Clovis Ier

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Clovis Ier
Jean Du Tillet, Clovis Ier roy crestien. Recueil des rois de France. Portrait du XVIème siècle réalisée d'après le gisant de l'église Sainte Geneviève.
Jean Du Tillet, Clovis Ier roy crestien. Recueil des rois de France. Portrait du XVIème siècle réalisée d'après le gisant de l'église Sainte Geneviève.
Titre
Roi des Francs
481/48227 novembre 511
Prédécesseur Childéric Ier
Successeur Thierry Ier (roi de Reims)
Clodomir (roi d'Orléans)
Childebert Ier (roi de Paris)
Clotaire Ier (roi de Soissons)
Biographie
Titre complet Roi des Francs
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance vers 466
Date de décès 27 novembre 511[1]
Lieu de décès Paris
Père Childéric Ier
Mère Basine de Thuringe
Conjoint 1) Princesse franque
2) Clotilde
Enfant(s) Thierry Ier, Ingomer
Clodomir, Childebert Ier
Clotaire Ier, Clotilde

Clovis Ier, en francique Chlodowig[2],[Note 1](prononcé probablement [xlod(o)wɪk] ou [xlod(o)wɪç]), en latin Chlodovechus, né vers 466 et mort à Paris le 27 novembre 511[1], est roi des Francs saliens, puis roi de tous les Francs de 481 à 511.

Issu de la dynastie des Mérovingiens, il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai, et de la reine Basine de Thuringe. Brillant chef militaire, il accroît considérablement le territoire du petit royaume des Francs saliens dont il hérite à la mort de son père pour unifier une grande partie des royaumes francs, repousser Alamans et Burgondes et annexer les territoires des Wisigoths dans le sud de la Gaule.

Le règne de Clovis est connu à travers la description qu'en fit l'évêque gallo-romain Grégoire de Tours, et dont l'Histoire des Francs est riche d'enseignements, bien que ce texte semble essentiellement à visée édifiante.

Clovis est considéré dans l'historiographie comme un des personnages historiques les plus importants de l'histoire de France ; la tradition républicaine reconnaît en lui le premier roi de ce qui devint la France, et la tradition royale voit en lui le premier roi chrétien du royaume des Francs[Note 2].

Sommaire

Les sources primaires[modifier | modifier le code]

L'Histoire des Francs de Grégoire de Tours[modifier | modifier le code]

La chronologie du règne de Clovis est très mal connue. L'essentiel de ce que nous en savons provient du récit rédigé à la fin du VIe siècle par l'évêque Grégoire de Tours, né près de trente ans après la mort de Clovis. Ce récit tient en quinze courts chapitres[Note 3] du livre II de son Histoire des Francs.

On a longtemps pensé que ce texte relevait plus de l'hagiographie que de l'histoire. Ainsi, sa narration des événements suit un découpage par tranches de cinq années, peut-être une réminiscence des quinquennalia ou des lustra romaines : guerre contre Syagrius après cinq années de règne, quinze pour la guerre contre les Alamans, guerre contre les Wisigoths cinq années avant sa mort ; au total, un règne de trente ans après un avènement à l'âge de quinze ans. On pourrait rejeter ces informations comme légendaires ; mais aucune étude n'a jamais fondamentalement remis en cause ces indications, qui, selon toute vraisemblance, sont légèrement simplifiées, mais restent valables « à peu de choses près ».

La seule date fixée par d'autres sources que Grégoire est celle de sa mort, en 511, ce qui daterait son avènement de 481 environ, peut-être 482.

Selon l'historien Bruno Dumézil, certains éclaircissements ont depuis peu été apportés grâce au croisement d'autres sources documentaires, sans toutefois contredire les principaux éléments de l'histoire transmise par Grégoire[3].

Autres sources[modifier | modifier le code]

Trois sources antérieures à celle de Grégoire de Tours décrivent la situation politique du nord de la Gaule[4] à cette époque. Il s'agit de la Chronique d'Hydace, évêque de Chaves en Gallaecia[5] ; d'une chronique gallo-romaine du Ve siècle, la Chronica Gallica de 452 (continuée par la Chronica Gallica de 511) ; et la Chronique de Marius, évêque d'Avenches[6].

La Gaule au Ve siècle[modifier | modifier le code]

L'évangélisation au Bas-Empire[modifier | modifier le code]

Coupole du baptistère des Ariens de Ravenne. Au centre de la coupole, le Christ se fait baptiser par Jean dans le Jourdain. Il est représenté à côté d'un génie des eaux pour montrer qu'il n'est pas totalement humain[7].

Si les chrétiens des premiers siècles s'aventurent à l'évangélisation de l'empire, le christianisme ne s'impose officiellement que progressivement à partir du IVe siècle, du règne de Constantin Ier qui se convertit au christianisme[8], jusqu'au règne de l'empereur Théodose Ier, qui fixe le christianisme comme religion d'État. L'interdiction de la pratique religieuse et les persécutions ont empêché les chrétiens de définir clairement une doctrine cohérente ainsi l'empereur Constantin Ier organise un concile à Nicée en 325, pour permettre une harmonisation théologique et dogmatique. Il en résulte une dissension liée au débat trinitaire qui favorise deux concepts différents : l'église conciliaire prône l'égalité entre le Père, le Fils et l'Esprit Saint ; l'arianisme, jugé hérétique par les conciliaires, prône l'infériorité du Fils, considéré comme une créature de Dieu[9], par rapport au Père[10]. En niant la nature divine du Christ et en le réduisant à l'état de créature, les ariens font du Messie un être doté de pouvoirs extraordinaires mais qui n'est ni un homme ni Dieu. La relation entre Dieu et Jésus-Christ étant inexistante, il n'y pas de relation entre l'humanité et Dieu et donc pas d'Église[7].

Les religions en Gaule au Ve siècle[modifier | modifier le code]

Les grandes invasions et la chute de l'Empire romain ont permis l'installation durable de royaumes barbares dans l'empire et notamment en Gaule. Les barbares, généralement d'origine germanique, sont restés païens du fait de leur faible romanisation. Mis à part le court aparté de l'occupation romaine de la Germanie sous Auguste de 9 av. J.-C. à 12, l'empire ne possède que deux provinces en Germanie : la Germanie supérieure et la Germanie inférieure[11]. Pour contenir les barbares, les Romains tentent de les fédérer à l'empire en établissant des traités de paix (fœdus) où les barbares se voient concéder des territoires, développent le commerce avec Rome, payent des impôts et fournissent des soldats, faisant avancer l'influence romaine[12]. Les peuples les plus romanisés adoptent le christianisme tel les Burgondes, Ostrogoths, Vandales et Wisigoths[7] mais dans sa version arienne[8]. L'afflux de peuples « barbares » plus ou moins romanisés ébranle l'unité que le christianisme avait dans l'empire, et en Gaule, l'établissement de royaumes barbares soit païens soit ariens, fait décliner l'obédience conciliaire fidèle aux dogmes de Chalcédoine, de Constantinople et de Nicée.

Paganisme, arianisme et église conciliaire[modifier | modifier le code]

Le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel. Décret de Gratien, XIIIe siècle.

Les Francs constituent une ligue de peuple germanique qui, bien qu'ayant établi un fœdus avec l'empire[13], sont restés païens. Ils partagent avec les autres tribus de Germanie le culte des Ases desquels les familles royales sont censées descendre[14]. De ce fait, les rois barbares ont une origine sacrée faisant d'eux à la fois des chefs de guerre mais aussi des détenteurs d'un pouvoir spirituel. Aussi, lorsqu'un chef « barbare » se tourne vers le christianisme pour tenter un rapprochement avec les populations autochtones romanisées[8], il opte plutôt pour l'arianisme[15], qui permet au roi de s'identifier au Christ surhomme[7] et de devenir le chef de l'Église, et ainsi de conserver son pouvoir religieux[16]. Le roi barbare concentre ainsi les pouvoirs de chef de guerre (ou roi d'armée : heerkönig[17]), chef d'État et chef de l'Église entre ses mains[7], provoquant un césaro-papisme[16]. Au contraire, l'église conciliaire prône le partage des pouvoirs entre le roi, laïc, détenteur du pouvoir temporel, et le pape, pontife supérieur, détenteur du pouvoir spirituel pour l'Occident.

Les royaumes germaniques à la fin du Ve siècle[modifier | modifier le code]

La Gaule à l'avènement de Clovis en 481.

À la fin du Ve siècle, la Gaule est morcelée en plusieurs royaumes barbares, constamment en guerre, cherchant à étendre leurs influences et leurs possessions. Trois ensembles principaux se détachent :

  • les Francs, établis au nord-est, ayant longtemps servi l'Empire romain comme troupes auxiliaires sur la frontière rhénane, encore païens à l'avènement de Clovis, eux-mêmes dispersés dans de nombreux royaumes différents ;
  • les Burgondes, établis par Rome en Savoie (en Sapaudie) et dans le Lyonnais, chrétiens ariens et relativement tolérants ;
  • les Wisigoths, peuple puissant établi au sud de la Loire, en Languedoc, surtout dans la vallée de la Garonne, et en Espagne, également ariens, mais moins tolérants envers les chrétiens conciliaires qu'ils dominent.
  • Les Ostrogoths ne sont présents qu'en Provence (jusqu'à Arles), mais leur roi Théodoric le Grand, depuis l'Italie, cherche à maintenir l'équilibre entre les différents royaumes.
  • Par ailleurs, au loin, l'Empire romain d'Orient exerce une autorité certes largement théorique mais qui garde une valeur symbolique importante dont les souverains germaniques recherchent volontiers la reconnaissance. L'Empire s'efforce de contenir les souverains germaniques.

Enfin, une multitude de « pouvoirs » locaux ou régionaux d'origine militaire (des « royaumes » ou regna) occupent ainsi le vide laissé par la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476. Parmi ceux-ci se trouve le royaume d'un général romain établi dans la région de Soissons, Syagrius. Le « pouvoir » dont il est question ici n'a rien à voir avec les notions modernes de pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire, mais couvre une relation dominant-dominé plus proche de celle d'un chef de tribu.

Biographie de Clovis[modifier | modifier le code]

Naissance et formation[modifier | modifier le code]

L'enfance[modifier | modifier le code]

Clovis est né l'année 466[18], dans la famille des rois mérovingiens. Il est le fils de Childéric Ier, roi des Francs saliens de Tournai, et de la reine Basine de Thuringe[19].

Grégoire de Tours fait apparaître Childéric Ier dans son récit en 457[19], lorsque Childéric, qui déshonorait les femmes de ses sujets, provoque la colère de son peuple qui le chasse. Il se réfugie alors en Thuringe pendant huit ans, probablement à partir de 451[20]. Vivant auprès du roi Basin, il séduit la femme de son hôte, Basine, qu'il ramène avec lui lorsque les Francs saliens le réclament sur le trône. Le roi épouse Basine. De ce mariage naît Clovis.

Trois autres enfants naissent de cette union :

  • Alboflède ou Albofledis, baptisée en même temps que son frère, qui devient religieuse mais meurt peu après[Note 4] ;
  • Lantilde ou Landechildis, mentionnée brièvement par Grégoire de Tours quand elle-aussi est baptisée en même temps que son frère[Note 5] ;
  • Audoflède ou Audofledis, que Clovis marie en 492 à Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths d'Italie[21].

Childéric exerçant des fonctions administratives doit résider dans une ou plusieurs cités de Belgique seconde et occuper le palais attribué à l’attention des gouverneurs romains. Son fils a dû naître à Tournai et recevoir, selon les coutumes germaniques, un baptême païen. Son parrain le nomme Chlodweg et le plonge dans l’eau huit jours après sa naissance. Son éducation a dû se faire dans la partie de la résidence réservée aux femmes, le gynécée. Vers six ou sept ans, son père dut prendre en charge son éducation[22] en lui offrant un casque de fer, un bouclier et un scramasaxe utilisé pour la parade. Même si sa majorité est fixée à douze ans[23], il ne lui est cependant pas possible de combattre avant l'âge de quinze ans[24]. Il reçoit une instruction basée sur la guerre : des activités sportives, l’équitation et la chasse. Il parle le francique, et devant succéder à son père à la tête d’une province romaine, il apprend le latin. Néanmoins, il n’est pas possible de prouver qu’il ait su lire et écrire. Il dut aussi se voir enseigner l’histoire de son peuple[25].

Le nom de Clovis : étymologie[modifier | modifier le code]

Comme tous les Francs du début de l'ère chrétienne, Clovis parlait une ou des langue(s) germanique(s) du sous-groupe linguistique dit bas francique.

Le nom de Clovis vient de Chlodowig, composé des racines hlod (« renommée », « illustre », « gloire ») et wig (« bataille », « combat »), c'est-à-dire « illustre dans la bataille » ou « combat de gloire[26] ».

Fréquemment utilisée par les Mérovingiens, la racine hlod est aussi à l'origine de noms tels que Clotaire et (Lothaire), Clodomir, Clodoald, ou encore Clotilde.

L'appellation du roi franc dérive ensuite de « Hlodovic » puis « Clodovic », latinisé en Chlodovechus, Chlodweg, donne Hlodovicus, Lodoys, Ludovic, « Clovis »[27] et « Clouis », dont est né en français moderne le prénom Louis, porté par dix-huit rois de France. Il donne aussi en allemand Ludwig.

Le « Claudius » latin conduit aussi bien au « Louis » français qu'au « Ludwig » germanique (Clodweg, Cludwig)[28].

L'avènement de Clovis[modifier | modifier le code]

À la mort de son père en 481 ou 482, Clovis hérite d'un royaume qui correspond à la Belgique seconde (à peu près la région de Tournai en actuelle Belgique), petite province située entre la mer du Nord, l'Escaut et le Cambrésis, soit un territoire allant de Reims jusqu'à Amiens et Boulogne, à l'exception de la région de Soissons, qui est contrôlée par Syagrius.

Les Francs saliens (en jaune) et rhénans ou ripuaires (en orangé) dans la première moitié du Ve siècle.

Clovis prend la tête du royaume franc salien. Le titre de « roi » (en latin rex) n'est pas nouveau : il est notamment dévolu aux chefs de guerre des nations barbares au service de Rome. Ainsi, les Francs, anciens fidèles serviteurs de Rome, n'en demeurent pas moins des Germains, des barbares païens, et bien éloignés par leur mode de vie des Gaulois romanisés par près de cinq siècles de domination et d'influence romaine.

Clovis n'est alors âgé que de quinze ans et rien ne prédispose ce petit chef barbare parmi tant d'autres à supplanter ses rivaux, plus puissants. Les historiens se sont longtemps disputés sur la nature de la prise du pouvoir par Clovis. Au XVIIIe siècle, ils s'affrontent sur l'interprétation d'une lettre de l'évêque Remi de Reims. Montesquieu dans l'Esprit des lois penche pour une conquête du royaume par les armes, alors que l'abbé Dubos[Note 6] prône la dévolution par l'Empire romain finissant de la Belgique seconde, à la famille mérovingienne[29]. Aujourd'hui, cette dernière thèse l'emporte.

À la lumière des événements postérieurs, sa réussite incontestable sur le plan militaire doit évidemment à ses qualités personnelles du chef très rusé astutissimus[30] mais au moins autant à l'expérience romaine de la guerre que les siens ont depuis longtemps acquise – la discipline exigée de ses soldats lors de l'épisode de Soissons en témoigne, tout comme la tombe de son père, Childéric – qu'à sa conversion au christianisme, et à travers celle-ci, son alliance avec les élites gallo-romaines.

Aussi, le règne de Clovis s'inscrit plutôt dans la continuité de l'Antiquité tardive que dans le haut Moyen Âge pour de nombreux historiens. Il contribue cependant à forger le caractère original de cette dernière période en donnant naissance à une première dynastie de rois chrétiens et, en raison de son acceptation par les élites gallo-romaines, en créant un pouvoir original en Gaule.

L'extension du royaume de Clovis vers l'est et le centre[modifier | modifier le code]

Toute sa vie, Clovis s'efforce d'agrandir le territoire de son royaume, avant, selon la tradition germanique, que ses enfants se le partagent. Peu à peu, Clovis conquiert la moitié septentrionale de la France actuelle : il s'allie d'abord aux Francs rhénans et avec les Francs de Cambrai dont leur roi Ragnacaire est probablement un de ses parents[31].

La politique d'expansion territoriale[modifier | modifier le code]

Pour cela, il n'hésite pas à éliminer tous les obstacles : il fait assassiner tous les chefs saliens et rhénans voisins, certains de ses anciens compagnons, et même certains membres de sa famille, même éloignés, afin de s'assurer que seuls ses fils héritent de son royaume. En 490, il entame des offensives contre la Germanie rhénane et transrhénane.

Il se lance d'autre part dans une grande série d'alliances et de conquêtes militaires, au début à la tête de seulement quelques milliers d'hommes. Plus que les armes, certes efficaces, des Francs, c'est semble-t-il le savoir-faire au combat acquis au service de l'Empire romain et contre les autres barbares qui rend possibles les succès militaires des guerriers de Clovis.

À travers lui, un peuple germanique ne s'impose pas aux Gallo-romains : la fusion des éléments germains et latins se poursuit. Au temps de Clovis, alors que Syagrius, pourtant qualifié de « Romain » par les sources, porte un nom barbare, ne bénéficie visiblement pas de l'appui de son peuple. Le roi « barbare » ostrogoth Théodoric le Grand, dans sa prestigieuse cour de Ravenne, perpétue tous les caractères de la civilisation romaine tardive, tout en restant un Ostrogoth arien, un barbare hérétique aux yeux de l'Église.

Clovis sait s'imposer assez rapidement, malgré de durs combats, parce qu'en définitive il paraît un moins mauvais maître que la plupart des prétendants : au moins, auraient dit les Gallo-romains, est-il chrétien, et déjà passablement romanisé. À l'inverse, les Wisigoths, chrétiens mais ariens, tiennent l'Aquitaine d'une main de fer, et ne font aucun effort pour tenter un rapprochement avec les Gallo-romains chrétiens qu'ils dominent.

La conquête du royaume de Syagrius[modifier | modifier le code]

À partir de 486, Clovis mène l'offensive vers le sud.

En 486, il emporte les villes de Senlis, Beauvais, Soissons et Paris dont il pille les alentours. Il livre la bataille de Soissons contre Syagrius. Syagrius, fils de Ægidius, s'intitule « Roi des Romains » et contrôle une enclave gallo-romaine entre Meuse et Loire, dernier fragment de l'Empire romain d'Occident. La victoire de Soissons permet au royaume de Clovis de contrôler tout le nord de la Gaule. Syagrius se réfugie chez les Wisigoths qui le livrent à Clovis l'année suivante. Le chef gallo-romain est discrètement égorgé.

La légende du vase de Soissons[modifier | modifier le code]

C'est après cette bataille, qu'a lieu – selon Grégoire de Tours – l'épisode du vase de Soissons, où, contre la loi militaire du partage, le roi demande de soustraire du butin un vase liturgique précieux pour le rendre à l'église de Reims, à la demande de Remi, évêque de cette dernière cité.

Une fois sur place, après avoir réuni le butin, il demande à ses guerriers d'ajouter le vase à sa part du butin. Mais un guerrier s'y oppose en frappant le vase de sa hache. Clovis ne laisse pas transparaître ses émotions et en garde ressentiment. Il réussit malgré tout à rendre l'urne à l'envoyé de Remi.

L'épilogue de l'histoire se produit le 1er mars 487. Clovis ordonne à son armée de se réunir au Champ-de-Mars pour, selon une pratique romaine, examiner si les armes sont propres et en bon état. Inspectant les soldats, il s'approche du guerrier qui avait frappé l'urne et sous prétexte que ses armes sont mal entretenues, il jette alors la hache du soldat à terre. Au moment où celui-ci se baisse pour la ramasser, Clovis abat sa hache sur la tête du malheureux. Le soldat tombe sans vie, et sur ordre de Clovis, l'armée doit se retirer en silence, laissant le corps exposé au public[31].

Le testament de saint Remi fait mention d'un vase d'argent que lui aurait donné Clovis. Mais ce serait Remi qui l'aurait fondu pour fabriquer un encensoir et un calice[32]

L'alliance avec les Francs rhénans[modifier | modifier le code]

Avant 486, Clovis choisit de renforcer ses positions en contractant un mariage[33] avec une princesse de la monarchie franque rhénane[34], dont naît un fils, Thierry[33].

Cette union a souvent été interprétée comme l'épisode d'une alliance tactique avec ses voisins orientaux, lui permettant de tourner ses ambitions vers le sud. Cette union avec une épouse dite de « second rang », vue comme étant « gages de paix » (friedelehen), assure la paix entre Francs rhénans et saliens.

Elle a souvent été interprétée à tort comme un concubinage par les historiens romains chrétiens qui ne connaissaient pas les mœurs des structures familiales polygames germaniques, sans mariage public. Les mariages officiels (de premier rang) permettaient à l'épouse de jouir du « don du matin » (la morgengabe[Note 7]), qui était constitué de biens mobiliers donnés par le mari, ainsi que de commander à ses descendants légitimes.

Le royaume des Francs rhénans s'étend dangereusement sur la Belgique seconde mais l'alliance avec Clovis leur assure la possession des cités de Metz, Toul, Trèves et Verdun que les Alamans menacent[35]. Refusant de se laisser attaquer sur deux fronts, la stratégie impose à Clovis d'attaquer les Thuringiens rhénans, que l'expansion de leur royaume basé sur l'Elbe et la Saale fait déborder sur la rive droite du Rhin inférieur, absorbant Ratisbonne par la même occasion et faisant avancer les Alamans en direction des Francs[36].

L'alliance avec les Romains[modifier | modifier le code]

En 508 après sa victoire sur les Wisigoths, Clovis reçoit de l'empereur d'Orient Anastase Ier les « tablettes consulaires »[37], ce que l'on interprète comme un titre de consul honoraire avec les ornements consulaires[38],[39] et est salué comme « Auguste » au cours d'une cérémonie à Tours. Cela marque le début d'une alliance avec les Romains d'Orient.

Solidus à la Victoire. Monnayage au nom et au type d'Anastase sous Clovis Ier

La soumission de la Thuringe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Thuringe historique.

En 491, il déclare la guerre aux Thuringiens, dont une hypothèse veut que le royaume s'apparente à celui du roi des Francs saliens Cararic qui aurait eu pour capitale la cité de Tongres[40] et dont le contour est mal défini et s'étend probablement dans la région de Trèves ou sur les bouches du Rhin[41]. Clovis finit par les soumettre[31]. Cararic s'étant joint à Clovis dans la guerre contre Syagrius, celui-ci est donc son allié. Mais il aurait attendu le déroulement de la bataille pour intervenir auprès du vainqueur, chose que n'apprécie pas Clovis qui le fait tondre avec son fils, pour les faire entrer dans les ordres, respectivement en tant que prêtre et diacre. Finalement, il les fait assassiner après avoir entendu des menaces de mort le concernant et s'empare du royaume[42].

Mais une seconde hypothèse veut que cette guerre ne soit tout simplement la réponse à une menace qu'exercent les Thuringiens sur les royaumes francs. Avant 475, le roi des Wisigoths Euric s'est allié à ce peuple, juste après avoir défait les Francs saliens, dont les pirates attaquent la côte occidentale de la Gaule[43].

Basine, la mère de Clovis, étant thuringienne, une explication à cette expédition guerrière accrédite l'idée que Clovis tente de récupérer le territoire dont sa mère était originaire[19]. Cette expédition n'entame pas pour autant la souveraineté de la Thuringe vu qu'il faut attendre le règne de ses fils, Thierry Ier et Clotaire Ier, pour qu'elle soit intégralement soumise, rattachée en partie au royaume des Francs[44] et en partie aux territoires saxons[45].

La conversion au christianisme catholique[modifier | modifier le code]

Le second mariage[modifier | modifier le code]

Clovis et Clotilde, Antoine-Jean Gros, 1811.

L'évêque de Reims, le futur saint Remi, cherche alors probablement la protection d'une autorité forte pour son peuple, et écrit à Clovis dès son avènement. Les contacts sont nombreux entre le roi et l'évêque, ce dernier incitant d'abord Clovis à protéger les Chrétiens présents sur son territoire. Grâce à son charisme et peut-être en raison de l'autorité dont lui-même jouit, Remi sait se faire respecter de Clovis et lui sert même de conseiller.

Statue de sainte Clotilde à Notre-Dame de Corbeil, XIIe siècle.

À la suite d'ambassades répétées auprès du roi Gondebaud, Clovis choisit de prendre pour épouse Clotilde, une princesse chrétienne de haut lignage, fille du roi des Burgondes Chilpéric II[33] et de la reine Carétène[46] (ce peuple voisin des Francs était établi dans les actuels Dauphiné et Savoie).

Le mariage qui a lieu à Soissons[Note 8] en 492[47] ou en 493[48] concrétise le pacte de non-agression avec les rois burgondes. En choisissant une descendante du roi Athanaric de la dynastie des Balthes, Clovis se marie avec une épouse de premier rang qui lui assure un mariage hypergamique, lui permettant de hisser les Francs au rang de grande puissance[49].

Dès lors, selon Grégoire de Tours, Clotilde fait tout pour convaincre son époux de se convertir au christianisme. Mais Clovis est réticent : il doute de l'existence d'un Dieu unique ; la mort en bas âge de son premier fils baptisé, Ingomer, ne fait d'ailleurs qu'accentuer cette méfiance[50]. D'autre part, en acceptant de se convertir, il craint de perdre le soutien de son peuple, encore païen : comme la plupart des Germains, ceux-ci considèrent que le roi, chef de guerre, ne vaut que par la faveur que les dieux lui accordent au combat. S'ils se convertissent, les Germains deviennent plutôt ariens, le rejet du dogme de la Trinité favorisant en quelque sorte le maintien du roi élu de Dieu et chef de l'Église.

Néanmoins, Clovis a plus que tout besoin du soutien du clergé gallo-romain, car ce dernier représente la population gauloise. Les évêques, à qui échoit le premier rôle dans les cités depuis que se sont effacées les autorités civiles, demeurent les réels maîtres des cadres du pouvoir antique en Gaule. C'est-à-dire également des zones où se concentrait encore la richesse. Cependant, même l'Église a du mal à maintenir sa cohérence : évêques exilés ou non remplacés en territoires wisigoths, successions pontificales difficiles à Rome, mésentente entre pro-wisigoths ariens et pro-francs (Remi de Reims, Geneviève de Paris…), etc.

La conversion et la bataille de Tolbiac[modifier | modifier le code]

Bataille de Tolbiac en 496 peint par Ary Scheffer (1795 - 1858). Versailles, musée national du Château et des Trianons.

C'est en « la quinzième année de son règne », c'est-à-dire en 496, qu'a lieu la bataille de Tolbiac (Zülpich près de Cologne) contre les Alamans, Clovis portant secours aux Francs rhénans dont le roi Sigebert a été blessé au genou[51]. D'après Grégoire de Tours, ne sachant plus à quel dieu païen se vouer et son armée étant sur le point d'être vaincue, Clovis prie alors le Christ et lui promet de se convertir si « Jésus que sa femme Clotilde proclame fils de Dieu vivant » lui accordait la victoire[Note 9]. Il s'agit de la même promesse que fit l'empereur romain Constantin en 312 lors de la bataille du pont Milvius. Grégoire de Tours reprend le modèle constantinien (conversion après une bataille, rôle important d'une femme, Hélène et Clotilde) pour répéter ce qu'il y a eu de plus glorieux et légitimer la royauté franque[52].

Au cœur de la bataille, alors que Clovis est encerclé et va être pris, le chef alaman est tué d'une flèche ou d'un coup de hache, ce qui met son armée en déroute. La victoire est à Clovis et au dieu des chrétiens[53]. Une hypothèse veut que la bataille ait eu lieu en 506 à cause d'une lettre de Théodoric envoyée fin 506 ou début 507 à Clovis où il est mentionné la victoire de Clovis sur les Alamans que Théodoric a pris sous sa protection, la mort de leur roi, et leur fuite en Rhétie. Il est aussi possible qu'il y ait eu deux batailles contre les Alamans, l'une en 496 et l'autre en 506, où à chaque fois, leur roi périt au combat[54]. Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre jusqu'à la Haute-Rhénanie.

Selon d'autres sources[55], Tolbiac n'aurait été qu'une étape et l'illumination finale de Clovis aurait en fait eu lieu lors de la visite au tombeau de Martin de Tours.

Selon Patrick Périn, médiéviste, spécialiste du Premier Moyen Âge et directeur du Musée d'archéologie national, Clovis n’aurait pas fait le vœu de se convertir au christianisme lors de la fameuse bataille de Tolbiac mais lors d'une bataille inconnue. En effet, la bataille de Tolbiac serait mentionnée par erreur dans les écrits de Grégoire de Tours. Si ce dernier évoque bien Tolbiac, ce serait à propos de la bataille de Vouillé où était présent Clodoric, fils de Sigebert le Boiteux de Cologne, ainsi nommé car il avait été blessé lors d'une bataille contre les Alamans, à Tolbiac. Ce seraient des historiens du XIXe siècle qui auraient associé Tolbiac à la conversion du roi des Francs.[réf. insuffisante]

Le catéchuménat[modifier | modifier le code]

L'évêque Remi enseigne à Clovis la catéchèse durant la phase des auditeurs (audientes) suivant les préceptes des conciles de Nicée (325), de Constantinople (381) et de Chalcédoine (25 octobre 451). Il se voit longuement enseigner la moralité et le rituel ainsi que l'histoire du Salut[56], puis le dogme trinitaire ainsi que les Credos tels que « Je crois en Dieu Père tout puissant et à Jésus-Christ son fils unique, engendré et non créé » que le concile de Nicée a promulgué[10]. Cependant, le doute plane concernant la Passion : Clovis ne croit pas qu'un vrai Dieu puisse se laisser crucifier[Note 10] et le pense impuissant[57]. En outre, sa sœur Lantechilde le pousse à embrasser l'arianisme plutôt que l'orthodoxie conciliaire[9].

Rite anachronique du baptême de Clovis : illustration du baptême par aspersion dans une cuve baptismale, alors que le baptême par immersion dans une piscine de baptistère est l'usage jusqu'à l'époque carolingienne. Toile du XVe siècle du maître de Saint Gilles.

Toujours est-il que lors de Noël d'une année[Note 11] comprise entre 496 et 511, peut-être en 499[58], Clovis passe à la phase des demandeurs (competentes)[56] et reçoit alors le baptême avec 3 000 guerriers[59],[Note 12] — les baptêmes collectifs étant alors une pratique courante — des mains de saint Remi, l'évêque de Reims, le 25 décembre. Ce chiffre est cependant sujet à caution et l'onction post-baptismale est certainement exclue : il aurait été difficile pour l'évêque de répandre du chrême, un mélange d'huile d'olive et de résine aromatique, sur le front de 3 000 personnes[60]. Ce baptême est demeuré un évènement significatif dans l'histoire de France : à partir d'Henri Ier tous les rois de France, sauf Louis VI, Henri IV et Louis XVIII, sont par la suite sacrés dans la cathédrale de Reims jusqu'au roi Charles X, en 1825.

Le baptême de Clovis accroît sans doute sa légitimité au sein de la population gallo-romaine, mais représente un pari dangereux : les Francs, comme les Germains, considèrent qu'un chef vaut par la protection que lui inspirent les dieux ; la conversion va à l'encontre de cela ; les Germains christianisés (Goths…) sont souvent ariens, car le roi y reste chef de l'Église. Selon l'historien Léon Fleuriot[61], Clovis fit un pacte avec les Bretons et Armoricains de l'ouest qu'il ne pouvait battre, tandis que menaçaient les Wisigoths. Le baptême était une condition de ce traité car les Bretons étaient déjà christianisés. Ce traité fut conclu par l'entremise de saint Melaine de Rennes et Saint Paterne de Vannes. Les Bretons reconnurent l'autorité de Clovis mais ne payaient pas de tribut.

Ainsi, le baptême de Clovis marque le début du lien entre le clergé et la monarchie franque. Pour les monarchistes français, cette continuité se fait française et dure jusqu'au début du XIXe siècle. Dorénavant, le souverain doit régner au nom de Dieu. Ce baptême permet également à Clovis d'asseoir durablement son autorité sur les populations, essentiellement gallo-romaines et chrétiennes, qu'il domine : avec ce baptême, il peut compter sur l'appui du clergé, et vice-versa. Enfin depuis ce baptême, l'historiographie nationaliste française du XIXe siècle attribue aux rois de France le titre, à tort historiquement parlant, de « fils aîné de l'Église »[62].

Le baptême de Clovis selon Grégoire de Tours[modifier | modifier le code]

Clovis Ier baptisé par l'évêque Remi de Reims, statue du XIXe siècle devant la basilique Saint-Remi de Reims.

« La reine fait alors venir en secret Remi, évêque de la ville de Reims, en le priant d’insinuer chez le roi la parole du salut. L’évêque l’ayant fait venir en secret commença à lui insinuer qu’il devait croire au vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre, et abandonner les idoles qui ne peuvent lui être utiles, ni à lui, ni aux autres. Mais ce dernier lui répliquait : « Je t’ai écouté très volontiers, très saint Père, toutefois il reste une chose ; c’est que le peuple qui est sous mes ordres, ne veut pas délaisser ses dieux ; mais je vais l’entretenir conformément à ta parole. »

Il se rendit donc au milieu des siens et avant même qu’il eût pris la parole, la puissance de Dieu l’ayant devancé, tout le peuple s’écria en même temps : « Les dieux mortels, nous les rejetons, pieux roi, et c’est le Dieu immortel que prêche Remi que nous sommes prêts à suivre ». Cette nouvelle est portée au prélat qui, rempli d’une grande joie, fit préparer la piscine. […] Ce fut le roi qui le premier demanda à être baptisé par le pontife. Il s’avance, nouveau Constantin, vers la piscine pour se guérir de la maladie d’une vieille lèpre et pour effacer avec une eau fraîche de sales taches faites anciennement.

Lorsqu’il fut entré pour le baptême, le saint de Dieu l’interpella d’une voix éloquente en ces termes : « Courbe doucement la tête, ô Sicambre[Note 13] ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ». Remi était un évêque d’une science remarquable et qui s’était tout d’abord imprégné de l’étude de la rhétorique. Il existe de nos jours un livre de sa vie qui raconte qu'il était tellement distingué par sa sainteté qu’il égalait Silvestre par ses miracles, et qu’il a ressuscité un mort. Ainsi donc le roi, ayant confessé le Dieu tout puissant dans sa Trinité, fut baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit et oint du saint chrême avec le signe de la croix du Christ. Plus de trois mille hommes de son armée furent également baptisés. […] »

— Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, chapitre XXXI.

L'extension du royaume vers le sud[modifier | modifier le code]

Trois puissances exercent leur domination au sud du royaume de Clovis, les Wisigoths au sud-ouest, les Burgondes au sud-est et plus loin, en Italie, les Ostrogoths. Clovis noue des alliances successives pour continuer l'expansion de son royaume sans avoir à affronter une coalition hostile face à lui.

Renversements d'alliances entre Burgondes et Wisigoths[modifier | modifier le code]

En 495, Théodoric, roi d'Italie, épouse Audofleda, sœur de Clovis Ier, dont il essaie de contenir l'ambition croissante. L'année suivante, il s'accorde avec Clovis pour que celui-ci ne poursuive pas au-delà du Danube les Alamans. Théodoric protège d'ailleurs les rescapés en les installant dans la première Rhétie. Il a ainsi l'avantage de repeupler une contrée et d'acquérir de braves et fidèles vassaux.

En 499, Clovis s'allie au roi burgonde de Genève, Godégisile, qui veut s'emparer des territoires de son frère Gondebaud[63]. Afin de sécuriser ses territoires à l'Ouest, en 500, Clovis signe un pacte d'alliance avec les Armoricains (peuplades gauloises de la péninsule bretonne et du rivage de la Manche)[64] et Bretons[65].

Après la bataille de Dijon et sa victoire sur les Burgondes de Gondebaud, Clovis contraint ce dernier à abandonner son royaume et à se réfugier à Avignon[63]. Cependant, le roi wisigoth Alaric II se porte au secours de Gondebaud et persuade ainsi Clovis d'abandonner Godégisèle. Clovis et Gondebaud se réconcilient et signent un pacte d'alliance pour lutter contre les Wisigoths.

Pour manifester l'équilibre de ses alliances, en 502, son fils Thierry épouse en premières noces une princesse rhénane, dont il a Thibert Ier, roi de Reims (+548), puis en secondes noces Suavegothe, fille de Sigismond, roi des Burgondes, dont il a une fille Theodechilde.

La bataille de Vouillé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Vouillé.
Les campagnes franques en Aquitaine entre 507 et 509

Avec l'appui de l'empereur romain d'Orient Anastase, très inquiet des visées expansionnistes des Goths, Clovis s'attaque ensuite aux Wisigoths qui dominent alors la majeure partie de la péninsule Ibérique et le Sud-Ouest de la Gaule (la Septimanie ou « Marquisat de Gothie »), jusqu'à la Loire au nord et jusqu'aux Cévennes à l'est.

Au printemps 507, les Francs lancent leur offensive vers le sud, franchissant la Loire vers Tours, pendant que les alliés burgondes attaquent à l'est. Les Francs affrontent l'armée du roi Alaric II dans une plaine proche de Poitiers. La bataille dite, de « Vouillé » (près de Poitiers), est terrible selon l'historiographie, et les Wisigoths se replient après la mort de leur roi, Alaric II, tué par Clovis lui-même en combat singulier[51].

Cette victoire permet au royaume de Clovis de s'étendre en Aquitaine et d'annexer tous les territoires auparavant wisigoths entre Loire, océan et Pyrénées. Les Wisigoths n'ont d'autre solution que de se replier en Hispanie, au-delà des Pyrénées. Toutefois, les Ostrogoths de Théodoric tentent d'intervenir en faveur des Wisigoths. Ils reprennent bien la Provence après la levée à l'automne 508 du siège d'Arles ainsi que quelques parties aux Burgondes, mais l'Empire d'Orient menace leurs côtes, et Clovis garde l'essentiel des anciens territoires wisigoths. Les Wisigoths ne conservent plus qu'une partie de la Septimanie — le Languedoc — et de la Provence.

Clovis affermit son pouvoir[modifier | modifier le code]

Paris, la nouvelle capitale du royaume unifié[modifier | modifier le code]

Plan de Lutèce conquise par les François sur les Romains par Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville.

Il décide alors de faire de Paris, la ville de sainte Geneviève dont le couple royal fait remplacer l'édifice en bois qui lui est dédié par une église[66], sa résidence principale[67], après Tournai et Soissons[68]. C'est la première accession au statut de capitale de l'ancienne Lutèce, qui porte désormais le nom de l'ancien peuple gaulois des Parisii.

Tour Clovis, vestige du XIIIe siècle de l'abbaye des Saints-Apôtres dans l'actuel lycée Henri-IV à Paris.

Ses raisons sont sans doute principalement stratégiques, la cité ayant été une ville de garnison et une résidence impériale vers la fin de l'Empire, notamment pour les empereurs Julien et Valentinien Ier. Elle bénéficie en outre de défenses naturelles et d'une bonne situation géographique[69], Childéric Ier avait tenté de s'en emparer en l'assiégeant à deux reprises, sans succès[66]. Sa localisation correspond à l'actuelle île de la Cité reliée aux rives de la Seine par un pont au nord et un deuxième pont au sud, et protégée par un rempart[70]. En outre, un vaste et riche fisc (terre, forêt ou mine appartenant à la couronne[71]) l'entoure. Elle n'a qu'une importance relative : le royaume franc n'a pas d'administration, ni d'ailleurs aucun des caractères qui fondent un État moderne. Cependant, la ville de Lyon, ancienne « capitale des Gaules », perd définitivement sa suprématie politique dans l’isthme ouest-européen.

Agrandissements successifs du royaume de Clovis.

Sous le règne de Clovis en tout cas, la ville ne connaît pas de changements majeurs : le patrimoine immobilier antique est conservé, parfois réaffecté. Seuls de nouveaux édifices religieux donnés par la famille royale et par l'aristocratie transforment quelque peu le paysage urbain, tel la basilique des Saints-Apôtres. Mais c'est surtout après la mort de Clovis que les premiers de ces édifices voient le jour.

Les deux années avant sa mort[72], Clovis s'empare du royaume franc de Sigebert le Boiteux après l'avoir fait assassiner par l'intermédiaire de son propre fils Clodéric, lequel périt à son tour après une manœuvre de Clovis, qui étend ainsi son autorité au-delà du Rhin[73]. Clovis exécute ses cousins les rois Cararic et Ragnacaire, avec son frère Riquier, ainsi que Rignomer, dans la cité du Mans, un autre de ses frères, pour s'emparer de leurs royaumes et éviter que son royaume unifié ne soit partagé entre eux selon la coutume de la tanistrie[74].

Clovis est désormais le maître d'un unique royaume, correspondant à une portion occidentale de l'ancien Empire romain, allant de la moyenne vallée du Rhin, (l'embouchure du Rhin est toujours aux mains des tribus frisonnes) jusqu'aux Pyrénées, tenues par les Basques. Le royaume de Clovis ne comprend toutefois pas l'île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), ni les régions méditerranéennes, ni les vallées du Rhône et de la Saône.

La loi salique[modifier | modifier le code]

Copie manuscrite sur vélin du VIIIe siècle de la loi salique. Paris, Bibliothèque nationale de France.
Article détaillé : Loi salique.

Aux sujets gallo-romains, Clovis fait appliquer le Bréviaire d'Alaric, adaptation wisigothique du Code Théodosien[75]. Selon certains historiens, la première loi salique était un code pénal et civil, propre aux Francs dits « saliens » (IVe siècle). D'abord mémorisée et transmise oralement, elle fut mise par écrit dans les premières années du VIe siècle[76] à la demande de Clovis[77], puis remaniée plusieurs fois par la suite, jusqu'à Charlemagne. Le pacte de la loi salique est daté d'après 507 : peut-être sa promulgation coïncide-t-elle avec l'installation du roi à Paris ?

La première version de la loi (il y en eut au moins huit) portait le nom de pactus legis salicæ (pacte de la loi salique), et est composé de soixante-cinq articles. L'ancienneté supposée de cette version rédigée sous Clovis est cependant contestée car, si son origine remonte bien au milieu du VIe siècle, elle n'est due qu'à un « premier roi franc » dont le nom n'est pas précisé[78]. Le prologue parle de quatre recteurs ayant pour mission de rendre équité et justice. Un prologue plus tardif précise qu'elle a été mise en forme sur ordre de Clovis et de ses fils. Les termes utilisés dans la version écrite et les principes appliqués témoignent autant de larges emprunts au droit romain qu'à la tradition germanique. Il s'agit cependant de substituer le droit romain aux coutumes barbares afin d'éviter les guerres privées (faides) comme moyen de règlement des conflits[79]. À la différence du droit romain, la loi salique se montre beaucoup plus clémente quant au traitement infligé aux criminels : diverses amendes régissent les crimes et délits, permettant ainsi d'éviter la peine de mort[80].

La loi salique s'applique à tous les Francs même aux Francs rhénans dont la loi ripuaire ne sera rédigée que bien plus tard, faisant valoir ainsi leurs particularismes[75].

Le concile d'Orléans[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concile d’Orléans (511).
Participation des évêques au concile d'Orléans en 511.

En juillet 511, Clovis réunit un concile des Gaules à Orléans, qui prend fin le dimanche 10 juillet[81]. Le concile rassemble trente-deux évêques, et est présidé par l'évêque métropolitain Cyprien de Bordeaux ; la moitié viennent du « royaume des Francs ». Les évêques métropolitains de Rouen et Tours sont présents mais pas celui de Reims. Les évêques de Vasconie sont absents à cause de troubles dans leur région mais également ceux de Belgique et de Germanie[82] du fait du manque de pénétration de l'Église catholique romaine dans ces régions. Clovis est désigné « Rex Gloriosissimus fils de la Sainte Église catholique », par tous les évêques présents[83].

Ce concile fut capital dans l'établissement des relations entre le roi et l'Église catholique. Clovis ne se pose pas comme chef de l’Église comme le ferait un roi arien, il coopère avec celle-ci et n’intervient pas dans les décisions des évêques (même s'il les a convoqués, leur pose des questions, et promulgue les canons du concile).

Ce concile vise à remettre de l’ordre dans l’épiscopat du royaume des Francs, à faciliter la conversion et l’assimilation des Francs convertis et des ariens, à limiter les incestes (brisant ainsi la tradition germanique matriarcale des clans familiaux endogames), à partager les tâches entre administration et Église, à restaurer les liens avec la papauté.

Des trente-et-un canons produits par le concile, il ressort que le roi ou son représentant, c'est-à-dire le comte, se voient réserver le droit d'autoriser ou non l'accès d'un laïc à la cléricature. Les esclaves devant d'abord s'en référer au maître. Il s'agit là d'endiguer les fuites fiscales que les vocations, motivées par l'immunité, provoquent chez les plus riches[84].

Le roi se voit attribuer le droit de désigner les évêques, contrairement au canon qui veut qu'ils soient élus par une assemblée de fidèles[85], confirmant ainsi les droits de magister militum que l'empereur accordait à ses ancêtres en tant que gouverneurs de la province de Belgique seconde[86]. Les rois mérovingiens bénéficient de ce droit jusqu'à la promulgation de l'édit de Paris par Clotaire II, le 18 octobre 614[87] où les élections épiscopales redeviennent la règle[88]. La chasteté des clercs et la subordination des abbés aux évêques sont rappelées. Les clercs hérétiques ayant reconnu la foi catholique peuvent retrouver une fonction et les établissements religieux repris aux ariens sont à nouveau consacrés dans la foi catholique[78].

Le droit d'asile est élargi à l'ensemble des bâtiments entourant les églises, s'alignant ainsi sur le code Théodosien, la loi gombette et le bréviaire d'Alaric. L'objectif était de permettre à un fugitif de trouver refuge dans les édifices sacrés, avec l'assurance de pouvoir y être logé convenablement, sans avoir à profaner les édifices. Le canon interdit au poursuivant de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment, sans avoir préalablement prêté serment sur l'Évangile, et d'infliger de châtiment corporel au fugitif. Une indemnisation était prévue pour compenser le préjudice subi, s'il s'agissait d'un esclave en fuite, ou la possibilité pour le maître de le récupérer.

En cas de parjure, il y a excommunication[Note 14]. Les terres royales accordées à l'Église se voient exemptées d'impôt afin d'y entretenir les clercs, les pauvres et les prisonniers. Plusieurs superstitions, tel que les « sorts des saints », coutume consistant à ouvrir au hasard les livres sacrés tel que la Bible et interpréter comme un oracle le texte apparaissant sous les yeux du lecteur[Note 15], se voient condamnées[89] une seconde fois, après le concile de Vannes de 465[90].

L’alliance de l’Église chrétienne et du pouvoir, qui a débuté avec le baptême du roi et qui perdure près de quatorze siècles, est un acte politique majeur qui se poursuit car les populations rurales, jusque-là païennes, de plus en plus christianisées, lui font davantage confiance.

La mort et l'inhumation de Clovis[modifier | modifier le code]

Gisant de Clovis Ier à Saint-Denis. Les traits et la couronne sont conformes aux représentations du XIIIe siècle[91].

La basilique des Saints-Apôtres[modifier | modifier le code]

Clovis meurt à Paris le 27 novembre 511[1], âgé de 45 ans[92]. On présume qu'il est décédé d'une affection aiguë au bout de 3 semaines[93]. Selon la tradition, il aurait été inhumé dans la basilique des Saints-Apôtres (saint Pierre et saint Paul)[94], future église Sainte-Geneviève, qu'il avait fait construire sur le tombeau même de la sainte tutélaire de la cité, à l'emplacement de l'actuelle rue Clovis (rue qui sépare l'église Saint-Étienne-du-Mont du lycée Henri-IV).

Clovis fut inhumé, comme l'écrit Grégoire de Tours, dans le sacrarium de la basilique des Saints-Apôtres situé sous l'actuelle rue Clovis[95], c'est-à-dire dans un mausolée construit exprès à la manière de la sépulture qui avait accueilli l'empereur romain chrétien Constantin le Grand aux Saints-Apôtres à Constantinople[96], en annexe, sans doute greffé sur le chevet du monument[97]. Les sarcophages royaux furent probablement posés sur le sol et non enfouis, selon l'usage qui s'imposa dès la génération des fils de Clovis[97]. On ignore ce qu'il advint des tombes du couple royal ainsi que celles de leur fille Clotide, et leurs petits fils Thibaud et Gonthier, assassinés à la mort de Clodomir. Comme l'exemple des tombes princières de la cathédrale de Cologne l'illustre, il est possible que les sarcophages aient été enfouis dans le sous-sol si un agrandissement nécessita son arasement[97] et si ces travaux n'eurent pas lieu avant la seconde moitié du IXe siècle, il est possible qu'ils furent pillés ou détruits à l'occasion des invasions normandes (845, 850 et 885).

L'église ne fut pas détruite puisque l’on se contenta à chaque fois de quelques réparations. Les châsses des saints furent évacuées en lieu sûr, puis replacées après les attaques. Si l’on est informé du sort des reliques, on ignore en revanche ce qu’est devenu le tombeau de Clovis durant les attaques normandes.

Le gisant de Clovis[modifier | modifier le code]

En 1177, se trouvait un tombeau au milieu du chœur sur lequel on lisait cette inscription : « chlodoveo magno, hujus ecclesiae fundatori sepulcrum vulgari olim lapide structum et longo aevo deformatum, abbas et convent. meliori opere et form renovaverunt. » Un gisant du XIIIe siècle fut installé à l'emplacement du tombeau.

Ce tombeau, composé d’un socle et d’un gisant, fut restauré en 1628 par les soins du cardinal-abbé de La Rochefoucauld qui le fit placer dans la chapelle axiale rectangulaire, au fond de l’église, dans un monumental ensemble baroque en marbre. C’est ce gisant qui fut transféré en 1816 à l'église abbatiale de Saint-Denis.

Les fouilles de 1807[modifier | modifier le code]

En 1807, au moment de la démolition de l'église Sainte-Geneviève, des fouilles furent entreprises par le préfet Frochot et menées par l’administration des Domaines sous la direction des architectes Rondelet et Bourla, assistés par Alexandre Lenoir. La fouille de la crypte du XIe siècle n’aboutit à aucune découverte significative. Aucun vestige ne remontait à l’époque mérovingienne. En revanche, la fouille de la nef permit la découverte de 32 sarcophages trapézoïdaux tous orientés. C’est en raison de la qualité de l’ornementation, et parce que c’était le but des fouilles et que l’emplacement correspondait au gisant du XIIIe siècle avant le transfert de 1628, que le rapport remis à l’empereur conclut à la découverte probable des sarcophages de Clovis et de sa famille.

Mais Alexandre Lenoir reconnut qu’aucune inscription ne l’attestait. L'archéologue Michel Fleury notait que la facture de ces tombeaux est plutôt à placer dans le dernier quart du VIe siècle. Ce ne devait donc pas être la sépulture de Clovis et des siens. Il devait plutôt s’agir de sépultures mérovingiennes aristocratiques placées ad sanctos, non loin de l’emplacement le plus probable du tombeau de sainte Geneviève entre les VIe et XIIe siècles. Ces sarcophages ne semblaient pas, toujours selon Michel Fleury, avoir été déplacés lors de la reconstruction du XIe siècle mais devaient plutôt être à leur emplacement d’origine.

Seize des trente-deux sarcophages furent envoyés au Musée des Monuments français en 1808. Ils furent perdus en 1817 lors de la dissolution du musée. De ces fouilles ne nous sont donc parvenus que quelques rares éléments et rien ne permet d'affirmer avec certitude que les tombes découvertes étaient celles de Clovis et des siens.

L'idée de relancer les fouilles avec des moyens modernes est défendue par exemple par l'historien Patrick Perrin. Il n'est pas exclu que de nouvelles fouilles à l'emplacement de la basilique disparue, le long de l'actuelle rue Clovis, entre l'église Saint-Étienne-du-Mont et le lycée Henri IV pourraient apporter des informations plus précises sur le sacrarium aménagé en 511[98].

La succession[modifier | modifier le code]

Les descendants de Clovis[modifier | modifier le code]

De sa première épouse, une princesse franque rhénane, Clovis eut Thierry Ier (v. 485 - 534), roi de Reims de 511 à 534 et co-roi d'Orléans.

Avec Clotilde, il eut :

Le partage du royaume[modifier | modifier le code]

La Gaule en 511, après le partage du royaume des Francs entre les fils de Clovis.

À la mort de Clovis, ses fils Thierry, Clodomir, Childebert et Clotaire se partagent, conformément à la tradition franque, le royaume[99] qu'il avait mis une vie à réunir.

L'essentiel de la Gaule ayant été soumis, sauf la Provence, la Septimanie et le royaume des Burgondes, son royaume peut donc être découpé en quatre parts, dont trois à peu près équivalentes. La quatrième, entre Rhin et Loire, est attribuée à Thierry, l'aîné des fils de Clovis, qui avait été compagnon des combats de son père et était né d'une union païenne avant 493. Elle est plus grande, puisqu'elle couvre environ un tiers de la Gaule franque.

Le partage a lieu en présence des grands du royaume, de Thierry, qui est déjà majeur, et de la reine Clotilde, selon Grégoire de Tours. Il est établi selon le droit privé que Clovis avait fait inscrire dans la loi salique : en 511, c'est donc avant tout le partage d'un patrimoine, celui des héritiers d'un roi propriétaire de son royaume qu'on observe. On peut, à la lumière de cette remarque, comprendre que la royauté des Francs ignore la notion de « biens publics » (la res publica des Romains) et donc d'État. La disparition de l'État, en effet, semble consommée à travers le partage du royaume de Clovis.

Cette pratique est très différente des partages également pratiqués par les derniers empereurs romains : légalement, l'Empire restait un, le partage avait lieu pour des raisons pratiques, les successeurs étaient choisis parfois en fonction de leurs mérites. Même quand il s'agissait des fils de l'empereur, l'empire n'était pas découpé en autant de parts qu'il y avait de fils, et jamais l'empire n'a été séparé de la notion d'État par les Romains.

Le caractère patrimonial du partage est particulièrement marquant par le morcellement des conquêtes situées au sud de la Loire. Chacun, pour visiter ses domaines du midi, est contraint de traverser les terres d'un ou de plusieurs de ses frères.

Cependant, fait notable, les quatre capitales des nouveaux royaumes sont toutes situées au centre de l'ensemble, relativement proches les unes des autres et dans l'ancien royaume de Syagrius : à partir de ce moment, « on voit apparaître un contraste frappant entre de fortes tendances à la dispersion et la force immanente d'une unité d'ordre supérieur : l'idée d'un royaume des Francs unifié restait ancrée dans les esprits ». La nation franque ne retourne plus à l'état de tribus, et du moins n'est plus fractionnée entre saliens et ripuaires.

Aspects généraux du règne[modifier | modifier le code]

Clovis et l'Église[modifier | modifier le code]

Saint Remy et Clovis Ier. Jacobus de Voragine, Legenda aurea, XIVe siècle.

La générosité étant la première vertu du roi germanique, elle se traduit par le don aux églises de ressources royales. Terres et trésors sont systématiquement dilapidés pour montrer sa générosité à ses fidèles. L'expansion territoriale permet de perpétuer les donations[100]. Le concile d'Orléans est l'occasion d'en assurer les diocèses[101].

Plusieurs vies de saint attribuent au roi l'édification de divers lieux de culte. Ainsi, dans la vie de saint Germier, évêque de Toulouse, est invité à la table du roi ; Germier réputé pour ses vertus, attire la curiosité. Le saint fait l'objet d'admiration et se voit accorder des terres à Ox ainsi que des trésors en or et en argent[102].

De même à Auch, l'évêque métropolitain Perpet va à la rencontre de Clovis lorsque celui-ci est en approche de la ville pour lui donner le pain et le vin. En récompense, le roi offre la cité au saint, avec ses faubourgs et églises, ainsi que sa tunique et son manteau de guerre à l'église Sainte-Marie. Il se voit en outre offrir un trésor en or et l'église royale de Saint-Pierre-de-Vic[103].

Clovis se rend à Tournai pour rencontrer saint Éleuthère, qui devine un pêché du roi survenu après son baptême. Clovis nie les faits et demande à ce que l'évêque prie pour lui. Le lendemain, l'évêque reçoit une illumination lui communiquant la faute de Clovis, qui est alors pardonné. Saint Éleuthère se voit alors remettre un don pour son église[104].

Clovis est guéri miraculeusement d'une maladie par saint Séverin, abbé de Saint-Maurice en Valais. En remerciement, le roi lui offre de l'argent à distribuer aux pauvres et la libération des détenus[105]. De là viendrait l'édification de l'église Saint-Séverin de Paris[106].

Hincmar de Reims écrit, vers 880 dans sa vita Remigii, que Clovis a accordé à l'évêque Remi plusieurs dons de domaines territoriaux répartis dans plusieurs provinces[107] dont un terrain incluant Leuilly et Coucy, par l'intermédiaire d'une charte. Leuilly a été attribué à Ricuin en 843, partisan du roi Charles le Chauve. En 845, pour forcer Ricuin à restituer Leuilly au patrimoine de Reims, un faux testament de l'évêque Remi est présenté au roi Charles le Chauve[108].

Saint Léonard devant Clovis Ier. Jacobus de Voragine, Legenda aurea, XIVe siècle.

Au XIe siècle, l'hagiographie de Léonard de Noblac prétend que Clovis parraine Léonard lors de son baptême, que le saint se voit accorder la libération de prisonnier qu'il visite et le don d'un évêché. Léonard quitte le roi pour se rendre dans la forêt de Pauvain en Limousin. Clovis accorde alors à Léonard par un acte officiel un domaine dans la forêt où fut fondée l'église de Saint-Léonard-de-Noblat[109].

Tous ses dons légués aux saints sont tout aussi hypothétiques qu'invérifiables dans la mesure où à l'époque où la vie est rédigée, plus aucun témoin ne peut contredire les écrits du clergé qui a peut être inventé des preuves en créant et en attribuant au roi Clovis de faux diplômes ou de fausses chartes à l'attention de communautés religieuses[110].

Clovis et le pouvoir[modifier | modifier le code]

Si Clovis meurt dans son lit à Paris le 27 novembre 511, il a, avant puis pendant son règne, tué de sa main, soit dans des combats, soit hors des combats ou par des intrigues, plusieurs rois ou fils de rois, parmi ceux-ci citons[93] :

Représentations de Clovis dans l'histoire, la littérature et l'art[modifier | modifier le code]

Les légendes autour de Clovis[modifier | modifier le code]

La légende de l'origine troyenne des Francs fait descendre Clovis du roi troyen Priam par l’intermédiaire de Pharamond († 428), chef plus ou moins mythique.

Le baptême de Clovis par saint Remy avec le miracle de la Sainte Ampoule. Plaque de reliure en ivoire, Reims, dernier quart du IXe siècle. Amiens, musée de Picardie. Cette plaque servit sans doute à orner la reliure d'un manuscrit de la vie de saint Rémi[111]. De gauche à droite, Clotilde, saint Vaast, Clovis, saint Remy et trois ecclésiastiques[112].

Une autre légende, colportée par l'archevêque Hincmar de Reims (845-882) dans sa Vita Remigii, qui mélange le récit de Grégoire de Tours et une ancienne hagiographie de saint Remi, aujourd'hui disparue, assure que lors de son baptême, c'est le Saint-Esprit qui, ayant pris la forme d'une colombe, apporte le saint chrême, une huile miraculeuse contenue dans une ampoule[Note 16].

Alors qu'il préside la cérémonie du couronnement et du sacre de Charles II le Chauve en tant que roi de Lotharingie, le 9 septembre 869, Hincmar invente le sacre de Clovis en déclarant que Charles descend du « glorieux roi des Francs Clovis, baptisé la veille de la sainte Pâques[Note 17] dans la cathédrale de Reims, et oint et consacré comme roi à l'aide d'un chrême venu du ciel, que nous possédons encore »[113].

Le pouvoir thaumaturgique attribué aux rois de France de guérir les malades, en particulier ceux souffrant d'écrouelles, à partir de Robert le Pieux, voit son origine remonter à Clovis, premier roi chrétien[114]. En 1579, une publication d'Étienne Forcadel affirme qu'un écuyer de Clovis nommé Lanicet a fui la cour du roi pour cacher sa maladie. Clovis rêve alors qu'il touche son écuyer, provoquant ainsi sa guérison. Le lendemain, Clovis retrouve son écuyer et s'exécute : la guérison a lieu[115].

Clovis recevant la fleur de lys. Bedford Book of Hours, XVe siècle.

L'armorial français montre Clovis arborant des fleurs de lys, symbole de pureté virginale représenté par la Vierge Marie, au XIVe siècle, mais dont l'origine pourrait remonter au XIIe siècle[116]. Un ange aurait remis à un ermite de la forêt de Marly vivant aux environs d'une tour nommé Montjoie, un bouclier où figurent trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité. L'ermite l'aurait remis à Clotilde pour que celle-ci le donne au roi pour qu'il s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds, l'ange ayant assuré à l'ermite que le bouclier assure la victoire. Lorsque Clovis se bat contre son ennemi et le tue près de la tour Montjoie, celui-ci confesse la Trinité et fonde l'abbaye de Joyenval qui accueille alors le bouclier comme relique[117].

Une légende raconte que Clovis et ses descendants auraient eu les dents qui cassaient en prenant une forme étoilée.

Le tableau La légende de Saint Rieul, peint en 1645 par Fredeau, exposé à la cathédrale Notre-Dame de Paris, laisse apercevoir une autre légende. Après que Clovis a fait construire une église consacrée à saint Rieul, l’évêque Levangius lui aurait remis une dent prise dans la bouche de saint Rieul. Le roi franc n’aurait pas pu la conserver et aurait été contraint de la remettre dans la sépulture du saint homme.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Études contemporaines[modifier | modifier le code]

XIXe siècle et première moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Joseph Calmette, « Observations sur la chronologie du règne de Clovis », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, volume 90, no 2, 1946, p. 193-202, [lire en ligne]
  • Godefroid Kurth, Clovis, le fondateur, Paris, Éditions Tallandier,‎ 1896 (réimpr. 2000) (ISBN 2-235-02266-9). Compte rendu de Léon Levillain in Bibliothèque de l'école des chartes, no 63, 1902, p. 380-384.
  • Léon Levillain, « La conversion et le baptême de Clovis », in Revue d'histoire de l'Église de France, volume 21, no 91, 1935, p. 161-192, [lire en ligne].
  • Ferdinand Lot, « La victoire sur les Alamans et la conversion de Clovis », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 17-1-2, 1938, p. 63-69, [lire en ligne].
  • André Van de Vyver, « La victoire contre les Alamans et la conversion de Clovis », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 15-3-4, 1936, p. 859-914, [lire en ligne].
  • André Van de Vyver, « L'unique victoire contre les Alamans et la conversion de Clovis en 506 », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 17-3-4, 1938, p. 793-813, [lire en ligne].

Études récentes[modifier | modifier le code]

Anglais[modifier | modifier le code]
  • (en) Yitzhak Hen, « Clovis, Gregory of Tours, and Pro-Merovingian Propaganda », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 71-2, 1993, p. 271-276, [lire en ligne].
  • (en) Ian N. Wood, « Gregory of Tours and Clovis », in Revue belge de philologie et d'histoire, no 63-2, 1985, p. 249-272, [lire en ligne].
Français[modifier | modifier le code]
  • Collectif, « Clovis chez les historiens », Bibliothèque de l'école des chartes, no 154-1, 1996, [lire en ligne].
  • Pascale Bourgain, Martin Heinzelmann, « "Courbe-toi, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé" : à propos de Grégoire de Tours, Hist., II, 31 », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 134, no 154-2, 1996, p. 591-606, [lire en ligne].
  • Gaston Duchet-Suchaux et Patrick Périn, Clovis et les Mérovingiens, Éditions Tallandier, collection « La France au fil de ses rois », 2002, (ISBN 978-2-235-02321-4).
  • Marie-Céline Isaia, Remi de Reims. Mémoire d'un saint, histoire d'une Église, Paris, Éditions du Cerf, collection « Histoire religieuse de la France », no 35, 2010, 920 p. Compte rendu in Médiévales, no 60, printemps 2011.
  • Stéphane Lebecq, Les Origines franques, Nouvelle histoire de la France médiévale, volume 1, Paris, Seuil, collection « Points histoire », 1990.
  • Renée Mussot-Goulard, Clovis, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? », 1997, (ISBN 978-2-13-048373-1).
  • Patrick Périn, Clovis et la naissance de la France, Éditions Denoël, coll. « L'Histoire de France »,‎ 1990 (ISBN 978-2-207-23635-2) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Patrick Périn (avec la collaboration de Monique et Gaston Duchet-Suchaux), Clovis. Archéologie et histoire, Paris, Errance, 1996, 160 p.
  • Michel Rouche, Clovis, Paris, Éditions Fayard,‎ 1996 (ISBN 2-2135-9632-8)
  • Michel Rouche (dir.), Clovis, histoire et mémoire, Paris, Presses universitaires de la Sorbonne, 1997, (ISBN 978-2-84050-079-7).
  • Georges Tessier, 25 décembre… Le Baptême de Clovis, Paris, Gallimard, collection « Trente journées qui ont fait la France », 1964, (ISBN 978-2-07-026218-2).
  • Laurent Theis, Clovis, de l'histoire au mythe, Bruxelles, Éditions Complexe, coll. « Le Temps et les hommes »,‎ 1996 (ISBN 978-2-87027-619-8) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Historiographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Amalvi, « Le baptême de Clovis : heurs et malheurs d'un mythe fondateur de la France contemporaine, 1814-1914 », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 147, 1989, p. 583-610, [lire en ligne].
  • Jean-Christophe Cassard, « Clovis… connais pas ! Un absent de marque dans l'historiographie bretonne médiévale », in Médiévales, volume 18, no 37, 1999, p. 141-150, [lire en ligne].

Romans historiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce prénom est composé des racines hlod (« illustre ») et wig (« combat »). Le [k] (c-) initial est lié à une latinisation savante. La forme populaire est Louis, d'où l'emploi du prénom Louis chez de nombreux rois des Francs et de France postérieurs. Fréquemment utilisée par les Mérovingiens, la racine hlod est aussi à l'origine de prénoms tels que Cloderic, Clotaire, Clodomir ou Clotilde.
  2. Ainsi, le général de Gaulle, cité par David Schœnbrun, dans sa biographie Les trois vies de Charles de Gaulle (traduction de Guy Le Clec'h), publié aux éditions Julliard en 1965, affirmait : « Pour moi, l'histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la Préhistoire gallo-romaine et gauloise. L'élément décisif pour moi, c'est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l'histoire de France à partir de l'accession d'un roi chrétien qui porte le nom des Francs. »
  3. Une vingtaine de pages d'édition courante.
  4. Grégoire de Tours, Histoire, livre II, 31 : « On baptisa aussi sa sœur Alboflède, qui, quelque temps après, alla joindre le Seigneur. Comme le roi était affligé de cette perte, saint Remi lui envoya, pour le consoler, une lettre qui commençait ainsi : Je suis affligé autant qu’il faut de la cause de votre tristesse, la mort de votre sœur Alboflède, d’heureuse mémoire ; mais nous pouvons nous consoler, car elle est sortie de ce monde plus digne d’envie que de pleurs ».
  5. Grégoire de Tours, ibid. : « L’autre sœur de Clovis, nommée Lantéchilde, qui était tombée dans l’hérésie des Ariens, se convertit ; et ayant confessé que le Fils et le Saint-Esprit étaient égaux au Père, elle fut rebaptisée ».
  6. Dans son Histoire critique de l’établissement de la monarchie française dans les Gaules, parue en 1734, il a tenté de démontrer que les Francs pénètrent la Gaule, non en conquérants, mais à l’invite des Gaulois.
  7. La morgengabe existait chez les Francs, les Burgondes, les Alamans, les Bavarois, les Anglo-saxons, les Lombards, les Frisons et les Thuringiens. Rouche (1996), p. 237.
  8. Antoine Le Roux de Lincy, Les Femmes célèbres de l'ancienne France : mémoires historiques sur la vie publique et privée des femmes françaises, depuis le cinquième siècle jusqu'au dix-huitième, Leroy,‎ 1848 (lire en ligne), p. 78 ; selon d'autres historiens, le mariage eut lieu à Chalon-sur-Saône : Bernard Durand, Léonard Bertaud et Pierre Cusset, L'illustre Orbandale ou l'histoire ancienne et moderne de la ville et cité de Chalon sur Saône, 1662.
  9. Il aurait dit « Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je me ferai chrétien » selon le témoignage de Grégoire de Tours.
  10. La chronique de Frédégaire lui fait dire « Si j'avais été là avec mes Francs, j'aurais vengé cette injure ». Rouche (1996), p. 263 ; Theis 1996, p. 88
  11. La polémique a repris lors de la célébration officielle du 1500e anniversaire du Baptême de Clovis en 1996, en particulier à l'occasion de la venue du pape Jean-Paul II à Reims. Voire Laurent Theis, France qu'as-tu fait de ton Baptême ? , in L'Histoire, no 331, mai 2008, pp. 82-85.
  12. La chronique de Frédégaire, qui résume en 93 chapitres dans son livre III les livres I à VI des histoires de Grégoire de Tours, double le nombre des guerriers baptisés, les passant de 3 000 à 6 000. Frédégaire (trad. par O. Devilliers et J. Meyers), Chronique des Temps Mérovingiens, édition Brepols, 2001, p. 7 ; Theis, Clovis, de l'histoire au mythe, 1996, p. 88.
  13. « Mitis depone colla, Sicamber ». Theis 1996, p. 44 propose la traduction suivante : « dépose humblement tes colliers, Sicambre », c'est-à-dire des amulettes faisant référence aux dieux païens apparentés aux démons.
  14. Kurth (1896), p. 455 ; Grégoire de Tours nous donne le parfait exemple de contournement de ce canon au travers du récit qu'il nous donne sur les agissements du duc Rauching. op. cit., livre V, 3.
  15. Un exemple nous est livré par Grégoire de Tours, lorsque celui-ci héberge le prince Mérovée dans la basilique de Saint-Martin de Tours. op. cit., livre V, 14.
  16. « Alors qu'ils étaient parvenus au baptistère, le clerc qui portait le chrême fut arrêté par la foule, de sorte qu'il ne put pas atteindre le bassin. Après la bénédiction du bassin, le chrême manqua par le dessein de Dieu. Et comme, à cause de la presse, personne ne pouvait ni sortir de l'église ni y entrer, le saint pontife, les yeux et les mains dirigés vers le ciel, commença à prier en pleurant. Et voici : tout à coup une colombe plus blanche que neige apporta dans son bec une ampoule pleine de chrême saint, dont l'odeur merveilleuse, supérieure à toutes celles qu'on avait respirées auparavant dans le baptistère, remplit tous les assistants d'un plaisir infini. Le saint pontife ayant reçu cette ampoule, la forme de la colombe disparut. » Hincmar de Reims, Vita Remigii.
  17. La chronique de Frédégaire, livre III, situe le baptême au samedi saint. C'est ce récit qui influence les paroles d'Hincmar. (Theis 1996, p. 90)

Références[modifier | modifier le code]

Vitrail médiéval français représentant le baptême de Clovis
  1. a, b et c Kurth (1896), p. 505 ; Périn 1990, p. 117 ; Rouche (1996), p. 345 ; Theis 1996, p. 80. Le jour est donné par les missels de sainte Geneviève (manuscrit n°1259, fol. 8, et manuscrit 90).
  2. Alain de Benoist, Dictionnaire des prénoms, d'hier et aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs, p. 294, éd. Jean Picollec, 2009.
  3. Bruno Dumézil, « La prise du pouvoir par Clovis », L'Histoire, no 349, janvier 2010.
  4. Edward James, Childéric, Syagrius et la disparition du royaume de Soissons, Revue archéologique de Picardie, 1988, n° 3/4, p. 9.
  5. A. Tranoy, Hydace : Chroniques (Sources chrétiennes, 219), Paris, éditions du Cerf, 1974.
  6. Marius d'Avenches, Chroniques (455-581), texte original et traduction. Œuvre numérisée et traduite par Marc Szwajcer.
  7. a, b, c, d et e Rouche (1996), p. 265.
  8. a, b et c Rouche (1996), p. 69.
  9. a et b Rouche (1996), p. 264.
  10. a et b Rouche (1996), p. 68.
  11. Rouche (1996), p. 76.
  12. Rouche (1996), pp. 66, 77-78, 85, 90.
  13. Rouche (1996), p. 85.
  14. Rouche (1996), pp. 43-44, 71, 184, 261.
  15. Bède le Vénérable, Chronica minora, t. IX, 22 138.
  16. a et b Rouche (1996), p. 266.
  17. Patrick J. Geary, Naissance de la France : le monde mérovingien, édition Flammarion, 1989, p. 81.
  18. Kurth (1896), p. 211 ; Périn 1990, p. 6 ; Rouche (1996), p. 201.
  19. a, b et c Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre II, 12.
  20. Rouche (1996), p. 135.
  21. Jordanès, Histoire des Goths (lire en ligne), chapitre LVIII.
  22. Périn 1990, p. 43
  23. Jean-Marie Pardessus, Loi salique, Imprimerie royale, 1843, pp. 451- 452.
  24. Périn 1990, p. 44, 83.
  25. Périn 1990, p. 45
  26. Laurence Charlotte Feffer et Patrick Périn, Les Francs Tome 2 : À l'origine de la France, Armand Collin Éditeur, Paris, 1987, p. 130.
  27. Rouche (1996), p. 202.
  28. Jean-Joseph Julaud L'Histoire de France pour les Nuls, p. 59.
  29. in B. Dumézil, L'histoire, 2010.
  30. in B. Dumézil, p. 101.
  31. a, b et c Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 27.
  32. in B. Dumézil, L'Histoire, p. 98.
  33. a, b et c Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 28.
  34. Périn 1990, p. 67
  35. Rouche (1996), p. 213.
  36. Rouche (1996), p. 212.
  37. Grégoire de Tours, Hist.fr.II, 38
  38. Le Monde byzantin tome I (L'Empire romain d'Orient), ouvrage collectif sous la direction de Cécile Morrisson, PUF, 2e édition, 2012
  39. Lucien Musset, Les invasions, les vagues germaniques, PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965, 2e édition 1969, 302
  40. Kurth (1896), pp. 251-253, 258.
  41. Theis 1996, p. 60
  42. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 41.
  43. Périn 1990, p. 64
  44. Grégoire de Tours, op. cit., livre III, 7.
  45. Widukind de Corvey, Res Gestae Saxonicae, livre I, 13.
  46. Kurth (1896), p. 265.
  47. Rouche (1996), p. 244.
  48. Theis 1996, p. 57
  49. Rouche (1996), p. 242.
  50. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 29.
  51. a et b Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 37.
  52. Laurent Theis, « Il y a 1500 ans : Clovis », Au cœur de l'histoire, 7 décembre 2011
  53. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 30.
  54. Theis 1996, p. 61
  55. lettre de Nizier, évêque de Trèves, à Clodoswinthe, petite-fille de Clovis, (vers 566)
  56. a et b Rouche (1996), p. 262.
  57. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, p. 29.
  58. Michel Rouche, Clovis, histoire et mémoire - Le baptême de Clovis, son écho à travers l'histoire, volume 1, Presses Paris Sorbonne, 1997, p. 285
  59. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, p. 31.
  60. Theis 1996, p. 45
  61. Les origines de la Bretagne, Léon Fleuriot
  62. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve ‑ XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 84.
  63. a et b Grégoire de Tours, op. cit., livre II, p. 32.
  64. Procope de Césarée, De bello gottorum, I, XII ; Grégoire de Tours, op. cit., livre IV, 4.
  65. Il y avait déjà des Bretons en Armorique, Rhiotime, alias Ambrosius Aurélianus, fut un moment "roi des Francs et des Bretons armoricains". Rhiotime aurait aussi régné des deux côtés de la Manche, voir Léon Fleuriot, Les origines de la Bretagne.
  66. a et b Périn (1990), p. 109.
  67. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 38.
  68. Gabriel Fournier, professeur d'histoire médiévale à l'Université des Lettres et sciences humaines de Clermont-Ferrand II, L'Occident de la fin du Ve siècle à la fin du IXe siècle, A. Colin,‎ 1970 (lire en ligne), p. 68.
  69. Périn 1990, p. 107
  70. Périn (1990), p. 108.
  71. Bruno Dumézil, La Reine Brunehaut, Paris, éditions Fayard, 2008, p. 93.
  72. Theis 1996, p. 49
  73. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 40.
  74. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 41, 42.
  75. a et b Périn (1990), p. 114.
  76. Bruno Dumézil, Les Francs ont-ils existé ?, dans la revue L'Histoire, no 339, février 2009, pp. 80-85.
  77. Jacques Marseille, Le Royaume des Francs, p. 25.
  78. a et b Theis 1996, p. 78
  79. Theis 1996, p. 79
  80. Périn 1990, p. 115
  81. Kurth (1896), p. 453.
  82. Périn (1990), pp. 115-116.
  83. Tessier (1964), p. 77 ; Theis 1996, p. 77
  84. Kurth (1896), p. 455.
  85. Kurth (1896), p. 471.
  86. Frédéric Armand, Chilpéric Ier, La Louve éditions, 2008, p. 78.
  87. Ferdinand Lot, Naissance de la France, Fayard, 1948, p. 80.
  88. Chlotarii II Edictum, c.1, 2.
  89. Périn 1990, p. 117
  90. Kurth (1896), p. 458.
  91. Périn 1990, p. VIII
  92. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 43.
  93. a et b Les morts mystérieuses de l'histoire Volume 1 du docteur Augustin Cabanès
  94. Grégoire de Tours, op. cit., livre II, 43.
  95. Theis 1996, p. 80
  96. Périn 1990, p. 118
  97. a, b et c Pierre Riché, Patrick Périn, Dictionnaire des Francs. Les Mérovingiens et les Carolingiens, éd. Bartillat, 2013, p. 175.
  98. Geneviève Bührer-Thierry, Charles Mériaux, La France avant la France (481-888), éd. Belin, 2010, p. 137.
  99. Grégoire de Tours, op. cit., livre III, 1.
  100. Kurth (1896), p. 478.
  101. Jacques Sirmond, Concilia Galliae, t.I, p. 179 ; Maassen, Concilia aevi merovingici, t.I, p. 4.
  102. Dom Bouquet, Ex vita Germerii, t. III, p. 386.
  103. Kurth (1896), p. 474.
  104. Kurth (1896), p. 475 ; Theis 1996, p. 157
  105. Dom Bouquet, Ex vita Severini Abbatis Agaunensis, t. III, p. 392.
  106. Kurth (1896), p. 476.
  107. Hincmar de Reims, Vita sancti Remigii, 66.
  108. Theis 1996, p. 146-147
  109. Theis 1996, p. 150
  110. Theis 1996, p. 145-146
  111. Theis 1996, p. 101
  112. Tessier (1964), p. 131.
  113. Theis 1996, p. 88, 94
  114. André du Laurens, De mirabili strumas sanandi vi solis galliae Regibus Christianissimis divinitus concessa, 1609 ; Pierre Matthieu, Histoire de Louis XI, 1610.
  115. Theis 1996, p. 119, 120
  116. Theis 1996, p. 112-113
  117. Theis 1996, p. 115

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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