Givenchy

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'entreprise de confection ; pour les parfums, voir Parfums Givenchy ; pour son fondateur, voir Hubert de Givenchy
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Givenchy, qui était au départ une maison de haute couture créée par Hubert de Givenchy en 1952, est devenue une marque de luxe : couture, parfums, prêt-à-porter, maroquinerie, bijoux, etc. Rattaché au groupe LVMH depuis 1988, Givenchy est une des marques phares du nouveau luxe contemporain. Son activité se développe autour de deux métiers : la mode et les parfums et cosmétiques avec les Parfums Givenchy.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le siège de l'avenue George-V

Maison Givenchy : les débuts[modifier | modifier le code]

En 1952, Hubert de Givenchy quitte Schiaparelli et fonde sa maison de couture avec le financement de Louis Fontaine, son beau-frère, propriétaire de Prisunic[1]. Il lance les « séparables », jupes légères et blouses bouffantes en coton brut[2].

Givenchy accède à la notoriété grâce à une collection que Vogue qualifiera de « magnifique première collection »[3] et dont la pièce maîtresse est la « Blouse Bettina », un chemisier blanc nommé en l’honneur de Bettina et immortalisé par un dessin de René Gruau. Les mannequins stars Suzy Parker, sa sœur Dorian Leigh, Ivy Nicholson, Sophie Litvak font partie de ce premier défilé.

En 1954, Hubert de Givenchy présente la première robe-chemise (qui évoluera en robe-sac en 1957). Il est l'un des premiers couturiers, en même temps que Jacques Fath ou Jean Dessès l'année suivante, à proposer une ligne de prêt-à-porter de luxe, « Givenchy Université », fabriquée à Paris sur des machines importées des États-Unis[4]. Avant de pouvoir signer cette nouvelle ligne, Hubert de Givenchy rachète l’intégralité du capital de sa maison de couture à Louis Fontaine.

Années 1950 : la complicité de Cristóbal Balenciaga et Hubert de Givenchy[modifier | modifier le code]

En 1956, Balenciaga et Givenchy présentent chacun leur collection à New York dans le cadre d’une soirée caritative au profit de l’hôpital américain de Paris[3]. L'année suivante, la maison Givenchy présente pour la première fois la « robe-sac ». En 1958, Hubert de Givenchy lance la ligne « Baby Doll » ainsi que les « manteaux Ballon ».

En 1959, l’atelier de la maison Givenchy s’installe au 3 avenue George-V à Paris, en face de celui de Balenciaga. La même année, Givenchy et Balenciaga annoncent que leurs collections respectives seront révélées à la presse un mois après leur présentation aux acheteurs, afin de limiter son dictat et éviter les copies.

Années 1970 : une maison en pleine expansion[modifier | modifier le code]

En 1969, Hubert de Givenchy lance sa ligne de mode masculine « Gentleman Givenchy ». La boutique sera inaugurée en novembre sur l’avenue George-V[3]. Hubert de Givenchy introduit par la suite la robe-short.

Sur les conseils de Cristóbal Balenciaga, Hubert de Givenchy développe les licences principalement dans les années 1970 pour assurer la pérennité du cœur de la maison. En 1971, il crée une collection aux manteaux brodés hommage aux peintres Georges Braque et Joan Miró.

Durant cette période, la maison Givenchy diversifie ses activités : lancement de souliers, bijoux, cravates, linge de table, tissus d’ameublement, kimonos. Passionné de décoration, Hubert de Givenchy est mandaté pour le design intérieur de plusieurs hôtels Hilton à travers le monde, ainsi que d’une voiture (la Ford Mark)[5].

En 1976, Givenchy Inc. (bureaux et showrooms) à New York, sur la Cinquième Avenue voit le jour.

Années 1980 et 90: l’ère LVMH[modifier | modifier le code]

En 1982, une rétrospective présidée par Audrey Hepburn est organisée au Fashion Institute of Technology[6] de New York pour célébrer les 30 ans de la Maison de Couture.

En 1988, la marque Givenchy rejoint LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton[7]. Quelques années après, une grande rétrospective célèbre en 1991 au Palais Galliera les 40 ans de la Maison. Hubert de Givenchy se retire en 1995. Il sera succédé par les jeunes créateurs britanniques John Galliano, Alexander McQueen puis Julien MacDonald. De décembre 2003 à fin 2006, le tailleur britannique Ozwald Boateng est nommé directeur de la création de Givenchy Homme.

Riccardo Tisci : la prolongation d’un patrimoine[modifier | modifier le code]

En mars 2005, nommé par Givenchy, le créateur italien Riccardo Tisci, devient directeur artistique de Givenchy Femme à 31 ans. Il est responsable des collections de haute couture, prêt-à-porter et accessoires Femme.

Riccardo Tisci a conservé l’élégance aristocratique et les lignes architecturales de la maison en y insufflant ses propres influences. Détournant les codes de la Maison, Riccardo Tisci y ajoute romantisme sombre et sensualité[8]. Prolongeant la palette chromatique de la maison, couleurs vives, tels que le baby blue et le rouge sang, métal, imprimés animaliers ou floraux, il trace une silhouette épurée, structurée et graphique.

Givenchy, les icônes et le cinéma[modifier | modifier le code]

Audrey Hepburn[modifier | modifier le code]

Audrey Hepburn et Hubert De Givenchy se sont rencontrés en 1953 par l’intermédiaire de Gladys de Segonzac afin qu’il lui réalise ses costumes dans Sabrina de Billy Wilder. Gladys de Segonzac lui ayant fixé rendez-vous avec « Miss Hepburn », c’est Katharine Hepburn que le couturier s’attend à recevoir. Arrivant en corsaire vichy rose et blanc, t-shirt et chapeau de gondolier, la comédienne britannique repartira avec des prototypes prévus pour la collection à venir. Le couturier habillera ensuite la comédienne à la ville comme à l’écran, dans Sabrina (1954), Ariane, Drôle de frimousse, Diamants sur canapé, Charade, Deux Têtes Folles, Comment voler un million de dollars ou encore Liés par le sang (1979)[9],[10].

De cliente, elle devient ensuite l’égérie de la maison pendant près de quarante ans à la ville comme à l’écran, dans de grands classiques cinématographiques. En 1961, Audrey Hepburn rend célèbre la « petite robe noire » qu’elle porte dans Diamants sur canapé[4] (en fait une longue robe de soirée).

Les célébrités[modifier | modifier le code]

Givenchy attire de nombreuses célébrités : Lauren Bacall, Babe Paley, Greta Garbo, Elizabeth Taylor, Marlène Dietrich, Jacqueline Kennedy-Onassis[11], la princesse Grace de Monaco[12] ou encore Wallis Simpson, pour laquelle le couturier conçoit des housses spéciales, elles seront bleu Wallis[13].

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 1958, le réalisateur Elia Kazan photographie David Niven ; Jean Seberg et Deborah Kerr en Givenchy sur le plateau de tournage de Bonjour Tristesse. Givenchy habille également Elizabeth Taylor dans The VIP’S[14] ainsi que Capucine dans la Panthère Rose de Blake Edwards.

Givenchy et les parfums[modifier | modifier le code]

Sur les conseils et avec l’aide de Balenciaga, Hubert de Givenchy choisit de fonder la société en nom propre : Parfums Givenchy. Sous la direction du frère d’Hubert de Givenchy, Jean-Claude de Givenchy, les parfums seront d’abord basés dans un bureau des Parfums Balenciaga avant de s’installer à Levallois[15].

Article détaillé : Parfums Givenchy.

Références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ 2008 (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), « Les nouvelles ressources de la profession : Hubert de Givenchy », p. 123
  2. GivenchyElle.fr
  3. a, b et c (en) Givenchy sur Voguepedia.
  4. a et b Key fashion moments Stylesequel.com
  5. The Vogue list: Givenchy Vogue.fr
  6. (en) Thirty years of Givenchy will be displayed Palm Beach Daily News, 8 mai 1982
  7. Givenchy : histoire Pure Trends
  8. Riccardo Tisci, l'esprit fort de Givenchy Madame Figaro
  9. Hubert de Givenchy Remembers Audrey Hepburn The Wall Street Journal, le 4 septembre 2012
  10. Audrey Hepburn Tendances Modes, 28 janvier 2008
  11. Givenchy: biography Style Sequel
  12. Givenchy Elle
  13. la duchesse de Windsor: pourquoi elle reste une légende Gala
  14. The VIP's Turner Classic Movies
  15. Hubert de Givenchy, entre vies et légendesJean-Noël Liaut, Grasset

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]