Arènes de Lutèce

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Amphithéâtre de Lutèce
Maquette des arènes de Lutèce
Maquette des arènes de Lutèce

Lieu de construction Lutèce (Gaule lyonnaise)
Date de construction Ier siècle
Dimensions de l’arène 53 x 47 m
Capacité 17 000 places
Rénovations 577 (Chilpéric)
Géographie
Coordonnées 48° 50′ 42″ N 2° 21′ 11″ E / 48.845, 2.353 ()48° 50′ 42″ Nord 2° 21′ 11″ Est / 48.845, 2.353 ()  
Liste des amphithéâtres romains

Les arènes de Lutèce, construites au Ier siècle, sont un amphithéâtre gallo-romain situé à Paris. Il s'agit d'un complexe hybride, de type « amphithéâtre à scène » ou encore « amphithéâtre-théâtre », comportant à la fois une scène pour les représentations théâtrales et une arène pour les combats de gladiateurs et autres jeux de l'amphithéâtre.

Description[modifier | modifier le code]

La cavea des Arènes de Lutèce et la tour Zamansky du campus de Jussieu.

Cet amphithéâtre à scène, d'un type courant en Gaule, pouvait accueillir 17 000 spectateurs[1],[2]. La scène de théâtre, dressée sur le podium, est de taille considérable (41,20 m de longueur). Les combats d'hommes et d'animaux se déroulaient sur la piste centrale elliptique de grand axe 52,50 m et de petit axe 46,8 m.

Historique[modifier | modifier le code]

Il est probable que les arènes, construites au Ier siècle, restèrent en activité jusqu'à la première destruction de Lutèce, à la fin du IIIe siècle. Toutefois, Chilpéric fit réparer cet amphithéâtre en 577 ap. J.-C. et y fit donner des spectacles[3].

Le plus ancien texte faisant référence à ces arènes est dû au moine anglais Alexandre Neckham (1157-1217) qui décrit dans un poème latin ce qu'il a vu à Paris vers 1180[4]. Il cite l'amphithéâtre romain. Un acte de 1284 rapporté par l'Université Du Boulay parle d'un lieu-dit Les Arènes devant Saint-Victor[5]. Adrien de Valois publie un texte en 1675 qui mentionne l’amphithéâtre[réf. nécessaire]. Cependant, les arènes sont alors ensevelies et leur emplacement exact est alors ignoré. Le site aura été peu à peu effacé, en particulier par les terres de remblai lors du creusement des fossés de l'enceinte de Philippe-Auguste au XIVe siècle.

Les fouilles de Vacquer et Capitan[modifier | modifier le code]

Le site des arènes de Lutèce en 1615, représentées sur le plan de Mérian. Les arènes ne sont alors pas répertoriées.

« Arènes de Lutèce, partie Nord découverte en 1869, partie Sud mise au jour en 1883-1885, l’ensemble restauré en 1917-1918 » – Inscription du fronton de l’entrée 49, rue Monge[6].

Entre 1860 et 1869, l'ouverture de la rue Monge permit à Théodore Vacquer de mettre au jour et relever les premières traces de la partie nord des arènes. Elles furent réellement dégagées dans leur partie sud par les travaux de terrassement de la Compagnie générale des omnibus entre 1883 et 1885, qui souhaitait construire un dépôt de tramways. La Société des amis des Arènes est créée pour défendre le site et sa valeur historique, ses soutiens comptent Victor Duruy et Victor Hugo. Le 27 juillet 1883, Hugo adressa une lettre au président du conseil municipal de Paris pour défendre les arènes de Lutèce, menacées de destruction :

« Paris, le 27 juillet 1883,
Monsieur le président,
Il n'est pas possible que Paris, la ville de l'avenir, renonce à la preuve vivante qu'elle a été la ville du passé. Le passé amène l'avenir. Les arènes sont l'antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. Le conseil municipal qui les détruirait se détruirait en quelque sorte lui-même. Conservez les arènes de Lutèce. Conservez-les à tout prix. Vous ferez une action utile, et, ce qui vaut mieux, vous donnerez un grand exemple.
Je vous serre les mains. »

Quelques jours après, le conseil se porta acquéreur des vestiges de l'amphithéâtre qui fut classé monument historique. Après le démantèlement du tramway et de son dépôt en 1916 et le percement de la ligne 10 du métro, l'anthropologue Louis Capitan continua les fouilles à la fin de la Première Guerre mondiale sur une autre partie des arènes et compléta leur restauration en 1918. Malheureusement les immeubles construits du côté de la rue Monge ne permirent pas de compléter la cavea.

Les arènes aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les arènes sont aujourd'hui accessibles à travers l'immeuble du nº 49 de la rue Monge, par la rue des Arènes et le square Capitan dans le 5e arrondissement de Paris. Elles sont ouvertes tous les jours de 8 h 30 à 17 h pendant l'hiver et 21 h pendant l'été.

Les Bretons de Paris ont organisé pendant de nombreuses années un pardon de la Saint-Yves aux arènes de Lutèce où se rassemblaient environ 2 000 personnes dans les années 1960 et 1970[7]. La procession menée par une « duchesse Anne à cheval » partait des arènes pour aller à Notre-Dame, Saint-Gervais-Saint-Protais ou Saint-Germain-l'Auxerrois.

Au quotidien, les arènes sont le terrain de jeu de footballeurs en herbe et des joueurs de pétanque. Elles accueillent quelques fois par an de petits festivals de quartier [8]. Par ailleurs, sur le site des arènes se trouvent une « maison des oiseaux » proposant des découvertes pédagogiques ornithologiques pour les plus jeunes et un parcours botanique dans les différentes allées du site. Parmi les spécimens remarquables d'arbres se trouvent deux faux de Verzy — plantés en 1905 et classés arbres remarquables[9] — un Ilex aquifolium ferox (houx hérisson), un Ulmus minor (orme champêtre) variété « Jacqueline Hillier », un Broussonetia papyfera (mûrier à papier), un Photinia glabra et un Ligustrum lucidum.

Accès[modifier | modifier le code]

Les arènes de Lutèce sont desservies par le métro aux stations Place Monge, ligne (M)(7), et Jussieu, lignes (M)(7)(10), ainsi que par les lignes de bus (BUS) RATP 47 67 89.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Près de dix-sept mille personnes pouvaient trouver place dans l'amphithéâtre orienté au nord-est […]. […] Lutèce était alors une petite ville de quinze à vingt mille habitants. Les dimensions de ce cirque provincial donnent la mesure de l'engouement de la foule qui désertait entièrement la cité pour prendre, en famille, son cruel plaisir aux combats des gladiateurs et des belluaires et peut-être au spectacle des martyrs ravis au village chrétien tout proche pour servir de pâture aux bêtes féroces. », Philippe Lefrançois, Paris à travers les siècles, Paris,  éd. Calmann-Lévy, 1951.
  2. « Construit peut-être au IIe siècle, très vaste (130 mètres sur 100 [mètres]), il pouvait accueillir quinze mille personnes. » – Alfred Fiero, Histoire et dictionnaire de Paris, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996 (ISBN 2-221-07862-4), p. 12.
  3. « À la mort de Sigebert Ier (575), sa veuve Brunehaut se réfugie à Paris, mais un an plus tard, Chilperic s’empare de la ville, répare l’amphithéâtre antique et y donne des spectacles en 577. » – Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, p. 16.
  4. Paul-Marie Duval, Paris antique : des origines au troisième siècle
  5. Université de Du Boulay (1665-1673, 6 vol. in-fol.), au tome III, p.238.
  6. Cf. la photo de la section « Les arènes aujourd’hui ».
  7. Sur le site des Bretons de Paris
  8. « Les Arènes de Lutèce en fête », sur evous.fr,‎ septembre 2013 (consulté le 12 novembre 2013)
  9. Les arbres remarquables sur le site de la Ville de Paris.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]