Marne (département)

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Marne
Image illustrative de l'article Marne (département)
Marne (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Création du département 4 mars 1790
Chef-lieu
(Préfecture)
Châlons-en-Champagne
Sous-préfecture(s) Épernay
Reims
Sainte-Menehould
Vitry-le-François
Président du
conseil général
René-Paul Savary (UMP)
Préfet Pierre Dartout
Code Insee 51
Code ISO 3166-2 FR-51
Code Eurostat NUTS-3 FR213
Démographie
Population 565 307 hab. (2010)
Densité 69 hab./km2
Géographie
Superficie 8 162 km2
Subdivisions
Arrondissements 5
Circonscriptions législatives 6
Cantons 44
Intercommunalités 57
Communes 620

Le département de la Marne est un département français faisant partie de la région Champagne-Ardenne, qui doit son nom à la Marne, rivière qui l'arrose. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 51.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la Marne.

Le département a été créé à la Révolution française, le 4 mars 1790 en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir d'une partie de la province de Champagne. L'idée étant que les habitants puissent rejoindre le chef-lieu et en revenir en 2 jours (à cheval), le département de la Marne est créé par découpage de la Champagne en quatre départements : les Ardennes, la Marne, l'Aube et la Haute-Marne. Le 17 février 1800 (28 pluviôse an VIII), la fonction de Préfet est créée. Bourgeois de Jessaint devient le premier préfet de la Marne, et occupera ce poste pendant 38 années.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

silex taillés selon la méthode Levallois.

Le département était habité depuis le paléolithique et des traces ont été trouvées lors de fouilles et des hypogées dans la région du marais de St-Gond.

Époque romaine[modifier | modifier le code]

La porte de Mars de Reims, datant du IIIe siècle.

Les Romains nommèrent Belgica la province qui s'étendait des Vosges à la mer du Nord et dont Reims, appelée à l'époque Durocortorum, chef-lieu des Rèmes, était la capitale. Jules César, dans ses Commentaires, dit d'eux « Gallorum omnium fortissimi Belgii », et Strabon ajoute « Inter istas gentes Remi sunt nobilissimi », ce qu'on peut traduire par « De tous les Gaulois, les Belges sont les plus braves, et parmi eux les Rèmes sont les plus illustres ».

Les Romains firent des Rèmes et des Catalaunes des alliés, et on ne trouve aucun signe de révolte contre la domination romaine. De nombreuses fouilles archéologiques ont été pratiquées dans le département et ont amené d'importantes découvertes en objets gallo-romains, ainsi qu'une grande connaissance des modes de vie. C'est donc sans heurts ni persécutions que s'élevèrent des temples en l'honneur de Jupiter, de Mars et d'Apollon. Le christianisme y apparaît à son tour dès le IIIe siècle sans subir de répression.

Les barbares eux-mêmes semblent respecter ce territoire comme un terrain neutre et consacré à la paix, et lorsque Attila en menace la capitale vers le milieu du Ve siècle, on voit s'unir pour sa défense les Francs de Mérovée, les Wisigoths de Théodoric et les légions d'Aetius.

De Clovis à Charlemagne[modifier | modifier le code]

L'Empire romain fut remplacé sans heurts par la monarchie de Clovis. Ce territoire fit alors partie du royaume d'Austrasie, et Reims en fut même un temps la capitale.

Sous Charlemagne, l'extension des limites de l'empire fit passer ce territoire dans la Neustrie. Mais l'autorité royale n'était que théorique ; en pratique le pouvoir était aux mains des évêques de Reims et de Châlons, qui avaient les pouvoirs d'un Comte : tous deux étaient pairs de France, pouvaient réunir une armée de soixante mille vassaux, et l'évêque de Châlons pouvait battre monnaie.

La dynastie héréditaire des comtes de Champagne, fondée par Thibaut, dut se contenter de la reconnaissance de l'appartenance des deux évêchés dans le territoire de la Champagne, mais sans jamais pouvoir remettre en cause le pouvoir des évêques.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Jeanne, unique héritière de Henri III, quatorzième comte de Champagne, épousa Philippe le Bel en 1284, ce qui rattacha la Champagne à la couronne de France.

La première attaque sur la Champagne de la guerre de Cent Ans fut dirigée par Robert Knolles et Eustache d'Auberticourt et repoussée par Henri de Poitiers, évêque de Troyes, il y eut ensuite plusieurs chevauchées entrainant des ravages et destructions mais aussi forçant des villes comme Reims à relever les murailles.

Lors des guerres de religion il y eut les mêmes divisions que dans le reste du pays. L'une des premières exactions eut lieu lors du massacre de Wassy. Reims était au parti des Guise et Chaalons à celui du roi. Elle reçut de nouveaux droits en remerciements : une chambre du Parlement de Paris, le rattachement du bailliage et du présidial et le grenier à sel de Vitry, la monnaie de Troyes.

De la révolution à Napoléon[modifier | modifier le code]

La bataille de Valmy, le 20 septembre 1792, fut la première victoire de l'armée de la Révolution (même si obtenue par l'achat du duc de Brunswick. La Marne vit aussi se dérouler la Campagne de France de Napoléon en 1814.

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre de 1870, suite aux défaites en Alsaces et Lorraine, les allemands arrivèrent dans la Marne, où s'était retranchée l'armée française. À Passavant-en-Argonne, le 25 août 1870, quarante-neuf mobiles furent massacrés et une centaine d'autres blessés ; les témoins de ce drame parlent de « scènes sauvages » de la part des prussiens[1]. Mac-Mahon et ses troupes s'étaient repliés sur Châlons. Ils furent arrêtés à Beaumont-en-Argonne lors d'une offensive, ils se réfugièrent ensuite avec l'empereur Napoléon III sur Sedan, dans les Ardennes, où ils se rendirent le 2 septembre 1870[2].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Colonne de soldats allemands entre Loivre et Brimont, en 1918.

Avant la guerre 1914-1918, les ouvrages de défense militaire établis dans le département forment avec ceux de Dijon, Langres, Laon et La Fère, une deuxième ligne de fortifications du côté nord-est de la France. Ce sont, premièrement, la place forte de Vitry-le-François et, deuxièmement, les ouvrages élevés autour de Reims et qui font de cette ville, où se croisent de nombreuses lignes de chemin de fer, un vaste camp retranché : le réduit Ronzier ou de Chenay, le fort Berlier de Metz ou de Saint-Thierry, la batterie Saint-Pol ou de Loivre, le fort Drouet ou de Brimont, la batterie Baste ou cran de Brimont, le fort Souham ou de Fresne, le fort Lowendal ou de Witry-lès-Reims, l'ouvrage Dode ou vigie de Berru, les batteries Burcy ou de Berru, le fort Kellermann et la batterie annexe ou de Nogent, le fort Herbillon ou de la Pompelle, et le fort de Ségur ou de Montbré.

Le département a vu de nombreux passages de troupes (par les routes, à voir les bornes Voie Sacrée, et par chemin de fer pour les déplacements nord-sud et est-ouest), des camps de formation (Mailly) mais surtout des batailles Première bataille de la Marne (5 - 12 septembre 1914), deuxième bataille de la Marne (15 - 20 juillet 1918)[note 1], chemin des dames (16 avril - 24 octobre 1917).

Séquelles de guerre 

Ce conflit a laissé dans la Marne des séquelles particulièrement importantes. La superficie totale de la zone rouge ne correspondait « qu'à » un septième de la superficie totale en zone rouge en France, mais les sols étaient si dégradés et pollués que la plupart de cette zone a dû être boisée et interdite aux autres activités. Sur 24 556 hectares de zone rouge dans la Marne, seuls 2 185 pouvaient en 1921, selon le préfet de la Marne, être remis en état de culture (pour un coût estimé de 2 185 x 1 076 = 2 350 960 francs (valeur 1921). Le préfet a donc proposé le boisement pour 84 % de la zone rouge, estimant que la « remise en état de culture » ne pouvait être envisagée que pour les communes de : Cormicy, Loivre, Courcy, Berméricourt, Minaucourt, Massiges, Fontaine-en-Dormois, Gratreuil, Rouvroy, Cernay-en-Dormois, Servon, Ville-sur-Tourbe, et Vienne-le-Château. (20 833 hectares de zones à fortes séquelles, pour un coût de 20 833 x 150 = 3 124 950 francs). En 1921, 1 538 hectares devaient être conservés « en l'état actuel » ; comme vestiges de guerre et « emplacement de villages ». Cela va jusqu'à des villages qui disparaissent (sept dans la Marne) comme Perthes-lès-Hurlus.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Blason[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« D'azur à la fasce d'argent côtoyée de deux doubles burelles potencées et contre-potencées d'or. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de la Marne.
Carte du département de la Marne

La Marne fait partie de la région Champagne-Ardenne. Elle est limitrophe des départements des Ardennes (au nord), de la Meuse (à l'est), de la Haute-Marne (au sud-est), de l'Aube (au sud), de Seine-et-Marne (au sud-ouest) et de l'Aisne (à l'ouest).

Le vignoble surplombant la plaine, à Cramant.

La superficie du département est d'environ 816 200 hectares, soit 8 162 km², ce qui en fait le septième département métropolitain le plus vaste. La Marne mesure ainsi 116 km de longueur, de Villeneuve-la-Lionne (canton d'Esternay) à Trois-Fontaines-l'Abbaye (canton de Thiéblemont), et 97 km de largeur, de Cormicy (canton de Bourgogne) à Clesles (canton d'Anglure).

Le département de la Marne doit son nom à la rivière Marne qui le traverse, du sud-est à l'ouest.

La Marne se divise géographiquement en trois parties principales. Au centre du département se trouve la plaine champenoise ou Champagne crayeuse, essentiellement recouverte de champs céréaliers. L'ouest de la Marne est occupé par le vignoble de Champagne et les reliefs de la Côte champenoise et de la Montagne de Reims, où se situe le point culminant du département, le Mont Sinaï, à 283 m d'altitude. À l'est, le paysage est composé de basses collines notamment dans les régions de l'Argonne et du Perthois.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de la Marne.
Évolution démographique
1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
530 399 543 627 558 217 565 153 565 841 566 491 566 010


Les habitants de la Marne sont les Marnais.

Le département rassemble à lui seul plus de 40 % de la population champardennaise. Contrairement à celle de l'ensemble de la région, qui est en constante diminution depuis des décennies, la population marnaise ne cesse d'augmenter depuis 1975 même si, ces dernières années, elle stagne autour de 566 000 habitants.

En 2006, les villes les plus peuplées du département étaient Reims (187 650 habitants), Châlons-en-Champagne (46 184 habitants), Épernay (24 456 habitants), Vitry-le-François (15 086 habitants) et Tinqueux (10 061 habitants)[3]. L'aire urbaine de Reims regroupait en 1999 plus de la moitié de la population de la Marne.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la Marne est mesuré depuis la station de Reims-Courcy, situé à 91 mètres d'altitude. Le département se situe à l'est du bassin parisien, son climat est océanique dégradé, il est sous influence du climat continental, expliquant ses hivers frais, ses étés doux et ses pluies assez fréquentes mais souvent peu abondantes (51 mm par mois en moyenne) et réparties tout au long de l'année, il y a 1705 heures d'ensoleillement par an.

Données climatiques à Reims-Courcy
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,1 0 2,3 3,7 7,7 10,5 12,4 12,2 9,5 6,6 2,9 1,4 5,8
Température moyenne (°C) 2,8 3,5 6,6 8,9 13,1 15,9 18,3 18,2 14,9 10,9 6,1 4 10,2
Température maximale moyenne (°C) 5,5 7 10,8 14 18,4 21,3 24,1 24,2 20,1 15,1 9,3 6,6 14,7
Ensoleillement (h) 63 73 128 163 214 218 229 239 156 108 66 47 1 705
Précipitations (mm) 44 40 51 45 59 58 56 58 53 55 52 57 617,8
Source : Météo France - Site de Reims-Courcy[4].


Tourisme[modifier | modifier le code]

Le département accueille sur chacun de ces deux grand pôle touristique plus d'un million de personnes cathédrale de Reims et Lac du Der-Chantecoq[5].

Pour plus d 'information touristique sur la Marne, consultez le site internet du Comité départemental du Tourisme de la Marne

Vignoble à Verzenay.
Lac du Der.

Lieux Naturels[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Champagne De Castellane (Épernay).
La cathédrale de Reims
Cloître Notre-Dame-en-Vaux, Châlons

. Verzy: les Faux de Verzy

Sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population du 1er janvier 2008, 2,3 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes de la Marne dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique dans la Marne.

Ces dernières années, la Marne a toujours placé en tête des candidats de droite lors des élections nationales, exception faite des élections européennes de 2004 et des élections régionales de 2010 où le PS est arrivé premier dans un contexte de vague rose au niveau national. Les six députés et les trois sénateurs sont tous centristes ou membre de l'UMP. Au niveau local, le conseil général de la Marne est présidé par l'UMP René-Paul Savary. De 2001 à 2008, la droite dirigeait les cinq plus grandes villes du département mais lors des municipales de 2008, la gauche repris Vitry-le-François et surtout Reims, commune la plus peuplée du département. Même si la plupart des communes de la Marne sont rurales et ont, bien souvent, un maire divers droite.

Élections présidentielles, résultats des deuxièmes tours 
Élections européennes, résultats des deux meilleurs scores 
Élections régionales, résultats des deux meilleurs scores 
Élections référendaires 

Voir aussi :

Administration[modifier | modifier le code]

La Marne est composée de 620 communes. Voir également la liste des anciennes communes de la Marne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir le mémorial des batailles de la Marne à Dormans et Mondement

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thierry Igier, PNR Argonne, « Massacre des mobiles de la Marne à Passavant en Argonne. »,‎ 22 février 2010 (consulté le 9 avril 2010)
  2. Anac-fr.com, « La guerre de 1870-71 et la commune de Paris » (consulté le 9 avril 2010)
  3. Populations légales et municipales de 2006 sur le site de l’INSEE
  4. Météo France - Reims-Coucy
  5. Chambre de commerce et d'industrie de Châlons-en-Champagne, « Chiffres cles – tourisme p.13 » (consulté le 8 avril 2010)
  6. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Présidentielles 2002 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  7. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Présidentielles 2007 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  8. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Européennes 2004 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  9. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Européennes 2009 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  10. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Régionales 2004 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  11. Ministère de l'Intérieur, « Résultat des élections Régionales 2010 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)
  12. Politiquemania.com, « Résultats départementaux du référendum de 2000 » (consulté le 8 avril 2010)
  13. Ministère de l'Intérieur, « Résultat du référendum de 2005 Département Marne » (consulté le 8 avril 2010)