Jardin du Luxembourg

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Jardin du Luxembourg
Image illustrative de l'article Jardin du Luxembourg
Le jardin vu du sommet de la tour Montparnasse.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Quartier Quartier de l'Odéon dans le 6e arrondissement
Superficie 22,45 ha
Caractéristiques
Création 1612
Gestion
Lien Internet http://www.paris.fr
Accès et transport
Gare (RER)(B) Luxembourg Sénat
Bus (BUS) RATP 21 27 38 58 82 83 84 85 89
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 49″ N 2° 20′ 13″ E / 48.846944, 2.336944 ()48° 50′ 49″ Nord 2° 20′ 13″ Est / 48.846944, 2.336944 ()  

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Jardin du Luxembourg

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Jardin du Luxembourg

Le jardin du Luxembourg est un jardin privé ouvert au public, situé dans le 6e arrondissement de Paris. Créé en 1612 à la demande de Marie de Médicis pour accompagner le Palais du Luxembourg[1], il a fait l'objet d'une restauration dirigée par l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin sous le Premier Empire et appartient désormais au domaine du Sénat. Il s'étend sur 23 hectares (21 ouverts au public) agrémenté de parterres de fleurs et de sculptures[2]. Rendez-vous de prédilection des Parisiens, il attire également des visiteurs du monde entier.

Les Parisiens l'appellent affectueusement le « Luco ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Marie de Médicis et Louis XIII

La création du jardin par Marie de Médicis[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIe siècle, le quartier qui s'étend au pied de la montagne Sainte-Geneviève est composé de séminaires, couvents, collèges et hôtels particuliers, parmi lesquels celui du duc de Piney-Luxembourg. Lorsque Marie de Médicis décide de quitter le palais du Louvre, elle pense à cette propriété où le jeune Louis XIII s'initiait à la chasse  : on lâchait pour lui des marcassins dans le jardin. Les huit hectares de terrain qui entouraient la demeure permettaient à Marie de Médicis d'édifier le vaste jardin florentin dont elle rêvait. Le corps de logis n'étant pas digne de son rang, elle fait appel à l'architecte Salomon de Brosse pour l'édification d'un palais inspiré du palais Pitti de Florence. Pour la décoration, la régente s'adresse à des artistes italiens, français et flamands. Ainsi, elle fait venir Pierre Paul Rubens à Paris en 1622 pour qu'il réalise vingt-quatre tableaux retraçant les principaux épisodes de sa vie ; treize seulement furent réalisés.

Article détaillé : Palais du Luxembourg.

Le jardin s'ouvrait magnifiquement devant le nouveau palais, mais ne pouvait se prolonger dans la logique perspective de la façade puisque le couvent des Chartreux se dressait à peu de distance. Richelieu exerce des pressions qui permettent de repousser le mur d'une centaine de mètres, mais en dépit de son pouvoir, Marie de Médicis échoue à faire déplacer les religieux. C'est ainsi que le parc dut s'étendre sur un des flancs du palais. Ainsi, sur le plan de Gomboust, réalisé en 1629, le jardin s'étend sur 300 mètres à peine devant l'édifice, tandis que d'est en ouest, il occupe plus d'un kilomètre, depuis l'actuel boulevard Saint-Michel jusqu'à l'actuel boulevard Raspail. C'est donc dans ce sens transversal que courait la grande allée qui, deux siècles plus tard, après la suppression de la partie occidentale du jardin, est à l'origine de la rue de Fleurus.

La réalisation du premier jardin est confiée à Jacques Boyceau, un des plus grands spécialistes de son époque. Les plantations commencent en 1612, dès le lendemain de l'achat des terrains. Au pied du palais, autour d'une fontaine centrale, Boyceau dessine une série de parterres symétriques. Pour faciliter l'admiration de ce travail, le jardin est entouré d'un double déambulatoire surélevé, qui adopte la forme d'une terrasse à l'italienne dessinée par l'ingénieur florentin Thomas Francine. Il faut près de dix ans pour reconstruire l'aqueduc romain d'Arcueil qui alimente la fontaine depuis Rungis, à onze kilomètres de là et qui porte désormais le nom d'aqueduc Médicis.

En 1635, André Le Nôtre réaménage les parterres, ne pouvant dérouler la grande perspective souhaitée vers le sud du fait de la persistance du couvent des Chartreux.

Après la mort de Marie de Médicis, en 1642, le palais du Luxembourg et son jardin changent de mains à de maintes reprises. En 1778, le comte de Provence, frère de Louis XVI et futur Louis XVIII reçoit le Luxembourg. Pour financer les travaux de restauration du palais, endommagé par ses occupants successifs, il aliène le tiers ouest du jardin, qui incluait la vallée des philosophes, fréquentée par Rousseau en 1741 et la promenade des Soupirs, refuge des amoureux. C'est ainsi que l'on ouvre la rue du Luxembourg, aujourd'hui rue Guynemer, qui fixe la limite occidentale définitive du jardin.

La Révolution et le début du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le jardin du Luxembourg par Christophe Civeton, 1829

À la Révolution, le palais transformé en prison (Danton, Desmoulins, Fabre d'Églantine, David, entre huit cents autres, y sont détenus), le jardin est à l'abandon, seulement fréquenté par les familles des prisonniers qui cherchent à communiquer avec les leurs. Le couvent des Chartreux est réquisitionné, le mur qui obstruait la perspective vers l'Observatoire est abattu et les 26 hectares que possédaient les religieux sont annexés. Le terrain perdu quelques années auparavant à l'ouest est ainsi récupéré au sud, atteignant l'actuel boulevard du Montparnasse. En 1795, c'est le Directoire qui prend place dans le palais. Les directeurs s'installent au Petit Luxembourg, sauf Barras qui occupa l'ancien appartement royal dans l'aile ouest.

Course de vélocipèdes dans le Jardin du Luxembourg, 1818

Durant les premières années du XIXe siècle, Jean-François-Thérèse Chalgrin trace l'avenue de l'Observatoire sur les anciennes terres des Chartreux. Il remodèle aussi le jardinet fait les décorations florales que nous connaissons aujourd'hui, les terrasses intermédiaires de Francine sont couvertes par un talus, des perrons donnent accès à l'unique terrasse restante, la grotte de Médicis est remodelée et le bassin encadré de pelouses en demi-cercle. Au sud, il compense une dénivellation par la création d'un perron décoré de statues.

Après le coup d'État du 18 brumaire, le palais est affecté au Sénat de l'Empire. Napoléon Ier souhaite que le jardin soit destiné aux enfants ; le Luxembourg est alors aménagé en conséquence avec des kiosques, des jeux, et bientôt les premières voitures à chèvres.

À partir de 1836, des travaux d'agrandissement de l'hémicycle contraignent à déplacer les parterres d'une trentaine de mètres. Des bâtiments vétustes sont démolis, le mur d'enceinte du jardin est remplacé par des grilles, ce qui améliore la visibilité du palais. Les statues des reines remplacent les anciennes, trop dégradées, et Alphonse de Gisors fait construire une nouvelle orangerie.

Le Second Empire et les travaux haussmanniens[modifier | modifier le code]

Les principaux axes créés ou transformés entre 1850 et 1870 dans le centre de Paris

Sous le Second Empire, l'histoire du jardin est marquée par les travaux d'urbanisme du baron Haussmann. L'ouverture du boulevard Saint-Michel - qui s'appelait alors boulevard de Sébastopol[3] - et de la rue de Médicis réduisent le jardin au nord-est. L'intention d'Haussmann était de laisser la grotte Médicis à son emplacement et ainsi de l'isoler sur une placette. Face aux protestations, elle est finalement démontée pierre par pierre, reconstruite et transformée en fontaine là où on peut l'admirer aujourd'hui. Un plan d'eau lui fait désormais office de miroir et la Vénus de la niche centrale est remplacée par Polyphème surprenant Galatée dans les bras d'Acis d'Auguste Ottin.

Article détaillé : Fontaine Médicis.

Au nord-ouest, la démolition du couvent des Filles du Calvaire et l'élargissement de la rue de Vaugirard opéré en 1845, amènent Gisors à recomposer les bâtiments entre le Palais du Luxembourg et le Petit Luxembourg. Les protestations redoublent quand, en 1865, pour le percement de la rue Auguste-Comte, est annoncé le projet de suppression de la pépinière, dont les terrains doivent être bâtis. Les promenades dans cette partie sud du jardin étaient particulièrement appréciées des Parisiens. Après une inspection sur place, Napoléon III arbitre en faveur des travaux.

Lors de la Commune de Paris, des fédérés sont fusillés au pied de la terrasse des Reines. Des impacts de balles en témoignent jusqu'en 1930.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Sous l'Occupation, le Palais du Luxembourg est le siège de l'état-major de la 3e flotte aérienne allemande. L'occupant creuse alors deux blockhaus sous le jardin (l'un à l'est, l'autre à l'ouest du palais) et installe des barbelés dans le parc. Le jardin, alors fermé au public, sert de parking aux véhicules et à l'artillerie allemande[4]. Le 25 août 1944, la 2e division blindée force les grilles de la rue Auguste-Comte et pénètre dans le jardin. Vers 17 heures, c'est la reddition. Le pavillon à croix gammée est amené tandis que les Allemands déposent leurs armes dans la cour du palais. Après la Libération, le palais et le jardin sont remis dans l'état qu'on leur connait aujourd'hui[5].

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Situés au cœur du Quartier latin, regroupés dans l'enceinte d'une grille dont les pointes sont recouvertes de feuille d'or, les jardins accueillent plusieurs bâtiments classés :

  • le palais du Luxembourg où siège le Sénat, la chambre haute du Parlement, propriétaire du jardin dont il assure l'entretien — le jardin du Luxembourg est un jardin privé ouvert au public.
  • le Petit Luxembourg, hôtel particulier contigu au précédent, résidence du président du Sénat
  • le musée du Luxembourg, consacré à de grandes expositions temporaires d'art, réputées pour la qualité des œuvres présentées. On accède au palais et au musée par la rue de Vaugirard.
  • l'Orangerie : plusieurs bâtiments se sont succédé. L'Orangerie actuelle, bâtie par Alphonse de Gisors en 1839, est située sur l'allée Delacroix. Elle abrite une collection de 180 plantes en caisse dont des agrumes, des palmiers-dattiers, des lauriers roses et des grenadiers. Certains bigaradiers, que l'on retrouve dans la partie du jardin dite « à la française » de mai à octobre, ont un âge estimé à 250 ou 300 ans[6]. L'été, l'Orangerie sert de salle d'expositions temporaires.
  • l'ancien hôtel de Vendôme, aujourd'hui occupé par l'école Mines ParisTech.
  • les serres du jardin du Luxembourg, attenantes à l'hôtel de Vendôme, abritent de riches collections horticoles, dont notamment plus de 400 espèces d'orchidées[7].
Vue du bassin à l'automne

Organisation des jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins à l'anglaise
Le rucher
Allée dans le jardin du Luxembourg par Van Gogh

Le jardin possède une partie « à la française » située dans l'axe du palais et des parties « à l'anglaise » du côté de la rue Guynemer. Entre les deux s'étend la forêt géométrique des quinconces. À ces trois zones bien différenciées s'ajoutent, au sud, les pelouses et un verger, conservatoire de pommologie de variétés anciennes et oubliées, situé face au lycée Montaigne, sur le côté de la rue Auguste-Comte.

L'ensemble du jardin, communément appelé « Luco » par les Parisiens, est parcouru d'allées permettant la promenade et la flânerie. L'une d'elles est évoquée dans un poème de Gérard de Nerval intitulé Une allée du Luxembourg :

Elle a passé, la jeune fille […]
Parfum, jeune fille, harmonie…
Le bonheur passait, il a fui !

On trouve des cultures de plantes de massifs destinées aux parterres du jardin et des serres abritant des plantes vertes et à fleurs destinées à la décoration des intérieurs du palais. Un rucher situé à proximité du Pavillon Davioud (porte Vavin) permet de s'initier à l'apiculture.

Sculptures et fontaines dans les jardins[modifier | modifier le code]

Le jardin possède 106 statues[8], dont les suivantes :

La statue de la Liberté originale.
  • Outre la fontaine centrale, le jardin comporte également deux fontaines ornées de sculptures : la Fontaine Médicis et le Monument à Eugène Delacroix de Jules Dalou.

Activités[modifier | modifier le code]

Bassin principal
Vue générale

Le jardin accueille des activités sportives: tennis, basket-ball, arts martiaux, ainsi que les phases finales du Championnat de France de jeu de paume, qui ont lieu le premier dimanche de septembre. Le terrain du Jeu de Paume du Sénat a accueilli les épreuves des Jeux olympiques d'été de 1900. Dans le coin nord-ouest, près de l'Orangerie, des joueurs d'échecs (six tables fournies par le Sénat) se rencontrent régulièrement, même en plein hiver, alors que ceux de bridge (trois tables) attendent les beaux jours pour se pointer en milieu d'après-midi. Les chaisières, chargées de percevoir le prix fixé pour avoir le droit de s'asseoir sur une des chaises du Luxembourg, font partie des métiers disparus. Avant la Première Guerre mondiale le tarif était de vingt sous. En 1920, les tarifs sont de 0,20 francs pour les chaises et 0,30 francs pour les fauteuils. Finalement ce n'est qu'en 1974 que les chaises devinrent gratuites pour tous.

Panoramique sur le Jardin du Luxembourg. À gauche, le Palais du Luxembourg

Des expositions de photographies sont régulièrement installées sur les grilles extérieures depuis 1997, d'autres types d'expositions sont également installées à l'intérieur du jardin comme en 2001 l'exposition du sculpteur Lucien Bénière. Dans le coin nord-est, le kiosque à musique est le cadre de concerts dont les programmes sont affichés tout au long de la belle saison. On donne aussi dans le jardin des représentations d'opéra. Des activités sont également proposées aux enfants  : parc à jeux, promenades à dos de poney sur l'allée des ânes et théâtre de marionnettes. Jeunes et moins jeunes se retrouvent autour du bassin principal pour y faire évoluer des modèles réduits de bateaux télécommandés ou à voile.


Galerie[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

Le jardin du Luxembourg est accessible en transports en commun par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Un jardin né de la volonté de Marie de Médicis
  2. Plan du Jardin du Luxembourg
  3. Lors de son percement et jusqu'en 1864, le boulevard s'appelait "boulevard de Sébastopol rive gauche", comme en témoigne ce projet d'aménagement de l'époque : Jardin du Luxembourg converti en jardin pittoresque / compilé et dessiné par Lecoq
  4. Ferdinand Dupuy, La Libération de Paris vue d'un commissariat de police, Librairies imprimeries réunies, 1944.
  5. Claude Mary et Carlos Zito, Le guide du jardin du Luxembourg, Éditions de la Manufacture, 1994, pages 12 à 22.
  6. Site Internet du Sénat.
  7. La Conservation des jardins du Luxembourg sur le site officiel du Sénat
  8. Site Internet du Sénat.
  9. Le Parisien, Le musée d'Orsay récupère la statue de la Liberté du jardin du Luxembourg, 2 juillet 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]