Jean-Baptiste Carpeaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Carpeaux.

Jean-Baptiste Carpeaux

Description de cette image, également commentée ci-après

Buste de Carpeaux, sur sa tombe par Ernest Hiolle[1] au cimetière Saint-Roch de Valenciennes.

Nom de naissance Jean-Baptiste Carpeaux
Naissance 11 mai1827
Valenciennes
Décès
Courbevoie
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession Sculpteur
Peintre
Dessinateur
Formation

Jean-Baptiste Carpeaux, né le à Valenciennes et mort le à Courbevoie, est un sculpteur, peintre et dessinateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Carpeaux grandit dans une famille modeste d'ouvriers à Valenciennes. Il aime dessiner et souhaite faire des études de sculpture contre la volonté de son père. Arrivé à Paris en 1842, Carpeaux reçoit une première formation de dessin et de modelage à la Petite École. En 1844, il entre à l'école des beaux-arts de Paris dans l'atelier de François Rude. Dix ans plus tard, il remporte le prix de Rome. Il s'installe à la villa Médicis et étudie les grands maîtres : Raphaël, Michel-Ange. Il voyage en Italie où il puise son goût pour le mouvement et la spontanéité. En 1862, rentré à Paris, il est introduit à la cour impériale par son ami et mécène, Eugène d'Halwin de Piennes bientôt chambellan de l'impératrice. Il sculpte la même année un buste de la princesse Mathilde qui lui permet d'obtenir plusieurs commandes de la part de Napoléon III. Il participe à la décoration extérieur du pavillon de Flore et l'opéra Garnier.

En 1869, Carpeaux sculpte La Fiancée. Le modèle est Amélie Clotilde de Montfort (1847-1908), fille du vicomte Philogène de Montfort, conseiller général de la Marne et général gouverneur du palais du Luxembourg. Il tombe amoureux de son modèle et l'épouse la même année.

Il collabore avec l'architecte Gabriel Davioud pour sa dernière œuvre, la Fontaine des Quatre Parties du Monde de la place Camille-Jullian à Paris. Il réalise le groupe des quatre figures de l'Asie, l'Europe, l'Amérique et l'Afrique soutenant le globe terrestre. Après sa mort c'est Emmanuel Frémiet qui achève la fontaine en ajoutant les huit chevaux bondissants, les tortues et les dauphins du bassin.

Jean-Baptiste Carpeaux, très attaché à sa ville natale, lègue une partie de ses œuvres au musée des beaux-arts de Valenciennes.

Il est enterré au Cimetière Saint-Roch (Valenciennes)[2] .

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans le contexte de la sculpture française du XIXe siècle, les multiples commandes publiques auxquelles s'ajoutent le poids de l'Académie et de l'école des beaux-arts renforcent plus l'académisme dominant que l'expression personnelle des artistes. Or Jean-Baptiste Carpeaux est un des sculpteurs les plus marquants de cette époque.

Carpeaux sculpteur[modifier | modifier le code]

Pour Jean-Baptiste Carpeaux « la sculpture, c'est la vie, la vie, c'est le mouvement ». Lors de son séjour à Rome, il réalise le Pêcheur à la coquille (1857-1858) : ce garçon qui écoute, ravi, le murmure de la mer au fond d'un coquillage, est son premier grand succès. En 1861, il réalise son chef-d'œuvre Ugolin della Gherardesca, un père torturé entre deux choix possibles : mourir ou manger ses enfants. Il puise son sujet chez Dante, grand poète italien, où s'affirment son romantisme et son goût de l'expression. À Paris, il s'assure la protection de Napoléon III, sculpte la princesse impériale, et reçoit des commandes officielles. Chacune de ses œuvres, où éclatent ses conceptions naturalistes et son désir de restituer un mouvement inspiré du style baroque, fait l'objet de polémiques : le Nu du fronton du pavillon de Flore, au Louvre, est jugé trop sensuel, son groupe de La Danse (1869) sur la façade sud de l'Opéra Garnier à Paris provoque l'indignation par sa liberté et son réalisme. Atteint du cancer, il réussit à terminer en 1874 le groupe des Quatre Parties du monde pour la fontaine de l'Observatoire à Paris.

Carpeaux peintre[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Carpeaux est avant tout connu en tant que sculpteur mais il est aussi un peintre renommé. Il confiait : « j’ai barbouillé bien des toiles (…) j’aime cet art avec passion » [3]. Jean-Baptiste Carpeaux poursuit le modèle de l'artiste universel : être peintre, décorateur et sculpteur.

Les peintures de Carpeaux révèlent une grande diversité de styles et de sujets, elles s’affirment comme des œuvres à part entière, empreintes de spontanéité et de rapidité du dessin. À la différence de ses sculptures, très peu de ses toiles sont sorties de son atelier.

Carpeaux a peint des paysages, des scènes de la vie quotidienne, des portraits et autoportraits, des scènes religieuses et des peintures d'histoire. À tout instant, il prenait des notes, aussi bien dans la rue qu'aux réunions de la Cour. Ses peintures sont nées de ces croquis, avec une apparence voulue d'ébauche et de premier jet. Dans un esprit moderne, ces derniers sont l'expression même de la vie et du mouvement[4].

Cet aspect de la carrière de l’artiste permet de confronter ses sculptures et ses peintures, puisque l’artiste tisse volontairement des rapports entre ces deux arts. Durant son séjour à la villa Médicis, l’artiste exécute ses premières copies, qu’il poursuivra toute sa vie.

Le corps humain est très présent dans la sculpture de l’artiste et l’est aussi dans sa peinture où il reprend ses sculptures les plus célèbres comme Ugolin, Le pêcheur à la coquille (1857-1858), Flore accroupie ou La Danse (1869). J.-B. Carpeaux utilise la Grisaille (peinture) dans Ugolin et La Danse, cette technique lui permet d’obtenir des reliefs et des contrastes d’ombres et de lumières. Il s’agit d’œuvres qui semblent bien réelles tant leur matérialité (base, socle, contours, ombre) est marquée[5]. Dès lors, on ne parle plus d’un « Carpeaux d’après les maîtres » mais d’un « Carpeaux d’après Carpeaux ».

Le musée des beaux-arts de Valenciennes, le musée du château de Compiègne, le Petit Palais, le musée d'Orsay à Paris conservent des toiles de Carpeaux, ainsi que dans la collection Jacques Ginepro à Monaco.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sculptures[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

  • Jeune Pêcheur à la coquille, 1858, plâtre, Petit Palais, Paris.
  • Daphnis et Chloé, 1873, plâtre patiné, Petit Palais, Paris.
  • Les Trois Grâces, 1874, terre cuite, Petit Palais, Paris.
  • Ugolin entouré de ses quatre enfants, 1860, bronze, 1.950 × 1,500 m, musée d'Orsay, Paris.
  • La princesse Mathilde, 1862, marbre, musée d'Orsay, Paris.
  • Le Prince impérial et son chien Néro ou L'enfant au lévrier, 1865, marbre, musée d'Orsay, Paris.
  • Les Quatre Parties du monde soutenant la sphère céleste, 1868-1872, commande de la ville de Paris pour le jardin de l'Observatoire, plâtre, musée d'Orsay, Paris.
  • La Danse, 1865-1869, plâtre au Musée d'Orsay, Paris.
  • Jean-Léon Gérôme, buste.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Province[modifier | modifier le code]

Par ordre alphabétique de communes.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Étranger[modifier | modifier le code]

  • L'enfant au Cor, 1874, bronze, (la dernière sculpture de Carpeaux) collection Jacques Ginepro, Monaco.

Peintures[modifier | modifier le code]

  • Le Pêcheur à la coquille (1857-1858), huile sur toile, musée d'Orsay, Paris.
  • Bal costumé au palais des Tuileries (l'empereur Napoléon III et la Comtesse de C.), 1867, huile sur toile, musée d'Orsay, Paris.
  • Autoportrait dit « Carpeaux criant de douleur », huile sur toile (1874), musée des beaux-arts de Valenciennes.
  • Coucher de soleil, huile sur toile (1872), musée des beaux-arts de Valenciennes.
  • La Relève des morts à Montretoux, huile sur toile (1871), musée des beaux-arts de Valenciennes.
  • Naufrage dans le port de Dieppe, 1873, huile sur toile, Petit Palais, Paris.

Dessins[modifier | modifier le code]

  • Diverses figures du groupe La Danse et des croquis, des études préparatoires d'œuvres sont conservés au musée des beaux-arts de Valenciennes.
  • La Charité, dessin à l'encre noire, plume, sur papier vélin, 21,8 × 15,4 cm., musée d'Évreux.
  • Amélie de Montfort, 1869, pierre noire sur papier, Petit Palais, Paris.
  • Les enfants de l'artiste, Charles et Louise, endormis, vers 1874, crayon et pierre noire sur papier, Petit Palais, Paris

Iconographie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La ville de Courbevoie a nommée son complexe culturel "Espace Carpeaux".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Jamot, « Carpeaux peintre et graveur », Gazette des Beaux-Arts, mai 1908.
  • Victor Beyer, Annie Braunwald, Lise Duclaux, Sur les traces de Jean-Baptiste Carpeaux, catalogue de l'exposition du Grand Palais, 11 mars-5 mai 1975, Éditions des Musées nationaux, Paris, 1975
  • Michel Poletti et Alain Richarme, Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur (1827-1875) - Catalogue raisonné de l'œuvre édité de Carpeaux, Univers du Bronze, Paris, Les éditions de l'Amateur
  • Claude Jeancolas, Carpeaux peintre et sculpteur, Edita, Lausanne, 1987.
  • Laure de Margerie, Carpeaux : la fièvre créatrice, Paris, Découverte Gallimard no 68, RMN, 1989.
  • sous la direction de Patrick Ramade et Laure de Margerie, Carpeaux peintre, catalogue de l'exposition au musée des beaux-arts de Valenciennes du 8 octobre 1999 au 3 janvier 2000, et au musée du Luxembourg à Paris 24 janvier au 4 avril 2000, Paris, RMN, 1999.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Guillot, Bruno Chérier (1817-1880) : Peintre du Nord, ami de Carpeaux, Presses Universitaires du Septentrion, 2010, p.42.
  2. Martine Kaczmarek- La Voix du Nord -édition du 15 novembre 2009 - page 44
  3. Laure de Margerie in Carpeaux peintre, p. 76
  4. Carpeaux peintre, p. 87
  5. Carpeaux peintre, p. 82

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :