Indre-et-Loire

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Indre-et-Loire
Image illustrative de l'article Indre-et-Loire
Indre-et-Loire
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Création du département 4 mars 1790
Chef-lieu
(Préfecture)
Tours
Sous-préfecture(s) Chinon
Loches
Président du
conseil général
Frédéric Thomas
Préfet Jean-François Delage
Code Insee 37
Code ISO 3166-2 FR-37
Code Eurostat NUTS-3 FR244
Démographie
Gentilé Tourangeau, Indroligérien ou Indréloirien (fém. : Tourangelle, Indroligérienne, Indréloirienne)[1]
Population 605 819 hab. (2012)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Superficie 6 127 km2
Subdivisions
Arrondissements 3
Circonscriptions législatives 5
Cantons 37
Intercommunalités 24
Communes 277

L'Indre-et-Loire est un département français situé en région Centre. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 37. Sa préfecture est Tours.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire d'Indre-et-Loire.

Le département d'Indre-et-Loire fut créé en 1790 avec les 82 autres départements français. Son territoire reprenait presque exactement les limites de l'ancienne province de Touraine à laquelle fut ajoutée toute la partie orientale de l'ancienne province d'Anjou allant de Bourgueil, sur la Loire, jusqu'à Château-la-Vallière au nord en passant par le domaine de Gizeux.

La ville de Richelieu, qui fut, dès sa création par le cardinal de Richelieu, rattachée sur le plan administratif, judiciaire et financier, au gouverneur de Saumur et au pays saumurois, fut intégrée au tout nouveau département d'Indre-et-Loire en 1790. En revanche la partie orientale de l'ancienne province de Touraine fut rattachée aux département de Loir-et-Cher (région de Montrichard) ou de l'Indre (environs de Mézières-en-Brenne et Écueillé).

L'Indre-et-Loire coupée par la ligne de démarcation.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes prussiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Durant l'occupation allemande, pendant la Seconde Guerre mondiale, le département fut coupé en deux par la ligne de démarcation.

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« D'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules de vingt-deux pièces. »

Politique[modifier | modifier le code]

1789 - 1870 : Une terre conservatrice mais avant tout modérée[modifier | modifier le code]

La Touraine, séjour des rois de France, demeura longtemps une terre conservatrice, comme le note Honoré de Balzac dans plusieurs de ses romans. Néanmoins, avant tout, elle demeure une terre modérée, rarement en proie aux passions politiques. Au cours des premières années de la Troisième République elle demeurait royaliste.

L'Indre-et-Loire sous la République : une terre radicale[modifier | modifier le code]

Vers le républicanisme rural.[modifier | modifier le code]

Peu à peu néanmoins, le département d'Indre-et-Loire devint une terre de républicanisme et, plus précisément, de radicalisme tempéré puis de radical-socialisme, à dominante rurale. C'est ainsi que le gendre du président Jules Grévy, M. Wilson, fut député de Loches. Camille Chautemps fut député d'Indre-et-Loire durant l'entre-deux-guerre. Après la victoire de 1918 la rue Royale à Tours devint la rue Nationale. Cet ancrage au centre-gauche fut une constante jusqu'à la guerre de 1940, même si, les décennies passant, il se colora d'un certain conservatisme.

Saint-Pierre-des-Corps, bastion communiste[modifier | modifier le code]

Dès sa naissance en 1920 au congrès de Tours, le Parti communiste français fut fort d'un bastion en Indre-et-Loire, celui de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, qui, par ses implantations ferroviaires, est fort d'une identité ouvrière. La commune ne l'a d'ailleurs jamais trahi depuis, et Marie-France Beaufils demeure à la fois maire et sénatrice de Saint-Pierre.

L'après-guerre en Touraine : Jean Royer et André-Georges Voisin[modifier | modifier le code]

L'Indre-et-Loire de l'après-guerre est assez largement dominée par deux figures fortes : celle de Jean Royer, maire de Tours de 1958 à 1995 et député du département de 1958 à 1999, infatigable bâtisseur, et celle d'André-Georges Voisin (1918-2008), conseiller général de l'Île-Bouchard, président du Conseil Général des années 1970 au début des années 1990, qui dota la Touraine de son étoile autoroutière à cinq branches et construisit un grand nombre de ponts. Ces deux personnalités gaullistes n'en demeurent pas moins singulières, et peu en phase avec les découpages partisans classiques.

Le retour à la tradition de centre-gauche ?[modifier | modifier le code]

Le basculement de la mairie de Tours à gauche en 1995 et celui du département en mars 2008 confirment le retour d'une gauche modérée sur la scène politique tourangelle. Jean Germain, en ce sens, s'inscrit bel et bien dans une tradition radicale et socialiste dont Yves Dauge, sénateur de Chinon, n'a cessé d'être le représentant. Quant au conseil général présidé par Claude Roiron puis Marisol Touraine, il a basculé pour la première fois à gauche lors des cantonales de mars 2008 ; la carte politique du département n'en est pas moins très duale, entre des campagnes massivement à droite et une agglomération tourangelle à gauche. À ce titre, il semble hasardeux de parler de retour à une tradition politique : le socialisme urbain d'aujourd'hui semble a priori bien éloigné du radicalisme rural d'hier.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte d'Indre-et-Loire

Situation[modifier | modifier le code]

Le département d'Indre-et-Loire fait aujourd'hui partie de la région Centre qui regroupe également les départements d'Eure-et-Loir, de Loir-et-Cher, du Loiret, de l'Indre et du Cher.

Le département a une superficie de 6 127 km2 qui le place au 41e rang national en importance de taille et au 5e rang régional sur 6. Il est limitrophe des départements de Loir-et-Cher au nord-est, de l'Indre au sud-est, de la Vienne au sud-ouest, de Maine-et-Loire à l'ouest et de la Sarthe au nord.

Un parc naturel régional concerne en partie le département d'Indre-et-Loire : le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine, situé entre Angers (Maine-et-Loire) et Tours.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Le département d'Indre-et-Loire se situe à l'extrémité sud du Bassin parisien.

Le département d'Indre-et-Loire est traversé d'est en ouest par la Loire qui sépare le département en deux parties avec au nord la Gâtine et au sud la Champeigne. C'est dans ce département que le Cher, l'Indre et la Vienne se jettent dans la Loire.

La topographie du département dépasse souvent les 100 mètres mais jamais les 200 mètres et est assez vallonnée au sud toujours à proximité des rivières (Céré-la-Ronde près de Montrichard est le point culminant du département avec 187 mètres d'altitude), alors que le nord demeure tabulaire qui n'est autre que la Gâtine tourangelle en revanche la rive nord longeant la Loire est un peu plus vallonnée.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat d'Indre-et-Loire est tempéré. La Loire est souvent utilisée comme frontière climatique entre nord et sud de la France. Les étés sont en règle générale assez chauds (température maximale annuelle dépassant toujours les 33 °C), des températures supérieures à 42 °C ont ainsi été enregistrées en 1947 et 2003.

À l'inverse, les températures très basses sont rares, descendant rarement sous les −10 °C seuil franchi en 1985/1986 et 1996/1997. La Loire gèle alors, on rapporte ainsi que lors d'un hiver particulièrement rigoureux on a pu la traverser à pied (hiver 1956). Le fleuve charrie des blocs de glace lorsque la température descend sous les −10 °C.

La pluviométrie est assez faible (de 500 à 700 mm par an), ce qui peut engendrer de graves situations de sécheresse comme en 1976, 2003 ou 2006. La neige est également rare (pas plus de 10 jours par an).

Relevé observé de 1971 à 2000, à la station météorologique de Tours (37)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,8 2 3,6 5,1 8,7 11,5 13,5 13,3 10,9 7,9 4 2,7 7,1
Température moyenne (°C) 4,4 5,3 7,8 9,8 13,7 16,7 19,3 19,3 16,2 12,1 7,3 5,3 11,4
Température maximale moyenne (°C) 7 8,5 11,9 14,5 18,6 21,9 25 25,2 21,5 16,3 10,6 7,8 15,7
Ensoleillement (h) 69 92 143 166 211 215 239 254 169 113 78 50 1 799
Précipitations (mm) 64 63 51 56 64 47 53 50 56 63 65 72 704
Source : Météo-Centre.fr
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
7
1,8
64
 
 
 
8,5
2
63
 
 
 
11,9
3,6
51
 
 
 
14,5
5,1
56
 
 
 
18,6
8,7
64
 
 
 
21,9
11,5
47
 
 
 
25
13,5
53
 
 
 
25,2
13,3
50
 
 
 
21,5
10,9
56
 
 
 
16,3
7,9
63
 
 
 
10,6
4
65
 
 
 
7,8
2,7
72
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Économie[modifier | modifier le code]

Tours : une agglomération tertiaire et administrative[modifier | modifier le code]

Ville bourgeoise et commerçante, Tours, en dépit des implantations ferroviaires à Saint-Pierre-des-Corps, ne fut jamais un centre industriel de grande ampleur. Son centre, classiquement, abrite des services de qualité, de commerce et de restauration, dans les domaines culturel ou de d'habillement ; en matière d'enseignement, il est doté de plusieurs lycées, dont le prestigieux lycée Descartes, et de l’université François-Rabelais. Il est structuré autour d’importantes administrations, la mairie de Tours, le conseil général d’Indre-et-Loire, ainsi que la préfecture du département.

L'économie rurale en Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

Il convient de distinguer en Indre-et-Loire quatre ensembles ruraux, bien distincts sur les plans géographique et économique.

L'axe ligérien[modifier | modifier le code]

Traditionnellement la Loire est propice au développement des cultures maraîchères. Elle le demeure aujourd'hui. S'y rattachent les vignobles de Vouvray.

Le Chinonais[modifier | modifier le code]

Les pays de la Vienne se distinguent par l'importance du vignoble de Chinon, et la structure en domaines et coopératives viticoles, très prégnante dans l'économie rurale. La centrale nucléaire EDF d'Avoine-Chinon emploie plus de 1200 personnes, plus de 800 personnes dans la sous traitance, et environ 700 emplois dans les entreprises installées sur la zone industrielle du Véron.

La Gâtine (Touraine du nord et du nord-ouest)[modifier | modifier le code]

Espace pauvre et en déprise partielle, la Gâtine tourangelle est touchée de plein fouet par les mutations du monde agricole.

La Touraine du sud-est[modifier | modifier le code]

Espace rural préservé, traditionnel et polyvalent sur le plan agricole, la Touraine du sud-est, autour de Loches, est surtout un lieu de tourisme, de villégiature ; les résidences secondaires y tiennent une place importante.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants d'Indre-et-Loire sont appelés Tourangeaux (par analogie entre le département actuel et l'ancienne province de Touraine qui lui correspondait). Cette appellation peut parfois prêter à confusion, et on a connu différentes tentatives sans succès pour trouver un autre gentilé aux habitants du département, comme Indréloiriens ou Indro-ligériens.

Évolution démographique de l’Indre-et-Loire
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
364 701 395 206 437 866 478 597 506 093 529 345 554 003
2006 2007 2010 2012 - - -
580 312 583 086 597 724 605 819 - - -
(Sources : Insee[2],[3],[4],[5])


Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia)

Grandes villes d'Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

La préfecture et Conseil général d'Indre-et-Loire à Tours

Ci-dessous est donnée la population des vingt communes les plus peuplées d'Indre-et-Loire. Les chiffres sont ceux de la population légale 2007 établie par l'INSEE. Ces populations légales, entrées en vigueur le 1er janvier 2010, ont été calculées conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003. Leur date de référence statistique est le 1er janvier 2007.

La plupart de ces communes font partie de l'agglomération de Tours.

Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, le département comptait 4,4 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Indre-et-Loire dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Culture[modifier | modifier le code]

La bibliothèque départementale de prêt permet aux petites communes et à ses habitants de disposer d'une offre en matière de lecture.

La bibliothèque d'étude de la Société archéologique de Touraine met à la disposion des curieux et des chercheurs (autorisés) un important fonds d'ouvrages concernant l'histoire, l'archéologie et la patrimoine de l'Indre-et-Loire et de l'ancienne Touraine, l'histoire de France, ses problématiques et méthodes.

Des initiatives récentes développent la mémoire de la batellerie ligérienne en Indre-et-Loire, dans le périmètre du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l'UNESCO[7], avec la préservation ou la reconstitution d'anciens bateaux de Loire comme, par exemple, à Tours, grâce à l'association Boutavant[8], à Savonnières avec le scute Dame Périnelle, classé au Patrimoine fluvial depuis 2012[9], construit par l'association Les bateliers du Cher[10] ou à Lignières-de-Touraine avec le chaland La Fillonnerie construit par l'association Ancre de Loire[11], qui sont le prétexte à des actions archéologiques et pédagogiques.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • LANGEAIS (Histoire de), chanoine Bosseboeuf, Le Livre d'histoire, Paris 1990 . (ISBN 2-87760-471-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir «Les habitants de votre département ont-ils un nom ? » sur Libération, 29 juin 2013.
  2. Évolution démographique du département sur le site de l'Insee. Consulté le 04/01/2010.
  3. Population départementale 2006 sur le site de l'Insee. Consulté le 04/01/2010.
  4. Population départementale 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 01/01/2010.
  5. Population départementale totale à compter du 1er janvier 2013 sur le site de l'Insee.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l fait partie de l'agglomération de Tours
  7. Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes - Patrimoine mondial de l'UNESCO
  8. Tours – Balades en Loire : une toue de la Ville de Tours remontera la Loire jusqu’à l’abbaye de Marmoutier. sur le site resistanceinventerre.wordpress.com (consulté le 13 juillet 2012)
  9. Dame Périnelle sur le site officiel de la Fondation du patrimoine maritime et fluvial
  10. Le projet de scute médiéval fluvial à Savonnières
  11. Le chaland La Fillonnerie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]