Jersey

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Jersey
Bailliage de Jersey (fr)
Bailiwick of Jersey (en)
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Image illustrative de l'article Jersey
Administration
Statut politique Dépendance de la couronne britannique
Capitale Saint-Hélier
Gouvernement
- Chef d’État (duc de Normandie)
 - Lieutenant-gouverneur
 - Bailli
 - Premier ministre

Élisabeth II

John McColl

Michael Birt
Ian Gorst
Démographie
Population 97 857 hab. (2011)
Densité 844 hab./km2
Langue(s) Normand (Jèrriais),

Anglais, Français

Géographie
Coordonnées 49° 11′ 24″ N 2° 06′ 36″ O / 49.19, -2.11 ()49° 11′ 24″ Nord 2° 06′ 36″ Ouest / 49.19, -2.11 ()  
Superficie 116 km2
Divers
Monnaie Livre de Jersey[1]
Fuseau horaire UTC +0[2]
Domaine internet .je
Indicatif téléphonique 44-1534 (fixes)
+44-7797 (portables)
Les États de Jersey.

Jersey est la plus grande des îles Anglo-Normandes, dont la capitale est Saint-Hélier. Sa superficie est de 118,2 km2 et elle est peuplée de 97 857 habitants (Jersiais ou plus plaisamment Crapauds[3]).

Le bailliage de Jersey comprend l’île de Jersey, ainsi que les récifs des Écréhou et des Minquiers[4] et quelques autres îlots inhabités[précision nécessaire].

Comme les autres îles Anglo-Normandes, Jersey :

  • est une dépendance de la Couronne britannique représentée par un lieutenant gouverneur. Les souverains britanniques y règnent en tant que ducs de Normandie.
  • ne fait pas partie du Royaume-Uni mais en dépend pour ses affaires extérieures (défense et représentation diplomatique - cependant, le gouvernement de Jersey maintient une représentation permanente à Caen).
  • ne fait pas partie de l’Union européenne mais y est associée.

Elle est dirigée par un bailli, secondé par un parlement, les États de Jersey (51 membres élus). Les États comprennent actuellement le Bailli, le Lieutenant Gouverneur, dix sénateurs, les connétables des douze paroisses, vingt-neuf députés, l’Avocat Général et le Procureur Général. Le Bailli, nommé par la Couronne, est le président de l’Assemblée des États. Il est également président de la Cour Royale.

Le gouvernement autonome s’occupe des affaires intérieures et des relations internationales en ce qui concerne les questions d’impôt, d’environnement (par exemple le voisinage de l’usine de retraitement de la Hague), de travail, de culture, de commerce et d’autres questions qui ne touchent pas aux droits de la Couronne.

Jersey participe au Conseil Britannique-Irlandais (qui comprend les gouvernements d'Angleterre, de la République d’Irlande, du pays de Galles, de l’Écosse, de l’Irlande du Nord, de Jersey, de Guernesey et de l’île de Man).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de l’île apparaît peut-être sous la forme Andium au IVe siècle[5]. Ensuite, le nom d’Angia (sans date, pour Augia « île » ?) se réfère peut-être à Jersey. Les formes anciennes dont dérive le nom actuel ne sont, elles, pas attestées avant le XIe siècle : insula Gersoi en 1022 - 1026[6], insula Gerseii, insula Gersey, insula Gersei, insula Gersoii au XIe siècle[7].

La signification du nom Jersey n’est guère certaine mais la plupart des spécialistes supposent que le second élément -ey est le même que pour les autres îles anglo-normandes Guernesey, Aurigny (Alderney en anglais) et Chausey, mentionnées respectivement au début du XIe siècle sous les formes Greneroi, Alrenoi et Calsoi. L’élément -ey représente vraisemblablement en dernier lieu le germanique commun *aujō[8], latinisé en augia dans les textes. Oye-Plage (Ogia VIIIe siècle ; Pas-de-Calais) et L'Île-d'Yeu (jadis Augia) sont formés avec le même appellatif. Les noms de ce type se serait répandus sur les côtes de la mer du Nord et de la Manche antérieurement à la période viking[9], malgré tout la plupart des spécialistes à la suite d’Auguste Longnon s'accordent sur l'origine scandinave de l'élément -ey dans le cas des Îles de la Manche. À noter également qu’*aujō donne īeġ en vieil anglais, ei en vieux frison et ey en vieux norrois (islandais ey). Le premier élément ger- > jer- n'est pas identifié avec certitude.

Géographie[modifier | modifier le code]

Évolution du littoral normand et formation des îles Anglo-Normandes.

Le littoral normand a évolué au cours des millénaires. Au moment de la Pangée, l'Europe était accolée au continent nord-américain. Elle s'en écarte progressivement, et l'océan Atlantique s'engouffre entre les deux masses de terre. Le littoral normand connaît dès lors plusieurs phases au gré des régressions et des transgressions marines.
Durant le Pléistocène, le niveau de la mer remonte très au-dessus du niveau actuel. Il y a 200 000 ans, le niveau de la Manche était à + 15 m NGF (nivellement général de la France) si on se réfère au croquis stratigraphique par D. Michelet de la fouille archéologique de Port-Pignot dans le Nord Cotentin[10]. Le territoire de la commune était donc sous les eaux, excepté le petit hameau de La Houlgate[réf. nécessaire]. Le littoral se trouvait alors à plus de 600 kilomètres des côtes actuelles.
Il y a 20 000 ans, le développement des calottes glaciaires autour des pôles et des principaux glaciers fait baisser le niveau de la mer d'un peu plus de 100 mètres[11].

Ce va-et-vient maritime a progressivement détaché les îles Anglo-Normandes des côtes du Cotentin. Il était encore possible de se rendre à pied à Guernesey, il y a 8 000 ans[12]. Il faudra attendre 4000 ans avant notre ère pour que Jersey, Chausey et les Minquiers ne soient plus accessibles par voie de terre[13].

De cette transgression marine, subsiste le souvenir de la forêt de Scissy qui devait alors s'étendre entre les îles Anglo-Normandes et les côtes du Cotentin. De nombreuses souches fossilisées ont été collectées sur la côte et sont actuellement au musée de Cherbourg[14]. Les pêcheurs rapportent que certaines zones de pêches sont inaccessibles, du fait que leurs filets s'arrachent sur des amoncellements de bois[15].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Jersey.
Vue satellite de Jersey
Vue aérienne de Jersey depuis le nord
Beauport (Saint-Brélade). Au fond, la Baie de Saint-Brélade (à gauche) et Ouaisné (à droite)

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Il y a 180 000 ans, Jersey se présentait comme un plateau rocheux dans la plaine qui s’étendait à la place du nord de l’actuelle Manche. Des chasseurs de mammouths et de rhinocéros fréquentaient certaines cavernes des falaises de Jersey.

Devenue île il y a environ 8 000 ans avec la montée des océans induite par la fonte des calottes glaciaires, elle fut colonisée par des fermiers néolithiques qui y construisirent les dolmens et monuments funéraires et culturels que l’on peut encore admirer aujourd’hui.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Des caches de pièces de monnaie démontrent la colonisation de l’île par des tribus celtiques vers 300 av. J.-C.

De la période gallo-romaine, il reste peu de traces, mais on a trouvé des preuves archéologiques qui témoignent de l’existence de commerce entre les tribus celtiques de l’île et le continent. Il existe aussi les restes d’un fanum, petit temple gallo-romain, au Pinacle, lieu sacré préhistorique des landes du nord-ouest. Selon la tradition (contestée) de l’Itinéraire d’Antonin, l’île s’appelait « Caesarea » (ou plus vraisemblablement « Andium ») – ce qui explique le surnom traditionnel de « Césarée » que l’on retrouve dans la littérature et dans des noms d’associations de nos jours.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au VIe siècle, selon l’hagiographie, saint Hélier aurait évangélisé Jersey, demeurant une quinzaine d’années sur un rocher dans la baie de la Ville avant son martyre aux mains de pirates. Le village construit autour de l’église fondée à sa mémoire sur les dunes de la côte voisine est devenu la ville de Saint-Hélier, capitale de l’île. Une chapelle médiévale, l’Hermitage de Saint-Hélier, construite sur le rocher sur lequel le saint est réputé avoir vécu, se visite chaque année le 16 juillet, fête patronale, avec pèlerinage municipal et œcuménique.

Lors de l’émigration massive des Bretons vers les côtes de l’ancienne Armorique au VIe siècle, ceux-ci peupleront les îles de la Manche (appelées alors « îles Lenur ») qui étaient sur leur chemin.[réf. nécessaire] Saint Samson de Dol a également visité Jersey et des communautés monastiques celtiques ont occupé des lieux à Jersey pendant cette période. Au IXe siècle, elle a appartenu au royaume de Bretagne pendant soixante-dix ans.

Les incursions des Vikings et l’établissement consécutif de colons anglo-scandinaves ont marqué la toponymie de l’île. L’île qui dépendait traditionnellement de l'évêché de Coutances, lui même dans l'archidiocèse de Rouen, a été naturellement incorporée au duché de Normandie après 933, tout comme l'Avranchin et le Cotentin qui avant la domination bretonne faisaient partie de la Neustrie. Elle fut donnée[réf. nécessaire] par le roi de France (avec l'Avranchin et le Cotentin, dont elle dépendait) au duc de Normandie Guillaume Longue-Épée, à charge pour lui de les conquérir.

Selon le Jersiais Wace, le duc de Normandie Robert le Magnifique a visité Jersey vers 1030.

La conquête de l'Angleterre en 1066 a lié l’île pour la première fois à la Couronne d'Angleterre. L'humour jersiais relève que les jersiais ont battu les anglais en 1066 et donc que « l’Angleterre appartient à Jersey et non l’inverse ».

En 1155, l’abbaye de Saint-Hélier a été fondée sur l’îlot à côté de l’Hermitage de Saint-Hélier.

En 1204, le roi de France Philippe-Auguste conquiert la Normandie. Les îles de la Manche restent sous le contrôle de Jean sans Terre, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Désormais, il y aura une Normandie continentale et une Normandie insulaire, séparées. Le roi d’Angleterre sera considéré comme duc de Normandie dans les îles. Les Constitutions du roi Jean Sans Terre assurent les libertés et l’autonomie des îles – c’est l’origine du gouvernement de Jersey.

Le château de Mont-Orgueil est construit afin de défendre l’île contre les Français. Aujourd’hui, le château, qui domine la côte à l’est de l’île, est un grand lieu d’intérêt pour les touristes et un symbole de l’indépendance de Jersey.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Titre officiel de la Reine d'Angleterre, souverain britannique et duc de Normandie.

À la Réforme, un déluge de livres liturgiques imprimés à Genève ou aux Pays-Bas ont influencé le calvinisme qui avait triomphé à Jersey. C’est à cette époque que les vitraux ont été brisés, les statues et les croix abattues et les peintures murales effacées ou blanchies. Il s’agit d’une perte quasi totale du patrimoine artistique de Jersey.

Ce n’est qu’à la deuxième moitié du XVIIe siècle que l’anglicanisme est établi à Jersey.

Sous le règne d’Élisabeth Ire d'Angleterre, le Seigneur de Saint-Ouën, Hélier de Carteret, reçoit la seigneurie de Sercq sous condition qu’il colonise l’île inhabitée afin de protéger Sercq contre des bandes de pirates qui se servaient de l’île comme base d’opérations. C’est avec 40 familles de Saint-Ouën que Carteret a établi le petit État, demeuré féodal jusqu'en 2008.

Le château Elizabeth garde la ville de Saint-Hélier depuis le début du XVIe siècle

Nommé gouverneur de Jersey, Walter Raleigh (1554-1618) modernise les défenses fortifiées de l’île pour tenir compte de l'usage du canon. Il entreprend le remplacement du château Mont-Orgueil par une forteresse sur l’îlot appelé L’Islet occupé par l’ancienne abbaye de Saint-Hélier (désaffectée à la Réformation). Le nouveau château Elizabeth garde l’entrée du port de la ville.

C’est Raleigh qui a sauvé le vieux château que l’on proposait de démolir afin de l'utiliser comme carrière pour la construction des nouvelles fortifications. Il ordonna qu’on laisse « ce noble château ».

Lors des perturbations de la Guerre Civile d’Angleterre, Jersey accueille Charles, Prince de Galles, héritier au trône. À la suite de l’exécution de son père, Charles Ier, le prince est proclamé roi sur la place du marché de Saint-Hélier le 17 février 1649. Jersey est donc le premier pays à reconnaître le nouveau roi. Après la restauration de la dynastie en 1660, le roi Charles II montre sa reconnaissance pour l’abri offert par Jersey en offrant la masse en argent que l’on voit aujourd’hui aux séances de la Cour Royale de Jersey et des États de Jersey. George de Carteret, Bailli de Jersey, reçoit des terres en Amérique du Nord : c’est la fondation de l’État du New Jersey.

Après la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, arrivent nombre de huguenots.

En 1689, le droit de neutralité est supprimé par le Conseil Privé du Roi et de la Reine.

En 1736, la bibliothèque publique est fondée.

La bataille de Jersey, le 6 janvier 1781, fut la dernière tentative française de conquérir l’île. Après cette attaque, l'île anglo-normande fut protégée par la construction d'une trentaine de tours rondes.

Révolution[modifier | modifier le code]

En 1789, des milliers de réfugiés viennent à Jersey pendant les perturbations de la Révolution française. Au château Mont-Orgueil, le Jersiais Philippe d’Auvergne, duc de Bouillon, organise un réseau d’espionnage contre les autorités révolutionnaires en Normandie et en Bretagne. De nombreux prêtres réfractaires viennent trouver refuge dans l’île.

En 1799 arrivent 6 000 soldats russes.

La construction de rues militaires (commencée en 1806) liant les fortifications littorales avec le port de Saint-Hélier a amélioré les communications entre les paroisses autrefois assez isolées. Les cultivateurs peuvent désormais transporter leurs primeurs aux marchés de Londres et de Paris.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'île a été occupée par les troupes allemandes de la Wehrmacht entre 1940 et 1945. Près de 8 000 habitants de l'île ont été évacués vers l'Angleterre, 1 200 habitants de l'île déportés dans des camps en Allemagne et plus de 300 habitants de l'île condamnés à la prison et envoyés en camps de concentration dans l'Europe nazie (principalement à Neuengamme). Vingt de ces déportés y laisseront la vie.
Le jour de la Libération — le 9 mai — est un jour férié, célébré chaque année avec faste. Les îles ont été le seul endroit appartenant à la Couronne occupé par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Démographie[modifier | modifier le code]

L’obélisque élevé dans la Grand' rue de la capitale en 1855 à la mémoire de Pierre Le Sueur, cinq fois élu Connétable de Saint-Hélier, rappelle ses réformes : canalisation d’eau en ville ; assainissement des quartiers pauvres de la ville ; réforme de la municipalité.

Population (recensement du 11 mars 2001) : 97 857

Population (estimée des États de Jersey mars 2011[16]) : 97 857
Population (estimée du CIA World Factbook[17] 2005) : 90 812

Population par paroisse (2001) :

Densité de population (2004) 760 hab/km2

Taux de croissance de la population (annuel 1991-2003) 0,31 %

Taux de natalité 11,5 ‰

Taux de mortalité 8,6 ‰

Moyenne des âges au moment du décès :

  • hommes 72
  • femmes 78

Nombre de ménages particuliers 35 562

Origine ethnique ou culturelle (selon le recensement de 2001) :

  • Jersiais 44 589 (51,1 %)
  • Britanniques 30 317 (34,8 %)
  • Portugais 5 548 (6,4 %)
  • Irlandais 2 284 (2,6 %)
  • Français 1 522 (1,7 %)
  • autres Blancs 1 980 (2,3 %)
  • Noirs 255 (0,3 %)
  • Chinois 145 (0,2 %)
  • autres asiatiques 180
  • divers et origines mixtes 366

Langues (nombre de locuteurs de chaque langue en tant que langue principale ou secondaire, selon le recensement de 2001) :

Politique[modifier | modifier le code]

Entrée publique de la Chambre des États de Jersey à Saint-Hélier. Les États font partie de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et les panneaux sont en français et en anglais.

Les séances tenues par le Bailli et les jurés justiciers selon les Constitutions du Roi Jean ont donné naissance à la Cour Royale de Jersey. Plus tard, les recteurs et les connétables ont été invités à prendre part aux délibérations. C’est l’origine des États de Jersey. Le titre d’États représentant les Trois États (le judiciaire, l’Église et le peuple) est apparu pour la première fois dans un acte daté du 27 octobre 1497, tandis que les archives des États datent de 1524.

À partir du milieu du XVIIe siècle, les États comprenaient le Bailli, le Gouverneur, douze jurés, les recteurs et les connétables des douze paroisses, les représentants de la Couronne, le Vicomte et l’un des deux dénonciateurs. La Cour Royale a continué à émettre des ordonnances en collaboration avec les États jusqu'en 1771, date à laquelle une ordonnance du Conseil Privé a fait des États le seul et unique corps législatif de l’île.

Des changements ont été apportés à la constitution en 1856 et en 1907. Afin mieux représenter la population croissante de Saint-Hélier par rapport aux électeurs de la campagne, l’élection de députés fut mise en place. Après l’occupation allemande (1940-1945), la lutte pour la démocratisation aboutit aux réformes de 1948 par l'éviction des jurés justiciers et des recteurs des États.

Actuellement, les jurés justiciers, exclus de la législature mais confirmés dans leur rôle judiciaire, sont élus par un collège électoral formé des Membres des États et de représentants des professions légales. C’est le poste élu le plus respecté et honoré auquel un citoyen peut aspirer.

Toutefois, l’Église établie (anglicane) est toujours représentée aux États par le Doyen de Jersey, qui a le droit à la parole mais ne peut pas prendre part au vote.

Une nouvelle représentation de membre appelé Sénateur a été introduite en 1948 (mandat de 9 ans réduit à 6 ans en 1966). et le nombre de députés a été augmenté.

Bien que le Bailli n’ait aucun pouvoir politique, il a le droit de parole. Son vote est prépondérant. Il en fait usage afin de maintenir le statu quo permettant ainsi à l’Assemblée de renvoyer un débat à une date ultérieure.

Le Lieutenant Gouverneur assiste aux débats sans toutefois y jamais prendre part. Le Procureur Général et l’Avocat Général sont les officiers de la Couronne et sont eux aussi nommés par la Reine. Ils peuvent participer aux débats mais n’ont pas le droit de vote. Lors de débats, on fait appel à eux pour clarifier certains points de loi.

Depuis le 5 décembre 2005, le chef du gouvernement est le Premier ministre (Sénateur Frank Walker élu le 5 décembre 2005 ; suivi du Sénateur Terry Le Sueur élu le 8 décembre 2008) qui préside le cabinet des ministres qui a remplacé l’ancien système de comités[18].

Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

Les États de Jersey ont construit l’aéroport de Jersey en 1937. L’aéroport est actuellement une responsabilité du ministre du Développement économique.
  • Premier ministre
  • Ministre des Finances et des Biens publics
  • Ministre du Développement économique
  • Ministre de l’Éducation, des Sports et de la Culture
  • Ministre de la Santé et des Affaires sociales
  • Ministre de l’Intérieur
  • Ministre du Logement
  • Ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire
  • Ministre de la Sécurité sociale
  • Ministre des Transports et des Travaux publics

Commissions[modifier | modifier le code]

  • Commission d’examen des Affaires économiques
  • Commission d’examen des Affaires sociales
  • Commission d’examen de l’Environnement
  • Commission d’examen des Services en commun
  • Commission des Privilèges et des Procédures
  • Commission des Comptes publics

Système féodal[modifier | modifier le code]

Le manoir seigneurial des Augrès, devenu le zoo de Jersey.

Sans aucun pouvoir politique ni judiciaire depuis plusieurs décennies, le système féodal de Jersey s'est maintenu jusqu'à nos jours. Il existe en effet plus d'une centaine de fiefs, à la tête desquels se trouve un « seigneur », ou une « dame ». La Couronne britannique en la personne du duc de Normandie, la reine Élisabeth II, possède quelques-uns de ces fiefs, ayant appartenu à des abbayes ou à des prieurés bas-normands, avant le XVIe siècle. Il existe ensuite cinq principaux fiefs que sont le fief de Saint-Ouen, le fief de Rosel, le fief de Samarès, le fief de la Trinité et celui des Mélêches, qui d'ancienneté ont le droit de voter dans les assemblées paroissiales[19]. Ils appartiennent à de très anciens lignages locaux ayant donné de nombreux officiers, baillis, jurés-justiciers. Ces quelques familles concentrent, à la suite de mariages endogames, plusieurs petits fiefs ruraux, issus des partages effectués au cours de l'histoire, selon les préceptes du droit coutumier normand, toujours en vigueur.

Le perquage est un terme utilisé à Jersey pour désigner un chemin sanctuarisé reliant chacune des églises de l'île Anglo-Normande à la côte. Ces chemins avaient une perche (perque en normand) de largeur d'où le nom de perquage. Le perquage permettait à tout criminel de quitter l'île définitivement sans être inquiété par le pouvoir judiciaire.

Comme en Angleterre et selon un système multiséculaire, les fiefs peuvent être vendus par les seigneurs à d'autres particuliers. Chaque seigneur est tenu, selon la coutume, de prêter « foi et hommage » au duc ou à son représentant. Cet hommage est parfois mis en scène lors des visites d'État de la reine, dans les Îles anglo-normandes. La dernière visite du « duc » eut lieu dans le Howard Park le 13 juillet 2001. Une stèle y fut inaugurée pour en rappeler le souvenir.

Contrairement au seigneur de Sercq, les seigneurs jersiais n'ont conservé que les seuls droits féodaux, mais ont perdu tous leurs droits proprement seigneuriaux depuis le XIXe siècle. Les seigneurs jouèrent un rôle social jusque dans la première moitié du XXe siècle. Toutefois, depuis 1986, un litige oppose le seigneur de la Fosse (à Saint-Helier) contre la Couronne et les États, sur l'utilisation du front de mer dont il est, aux yeux du droit, le seigneur tréfoncier, au même titre que les landes, marais et cours d'eau. Cette affaire, qui était encore en cours en 2008, porte essentiellement sur le caractère de « terre ferme » ou non des grèves recouvertes par la mer[20].

Devenus propriétaires de plusieurs seigneuries (en anglais : manors), un certain nombre d'habitations seigneuriales ont été reconverties, tel le manoir des Augrès en zoo, en hôtel de luxe, ou tout simplement vendues, ce que permet le droit coutumier. Certains seigneurs ont entretenu le domaine riche en essences botaniques rares, et l'ouvrent à la visite, comme le manoir de Samarès à Saint-Clément.

Une situation similaire existe à Guernesey.

Nota : le titre de comte de l'Île de Jersey ne correspond à aucun fief jersiais. Bien que le 10e comte de Jersey, lord Villiers, réside au Manoir Radier, à Grouville (Jersey), son titre relève de la pairie anglaise. Le comte de Jersey siège à la Chambre des Lords.

Justice[modifier | modifier le code]

L’exercice de la justice, pour le droit civil comme pour le droit criminel, appartient à la Cour Royale qui se compose du Bailli, du Député Bailli et des douze jurés justiciers. Il appartient au Bailli de juger des questions de droit, de se prononcer sur d’éventuels dépens et d’en déterminer le montant.

Aux Assises, un jury de douze personnes rend un verdict à l’unanimité ou à la majorité. Il y a une Cour d’Appel. Les juges du Tribunal d’Instance jugent les affaires civiles de simple police à la Cour pour le Recouvrement des Menues Dettes, tandis que les délits mineurs sont jugés au Tribunal de Magistrat. Les juges du Tribunal d’Instance exercent aussi les fonctions de juges d’instruction dans les affaires criminelles.

Statut international[modifier | modifier le code]

Signalisation bilingue à l’aéroport de Jersey

Le bailliage de Jersey est considéré par le Conseil de l’Europe (par le Bureau des Traités et ses services juridiques) comme un territoire dont le Royaume-Uni assure les relations internationales. Lorsque le Royaume-Uni est partie prenante d'un traité du Conseil de l’Europe, Jersey peut demander que le Royaume-Uni déclare que ledit traité s’applique à ces territoires — autrement le traité ne s’applique pas. Toutefois, selon la constitution, Jersey peut négocier des traités internationaux (finances, questions sociales, environnement...) sauf dans les domaines retenus par la Couronne (diplomatie et défense).

L’absence de personnalité juridique ne veut pas dire pour autant que le bailliage est assimilé au Royaume-Uni (dont l’État a été formé par l’Union des anciens royaumes d’Angleterre et d’Écosse et la principauté de Galles). Mais historiquement, le duché de Normandie n’a jamais formellement cessé d’exister en tant qu’état (devenu indépendant du Royaume de France) alors même qu’il ne subsistait plus ensuite que sur ses dernières terres insulaires.

Bien qu’auparavant regroupé sous l’appellation « îles Britanniques » (« British Isles », à ne pas confondre avec « British Islands »), le bailliage a acquis une autonomie plus importante avec la création des États de Jersey, indépendants des États de Guernesey, au Moyen Âge.

La question se pose donc aujourd’hui sur la reconnaissance du bailliage de la Couronne en tant qu’État, même dépourvus de personnalité juridique au niveau international (ce qui semble ne plus être le cas depuis la reconnaissance du nouveau rôle et les changements de statut électifs pour les « États de Jersey » et la modernisation en cours de l’ancienne constitution médiévale).

Les États de Jersey sont représentés en tant que membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie avec ses représentants élus, les sénateurs Philip Bailhache et Philip Ozouf Jr.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Les paroisses[modifier | modifier le code]

Les blasons des paroisses de Jersey
La Salle Paroissiale est le siège de l’administration municipale dans chaque paroisse (sauf Saint-Martin qui possède une salle publique). La salle paroissiale de Saint Clément est la plus moderne de Jersey.
La police honorifique de Jersey.

Jersey est divisé en douze cantons administratifs appelés paroisses ayant tous un accès à la mer :

Le pouvoir administratif[modifier | modifier le code]

À la tête de chaque paroisse se trouve un connétable (c’est-à-dire, bourgmestre ou maire).

Le pouvoir administratif de la paroisse appartient à l’Assemblée des Principaux et des Électeurs, qui comprend des contribuables possédant une propriété dont la valeur dépasse un certain seuil défini par des parts et des personnes inscrites à la liste électorale. Cette Assemblée est présidée par le Connétable pour ce qui est des affaires civiles et par le Recteur lorsqu’il s’agit de questions ecclésiastiques.

Le connétable est chargé d'inspecter, deux fois par an, lors de la Visite du branchage, la taille des haies le long des voies de circulation.

Le Connétable de chaque paroisse doit assurer une police honorifique composée de centeniers, de vingteniers et d’Officiers du Connétable. Ces personnes sont élues par les électeurs de la paroisse pour trois ans. Les officiers de la police honorifique sont bénévoles et la plupart d'entre eux ne portent pas d’uniforme. Ils sont mandatés pour procéder à des arrestations, à des fouilles et peuvent mener des enquêtes au sein de leur paroisse.

Une police des États (en uniforme) a été introduite en 1951 sur le modèle de sa consœur du Royaume-Uni.

Culture[modifier | modifier le code]

Plaque de rue bilingue à Saint-Hélier en l'honneur de l'artiste Jean Le Capelain.

L’île a inspiré Claude Debussy. Sa pièce pour piano l’Isle joyeuse en est une représentation musicale.

Claude Cahun s’est installée à Jersey et y a passée les seize dernières années de sa vie.

John Everett Millais (1829-1896), peintre, président de l’Académie Royale britannique, était jersiais.

Autres peintres originaires de Jersey : Jean Le Capelain (1812-1848), Philip John Ouless (1817-1885), Walter William Ouless (académicien, 1848-1933), John St. Helier Lander (1869-1944), Edmond Blampied (1886-1966).

John Wesley, fondateur du méthodisme, s’est rendu à Jersey en 1787 pour encourager les premières congrégations méthodistes. Pendant le XIXe siècle, le méthodisme a eu une forte influence à Jersey, surtout à la campagne. On voit encore de nombreuses chapelles et l’influence des Wesleyens existe toujours dans la politique sociale de Jersey. On y voit la survivance du mouvement religieux qui avait adopté le calvinisme à la Réforme.

Film tourné à Jersey : Louise-Michel de Benoît Delépine et Gustave de Kervern (2008)

Littérature[modifier | modifier le code]

Le monument-Wace à Saint-Hélier

Wace est considéré comme fondateur de la littérature jersiaise au XIIe siècle.

La première poésie en langue jersiaise imprimée et datée (1795) est au nom de Matthew Le Geyt (1777-1849). La Fille Malade de Robert Pipon Marett (Laelius), poète et bailli de Jersey (1820-1884) fut citée par François-Victor Hugo dans son livre La Normandie inconnue. Autres noms de la littérature jersiaise au XIXe siècle : Henri-Luce Manuel (L., ), Esther Le Hardy (Nenné Caton), Philippe Langlois (St.-Luorenchais), Augustus Asplet Le Gros (A.A.L.G., 1840-1877), Philippe Asplet (L'Anmîn Flip), Philippe Le Sueur Mourant (Bram Bilo, 1848-1918).

Au XXe siècle : E. J. Luce (Elie, 1881-1918), George W. de Carteret (Le Caouain, 1869-1940), Edward Le Brocq (Ph'lip, 1877-1964), George F. Le Feuvre (George d'la Forge, 1891-1984).

Victor Hugo[modifier | modifier le code]

Victor Hugo en exil à Jersey, 1850

Après le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, Victor Hugo est contraint à l'exil. Réfugié à Bruxelles, il doit la quitter après la publication du pamphlet Napoléon le Petit. Il décide alors de partir pour Jersey où il vivra de 1852 à 1855. Il habite Marine-Terrace, à la Grève d'Azette, dans le quartier de St Clément, jusqu'en 1855 où, expulsé par les autorités de Jersey, il part pour Guernesey.

C'est sur cette île qu'il écrit Les Châtiments, 98 poèmes sur sa colère et son indignation face au régime de Napoléon III ainsi que Les Travailleurs de la mer.

Langues[modifier | modifier le code]

Étendarts normands dans la rue ès Français à Saint-Hélier.
École élémentaire à Jersey.
Nom de rue en jersiais : c’est la rue noire à Saint-Ouën.

Trois langues sont parlées à Jersey : l'anglais, le français et le jersiais.

Jersey possède deux langues officielles, l'anglais et le français et une langue vernaculaire d'origine normande, le jersiais, une variante de la langue normande.

  • L'anglais est la langue maternelle d'environ 85 % des habitants de Jersey. Elle est la langue maternelle ou seconde de près de 95 % de la population soit 85 000 locuteurs.
  • Le français est la langue maternelle d'environ 15 % des habitants de Jersey (environ 15 000 Français sont installés à Jersey). Elle est la langue maternelle ou seconde d'environ 25 % de la population soit près de 20 000 locuteurs.
  • Le jersiais est la langue maternelle d'environ 3 % de la population soit 2 700 locuteurs (ils étaient 5 700 en 1989). Le jersiais est compris par environ 10 000 personnes soit près de 12 % de la population.

L'anglais[modifier | modifier le code]

Aux XIXe et XXe siècles, une colonisation importante de Britanniques anglophones a fait de l’anglais de loin la langue la plus parlée de l’île, reléguant le jersiais au statut de langue minoritaire. L’anglais est désormais langue officielle au côté de la langue française qui reste officielle notamment pour certaines cérémonies et la documentation légale (voir Français de Jersey). Dans les écoles, le français est enseigné comme langue seconde dans tous les établissements d’enseignement.

Le français[modifier | modifier le code]

À Jersey, depuis 1991, un cours de langue française intitulé « Salut Jersey » est enseigné dans toutes les écoles primaires à partir de huit ans. L'étude du français se poursuit au lycée à raison de 10 % de l'horaire scolaire. À l'âge de 16 ans, la plupart des élèves passent et réussissent le «certificat général de l'Éducation secondaire» en français; quelque 16 % des élèves qui suivent un cours plus approfondi jusqu'à 18 ans étudient le français[21]. Depuis quelques années, il est possible d'enseigner, sur une base facultative, le jersiais dans les écoles primaires de l'île, même dans les écoles secondaires (quelque 200 enfants apprennent le jersiais en plus du français)[22].

Jersey fait partie de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Le jersiais[modifier | modifier le code]

Le jersiais, encore couramment utilisé par une petite minorité de la population, est un dialecte normand. Les États de Jersey ont relancé son apprentissage à l’école. Jersey accueille régulièrement la Fête des Rouaisouns. L'apprentissage du jersiais est proposé dans les écoles de Jersey d'une façon facultative. Plus de deux cents enfants apprennent le jersiais actuellement.

Exemple de phrase jersiaise :

Tch'est qu' ch'est l'jèrriais ? Ch'est la vielle langue d'Jèrri (Qu’est-ce que le jersiais ? C’est la langue ancestrale de Jersey.)

Bilinguisme[modifier | modifier le code]

À la campagne, les noms de rue sont le plus souvent en français ou en jersiais. À Saint-Hélier, beaucoup de rues portent deux noms, l’un anglais, l’autre français ou jersiais, mais rares sont les traductions exactes.

L’imprimerie est arrivée à Jersey pour la première fois en 1784 — l’administration autonome de l’île n’avait exigé que douze copies manuscrites de chaque loi ou ordonnance, dont l’une pour chaque paroisse. Un mensuel, Le Magasin de l’île de Jersey, première publication éditée à Jersey, est critique envers les autorités et est fermé après quelques mois.

La Gazette de Jersey, premier hebdomadaire de Jersey, paraît pour la première fois en 1786. La Chronique de Jersey est fondée en 1814 et La Nouvelle Chronique de Jersey la concurrence à partir de 1855. Ces deux titres ont fusionné en 1917 sous le nom de Chroniques de Jersey. C’est Le Constitutionnel qui représente l’opinion conservatrice jersiaise francophone du milieu du XIXe siècle, à partir de 1820.

Le premier journal en langue anglaise à Jersey, le British Press paraît en 1822.

La langue anglaise est permise dans les débats parlementaires des États de Jersey depuis 1900. L’anglais devient prédominant au cours du XXe siècle.

Le dernier journal édité en français à Jersey, Les Chroniques de Jersey, ferme à la fin de 1959 — depuis ce temps-là, il n’y a que des journaux en anglais qui éditent de temps en temps des articles en jersiais.

Le portugais est parlé par une minorité de la population issue de l’immigration lusophone.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Enseigne bilingue d’un bar. Le « chien de Bouley » est un monstre légendaire de la localité.

Les fruits de mer sont une spécialité de la région — moules, huîtres, homards, crabes, autres coquillages. Les Jersiais aiment surtout les araignées de mer. On surnommait les îles Anglo-Normandes le royaume de congres et en effet la soupe d’andgulle (soupe de congre) était autrefois un plat très commun.

Le nièr beurre qui est une spécialité locale à base de pommes à cidre qui a la consistance d'un sirop épais.

Les pais au fou (sorte de soupe au haricots) donnent un surnom aux Jersiais, Jersey beans, c’est-à-dire des haricots de Jersey en anglais, parce que les Anglais arrivés à Jersey croyaient que les habitants ne mangeaient que des fèves. Beaucoup de Jersiais considèrent ce surnom comme injurieux et préfèrent celui de crapaud.

Les mèrvelles (sorte de beignet en nœud, appelé en anglais Jersey wonder) sont populaires aux fêtes et kermesses.

Le pain jersiais traditionnel est mis au four sur une feuille de choux, avec une deuxième feuille à couvrir, ce qui lui donne un goût particulier.

Le lait jersiais est très riche, mais il n’y a pas de tradition de fabrication de fromage à Jersey. Les Jersiais donnaient la préférence au beurre.

La Faîs'sie d’Cidre est la fête du cidre qui se déroule chaque année à Jersey en octobre.

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Au cœur de la ville de Saint-Hélier, cette sculpture rappelle qu’on surnomme les Jersiais — des crapauds. C’est l’animal national du pays.

Trois hypothèses coexistent sur l’origine du drapeau jersiais :

  • C’est un vieux symbole normand que l’on retrouve à Jersey et dans les armoiries de la famille normande-irlandaise Fitzgerald ;
  • C’est le résultat d’une erreur cartographique aux Pays-Bas qui a doté Jersey d’un drapeau irlandais ;
  • C’est la croix rouge du drapeau anglais différencié afin de distinguer les navires jersiais pendant les périodes de neutralité lors de guerres anglo-françaises.

Le drapeau actuel date de 1981 quand le blason et la couronne ont été ajoutés au drapeau par proclamation royale à la suite d’une demande des États de Jersey.

Les trois léopards normands sont tirés du sceau du bailli, mais ont été confirmés comme blason national. Les trois léopards sont librement utilisés par les citoyens de Jersey.

La chanson Ma Normandie est chantée comme hymne lors des jeux du Commonwealth, jeux des Îles, ou autre cérémonie quand il est nécessaire de distinguer les pays qui se servent de God save the Queen. Mais il y a un mouvement populaire pour le remplacement de Ma Normandie par une chanson jersiaise Beautiful Jersey/Man Bieau P'tit Jèrri.

Les Jersiais sont surnommés par leurs voisins insulaires les crapauds (prononcer désormais à la jersiaise ou à l’anglaise « cwapauds ») parce que l’on en trouve à Jersey et pas dans les autres îles de la Manche. Les Jersiais se vengent des Guernesiais en les traitant d’« ânes » ou de donkeys selon leur langue.

Médias[modifier | modifier le code]

Depuis 1962 l’ile possède une société de radiodiffusion et de télévision privée indépendante connue sous le nom de Channel Television qui est rattachée au réseau national britannique ITV.

Économie[modifier | modifier le code]

Comme en témoigne le siège de la Banque Royale d’Écosse (Royal Bank of Scotland International) à Saint-Hélier, le développement de l’industrie financière à Jersey a transformé l’architecture de la capitale
La fête du cidre à Jersey.
Manifestants et banderoles en jersiais contre la pauvreté en 2005.
  • Tourisme (y compris achats détaxés en particulier de parfums) (749 000 visiteurs en 2003, dont 378 900 séjournant ; contribution financière du tourisme en 2003 – 213 millions £) ;
  • Activités financières notamment « paradis fiscal » pour des sociétés (50,2 % de l'économie en 2003) ;
  • Agriculture (légumes, fruits, fleurs, élevage bovin laitier) (1,6 % de l’économie en 2003 ; 5 600 hectares cultivés ; valeur de l’exportation en 2003 – 17 millions £).

L'île est connue pour sa production de pommes de terre de primeur, les Jersey Royal Potatoes, qui a reçu le label européen AOP en 1996[23].

Chiffres

  • Produit intérieur brut 2003 : 2,61 milliards £
  • PIB/habitant 2003 : 34 000 £
  • Impôts sur les revenus 2003 : 367 millions £
  • Impôts (alcools, tabac, essence) 2003 : 47,5 millions £
  • Valeur moyenne d’une maison à trois chambres en 2012 : 487 000 £[24]
  • 52 280 employés en juin 2004
  • chômage moyen par mois en 2004 - 500 personnes

La Chambre de Commerce de Jersey, fondée le 24 février 1768, est la plus vieille du Commonwealth.

La vache jersiaise est originaire de l’île. Depuis 1789, c’est la seule race bovine permise à Jersey.

La récolte de varech se pratique afin de fournir de l’engrais pour les champs. Une particularité de l’agriculture de Jersey est les côtils, champs labourables en pente. Le terrain à plat étant limité, on avait développé la culture des coteaux, surtout pour les pommes de terre et les primeurs, qui reçoivent le maximum de soleil, orientées vers le sud.

Contrebande : dès le XVIIe siècle, le tabac fit l’objet d’une économie parallèle florissante. Elle s’explique par Sir Walter Raleigh, gouverneur de Jersey qui fonda en Amérique une colonie baptisée Virginie. Cette terre lointaine fournit entre autres le tabac. Dès son retour, il ensemence l’île de cette plante. Le tabac y prospéra tant que Jacques Ier d'Angleterre, désirant protéger la production de ses colonies et de ne pas perdre ses bénéfices au fisc anglais qui percevait des droits importants sur le tabac américain, interdit toute exportation hors du Royaume-Uni. Ce fut l’occasion d’une fraude organisée qui perdura jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la production de cidre était considérable, mais la culture des pommes de terre a remplacé celle des pommiers. Depuis 1987, on encourage l’implantation de vieilles variétés jersiaises de pommes dans le but de réintroduire la production commerciale de cidre et d’eau-de-vie de cidre. Une certaine quantité est désormais en vente.

Au XXIe siècle, on recherche la possibilité de produire de la vodka à base de pommes de terre afin de diversifier la production. Il existe des vignobles à Jersey avec une petite production commerciale de vin blanc et rouge.

La spécialisation de Jersey dans la production agricole requérant une importante main d’œuvre saisonnière attira de nombreux Bretons qui souvent finirent par rester sur l’île. L’immigration la plus importante vers Jersey est l’immigration agricole entre 1850 et 1950 (principalement Côtes-d'Armor et Morbihan). Depuis une dizaine d’années, les Portugais ont remplacé les Bretons à Jersey, puis à partir de 2004 les Polonais.

Poste[modifier | modifier le code]

La poste a longtemps été une compétence de la Couronne depuis l’ouverture du premier bureau postal à Jersey. Le bureau de poste français a été fermé le 1er juin 1843 selon un accord franco-britannique. Les premières boîtes aux lettres publiques dans les îles Britanniques ont été inaugurées le 23 novembre 1852. Les îles anglo-normandes ont donc utilisé les timbres-poste britanniques, depuis la création de ces derniers en mai 1840. Il s’y est ajouté pendant l’occupation allemande de 1940 à 1945 des timbres apparemment locaux, mais en réalité émis pour le compte de la poste britannique, par les receveurs des postes des deux îles pour faire face à l’impossibilité de s’approvisionner en timbres au Royaume-Uni.

Mais depuis 1969, la compétence postale a été transférée par le Royaume-Uni aux bailliages de Jersey et de Guernesey. Dès lors, Jersey a émis ses propres timbres et les figurines de Jersey ont dès lors remplacé les timbres britanniques dans cette île.

De nombreuses études philatéliques ont porté sur les marques postales et timbres britanniques oblitérés à Jersey avant 1969 et notamment pendant l’occupation allemande de 1940 à 1945.

Monnaie[modifier | modifier le code]

Distributeurs jumeaux à Saint-Hélier : à gauche, billets anglais ; à droite, billets jersiais

La livre jersiaise (billets de banque et pièces de monnaie émis par les États de Jersey) circule librement à côté de billets de banque anglais, guernesiais et écossais et pièces de monnaie de Guernesey et du Royaume-Uni. Des banques proposent un choix de distributeurs de billets afin que les clients puissent retirer des billets de banque jersiais ou anglais selon leurs besoins. Cependant, la livre jersiaise n'a cours légal que sur l'île de Jersey et ne peut être échangée que sur l'île. Il est donc conseillé aux touristes de changer leur propre monnaie en livres sterling qu'ils pourront toujours convertir où qu'ils se trouvent.

Billets de banque

Chacun des billets jersiais porte un portrait de la Reine, avec la tête d’une vache jersiaise en filigrane.

  • 1 livre : vert, l’église paroissiale de Saint-Hélier
    • depuis 2004, un billet commémoratif d’une livre circule pour fêter les 800 ans d’indépendance jersiaise. Il est en vert et or avec une représentation du château Mont-Orgueil (Saint-Martin).
  • 5 livres : pourpre, le phare de la Corbière (Saint-Brélade)
  • 10 livres : rouge, la Bataille de Jersey, 1781 (Saint-Hélier)
  • 20 livres : bleu, le manoir de Saint-Ouën
  • 50 livres : brun, la Maison du Gouvernement de Jersey (Saint-Sauveur)
Pièces de monnaie

Chacune des pièces jersiaises porte l’effigie de la Reine et la devise Bailiwick of Jersey (Bailliage de Jersey)

  • 1 penny : la tour du Hocq (Saint-Clément)
  • 2 pence : l’Hermitage de saint Hélier
  • 5 pence : la tour de l’Avarizon (Grouville)
  • 10 pence : la Pouquelaye de Faldouet (dolmen à Saint-Martin)
  • 20 pence : le phare de la Corbière (Saint-Brélade)
  • 50 pence : le château de Grosnez (Saint-Ouën)

Bien que le Royaume-Uni ait remplacé son billet d’une livre par une pièce, Jersey a gardé son billet et émet également une pièce. La pièce jersiaise présente une image différente chaque année - jusqu’ici on a présenté des séries d’héraldique et de navires historiques. À l’entour du bord, il y a la devise Insula Caesarea (« île de Jersey » en latin). Une pièce de 2 livres a également été frappée, mais elle reste rare.

Transports[modifier | modifier le code]

Condor 10 à Saint-Malo effectuant la traversée vers Jersey et Guernesey

Un projet de pont ou de tunnel Jersey-France est une idée avancée des deux côtés du bras de mer qui sépare l'île anglo-normande de Jersey de la France pour la réalisation d'un ouvrage d'art qui permettrait une liaison routière et ferroviaire directe entre l'île de Jersey et la Normandie.

Par bateau[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de liaisons quotidiennes se font par ferry depuis la France :

Depuis l'Angleterre :

Entre les îles anglo-normandes :

Par avion[modifier | modifier le code]

Jersey est également relié à Paris et Zurich.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À parité avec la livre sterling.
  2. UTC+1 à l'heure d'été
  3. Dictionnaire Jersiais-Français, Le Maistre, Jersey 1966
  4. Site de la Cour internationale de Justice - décision iles des Écréhous et des Minquiers - consulté le 6 mai 2008
  5. Itinéraire d'Antonin
  6. Marie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoire de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, p. 161.
  7. Ibid., p. 255
  8. T.F. Hoad, English Etymology, OUP.
  9. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche., édition Picard 1986.
  10. Michelet D. (1982)- Le gisement préhistorique de Port-Pignot à Fermanville (Manche), Gallia Préhistoire, t.25, 1982, p.1-77, 65 fig., 11 plans
  11. Voir Niveau de la mer
  12. Robert Lerouvillois, Scicy la forêt engloutie, 300 ans d'archéologie en Cotentin, édition 1999, les plus grandes découvertes de l'Antiquité à nos jours, Paoland Connaissance, cf. Croquis p. 41
  13. Robert Lerouvillois, Scicy la forêt engloutie, 300 ans d'archéologie en Cotentin, édition 1999, les plus grandes découvertes de l'Antiquité à nos jours, Paoland Connaissance, cf. Croquis p. 47
  14. Robert Lerouvillois, Scicy la forêt engloutie, 300 ans d'archéologie en Cotentin, édition 1999, les plus grandes découvertes de l'Antiquité à nos jours, Paoland Connaissance, cf. Photos p.70, "Bois préhistorique en Cotentin"
  15. Source : tradition orale relevée par mes soins lors de mes études, à prendre avec circonspection, mais néanmoins pouvant être notifiée pour mettre en évidence une croyance populaire, bien réelle, d'une forêt engloutie sur les côtes
  16. [1]
  17. World Factbook Redirect — Central Intelligence Agency
  18. (Information basée sur un document intitulé L’Organisation politique et administrative des États de Jersey édité par les États de Jersey)
  19. Voir Loi de 1804 révisée 2004, art. 14 texte disponible.
  20. Voir les arguments du défendeur Richard Falle, seigneur de la Fosse cf. texte de 2003
  21. Statut accordé à la langue française
  22. L'enseignement du français à Jersey et Guernesey
  23. (fr) « Jersey Royal Potatoes », Base DOOR, Commission européenne -Agriculture et Alimentation (consulté le 13 novembre 2010).
  24. http://www.gov.je/SiteCollectionDocuments/Government%20and%20administration/R%20HousePriceIndexQ32013%2020131114%20SU.pdf