Rassemblement pour la République

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Rassemblement pour la République
Image illustrative de l'article Rassemblement pour la République
Logo officiel
Présentation
Anciens présidents Jacques Chirac
Alain Juppé
Philippe Séguin
Nicolas Sarkozy (intérim)
Michèle Alliot-Marie
Serge Lepeltier (intérim)
Fondation
Disparition (dissous dans l'UMP)
Idéologie De 1976 à 1981 : gaullisme social, républicanisme, conservatisme, souverainisme et euroscepticisme
Après 1981 : conservatisme libéral, républicanisme, conservatisme, européisme, gaullisme
Couleurs Bleu et rouge

Le Rassemblement pour la République (RPR) est un parti politique français de droite, se revendiquant du gaullisme, à savoir d’une politique inspirée par Charles de Gaulle et la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

Créé en 1976 sous l’impulsion de Jacques Chirac, alors en conflit personnel (mais non idéologique)[1] avec le président de la République issu des Républicains indépendants, Valéry Giscard d'Estaing, le RPR était considéré comme l'équivalent français du Parti conservateur du Royaume-Uni. Il s'est auto-dissous dans l'UMP en 2002.

Historique des mouvements gaullistes jusqu'en 2002[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Rassemblement pour la République est créé par Jacques Chirac le .

Ce parti voulait « soutenir une politique fondée sur le respect intransigeant de la souveraineté du peuple et de l’indépendance nationale, de la liberté, de la responsabilité et de la dignité de l’homme » (statuts). Comme le RPR s’oppose ouvertement à la politique menée par Barre, au nom de l’héritage gaullien d’intervention de l’État, les ministres doivent souvent avoir recours à l’article 49-3 qui dispose qu'un texte proposé est adopté si une motion de censure ne recueille pas de majorité.

Après la création récurrente de cartels électoraux avec ses alliés de l'UDF et divers droite, comme l'URC (Union du rassemblement et du centre) en 1988 ou l'UPF (Union pour la France) en 1993, la direction RPR prône - après l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République - à un rapprochement plus étroit des structures partisanes.

C'est ainsi que, sous l'égide de Philippe Séguin, est créée en 1998 l'Alliance, qui regroupe le RPR, l'UDF et DL. Cette structure tombe en déshérence en 1999, à la suite du refus de l'UDF de constituer une liste commune aux élections européennes.

En 2000, le RPR lance un chantier de création d’un parti unique de la droite parlementaire : l'Union en mouvement (UEM) se donne pour tâche de préparer l’élection présidentielle de 2002, en rassemblant les tendances gaullistes, libérales et démocrates chrétiennes.

Le , le RPR approuve la création d'une Union pour la majorité présidentielle (UMP), destinée à soutenir Jacques Chirac pour le second tour de la présidentielle. Le 21 septembre de la même année, les assises extraordinaires de Villepinte adoptent à 86,5 % la dissolution du RPR au sein de l'UMP, nouveau parti dont les assises fondatrices - qui lui donnent le nom d'Union pour un mouvement populaire - ont lieu le .

L'Union des jeunes pour le progrès (UJP, fondée en 1965) et l'Union des étudiants pour le progrès (UEP) ont tout d'abord constitué les mouvements de jeunesse des mouvements gaullistes successifs, avant que ne soient créés les Jeunes RPR, dont l'un des premiers responsables nationaux fut Nicolas Sarkozy (voir Jeunes Populaires).

Divisions internes[modifier | modifier le code]

Le parti reste longtemps centré sur la personnalité seule de Jacques Chirac, avec toutefois dès le départ une certaine hostilité des « barons » toujours attachés à un gaullisme des origines (dont les anciens Premiers ministres Michel Debré ou Pierre Messmer, voire Jacques Chaban-Delmas ou encore des « barons » locaux comme le ligérien Olivier Guichard) et des ministres des gouvernements Barre. L'autorité du président du parti est pourtant de plus en plus remise en question à partir de son second échec à une élection présidentielle de 1988, avec un éloignement progressif de ses anciens lieutenants (Pierre Juillet, Marie-France Garaud, Charles Pasqua et Édouard Balladur), certaines dissensions idéologiques (notamment concernant la construction européenne ou la vision économique et sociale) et l'arrivée d'une nouvelle génération.

Certains représentants de cette dernière, menés par le député-maire d'Épinal et ancien ministre des Affaires sociales Philippe Séguin et comprenant surtout le député-maire de Lyon Michel Noir, celui de Grenoble Alain Carignon, le député adjoint au maire de Versailles Étienne Pinte, le député-président du conseil général de la Savoie Michel Barnier et le député-maire de Sablé-sur-Sarthe François Fillon, font partie d'un groupe de jeunes élus issus du RPR et de l'UDF (dont François Bayrou ou Dominique Baudis), baptisé « les Rénovateurs », réunis par un ressentiment partagé envers les trois « anciens » dirigeants de la droite et du centre (Raymond Barre, Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing), devenus à leurs yeux synonymes de « machine à perdre ». Ils ambitionnent alors de présenter une liste unique d’opposition aux élections européennes de juin 1989[2],[3].

La popularité de Dominique Baudis (ancien présentateur de télévision devenu maire UDF-CDS de Toulouse en 1983 en succédant à son père, Pierre Baudis) et Michel Noir (récemment élu maire de Lyon) vaut un certain succès, notamment médiatique, au mouvement. Toutefois des dissensions apparaissent, en particulier sur l'Europe, où les positions souverainistes de Philippe Séguin s'avèrent incompatibles avec l'approche fédéraliste des centristes. Finalement, la tentative des « rénovateurs » échoue, la liste conduite par Simone Veil aux élections européennes recueillant seulement 8,43 % des voix. Quoi qu'il en soit, à l'approche des assises du RPR du début 1990 où pour la première fois, la formation gaulliste désigne ses instances dirigeantes à la proportionnelle, Philippe Séguin et les rénovateurs du RPR font alliance avec Charles Pasqua[4] pour « régénérer le RPR » en s'inspirant « du message du général de Gaulle ». Ils sont notamment rejoints dans leur démarche par Franck Borotra, Élisabeth Hubert, Jean de Boishue ou Jacques Kosciusko-Morizet. Tous défendent une ligne souverainiste sur les questions européennes et se revendiquent d'une position authentiquement gaulliste.

Sentant le danger, Jacques Chirac, qui avait initialement prévu de se tenir au-dessus de la mêlée, s'engage fermement en faisant sien le texte proposé par un des jeunes parlementaires qui lui est resté fidèle, Alain Juppé. Finalement, le courant Pasqua-Séguin obtient 31,68 % des voix lors des assises du RPR au Bourget, le , et Jacques Chirac est réélu président du parti[5]. La division entre ces deux camps se fait jour également lors du référendum sur le traité de Maastricht du , puisque Charles Pasqua et Philippe Séguin font tous deux campagne pour le « non » tandis que Jacques Chirac ou encore Édouard Balladur s'engagent fermement pour le « oui ».

L'élection présidentielle de 1995 est une nouvelle occasion de scission interne. Édouard Balladur, Premier ministre depuis 1993 et jouissant d'une importante popularité, annonce sa candidature le contre Jacques Chirac. Il reçoit le soutien d'une grande partie des trentenaires et « quadra » du parti tels Nicolas Sarkozy (son porte-parole de campagne), François Fillon, Patrick Devedjian ou Dominique Perben, mais aussi de Charles Pasqua. Pour sa part, outre les « chiraquiens » qui lui sont restés fidèles (Alain Juppé, Jacques Toubon, Bernard Pons, entre autres), Jacques Chirac est rallié par Philippe Séguin qui inspire en grande partie son discours sur la fracture sociale. La victoire du président du RPR entraîne une certaine mise à l'écart d'Édouard Balladur et de la plupart de ses partisans (dont surtout Nicolas Sarkozy, tandis que certains, comme François Fillon ou Dominique Perben, sont tout de même présents dans le gouvernement Juppé). Après la défaite aux élections législatives de 1997, les « gaullistes sociaux » (ou séguinistes) et les « libéraux » (ou balladuriens) s'allient pour prendre la direction du parti : Philippe Séguin devient président et Nicolas Sarkozy secrétaire général.

Parmi les représentants des principales tendances qui divisent le RPR durant les années 1990 figurent :

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Présidentielles[modifier | modifier le code]

  • 1981 : Jacques Chirac (18,00 % au premier tour)
  • 1988 : Jacques Chirac (19,96 % au premier tour ; 45,98 % au second tour)
  • 1995 :
    • Édouard Balladur (18,58 % au premier tour)
    • Jacques Chirac (20,84 % au premier tour ; 52,64 % au second tour)
  • 2002 : Jacques Chirac (19,88 % au premier tour ; 82,21 % au second tour)

Législatives[modifier | modifier le code]

  • 1978 : 22,62 % au premier tour (1er parti) ; 26,11 % au second tour (2e parti, derrière le PS) ; 150 élus
  • 1981 : 20,83 % au premier tour (2e parti, derrière le PS) ; 22,35 % au second tour (2e parti, derrière le PS) ; 85 élus
  • 1986 :
    • listes Union RPR - UDF : 21,44 % (2e score, derrière les listes PS) ; 147 élus
    • listes RPR seules : 11,22 % (3e score) ; 76 élus
  • 1988 : 19,19 % au premier tour (2e parti, derrière le PS) ; 23,06 % au second tour (2e parti, derrière le PS) ; 126 élus
  • 1993 : 19,83 % au premier tour (1er parti) ; 27,85 % au second tour (2e parti, derrière le PS) ; 242 élus
  • 1997 : 15,70 % au premier tour (2e parti, derrière le PS) ; 22,81 % au second tour (2e parti, derrière le PS) ; 139 élus

Personnalités ayant exercé une fonction ou mandat national[modifier | modifier le code]

Président de la République[modifier | modifier le code]

Premiers ministres[modifier | modifier le code]

Ministres[modifier | modifier le code]

Ne sont listés ici que les ministres, non les secrétaires d'État et ministres délégués.

Gouvernement Barre I (1976-1977) 

5 ministres RPR sur 16 ministères (dont 1 ministre d'État sur 3) :

Gouvernement Barre II (1977-1978) 

3 ministres RPR sur 13 puis 14 ministères :

Gouvernement Barre III (1978-1981) 

7 puis 6 puis 5 ministres RPR sur 19 puis 18 puis 17 ministères :

Gouvernement Chirac II (1986-1988) 

Outre le Premier ministre, 6 ministres RPR sur 14 ministères (dont l'unique ministre d'État) :

Gouvernement Balladur (1993-1995) 

Outre le Premier ministre, 11 puis 10 ministres RPR sur 23 puis 22 ministères (dont 1 des 4 ministres d'État) :

Gouvernement Juppé I (mai-novembre 1995) 

Outre le Premier ministre, 13 ministres RPR sur 26 ministères :

Gouvernement Juppé II (1995-1997) 

Outre le Premier ministre, 6 ministres RPR sur 16 ministères :

Gouvernements Raffarin I et II (mai-novembre 2002) 

9 ministres RPR sur 15 ministères :

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

Présidents de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Députés à l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

  • 1978 - 1981 : 154 membres dont 11 apparentés (sur 491)
  • 1981 - 1986 : 88 membres dont 9 apparentés (sur 491)
  • 1986 - 1988 : 155 membres dont 8 apparentés (sur 577)
  • 1988 - 1993 : 130 membres dont 3 apparentés (sur 577)
  • 1993 - 1997 : 257 membres dont 12 apparentés (sur 577)
  • 1997 - 2002 : 140 membres dont 6 apparentés (sur 577).

Adhérents[6][modifier | modifier le code]

  • 1976 : 285 000
  • 1977 : 401 000
  • 1979 : 760 000
  • 1981 : 670 000
  • 1983 : 850 000
  • 1986 : 885 000 (35 % de femmes)
  • 1995 : 454 000
  • 2002 : 90 000

Responsables[modifier | modifier le code]

Liste des présidents[modifier | modifier le code]

Liste des secrétaires généraux[modifier | modifier le code]

Liste des présidents de groupe parlementaire[modifier | modifier le code]

Assemblée nationale

Sénat

Intégrité publique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Financement illégal du RPR.

Le RPR a été impliqué dans de multiples affaires de financement illégal, touchant son administration ou des élus locaux.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Les chansonniers des années 1970 ont beaucoup ironisé sur le fait que l’on était passé du RPF à l’UNR, puis de l’UNR-UDT à l'UD-Ve et de l’UDR au RPR « Plus ça change, plus c’est la même chose », reprirent-ils. Le passage de "RPF, UDR" à "UDF, RPR" a fait quelques beaux soirs du Théâtre de dix heures et du Caveau de la République.
  • C’est curieusement le dessinateur Sempé qui a été le premier à mentionner un parti politique nommé Rassemblement pour la République, et cela dès les années 1960 ! Le nom apparaît en effet dans un de ses dessins de l’époque représentant une manifestation. Il semble qu’il avait voulu choisir à l’époque un nom aussi neutre que possible, n’évoquant ni la droite, ni la gauche. L’histoire ne dit pas s’il a reçu ou non des droits d’auteurs.
  • Remarque : le sigle « RPR » a été utilisé, plus anciennement encore, sur les parchemins timbrés notariaux des XVIe et XVIIe siècles, pour désigner les croyants de la « religion prétendue réformée », c’est-à-dire les protestants.
  • L'hymne officiel du RPR débutait par ces paroles : "Du fin fond des départements, la France entière se met en mouvement. C’est vrai que nous en sommes fiers, d’être compagnons du RPR !"
  • Music Sounds Better With You du groupe Stardust servit de bande sonore pour leurs meeting politiques
  • Le dernier logo du RPR, créé en 1991, est l'œuvre du designer français Michel Disle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.politique.net/annees-giscard/creation-rpr-udf.htm
  2. Éric Zemmour, « Vingt ans après, les rénovateurs », Le Figaro, 16 avril 2009.
  3. Gilles Bresson et Jean-Michel Thénard, Les vingt et un jours qui ébranlèrent la droite, Grasset,‎ 1989 (ISBN 2-246-42661-8, 9782246426615), p. 276
  4. Dominique de Montvalon et Florent Leclerq, « RPR, histoire d'un complot », L'Express, 12 janvier 1990.
  5. Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid 2004, Robert Laffont,‎ 2003, 2190 p. (ISBN 978-2-221-09960-5), p. 806
  6. Quid 2004, Dominique et Michèle Frémy, Robert Laffont

Articles connexes[modifier | modifier le code]