Île Saint-Louis

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Île Saint-Louis
Le sud de l’île Saint-Louis, avec le quai d’Orléans, vu depuis le pont de la Tournelle.
Le sud de l’île Saint-Louis, avec le quai d’Orléans, vu depuis le pont de la Tournelle.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Aucun
Localisation Seine
Coordonnées 48° 51′ 07″ N 2° 21′ 24″ E / 48.851944, 2.356667 ()48° 51′ 07″ N 2° 21′ 24″ E / 48.851944, 2.356667 ()  
Superficie 0,11 km2
Géologie Île fluviale
Administration
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Démographie
Population 2 465 hab. (2007)
Densité 22 409,09 hab./km2
Gentilé Ludovisiens
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

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(Voir situation sur carte : France)
Île Saint-Louis
Île Saint-Louis

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Île Saint-Louis
Île Saint-Louis
Îles de France

L’île Saint-Louis est une île de la Seine située en plein cœur de Paris, dans le 4e arrondissement, juste en amont de l’île de la Cité. L’île Saint-Louis avait une population de 2 465 habitants au 1er janvier 2007[1]. Les habitants de l’île Saint-Louis sont les Ludovisiens[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du 4e arrondissement de Paris ; l’île Saint-Louis est située au centre, vers le bas de la carte.

L’île Saint-Louis est, avec l’île de la Cité, l’une des deux îles naturelles de la Seine subsistant encore de nos jours à Paris (l’actuelle île aux Cygnes est entièrement artificielle).

Située immédiatement en amont de l’île de la Cité, elle est la plus petite des deux avec une superficie de 11 ha. Elle prend la forme d’un parallélogramme de 525 m sur son grand côté et de 250 m sur son petit côté, orienté dans une direction générale vers le nord-ouest. Sa plus grande diagonale, entre la pointe nord-ouest (place Louis-Aragon) et la pointe sud-est (square Barye), atteint un peu plus de 700 m.

Administrativement, l’île Saint-Louis fait partie du l’arrondissement de l’Hôtel-de-Ville mieux connu sous l’appellation de 4e arrondissement, dont elle marque la limite sud-est. L’île Saint-Louis et la partie orientale de l’île de la Cité forment le quartier Notre-Dame ou 16e quartier de Paris, l’un des quatre quartiers administratifs du 4e arrondissement.

Avant 1860, l’île Saint-Louis faisait partie de l’ancien 9e arrondissement de Paris et formait à elle seule l’ancien « quartier de l’Île-Saint-Louis ».
Sous la Révolution, elle constituait l'une des 48 sections révolutionnaires parisiennes baptisée section de la Fraternité.

L’île Saint-Louis est reliée au reste de l’arrondissement sur la rive droite du fleuve par trois ponts, plus un quatrième qui la relie à l’île de la Cité, et au 5e arrondissement, sur la rive gauche, par deux autres ponts.

Historique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Avant son urbanisation, le site actuel de l’île Saint-Louis est appelé l’île Notre-Dame. Elle est donnée par le roi Charles le Chauve à l’évêque de Paris en 867. Les chanoines de Notre-Dame en récupèrent la propriété peu après. L’île est reliée à la rive gauche du fleuve par une passerelle à l’emplacement de l’actuel pont de la Tournelle[3]. Elle sert essentiellement de zone de pâturage et d’entrepôt, mais également parfois à certaines cérémonies parisiennes[4].

Au XIIIe siècle, lorsque Paris est fortifié par l’enceinte de Philippe Auguste, un chenal coupe en deux l’île actuelle, alors inhabitée, dans le prolongement des murs d’enceinte. La partie ouest (à peu près les deux tiers) est appelée île Notre-Dame, et la partie est île aux Vaches.

L'île aux Vaches était une île inhabitée essentiellement recouverte de prairies. Elle fut réunie à l'île Notre-Dame située immédiatement en aval à la fin du XVIIe siècle, lors de l'opération urbaine qui contribua à former l'actuelle île Saint-Louis[5].

Urbanisation[modifier | modifier le code]

À gauche sur l'image, l'île Notre-Dame (ie partie occidentale de l'île Saint-Louis actuelle) en 1590 ou 1593 ; à cette époque l'île n'est pas encore lotie. (Musée Carnavalet)
Rue Saint-Louis-en-l’Île en 2007 vue dans la direction du pont de Sully
L'île Saint-Louis en 1630 (plan de Tavernier)

Des projets d’urbanisation de ces deux îles sont élaborés sous le règne d’Henri IV, mais c’est sous le règne de son fils Louis XIII, sous la régence de Marie de Médicis en 1614, que cette tâche est confiée à Christophe Marie, entrepreneur général des Ponts. Il s’agit alors d’une des premières opérations d’urbanisme d’envergure à Paris. Marie s’associe à deux entrepreneurs, Lugles Poulletier et François Le Regrattier, et est chargé à ses frais de combler le chenal, de construire des ponts pérennes et de renforcer les quais, en échange d’un droit sur le lotissement du terrain.

Malgré l’opposition des chanoines de Notre-Dame, l’île est habitée et couverte de maison depuis environ 1640[6], les opérations d’urbanisme se poursuivent pendant une trentaine d’années jusqu’à la moitié du XVIIe siècle. Le chenal séparant les deux îles est comblé afin de ne former qu’une seule île. Celle-ci est entourée de quais visant à assurer la stabilité et l’horizontalité de la zone ; leur hauteur permet de maintenir le terrain à l’abri des crues du fleuve. Le plan des rues adopte une forme en damier où les voies de circulation se coupent à angle droit. L’île est structurée par la rue Saint-Louis-en-l’Île, sa principale artère, qui la parcourt pratiquement sur toute sa longueur d’Est en Ouest.

L’île Saint-Louis voit également la construction d’un nombre important d’hôtels particuliers, qui la font surnommer « l’île des palais ». Le lotissement est pratiquement achevé en 1664[5]. Un certain nombre de ces hôtels sont l’œuvre de l'architecte Louis Le Vau (qui s’y installe d’ailleurs avec sa famille en 1639) et de son frère François Le Vau (lui aussi installé sur l’île). Ce dernier dessine les plans de l’église Saint-Louis-en-l’Île, bâtie en 1644.

Plusieurs ponts sont construits afin de relier l’île au reste de la capitale : le pont Marie est achevé en 1635[7], le pont de la Tournelle en 1656[3]. La liaison entre l’île Saint-Louis et l’île de la Cité, inaugurée vers 1630, s’effondre à plusieurs reprises et sera reconstruite six fois au cours des siècles suivants[8].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

L’île Saint-Louis tire son nom actuel (depuis 1725) du roi Louis IX, surnommé Saint Louis, saint patron et ancêtre de Louis XIII. Selon la légende, il avait l’habitude de venir prier sur l’île aux Vaches et y aurait pris la croix avec ses chevaliers en 1269 avant de partir pour la huitième croisade (expédition qui lui sera fatale : Louis IX mourra de dysenterie sous les murs de Tunis un an plus tard).

Après son urbanisation, le centre de gravité de la capitale se déplace en aval du fleuve et l’île Saint-Louis ne connaît que peu de transformations. Le pont Louis-Philippe relie l’île à la rive droite en 1862[9]. Le pont de Sully est construit à l’est de l’île en 1876 en remplacement de deux passerelles[10]. Le pont Saint-Louis, dernier avatar des passerelles entre les deux îles, est inauguré en 1970[8].

Depuis le début des années 1980, l’île Saint-Louis est un choix privilégié pour les résidences secondaires ou pieds-à-terre à Paris. À l’intérieur de l’île, les appartements de petites surfaces ont été majoritairement transformés en résidences secondaires[11].

L'hôtel Lambert appartenant à Abdallah Ben Abdallah-Al-Thani, de la famille princière du Qatar, a connu un important incendie en juillet 2013.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le clocher et l’horloge de l’église Saint-Louis-en-l’Île.

L’île Saint-Louis est à vocation exclusivement résidentielle et contient un certain nombre d’hôtels particuliers en bord de Seine.

Parmi les hôtels de l’île en bord de Seine, on peut citer :

La seule église de l’île est l’église Saint-Louis-en-l’Île, œuvre de l’architecte François Le Vau, frère cadet de Louis Le Vau.

La pointe amont de l’île est occupée par le square Barye, qui contient un monument au sculpteur Antoine-Louis Barye.

Le glacier Berthillon, réputé fabriquer parmi les meilleurs sorbets de Paris, est installé au 29/31, rue Saint-Louis-en-l’Île.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre de l’Île-Saint-Louis, situé quai d’Anjou, offre une petite salle à l’italienne et programme des créations contemporaines et des concerts.

Transports[modifier | modifier le code]

Ponts[modifier | modifier le code]

Cinq ponts permettent d’accéder à cette île, depuis les rives droite et gauche de la Seine ou depuis l’île de la Cité :

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Voies[modifier | modifier le code]

L’île Saint-Louis, vue depuis l’Institut du monde arabe. À gauche, l’île de la Cité.

L’île Saint-Louis est entourée par quatre quais, chacun délimitant grossièrement un quart de l’île :

  • quai d’Anjou (rive droite de l’île, du pont Sully au pont Marie) ;
  • quai de Bourbon (rive droite, du pont Marie jusqu’à la pointe avale et au pont Saint-Louis) ;
  • quai d’Orléans (rive gauche, du pont Saint-Louis au pont de la Tournelle) ;
  • quai de Béthune (rive gauche, du pont de la Tournelle au pont Sully).

L’île est traversée en son milieu par la rue Saint-Louis-en-l’Île, unique voie de circulation qui soit parallèle à la Seine (à l’exception des quais).

Les autres voies de l’île sont toutes perpendiculaires à la rue Saint-Louis-en-l’Île, à l'exception du boulevard Henri-IV. Elles traversent l’île de part en part, sauf trois qui s’arrêtent à la rue Saint-Louis-en-l’Île. Depuis l’amont vers l’aval, on trouve successivement :

En outre,

  • la place Louis-Aragon est située sur la pointe nord-ouest (pointe aval) de l’île, au-delà du quai de Bourbon.

Transports en commun[modifier | modifier le code]

L’île Saint-Louis n'est desservie directement par aucune ligne de métro. Les stations les plus proches sont celles de Pont Marie et Sully - Morland, sur la ligne 7, sur la rive droite de la Seine.

La ligne de bus 67 traverse l’île du nord vers le sud le long de la rue des Deux-Ponts et possède un arrêt situé à peu près au milieu de l’île. À l’est, sur le boulevard Henri-IV, les lignes 86 et 87 possèdent un arrêt dans les deux sens, entre les deux parties du pont Sully.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2007, l’île Saint-Louis compte 2 465 habitants[1]. Avec 22 400 hab./km², la densité de population de l’île est comparable à la moyenne parisienne.

Le tableau ci-dessous résume l'évolution de la population de l'île depuis 1800 (chiffres manquants pour les recensements de 1861 à 1990)[12],[13],[1].

1800 1817 1831 1836 1841 1846 1851 1856
4 703 5 778 6 078 6 548 7 141 7 625 8 296 9 739
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
- - - - - - - -
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
- - - - - - - -
1954 1962 1975 1982 1990 1999 2007 -
- - - - - 2 984 2 465 -


Personnalités[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c INSEE, « Données infra-communales - Population (2007) France - IRIS » (consulté le 18 novembre 2010)
  2. Frédéric Vitoux, Mes îles Saint-Louis, Chêne / Hachette, 1981, 172 pages, ISBN 2-85108-291-4 , page 135 in « chapitre S Sémaphore ».
  3. a et b « Pont de la Tournelle », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  4. « Histoire de l’Île Saint-Louis », marais.evous.fr (consulté le 07/07/2008)
  5. a et b « L’Île Saint-Louis », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  6. Nomenclature des rues de Paris édition de 1816 page 36
  7. « Pont Marie », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  8. a et b « Pont Saint-Louis », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  9. « Pont Louis-Philippe », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  10. « Pont de Sully », Ville de Paris (consulté le 07/07/2008)
  11. http://www.franceculture.fr/emission-planete-terre-que-cachent-ces-residences-secondaires-au-coeur-des-capitales-2013-07-17
  12. Préfecture de la Seine, « Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine, Tome VI » (consulté le 18 novembre 2010)
  13. [xls] INSEE, « Population par âge (1999) - Données par IRIS (département 75) » (consulté le 18 novembre 2010)
  14. Claude Mauriac, Le Temps Immobile, passim

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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