Jean Paul Gaultier
Jean Paul Gaultier
Jean Paul Gaultier au festival de Cannes 2011
| Naissance | 24 avril 1952 Bagneux (Hauts-de-Seine) |
|---|---|
| Nationalité | |
| Profession | Grand couturier |
| Autres activités | Parfums |
Jean Paul Gaultier, né le 24 avril 1952 à Bagneux, est un styliste et grand couturier français, fondateur de la société Jean Paul Gaultier SA, ainsi qu'un créateur de parfums. Il est membre de la Chambre syndicale de la haute couture depuis la fin des années 1990. Succédant à Martin Margiela, il devient directeur de création pour la collection de prêt-à-porter d'Hermès de 2004 à 2010.
Grand professionnel de la coupe et maîtrisant les classiques de la Couture, créatif mais pas uniquement provocateur, il est fréquemment surnommé de façon réductrice « l'enfant terrible de la mode » par les médias. Jean Paul Gaultier, grand couturier, est considéré mondialement comme un symbole de la culture française.
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Les débuts [modifier]
Jean Paul Gaultier naît à Bagneux dans une famille modeste de la banlieue parisienne, fils unique d'une mère secrétaire et d'un père comptable. Ses parents déménagent pour habiter la ville voisine d'Arcueil. Il est entouré de parents affectueux et d'une grand-mère bien-aimée qui l'initie à la couture, alors qu'il est très jeune. C'est ce milieu qui sera une des sources d'inspiration de ses futures créations. Le jeune Jean Paul faisait déjà, alors qu'il n'avait que six ans, des expériences « stylistiques » sur son ours en peluche, après avoir découvert des corsets, dans une malle de sa grand-mère, qui deviendront les symboles de sa future marque. À quinze ans, il dessine les esquisses d'une collection de vêtements pour enfants[1].
C'est après avoir vu le film Falbalas, de Jacques Becker où tous les costumes sont dessinés par Marcel Rochas[2], qu'il se décide à faire de la couture sa profession. Il envoie un dossier à l'entreprise Yves Saint Laurent mais est rejeté[3]. Ses croquis vont alors à Pierre Cardin. Le jour même de ses dix-huit ans, il intègre la maison de couture, où il restera un peu moins d'un an avant de rejoindre le « farfelu » Jacques Esterel, puis, en 1971 l'équipe de Jean Patou[1].
La marque [modifier]
En 1974, il revient tout de même chez Pierre Cardin, qui l'envoie aux Philippines afin de dessiner les modèles destinés au marché américain. Deux ans plus tard, il lance sa première collection au Palais de la découverte à Paris[3], et décide à créer sa propre griffe, Jean Paul Gaultier SA. Malheureusement sa première ligne est un échec, les dettes s'accumulent[2] : « Mon premier défilé était un ratage total. La musique commençait et je ne savais pas quoi mettre aux mannequins. Au moins on s'est jeté à l'eau. En dépit du bon sens, avec tout et n'importe quoi, des sets de table en paille qui devenaient des boléros, un Perfecto sur un tutu porté avec des baskets[3] ». Jean Paul Gaultier pense alors à tout abandonner après sa collection Grease. C'est la maison Kashiyama qui, en lui demandant de dessiner pour sa marque une ligne de vêtements intitulée James Bond[2], lancera vraiment Jean Paul Gaultier.
Les années 1980 voient la marque grandir et connaitre un succès fulgurant. Jean Paul Gaultier est soutenu financièrement par des entreprises italiennes[2]. À cette époque Paris voit la mode bouleversée par une nouvelle génération de créateurs abordant le prêt-à-porter sans passer par la haute couture : Montana, Mugler, Alaïa… Pour la plupart, les défilés sont de véritables shows, des spectacles plus que de simples présentations[4]. Dès 1983, la marinière apparait chez Jean Paul Gaultier, lors de sa collection emblématique Toy Boy. En 1985, il crée une ligne de produits pour enfants à bas prix intitulée Junior Gaultier, qui sera lancée par des personnes âgées. Il propose également une collection unisexe : les hommes se voient porter des jupes sur les podiums. Tel Saint Laurent qui avait habillé les femmes en hommes, entre autres avec le smoking, il va habiller les hommes en femmes. Un soupçon de provocation sera permanent dès lors aux collections. L'historien Olivier Saillard du musée Galliera dira de lui : « ses détracteurs disent qu'il a trop d'idées, mais c'est plutôt bon signe : il a du flair tout le temps. Il a toujours été en phase avec la rue[3] ». En 1988, une tenue Junior Gaultier est choisie par Jeff Banks comme robe de l'année.
Francis Menuge, son partenaire, meurt du Sida en 1990 : « Francis m'a donné la force de commencer. […] Il m'a aidé à synthétiser et à être plus radical[3] » dira Jean Paul Gaultier. Deux ans plus tard, il lance Gaultier Jean, une ligne de vêtement basé sur le jeans qui s'inspire de la rue et qui devient, en 2004, Jean Paul Gaultier. En 1994, JPG by Gaultier remplace Junior Gaultier et lance une ligne de vêtement unisexe. Sans grand succès, la ligne disparait puis revient en 1997. Plus tard avec cette même marque, il propose une collection de prêt-à porter pour homme.
Haute couture [modifier]
En 1997, Jean Paul Gaultier intègre la Chambre syndicale de la haute couture et crée une collection haute couture[5] appelée Gaultier à Paris. La marinière devient robe du soir[2]. Collections après collections, les critiques sont élogieuses[6].
En 2004, Jean Paul Gaultier devient directeur du prêt-à-porter femme chez Hermès jusqu'en 2010. Hermès International possède 35 %, puis 45 % de la société Jean Paul Gaultier et des rumeurs circulent en 2008 sur un possible rachat[7]. Finalement, c'est l'entreprise Puig en 2011 qui rachète les 45 % que possède Hermès International et qui devient propriétaire de la marque (hors parfums). Jean Paul Gaultier devient le directeur artistique de son ancienne maison[8].
En 2006, il crée la marque Gaultier ² une ligne unisexe à destination des hommes. Pour la collection printemps-été 2008, le final de son défilé voit une robe de mariée avec des cônes pointus au niveau des seins, véritable signature depuis plus de vingt ans du style Gaultier[2]. En 2009, Jean Paul Gaultier en collaboration avec le Groupe Zannier spécialiste des vêtements pour enfants, lance une collection Junior Gaultier[9]. En 2011, ils lancent une collection pour bébé.
Par ailleurs, il existe une gamme d'accessoires comme des bijoux pour dame, la maroquinerie, de chaussures et des lunettes Jean Paul Gaultier. En 2009, la marque Gaultier représente 31 millions € de chiffre d'affaires et en 2011, le magazine Challenges le classe 500e fortune française avec une fortune estimée à 60 millions d'euros[10].
Parfums [modifier]
La marque Jean Paul Gaultier Parfums est lancée dans les années 1990 et commercialisée par Beauté Prestige International (BPI), filiale de Shiseido[11], jusqu'en 2016. Ils représentent près de 40 % du chiffre d'affaires de l'entreprise.
Le premier parfum est commercialisé, dans un emballage imitant une boite de conserve et dont le flacon porte un corset[2], au début des années 1990 ; d'abord intitulé simplement Jean Paul Gaultier, il prendra le nom de Classique quelques années plus tard. Puis sort le parfum Le Mâle, suivie d'une ligne de cosmétiques dans les années 2000[1].
Collaborations [modifier]
Fin 2009, Jean Paul Gaultier collabore avec la marque discount de lingerie américaine Target, puis avec les chaussures Pataugas[12]. En 2010, après avoir quitté la maison Hermès, Jean Paul Gaultier se consacre à sa propre marque et à ses projets personnels ; il a présenté en juin 2010 avec Roche Bobois une collection de meubles[13]. Dans les années 1990, il eut déjà une collaboration avec l'éditeur VIA (Valorisation par l'Innovation dans l'Ameublement). La même année, Gaultier s'associe avec la luxueuse marque de lingerie italienne La Perla, collaboration reconduite l'année suivante.
Le style Gaultier [modifier]
Jean Paul Gaultier a acquis la réputation d'« enfant terrible de la mode » française. Il crée une mode vestimentaire inhabituelle et ses défilés sont souvent considéré comme des Happenings. Souvent ses mannequins sont en surpoids ou âgés ou pierçés ou tatoués. En effet, le créateur sait s'entourer : il a une vision totalement à contre-courant de la mode. Ainsi voit-on apparaître une collection « éthique », près de 20 ans avant que l'intérêt pour ce mouvement ne se fasse sentir. Le fameux bustier conique fait son apparition, il sera immortalisé par Madonna. Son style s'inspire de la vie quotidienne et de la culture Pop.
Ses créations ont été portés par de nombreuses stars de la chanson comme Sheila qui sera la première chanteuse habillée par Jean Paul Gaultier pour son Zénith en 1985 et le sera encore en 2004, avant Yvette Horner avec sa robe Tour Eiffel. Puis Madonna, qu'il a habillée lors de ses deux tournées Confessions Tour[3] et le Blond Ambition Tour, il fera porter ses mythiques « seins pointus ».
Le succès grandissant, les commandes se font de plus en plus nombreuses et, de fil en aiguille, le couturier est amené à dessiner des costumes pour diverses représentations et films. On cite notamment Kika de Pedro Almodóvar, Le Cinquième Élément, La Cité des enfants perdus de Jean-Pierre Jeunet (1995).
Gaultier a réalisé les costumes de nombreux spectacles de la chorégraphe Régine Chopinot dont Le Défilé (1985), un spectacle où se mêlent comédiens et mannequins, qui fait date dans l'histoire de la mode et de la danse[14]. En 2008, il crée également pour Angelin Preljocaj les costumes de son spectacle Blanche Neige.
Jean Paul Gaultier a aussi créé, entre autres, des tenues pour Mylène Farmer dans les années 1990 ; il signera les tenues sexy que la chanteuse porte sur le shooting de son album Anamorphosée, dans le clip Je t'aime mélancolie ainsi que la robe semi-transparente du clip L'instant X et dans le clip Lonely Lisa en 2011. Il l'habille à nouveau lors de sa tournée « N° 5 on Tour » de 2009. Il a également habillé Kylie Minogue pour sa tournée de 2008.
Le 6 juillet 2011, défilé haute-couture automne/hiver 2011/2012, avec, comme invitée exceptionnelle, Mylène Farmer qui a clôturé le défilé. Elle présentait ainsi une robe de mariée noire faite de plumes comme la plupart des créations de cette collection. Cette robe prédestinée pour la chanteuse a été nommée par le créateur : Libertine Swan.
Autres activités [modifier]
En 1989, il sort un disque. Ce 45 tours, intitulé Aow to dou zat , connaîtra un certain succès mais restera au seuil du Top 50.
En 1995, il a présenté les MTV Europe Music Awards à Paris. Avec Antoine de Caunes, il a animé l'émission britannique Eurotrash produite par NBdC (Tim Newman, Alex Berger, Antoine de Caunes).
En 2001 il est membre du jury du 1er Festival international du film de Marrakech sous la présidence de l'actrice britannique Charlotte Rampling.
En mai 2008, il commente pour France 3 le 53e Concours Eurovision de la chanson aux côtés de Julien Lepers en direct de Belgrade. En 2009, Jean Paul Gaultier habille les candidats de l'émission Nouvelle Star saison 7. Il apparait également dans le clip vidéo Boys and Girls de Martin Solveig. En décembre 2009, il est un des membres du jury de l'élection de Miss France 2010. Quelques jours après, il habille Miss France 2010, Malika Ménard. Début 2010, il est le parrain des apprentis mannequins de la saison 3 de Génération Mannequin, programme diffusé sur NRJ 12.
Après avoir fait défiler Arielle Dombasle sur son défilé Couture PE 2010, c'est Beth Ditto - chanteuse du groupe Gossip - qui clôture a capella son défilé PAP PE 2010. Il rentre dans la collection Empreintes - série de documentaires de France 5 - grâce au film de Farida Khelfa, muse du créateur, ancienne mannequin et un temps directrice de la couture Gaultier Paris après être passée chez Alaïa.
En mai 2011, Jean Paul Gaultier réalise un reportage intitulé Gaga by Gaultier où il interview la chanteuse Lady Gaga sur sa vie intime[15].
En 2012, il est nommé juré au 65e Festival de Cannes, notamment au côté de personnalités telles que Diane Kruger ou encore Ewan McGregor.
Distinctions [modifier]
Il reçoit en 2000 le prix international du Conseil des créateurs de mode américains, en 2006 : Globe de Cristal meilleur créateur de mode. En juin 2010, il reçoit des mains de Kylie Minogue un Award of Inspiration, prix de l'AMFAR récompensant son activité créatrice ainsi que sa lutte contre le Sida ; en 2011, un Globe de Cristal meilleur créateur de mode.
Expositions [modifier]
Du 17 juin au 2 octobre 2011, il fait l'objet d'une exposition au musée des Beaux-Arts de Montréal (Canada). Elle étale les 35 ans de travail du designer avec quelques 120 pièces de Haute-couture et certaines de prêt-à-porter. Cette exposition est ensuite présentée au Kunsthal de Rotterdam (Pays-Bas), du 10 février au 12 mai 2013.
Notes et références [modifier]
- Elsa Doladille, « La Saga des Marques : Jean Paul Gaultier », sur plurielles.fr, e-TF1, 28 décembre 2010. « au cours de ses 30 ans de carrière le créateur a su bouleverser les codes bien établis de la haute-couture et du prêt-à-porter de luxe. »
- Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles, 2011, 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « Jean Paul Gaultier », p. 74 à 77
« La marinière à rayures bleu marine et blanches est la signature de Gaultier, […] pour fêter trente ans de collections, clin d’œil de Gaultier à lui-même en créant cette robe du soir. »
- Anne-Laure Quilleriet, « Le bon génie de la mode », Styles, sur lexpress.fr, L'Express, 14 septembre 2006. Consulté le 6 février 2013. « Si sa marinière, ses robes corsets, ses parfums en boîtes de conserve ou ses jupes pour homme ont fait le tour du monde, […] il s'est imposé comme le couturier le plus talentueux de sa génération. »
- Fashion !, Golden Eighties, de Olivier Nicklaus, INA, octobre 2012, DVD : 55 min
- Michèle Leloup, « Et Gaultier devint haut couturier », sur lexpress.fr, L'Express, 16 janvier 1997. Consulté le 6 février 2013
- Paquita Paquin, Cédric Saint-André Perrin, « Jean-Paul premier. Une évidence: la couture sied à Gaultier », Next, sur liberation.fr, Libération, 22 janvier 2000. Consulté le 6 février 2013
- (fr) Hermès se renforce au capital de Jean Paul Gaultier, sur www.lefigaro.fr, 29/08/2008. Consulté le 4 juillet 2010.
- Puig rachète Jean Paul Gaultier, sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière, 3 mai 2011
- Katell Pouliquen, « Jean Paul Gaultier lance sa ligne enfant », Styles, sur lexpress.fr, L'Express, 4 septembre 2009. Consulté le 17 octobre 2012
- Classement fortune Jean Paul Gaultier sur challenges.fr
- La maison BPI en quelques chiffres, sur bpi-sa.com, Beauté Prestige International (site officiel), 2008. Consulté le 22 novembre 2012
- Caroline Ronin, « Jean-Paul Gaultier collabore avec Pataugas », Styles, sur lexpress.fr, L'Express, 18 décembre 2009. Consulté le 17 octobre 2012
- Une ligne de meubles par Jean Paul Gaultier - DekoZap
- (fr) Olivier Saillard, Jean Paul Gaultier, Régine Chopinot. Le défilé, Centre national du costume de scène et de la scénographie, 2007, sur books.google.fr. Consulté le 4 juillet 2010.
- Jean Paul Gaultier rend hommage à Lady Gaga, People, sur francesoir.fr, 4 mai 2011
Bibliographie [modifier]
- Farid Chenoune, Jean Paul Gaultier, Éditions Assouline, 1996 (ISBN 2-9082-2875-0)
- Laurent Sebillotte, Jean Paul Gaultier / Régine Chopinot - Le Défilé, Éditions Les Arts Décoratifs, 2007 (ISBN 2-9169-1400-5)
- Elizabeth Gouslan, Jean Paul Gaultier, Punk sentimental, éditions Grasset, janvier 2010 (ISBN 978-2-2467-4091-9)
Annexes [modifier]
Liens externes [modifier]
- (mul) Site officiel
- Bruna Basini, « Gaultier sens dessus dessous », Mode, sur lejdd.fr, Le Journal du dimanche, 16 janvier 2011. Consulté le 16 juillet 2012
- Jean Paul Gaultier rend hommage aux années 1980, Mode, sur lexpress.fr/styles, L'Express, 1er octobre 2012. Consulté le 22 octobre 2012
- Gérard Lefort, « Dessiner et imaginer des vêtements était ma seule manière d’exister », Culture (interview), sur liberation.fr, Libération, 14 juin 2011. Consulté le 11 février 2013