Bassin de la Villette

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Le bassin de la Villette
La barrière Saint-Martin et le canal de la Villette au début du XIXe, par Christophe Civeton.
Vue depuis la Rotonde de la Villette vers les anciens magasins généraux
L'extrémité du bassin au Rond-point de la Villette (Place de la Bataille-de-Stalingrad)
On voit sur cette carte postale du début du XXe siècle l'extrémité du Bassin de la Villette qui se transforme en Canal Saint-Martin. Sur l'embouchure du canal se trouve un kiosque de la Compagnie générale des omnibus, qui était une des compagnies de tramways et de bus de Paris. Au-dessus se trouve le viaduc de la ligne 2 du métro de Paris alors exploitée par la CMP

Le bassin de la Villette est le plus grand plan d'eau artificiel de Paris. Il a été mis en eaux le 2 décembre 1808. Situé dans le 19e arrondissement de la capitale, il relie le canal de l'Ourcq au canal Saint-Martin et constitue l'un des éléments du réseau des canaux parisiens.

Rectangulaire, d'une longueur de 800 mètres pour 70 de large, il s'ouvre par le pont de la rue de Crimée, dernier pont-levant[1] de Paris, près du magasin général, et se termine avec la place de Stalingrad où se situe la rotonde de la Villette. Ce bassin accueille également des comptoirs pour croisières fluviales, ainsi qu'un complexe cinématographique MK2 dont l'originalité, outre son implantation dans d'anciens portiques en fonte reconvertis, est assurée par une liaison par bateau électrique de part et d'autre du bassin.

Le bassin est bordé au nord par le quai de la Seine et au sud par le quai de la Loire, que la passerelle de la Moselle relie en leur milieu.

Premier bassin[modifier | modifier le code]

Le premier bassin de la Villette est long de 699 mètres et large de 70 mètres. Il a servi à différentes activités.

Sa première fonction était de servir de réserve d'eau potable aux parisiens. Sa seconde fonction, associée au second bassin, était de fournir l'eau nécessaire pour la navigation sur les canaux de Saint-Denis et de Saint-Martin.

Au début du XIXe siècle, ce premier bassin était entouré de jardins, où les Parisiens venaient passer des moments agréables (promenades en été, patinage en hiver). Mais l'ère industrielle des années 1850, voit disparaître cet aspect loisir. Des dépôts de marchandises fleurissent alors sur les berges.

En 1832, Paris fut touché par la grande épidémie de choléra. Les Parisiens utilisant l'eau issue du bassin de la Villette furent moins durement touchés que ceux utilisant l'eau de la Seine (pompes à feu de Javel, pompe à feu de la Samaritaine), car les eaux usagées de la capitale étaient déversées dans le fleuve, comme surtout les déchets de l'Hôtel-Dieu (où se trouvaient de nombreux malades), qui enjambait le petit bras entre l'île de la Cité et la rive gauche.

À la fin du XIXe siècle, le bassin développe l'activité commerciale.

À la même époque, la passerelle de la Moselle (haute de 13 mètres, et d'une portée de 85 mètres), construite par Armand Moisant[2],[3], voit le jour en 1882. Elle est ornée d'une horloge de 3 mètres de diamètre. Cet ouvrage, devenu vétuste, est remplacé en 1966.

Second bassin[modifier | modifier le code]

Le Pont de Flandre, pont-levant de 85 t construit en 1885, partage les deux bassins.

Le second bassin, mesure 30 m de large et 730 m de long. Ce bassin (le bassin élargi) auquel on donne souvent, prématurément, le nom de « canal de l'Ourcq », longeait à l'origine les arrières de l'ancien village de la Villette.

À son extrémité nord, on trouve le « rond-point des canaux », où convergent le bassin de la Villette, le canal de l'Ourcq (qui amène, de plus de 100 km, l'eau de la rivière Ourcq), et le canal Saint-Denis (qui, avec une longueur de 6 647,50 m et une pente de 28,45 m, rejoint la Seine à Saint-Denis), ainsi que la darse du Fond-de-Rouvray (port pour les bateaux du service des Canaux).

Le transport fluvial et le rôle économique du Bassin[modifier | modifier le code]

Le quai de la Loire vers 1903-1908

Autour du site des canaux se développa, dès le second quart du XIXe siècle, une intense activité de fret et portuaire. Dans la dernière moitié du même siècle il fut le support d'une industrialisation très importante, à Paris comme sur le territoire de l'actuelle Seine Saint-Denis. À la même époque le trafic portuaire du Bassin de la Villette était à son apogée, et équivalent à celui du port de Bordeaux.

Ce trafic de fret a connu, dans le courant du XXe siècle, des pics importants liés, pour l'essentiel, à l'activité du BTP après les grands conflits mondiaux. En décroissance constante depuis le milieu du XXe siècle, ce trafic, devenu nul pour le Bassin de La Villette, est actuellement descendu pour l'ensemble des canaux parisiens à son plus bas niveau historique (autour d'1Mt en l'an 2000).

Dans le même temps commence à se mettre en place, difficilement cependant, à partir du Bassin de la Villette, des transports de passagers à caractère touristique.

La fonction écologique du Bassin[modifier | modifier le code]

Le bassin et les activités culturelles et de loisir[modifier | modifier le code]

Les bâtiments du nord-est du bassin

Tout au long de l'année, des péniches-spectacles s'amarrent aux bords du bassin, proposant des activités culturelles telles que du théâtre, du cinéma, des concerts, etc.

À la saison estivale, les bords du bassins accueillent pêcheurs, boulistes et pique-niqueurs. Les soirs d'été, il n'est pas rare que la rive gauche (exposée plus longtemps au soleil) soit occupée d'un bout à l'autre.

Chaque année au mois de juin est organisée la fête du bassin. De part et d'autre sont proposées des activités festives (concerts, mini-spectacles, expositions). La fête se clôture par un grand feu d'artifice tiré de la passerelle.

Depuis 2007, une extension de l'opération Paris Plages a pris possession d'une grande partie du quai de la Seine, proposant guinguettes, restaurants, tours de barque, espace ludique pour enfants, terrains de pétanque, etc.

Les 24 et 25 septembre 2011, la fête des sorties culturelles a eu lieu sur le bassin[4].

L'aviron (sport) est également pratiqué toute l'année sur le bassin.

Par ailleurs, au long du quai de la Seine sont installées les écoles Sup de Pub et Sup Career, toutes deux entités du Groupe INSEEC.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mérille, Le canal de l'Ourcq, Vie et anecdotes, Amarco éditions, Paris, 1966 (ISBN 2-950957-10-2)

Notes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. qui fonctionne toujours avec le mécanisme hydraulique d'origine
  2. Bernard Marrey, Le Fer a Paris, Paris, Picard / Pavillon de l'Arsenal,‎ 1989, 209 p. (ISBN 2-7084-0379-6), p. 82.
  3. Bernard Marrey et Paul Chemetov, Familièrement inconnues : Architectures, Paris, 1848-1914, Paris, Secrétariat d'État à la culture,‎ 1976, 168 p., p. 58.
  4. La fête des sorties culturelles, sur le site evenement.spectaculaire.com, consulté le 5 octobre 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

48° 53′ 10″ N 2° 22′ 30″ E / 48.8861, 2.375