Île de la Cité

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Île de la Cité
Île de la Cité, vue du pont de la Tournelle.
Île de la Cité, vue du pont de la Tournelle.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Seine / Paris
Coordonnées 48° 51′ 17″ N 2° 20′ 45″ E / 48.854722, 2.34583348° 51′ 17″ N 2° 20′ 45″ E / 48.854722, 2.345833  
Superficie 0,225 km2
Géologie Île fluviale
Administration
Région Île-de-France
Commune Paris
Arrondissements 1er et 4e
Démographie
Population 1 168 hab. (2007)
Densité 5 191,11 hab./km2
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

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Île de France

L’île de la Cité est une île située sur la Seine, en plein cœur de Paris. Elle est considérée comme l'antique berceau de la ville de Paris, autrefois Lutèce. Elle appartient aux 1er et 4e arrondissements. Gui de Bazoches l'évoquait en 1190 comme étant « la tête, le cœur et la moelle de Paris ». Sa superficie est d'environ 22,5 ha. Au 1er janvier 2007, la population de l'île de la Cité est de 1 168 habitants.

(M) Ce site est desservi par les stations de métro Cité et Saint-Michel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peut-être le berceau de Paris[modifier | modifier le code]

Une petite tribu gauloise nommée les Parisii y vivait depuis 250 av. J.-C.[a 1],[b 1]. La région était riche en poisson et en gibier et l'accès d'une rive à l'autre de la Seine était facilité par la relative étroitesse du fleuve. Deux passerelles de bois prolongeaient la route naturelle nord-sud qui descendait du col de La Chapelle pour se diriger vers la montagne Sainte-Geneviève, évitant ainsi les nombreux marais alentour. Une enceinte pourrait avoir été édifiée afin de protéger des assauts ennemis les quelques huttes rondes en paille qui abritaient la population.

Aujourd’hui, en raison de l'absence d'éléments archéologiques probants, aucun vestige gaulois, ni même une quelconque trace d'occupation antérieure à la conquête romaine n'ayant été découverts sur l'île[note 1], des historiens et archéologues s'accordent sur l'hypothèse que les Parisii se soient en réalité installés plus loin que l'île de la Cité, soit à l’embouchure de la Bièvre, soit sur une autre île aujourd’hui disparue, soit à proximité de Nanterre. Une agglomération gauloise y a en effet été découverte en 2003[1], mais son existence ne semble pas incompatible avec celle d'un peuplement de l'île de la Cité[c 1],[2].

Celle-ci s'étendait sur 9 ha[note 2], alors qu'aujourd'hui sa superficie totale est de 17 ha. La rive était en retrait d'une cinquantaine de mètres par rapport aux berges actuelles, en raison de l'irrégularité du fleuve et de l'instabilité des berges. En outre, plusieurs petits îlots n'ont été adjoints à l'île que plus tard.

En 52 av. J.-C., après la victoire de Jules César sur Vercingétorix, on assista à la naissance de Lutèce. Les Gaulois s'installèrent sur l'île et continuaient de vivre du fleuve, par la pêche et la batellerie, tandis que la ville gallo-romaine se construisait sur la rive gauche.

La naissance de Lutèce[modifier | modifier le code]

Plan de l'île de la Cité au IXe siècle.

Au début de l’ère chrétienne, il existait sur l’île un temple païen, vraisemblablement édifié par les nautes, une riche corporation de navigateurs, à la gloire de Jupiter. En aval de l'île fut aussi édifié un Palais[note 3] où résidait le représentant de Rome[a 1]. Les rives furent stabilisées et certains bancs furent réunis à l'île[3] afin de permettre un meilleur tracé des rues de trois mètres de large, bordées par des maisons à la romaine, d'un étage[a 1], en pans de bois et torchis, avec un toit de tuiles ou de chaume[b 2]. Le cardo maximus traversait l'île à l'emplacement de l'actuelle rue de la Cité, reprenant ainsi l'ancien chemin gaulois, mais avec un véritable empierrement, formé de cailloux et d'argile et recouvert de dalles en grès. Sur cet axe, les passerelles laissèrent place à deux ponts de bois sur pilotis. On estime la population à environ 1 500[b 3]. Le quai du port de Lutèce, établi au sud-est de l'île, fut construit lors du règne de Tibère, au début du Ier siècle.

Après le faste de la période du Haut-Empire, les premières invasions des Barbares, dès 276, obligèrent les habitants de Lutèce à se réfugier régulièrement sur l’île de la Cité, plus facile à défendre, pendant que les hordes ennemies ravageaient la Haute-Lutèce. Lors d'une vague de Huns emmenée par Attila, la population de la rive gauche, galvanisée par sainte Geneviève, reflua sur l'île et on édifia, au milieu du IVe siècle, une enceinte d'une largeur de deux mètres à une distance d'une trentaine de mètres des rivages de la Seine. Dans l'axe du cardo furent percées deux grandes portes de dix mètres de largeur constituées de deux battants de bois. Sur la partie occidentale, le Palais devint en 357 la résidence militaire du césar Julien qui avait pris ses quartiers à Lutèce. En face s'élevait une grande basilique civile de 70 mètres de long par 35 de large, à l'emplacement de l'actuel marché aux fleurs[b 4].

En 508, Clovis, roi des Francs, fit de Paris la capitale de son royaume et s'installa dans le Palais de l'ancien gouvernement romain. Avec la christianisation, les églises se multiplièrent sur l'île. L'ancien temple gallo-romain fut remplacé entre 511 et 558 par une grande basilique chrétienne dédiée à saint Étienne, la Cathédrale Saint-Étienne de Paris, à l'emplacement de l’actuelle cathédrale Notre-Dame de Paris, l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture gothique. L'enceinte gallo-romaine fut arasée à cet endroit afin de procéder à sa construction, selon les plans des basiliques constantiniennes, dressant ses colonnes de marbre et ses chapiteaux sans doute récupérés sur l'ancien temple des Nautes[4]. On éleva aussi le baptistère Saint-Jean-le-Rond et la basilique Saint-Germain-le-Vieux[5],[note 4]. Deux monastères féminins sont édifiés, Saint-Christophe et Saint-Martial, de même qu'un oratoire en bois dédié à saint Martin[c 2]. Un violent incendie, en 586, dévasta tout le quartier commerçant qui s'étendait du palais jusqu'aux églises de la partie sud-est. Même la prison proche du Petit-Pont fut détruite, laissant s'échapper les prisonniers[note 5].

Le siège du pouvoir royal et épiscopal[modifier | modifier le code]

Le palais de la Cité au XVe siècle.

Durant la période carolingienne, de 752 à 987, la vie de la capitale se concentra sur l’île. Mais à partir de Charlemagne, la Cité perdit son statut de capitale, la cour se déplaçant de ville en ville. Pillée, incendiée et dévastée par les Normands par trois fois, en 845, 856 et 861, elle fut affaiblie. Charles le Chauve, en 877, ordonna la restauration et le renforcement de l'enceinte gallo-romaine. On édifia aussi deux grandes tours, le Petit et le Grand Châtelet, afin de protéger l'accès aux ponts[3], dont on resserra les piles afin de mieux contrôler le passage des bateaux[note 6]. Les abbayes des deux rives avaient bâti des chapelles sur l'île, afin d'y mettre à l'abri leur trésor : c'est ainsi que furent érigées Saint-Germain-le-Vieux, Sainte-Geneviève-la-Petite, Saint-Landry-des-Arcis et, au siècle suivant, Saint-Barthélemy[c 3].

Lorsque sept cents drakkars et quatre mille Vikings, emmenés par Sigfried, se présentèrent sur la rive occidentale de l'île de la Cité, Gozlin, évêque de Paris, leur refusa le passage. S'ensuivit un long siège qui aboutit au départ des envahisseurs contre le paiement d'un tribut. En dehors de la Cité qui souffrit de ces longs mois de siège, tout fut anéanti et dévasté sur les deux rives. Le comte de Paris, Eudes Ier de France bénéficia de cette relative victoire des Parisiens et fut élu roi de Francie occidentale, en remplacement de Charles le Gros, accusé d'avoir tardé à protéger la ville.

Plan dit de Bâle de l'île de la Cité en 1550.

Alors que les derniers Carolingiens se tenaient surtout dans les vallée de l'Oise ou de l'Aisne, les Robertiens, établis dans la vallée de la Loire, se rapprochèrent de Paris. L'île de la Cité devint le siège du pouvoir : à l'ouest, le palais comtal devint résidence royale, même si Hugues Capet l'occupa rarement. Ses successeurs, quant à eux, y firent d'importantes modifications[a 2]. La partie orientale fut dédiée au pouvoir épiscopal. Entre les deux, le quartier commerçant, autour du marché Palu[a 3],[note 7], fournissait le roi et l'évêque en produits précieux[6], mais la population se répandait surtout sur la rive droite, qu'on nommait « outre Grand-Pont »[b 5].

La Cité n'était au XIe siècle qu'un vaste chantier de construction, mais en 1112, le roi Louis VI le Gros s'installa dans le palais de la Cité, avec sa cour et le Parlement[b 5], la Curia Regis. Sur les piles du Grand-Pont fut construit le Pont aux Meuniers, consistant en une rangée de moulins, qui fut doublé en 1142 par le Pont-aux-Changeurs, lequel prit alors à son tour le nom de Grand-Pont. Au sud, le Petit-Pont était lui aussi bordé de maisons et de commerces. L'ancienne vulnérabilité de l'île fut fortement amoindrie lorsque Philippe Auguste, né et marié dans le Palais de la Cité[a 2], fit édifier, au tournant du XIIIe siècle, sur les deux rives de la Seine, une enceinte qui enclava totalement la Cité. En 1163, l'évêque Maurice de Sully avait lancé la construction de la cathédrale Notre-Dame en même temps qu'il réformait l'organisation des paroisses autour de douze chapelles qui se dressaient sur l'île[b 6], afin d'y asseoir l'autorité épiscopale.

Le centre d'une capitale en croissance[modifier | modifier le code]

Île de la Cité (à droite) en 1590 ou 1593 ; à cette époque l'île est déjà très urbanisée. - Musée Carnavalet.
Plan de Turgot de 1739, extrait Île de la Cité.

Vers 1300, le rimeur Guillot de Paris compose une première liste des noms de rues de Paris dans le Dit des rues de Paris. Ce document indique que la capitale comptait 310 rues dont 80 dans le quartier d'Outre-Petit-Pont (rive gauche), 36 dans « la Cité » et 114 dans le quartier d'Outre-Grand-Pont (rive droite)[7].

Après plusieurs agrandissements initiés par Saint Louis et Philippe Le Bel, le Palais de la Cité fut abandonné, sur décision de Charles V, par la famille royale qui s'installa au Louvre. L'île de la Cité comptait alors cinq cents maisons, séparées par un dédale d'une quarantaine de rues insalubres, seules les quatre artères principales étant pavées depuis le règne de Philippe Auguste[b 7]. Le Pont-aux-Changeurs abritait une centaine de commerçants ; sur son axe, vers le sud, le pont Saint-Michel fut construit en pierre dès 1379 alors que le pont Notre-Dame remplaça, en 1413, l'ancienne passerelle nommée « planches Milbray », qui avait succédé au Grand-Pont gallo-romain. L'accès par le fleuve était régulé par la présence de lourdes chaînes qui prolongeaient les murs de la ville au-dessus de l'eau.

Plan de l'île de la Cité au XVIIIe siècle.

Charles VII laissa définitivement le palais au Parlement[a 2]. Peu de changements intervinrent sur l'île de la Cité durant les siècles qui suivirent. Elle devint au XVIe siècle un des seize quartiers administratifs. Henri III décida en 1578 l'édification du Pont Neuf devant relier les deux rives en passant par la pointe aval de la Cité. L'île devait alors cesser d'être le passage obligé entre les deux rives et son développement et sa transformation en furent ralentis. Henri IV termina les travaux en 1607 et confia au président du Parlement de Paris, Achille de Harlay, la tâche d'édifier un espace commercial autour de la future place Dauphine[b 8], après avoir réuni les îlots alentour[note 8]. La statue d'Henri IV fut érigée en 1614. On reconstruisit aussi une partie du Palais dévastée par un incendie en 1618. Le pont au Change fut refait par Michel Villedo et Jean Androuet du Cerceau, entre 1639 et 1647, avec deux rangées de maisons[b 9].

Lors des XVIIe et XVIIIe siècles, l'île de la Cité a principalement été soumise à de nouvelles règles d'urbanisme, rectifiant l'alignement des immeubles, imposant un tracé rectiligne et modifiant les matériaux et l'aspect des façades. À la veille de la Révolution, il restait encore dix paroisses sur les quatorze antérieures[b 10]. Après les violentes inondations de l’hiver 1801-1802, il fut décidé de ceinturer de quais toute l’île de la Cité[b 11]. La rue de Constantine fut percée sous Louis-Philippe, de même que la rue d’Arcole qui prolongea le nouveau pont d’Arcole, en remplacement de quelques rues étroites et fangeuses.

Métamorphose de l'île en siège administratif et lieu de tourisme[modifier | modifier le code]

De nombreux projets furent élaborés au milieu de XIXe siècle afin de rendre à l'île de la Cité le rôle central de ses origines. Un fouriériste qui se faisait appeler Perreymond[note 9], dans ses Études sur la ville de Paris, fut un des premiers à suggérer un vaste programme de reconstruction de l'île afin d'en faire le centre religieux et culturel de la capitale, envisageant la construction d'un opéra et d'une grande bibliothèque. Viollet-le-Duc projeta, quant à lui, l'édification d'un grand palais épiscopal à proximité de la cathédrale. Il dut se contenter de rebâtir la sacristie de Notre-Dame[8].

Mais ce furent surtout les travaux décidés par le baron Haussmann qui apportèrent la plus grande mutation de l’île de la Cité depuis le Moyen Âge : on rasa toute la partie comprise entre le palais de Justice et la cathédrale Notre-Dame, de même que l’est du chevet. Des centaines de maisons et de nombreuses petites églises disparurent. Seuls échappèrent à la démolition deux pans de la place Dauphine ainsi que le cloître Notre-Dame. 25 000 personnes furent expulsées[9]. On édifia sur l’emplacement laissé libre la caserne de la Cité, devenue préfecture de police, et le tribunal de commerce. La large trouée du boulevard du Palais supplanta la sinueuse rue de la Barillerie ; la rue de la Cité absorba les vieilles rues du Marché-Palu, de la Juiverie et de la Vieille-Lanterne ; la rue de Lutèce remplaça la rue de Constantine. Choix esthétique douteux, le parvis de Notre-Dame fut agrandi de six fois la surface qu’il occupait au Moyen Âge[10], par la démolition de l’Hôtel-Dieu, qui fut reconstruit entre 1868 et 1875 plus au nord, et la suppression des maisons canoniales et de la vingtaine de sanctuaires qui entouraient la cathédrale selon la tradition médiévale[b 12]. Ces transformations radicales sont encore aujourd'hui très contestée et suscitèrent de vives protestations en raison de la disparition pure et simple du cœur historique de Paris et de son histoire millénaire[8].

Géographie[modifier | modifier le code]

Plan actuel de l'île de la Cité.

L’île de la Cité est entourée par deux bras de la Seine : le Grand bras au nord et le Petit bras au sud. Sa forme oblongue rappelle celle d'un berceau, comme l'avait souligné Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris[note 10]. Dès l'époque préhistorique, la largeur de ces deux bras était la plus faible, le lit du fleuve étant réduit par la présence de la montagne Sainte-Geneviève au sud et des monceaux Saint-Merri et Saint-Gervais au nord[b 13]. En outre, une haute berge de sept mètres tranchée dans la plate-forme calcaire délimitait le fleuve sur sa rive droite, au nord-ouest de l'île[b 14]. Cette géographie particulière participa au développement de l'île en favorisant la communication avec les deux rives du fleuve. Par les aménagements successifs réalisés depuis les premières implantations humaines et l'accumulation de remblais, l'île est aujourd'hui surélevée de huit mètres par rapport au niveau d'alors[b 15], que l'on constate toujours à la pointe de l'actuel square du Vert-Galant. Cette sédimentation artificielle a permis de protéger l'île des crues de la Seine.

Ponts[modifier | modifier le code]

Le Pont Neuf et la partie occidentale de l'île peu avant le lever du soleil.

De nos jours, on franchit la Seine à l’aide de neuf ponts, qui ont succédé aux deux simples passerelles de bois qui existaient dans l'Antiquité.

S'ils ont rempli une fonction défensive à l'époque des grandes invasions, les ponts ont aussi toujours été un vecteur essentiel de circulation et d'échanges commerciaux à la base du développement de la Cité et de la ville tout entière[c 4]. À l'époque gallo-romaine puis mérovingienne, on enjambait la Seine par le « Grand-Pont » (aujourd'hui pont Notre-Dame) et le « Petit-Pont », tous deux alignés sur l'axe du cardo maximus[note 11].

Construits en bois, souvent à la hâte et sans réelle maîtrise de l'ouvrage, ils sont régulièrement détruits lors des crues, des incendies ou des attaques ennemies. À la fin de Moyen âge, il existe cinq ponts, bordés d'habitations et très encombrés. Des bacs assurent dans le même temps le transport, d'une rive à l'autre, des hommes et des marchandises[c 5].

Parmi ces neuf ponts :

  • Seul le Pont Neuf traverse les deux bras (le Grand bras et le Petit bras), permettant de relier la rive droite à la rive gauche en passant par la pointe ouest de l'île ;

Places et espaces verts[modifier | modifier le code]

Le square Jean-XXIII et Notre-Dame, vus du pont de l'Archevêché.

Jusqu'au XIXe siècle, l'île de la Cité n'était qu'un dédale de ruelles bâties des deux côtés. Seul le jardin du Palais de la Cité, à la pointe occidentale, ouvrait depuis le règne de Saint Louis un espace de verdure, jusqu'à la mise en œuvre en 1578 de l'édification du pont Neuf : plusieurs tunnels de verdure comportant un berceau de treillage supportaient des ceps de vigne[b 16],[c 6].

De nos jours, l’île possède quatre espaces verts : le square du Vert-Galant sur la pointe ouest, le square de l’Île-de-France sur la pointe est, le square de la Place-Dauphine et, autour de Notre-Dame, le jardin de la place Jean-Paul-II (anciennement jardin de la place du Parvis-Notre-Dame) et le square Jean-XXIII (anciennement square de l’Archevêché), auxquels on peut ajouter le jardinet de la rue des Ursins.

À ces squares, il faut ajouter quatre places : la place du Pont-Neuf, la place Dauphine (derrière le palais de justice), le « parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II » (anciennement place du Parvis-Notre-Dame), et la place Louis-Lépine où se trouve le marché aux fleurs et aux oiseaux.

Voirie[modifier | modifier le code]

Les voies actuelles, rues, places et quais, de l'île de la Cité, sont peu nombreuses au regard du nombre élevé de ruelles étroites et fangeuses qui ont existé depuis le Moyen Âge jusqu'au milieu de XIXe siècle. D'une vingtaine aujourd'hui, leur nombre était de quarante-trois en 1300[12].

Quais[modifier | modifier le code]

Les quais de l’île sont divisés en six tranches :

Voies[modifier | modifier le code]

Outre l’allée Célestin-Hennion, le boulevard du Palais et la promenade Maurice-Carême, l’île comprend aussi une dizaine de rues :

Bâtiments remarquables[modifier | modifier le code]

La cathédrale vue du square Jean-XXIII.

Deux bâtiments de l’époque médiévale sont des vestiges du « palais de la Cité » :

On y trouve aussi :

Administration[modifier | modifier le code]

Sur le plan administratif, le boulevard du Palais délimite la frontière entre le 1er arrondissement (ou « arrondissement du Louvre », à l’ouest) et le 4e arrondissement (ou « arrondissement de l’Hôtel-de-Ville », à l’est). La partie relevant du 1er arrondissement appartient au 1er quartier de Paris ou quartier Saint-Germain-l'Auxerrois ; celle du 4e arrondissement forme avec l'île Saint-Louis le 16e quartier parisien ou quartier Notre-Dame. Cette particularité administrative ne date pas de la création des vingt arrondissements de Paris en 1859, mais de la Révolution française ou, plus justement, de la convocation aux États généraux de 1789.

Le quartier de la Cité, héritage de l'antique Lutèce, est l'une des quatre premières divisions administratives de la ville, même si son origine est incertaine[14], avec Saint-Jacques-de-la-Boucherie, la Verrerie et la Grève, dont la mention apparaît dès le XIIe siècle. Il n'existe pas au Moyen Âge de véritables divisions communales, largement supplantées par le cadre paroissial[b 17]. Cependant, l'insécurité qui règne au XIVe siècle incite le prévôt des marchands à fixer le cadre des quartiers, avec ses cinquantaines et ses dizaines. Au début du XVe siècle, l'île de la Cité est le premier des seize quartiers que compte la ville dans l'enceinte de Charles V et prend le nom de « Notre-Dame »[b 18],[15]. Lorsque le quartier reprend le nom de « La Cité » lors de la réforme municipale de 1680[note 12], il est étendu jusqu'à la pointe orientale de l'île Louviers, incluant de ce fait l'île Saint-Louis, seulement bâtie depuis les années 1640.

L'ordonnance de Louis XIV du 12 décembre 1702 qui divise Paris en vingt quartiers ne modifie pas la dénomination et les limites du quartier de la Cité[note 13]. À l'occasion des États généraux de 1789, Paris est divisé en soixante districts : l'île est alors pour la première fois divisée en deux sur le plan administratif ; le district des Barnabites[note 14] couvre la partie à l'ouest de l'axe des rues de la Lanterne, de la Juiverie et du Marché-Palu[note 15], et le district Notre-Dame, la partie à l'est. L'île Saint-Louis représente dès lors un district à part.

Ce découpage est modifié dès l'année suivante, avec la création, le 27 juin 1790, des 48 sections révolutionnaires de Paris. La section Notre-Dame couvre la partie de l'île à l'est de la rue de la Barillerie ; elle se réunit dans la salle du chapitre de Notre-Dame. Elle change de nom plusieurs fois, en particulier en 1793 où la déchristianisation lui décerne quelques jours le titre de section de la Raison[17]. La partie occidentale de l'île est couverte par la section Henri-IV, qui, elle aussi, portera plusieurs dénominations, en l'occurrence section du Pont-Neuf ou section Révolutionnaire[18].

La création le 11 octobre 1795 des douze arrondissements maintient ce partage en deux de l'île de la Cité entre le IXe (s'étendant en majorité sur la rive droite) et le XIe (en majorité rive gauche). Cependant, à l'inverse des quartiers administratifs actuels qui s'étendent au-delà des limites naturelles de la Seine, ceux de 1795 respectent l'unité de l'île : la partie ouest est le quartier du Palais de justice, l'est est le quartier de la Cité.

Démographie[modifier | modifier le code]

Voici quelle a été la population de l’île de la Cité aux recensements de population depuis 1800 (chiffres manquants pour les recensements de 1861 à 1990) :

population de l'ile de la cite
1800 1817 1831 1836 1841 1846 1851 1856
15 601 16 149 14 968 15 387 14 959 14 915 14 667 15 032
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
- - - - - - - -
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
- - - - - - - -
1954 1962 1975 1982 1990 1999 2007 -
- - - - - 1 327 1 168 -
Sources[19],[20],[21]


La population de l’île de la Cité a subi une chute brutale dans les années 1860 du fait des travaux haussmanniens qui ont rasé la plus grande partie des quartiers d’habitations de l’île pour les remplacer par des bâtiments administratifs et hospitaliers, ainsi que par des places et esplanades[22]. Aujourd’hui, celle-ci est exclusivement concentrée dans les immeubles se trouvant autour de la place Dauphine, ceux situés aux angles ouest de la Préfecture de police et surtout dans l’îlot situé entre les rues d’Arcole et du Cloître-Notre-Dame, et du quai aux Fleurs.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les éditions de Minuit,‎ 1997, 10e éd., 796 p. (ISBN 2-7073-1054-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. a, b et c t. I – p. 40-42
  2. a, b et c t. II – p. 212
  3. t. II – p. 101
  4. t. I – p. 19
  • Danielle Chadych et Dominique Leborgne, Atlas de Paris : Évolution d'un paysage urbain, Paris, Éditions Parigramme,‎ 2007, 200 p. (ISBN 978-2-84096-485-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 20
  2. p. 23
  3. p. 22
  4. p. 25
  5. a et b p. 30
  6. p. 34
  7. p. 42
  8. p. 62
  9. p. 78
  10. p. 112
  11. p. 132
  12. p. 162
  13. p. 15
  14. p. 14
  15. p. 10
  16. p. 47
  17. p. 187
  18. p. 189
  • Philippe Lorentz et Dany Sandron, Atlas de Paris au Moyen Âge, Paris, Éditions Parigramme,‎ 2006, 200 p. (ISBN 978-2-84096-402-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 16
  2. p. 20
  3. p. 21
  4. p. 21
  5. p. 22
  6. p. 216

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Paris n'est plus Lutèce, Le Point, 4 mars 2004.
  2. [PDF] Exposition Nanterre et les Parisii, une capitale au temps des Gaulois ?, question à Antide Viand, commissaire de l'exposition, p. 3
  3. a et b Renaud Gagneux et Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris : Promenades au long des murs disparus, éditions Parigramme, 2004, p. 10.
  4. Bruno Dell, Histoire de Paris, Hatier, 1992, p. 20.
  5. A.J. Meindre, Histoire de Paris et de son influence en Europe, 1856, p. 403 lire en ligne.
  6. Michel Parisse, Xavier Barral i Altet, Le roi de France et son royaume en l'an Mil, Picard, Paris, 1990.
  7. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle volume 12
  8. a et b Pierre Pinon, Atlas du Paris haussmannien : La ville en héritage du Second Empire à nos jours, Paris, Éditions Parigramme,‎ 2002, 211 p. (ISBN 978-2-84096-204-5), p. 140-141
  9. Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, tome II : Rive gauche et les îles, éditions Rivages, p. 5, (ISBN 978-2-86930648-6)
  10. Hillairet, op. cit., p. 13
  11. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, livre III - chap. II - p. 92.
  12. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire historique des rues et monuments de Paris en 1855 avec les plans des 48 quartiers, Maisonneuve & Larose, 796 p. (ISBN 2-86877-184-X), p. 14
  13. Présentation du mémorial sur le site de l’Académie de Rouen
  14. Voir le Plan de Paris en 20 quartiers, Nicolas de Fer, 1705, consulter en ligne sur Gallica.
  15. a et b Jean Nagle, Robert Descimon, Les quartiers de Paris du Moyen Âge au XVIIIe siècle. Évolution d'un espace plurifonctionnel, Annales - Économies, Sociétés, Civilisations, septembre-octobre 1979, lire en ligne.
  16. Jean de la Caille, description de la ville et des fauxbourgs de Paris en vingt planches, Paris, 1714, p. 9, consulter en ligne sur Gallica
  17. Albert Sonoul, Raymonde Monnier, Répertoire du personnel sectionnaire parisien en l'an II, publications de la Sorbonne, 1985, (ISBN 2-85944-077-1), p. 405.
  18. Sonoul et Monnier op. cit. p. 413
  19. Préfecture de la Seine, « Recherches statistiques sur la ville de Paris et le département de la Seine, Tome VI » (consulté le 18 novembre 2010)
  20. INSEE, « Population par âge (1999) - Données par IRIS (département 75) » (consulté le 18 novembre 2010)
  21. INSEE, « Données infra-communales - Population (2007) France - IRIS » (consulté le 18 novembre 2010)[note 16]
  22. Leopold Sanchez, « Comment Haussmann a rebâti Paris », sur Le Figaro (consulté le 18 novembre 2010)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les vicissitudes de l'histoire ont aussi pu faire disparaître tout vestige.
  2. environ 450 m par 185 m.
  3. À cet emplacement s'élève aujourd'hui le Palais de justice.
  4. À l'emplacement de l'actuelle préfecture de police.
  5. Grégoire de Tours en donne une narration dans son Histoire des Francs.
  6. Le Grand-Pont avait, au cours du haut Moyen Âge, était reconstruit 150 mètres à l'ouest, dans l'axe de la rue longeant le palais. Il n'était donc plus dans le prolongement du Petit-Pont.
  7. À l'emplacement de l'actuel quai du Marché-Neuf.
  8. L'îlot de la Gourdaine, l'île aux Vaches et l'île aux Juifs.
  9. Son vrai nom était Edmond Perrey.
  10. « Paris est né, comme on sait, dans cette vieille île de la Cité qui a la forme d’un berceau. »[11]
  11. Les actuelles rue Saint-Martin et rue Saint-Jacques.
  12. L'arrêt est enregistré le 26 avril 1680, Archives nationales H2, 1827, fo 642, 659-667[15].
  13. « Ce quartier est composé des Isles du Palais, de Nôtre-Dame & de Louviers, depuis la Pointe Orientale de l'Isle Louviers, jusques à la Pointe Occidentale de l'Isle du palais, & de tous les Ponts desdites Isles, y compris la Culée du Pont au Change, le tout inclusivement, dans lequel Quartier sont contenus »[16].
  14. Aussi appelé district Henri-IV[a 4].
  15. Ces trois rues alignées du nord au sud de l'île ont été réunies en 1834 sous le nom de rue de la Cité, qu'elle a conservé aujourd'hui
  16. L'INSEE divise l'île de la Cité en trois îlots statistiques : Saint-Germain-l'Auxerrois 2, Notre-Dame 2 et 3 (populations respectives en 2007 : 346, 670 et 152).

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