Cimetière du Père-Lachaise

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Cimetière du Père-Lachaise
Cimetière de l'Est
Image illustrative de l'article Cimetière du Père-Lachaise
Entrée principale.
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Religion(s) Catholique, protestant, juif, musulman, etc.
Superficie 43,93 hectares
Nombre de tombes 69 000 concessions perpétuelles[1]
Nombre de personnes 1 000 000[1]
Mise en service 1804
Protection site classé, monument historique
Coordonnées 48° 51′ 43″ N 2° 23′ 39″ E / 48.861944, 2.394167 ()48° 51′ 43″ Nord 2° 23′ 39″ Est / 48.861944, 2.394167 ()  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Cimetière du Père-Lachaise
Personnalités enterrées
Frédéric Chopin, Allan Kardec, Jim Morrison, Édith Piaf, Oscar Wilde, etc.

Le cimetière du Père-Lachaise est le plus grand cimetière de Paris intra muros et l'un des plus célèbres dans le monde. Situé dans le 20e arrondissement de la ville, de nombreuses personnes célèbres y sont enterrées. Il accueille chaque année plus de trois millions et demi de visiteurs[2], ce qui en fait le cimetière le plus visité au monde[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Père La Chaise[modifier | modifier le code]

La Maison du père Lachaise, Mont-Louis

L'une des sept collines de Paris, appelée Champ-l'Évêque car elle appartenait au Moyen Âge à l'évêque de Paris, prit au XIIe siècle le nom de Mont-aux-Vignes, pour les cultures que l'on y réalisait alors. En 1430, un riche commerçant du nom de Régnault de Wandonne acheta le domaine afin d'y faire construire une maison cossue : une folie. C'est l'origine du nom de l'actuelle rue de la Folie-Regnault dans le 11e arrondissement.

Deux siècles plus tard, les Jésuites acquièrent le terrain pour en faire un lieu de repos et de convalescence. La maison accueille quelques heures le jeune roi Louis XIV venu assister sur ces hauteurs à des combats lors de la Fronde. Cet événement donnera au lieu le nom de Mont-Louis. Mais le plus illustre occupant fut François d'Aix de La Chaise (1624-1709), dit le Père La Chaise, confesseur du roi de France Louis XIV, qui exerça une influence modératrice sur celui-ci dans la lutte contre le jansénisme. Il y demeurera de 1675 jusqu'à sa mort en 1709.

Le comte de La Chaise, frère du père jésuite, donna de nombreuses fêtes sur le domaine, ce qui contribua à son agrandissement et son embellissement. Mais en 1762, la Compagnie de Jésus fut contrainte de céder le terrain en raison d'une dette du père de Jacy. Au fil des années, les jardins furent laissés à l'abandon et les propriétaires se succédèrent, pour revenir, le 9 Ventôse an XI au préfet de la Seine, Nicolas Frochot, contre la somme de 180 000 francs.

Construction et agrandissements[modifier | modifier le code]

Plan du cimetière en 1813
Plan du cimetière en 1926

Avec la fermeture le 1er décembre 1780 du cimetière des Innocents, en application tardive de la loi de 1765 interdisant les cimetières en ville, Paris commençait à manquer de lieux de sépultures. Napoléon Bonaparte, alors consul, décréta que « chaque citoyen a le droit d'être enterré quelle que soit sa race ou sa religion », réglant le cas des mécréants, des excommuniés, des comédiens et des pauvres. Au début du XIXe siècle furent ainsi créés plusieurs nouveaux cimetières hors des limites de la capitale : le cimetière de Montmartre au nord, le cimetière de l'Est, le cimetière de Montparnasse au sud et, à l'ouest de la ville, le cimetière de Passy.

Le préfet de Paris décréta la transformation des 17 hectares de Mont-Louis en cimetière de l'Est. La conception du cimetière fut confiée à l'architecte néo-classique Alexandre-Théodore Brongniart en 1803. En tant qu'inspecteur général en chef de la deuxième section des travaux publics du département de la Seine et de la Ville de Paris, Brongniart dessinera les grands axes sous la forme, pour la première fois, d'un immense jardin à l'anglaise, aux allées accidentées, pourvues d'arbres et de plantes aux essences diverses et bordées de sépultures sculptées. Il projettera des monuments funéraires dont finalement un seul sera réalisé : celui de la sépulture de la famille Greffuhle, au style néo-gothique épuré.

Le 21 mai 1804 (1er Prairial an XII), le cimetière fut officiellement ouvert par une première inhumation : celle d'une petite fille de cinq ans, Adélaïde Paillard de Villeneuve, fille d'un porte-sonnette du faubourg Saint-Antoine, suivie de celle de reine Févez, morte 615 rue Jarente le 18 juin 1804, (29 prairial XII), épouse de Valentin Robert, négociant de Bar-le-Duc, et belle-mère de Gilbert, baron Dufour, ordonnateur en chef de la Garde impériale. Il était à l'origine destiné aux Parisiens de l'un des quatre arrondissements de la rive droite (les 5e, 6e, 7e et 8e de l'époque), en fosse commune ou en concession perpétuelle. Mais le cimetière n'eut pas la faveur des Parisiens, qui rechignaient à se faire enterrer sur des hauteurs, de plus hors de Paris, et dans un quartier réputé populaire et pauvre.

En 1804, le Père-Lachaise ne comptait que 13 tombes. L'année suivante, il n'y en avait que 44, puis 49 en 1806, 62 en 1807 et 833 en 1812. En 1817, pour redorer l'image du cimetière la mairie de Paris organise le transfert des dépouilles d'Héloïse et Abélard, ainsi que de Molière et La Fontaine.

Il n'en fallait pas plus : en 1830, on décomptait 33 000 tombes. Le Père-Lachaise connut à cette époque cinq agrandissements : en 1824, 1829, 1832, 1842 et 1850. Ceux-ci lui ont permis de passer de 17 hectares 58 ares (175 800 m2) à 43 hectares 93 ares (439 300 m2) pour 70 000 tombes, 5 300 arbres, une centaine de chats, de nombreux oiseaux et 3,5 millions de visiteurs.

La Commune[modifier | modifier le code]

Lors de la Commune de Paris, en mai 1871, le Père-Lachaise fut le théâtre d'une véritable guerre civile, en raison de sa localisation stratégique sur la colline. Les Fédérés installèrent leur artillerie en plein cœur du cimetière, mais furent rapidement encerclés par les Versaillais de Thiers d'un côté et les prussiens de l'autre. Les 147 survivants furent fusillés le 28 mai 1871 devant le mur qui prit ensuite le nom de mur des Fédérés, au sud du cimetière.

Ensemble crématorium-columbarium[modifier | modifier le code]

Vue de la face antérieure du crématorium

Ce n'est qu'à la fin du siècle, en 1894, que débutèrent les travaux du columbarium et du crématorium, conçus en 1886 par Jean Camille Formigé. L'ensemble crematorium-columbarium se compose d'une chapelle de style néo-byzantin et de quatre ailes. Le toit est composé d'un vaste dôme de briques et de grès, de trois petites demi-coupoles et de deux cheminées. Dans les années 1920, le dôme principal est décoré de vitraux de Carl Mauméjean. Le columbarium définitif se compose de quatre niveaux : deux en sous-sols et deux à l'extérieur et peut contenir 40 800 cases[4].

Le crématorium est le premier construit en France. La première crémation a lieu le 30 janvier 1889, un peu plus d'un an après la loi du 15 novembre 1887 qui proclame la liberté des funérailles et autorise la crémation. Le recours à la crémation demeure peu répandu jusqu'à la fin du XXe siècle. Essentiellement le fait de francs-maçons, anticléricaux et libre-penseurs (Charles-Ange Laisant, André Lorulot), le recours à la crémation progressa suite à la levée de l'interdiction par l'église catholique en 1963. À partir des années 1980, les malades du sida privilégient la crémation (Jean-Paul Aron, Guy Hocquenghem, Cyril Collard, Pascal de Duve, Cleews Vellay, Jean-Luc Lagarce)[5]. De 49 crémations en 1889, le chiffre passe à environ 5 000 crémations au début du XXIe siècle[1]. En 2012, la crémation représente 45 % des obsèques à Paris[6].

Dans le columbarium se trouvent de nombreuses célébrités dont le metteur en scène Max Ophüls, l'humoriste Pierre Dac et le cénotaphe de Maria Callas.

Religion[modifier | modifier le code]

Le décret du 23 prairial de l'an XII (1804) de Napoléon Ier fixe les questions relatives à l'organisation des cimetières et des funérailles. Les communes ont l'obligation de créer un cimetière spécialement affecté à chaque culte ou d'affecter à chaque culte une partie du cimetière[7]. La loi du 14 novembre 1881 abroge cet article 15 du décret du 23 prairial de l'an XII, ce qui conduit à l'interdiction des carrés confessionnels.

Au Père-Lachaise, des carrés confessionnels dédiés aux juifs et musulmans ont existé.

La loi de séparation de l'Église et de l'État du 9 décembre 1905 n'a pas d'impact sur le cimetière du Père-Lachaise puisque les emblèmes religieux demeurent autorisés sur les monuments funéraires privés. La croix de cimetière a été enlevée en juin 1883[8].

Chapelle[modifier | modifier le code]

Chapelle
Article détaillé : Chapelle du Père-Lachaise.

À l'emplacement de la maison du Père La Chaise, Brongniart a prévu une immense pyramide affectée aux cérémonies de tous les cultes chrétiens. Ce monument n'a finalement pas été retenu et la construction de la chapelle est confiée à l'architecte de la ville de Paris Étienne-Hippolyte Godde[9].

La construction débute en 1820, financée par la ville et un legs de 40 000 Francs de la veuve du docteur Bosquillon[10].

La chapelle affectée au culte catholique est consacrée en 1834 et dépend de la paroisse Saint-Germain de Charonne.

Enclos juif[modifier | modifier le code]

Paris comptait sept carrés juifs[11].

L'article 15 du décret du 23 prairial an XII (12 juin 1804, Décret relatif au lieu d'inhumation) permet le partage des cimetière en fonction des divers cultes[12].

Le carré juif du Père-Lachaise ouvre le 18 février 1810 dans la division 7. Clôturé par un mur, le cimetière israélite comportait une salle de purification et un pavillon pour le gardien[13]. L'enclos était fermé à clef[14].

De 1865 à 1882, la division 87 servira également d'enclos juif. Après l'interdiction des carrés confessionnels en 1881, les murs des enclos juifs sont détruits et les juifs sont enterrés dans la 96e division[11].

Parmi les nombreuses personnes enterrées au XIXe siècle, les guides de l'époque signalent Rachel Félix, tragédienne, David Sintzheim, premier grand rabbin de France, la famille Rothschild, Roblès, Singer, Fould[9],[15],[16].

Enclos musulman[modifier | modifier le code]

Enterrement dans l'enclos musulman de Séliman-ben-Saïd, lieutenant indigène au 2e régiment de tirailleurs algériens en garnison à Paris.

La création d'un enclos musulman est autorisée par une délibération du conseil municipal du 17 juin 1853 et d'un arrêté préfectoral du 29 novembre 1856 qui prévoit « un enclos spécial pratiqué dans les dépendances du cimetière de l’Est pour l’inhumation des personnes décédées à Paris professant la religion mahométane »[11],[17].

La 85e division est assignée au culte musulman. Cette partie plate et rectiligne fait partie des terrains acquis lors de la dernière extension du cimetière en 1850. Délimité par une clôture en planches, l'enclos mesure 3 260 m2. En mai 1855 débutent les travaux de construction de la mosquée d'après les plans dressés par Marie-Gabriel Jolivet, architecte de la troisième section des travaux de la Ville de Paris. Le monument est composé d'une salle d'attente, d'un lavatorium, destiné à la purification des musulmans, et d'un dépôt pour les accessoires du culte. L'appareil polychrome est constitué de pierres de taille blanches et de grès rouge des Vosges disposées successivement en bandes horizontales.

L'enclos musulman ouvre le 1er janvier 1857[18], ce qui en fait le premier cimetière musulman en France. Entre 1856 et 1870, l'enclos ne comptera que 44 inhumations : 6 concessions à perpétuités, 7 temporaires, 31 fosses gratuites. L'enclos est rétréci à plusieurs reprises. Le 1er mars 1871, une partie inutilisée de l'enclos est affecté au culte israélite qui était à l'étroit dans la division 87 qui était consacrée aux juifs de 1865 à 1882.

La loi du 14 novembre 1881 interdit les carrés confessionnels[19]. La clôture de l'enclos musulman est retirée, contrairement à la haie végétale plantée en 1873 qui est conservée. L'enclos est à nouveau rétréci en 1883[20].

En dépit de la loi de 1881, la mosquée est conservée. Mais la Turquie, à qui incombent les travaux, ne l'entretient pas. Une reconstruction est envisagée avant que la Première Guerre mondiale annule le projet. Alliée de l'Allemagne, la Turquie est dorénavant un pays ennemi de la France. La mosquée est détruite en 1914. Le projet de la reconstruire est définitivement abandonné en 1923 en raison d'un projet de construction de ce qui deviendra la Grande Mosquée de Paris[21].

Célébrités[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de Bartholomé
Monument aux soldats morts pendant le siège de Paris de 1870-1871
Mur des fédérés

En 1899 le Monument aux morts d'Albert Bartholomé acheté par la Ville de Paris au salon du Petit-Champ-de-Mars en 1895 est installé au Cimetière du Père-Lachaise.

Outre les tombes, le cimetière abrite des monuments dédiés à une personnalité ou à un groupe de personnes.

  • Monuments aux combattants étrangers morts pour la France durant la Grande Guerre :
    • Monument aux Arméniens morts pour la France ;
    • Monument aux Belges morts pour la France ;
    • Monument aux Grecs morts pour la France  ;
    • Monument aux Italiens morts pour la France ;
    • Monument aux Soviétiques morts pour la France ;
    • Monument aux Tchécoslovaques morts pour la France.
  • Monuments en hommage aux victimes de catastrophes aériennes :
  • Monument aux personnels des Hôpitaux de Paris victimes du devoir ;
  • Monument aux victimes de juin 1848 (division 6)[24],[25]  ;
  • Monument à la mémoire des Gardes Nationaux de la Seine tués au combat de Buzenval le 19 janvier 1871 (division 72) ;
  • Monument à la mémoire des soldats morts pendant le siège de Paris de 1870-1871 (division 64) ;
  • Monument à la mémoire des défenseurs de Belfort (division 54) ;
  • Monument aux victimes non reconnues de l'incendie du Bazar de la Charité (division 92, 1899)[26],[27]
  • Monument funéraire aux victimes non identifiées de l'incendie de l'Opéra Comique
  • Monument aux travailleurs municipaux de la Ville de Paris (1906) ;
  • Plaque apposée sur le mur des fédérés en 1907 (division 76) ;
  • Imre Nagy, premier secrétaire du Parti communiste de Hongrie en 1956 ; monument érigé par la Ligue hongroise des Droits de l'Homme en 1988, à l'occasion du 30e anniversaire de son exécution ;
  • Stèle en hommage aux victimes de l'OAS (division 88)[28] ;
  • Monument aux morts pour la France en Afrique du Nord de 1952 à 1962 (division 88).

Manifestations[modifier | modifier le code]

Du fait des nombreuses personnalités enterrées là et de la charge symbolique du lieu, le cimetière du Père-Lachaise a été et est encore le lieu de manifestations et de commémorations, concernant en particulier la Commune de Paris. Ces commémorations sont principalement le fait des partis socialistes et communistes et des francs-maçons du Grand Orient de France[29].

Après la Seconde Guerre mondiale, s'y ajoutent les commémorations des victimes du nazisme, les monuments aux morts des camps de concentration et d'extermination se trouvant à proximité du mur des Fédérés.

Intérêts du Père-Lachaise[modifier | modifier le code]

Le cimetière est très visité (de nombreux guides organisent des conférences sur le terrain), et une abondante bibliographie y est consacrée. On peut citer comme raisons :

  • innombrables personnalités (dont Jim Morrison, particulièrement demandé) ;
  • grand jardin pittoresque, ombragé, aux allées serpentant sur la colline, entrecoupées d'escaliers ;
  • tombes artistiquement décorées, souvent par les plus grands sculpteurs ;
  • tombes grandioses ;
  • le mur des Fédérés.

D'illustres sculpteurs et architectes feront de ce lieu un véritable musée dès le XIXe siècle : parmi eux, Guimard, Garnier, Visconti, Paillard ou Barris. La chapelle ainsi que le portail principal d'alors (boulevard de Ménilmontant) furent conçus par l'architecte néoclassique Étienne-Hippolyte Godde en 1823 et 1825. David d'Angers créa la plupart des monuments du « Quartier des Maréchaux d'Empire ».

De nombreuses tombes ont leurs fidèles, qui en assurent l'entretien.

Conservation du patrimoine[modifier | modifier le code]

La « partie romantique » du cimetière, soit environ la moitié de la superficie totale, constitue un site classé par arrêté du 17 décembre 1962[30]. Le site classé regroupe les divisions 4 à 34, 36 à 39, 47 à 58, 65 à 71, 73 à 75 et une partie de la division 76[1].

Plusieurs éléments du patrimoine funéraire du cimetière ont été inscrits ou classés aux monuments historiques entre 1983 et 2008[31] :

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Corneilles noires posées sur une croix

Avec ses 44 hectares, la première nécropole intra muros de Paris est aussi l'un des plus importants espaces verts. On y dénombre 5 300 arbres, soit un arbre pour treize sépultures. On y trouve essentiellement des érables, des frênes, des marronniers, des thuyas ainsi que des acacias, hêtres, noyers, platanes, robiniers, sophoras, tilleuls[39]. Au total, 400 espèces végétales ont été recensées[40].

Le cimetière contient deux arbres remarquables situés dans la 77e division[41]. Le premier est un érable de Montpellier (Acer monspessulanum L.) remarquable en raison de son âge. Planté en 1883, il mesure 12 mètres de haut et 2,25 mètres de circonférence. Le second est un marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum L.) remarquable en raison de son âge et de sa circonférence. Planté en 1880, il mesure 22 mètres de haut et 3,45 mètres de circonférence.

Le développement parfois excessif et non contrôlé de la végétation est critiqué. Le monument aux morts de Bartholomé est masqué partiellement par les arbres et l'humidité accélère la détérioration du monument[42].

La faune du Père-Lachaise est composée d'une quarantaine d'espèces d'oiseaux, dont des corneilles, des chouettes hulottes, des faucons crécerelles, des éperviers, des mésanges, des grimpereaux, des sittelles, des moineaux, des gobe-mouche gris et des rouge-queue à front blanc. On observe également des chats, des lézards, des chauve-souris, des fouines, des hérissons et des écureuils roux. Un essaim d'abeilles avait même trouvé refuge dans la tête en bronze de la statue de Casimir Perier. 264 espèces de coléoptères et une centaine de papillons ont été recensés[43],[39],[44].

Fonctionnement du cimetière au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le cimetière est géré par le service des cimetières de la Ville de Paris, rattaché depuis 1986 à la direction des parcs, jardins et espaces verts (DEVE)[45]. Le service des cimetières assure les missions d'accueil, renseignements des usagers et de surveillance, de fossoyage et d'inhumation, ainsi que de la valorisation du patrimoine architectural et végétal[46].

La durée de concession est de 10, 30 ou 50 ans ainsi que perpétuelle. Les tarifs sont les mêmes dans tous les cimetières parisiens intra muros. En 2012, une concession perpétuelle de 2 mètres carrés coûte 13 430 €, pour une cinquantenaire, 4 004 € euros, pour une trentenaire, 2 560 €, pour une décennale, 755 €. Pour une case au columbarium, il faut compter 1 725 € pour 50 ans et 1 105 € pour 30 ans et 365 € pour une concession temporaire de 10 ans[47].

Pour être enterré au cimetière du Père-Lachaise, il faut être domicilié à Paris, être décédé à Paris ou être placé dans un caveau existant. Cependant le cimetière est plein depuis les années 1950. Les reprises des concessions anciennes abandonnées permettent de récupérer plusieurs centaines de concessions par an dans les cimetières intra muros.

Le cimetière dans la culture[modifier | modifier le code]

Tombe de Balzac

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Dans la musique[modifier | modifier le code]

  • 2011 : Poids plume, titre issu de l'album En noir & blanc de Youssoupha pour Bomaye musik.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Christian Charlet, Le Père-Lachaise : Au cœur du Paris des vivants et des morts, Gallimard,‎ 2003 (ISBN 2070301559)
  2. « Dossier de presse - Toussaint 2013 », Ville de Paris (consulté le 4 novembre 2013)
  3. Dominique Raizon, « Le Père Lachaise fête son bicentenaire », sur rfi.fr,‎ mai 2004 (consulté le 24 octobre 2012)
  4. http://www.midinews.com/news-25430.html
  5. Marion Festraëts, « Redevenir poussière », L'express,‎ 13 novembre 1997 (lire en ligne)
  6. « Le succès de la crémation en France », Le Point,‎ 31 octobre 2012 (lire en ligne)
  7. http://www.senat.fr/rap/r05-372/r05-37223.html
  8. Vie diocésaine,‎ 16 juin 1883 (lire en ligne), p. 625
  9. a et b Théophile Astrié, Guide dans les cimetières de Paris,‎ 1865 (lire en ligne)
  10. « La chapelle du Père Lachaise », sur pariscatholique.fr (consulté le 14 septembre 2012)
  11. a, b et c Juliette Nunez, « La gestion publique des espaces confessionnels des cimetières de la Ville de Paris : l'exemple du culte musulman (1857-1957) », Le mouvement social, no 4,‎ 2011 (ISSN 9782707170019, lire en ligne)
  12. 12 Juin 1804 (23 prairial an XII): décret relatif au lieu d'inhumation.
  13. Frédéric Viey, « Historique du carré israélite du cimetière du Père Lachaise », sur http://www.judaicultures.info,‎ 2010 (consulté le 9 juillet 2012)
  14. N. Paul-Albert, Histoire du Cimetière du Père La Chaise, Paris, Gallimard,‎ 1937
  15. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1909 (lire en ligne)
  16. Gilles Plaut, Cimetière du Père-Lachaise : Division israélite (Division 7), Cercle de Généalogie Juive, 168 p.
  17. Louis Franville, « Le cimetière musulman de Paris », Gil Blas,‎ 1er août 1910 (lire en ligne)
  18. Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine, vol. 9, t. 2,‎ 1856 (lire en ligne), p. 394-395
  19. Conseil municipal de Paris, vol. 77,‎ 1933 (lire en ligne), p. 73
  20. Conseil municipal de Paris, vol. 147, t. 3,‎ 1910 (lire en ligne), p. 9
  21. J. D., « L'Islam à Paris », Journal des débats politiques et littéraires,‎ 21 septembre 1925 (lire en ligne)
  22. « Monuments à la mémoire des déporté(e)s victimes des camps de concentration et d'extermination nazis », Mairie de Paris : Musée de la Résistance nationale,‎ 2005
  23. Communiqué de l'association des familles des victimes du crash de Charm El-Cheikh
  24. http://www.histoire-fr.com/commission_executive_2.htm
  25. http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=1593
  26. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5570441.r=bazar+charit%C3%A9.langFR.textePage
  27. http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=154
  28. « Une stèle en hommage aux victimes de l'OAS », mairie de Paris.
  29. Jean-Michel Quillardet, « En hommage aux martyrs de la Commune de Paris », communiqué de presse, Grand Orient de France, 1er mai 2007.
  30. Nomenclature des voies de Paris
  31. « Notice no PA00086780 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. Liste des immeubles inscrits sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques au cours de l'année 1983, JORF no 74 complémentaire du 27 mars 1984, p. 2987, sur Légifrance.
  33. Liste des immeubles classés parmi les monuments historiques au cours de l'année 1983, JORF no 74 complémentaire du 27 mars 1984, p. 2982, sur Légifrance.
  34. Liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les monuments historiques au cours de l'année 1990, JORF no 96 du 23 avril 1991, p. 5379, NOR MCCE9100198K, sur Légifrance.
  35. a, b et c Liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les monuments historiques au cours de l'année 1995, JORF no 79 du 2 avril 1996, p. 5078, NOR MCCE9600150K, sur Légifrance.
  36. Liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les monuments historiques au cours de l'année 1991, JORF no 77 du 31 mars 1992, p. 4458, NOR MCCE9200116K, sur Légifrance.
  37. Liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les monuments historiques au cours de l'année 1994, JORF no 78 du 1er avril 1995, p. 5264, NOR MCCE9500125K, sur Légifrance.
  38. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2008, JORF no 77 du 1er avril 2009, p. 5779, texte no 46, NOR MCCL0906941K, sur Légifrance.
  39. a et b « Le Père Lachaise », sur mairie20.paris.fr (consulté le 29 octobre 2012)
  40. http://www.iledefrance.fr/uploads/tx_base/Brochureiledefrance-ilenature.pdf
  41. « Les arbres remarquables à Paris », sur paris.fr (consulté le 29 octobre 2012)
  42. Situation et perspectives de la place de la nature à Paris, APUR,‎ mai 2011 (lire en ligne)
  43. La multifonctionnalité des trames verte et bleue en zones urbaines et périurbaines, Institut d'aménagement et d'urbanisme d'Île-de-France,‎ décembre 2011 (lire en ligne)
  44. Audrey Chauvet, « Dans les cimetières, la vie végétale et animale reprend le dessus », 20 minutes,‎ 1er novembre 2011 (lire en ligne)
  45. « Histoire et patrimoine des cimetières parisiens » (consulté le 24 juillet 2012)
  46. « Dossier de presse - Toussaint 2010 », Ville de Paris (consulté le 24 juillet 2012)
  47. « Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Paris », sur paris.fr,‎ décembre 2011 (consulté le 24 octobre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger, Le champ du repos, ou le cimetière Mont-Louis, dit du Père Delachaise, Paris,‎ 1816 (lire en ligne)
  • C.-P. Arnaud, Recueil de tombeaux des quatre cimetières de Paris,‎ 1817-1825 (lire en ligne)
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  • Louis-Marie Normand, Monuments funéraires choisis dans les cimetières de Paris et des principales villes de France,‎ 1832 (lire en ligne)
  • Joseph Marty, Les principaux monuments funéraires de Père-Lachaise, de Montmartre, du Mont-Parnasse et autres cimetières de Paris, Paris, Amédée Bédelt,‎ 1839 (lire en ligne)
  • Théophile Astrié, Guide dans les cimetières de Paris,‎ 1865 (lire en ligne)
  • Henry Jouin, « La Sculpture dans les cimetières de Paris : Cimetière de l'Est (Le Père-Lachaise) », Nouvelles Archives de l'art français, Paris, vol. 13,‎ 1897, p. 103-238 (lire en ligne)
  • Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 [1re édition] [2e édition]
  • N. Paul-Albert, Histoire du Cimetière du Père La Chaise, Paris, Gallimard,‎ 1937
  • Gilles Plaut, Cimetière du Père-Lachaise : Division israélite (Division 7), Cercle de Généalogie Juive, 168 p.
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  • Christian Charlet, Le Père-Lachaise : Au cœur du Paris des vivants et des morts, Gallimard,‎ 2003 (ISBN 2070301559)
  • Pascal Payen-Appenzeller (photogr. Jean-Claude Debeurme), Promenades hors sentiers au bois du Père-Lachaise : Arbres et souches tumulaires, Montigny le Bretonneux, Yvelinédition, coll. « Le Piéton de Paris »,‎ 2005, 96 p. (ISBN 978-2-84668-045-5, lien OCLC?)
  • Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480)
  • Michel Dansel, Les Lieux de culte au cimetière du Père Lachaise, Guy Trédaniel,‎ 1999 (ISBN 978-2844450579)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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