Parti socialiste (France)

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Parti socialiste
Image illustrative de l'article Parti socialiste (France)
Logo officiel
Présentation
Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis
Fondation 1905 : SFIO
1969 : PS
Siège 10, rue de Solférino
75007 Paris
Fondateurs Jean Jaurès (SFIO)
Alain Savary (PS)
Secrétaire national à la coordination et aux études Guillaume Bachelay
Porte-parole Carlos Da Silva
Olivier Faure
Corinne Narassiguin
Rafika Rezgui[1]
Adhérents 173 486 (2012)[2]
Positionnement Gauche, Centre gauche
Mouvement de jeunesse Jeunes socialistes
Idéologie Socialisme démocratique[3]
Social-démocratie[4]
Affiliation internationale Internationale socialiste
Alliance progressiste
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen
Couleurs Rose et rouge
Site web www.parti-socialiste.fr
Présidents de groupe
Assemblée nationale Bruno Le Roux
Sénat Didier Guillaume[5]
Parlement européen Hannes Swoboda (PSE)[6]
Représentation
Députés
274 / 577
Sénateurs
128 / 348
Députés européens
13 / 74
Présidence de Conseils généraux
54 / 101
Présidence de Conseils régionaux
20 / 27

Le Parti socialiste (PS) est un parti politique français de gauche et de centre gauche. C'est le parti de l'actuel président de la République, François Hollande.

Le PS trouve son origine dans le courant de pensée du socialisme, il prend la suite de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), fondée en 1905 sous l'impulsion de Jean Jaurès et rebaptisée Nouveau Parti socialiste puis Parti socialiste en 1969. En 1971, au congrès d'Épinay, le PS s'élargit en intégrant d'autres forces politiques socialistes[7]. Il fonde alors son action politique sur l'union de la gauche et l'élaboration d'un programme commun de gouvernement avec le Parti communiste. Le PS désigne comme Premier secrétaire François Mitterrand, qu'il soutient dans l'opposition de 1971 à 1981, puis lors de ses deux septennats présidentiels de 1981 à 1995. Il revient au pouvoir dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2002 puis, dix ans plus tard, en 2012 après l'élection de François Hollande à la présidence de la République.

Ses principaux alliés sont le Parti radical de gauche, le Mouvement républicain et citoyen et Europe Écologie Les Verts. Le Front de gauche et certains élus du MoDem participent parfois aux exécutifs locaux dirigés par le PS ou concluent des accords de désistement avec le PS et ses alliés, tout en restant en dehors de la coalition gouvernementale.

Sommaire

Fondements idéologiques et philosophiques[modifier | modifier le code]

Déclaration de principes[modifier | modifier le code]

La déclaration de principes est le texte qui fixe les valeurs fondamentales du PS. La première a été adoptée en 1905 par la SFIO. Elle déclarait dans son premier article[8] :

« Le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat. Par son but, par son idéal, par les moyens qu’il emploie, le parti socialiste, tout en poursuivant la réalisation des réformes immédiates revendiquées par la classe ouvrière, n’est pas un parti de réforme, mais un parti de lutte de classe et de révolution. »

La déclaration de principe de 1946 réaffirme le caractère révolutionnaire du parti et reste fidèle au marxisme sur un grand nombre de points : « Le caractère distinctif du Parti socialiste est de faire dépendre la libération humaine de l’abolition du régime de la propriété capitaliste qui a divisé la société en classes nécessairement antagonistes, et créé pour l’une la faculté de jouir de la propriété sans travail, pour l’autre l’obligation de vendre son travail, et d’abandonner une part de son produit aux détenteurs du capital. »[9].

Une nouvelle déclaration de principe est adoptée en 1969, au moment du regroupement de la « gauche non communiste » et de la création du Parti socialiste moderne. Elle insiste sur le caractère « révolutionnaire » du parti : « L’utilisation des réformes implique que l’on ait conscience de leur valeur et de leurs limites. Le Parti socialiste sait toute la valeur des réformes qui ont déjà atténué la peine des hommes et, pour beaucoup d’entre eux, accru leurs capacités révolutionnaires. Mais il tient à mettre en garde les travailleurs, la transformation socialiste ne peut pas être le produit naturel et la somme de réformes corrigeant les effets du capitalisme. Il ne s’agit pas d’aménager un système, mais de lui en substituer un autre. »[10].

La quatrième déclaration de principe est adoptée en 1990. Elle fait suite à l'exercice du pouvoir par le PS, qui a alors été confronté aux réalités de la mondialisation capitaliste. La déclaration prône « une société d’économie mixte qui, sans méconnaître les règles du marché, fournisse à la puissance publique et aux acteurs sociaux les moyens de réaliser des objectifs conformes à l’intérêt général. »[11].

Enfin, la version actuelle a été adoptée . Elle affirme dans son article premier [3] :

« Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine. »

Cette version marque un changement par rapport aux précédentes. Elle ne fait plus référence aux « oppositions des classes »[12], parle pour la première fois de la création de richesse, prône une « économie de marché régulée » et « un secteur privé dynamique »[13]. Pour François Bilger cette évolution met fin à une « exception française », en effet d'après lui le PS était le seul grand parti de tendance socialiste ou social-démocrate en Europe à ne pas s'être rallié officiellement à l'économie de marché[14]. La déclaration conserve néanmoins « une critique historique du capitalisme créateur d’inégalités, facteur de crises, et de dégradations des équilibres écologiques »[3].

Selon cette déclaration, la principale idéologie du parti est le socialisme démocratique. Les socialistes se réclament de la tradition de l'humanisme, de la philosophie des Lumières et des valeurs proclamées par la Révolution française. Ils placent l'égalité, le développement durable, le progrès et la démocratie en tête des finalités d'un PS qui se définit comme républicain, laïque, réformiste, féministe, humaniste et décentralisateur[3].

Courants[modifier | modifier le code]

Les courants structurent la vie interne du Parti socialiste. Héritiers des clubs et groupes politiques précédant la réunification d'Épinay, ils se sont largement modifiés au cours du temps. Officiellement, les courants se structurent autour des motions, c'est-à-dire des grands textes d'orientation rédigés à chaque congrès. Une motion est parfois subdivisée en plusieurs sensibilités, parfois liées à un leader charismatique, ou tout simplement à une manière de faire de la politique et d'analyser la société.

Historiquement, la SFIO puis le PS ont toujours hébergé des sensibilités différentes du socialisme français. Aujourd'hui, ces sensibilités vont d'un « aile droite », parfois qualifiée de sociale-libérale, représentée notamment par Manuel Valls[15] ou Gérard Collomb[16], à une « gauche du PS » menée par Benoît Hamon et Emmanuel Maurel[17].

Organisation interne[modifier | modifier le code]

Organigramme des instances du Parti socialiste
Organigramme des instances du Parti socialiste depuis 2012.

Adhérents[modifier | modifier le code]

De par une longue confrontation avec les communistes, les socialistes ont largement entretenu une tradition militante de terrain et toujours à l'heure actuelle, le Parti socialiste reste un grand éditeur de tracts, mais aussi de journaux internes, de publications externes et d'autres brochures. Lors du Congrès de Reims en novembre 2008, le nombre d'adhérents du parti était de 232 511[18]. Ce chiffre était de 203 000 en septembre 2009 selon la direction du parti[19]. L'âge minimal d'adhésion au Parti socialiste est de 15 ans. L'adhésion au parti est libre, individuelle et chaque adhérent possède les mêmes droits.

Le Parti socialiste est un parti qui pratique très largement la démocratie interne : lors de chaque congrès, les adhérents votent pour les textes d'orientation définissant la ligne du parti et les responsables sont élus à tous les niveaux, section locale, fédération départementale et au niveau national. Dans les années 2000, une procédure de consultation interne est mise en place afin que les militants puissent participer à des décisions de ligne politique du parti sur des questions précises. D'autres innovations à l'adresse des sympathisants doivent permettre que ces derniers, sous l'appellation « adhérents du projet », puissent participer très concrètement à l'élaboration du projet socialiste. Ce processus est mis en sommeil à la suite du référendum du 29 mai 2005[réf. nécessaire].

Le profil des adhérents socialistes, habituellement désignés comme dans les autres partis de gauche par le sobriquet amical « camarades », a peu évolué au cours du temps : le Parti socialiste n'a jamais été réellement un parti d'ouvriers et la base de recrutement se situe parmi les classes moyennes, surtout les enseignants, les cadres territoriaux et fonctionnaires, ainsi que les salariés de bas échelon et cadres du secteur privé.

Annuellement, des événements traditionnels rythment la vie militante du parti, comme l'université d'été, qui se tient fin août à La Rochelle (depuis 1993[20]), ou les nombreuses « fêtes de la Rose », dont la plus médiatique est celle de Frangy-en-Bresse, le week-end qui précède l'université d'été.

Congrès[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Congrès socialiste (France).

Le congrès du Parti socialiste est la plus haute instance du parti. Depuis 2010[21], un congrès est organisé dans les six mois qui suivent une élection présidentielle et à mi-mandat du quinquennat. Un congrès extraordinaire peut être convoqué à tout moment.

Lors de chaque congrès, les adhérents sont appelés à voter sur des textes d'orientation politique, appelée «motions», déposés par les courants du parti. Ce vote sur les motions détermine à la proportionnelle la représentation de chacun des courants dans toutes les instances du parti : section locale, fédération départementale, délégués au congrès, conseil national, bureau national. À partir du congrès de 2012, le vote sur les motions est couplé avec l'élection du premier secrétaire : les premiers signataires de chacune des deux motions arrivées en tête sont candidats pour le second tour.

Instances nationales[modifier | modifier le code]

Les membres du conseil national sont désignés par les délégués au congrès national proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions. Le conseil national est composé de 204 membres élus par le congrès national et de 102 premiers secrétaires fédéraux. Le conseil national exécute et fait exécuter la motion d'orientation majoritairement adoptée par le congrès. Il se réunit au moins quatre fois par an. Il constitue en quelque sorte le parlement interne du parti, car il est le reflet direct de la réalité des sensibilités et des courants du PS.

Le bureau national assure l'administration et la direction du parti dans le cadre des attributions que lui délègue le conseil national. Ses membres sont désignés selon les mêmes procédures que les membres du conseil national. Il comprend 54 membres sous la direction du premier secrétaire et se réunit tous les mardis en fin d'après-midi.

Les membres du secrétariat national sont élus par le conseil national sur proposition du premier secrétaire. Ils ont la charge de la mise en œuvre des décisions prises par le conseil national et le bureau national. Le secrétariat national, dont les réunions ont lieu le mercredi matin, assure ainsi la gestion du parti. Chaque secrétaire national a la charge d'un secteur d'activité du parti et rend compte devant le conseil national de l'activité de son secteur. À l'occasion du congrès, la direction nationale du parti rend compte de son activité dans un rapport statutaire soumis aux militants. Les secrétaires nationaux sont assistés par des délégués nationaux ayant la charge d'une partie du secteur de chaque secrétariat.

Instances locales[modifier | modifier le code]

La section est la structure de base du Parti socialiste et peut être locale ou thématique. En général, elle s'organise au sein d'un canton, d'une commune ou d'un quartier mais il existe également des sections organisées autour d'une entreprise ou d'une université, voire autour de thèmes.

La section est le cadre de militantisme le plus direct : ce sont les sections qui organisent les collages d'affiche, les distributions de tract, les porte-à-porte, etc. Ce sont elles également qui constituent le relais essentiel entre le « national » (direction nationale), la « fédé » (fédération départementale), les élus et les militants et c'est en leur sein que se pratique le débat interne, que ce soit dans le cadre d'un congrès ou d'une consultation interne.

Le secrétaire de section est élu à bulletins secrets et au scrutin uninominal majoritaire à deux tours par la première assemblée générale des adhérents de la section suivant le congrès national. Il est l'animateur de la section et son porte-parole. La section est administrée par une commission administrative composée à la proportionnelle du résultat des motions dans la section lors du dernier congrès.

La fédération met en œuvre la politique du parti au niveau local. Il existe une fédération pour chaque département métropolitain, chaque département ou territoire d'outre-mer, plus une pour les Français de l'étranger. Les instances de la fédération sont renouvelées à chaque congrès. Le conseil fédéral (CF) est l'instance de décision de la fédération. Il délègue certaines de ses prérogatives au bureau fédéral (BF). Le secrétariat fédéral assure la gestion politique de la fédération, en liaison avec le secrétariat national du parti, et agit par délégation de la CF ou du BF. Le secrétariat fédéral est constitué de membres choisis par le premier secrétaire fédéral, parmi la majorité politique de la fédération. Les secrétaires fédéraux ont la charge de le seconder dans la gestion courante de la fédération et dans l'application des décisions du CF, ils ont la charge d'un ou plusieurs secteurs d'activité. Le premier secrétaire fédéral est élu au scrutin majoritaire à deux tours par les militants après la tenue du congrès national.

L'union régionale regroupe les fédérations d'une même région. Elle est dirigée par un comité régional du parti qui détermine la politique du parti concernant les problèmes propres à la région et veille à son application en liaison avec les élus. Le comité régional est élu par une convention régionale qui se réunit dans la quinzaine de jours suivant le congrès national et procède à l'élection du secrétaire régional au scrutin majoritaire à deux tours. Celui-ci ne peut cumuler sa fonction avec celle de premier secrétaire d'une fédération de sa région.

Instances internationales et européennes[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste est membre de l'Internationale socialiste (IS), qui est l'organisation mondiale des partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes. Au niveau européen, le PS est représenté par le Parti socialiste européen (PSE) qui participe à la coalition de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen, cette coalition ayant comme président de groupe au Parlement européen l' Autrichien Hannes Swoboda, membre du Parti social-démocrate d'Autriche[6].

Organisations associées[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste travaille quotidiennement avec des organismes dont l'action participe à la réalisation de ses objectifs. Ils peuvent être liés organiquement au Parti socialiste ou en être partenaire.

Investitures des candidats[modifier | modifier le code]

Les candidats socialistes aux élections sont désignés par le vote des adhérents puis officiellement investis par le conseil national.

Pour les élections uninominales (élections cantonales et législatives) ainsi que pour la désignation des têtes de liste pour les autres scrutins, les adhérents votent pour le candidat de leur choix. Pour les scrutins de liste (municipales, régionales, européennes), les adhérents peuvent approuver une liste présentée par la fédération départementale ou voter pour une liste alternative.

En 1995 et 2007, le candidat du Parti socialiste pour l'élection présidentielle a également été désigné par le vote des adhérents du parti. Toutefois, en 2011 le PS a, pour la première fois en France, désigné son candidat pour l'élection présidentielle de 2012 lors d'une primaire ouverte à l'ensemble des Français inscrits sur les listes électorales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du socialisme en France.

1831-1905 : le mouvement ouvrier et les origines du socialisme français[modifier | modifier le code]

Les théories développées dans la première partie du XIXe siècle par les premiers penseurs socialistes (Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux) au sein d'une bourgeoisie éclairée influencent peu les milieux populaires. Ces théoriciens qualifiés d'utopistes par la suite se démarquent ainsi du socialisme historique, développé par la suite par Karl Marx avec son analyse de la société industrielle. Au-delà de l'utopie, la réalité est imprimée au fer chaud de la Révolution industrielle : les nouvelles conditions de travail engendrées par celle-ci entraînent des révoltes vite réprimées : révolte des Canuts lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871… La “question sociale” est mise au premier plan, mais la révolution de 1848 fait déjà apparaître des divergences entre les démocrates socialistes réformistes (Ledru-Rollin, Louis Blanc) et les partisans de la révolution (Blanqui, Barbès), qui considèrent la violence comme le seul moyen permettant un changement profond du système économique et social. Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s'organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1794 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La Deuxième Internationale est constituée en 1889 à Paris et l'influence des idées de Karl Marx y est dominante. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l'égard de la politique. Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la « Charte d'Amiens » qui consacre le principe de l'indépendance du syndicalisme par rapport aux partis politiques. De là découle l'absence de liens organiques entre partis et syndicats qui distingue fortement le socialisme français de la social-démocratie de l'Europe du Nord.

Le socialisme politique en France s'unifie en 1905 sur injonction de l'Internationale, au congrès du Globe avec la fusion des différents courants socialistes (« guesdistes », « blanquistes », « réformistes »…) dans la nouvelle Section française de l'internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, le député du Tarn Jean Jaurès s'impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l'unité, par sa volonté de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l'internationalisme, entre les idées marxistes et la tradition de la Révolution française libérale. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale (en particulier avec le socialisme municipal) et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

1905-1920 : de l'union à la scission[modifier | modifier le code]

Pour la période 1905-1969, voir aussi : Section française de l'Internationale ouvrière

Les principes de l'internationalisme et du pacifisme portés jusqu'alors par le mouvement ouvrier et la IIe Internationale sont remis en question par l'adhésion de la SFIO et de la majorité de la CGT à la politique d'union sacrée. Cependant, la durée de la guerre, les sacrifices et désillusions qu'elle entraîne, vont faire croître une opposition qui s'organise lors de la conférence de Zimmerwald en septembre 1915, autour de la minorité des dirigeants socialistes de différents pays ayant refusé l'union sacrée, qu'ils considèrent comme une trahison des idées socialistes et internationalistes. En 1917, la révolution russe accentue une poussée à gauche dans le parti et suscite de plus en plus de sympathie. La SFIO, profondément traumatisée et divisée, se trouve donc devant le choix de l'adhésion à la IIIe Internationale, dirigée par Lénine et les bolcheviques.

Le congrès de Tours de décembre 1920 survient après l'échec électoral de 1919 (chambre « bleu horizon ») et l'échec syndical des grandes grèves de 1920, mais également après la fin de la guerre qui avait vu la majorité des dirigeants socialistes soutenir le gouvernement au nom de l'union sacrée. Par ailleurs, les bolcheviques défendent la possibilité d'une révolution mondiale et tentent par les 21 conditions d'adhésion à la IIIe Internationale de se constituer une avant-garde révolutionnaire dans chaque pays.

Les conditions d'une scission sont réunies : le congrès voit l'opposition entre un socialisme réformiste (basé sur le parlementarisme), position défendue par Blum ; un courant plus révolutionnaire mais refusant de s’affilier à l’Internationale de Lénine, position défendue par Jean Longuet (qui, au niveau international, sera représentée par l’Union des partis socialistes pour l'action internationale) ; et une volonté révolutionnaire d’adhésion à la IIIe Internationale. Les trois-quarts des congressistes votent la motion d’adhésion à l’Internationale Communiste (mais les « 21 conditions » ne sont pas votées), puis créent la Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC, puis Parti communiste). La « Vieille Maison » SFIO est maintenue autour de Léon Blum, Jean Longuet, et de quelque 20 000 adhérents…

1921-1938 : le Cartel des Gauches, le Front populaire[modifier | modifier le code]

Livret d'adhésion au Parti Socialiste (SFIO) d'un menuisier du Bas-Rhin (1925)

Le cartel des gauches entre 1924 et 1926 signe une majorité de gauche à l'Assemblée autour de la SFIO et des radicaux. Les socialistes pratiquent alors pour la première fois le soutien sans participation au gouvernement.

La stalinisation du PC s’accompagne de nombreuses exclusions et de départs de militants qui, pour certains, reviennent à la SFIO - laquelle redevient ainsi la principale organisation de gauche.

Le Front populaire est constitué en 1935. Après les élections victorieuses de mai 1936, une grève générale spontanée permet d'obtenir un large ensemble de réformes sociales (augmentation des salaires, conventions collectives, congés payés, semaine de 40 heures au lieu de 48, etc.). Le gouvernement dirigé par Léon Blum se constitue en juin 1936. Les difficultés économiques et les rigidités de l'appareil de production amènent le gouvernement à pratiquer une « pause » dans les réformes sociales. La politique de non-intervention dans la guerre d'Espagne divise les socialistes, tandis que les premières réformes étant réalisées, le soutien des radicaux faiblit. Les derniers mois du gouvernement Blum voient une dégradation de la situation. Mis en minorité devant le Sénat en juin 1937, le gouvernement démissionne.

1939-1958 : de la Résistance à la IVe République[modifier | modifier le code]

Les socialistes français restés fidèles à la République se ressaisissent et s'organisent dès 1940 sous l'impulsion, notamment, de Daniel Mayer dans des réseaux de résistance. Le parti socialiste SFIO est reconstitué dans la clandestinité entre mars 1941 et mars 1943. Léon Blum, avant d'être déporté, l'illustre par son comportement au cours du procès de Riom, obligeant Vichy à l'interrompre le 11 avril 1942. Sa prison est le point de ralliement des socialistes résistants, et il les exhorte inlassablement à l'action, jusqu’à ce qu'il soit déporté. Les socialistes sont un des courants politiques les plus présents dans la Résistance, formant, comme l'a remarqué Marc Sadoun (voir bibliographie) le premier groupe de la Résistance non communiste, mais, contrairement au Parti communiste, ils ne lient pas la reconstitution du parti et la formation des groupes de combat (sauf en Provence, avec le réseau Brutus et en Bretagne avec l'action de Tanguy Prigent), ce qui limite leur visibilité. Ils sont hégémoniques dès le début à Libération Nord, majoritaires à Libération-Sud et dans les MUR dès leur constitution, influents à Ceux de la Résistance, au sein l'Organisation civile et militaire et, à partir de 1942, dans le mouvement Combat. Seuls Brutus et Libération Nord sont des relais solides pour le Parti socialiste clandestin.

Des membres de la SFIO siègent au Conseil national de la Résistance (CNR) mais aussi quelques-uns dans les arcanes de Vichy. La SFIO pratique une épuration interne sévère. Elle édicte des règles sévères quant à la réintégration des cadres du parti, mais l’application locale est plus délicate. Les fédérations sont plus indulgentes que les instances nationales du parti. Sur les 168 parlementaires (députés, sénateurs) d’avant guerre, 53 sont réintégrés sans conditions : les 32 députés encore vivants ayant voté non le 10 juillet 1940 (François Camel, Marx Dormoy, Georges Pézières, Léon Roche sont morts durant l’occupation), et 21 réintégrés en vertu de leur « attitude résistante indiscutable ». 84 élus sont définitivement exclus du parti, pour avoir votés les pleins pouvoirs au gouvernement dirigé par Pétain, pour s’être abstenus, ou pour manque de Résistance. L’épuration est l’occasion d’un renouvellement important des cadres : parlementaires, direction nationale, secrétaires fédéraux[22]. De plus, elle coïncide avec un rajeunissement des cadres. L'ascension rapide de Georges Brutelle, résistant de vingt-cinq ans à peine qui devient secrétaire général adjoint en 1947, en témoigne de manière spectaculaire. Certains exclus de la SFIO créent, avec l'ancien secrétaire général Paul Faure, Charles Spinasse et d'autres militants ayant, de près ou de loin, collaboré avec le régime de Vichy, un Parti socialiste démocratique qui rejoint le RGR.

Les socialistes participent au gouvernement avec de Gaulle jusqu'en janvier 1946 puis, selon la formule du tripartisme (SFIO, PCF, MRP), jusqu'en mai 1947. Les réformes de structure réalisées à la Libération et pendant le tripartisme continuent de modeler le visage de la France moderne : vote des femmes, nationalisations, Sécurité sociale (à l'initiative du ministre communiste Ambroise Croizat), comités d'entreprise. La SFIO a joué un rôle essentiel dans la rédaction du programme du CNR.

La SFIO connaît une brève période d'euphorie dans l'immédiat après-guerre. En mai 1945, la plupart des maires socialistes élus lors des élections municipales précédentes (1935) sont réélus, et plusieurs grandes villes basculent dans le camp socialiste, comme Bordeaux, Grenoble, Cherbourg et même la très conservatrice Nice. En janvier 1946, c'est un socialiste, Félix Gouin, qui succède au général de Gaulle à la tête du gouvernement provisoire. Cette année-là, la SFIO compte environ 350 000 adhérents, record historique jamais égalé depuis.

Mais elle se trouve rapidement confrontée, à l'intérieur, au problème de la concurrence du PCF et, à l'extérieur, à la constitution des deux grands blocs antagonistes. Aux élections législatives de 1945, le PCF dépasse pour la première fois la SFIO (26 contre 24 %). Le congrès de septembre 1946 se tient alors que le parti traverse une grave crise d'identité. Guy Mollet anime une tendance de gauche composite qui met en minorité la direction sortante (Daniel Mayer) soutenue par Léon Blum. Guy Mollet affirme sa fidélité à la doctrine marxiste, à la lutte des classes, à l'unité d'action avec le PCF et condamne les « révisionnismes ».

Pour Léon Blum et les socialistes assurant des responsabilités gouvernementales, le souci majeur reste l'instauration du nouveau régime parlementaire sur le plan intérieur et, à l'extérieur, la recherche d'une troisième voie entre le protectorat américain et la dictature stalinienne. Ainsi se comprennent les efforts pour créer une Europe forte et indépendante. En mai 1947, le PCF quitte le gouvernement, refusant à la fois la politique indochinoise et le partage de responsabilités gouvernementales de plus en plus lourdes du fait de la grave situation économique et sociale. Dès l'automne 1947, le PCF mène une virulente campagne anti-socialiste et s'affirme toujours plus comme parti totalement stalinien.

La SFIO, engluée dans la 3e force (alliance avec les radicaux et le MRP en opposition à la fois aux gaullistes et aux communistes), connaît un effritement de ses positions électorales et un déclin militant. En 1954, c'est Pierre Mendès France, alors radical socialiste, qui paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. Les difficultés et les drames de la décolonisation amènent les socialistes à prendre la direction d'un gouvernement de Front républicain lors des Élections législatives françaises de 1956, en ayant mené campagne contre la guerre d'Algérie. Outre le traité de Rome sur la CEE, la troisième semaine de congés payés…, l'action politique du gouvernement de Guy Mollet est marquée par la guerre d'Algérie. Mollet ne parvient pas à imposer ses idées à l'Assemblée et aux colons, très hostiles à toute idée de discussions avec le FLN et a fortiori d'indépendance, et il fait voter en 1956 par l'Assemblée les pouvoirs spéciaux à l'armée (loi adoptée par presque tous les groupes représentés au parlement, du Parti communiste au CNIP), ce qui va permettre en particulier une généralisation de la torture. Le service militaire est également porté à 27 mois, et le nombre de soldats français en Algérie passe de 100 000 en 1955 à 600 000 en septembre 1956. Le durcissement de la guerre qui s'ensuit conduisent Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. La SFIO sort profondément divisée et coupée de la jeunesse. Le « molletisme » de la vieille SFIO est largement critiqué. La IVe République ne survit pas au coup de force qui, en mai 1958, ramène de Gaulle au pouvoir.

1958-1971 : la gauche se cherche[modifier | modifier le code]

L'attitude vis-à-vis du régime de Charles de Gaulle divise encore. Une minorité de la SFIO ainsi que d'autres élus de la gauche non communiste comme François Mitterrand et Pierre Mendès France, se dressent contre le « coup d'État ». Certains minoritaires de la SFIO quittent le parti et fondent le Parti socialiste autonome, dirigé par Édouard Depreux et Alain Savary. En 1960, le PSA fusionne avec de petits mouvements de chrétiens de gauche et de dissidents communistes, l'Union de la gauche socialiste (Gilles Martinet, Claude Bourdet), Tribune du Communisme (Jean Poperen) pour former le Parti socialiste unifié (PSU).

François Mitterrand crée la Convention des institutions républicaines (CIR) avec Charles Hernu et Louis Mermaz en 1964, alors que la même année le mouvement syndical annonce son renouvellement : la CFTC se divise, aboutissant à la création de la CFDT sous l'impulsion d'Eugène Descamps. Cette période voit naître un grand nombre de clubs politiques de gauche, Club Jean-Moulin, Vie Nouvelle (Jacques Delors)…

À l'approche de l'élection présidentielle de 1965, Gaston Defferre, soutenu par le centre et le centre gauche, songe un moment à être candidat : la candidature de Monsieur X et son idée de « grande fédération » socialisto-centriste échouent du double fait du MRP et de la SFIO. Dès 1965, François Mitterrand et la CIR proposent une candidature de gauche non communiste. Un rassemblement s'opère avec la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui aboutit à la candidature de François Mitterrand. Il sera soutenu par le PCF, puis, à un degré moindre, par le PSU.

François Mitterrand obtient 32 % des voix au premier tour, mettant ainsi de Gaulle en ballottage à la surprise générale, et 45 % des voix au second tour. En 1966, la FGDS publie son programme et passe avec le PCF un accord électoral de désistement au profit du candidat de gauche le mieux placé. Cet accord est efficace puisqu'il amène l'opposition à un siège de la majorité lors des élections législatives de 1967. C'est même un succès en voix, puisque la gauche obtient 46 % des suffrages exprimés, contre 42,6 % pour les gaullistes et leurs alliés, qui ne gardent le contrôle de l'Assemblée nationale que grâce au découpage des circonscriptions électorales. En février 1968, l'accord entre FGDS et PCF est élargi et laisse supposer une véritable union de la gauche lors des élections suivantes.

Mais les mouvements de mai 68 affaiblissent la FGDS, qui, surprise, n'a pas pu prendre en charge les interrogations du moment. Après l'échec du référendum et le départ de De Gaulle en 1969, le nouveau Parti socialiste, fondé au Congrès d'Alfortville le 4 mai 1969, désigne Gaston Defferre comme candidat à la présidence de la République. L'échec du tandem formé par Gaston Defferre et Pierre Mendès France (un peu plus de 5 % des voix, tandis que Michel Rocard, alors candidat du PSU obtient 3,6 % des voix) précipite la recomposition du parti. Le PS s'élargit au Congrès d'Issy-les-Moulineaux du 11 au 13 juillet 1969 : formé de la SFIO (Guy Mollet, Pierre Mauroy, Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement) de l'UCRG (Alain Savary) de l'UGCS (Jean Poperen), il fait de l'unité de la gauche un axe politique.

1971-1995 : l'ère Mitterrand[modifier | modifier le code]

La rose au poing, emblème du PS

1971-1981 : rénovation et reconquête électorale[modifier | modifier le code]

C'est le congrès d'Épinay, en 1971, qui marque l'étape la plus importante de l'unité et de la rénovation du socialisme. Au PS s'agrègent désormais la CIR et une partie du « courant chrétien », comme une partie d'Objectif socialiste, le mouvement de Robert Buron. Le congrès d'Épinay élit François Mitterrand comme premier secrétaire et donne mandat à sa direction de préparer un accord de gouvernement avec le PCF. En mars 1972, le congrès de Suresnes adopte le programme « changer la vie ». Le 27 juin, le « programme commun de gouvernement » est signé avec le PCF et contresigné par les radicaux de gauche peu après. En mars 1973, les élections donnent plus de 48 % des voix à la gauche et le PS rattrape le PCF pour la première fois de l'après-guerre. En 1974, après la mort de Georges Pompidou, François Mitterrand est à nouveau le candidat unique de la gauche. Il échoue de peu face à Valéry Giscard d'Estaing (49,6 % des voix au second tour) et ce résultat marque la progression des socialistes et de la gauche dans le pays.

Les élections cantonales de 1976 et de 1979, ainsi que les élections municipales de 1977, sont un succès pour la gauche et surtout pour les socialistes, qui devancent nettement les communistes : en mars 1976, le PS obtient 26 % des suffrages exprimés contre 23 % au PCF, quatorze présidences de conseils généraux basculent à gauche, dont neuf pour les socialistes, trois pour les radicaux de gauche et deux pour les communistes ; un an plus tard, la gauche remporte 157 des 221 villes de plus de 30 000 habitants, dont 81 pour le parti socialiste (44 en 1971) ; en 1979, la gauche enregistre un gain net de deux conseils généraux.

Cette dynamique précipite le rassemblement des courants socialistes, qui se concrétise aux « Assises du socialisme », en octobre 1974, avec l'entrée d'une partie d'adhérents du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis), de membres de la CFDT (Jacques Chérèque, Jacques Delors) et de la 3e composante (Vie nouvelle, groupes d'action municipale, objectif socialiste…) qui rejoignent, pour l'essentiel, la majorité du parti.

Au congrès de Pau, en 1975, le CERES de Jean-Pierre Chevènement cesse de faire partie de la majorité du parti et constitue désormais la minorité.

Présidence de François Mitterrand : réussites et épreuves[modifier | modifier le code]

Le , l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l'histoire du socialisme français. C'est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Ve République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour les socialistes : pour la première fois de leur histoire, ils obtiennent la majorité absolue à l'Assemblée nationale et devancent nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.

Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti. Dans un premier temps, le gouvernement Pierre Mauroy mène une politique de relance et de profondes réformes, conforme aux 110 Propositions du candidat Mitterrand (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, réduction du temps de travail à 39 heures, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisations, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs, dépénalisation de l'homosexualité, libération des médias, radios libres, Fête de la Musique, etc.).

Mais rapidement, la crise économique internationale, le refus opposé par Ronald Reagan et Margaret Thatcher de soutenir une politique de relance coordonnée et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de « rigueur économique ». Ces décisions découlent certes du choix fondamental de l'économie ouverte et de la construction européenne, mais aussi indéniablement des profondes réformes de 1981. Dans le domaine européen, les socialistes français jouent un rôle très important, sous l'impulsion du président Mitterrand, comme leurs prédécesseurs l'avaient fait sous la IVe République. Jean-Pierre Chevènement quitte le gouvernement pour protester contre la politique de rigueur, baptisée par Lionel Jospin: "la parenthèse libérale".

L'inflation est maîtrisée, l'économie française modernisée, mais les effets positifs de cette politique sont sérieusement limités sur le front du chômage. Le PS perd du terrain aux élections municipales de 1983 et surtout aux élections cantonales de 1985. Aux européennes de 1984, si la baisse est assez limitée, le parti communiste voit son score réduit de moitié. En juillet 1984, Laurent Fabius remplace Pierre Mauroy comme Premier ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer.

En politique intérieure, les socialistes achèvent la décentralisation, réforment la formation professionnelle et infléchissent la politique d'aménagement du territoire (loi Montagne et loi Littoral).

Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l'évolution idéologique et politique du parti en particulier vers la culture de gouvernement. Jacques Delors parle d'« un petit Bad Godesberg ». Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 qui se déroule pour la première fois de la V république (et la seule) à la proportionnelle départementale mais obtiennent un score honorable : 31,2 % (contre 22,8 % en 1978). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement. De 1986 à 1988 c'est la « cohabitation ». Le Parti socialiste est dans l'opposition.

Autocollant édité par le PS lors des manifestations de janvier 1994

En 1988, François Mitterrand est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la « France unie », se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections législatives donnent une majorité relative au PS. Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d'ouverture, issues de la « société civile » et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir. Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s'opposer durement les partisans de la motion 1 (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l'unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l'ensemble des courants qui s'étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.

En 1990, François Mitterrand engage la France dans la guerre du Golfe. Ce choix est contesté par les amis de Jean-Pierre Chevènement, qui quittent le PS pour fonder le Mouvement des citoyens (MDC). Au-delà de cette petite scission, le Parti socialiste est de plus en plus sévèrement critiqué à sa gauche, notamment pour avoir défendu le traité de Maastricht, ratifié par un referendum positif en 1992, à 51 %. Les nouvelles formations comme le MDC, ainsi que les organisations protestataires - notamment altermondialistes - ne pardonnent pas aux socialistes de soutenir une Europe qualifiée de trop peu politique et sociale, servant seulement à soutenir une économie libérale. Les années Mitterrand sont également marquées par de nombreuses affaires, qui causent, avec l'échec de la lutte contre le chômage, la déroute électorale de 1993. Édouard Balladur accède au poste de Premier ministre.

1995-2002 : le « droit d'inventaire » de Lionel Jospin[modifier | modifier le code]

Le siège du PS, rue de Solférino
Article détaillé : Gouvernement Lionel Jospin.

En décembre 1994, le retrait de Jacques Delors de l'élection présidentielle ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l'histoire du parti socialiste, deux candidats à la candidature se confrontent : Lionel Jospin sera finalement choisi contre Henri Emmanuelli au cours d'une primaire par un vote direct et secret des militants. À 65,83 % contre 34,17 % des voix, le vote avantage largement Lionel Jospin[23]. Ce dernier se trouve investi lors d'une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Réclamant un « droit d'inventaire » sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix mais perd au second tour avec 47,3 % des suffrages face à Jacques Chirac. Quittant la présidence de la République, François Mitterrand encourage les socialistes à affronter le cycle politique qui s'ouvre. Il décède quelques mois plus tard, le . Après la présidentielle, Henri Emmanuelli cède sa place à l'ex-candidat Jospin, qui fait adopter par les militants l'élection du premier secrétaire au suffrage direct des adhérents. Le , il est élu avec 94,16 % des voix.

Après la dissolution de l'Assemblée nationale par Jacques Chirac, la Gauche plurielle (alliance du PS avec le PCF, Les Verts, le PRG et le MDC) remporte les élections législatives de 1997 et Lionel Jospin est nommé Premier ministre par Jacques Chirac le , inaugurant la Troisième cohabitation. François Hollande, choisi par Lionel Jospin pour lui succéder à la tête du PS, est élu premier secrétaire le avec 91 %, contre 9 % à Jean-Luc Mélenchon[24].

La conjoncture économique associée à des choix politiques s'appuyant sur la relance par la consommation est très bonne : près d'un million d'emplois sont créés. Des mesures comme la réduction du temps de travail sont prises pour aider à la reprise de l'emploi (35 heures mises en place par Martine Aubry), celle-ci demeure discutée, y compris par des économistes qui mettent en doute la pertinence d'une telle mesure, mais sa contribution à la réduction du chômage est indéniable même si elle ne peut être précisément comptabilisée. Le Ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement démissionne le 29 août 2000 pour protester contre la mise en place des Accords de Matignon concernant la Corse.

Ces années sont aussi marquées par :

2002 : l'échec de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle[modifier | modifier le code]

Au bout d'une cohabitation de cinq années avec Jacques Chirac, le 20 février 2002[26], Lionel Jospin est désigné candidat officiel du PS à l'élection présidentielle de 2002 à l'issue d'un vote interne quasi unanime[27]. Le slogan de la campagne socialiste est « Présider autrement »[26]. Avec seulement 16,18 % des suffrages exprimés, le candidat socialiste est éliminé dès le premier tour. Ce « 21 avril » reste un traumatisme pour les socialistes, qui appellent à voter par défaut au second tour pour Jacques Chirac contre le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen. Le soir du premier tour, Lionel Jospin annonce son intention de se retirer de la vie politique dès la fin effective de la législature. Par les élections législatives qui suivent la présidentielle, les Français confirment la défaite des socialistes et placent le PS dans l'opposition. Dans le courant de l'été qui suit, le premier secrétaire François Hollande intègre Laurent Fabius et ses partisans au sein de la direction.

2002-2007 : réformes, succès et échec[modifier | modifier le code]

Le Congrès de Dijon de se déroule dans un profond mouvement d'introspection causé par l'échec de 2002 et les inquiétudes face au score de l'extrême gauche. François Hollande y pose la question de la pratique gouvernementale sur le long terme et ses alliés le pressent d'adopter une ligne « réformiste de gauche », tandis que des pôles de rénovation se créent autour du Nouveau Parti socialiste (NPS), constitué à la suite d'un appel lancé en octobre 2002 par Benoît Hamon, Julien Dray, Christian Paul, Arnaud Montebourg, alors président de la Convention pour la sixième République, et Vincent Peillon, qui critiquent le « social-libéralisme » et qui revendiquent une VIe République parlementaire. Une autre partie de l'aile gauche, représentée par l'ex-Gauche socialiste et le courant « Démocratie - Égalité » — qui rassemblait les amis d'Henri Emmanuelli et les ex-poperénistes, dont le député des Landes Alain Vidalies, membre du Bureau national du PS —, fusionne en 2002 au sein du courant « Nouveau Monde » autour d'Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon.

Les clivages persistent sur l'analyse de la défaite lors du second tour de la présidentielle, le 21 avril 2002. Pour la direction, elle ne s'est pas faite franchement sur un bilan plutôt jugé par tous comme positif, mais surtout sur un manque de souffle et de perspectives. Il s'agirait alors de définir une plate-forme programmatique pour esquisser le concept d'une « gauche durable », c'est-à-dire capable de gagner les élections successivement, mettant ainsi un terme aux mécaniques de balanciers ou d'alternance, qui empêchent l'installation d'un projet politique sur le long terme. Pour les courants de gauche, le gouvernement Jospin a été sanctionné à cause d'une politique qualifiée de social-libérale.

Aux élections régionales et cantonales de 2004, la gauche remporte 24 régions sur 26 (20 régions sur les 22 de la métropole, et les quatre régions d'outre-mer) ainsi que la majorité des conseils généraux (pour la première fois depuis 1946). Cette tendance est confirmée aux élections européennes de juin 2004, où le PS emporte 31 sièges (contre 22 sortants) avec 28,9 % des suffrages exprimés (record pour un parti se présentant seul à cette élection en France) et devient la plus forte délégation au sein du groupe socialiste européen.

Au niveau européen, les chefs d'État signent après modification par la Conférence intergouvernementale le Traité constitutionnel européen (TCE) proposé par la Convention sur l'avenir de l'Europe présidée par Giscard. Le Parti socialiste demande auprès du président Jacques Chirac la tenue d'un référendum national sur le sujet. Afin de dégager une ligne officielle, François Hollande convoque une consultation interne le où les adhérents du PS se prononcent à plus de 58 % en faveur de sa ratification. Ce résultat ne suffit toutefois pas à rassembler. Certains partisans du non comme Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou Henri Emmanuelli décident de mener campagne contre l'adoption du traité, en dépit du vote des militants. Certains (comme l'hebdomadaire Marianne) évoquent des malversations lors de ce vote [réf. nécessaire], notamment dans les fédérations du Nord et des Bouches-du-Rhône.

Le référendum du 29 mai 2005 se conclut par la victoire du non à presque 55 %. Selon les sondages, la majorité des électeurs socialistes qui se sont rendus aux urnes ce jour-là ont voté non[28]. Lors du Conseil national du , Laurent Fabius et ses proches sont exclus du secrétariat national, pour ne pas avoir respecté le vote interne. Les partisans du « non » sont maintenus tant qu'ils n'ont pas ouvertement fait campagne contre la ligne du parti.

Afin de se voir renouvelée la confiance des militants, le premier secrétaire François Hollande convoque un congrès anticipé pour le 18 novembre 2005 au Mans.

Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2007, l'ouverture à l'investiture du candidat ou de la candidate socialiste a eu lieu en . Le 9 mars 2006, le Parti socialiste lance dans ce but une vaste campagne d'adhésion par internet, en réduisant jusqu'au 1er juin 2006 le montant de l'adhésion à 20 euros. Pour la première fois, la démarche d'adhésion peut se faire en ligne sur le site du Parti, ce qui porte début juin ses troupes à un niveau jamais atteint depuis les années 1980 : 202 000 militants. Paris serait devenue la première fédération du Parti socialiste en nombre d'adhérents, ce qui serait une première dans l'histoire du parti (cette place était détenue avant-guerre par la fédération de la Seine, puis depuis 1945 du Nord et du Pas-de-Calais)[réf. nécessaire].

Conformément aux engagements pris lors du congrès du Mans (2005), la direction nationale du parti entreprend un vaste programme de rénovation interne qui comprend l'objectif de la parité dans les investitures pour les élections législatives de 2007, un effort sur la diversité, la refonte des outils de communication et de campagne (fichier centralisé, mise à niveau des outils internet) ainsi que la facilitation de l'adhésion.

Le projet socialiste, adopté le 22 juin par les adhérents (85 % des suffrages exprimés) et ratifié le 30 juin 2006 lors d'une convention nationale de ratification, est présenté comme étant celui des candidats socialistes pour les élections législatives tout comme celui dont devra largement s'inspirer la personne investie par le parti pour porter les couleurs socialistes à l'élection présidentielle de 2007.

L'arrivée de nouveaux adhérents a modifié la sociologie du parti : selon une étude de Frédéric Sawicki et Rémi Lefebvre dans la fédération du Nord[29], seuls 10 % des adhésions seraient celles d'anciens compagnons de route, contre 90 % sans lien avec le parti jusque là. L'âge moyen a baissé de 55 à 43 ans (15 % de retraités, contre 40 %) ; la féminisation a progressé tout en restant assez loin de la parité ; le nombre d'adhérents titulaires d'un bac+3 est passé de 30 à 54 % ; une ouverture aux salariés du privé a réduit la place occupée par les fonctionnaires et militants syndicaux.

Ces changements renforcent certainement la base de Ségolène Royal, qui jouit d'une forte sympathie dans l'opinion. Elle ne fait partie d'aucun courant et défend des thèmes, commentés comme polémiques ou audacieux pour la famille socialiste, comme la famille ou la sécurité tout en donnant quelques accents « alters » à ses prises de position, notamment en faveur de la démocratie participative ou contre les OGM. Alors qu'ils sont à la tête des réseaux les mieux structurés au sein du PS, les « présidentiables » Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn ne réussissent pas à s'imposer selon les sondages et les médias et que d'autres figures du PS, comme Lionel Jospin, Jack Lang, Bernard Kouchner, renoncent à leur candidature faute d'écho de celle-ci. Le 16 novembre 2006, lors du vote interne pour la désignation de la candidature socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal est plébiscitée par les adhérents (176 230 adhérents ont voté) avec 60,62 % des suffrages, devançant largement Dominique Strauss-Kahn (20,83 %) et Laurent Fabius (18,54 %).

Ségolène Royal présente son programme présidentiel le 11 février 2007. « Le programme de Ségolène Royal est vraiment socialiste » assure François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste. Cette observation vient en réponse aux inquiétudes suscitées par la précampagne, où la candidate se posait souvent en rupture par rapport aux discours traditionnels de la gauche.

Le 22 avril 2007, lors du premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal accède au second tour de la présidentielle avec 25,87 % des voix. Le soir même, Dominique Voynet, Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, José Bové et Marie-George Buffet appellent à voter Royal lors du second tour du 6 mai. En revanche, elle ne bénéficie pas du soutien du candidat UDF, François Bayrou.

Le 6 mai 2007, la candidate du Parti socialiste Ségolène Royal réunit 46,94 % des votants (soit 16 790 611 voix), contre 53,06 % à son adversaire Nicolas Sarkozy, qui est donc élu Président de la République.

2007-2012 : présidence de Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

La défaite lors du second tour de la présidentielle, en avril 2007, bien qu'annoncée par de nombreux sondages avant les dates de scrutin, amène à nouveau le parti et la gauche en général à se remettre en question : Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn appellent dès les résultats à une refonte de la pensée socialiste, tandis que Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), appelle à la création d'un Nouveau Parti anticapitaliste qui s'opposerait à la ligne social-libérale représentée par le PS.

De plus, le gouvernement François Fillon débauche, dans le cadre de sa politique d'ouverture, trois membres du PS. Le fondateur de Médecins du monde, Bernard Kouchner, est ainsi nommé ministre des Affaires étrangères, tandis que l'ex-directeur adjoint du cabinet de Jospin, Jean-Pierre Jouyet, signataire de l’appel « des Gracques » (club social-libéral) à une alliance PS-UDF pendant la campagne présidentielle de 2007[30], est nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes auprès de Kouchner. Enfin, Éric Besson, qui avait quitté le PS, le 21 février 2007, pour rejoindre l'équipe de Sarkozy, est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques. Tous ces transfuges, ayant causé de fortes perturbations à l'intérieur du parti, sont par la suite exclus[31].

Enfin, Sarkozy écarte Dominique Strauss-Kahn de la scène nationale en le soutenant comme candidat de la France à la présidence du Fonds monétaire international (FMI), poste qu'il obtient le 28 septembre 2007, après le renoncement de son rival au sein de l'UE, l'ex-Premier ministre polonais Marek Belka.

À l'issue de la présidentielle, François Hollande déclare ainsi vouloir rester à la tête du PS jusqu'au prochain congrès, à Reims, qui devait avoir lieu après les élections municipales de mars 2008.

Dans son livre L'Impasse, publié en septembre 2007, Lionel Jospin estimait que Ségolène Royal « [n'avait] pas les qualités humaines ni les capacités politiques » nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et « espérer gagner la prochaine présidentielle[32] ». Affirmant que Royal s'était imposée lors de la campagne « parce qu'elle était différente », mais que ses propositions « n'étaient pas dans la culture de la gauche et du socialisme »[33], Jospin apportait son soutien à Delanoë contre Royal[33].

Le PS a donc décidé de se « rénover » : le premier « Forum de la rénovation » a eu lieu le 24 novembre 2007, à Avignon.

Les difficultés rencontrées par le gouvernement de François Fillon et l'impopularité grandissante de Nicolas Sarkozy permettent à la gauche parlementaire, et au PS en particulier, de remporter les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008. Le PS contrôle désormais une majorité de grandes villes[31] et 51 des 58 conseils généraux (sur 100) présidés par la gauche.

À l'issue des élections sénatoriales de septembre 2008, la droite garde la présidence du Sénat, Gérard Larcher (UMP) est élu président de la haute assemblée par 173 voix contre 134 pour le sénateur de l'Ariège et président du groupe socialiste au Sénat, Jean-Pierre Bel. Le PS a néanmoins remporté 21 sièges ; cette progression est confirmée lors des élections sénatoriales de septembre 2011, où la gauche (Parti Socialiste et autres formations) remporte 177 sièges, soit la majorité absolue ; c'est une première dans la Cinquième République.

Congrès de Reims[modifier | modifier le code]

Martine Aubry en meeting à Aubervilliers
Article détaillé : Congrès de Reims.

Vingt-et-une contributions générales et thématiques ont été rédigées par différentes personnalités ou sensibilités et courants du parti en vue de la préparation du Congrès de Reims de novembre 2008[34]. Six motions sont en lice lors du vote des militants le 6 novembre[35], conduites respectivement par Gérard Collomb et Ségolène Royal[36] (motion E, 29,0 % des voix), Bertrand Delanoë[37] (motion A, 25,24 %), Martine Aubry[38] (motion D, 24,32 %), Benoît Hamon[39] (motion C, 18,52 %), Christophe Caresche[40] (motion B, 1,59 %), Franck Pupunat[41] (motion F, 1,25 %).

Quelques jours avant le vote des motions, Ségolène Royal déclare que « le modèle de la social-démocratie » est un « modèle périmé »[42], ce qui lui vaut une réplique de Bertrand Delanoë[43]. Et Benoît Hamon se distingue de Ségolène Royal en affirmant notamment que le Revenu de solidarité active (RSA), « par son financement et son objet », n'est « pas une mesure de gauche » et en critiquant le Grenelle de l'environnement[44].

Concluant à la victoire de la majorité sortante et de la ligne sociale-libérale et centriste de Ségolène Royal, le sénateur de l'Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord Marc Dolez, signataires de la motion C, décident, à la suite de l'annonce des résultats, de quitter le parti, s'opposant notamment à l'idée de son recentrage sur l'échiquier politique et à une alliance avec le Mouvement démocrate de François Bayrou, prônée par les signataires de la motion E[45]. Ils créent une scission en annonçant la formation d'un nouveau parti plus ancré à gauche, le Parti de gauche[46].

À l'issue du congrès, la motion E arrivée en tête ne réussit pas à rassembler une majorité, les motions A, C et D ne parviennent pas davantage à un accord entre elles. Faute de synthèse, c'est le vote des militants qui est décisif. Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal se déclarent candidats au poste de Premier secrétaire dont l'élection est prévue le 20 novembre. Bertrand Delanoë décide de ne pas se présenter ; la motion A ne présente aucun candidat ni ne donne aucune consigne de vote, mais dès le lendemain, dans une lettre ouverte aux militants, Bertrand Delanoë appelle ceux-ci à "voter massivement" pour Martine Aubry. Le 20 novembre, au premier tour de scrutin pour l'élection du premier secrétaire, Ségolène Royal recueille 42,9 % des voix, Martine Aubry 34,5 % et Benoît Hamon 22,6 %. Ce dernier appelle alors les militants à voter pour Martine Aubry au second tour le lendemain.

Le , selon les résultats officiels, Martine Aubry arrive en tête du second tour du vote des militants pour le poste de premier secrétaire, en l'emportant face à Ségolène Royal de 42 voix, soit 50,02 % contre 49,98 %[47]. Le camp de Ségolène Royal conteste ce résultat en émettant des soupçons d'erreurs voire de fraude dans le comptage des voix. La commission de récolement se réunit les 24 et 25 novembre ; à l'issue de ses travaux elle communique les résultats définitifs du scrutin, soit 50,04 % des voix (67 451 voix) pour Martine Aubry et 49,96 % des voix (67 349 voix) pour Ségolène Royal, soit 102 voix d'écart en faveur de Martine Aubry. Le soir même, le Conseil national, réuni à la Mutualité à Paris, valide l'élection de Martine Aubry comme première secrétaire par 159 voix contre 76 et 2 abstentions.

2009-2012[modifier | modifier le code]

Le PS à la manifestation du 1er mai 2010 à Paris

Ces divisions fragiles sont accentuées par les mauvais résultats - le Monde parle même d'un « revers cinglant »[48] - du Parti socialiste aux élections européennes de juin 2009 lors desquelles il ne rassemble que 16,48 % des suffrages sur l'ensemble du pays, talonné par Europe Écologie à 16,28 %[49]. En outre, il passe de 31 à 14 sièges au parlement de Strasbourg. Ségolène Royal a par exemple indiqué que ce sont 6,7 millions de voix qui ont été perdues par rapport au premier tour de l'élection présidentielle de 2007[50]. Cette défaite de la gauche n'est cependant pas uniquement française mais européenne dans son ensemble[51],[52].

Durant l'été 2009, de nombreux membres de la direction nationale se prononcent pour une démarche de primaires ouvertes aux sympathisants de gauche pour désigner le candidat du PS, voire d'autres partis ralliés, à la présidentielle 2012. L'idée lancée par Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation est validée par la première secrétaire Martine Aubry avant l'université d'été[53]. L’idée était originalement lancée par le laboratoire d'idées Terra Nova, dans un rapport de 2008. Le , une consultation interne est organisée. Les militants doivent répondre à onze questions portant sur les primaires, le non-cumul des mandats, la parité, la diversité, la démocratie et les règles d'éthiques internes au parti. Les onze propositions sont adoptées. C'est la proposition portant sur la mise en place de règles garantissant la sincérité des votes qui a obtenue le plus de suffrages favorables, tandis que celle tendant à favoriser la diversité recueille la plus forte opposition. 92 342 militants ont voté, soit un taux de participation de 45,94 %[54].

Lors des régionales de 2010, le PS réaffirme son leadership à gauche face aux Verts et aux communistes. Excepté le cas particulier et le conflit avec le divers gauche Georges Frêche dans le Languedoc-Roussillon, le PS sort net vainqueur. La gauche l'emporte sur la droite dans 20 Régions sur 22 (et 2 Régions sur 4 en Outremers). La gauche perd deux régions en outre-mer, mais conserve toutes ses régions en métropole, tandis que la droite l'emporte à nouveau en l'Alsace.

Le Parti socialiste prend part à la contestation de la réforme des retraites de 2010, en indiquant qu'il souhaite conserver l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans avec décote et 65 ans pour le taux plein, et propose d'élargir l'assiette de cotisation afin d'augmenter les recettes, et de taxer les revenus du capital, la retraite en France étant financée principalement par des prélèvements obligatoires sur le travail.

Courant 2011, une note de Terra Nova, proche du PS, provoque des remous quant à la stratégie électorale de celui-ci : il lui est notamment reproché de vouloir délaisser la valeur travail et les ouvriers face à des valeurs humanistes de défense des minorités[55],[56].

Lors du premier tour des élections cantonales de 2011 le PS arrive nationalement en tête avec 24,94 % des suffrages exprimés[57]. Cependant Marianne observe que la défaite de l'UMP ne profite pas au PS, mais que les voix que l'UMP perd vont plutôt au FN[58]. Lors du second tour, le PS recueille 35,43 % des voix et un total de 820 élus.

À partir du , et jusqu'à la fin de la primaire socialiste, Harlem Désir assure les fonctions de premier secrétaire en tant que premier secrétaire délégué, Martine Aubry s'étant mise en retrait de la direction du parti du fait de sa candidature à la primaire.

Le 25 septembre 2011, à la suite du renouvellement triennal du Sénat, le Parti socialiste et ses partenaires de gauche deviennent majoritaire à la chambre haute pour la première fois sous la Ve République. Jean-Pierre Bel est élu président du Sénat le 1er octobre suivant.

Les 9 et 16 octobre 2011, le Parti socialiste organise une élection primaire pour l'élection présidentielle de 2012. À l'issue du second tour, François Hollande est choisi par les électeurs de gauche face à Martine Aubry pour représenter le Parti socialiste à l'élection présidentielle.

Depuis 2012 : la présidence de François Hollande[modifier | modifier le code]

Le , François Hollande est élu président de la République. Il nomme Jean-Marc Ayrault premier ministre d'un gouvernement composé de ministres socialistes, écologistes et radicaux de gauche. Aux élections législatives françaises de 2012, le PS remporte 289 sièges : après 1981, c'est seulement la seconde fois que les socialistes disposent de la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le , Claude Bartolone est élu président de l'Assemblée nationale.

Un congrès ordinaire du PS a lieu à Toulouse en . Martine Aubry quitte son poste de première secrétaire : avec Jean-Marc Ayrault elle soutient une motion regroupant la majorité des sensibilités dont le premier signataire qu'ils désignent, Harlem Désir, est élu premier secrétaire par les militants à un scrutin auquel seuls les premiers signataires des deux motions arrivées en tête sont candidats, en vertu de la réforme adoptée en 2010[59],[60],[61]. Ce processus est critiqué au sein du parti car il aboutit à ce que le premier signataire désigné par Aubry et Ayrault soit sûr d'être élu[62],[63],[64].

Des tensions se créent entre le PS et le gouvernement, notamment lorsqu'Harlem Désir appelle à être « à la pointe de la confrontation avec les conservateurs européens »[65], visant la CDU en pouvoir en Allemagne. À la suite des réactions en France et en Allemagne, plusieurs ministres en exercice, dont Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin, interviennent pour dénoncer ces déclarations[66].

À la suite des élections municipales de 2014, marquées par un net recul de la gauche, Manuel Valls est nommé Premier ministre. Ce choix de François Hollande est parfois contesté à l'intérieur même du PS[67]. Alors que le parti sous la direction d'Harlem Désir est jugé « sclérosé »[67], ce dernier est nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes [68] et quitte la direction du PS. Il est remplacé par Jean-Christophe Cambadélis.

Personnalités du Parti socialiste[modifier | modifier le code]

Premiers secrétaires[modifier | modifier le code]

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Direction nationale[modifier | modifier le code]

Le secrétariat national a été renouvelé à l'occasion de l'élection de Jean-Christophe Cambadélis. Parmi les principaux dirigeants[1] :

Personnalités[modifier | modifier le code]

Président de la République et membres du gouvernement[modifier | modifier le code]

Députés et/ou maires[modifier | modifier le code]

Présidents de conseils généraux[modifier | modifier le code]

Présidents de conseils régionaux[modifier | modifier le code]

Autres personnalités[modifier | modifier le code]

Quelques personnalités historiques du socialisme français[modifier | modifier le code]

Premiers ministres socialistes de la Ve République
1981-1984 Pierre Mauroy
1984-1986 Laurent Fabius
1988-1991 Michel Rocard
1991-1992 Édith Cresson
1992-1993 Pierre Bérégovoy
1997-2002 Lionel Jospin
2012-2014

2014-

Jean-Marc Ayrault

Manuel Valls

  • Jean Jaurès, député de Carmaux (Tarn), fondateur de L'Humanité, pacifiste, assassiné en 1914, inhumé au Panthéon en 1924.
  • Jules Guesde, théoricien socialiste, député de Roubaix, ministre d'État de 1914 à 1916.
  • Léon Blum, président du Conseil du Front populaire, député de la Seine puis de l'Aude, emprisonné après s'être opposé à Pétain en 1940, déporté en Allemagne à Buchenwald en 1943, dernier chef du gouvernement provisoire en 1946.
  • Roger Salengro, député du Nord, ministre de l'Intérieur du Front populaire, victime d'une très violente campagne calomnieuse de la presse d'extrême-droite, il se suicide en novembre 1936.
  • Marx Dormoy, député de l'Allier, ministre du Front populaire, arrêté en 1940 et mis en résidence surveillée où il est assassiné en 1941 par des cagoulards.
  • Edouard Froment, député de l'Ardèche (de 1932 à 1951), vote contre les pleins pouvoirs accordés au Maréchal Pétain le 10 juillet 1940, président de la commission militaire de l'Assemblée consultative provisoire à Alger[70].
  • Paul Ramadier, député de l'Aveyron, ministre du Front populaire auteur d'importantes lois sociales, opposant à Pétain en 1940, résistant, ministre du Ravitaillement à la Libération, premier président du Conseil de la IVe République, ministre deux fois jusqu'en 1957.
  • Vincent Auriol, député de Haute-Garonne, ministre du Front populaire, arrêté en 1940 puis libéré, il entre dans la Résistance. Président de la République de 1947 à 1954.
  • Christian Pineau, résistant, arrêté en 1943 et déporté à Buchenwald, à la Libération député de la Sarthe, ministre des Affaires étrangères, défenseur de l'intégration européenne, négociateur du Traité de Rome en 1957.
  • Gaston Defferre, résistant, député-maire de Marseille, candidat à l'élection présidentielle de 1969 face à Pompidou, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation en 1981.
  • Daniel Mayer, résistant, député de la Seine, secrétaire général de la SFIO de 1943 à 1946, ministre du Travail sous la IVe République, président du Conseil constitutionnel de 1983 à 1986.
  • Guy Mollet, résistant, secrétaire général de la SFIO de 1946 à 1969, député du Pas-de-Calais, ministre et président du Conseil sous la IVe République.
  • Alain Savary, résistant, député de Saint-Pierre-et-Miquelon puis de Haute-Garonne, premier secrétaire du Nouveau Parti socialiste de 1969 à 1971, ministre de l'Éducation nationale de 1981 à 1984.
  • François Mitterrand, résistant, chef du Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés (MNPGD), député de la Nièvre de 1946 à 1981, ministre sous la IVe République (Anciens Combattants, Outre-Mer, Intérieur, Justice), président de l'UDSR de 1953 à 1965, de la Convention des institutions républicaines (CIR) de 1965 à 1971, premier secrétaire du PS de 1971 à 1981, candidat aux élections présidentielles de 1965, 1974, 1981 et 1988, Président de la République de 1981 à 1995.
  • Pierre Mauroy, député-maire de Lille, Premier ministre qui met en œuvre le programme d'union de la gauche de 1981 à 1983, instaure une politique de rigueur à partir de 1983, premier secrétaire du parti de 1988 à 1992, président de l'Internationale socialiste.
  • Robert Badinter, farouche opposant à la peine de mort et à la perpétuité réelle, Garde des Sceaux de 1981 et 1986, auteur notamment des lois d'abolition de la peine de mort en 1981 et de dépénalisation de l'homosexualité en 1982, président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995, sénateur des Hauts-de-Seine et président de la Cour européenne de conciliation et d'arbitrage de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) depuis 1995.
  • Jean Poperen, membre fondateur du PSU en 1960, adhère au PS en 1969, député du Rhône, animateur d'un courant de gauche, créateur de l'ERIS (Études, Recherches et Informations Socialistes), numéro 2 du parti de 1981 à 1987, ministre des Relations avec le Parlement de 1988 à 1991.
  • Pierre Bérégovoy, jeune cheminot entré dans la Résistance, militant de la SFIO, du PSU puis du PS, secrétaire général de l'Élysée de 1981 à 1982, brillant ministre de l'Économie et des Finances dont la compétence est reconnue aussi bien par la gauche que par la droite, Premier ministre de 1992 à 1993, se suicide en 1993 quelques semaines après la déroute du parti aux législatives.
  • Michel Rocard, membre fondateur du PSU en 1960, candidat à l'élection présidentielle de 1969, adhère au PS en 1974, député des Yvelines, fonde le courant rocardien au sein du parti, en grande rivalité avec François Mitterrand, ministre de 1981 à 1985, Premier ministre de 1988 à 1991, premier secrétaire du parti de 1993 à 1994.
  • Jean-Pierre Chevènement, dirigeant du CERES, député du Territoire de Belfort, rédacteur du programme socialiste d'union de la gauche pour l'élection présidentielle de 1981, ministre de l'Éducation nationale, de la Défense et de l'Intérieur, quitte le PS en 1993 et fonde son parti, le Mouvement des citoyens, il est candidat à l'élection présidentielle de 2002.
  • Jacques Delors, venu de la démocratie-chrétienne et du PSU, il adhère au PS en 1974, après avoir inspiré le projet de "Nouvelle Société" de Jacques Chaban-Delmas ; spécialiste de l'économie au PS, ministre de l'Économie et des Finances de 1981 à 1984, président de la Commission européenne de 1985 à 1994.
  • Lionel Jospin, député de Paris puis de Haute-Garonne, premier secrétaire du parti de 1981 à 1988 et de 1995 à 1997, ministre de l'Éducation nationale de 1988 à 1992, chef de la "gauche plurielle" (PS/PRS/PCF/Verts/MDC) en 1995, Premier ministre de 1997 à 2002, candidat aux élections présidentielles de 1995 et 2002, date à laquelle il arrive troisième derrière le candidat de l'extrême-droite et annonce qu'il quitte la vie politique.
  • Raymond Forni, élu député du Territoire de Belfort pour la première fois en 1973, président de l'Assemblée nationale de 2000 à 2002, président de la région Franche-Comté de 2004 à 2008.
  • Jean-Louis Bianco, député et président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, ministre des Affaires sociales puis des Transports, il est l'un des « pères » du débat public en France[71]. Secrétaire général de l'Élysée de 1982 à 1991, il fut l'une des personnalités politiques les plus proches de François Mitterrand ; il fut aussi le plus jeune à occuper cette fonction et celui qui l'occupa le plus longtemps dans l'histoire de la République.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection Score au 1er tour Score au 2nd tour Résultats
Législatives 2012 29,35 % 40,91 % Députés
280 / 577
Présidentielle 2012 28,63 % 51,64 % François Hollande
élu président de la République
Cantonales 2011 24,94 % 35,43 % Présidences de conseils généraux
54 / 101
Régionales 2010 29,14 % 46,40 %[72] Présidences de conseils régionaux
20 / 27
Européennes 2009 16,48 % Députés européens
14 / 74
Municipales 2008 31,49 %[72] 33,35 %[72]

Résultats des socialistes aux élections présidentielles depuis 1965[modifier | modifier le code]

Évolution du vote socialiste aux élections présidentielles depuis 1965
Année Candidat Score au 1er tour Score au 2nd tour
1965 François Mitterrand (CIR) 7 694 003 voix (31,72 %) 10 619 735 voix (44,80 %)
1969 Gaston Defferre (SFIO) 1 133 222 voix (5,01 %) -
1974 François Mitterrand 11 044 373 voix (43,25 %) 12 971 604 voix (49,19 %)
1981 François Mitterrand 7 505 960 voix (25,85 %) 15 708 262 voix (51,76 %)
1988 François Mitterrand 10 381 332 voix (34,11 %) 16 704 279 voix (54,02 %)
1995 Lionel Jospin 7 098 191 voix (23,30 %) 14 180 644 voix (47,36 %)
2002 Lionel Jospin 4 610 113 voix (16,18 %) -
2007 Ségolène Royal 9 500 112 voix (25,87 %) 16 790 440 voix (46,94 %)
2012 François Hollande 10 272 705 voix (28,63 %) 18 000 668 voix (51,64 %)

Résultats des socialistes aux élections législatives depuis 1958[modifier | modifier le code]

Élection Score au 1er tour Résultats
1958 3 167 354 voix (15,5 %)[73]
40 / 576
Opposition
1962 2 298 729 voix (12,54 %)[73]
65 / 482
Opposition
1967 (18,90 %)[74]
116 / 488
Opposition
1968 3 660 250 voix (16,5 %)[74]
57 / 488
Opposition
1973 4 579 888 voix (18,9 %)
89 / 490
Opposition
1978 6 412 819 voix (22,82 %)
104 / 491
Opposition
1981 9 077 435 voix (36,03 %)
266 / 491
Majorité présidentielle
1986 8 693 939 voix (31,02 %)
206 / 577
Opposition (cohabitation)
1988 (34,76 %)
275 / 577
Majorité présidentielle
1993 4 415 495 voix (17,40 %)
52 / 577
Opposition (cohabitation)
1997 5 961 612 voix (23,53 %)
255 / 577
Gauche plurielle (cohabitation)
2002 6 086 599 voix (24,11 %)
140 / 577
Opposition
2007 6 436 136 voix (24,73 %)
186 / 577
Opposition
2012 7 618 326 voix (29,35 %)
280 / 577
Majorité présidentielle

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jean-Christophe Cambadélis élu Premier secrétaire du Parti socialiste - composition du Secrétariat national », sur Parti socialiste (consulté le 16 avril 2014).
  2. Un document du PS revendique 173 486 adhérents selon ces fichiers : « PS : Résultats officiels validés », Parti socialiste,‎ 12 octobre 2012 (consulté le 19 octobre 2012)
  3. a, b, c et d La déclaration de principes
  4. Parties and elections, consulté le 26 février 2013
  5. Composition du groupe socialiste et apparentés au Sénat sur le site officiel du Sénat
  6. a et b « Groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen - À propos de nous : Eurodéputé(e)s », S&D,‎ janvier 2012 (consulté le 1 juillet 2012)
  7. À l'exception du PSU.
  8. Déclaration de principes de 1905, L'OFFICE UNIVERSITAIRE DE RECHERCHE SOCIALISTE.
  9. Déclaration de principes de 1946, présentation par Alain Bergounioux, L'OFFICE UNIVERSITAIRE DE RECHERCHE SOCIALISTE
  10. Déclaration de principes de 1969
  11. Déclaration de principes de 1990
  12. Déclaration de principes de 1990
  13. « Le PS et l'économie de marché », Les Échos,‎ 30 avril 2008 (lire en ligne)
  14. Le ralliement du Parti Socialiste à l'économie sociale de marché
  15. Valls, l'aile droite du Parti socialiste, La Voix du Nord, 17 mai 2012.
  16. PS : l'aile gauche trop influente (Collomb), Le Figaro, 2 mars 2011.
  17. Congrès du PS: avec Hamon et Maurel, l'aile gauche aurait-elle un chef de trop?, L'Express, 27 octobre 2012.
  18. « Congrès, mode d'emploi », Le Parisien,‎ 26 octobre 2008 (consulté le 26 octobre 2008)
  19. « PS : 48.000 adhérents "inactifs" radiés », Le Figaro,‎ 18 septembre 2009 (consulté le 18 septembre 2009)
  20. Caroline Fontaine, « La Rochelle, des hauts et débats », in Paris Match, semaine du 22 au 28 août 2013, pages 22-23.
  21. [1]
  22. Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982, page 228 et suivantes.
  23. http://www.rmc.fr/edito/info/64091/les-premiers-secretaires-du-ps/?photo=7
  24. « PS : histoires de premiers secrétaires, », Le Monde,‎ 6 novembre 2008 (consulté le 8 mai 2009)
  25. Véronique Beaudet, Le droit d’ouvrir un compte, revue Plein Droit no 67, décembre 2005, « Taxer les étrangers »
  26. a et b http://www.parti-socialiste.fr/toutsurlepsHistoireDepuis1971.php
  27. http://www.liberation.fr/politiques/0101399174-deux-trublions-candidats-contre-jospin-pour-l-aider
  28. Sociologie du vote sur le référendum du 29 mai 2005
  29. La Société des socialistes, Éditions du Croquant, 2006 ; voir aussi Le Monde du 23 décembre 2006
  30. « Jean-Pierre Jouyet, le Gracque », Le Nouvel Obs, mai 2007
  31. a et b Parti Socialiste dirigé par Martine Aubry -Parti Socialiste
  32. « Jospin flingue Royal », Libération, 17 septembre 2007.
  33. a et b Jean-Dominique Merchet, « Jospin enfonce Royal », Libération, 24 septembre 2007. Lire en ligne .
  34. Recueil des contributions envoyé aux militants socialistes, p. 2
  35. Résultats définitifs communiqués par Alain Bergougnioux, secrétaire national du PS aux études, le 16 novembre 2008 à la tribune du congrès de Reims
  36. « L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes »
  37. « Clarté, Courage, Créativité »
  38. « Changer à Gauche pour Changer de France »
  39. Un monde d'avance
  40. « Pour un Parti Socialiste résolument écologique »
  41. « Socialistes, altermondialistes, écologistes »
  42. Royal : «La social-démocratie est un modèle périmé», Le Parisien, 2 novembre 2008.
  43. Julien Martin, Delanoë : "Non, la social-démocratie n'est pas périmée", Rue89, 4 novembre 2008.
  44. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées HamonC.
  45. Christiane Chombeau, Jean-Luc Mélenchon claque la porte du Parti socialiste, Rue89, 7 novembre 2008.
  46. « Jean-Luc Mélenchon quitte le PS », Le Monde,‎ 7 novembre 2008
  47. « Aubry s'impose avec 50,02 %, Royal exige un nouveau vote », Le Figaro, 22 novembre 2008.
  48. http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/07/europeennes-l-ump-en-tete-le-ps-en-fort-recul_1203615_1168667.html
  49. http://www.europarl.europa.eu/parliament/archive/elections2009/fr/france_fr.html
  50. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/royal-appelle-le-ps-a-une-audace-nouvelle_767822.html
  51. http://www.europarl.europa.eu/parliament/archive/elections2009/fr/new_parliament_fr.html
  52. http://www.touteleurope.fr/fr/organisation/institutions/parlement-europeen-et-deputes/presentation/elections-europeennes-2009.html
  53. Au PS, le principe de primaires est désormais acquis, Le Monde, 28 août 2009
  54. Consultation militante du 1er octobre 2009: les résultats
  55. http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/09/gauche-d-une-strategie-de-classe-a-une-strategie-de-valeurs_1533594_3232.html
  56. http://www.marianne.net/Un-journaliste-du-Nouvel-Obs-tacle-les-bobos_a210597.html
  57. « Cantonales: le PS en tête, l'UMP talonnée par le FN… et des urnes pleines de vide », Libération, 20 mars 2011.
  58. « Cantonales : la déconfiture du gouvernement », Marianne, 23 mars 2011.
  59. « La rénovation », Parti socialiste (consulté le 18 octobre 2012)
  60. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Cal.
  61. « Harlem Désir, un pas de plus dans la normalisation du PS », Slate,‎ 12 septembre 2012 (consulté le 18 septembre 2012)
  62. PS : la désignation du patron du parti crée des remous, Le Figaro, 29 août 2012.
  63. PS : la désignation "obscure" pour Dray, Le Figaro, 29 août 2012.
  64. Lienemann : "raidissement" du PS, Le Figaro, 5 septembre 2012.
  65. Parti Socialiste : Harlem Désir appelle à être "à la pointe Charente Libre, le 13 avril 2013
  66. Propos anti-Allemagne : Bartolone recadré Europe1, 28 avril 2013
  67. a et b « Hollande n'a rien compris à la raclée qui a été infligée au PS », sur Le Monde (consulté le 15 avril 2014).
  68. Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0085 du 10 avril 2014, p. 6560.
  69. Énergie, Porte-Parole, Budget
  70. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/IVRepublique/froment-edouard-13031884.asp
  71. Commission_nationale_du_débat_public#Reconnaissance_du_principe_de_participation
  72. a, b et c Résultat du PS avec ses partenaires de gauche
  73. a et b Résultats de la Section française de l'Internationale ouvrière
  74. a et b Résultats de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Essais, discours[modifier | modifier le code]

  • Léon Blum, À l'échelle humaine, Paris, Gallimard, 1945, rééd., 1971.
  • Léon Blum, Textes socialistes 1919-1920, Éd. Bruno Leprince, 2003.
  • Jean-Christophe Cambadélis, Pour une nouvelle gauche Paris, Stock, 1996.
  • François Hollande et coll., L'Idée socialiste aujourd'hui, Paris, Omnibus, 2001.
  • Jean-Christophe Cambadélis, 1905-2005 : L'éternel commencement : Que faire au Parti socialiste ? L'Encyclopédie du socialisme, 2005.
  • François Hollande, Devoirs de vérité, Paris, Stock, 2006.
  • Jean Jaurès, Œuvres, 17 vol., en cours de publication, Paris, Fayard.
  • Lionel Jospin, L'Invention du possible, Paris, Flammarion, 1991.
  • François Mitterrand, La Paille et le Grain, Paris, Flammarion, 1975.
  • François Mitterrand, L'Abeille et l'Architecte, Paris, Flammarion, 1978.
  • Sous la direction de Mehdi Ouraoui, Les Grands Discours socialistes français du XXe siècle, Bruxelles, Complexe, 2007.
  • Marc Sadoun, De la démocratie française : essai sur le socialisme, Paris, Gallimard, 1993.

Études par périodes[modifier | modifier le code]

  • La Troisième République
    • Georges Lefranc, Le Mouvement socialiste sous la IIIe République, deux vol., éd. Payot, 1977
  • La Première Guerre mondiale
  • L'entre-deux-guerres
    • Tony Judt, La Reconstruction du Parti socialiste (1921-1926), Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1976
    • Richard Gombin, « Socialisme et pacifisme », in René Rémond et Janine Bourdin, La France et les Français en 1938-1939, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1978
    • Édouard Lynch, Moissons rouges. Les socialistes français et la société paysanne pendant l'entre-deux-guerres, Presses universitaires du Septentrion, 2002
    • Gilbert Ziebura, Léon Blum et le Parti socialiste', Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1967
  • Le Front populaire
    • Jean-Paul Brunet, Histoire du Front populaire, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1991, nouv. éd. revue et corrigée, 1998
    • Daniel Lefeuvre, Michèle Margairaz, et Danielle Tartakovski, Histoire du Front populaire, éd. Larousse, 2006
    • Pierre Renouvin et René Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement. 1936-1937. Actes du colloque, éd. Armand Colin, 1967
    • Danielle Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, éd. Gallimard, coll. « Découvertes », 1996
    • Michel Winock et Séverine Nikel, La Gauche au pouvoir. L'héritage du Front populaire, éd. Bayard, 2006
  • La Seconde Guerre mondiale
    • Marc Sadoun, Les Socialistes sous l'Occupation (ouvrage issu d'une thèse de doctorat d'État dirigée par Maurice Duverger), Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1982
    • Alya Aglan, La Résistance sacrifiée : le mouvement Libération-Nord (ouvrage issu d'une thèse de doctorat en histoire dirigée par Jean-Pierre Azéma), éd. Flammarion, 1999, nouv. éd., coll. « Champs », 2006
    • Daniel Mayer, Les Socialistes dans la Résistance, Presses universitaires de France, 1986
    • Pierre Guidoni et Robert Verdier (dir.), Les Socialistes en Résistance. 1940-1944. Combats et débats (actes de la journée d'études du 15 mai 1998), éd. Séli Arslan, 1999
  • La Quatrième République
    • Serge Berstein, Pierre Guidoni et Marc Sadoun (dir.), Le Parti socialiste dans la société française, de la Libération à la Guerre froide. 1944-1948. Actes du colloque, Publications de la Sorbonne, 2001
    • Serge Berstein (dir.), Paul Ramadier, la République et le socialisme. Actes du colloque, éd. Complexe, 1990
    • Noëlline Castagnez, Socialistes en République. Les parlementaires SFIO de la IVe République, Presses universitaires de Rennes, 2004
    • Bernard Ménager (dir.), Guy Mollet, un camarade en République. Actes du colloque, Presses universitaires de Lille, 1987 (préface de René Rémond)
    • Roger Quilliot, La SFIO et l'exercice du pouvoir. 1944-1958, éd. Fayard, 1972
  • La Cinquième République
    • Pierre Serne, Le Parti socialiste, 1965-1971, L'Encyclopédie du socialisme, 2003
    • Jacques Fleury:« Cité Malesherbes » journal d'un jeune militant socialiste 1959-1973 Ed Bruno Leprince 1999
    • Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis Bianco (dir.), Les Années Mitterrand, les années du changement. 1981-1984 (titre de couverture : François Mitterrand, les années du changement. 1981-1984), éd. Perrin, 2001
    • Pierre Birnbaum (dir.), Les Élites socialistes au pouvoir : les dirigeants socialistes face à l'État. 1981-1985, Presses universitaires de France, 1985
    • Pierre Favier et Michel Martin-Roland, La Décennie Mitterrand, éd. du Seuil, 4 vol., 1990-1998 (rééd. 1995-2001 en format de poche, coll. « Points »)
    • C'était la gauche plurielle, Presses de Sciences Po, 2003
    • Didier Eribon, D'une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, éd. Léo Scheer, 2007.

Études régionales[modifier | modifier le code]

  • Christian Bougeard, Gilbert Gramoullé, Maurice Lucas et Jean-Jacques Urvoas, Les Socialistes dans le Finistère (1905-2005), Rennes, éd. Apogée, 2005
  • Jacques Girault, Le Var rouge. Les Varois et le socialisme de la fin de la Première Guerre mondiale au milieu des années 1930, Publications de la Sorbonne, 1995
  • Bernard Ménager, Jean-François Sirinelli et Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Cent ans de socialisme septentrional. Actes du colloque, Centre de gestion de l'édition scientifique de l'université de Lille-III, 1995
  • Martin Pottrain, Le Nord au cœur, historique de la fédération socialiste du Nord, Lille, éd. Nord-Matin, 1993

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier
  • Madeleine Rebérioux, Jean Jaurès, la parole et l'acte, éd. Gallimard, 1991
  • Jean-Pierre Rioux, Jean Jaurès, éd. Perrin, 2005
  • Jean Lacouture, Léon Blum, éd. du Seuil, 1977, rééd. « Points », 1979
  • Éric Ghebali, Vincent Auriol : le Président citoyen. 1884-1966, éd. Grasset, 1998
  • Éric Méchoulan, Jules Moch. Un socialiste dérangeant (d'après une thèse de doctorat), éd. Bruylant, 1999
  • Anne Fonvieille-Vojtovic, Paul Ramadier (1868-1961), élu local et homme d'État (thèse de doctorat), Publications de la Sorbonne, 1993
  • Martine Pradoux, Daniel Mayer, un socialiste dans la Résistance, éd. de l'Atelier, 2002
  • Jean-Frédéric Desaix, Christian Pineau, de la Résistance à l'Europe (d'après une thèse de doctorat en sciences politiques), L'Encyclopédie du socialisme, 2003
  • Alya Aglan et Denis Lefebvre (dir.), Christian Pineau, de Buchenwald aux traités de Rome, éd. Bruno Leprince, 2005
  • Denis Lefebvre, Guy Mollet. Le mal aimé, éd. Plon, 1992
  • Collectif, Albert Gazier (1908-1997). Autour d'une vie de militant, éd. de L'Harmattan, 2006
  • Maryvonne Prévot, Alain Savary. Le refus en politique, Renaissance du livre, 2003
  • Hubert Védrine, François Mitterrand. Un destin, un dessein, éd. Gallimard, 2006
  • Christiane Rimbaud, Bérégovoy, Librairie académique Perrin, 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]