Détroit (Michigan)

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Détroit
Héraldique
Héraldique
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Détroit (Michigan)
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Michigan Michigan
Comté Wayne
Type de localité City
Maire Mike Duggan (D)
Démographie
Population 706 585 hab. (2012[1])
Densité 1 909 hab./km2
Population Aire urbaine 4 292 060 hab. (2013)
Géographie
Coordonnées 42° 19′ 53″ N 83° 02′ 45″ O / 42.331427, -83.045753842° 19′ 53″ Nord 83° 02′ 45″ Ouest / 42.331427, -83.0457538  
Superficie 37 020 ha = 370,2 km2
· dont terre 359,4 km2 (97,08 %)
· dont eau 10,8 km2 (2,92 %)
Fuseau horaire EST (UTC-5)
Divers
Fondation 1701
Municipalité depuis 1806
Devise Speramus Meliora; Resurget Cineribus[2]
Surnom  Motor City (la ville du moteur)
Motown (contraction de Motor Town)
Hitsville (la ville des hits)
Hockeytown (la ville du hockey sur glace)
Localisation
Carte du comté de Wayne
Carte du comté de Wayne

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Détroit

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Détroit

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Détroit
Liens
Site web http://www.detroitmi.gov
Carte des Grands Lacs et du "détroit" par Guillaume Delisle en 1718.

Détroit (en anglais : Detroit, prononcé [dɪˈtʰɹɔɪt]) est la principale ville de l'État du Michigan aux États-Unis, largement plus connue que sa capitale Lansing, et siège du comté de Wayne. Fondée en 1701 par Antoine de Lamothe-Cadillac, elle constitue une ville portuaire importante, située sur la rivière Détroit dans le Mid-Ouest américain. Au XXIe siècle, la ville est connue principalement pour son industrie automobile, comme le soulignent les surnoms populaires de la ville  : the Motor City ou Motown. L'origine du nom de la ville provient du mot français, « détroit », nom de la rivière qui la traverse.

En 2012, avec ses 706 585 habitants[1], Détroit est la dix-huitième ville du pays par sa population. Son agglomération (Metro Detroit), qui compte 4 467 592 habitants[3], est la onzième des États-Unis.

Le 18 juillet 2013, Détroit est la première grande ville américaine à demander une mise en faillite[4], la ville ayant cumulé depuis des années une dette, devenue impayable, d'environ 18,5 milliards de dollars américains.

Les habitants sont appelés les Détroitien(ne)(s).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Détroit.

Période française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fort Pontchartrain du Détroit.

La ville est fondée en 1701 par le Français Antoine de Lamothe-Cadillac. La colonie est baptisée « Fort Pontchartrain du Détroit » en l'honneur de Louis II Phélypeaux de Pontchartrain, ministre de la Marine de Louis XIV, et selon la configuration des lacs Sainte-Claire et Érié dont elle occupe les rives occidentales. La colonie se développe à Détroit, mais sa présence ne consolide pas les liens entre les tribus de l'ouest et les Français, presque toutes les fourrures prenant la route de New York. En 1749 afin d'augmenter l'influence française dans la région, la couronne offre des terres gratuitement aux familles désireuses de s'y installer[5].

Période britannique[modifier | modifier le code]

Après la capitulation de Montréal en 1760, le major Rogers et ses 200 Rangers sont envoyés pour prendre possession de Détroit, alors sous le commandement français de François-Marie Picoté de Belestre. Ils rencontrent Pontiac en chemin et ce dernier se montre pacifique avec ses hommes, qui tout récemment encore étaient ses ennemis. Les Britanniques ont promis aux Indiens de l'ouest des échanges commerciaux plus avantageux dans le but d'acquérir leur loyauté. Cependant, les intentions des Britanniques sont bien différentes de leurs promesses. Les Français ont l'habitude d'approvisionner leurs alliés indiens en fusils et en munitions ainsi que de leur assurer certains services gratuitement. Le général Amherst décide que, dorénavant, s'ils désirent des armes, les Indiens doivent les obtenir grâce à des échanges commerciaux. De plus, les tribus doivent maintenant se rendre elles-mêmes aux postes de traite britanniques pour commercer et il est interdit aux commerçants britanniques d'acheter leurs biens avec du rhum. Les Indiens sont furieux et ne manquent pas de protester. En juin 1761, selon le nouveau commandant de Détroit Donald Campbell, les Outaouais incitent « toutes les nations de la Nouvelle-Écosse jusqu'à l'Illinois à prendre la hache de guerre contre les Anglais ».

Lorsque les troupes britanniques arrivent à Détroit, elles ont en leur possession le texte du traité de Paris par lequel la France renonce à ses possessions en Nouvelle-France. Les Nations amérindiennes alliées des Français refusent cette situation et continuent la guerre contre les Britanniques.

Le 27 avril 1763, le chef amérindien Pontiac a parlementé lors d'un conseil des chefs des différentes Nations amérindiennes, à environ une quinzaine de kilomètres au sud du fort de Détroit. Il rappela les enseignements du sage prophète Neolin qui prônait l'unité des Nations amérindiennes. Pontiac a convaincu un certain nombre de Nations, telles que celles des Outaouais, Ojibwés, Potawatomis et Hurons à se joindre à lui dans une tentative de s'emparer du fort de Détroit et d'en chasser les Britanniques. Commence en mai 1763 le siège de Fort Détroit pour en chasser les Britanniques.

Finalement, les Potowatomis et les Hurons se dissocient alors de Pontiac et brisent l'alliance. Le 25 juillet, Jacques Godfroy revient du fort de Chartres en Louisiane française avec une mauvaise nouvelle ; la France n'enverra aucun renfort pour venir en aide à Pontiac. Le moral est au plus bas lorsque, le 29 juillet, les Britanniques organisent une contre-attaque et 247 soldats surgissent du fort Détroit. Pontiac et ses hommes ont été informés de l'attaque par des Canadiens-français et attendent les soldats britanniques, qui sont mis en pièces.

Pontiac entreprend alors de se rendre lui-même en Louisiane pour demander des renforts au commandant Neyon. Il arrive sur les lieux en avril 1764 et Neyon lui explique qu'il ne désire pas se battre puisque la France et la Grande-Bretagne sont à nouveau en paix. Pendant son absence, un rival de Pontiac nommé Manitou entreprend de mettre fin aux hostilités et de pacifier les derniers partisans de Pontiac.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Selon les termes du traité de Paris, en 1783, Détroit est cédée au nouveau pays indépendant, les États-Unis d'Amérique. Les Britanniques, cependant, refusent de se plier à cette clause du traité. Les Américains ne peuvent prendre possession de Détroit qu'en 1796, au terme du traité de Londres[5].

En 1805, Détroit subit un incendie dévastateur, qui détruit la majeure partie de l'architecture coloniale française de la ville. Seuls un ancien entrepôt près de la rivière ainsi que les cheminées en briques subsistent[6]. Peu après, le père Gabriel Richard prononce la fameuse sentence latine, Meliora speramus ; cineribus resurget (« nous espérons des temps meilleurs ; elle renaîtra de ses cendres ») qui est devenu la devise officielle de la ville. Le juge Augustus B. Woodward dessine un plan, semblable à la conception de Pierre Charles L'Enfant pour la ville de Washington. Celui-ci organise un quadrillage de rues perpendiculaires autour d'une artère principale, nommée Woodward, elle-même perpendiculaire à la rivière. Ce plan crée également les quartiers de Grand Circus Park et Campus Martius[7].

De 1805 à 1847, Détroit est la capitale du Territoire, puis de l'État du Michigan. La ville tombe aux mains des Britanniques durant la guerre anglo-américaine de 1812, puis est reconquise par les Américains en 1813.

Avant la guerre de Sécession, la proximité de la frontière canadienne fait de Détroit un arrêt stratégique le long du chemin de fer clandestin[8].

Au cours du XIXe siècle, les urbanistes, suivant la philosophie de City Beautiful construisent un certain nombre de bâtiments des styles Beaux-Arts et baroque. Vers la fin du siècle, Détroit est alors surnommée le « Paris du Midwest » pour son architecture élégante et ses espaces publics ouverts[9].

Cadillac Motor Co. (1910)

La situation stratégique de Détroit au cœur des voies navigables des Grands Lacs en fait un centre logistique. La ville a continuellement grandi à partir de 1830 autour du transport lacustre, des chantiers navals et des industries manufacturières. En 1896, Henry Ford y construit sa première fabrique automobile dans un atelier situé sur Mack Avenue. En 1904, il fonde la Ford Motor Company. Ford, ainsi que d'autres pionniers de l'automobile comme William Crapo Durant, les frères Dodge, Packard, et Walter Chrysler contribuent au statut de capitale mondiale de l'automobile attribué à Détroit. Gourmande en espace, l'industrie automobile se déplace cependant rapidement en banlieue, à Hamtramck et Highland Park.

Entre 1900 et 1930, la ville se développe énormément, sa population augmente de 265 000 à plus de 1,5 million d'habitants. La croissance explosive de la cité ne se fait pas sans dommages. L'air et l'eau de la région sont pollués, et les rives du lac sont outrancièrement industrialisés et interdits aux résidents. Les taudis se sont développés dans plusieurs quartiers, en particulier la partie est, de plus en plus peuplée par les Afro-Américains, dès 1920. La tension raciale entre les résidents noirs et blancs mène à des émeutes, en 1943[10]. En 1950, Détroit affiche une population de 1 850 000 habitants.

Déclin de la ville[modifier | modifier le code]

Tandis que la population blanche de la ville diminue après 1950, sa population noire continue à se développer. Les noirs pauvres du Sud ont émigré en ville. Le 23 juillet 1967, des émeutes éclatèrent dans la partie est de la ville. Ce sont les émeutes les plus sanglantes et les plus destructrices de l'histoire des États-Unis, avec 43 morts, 467 blessés et plus de 2 000 bâtiments détruits.

La réputation de la ville s'en est ressentie et la population blanche quitte massivement la ville au début des années 1970, les Afro-Américains constituent désormais la majorité de la population et en 1973 le premier maire noir de la ville, Coleman Young, est élu. Young, membre de la gauche du parti démocrate, est un homme controversé. Tandis qu'il est apprécié d'une grande partie des habitants noirs de la ville, il est impopulaire parmi les blancs et les hommes d'affaires. La tendance démographique et le déclin économique de la ville continuent sous son mandat, qui s'achève en 1993.

Un des premiers signes du déclin économique de la ville a lieu en 1958 avec la fermeture de l'usine automobile Packard. De nombreux centre commerciaux, bibliothèques, hôtels et banques du centre ville sont désertés et laissé à l'abandon, laissant un paysage post-apocalyptique[11]. Détroit s'illustre également par son taux de criminalité record, la classant comme la ville la plus dangereuse des Etats-Unis et parmi les dix premières au monde pour le taux d'homicide (43.7 crimes pour 100 000 habitants par an)[12].

En mars 2013, le gouverneur de l'État du Michigan, Rick Snyder, entame une procédure de mise sous tutelle de la ville qui fait face à un passif de plus de 14 milliards de dollars américain[13]. Le 18 juillet 2013, la ville de Détroit déclare faillite alors que sa dette atteint 18,5 milliards de dollars[14]. En septembre 2013, la Maison-Blanche offre 320 millions de dollars à la ville pour qu'elle puisse détruire ou réparer les maisons abandonnées et améliorer son réseau de transport public.

Réorganisation autonome des habitants[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui la ville tente de conjurer ce déclin. Ainsi montre-t-elle certains signes de renaissance dans quelques quartiers (notamment dans le centre-ville et le long de la rivière), et les relations avec le milieu d'affaires sont rétablies. Néanmoins, la population municipale continue sa chute, Détroit a perdu un quart de ses habitants entre 2000 et 2010.

D'autre part, des mouvements autonomes d'autogestion, reprenant en grande partie le mouvement des Piqueteros, en Argentine, dans les années 1990, apparaissent à la suite de la crise économique. Leur mode de vie est basé sur[15] :

  • Le « Do It Ourselves » (faisons le nous-même en anglais), reprenant le mouvement international du « Do it yourself » (fais le toi-même en anglais) dont l'un des grands principes est la réappropriation de la production par des moyens simples, permettant de s'affranchir des industriels ayant délocalisé.
  • La consommation collaborative : jardins communautaires improvisés, entraide collaborative pour l'isolation des maisons, réutilisation des technologies pour la fabrication à la manière des fablab et débrouille en tout genre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Southfield Oak Park, Royal Oak Charter Township, Ferndale, Hazel Park, Warren Eastpointe Rose des vents
Redford Township, Dearborn Heights, Dearborn N Harper Woods, Grosse Pointe Woods, Grosse Pointe Farms
O    Détroit    E
S
Melvindale Lincoln Park, Ecorse, River Rouge, Windsor (Canada) Grosse Pointe Park, Grosse Pointe
Enclave : Hamtramck, Highland Park

Topographie[modifier | modifier le code]

Image satellite de l'agglomération de Détroit

Selon le Bureau du recensement des États-Unis, la superficie de la ville est de 370,2 km², dont 10,8 km² sont des surfaces lacustres ou fluviales. Le point le plus élevé de Détroit est au nord de la ville, à 204 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le point le plus bas est au bord de la rivière Détroit, à 176 m d'altitude. Les villes d'Highland Park et Hamtramck sont complètement entourées par Détroit ; les cinq communautés favorisées de Grosse Pointe sont à l'est de la ville, sur la rive du lac Sainte-Claire. À l'ouest de Détroit se trouvent Redford Township et la ville de Dearborn. Au nord, la ville et les comtés d'Oakland et de Macomb sont séparées par l'Eight Mile Road, une ligne historique de la démarcation raciale. Alter Road sépare la ville et la banlieue de Grosse Pointe Park, et est aussi connue comme une ligne de partage ; certains des quartiers les plus pauvres de Détroit sont situées d'un côté alors que ceux de l'autre sont riches.

Trois systèmes routiers y sont enchevêtrés : le système original français, le système d'avenues radiales organisé par Woodward et le système Nord-Sud issu de l'ordonnance du Nord-Ouest.

Détroit est située au nord de la ville de Windsor en Ontario. Elle est la seule ville majeure le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis où l'on doive aller vers le sud afin d'entrer au Canada. La cité possède quatre passages de frontière : le pont Ambassadeur et le tunnel de Détroit-Windsor, pour le trafic routier ; le tunnel Michigan Central Railway, pour le chemin de fer et le Détroit-Windsor Truck Ferry, qui permet aux camions de traverser la rivière. La frontière Détroit-Windsor étant le point de passage entre les États-Unis et la Canada le plus emprunté, la construction d'un deuxième pont routier est à l'étude. La ville est à mi-chemin entre Chicago et Toronto.

Climat[modifier | modifier le code]

Détroit a un climat continental, qui est influencé par les Grands Lacs. Les hivers sont généralement froids, avec les températures minimales pouvant descendre sous -10 °C, alors que les étés peuvent être chauds et humides, avec les températures qui souvent excèdent 32 °C. Les précipitations mensuelles varient entre 40 et 100 millimètres selon le mois de l'année, l'été étant la saison la plus arrosée. Les chutes de neiges se produisent typiquement de novembre à début avril. Leur hauteur est comprise en moyenne entre 3 et 25 centimètres par mois.

Relevé météorologique de Détroit (période 1961-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −9,1 −8 −2,8 2,7 8,4 13,5 16,3 15,3 11,4 4,9 0,1 −5,9 3,9
Température moyenne (°C) −5,1 −3,7 2,1 8,5 14,7 19,8 22,4 21,4 17,3 10,7 4,6 −2,1 9,2
Température maximale moyenne (°C) −0,9 0,7 6,9 14,3 20,9 26,1 28,5 27,4 23,3 16,4 8,9 1,8 14,5
Précipitations (mm) 44,7 44,2 64,8 74,9 74,2 91,7 80,8 87,1 73,4 53,3 67,8 71,6 828,5
Nombre de jours avec précipitations 7,7 7,3 9,4 9,6 8,3 8,5 7,7 7,3 7,8 7 8,6 9,9
Source : Le climat à Détroit (en °C et mm, moyennes mensuelles)climate zone.com


Population[modifier | modifier le code]

Évolution et répartition[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[16]
Année Habitants
1840 9 102
1850 21 019
1860 45 619
1870 79 577
1880 116 340
1890 205 876
1900 285 704
1910 465 766
1920 993 078
Année Habitants
1930 1 568 662
1940 1 623 452
1950 1 849 568
1960 1 670 144
1970 1 511 482
1980 1 203 339
1990 1 027 974
2000 951 270
2012 706 585

Au cours du XIXe siècle, la population de Détroit croît rapidement. La ville n'est cependant pas l'une des plus grandes du pays ; elle reste beaucoup plus petite que les villes de New York et Chicago. Cependant lors de la première moitié du XXe siècle, la population s'accroit de manière soutenue, surtout du fait du développement de l'industrie automobile, grâce à l'immigration européenne et aussi à la migration des populations (blanches et noires) du Sud des États-Unis. En 1930, Détroit est ainsi devenue la quatrième ville du pays, derrière New York, Chicago et Philadelphie. En 1950, la population atteint son optimum, avec 1 849 568 habitants.

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, la ville connait une évolution exactement inverse : entre 1950 et 2000, Détroit perd plus d'un million d'habitants[17], passant de 1 849 568 habitants en 1950 à 713 777 habitants en 2010. À cela s’ajoute l’impossibilité, pour des milliers de particuliers ayant emprunté, de rembourser leur dette en raison de la hausse des intérêts de leur prêt : selon la municipalité, 67 000 habitations auraient été saisies en trois ans. Malgré la politique de revitalisation de certains quartiers et la gentrification en cours, la tendance à la baisse continue à un rythme élevé : - 25 % entre 2000 et 2010[18].

Caractéristiques ethniques et sociales[modifier | modifier le code]

La répartition ethnique de la ville de Détroit se caractérise par une importante population afro-américaine, et une population blanche qui tend à diminuer ; la vaste majorité de la population blanche de la région métropolitaine vit dans la banlieue. En 2000, la population de la ville elle-même représentait 23 % de la population métropolitaine mais concentrait 75 % des Afro-Américains de l'agglomération[19].

Aujourd'hui les Afro-Américains forment une communauté très importante (81,6 % du total), en augmentation. Ce groupe se trouve dans tous les secteurs de la ville. La part des Blancs est beaucoup plus faible (12,3 %) que la moyenne nationale ; elle se concentre dans quelques quartiers du nord-ouest (comme Palmer Woods) et de l'est (Indian Village). La proportion des Latinos est plus faible (5,0 %) que dans le reste du pays, mais leur effectif augmente. Cette population se concentre au sud-ouest de la ville, dans le quartier de Mexicantown. La population asio-américaine est minime (1,0 %).

En 2000, le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (26,1 %) était deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Il est composé en majorité par 34,5 % de personnes âgées de moins de 18 ans, et de 18,6 % âgées de plus de 65 ans. Le revenu annuel moyen par habitant était de 14 717 dollars.

Administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Administration de Détroit.

Économie[modifier | modifier le code]

Le quartier des affaires de Détroit
The Renaissance Center siège social Mondial de General Motors.

Industries[modifier | modifier le code]

Détroit est la capitale de l'automobile américaine : les trois grandes firmes américaines (General Motors, Ford et Chrysler) y sont implantées. Le secteur automobile est représenté aussi par des entreprises françaises comme Renault, PSA, Michelin, Plastic Omnium, Faurecia et Valeo. Au total, les entreprises françaises y emploient 22 000 personnes selon le Figaro, édition du 1er juillet 2005.

Une ville en faillite[modifier | modifier le code]

En 2011, la ville de Détroit est dans une situation de faillite économique[20],[21],[22],[23], doublée d’une désertification industrielle et d’une chute démographique.

Au niveau industriel, les trois grands constructeurs automobiles implantés à Détroit (General Motors, Ford et Chrysler), en plus d’une délocalisation de leur production depuis 1950, connaissent une crise sans précédent : en tout, ce sont 400 000 emplois qui ont été perdus depuis 2008[24]. Dans certains quartiers, le taux de chômage à Détroit atteint ainsi les 50 %[25].

En 2013, avec une dette de 18,5 milliards, la ville demande sa mise en faillite.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Les vitres de Détroit[modifier | modifier le code]

Des chercheurs de l'université Georgia Tech. ont mené une étude, très sérieuse, sur le nombre moyen de vitres dans le champ de vision d’un habitant, pour les 15 plus grandes villes des États-Unis. Et si l'on compte l’agglomération, c’est Détroit qui arrive largement en tête, avec 3 200 vitres en moyenne dans le champ de vision d’un habitant. Loin devant l'agglomération de Chicago (1 200) et l’immense agglomération de New York (moins de 1 000).

Pour Détroit, ce résultat s’explique par le fait que 3 des 7 hautes tours de General Motors donnent directement sur un environnement urbain aplati par les nombreux parkings, ce qui fait que la vision d’un citadin, même banlieusard, peut toujours s’épanouir sur ces 3 tours. Et dans une moindre mesure par le fait que certains bâtiments de banlieue sont relativement hauts ; on compte 5 gratte-ciels au-dessus de 100 mètres dans la région « Metro Detroit ». Les habitants qui regardent ailleurs qu’au centre-ville n’abaissent donc pas la moyenne, ou très peu, alors qu’ils l’abaissent fortement à Chicago ou à New York. Pour résumer simplement, Détroit est une ville dont la hauteur des bâtiments est très variable : une tour de 73 étages, un parking, un immeuble de 7 étages, un parking, une tour de 25 étages, un parking, etc., ce qui laisse de nombreux trous, et donc de nombreuses vitres, au loin, dans le champ de vision.

Selon les sociologues, les 3 000 miroirs de ce formidable léviathan jouent le rôle de « social hammer », qu’on pourrait traduire par « enclume sociale ». La pression exercée par ces 3 000 regards potentiels, à chaque seconde, est trois fois plus forte que partout ailleurs aux États-Unis, et en moyenne 15 fois plus forte qu’en Europe.[réf. nécessaire]

Culture[modifier | modifier le code]

Au plan musical, Détroit a abrité le siège de la Motown (compagnie discographique consacrée à la soul) qui y possède son propre musée (Motown Museum) ; elle a été le berceau de plusieurs styles musicaux, comme le punk et la techno et a vu débuter de nombreux artistes tels Iggy Pop, Kid Rock, Martha and the Vandellas, Eminem, Insane Clown Posse, Smokey Robinson, Roland Hanna, Diana Ross, Marvin Gaye, Stevie Wonder, The Temptations, MC5, les Stooges et les Supremes, The Marvelettes, Aaliyah, The Jackson Five, Mary Wells, The Four Tops, Jay Dee, Mike Banks, Juan Atkins, Derrick May, Kevin Saunderson, Jeff Mills, D12, Obie Trice, les White Stripes, Mike Posner, Sixto Rodriguez, Walls of Jericho

Détroit possède également un remarquable orchestre symphonique, autrefois dirigé par Paul Paray et Antal Doráti notamment.

Musées[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

  • Deux principaux journaux :
    • The Detroit News
    • Detroit Free Press
  • Magazine d’informations :
    • The Metro Times
    • Crain's Detroit Business
    • Michigan Chronicle
    • Michigan Citizen
    • Hour Detroit
    • Detroit Home
    • DBusiness
  • Radio :
    • WDET (radio du service public)

Religion[modifier | modifier le code]

Église catholique[modifier | modifier le code]

Façade de l'église Sainte-Thérèse-d'Avila

Église catholique chaldéenne[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à Détroit.
Équipe Ligue Stade Création Titres
Red Wings de Détroit LNH (hockey sur glace) Joe Louis Arena 1926 11
Tigers de Détroit MLB (baseball) Comerica Park 1894 4
Lions de Détroit NFL (football américain) Ford Field 1930 4
Pistons de Détroit NBA (basket-ball) The Palace of Auburn Hills 1941 3

Transports[modifier | modifier le code]

La gare Michigan Central Station, désaffectée depuis 1988

La proximité de Détroit avec le Canada et son rôle industriel ont fait de Détroit un centre important bien relié par les réseaux de transport. Ceux-ci consistent en plusieurs autoroutes majeures, l'Interstate 94, l'Interstate 96, l'Interstate 75, l'Interstate 696, l'Interstate 275 et l'Interstate 375 en des connexions ferroviaires (bien que la grande gare voyageur de Michigan Central Station soit fermée depuis 1988) et en un aéroport important, l'Aéroport métropolitain de Détroit. Le transport dans la région métropolitaine de Détroit est assurée par un système complet de services de transit, les aéroports et un réseau avancé de autoroutes qui relient la ville et la région. Le Michigan Department of Transportation (MDOT) administre le réseau régional de routes principales et autoroutes.

Au niveau du transport en commun, la ville est dirigée par Detroit Department of Transportation (DOT) et ses banlieues par la Suburban Mobility Authority for Regional Transportation (SMART). La ville dispose d'un transport hectométrique, le Detroit People Mover.

Personnages célèbres liés, nés ou décédés à Détroit[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Détroit est jumelée avec :

Détroit a également un rapport très étroit avec la ville voisine :

Divers[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Bureau US du recensement, « Annual Estimates of the Population for Incorporated Places over 100,000, Ranked by July 1, 2007 Population: April 1, 2000 to July 1, 2007(SUB-EST2007-01) » (consulté le 11 octobre 2008).
  2. Cette devise latine a été inscrite sur le drapeau de la ville, de chaque côté du sceau qui occupe son centre, à l'initiative de Gabriel Richard, après l'incendie de 1805.
  3. (en) Bureau US du recensement, « Estimates of Population Change for Metropolitan Statistical Areas and Rankings: July 1, 2006 to July 1, 2007 » (consulté en 11 octobre 2008).
  4. « La ville de Détroit est déclarée en faillite.site=Site internet du journal La Presse.ca »
  5. a et b « L'Ontario français durant les 17e et 18e siècles - Détroit » (consulté le 11 octobre 2008).
  6. (en) « Ste. Anne de Détroit » (consulté en 13 octobre 2008).
  7. (en) Michigan History Magazine (Sept-Oct 1999), Campus Martius (Detroit's Field of Mars), David Lee Poremba.
  8. (en) Charles Blockson, Henry Chase, « American Visions »,‎ 1995 (consulté en 13 octobre 2008).
  9. (en) Woodford, Arthur M. (2001). This is Detroit: 1701–2001. Wayne State University Press.
  10. (en) Baulch, Vivian M. et Patricia Zacharias (11 février 1999). 1943 Detroit race riots. Michigan History, The Detroit News. Consulté le 19 octobre 2008.
  11. The Ruins of Detroit par les photographes français Yves Marchand et Romain Meffre
  12. http://www.americas-fr.com/tourisme/informations/les-villes-les-plus-dangereuses-du-monde-11072.html
  13. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/02/28/005-detroit-tutelle-faillite.shtml
  14. La ville américaine de Détroit se déclare en faillite, Le Monde, 18 Juillet 2013
  15. (fr) Détroit, tu l’aimes ou tu la quittes… pas !
  16. Source : données du Bureau du recensement
  17. Voir notamment Detroit : ruin of a city (2005), un film documentaire de Michael Chanan et George Steinmetz sur Détroit et son industrie automobile [1]
  18. Detroit aurait perdu un quart de sa population en 10 ans, GéoPopulation, 23 mars 2011.
  19. Cynthia Ghorra-Gobin, « De la ville à l'urban sprawl, la question métropolitaine aux États-Unis », [2], dans Cercles, 13, 2001
  20. Allan Popelard et Paul Vannier, « Detroit, la ville afro-américaine qui rétrécit : Bilan d’étape pour M. Obama », Le Monde diplomatique,‎ janvier 2010 (lire en ligne)
  21. John Nichols, « « Nous avons perdu Detroit » : Faillites municipales en série aux États-Unis », Le Monde diplomatique,‎ octobre 2013 (lire en ligne)
  22. Il faut sauver Détroit, Courrier International, 30 mars 2011.
  23. La ville de Détroit au bord de la faillite, News 26, 22 novembre 2011.
  24. Detroit la sinistrée tourne le dos aux démocrates, Le Figaro, 27 octobre 2010.
  25. Le taux de chômage de Détroit atteint presque 50 %, Melvine en Action, 16 décembre 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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