000 hab[82].), Varna (335 000 hab.), Bourgas (202 000 hab.) et Roussé (150 000 hab.).

Selon une étude publiée par l'ONU à l'été 2007, la Bulgarie se classe à la 4e place mondiale par le taux de croissance des personnes âgées, à la 7e place par la part de la population âgée de 60 ans ou plus (22,9 %, contre 11 % en moyenne dans le monde) et à la 9e place par l'âge moyen de ses habitants (44,4 ans contre 28 en moyenne dans le monde). Aujourd'hui le pays se trouve en une crise démographique grave, avec un des plus bas taux de natalité dans le monde (9,32/1000 habitants, 204e[83]) et un des plus hauts taux de mortalité (14,32/1000 habitants, 13e dans le monde[84]). L'écart résultant donne à la Bulgarie le plus faible taux de croissance démographique de toute nation souveraine dans le monde (-0,78 %)[85].

Ceci souligne la crise démographique que connaît le pays depuis le milieu des années 1980 et qui s'est accélérée après la chute du régime communiste en 1989. Cette situation s'explique par plusieurs facteurs :

  • la faiblesse du niveau de vie et l'insécurité socio-économique n'incitent pas à faire des enfants ;
  • le souhait de consacrer le maximum de moyens à l'éducation des enfants afin qu'ils puissent faire des études longues et de niveau élevé ;
  • l'arrivée à l'âge de la retraite de la génération du Baby Boom ;
  • le départ vers l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord et l'Australie de nombreux jeunes, surtout parmi ceux qui ont fait des études supérieures si bien que la population a considérablement chuté depuis 1989 ;
  • un des taux d'avortement les plus élevés au monde (75 pour 1000 naissances) malgré l'usage très largement répandu de moyens de contraception modernes.

Le vieillissement de la population a, d'ores et déjà, des conséquences négatives sur la situation économique et sociale : hausse des pensions de retraite, hausse des dépenses médicales, baisse de la consommation, de l'épargne et de l'investissement, baisse des recettes du régime de sécurité sociale et, par voie de conséquence, déficits croissants du système de protection sociale auxquels la croissance économique en recul ne pourra pas remédier. Selon les experts, cette tendance ne pourra s'inverser, en Bulgarie (comme dans les autres pays européens), ni à court, ni à moyen terme.

Langues[modifier | modifier le code]

La principale langue de Bulgarie est le bulgare. Le bulgare est une langue slave méridionale appartenant à la famille des langues indo-européennes. La Bulgarie est le seul pays où il est la langue officielle, mais il est également parlé dans les pays voisins, tels que l'Ukraine, la Moldavie, la Macédoine, la Roumanie, la Grèce et la Turquie, et aussi dans la périphérie est de la Serbie.

Le bulgare s'écrit avec l'alphabet cyrillique avec quelques différences par rapport au russe. Il ne comporte en effet que 30 lettres et les prononciations peuvent ne pas être identiques. Le macédonien est fermement considéré en Bulgarie comme un parler bulgare, bien que revendiqué comme une langue à part entière par la République de Macédoine. Cela a parfois provoqué des problèmes entre les deux pays lors de l'écriture de documents officiels communs.

Religions[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2011, les orthodoxes bulgares représentaient 59,4 % de la population et les musulmans 7,9 %, et les autres chrétiens 0,9 %, majoritairement affiliés à l'Église catholique romaine[86]. Il existe une petite communauté juive d'environ 5 000 personnes en Bulgarie[87]. Selon l'Eurobaromètre spécial Social values, science and technology en 2005, 40 % des Bulgares croyaient en un dieu, et autant en des forces vitales ou spirituelles, alors que 13 % ne croyaient en rien de tel[88].

Alévisme bektachisme[modifier | modifier le code]

Selon des sources non officielles, les alévis représentent entre 18-20% la population turcophone du pays, 13% selon les chiffres officiels.
Selon une enquête réalisée par Irène Mélikoff en 1985, le nombre d'alévis en Bulgarie est d'environ 90 à 100 000. Le recensement du 4 décembre 1992 dénombre 83 537 habitant qui se définissent comme alévis.
Ce chiffre est certainement sous-estimé dans la mesure où les qizilbash et les bektachi de Bulgarie ne se définissent pas en tant qu'alévi comme en Turquie.
La population alévie est concentrée dans les provinces de Razgrad, Ruse, Silistra et Sliven.

Éducation et sciences[modifier | modifier le code]

Le processus d'éducation en Bulgarie est supervisé par le Ministère de l'éducation, la jeunesse et la science. À partir de 6 ou 7 ans, l'inscription à l’école élémentaire est obligatoire. L'État assure l'éducation gratuite dans ses écoles, sauf pour les établissements d'enseignement supérieur, les collèges et les universités. Le programme se concentre sur les huit principaux domaines disciplinaires: langue et littérature bulgares, langues étrangères, mathématiques, technologies de l'information, sciences humaines et sociales, sciences naturelles et écologie, musique et art, éducation physique et sportive[89]. Les estimations du gouvernement de 2003 mis le taux d'alphabétisation à 98,6 %, environ le même pour les deux sexes. La Bulgarie a toujours eu des hauts standards d'éducation[89].

Les études primaires durent 8 ans et se divisent en 8 niveaux (classes) pour chaque année. Les études secondaires s'effectuent aux lycées et les technicum. La formation aux premières dure 4 ans, et ils peuvent faire partie d'une école des études moyennes qui unit l'éducation primaire et secondaire, ou ils peuvent être des lycées élites, orientés principalement vers les études d'une langue, ou des sciences. Par exemple, il existe des lycées de langue français, anglais, allemand, espagnol et même japonais, aussi des lycées mathématiques et économiques. Les technicum sont des écoles plus spécialisées, orientées vers les technologies. La formation à celles-ci dure aussi 4 ans[90].

Une lycéenne bulgare et un manchot à jugulaire sur l’Île Livingston. Le pays a construit une base sur l’île en 1988.

L'éducation supérieure s'effectue dans les universités. Il existe plus de 40 universités en Bulgarie, qui peuvent être générales (Université Saint-Clément d'Ohrid de Sofia, Université de Veliko Tarnovo) ou spécialisées (Académie nationale des arts, Académie militaire Georgi Rakovski, Université technique de Sofia). L'échelle d'évaluation individuelle, même dans les universités, les écoles primaires et les lycées, est de 2 (faible) à 6 (excellent).

L’Académie bulgare des sciences (ABS) est une organisation publique autonome consacrée à la recherche scientifique. Créée en 1869, elle a un budget annuel de 60 millions de leva, ou 30 millions d'euro[91], et regroupe plus de 70 départements et instituts scientifiques, parmi lesquels l’Institut de recherches spatiales et Soleil-Terre (IRSST), Observatoire astronomique national de Rožen et l’Institut de mathématique et d’informatique (IMI). L’IRSST dirige le programme spatial de Bulgarie, et dans les années 1970 et 1980 préparait des instruments de recherche cosmique et les cosmonautes bulgares. Le premier bulgare à voyager dans l’espace est Georgi Ivanov, qui effectue sa mission en 1979 à bord de Soyouz 33. En 1981, la Bulgarie envoie dans l’espace son premier satellite artificiel, Balgariya-1300, qui est encore en opération et fait des recherches sur les régions polaires de la Terre. Il participe au programme d’exploration polaire de l’ABS, qui inclut également une base antarctique, située sur les îles Shetland du Sud.

Culture et société[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de la Bulgarie.

La culture bulgare est un ensemble des influences principalement proto-Bulgares, slaves et thraces, mais aussi grecs, ottomans et celtiques[92] Pendant le Moyen Âge, la Bulgarie était le noyau culturel des peuples slaves[93] et avait quelques réalisations culturelles notables, par exemple l'alphabet cyrillique et les compositions musicales complexes de Joan Kukuzel. Entre 1396 et 1878, la Bulgarie était une partie de l'Empire ottoman. La théocratie islamique, que les ottomans avaient installée, a entraîné l'élimination de la culture bulgare médiévale et l'isolement des bulgares des courants progressistes de l'Europe[94].

Littérature[modifier | modifier le code]

Pendant le Moyen Âge la Bulgarie a exercé une influence significative sur l'Europe de l'Est, particulièrement les peuples slaves. La Bulgarie possédait certains des meilleurs instituts en Europe, notamment les écoles littéraires d'Ohrid et Preslav, où l'alphabet cyrillique a été développé, et l'école artistique de Tarnovo[95]. Après la conquête ottomane de Bulgarie à la fin du XIVe siècle, ces instituts cessent d'exister.

La Renaissance Bulgare est une période d'essor culturel, qui commence avec l'écriture d'Istoriya Slavyanobolgarskaya[96] par Païsius de Hilendar en 1762, sous l'influence des Lumières. La « Renaissance bulgare » est principalement associée avec la progression de la conscience nationale et l'émergence d'un nationalisme romantique, qui donne lieu au rétablissement de l'indépendance du Patriarcat de Bulgarie en 1870, l'insurrection d'avril en 1876 et la restauration de l'État bulgare en 1878.

Les années 1880 à 1945 se distinguent par la prospérité de la littérature. La modernisation du pays et le besoin de compenser les siècles sans liberté sous la théocratie musulmane incitent à une adoption des courants littéraires d'Europe, comme le symbolisme (Peyo Yavorov, Pencho Slaveykov, Atanas Daltchev), l'expressionnisme (Geo Milev) et le réalisme (Yordan Yovkov, Yordan Raditchkov). Après 1945, le réalisme socialiste soviétique et la science-fiction sont devenus les genres dominants dans la littérature.

Elias Canetti, écrivain britannique, juif d'origine bulgare, recevra le prix Nobel de littérature (1981)[97].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Une grande quantité de sites archéologiques de toutes les époques sont disséminés dans tout le pays. La Bulgarie a le plus grand nombre de sites archéologiques découverts en Europe après l'Italie et la Grèce[98], et beaucoup d'entre eux sont d'origine thrace. Un objet historique d'importance majeure est le plus ancien trésor d'or dans le monde, datant de 5000 avant J.-C., provenant du site de la nécropole de Varna[99],[100].

Il y a aussi neuf sites du patrimoine mondial de l'UNESCO: le Cavalier de Madara, les tombeaux thraces dans Svechtari et Kazanlak, l'église de Boyana, le monastère de Rila, le Églises rupestres d'Ivanovo, Parc national de Pirin, Sreburna réserve naturelle et l'ancien ville de Nessebar.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Dans le domaine du cinéma, la Bulgarie est notée pour ses films artistiques dont certains tels que Midi Torride (1965) et Eastern Plays (2009) ont été projetés au Festival de Cannes.

Médias[modifier | modifier le code]

Les médias en Bulgarie ont une tradition d'objectivité. La presse n'a pas de restrictions légales et la publication des médias imprimés est complètement libre[101] La plupart des journaux quotidiens sont en un format hybride, qui contient des éléments à la fois de presse de qualité et des tabloïds[101].

Les médias électroniques sont les plus populaires dans le pays, mais à cause du manque de législation spécifique, ils sont sensibles à un certain nombre de tendances négatives, telles que la dégradation générale des produits médiatiques, l'autocensure et des pressions politiques ou économiques[102]. Les médias Internet gagnent en popularité à cause de la teneur en large éventail d'opinions et de points de vue disponibles, l'absence de censure et des contenus diversifiés[103], mais ils sont toujours de qualité moyenne[réf. nécessaire].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme en Bulgarie.

Chaque année, la Bulgarie accueille 8.9 millions de touristes, principalement de Russie, de Roumanie, d'Allemagne, du Royaume-Uni et de la Scandinavie[104]. Les types de tourisme principaux sont le tourisme de masse, de culture et de vin[105].

Depuis 1995, le tourisme balnéaire s'est fortement développé le long de la mer Noire, notamment à Slantchev Briag, à Albena ou aux Sables d'Or (Zlatni Pyasatsi), près de Varna. Certains sites historiques sont également d'intérêt : on citera notamment Veliko Tarnovo, dont la citadelle est parfois l'objet d'un spectacle son et lumière retraçant l'histoire de la Bulgarie à travers les siècles, et le monastère de Rila. Les principales stations de ski de Bulgarie sont Bansko (massif du Pirin), Borovets (massif du Rila) qui est la station historique de Bulgarie et Pamporovo située dans les monts Rhodopes, non loin de la frontière avec la Grèce. Elles attirent aussi leur lot de touristes étrangers (anglais, russes) et nationaux.

Curiosité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bouzloudja.

Bouzloudja est un lieu-dit de Bulgarie, situé à quelques kilomètres au sud de Gabrovo, à proximité du mémorial de Chipka. Bouzloudja est aussi et surtout connu pour l'ancienne salle de congrès communiste, aujourd'hui abandonnée, à la forme particulière, celle d'un OVNI. Bien que le bâtiment ne se visite pas, de nombreux curieux y pénètrent pour admirer les fresques en forme de mosaïque ou l'ancien auditorium aujourd'hui délabré[106].

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Sports[modifier | modifier le code]

Les sports les plus populaires en Bulgarie sont le volleyball, le football, l'athlétisme, la boxe et la gymnastique

  • Football

Le football est le sport le plus populaire en Bulgarie. Il fut introduit en 1893-1894 par des professeurs de gymnastique invités dans le pays qui organisèrent le premier match national dans le collège de Varna en 1894. À la Coupe du monde 1994, les Bulgares se classèrent 4e[107].

  • Formule 1

Un Grand Prix de Formule 1 de Bulgarie aurait dû voir le jour en 2011 ou 2012 mais les organisateurs abandonnèrent le projet en 2009 à cause de difficultés financières[108].

  • Rallye

En 2010, la Bulgarie accueille pour la première fois une manche du championnat du monde des rallyes, le rallye de Bulgarie[109].

  • Volleyball

En 2012, la Bulgarie a organisé la ligue mondiale de volley-ball à Sofia. En 2015, la Bulgarie et l'Italie organiseront conjointement le Championnat d'europe de volley-ball masculin.

  • Tennis

La Bulgarie dispose de Grigor Dimitrov et Tsvetana Pironkova. Ils sont très jeunes et progressent chaque année dans le classement des meilleurs joueurs.

  • Lutte

Certains lutteurs bulgares embrassent une carrière au Japon dans le Sumo, tel Kaloyan Stefanov Mahlyanov (Katsunori Kotoôshû).

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'An Nova Godina On mange un feuilleté au fromage et l'on formule un vœu pour la nouvelle année : bonheur, santé, amour, argent, etc.
6 janvier Épiphanie Yordanovden Apparition du Christ ; on jette dans l'eau glacée des lacs et des rivières de chaque ville et village une croix orthodoxe en métal, et plusieurs jeunes hommes y plongent pour l'attraper.
14 février Trifon Zarezan Fête de la vigne, des vignerons et du vin ; elle tient des fêtes anciennes célébrant le dieu thrace Dionysos. La fête est également célébrée le 14 février (le 14 février du calendrier grégorien correspondant au 1er février du calendrier julien).
1er mars Baba Marta Martenitsa, tradition célébrant l'approche du Printemps.
3 mars Fête nationale de la Libération Natsionalen Praznik Traité de San Stefano, 1878, marquant la fin de la Guerre russo-turque et la libération de la Bulgarie.
25 mars Annonciation Blagovechtenie
samedi de la première semaine du Grand Carême Fête du cheval Todorovden
une semaine avant Pâques Rameaux Lazarovden Le samedi avant la Semaine sainte.
Fête des fleurs Tsvetnitsa Le dimanche avant la Semaine sainte ; on décore les portes d'entrée de rameaux de saule pleureur.
Pâques orthodoxe Velikden On peint des œufs durs et l'on se chamaille en tachant de conserver son œuf entier.
6 mai Saint Georges Gergiovden Fête nationale, mais aussi fête de l'armée bulgare, fête des bergers, et des Georges bien sûr.
24 mai Cyrille et Méthode Sveti Kiril i Metodi Journée de l'écriture cyrillique, de l'éducation et de la culture bulgare.
6 septembre Union de la Bulgarie Saedinenieto na Balgaria
24 décembre Réveillon de Noël Badni Vetcher On est en famille et l'on mange un repas sans viande et sans aucun aliment d'origine animale ; il y a obligatoirement un nombre impair de plats : 7, 9 ou 11.
25 décembre Noël Koleda

Personnalités bulgares ou d'origine bulgare[modifier | modifier le code]

  • Djon Atanasov (4 octobre 1903 - 15 juin 1995), physicien et ingénieur américain d'origine bulgare, concepteur (avec Clifford Berry) du premier ordinateur numérique électronique : l'ABC.
  • Dimitar Berbatov (*30 janvier 1981), footballeur.
  • Irina Bokova (*12 juillet 1952), directrice générale de l'UNESCO.
  • Serge Bondartchouk (25 septembre 1920 - 20 octobre 1994), cinéaste soviétique d'origine bulgare, réalisateur de Guerre et Paix.
  • Elias Canetti (25 juillet 1905 - 14 août 1994), écrivain d'expression allemande d'origine bulgare. Prix Nobel de littérature.
  • Christo Javacheff (*13 juin 1935), artiste contemporain.
  • Nina Dobrev (*9 janvier 1989), actrice bulgaro-canadienne.
  • Yordan Kamdzhalov (*16 octobre 1980), chef d'orchestre.
  • Julia Kristeva (*24 juin 1941), philosophe, psychanalyste, féministe et écrivain française d'origine bulgare. Professeur émérite de l'université Paris VII - Diderot.
  • Tzvetan Todorov (*1 mars 1939), essayiste, philosophe et historien français d'origine bulgare.
  • Nikolay Nenovsky (*26 juillet 1963), économiste, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne.
  • Hristo Stoitchkov (*8 février 1966), footballeur.
  • Sylvie Vartan (*15 août 1944), chanteuse française d'origine bulgare.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  3. PIB à parité de pouvoir d'achat, d'après le World Economic Outlook du Fonds monétaire international (FMI).
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  15. La plupart des pièces sont en électrum, alliage naturel d'or et d'argent pouvant contenir entre 15 et 40 % d'argent
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  28. Selon l'expression consacrée, à cette période les églises ne devaient pas dépasser la hauteur d'« un Turc sur son cheval »
  29. La légende des combattants de la liberté, les haïdouks, est encore louée dans les chansons populaires bulgares
  30. (en) Emile Joseph Dillon, The Inside Story of the Peace Conference, New York, Harper,‎ février 1920 (1re éd. 1920) (lire en ligne), « XV » :

    « The territorial changes which the Prussia of the Balkans was condemned to undergo are neither very considerable nor unjust. »

  31. (bg)Балабанов, А. И аз на тоя свят. Спомени от разни времена. С., 1983, p. 72, 361
  32. (en) Crises of the 1930s. In 1935, however, Tsar Boris III became an active political force in Bulgaria for the first time. Disillusioned by the results of the 1934 coup, Boris took action to regain his power, which the new regime had also curtailed. Boris used military and civilian factions alarmed by the new authoritarianism to maneuver the Zveno group out of power and declare a royal dictatorship.
  33. Olivier Maurel, Comment la communauté juive de Bulgarie fut sauvée du génocide, L'Harmattant, 2005.
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  40. Chapter 3. The Economy, Library of Congress.
  41. Une importante pollution au chlore dans la région de Ruse, et provenant d'une usine roumaine située à Georgiu, fut à l'origine de manifestations organisées par les mouvements écologistes
  42. Le lendemain de la chute du mur de Berlin
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Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (en) Steven Runciman, A History of the First Bulgarian Empire, Londres, G. Bell & Sons,‎ 1930 (lire en ligne)

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]