Ladurée

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Ladurée

Description de l'image  Ladurée logo.jpg.
Création 1862
Dates clés 1993, rachat par le groupe Holder
Fondateurs Louis Ernest Ladurée
Personnages clés Jeanne Souchard, Pierre Desfontaines, Pierre Hermé
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Fabricant de douceurs
Siège social Drapeau de France Marcq-en-Barœul (France)
Direction David Holder
Activité pâtisserie
Produits macarons
Société mère Groupe Holder
Sociétés sœurs Paul, Château-Blanc, Saint-Preux, Panétude, Manufacture du pain
Filiales Ladurée international SA
Site web www.laduree.fr
Chiffre d’affaires 140 millions d'euros (2012)[1]

Ladurée est une maison de pâtisserie française fondée à Paris en 1862. La réputation internationale qu'elle a acquise est due notamment à ses macarons. La pâtisserie artisanale se développe et devient un groupe industriel de dimension internationale après son rachat en 1993 par le groupe Holder également propriétaire du réseau de boulangeries Paul.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Boutique Ladurée au 16 rue Royale à Paris
Ladurée Rue Royale à Paris
Boutique Ladurée située rue Royale à Paris

En 1862, Louis Ernest Ladurée, né à Paris le , minotier de son état, crée une boulangerie au 16 rue Royale, au cœur de Paris. La Madeleine est alors un quartier d'affaires en pleine croissance, où sont installés des artisans du luxe français.

En 1871, un incendie permet la reconstruction de la boulangerie, et sa transformation en pâtisserie. Jules Chéret, peintre notable de la fin du siècle, est chargé de la décoration de cette nouvelle pâtisserie. En s'inspirant des techniques utilisées pour peindre les plafonds de l'opéra Garnier, il donne relief et profondeur aux plafonds. Il les orne de petits anges joufflus, notamment celui que l'on désigne comme l'« ange pâtissier », qui inspirera plus tard tous les éléments graphiques de la maison.

Sous le Second Empire, Paris a connu un fort développement des cafés, qui se veulent de plus en plus luxueux. Avec les restaurants chics de la place de la Madeleine, ces cafés deviennent des lieux de rendez-vous réputés. Les Parisiens se mettent à sortir, les femmes veulent faire de nouvelles rencontres, mais les salons et cercles littéraires ne sont plus à la mode. L'épouse d'Ernest Ladurée, Jeanne Souchard, fille d'un hôtelier de Rouen, a l'idée de mélanger les styles : le café traditionnel parisien, et la pâtisserie, qui donne naissance à l'un des tout premiers salon de thé de Paris. L'avantage de ce salon sur certains cafés est que les femmes peuvent être accueillies en toute liberté. En 1930, a lieu l'ouverture d'un salon au premier étage, réalisé par Pierre Desfontaines, le petit cousin de Louis Ernest Ladurée.

Le groupe Holder[modifier | modifier le code]

En 1993, David Holder et son père, Francis, fondateur du groupe Holder, achètent et agrandissent la maison qui réalise alors 15,7 millions de francs de chiffre d'affaires et emploie 45 personnes[2]. Trois ans plus tard, l'entreprise réalise 24 millions de francs de chiffre d'affaires et emploie 140 personnes[2]. Pierre Hermé, quitte la maison Fauchon et devient le chef-pâtissier de Ladurée.

En 1997, deux boutiques ouvrent à Paris, l'une sur l'avenue des Champs-Élysées décorée par Jacques Garcia, l'autre dans la rue Bonaparte. Pierre Hermé quitte le groupe l'année suivante, il est remplacé par Philippe Andrieu[2]. L'entreprise réalise alors 90 millions de francs de chiffre d'affaires et emploie 254 personnes[2].

Diversification des activités[modifier | modifier le code]

À partir des années 2000, la marque se développe alors également, en plus de la multiplication des points de vente, par une diversification des produits : bougies parfumées, parfums d'ambiance, articles de papeterie, ainsi que toutes sortes d'accessoires, mais aussi du thé, du champagne ou de la confiture[1].

En 2007, à l’occasion des fêtes de fin d’année, la maison de pâtisserie Ladurée s’associe à l’enseigne de beauté Sephora pour lancer une ligne éphémère de cosmétiques constituée notamment de savons, sels et gloss. Ces produits sont à l’image de la marque au niveau du packaging (petites boîtes de macarons) et des saveurs (violette, vanille et brioche)[3].

En 2012, Ladurée lance, avec le groupe japonais de cosmétique Albion[1], sa première collection de maquillage à son nom, composée d’une vingtaine de teintes de blushs, de rouges à lèvres, d’anticernes et de fonds de teint. Intitulée « Les Merveilleuses », cette collection est disponible en février 2012 au Japon puis plus tard en Europe[4]. L'année suivante, Ladurée ouvre la chocolaterie Les Marquis de Ladurée dans le premier arrondissement de Paris[5]. Malgré cette large diversification des produits, les macarons représentent encore pour plus de 50 % des ventes[1].

Les macarons[modifier | modifier le code]

Macarons Ladurée dans leur étui.

Petit gâteau rond, le macaron est le produit vedette de la maison Ladurée. Pierre Desfontaines, le petit-fils de Louis Ernest Ladurée, au début du XXe siècle, a eu l’idée de les assembler deux à deux et de les garnir d’une crème. Depuis cette époque, la préparation n’a pas été modifiée. Les chefs pâtissiers effectuent le dosage des amandes, des œufs, et du sucre. Les macarons produits sont ensuite congelés avant d'être livrés dans les points de vente[1].

Le site Rue89 remet en cause le caractère artisanal des macarons du fait de leur production à grande échelle[6].

Localisations[modifier | modifier le code]

Le siège social de l'entreprise est situé à Marcq-en-Barœul dans le département du Nord[a 1]. Le service client est situé dans le sixième arrondissement de Paris[a 2].

En région parisienne, des sites d'une superficie de 2 000 m² consacrés à l'entreposage, le stockage et la fabrication des pâtisseries sont situés à Morangis[a 3],[a 4] dans le département de l'Essonne[7].

Outre le site de production de Morangis qui produit les pâtisseries pour la France, une usine de fabrication est implantée à Monaco pour l'export européen[8], une autre à Bas-Intyamon en Suisse pour l'export hors-Europe[9].

Le siège social de la filiale Ladurée international SA est situé au Luxembourg de 2003 à 2005 puis transféré en Suisse, à Genève, de 2005 à 2011 puis à Bas-Intyamon à partir de la fin 2011[10].

En 2010, l'entreprise acquiert un terrain de 20 500 m² à Enney sur le territoire de la commune de Bas-Intyamon dans le canton de Fribourg en Suisse et y investit 20 millions de francs suisses afin d'y ouvrir à la fin de l'année 2011 « La Manufacture suisse de macarons »[9]. L'usine est destinée à produire les macarons vendus en dehors de l'espace européen[8].

Pour l'année 2012, l'entreprise compte 37 points de vente[1], dont six boutiques installées à Paris. Outre la France, l'entreprise dispose également de plusieurs boutiques en Europe et en Asie. Pour les autres pays, les boutiques sont développées avec des franchisés[1].

Culture[modifier | modifier le code]

En 2006, les macarons Ladurée apparaissent dans le film Marie Antoinette de Sofia Coppola[11].

En 2009, Helmut Fritz mentionne les macarons Ladurée dans son tube Ça m'énerve : « Ça m'énerve tous ces gens qui font la queue chez Ladurée, tout ça pour des macarons, mais bon... il paraît qu'ils sont bons », tout en jetant négligemment un de ces macarons dans la baignoire dans laquelle il prend un bain habillé[6].

Régulièrement, Ladurée collabore avec des créateurs : en 2009 avec Christian Louboutin[12], puis la même année avec Marni[13].

En 2011, Ladurée a été choisi pour concevoir les macarons lors du mariage du prince Albert II de Monaco et de Charlène Wittstock[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jean-François Arnaud, « Ladurée se décline avec gourmandise », Challenges, no 347,‎ 30 mai 2013, p. 64 à 65 (ISSN 0751-4417)
  2. a, b, c et d A. Simmoneau, « La séparation Hermé Ladurée, vers un contentieux », sur www.lhotellerie-restauration.fr, L'Hôtellerie,‎ 8 octobre 1998 (consulté le 3 juin 2011)
  3. Des produits cosmétiques et de soins Ladurée chez Sephora Femme Actuelle, consulté le 24 janvier 2012.
  4. Ladurée sort sa première collection de maquillage Elle, 20 janvier 2012.
  5. « Ladurée 100% chocolat », sur stiletto.fr (consulté le 9 juin 2013)
  6. a et b Colette Roos, « Macaron Ladurée : la recette très industrielle d'un symbole du chic », Rue89,‎ 30 octobre 2009 (consulté le 3 juin 2011)
  7. Louise Colcombet, « Les macarons Ladurée sont tous made in Morangis », sur www.leparisien.fr, Le Parisien,‎ 22 avril 2011 (consulté le 3 juin 2011)
  8. a et b Agence France-Presse, « Ladurée délocalise pour le grand export », sur www.lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 27 octobre 2010 (consulté le 3 juin 2011)
  9. a et b Priska Rauber, « La manufacture d'Enney prête dans six mois déjà », sur www.lagruyere.ch, La Gruyère,‎ 31 mai 2011 (consulté le 3 juin 2011)
  10. « Notifications du registre du commerce, Ladurée international SA », sur www.moneyhouse.ch, Itonex ag,‎ 2012 (consulté le 23 janvier 2012)
  11. Louise Colcombet, « Les secrets d’une recette centenaire », sur www.leparisien.fr, Le Parisien,‎ 22 avril 2011 (consulté le 3 juin 2011)
  12. Audrey Taillée, « Ladurée se met aux Louboutin » Puretrend, 30 juillet 2009
  13. « Marni Laduree : Des Macarons Fashion » Maxitendance, 20 octobre 2009
  14. « Réalisation des macarons pour le mariage du Prince Albert », sur www.exceptionn-elle.fr, Exceptionn-Elle,‎ 10 août 2011 (consulté le 5 septembre 2011)
  • Fiches sociétés sur le site bilansgratuits.fr du journal Les Échos :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Lerouet, Vicent Lemains & Marie-Pierre Morel, L'art de recevoir Ladurée, Les Editions du Chêne,‎ 2011 ;
  • Michel Lerouet & MatSophie Tramier, Ladurée Salé, Les Editions du Chêne,‎ 2010 ;
  • Philippe Andrieu & Sophie Tramier, Ladurée Sucré, Les Editions du Chêne,‎ 2009 ;
  • Serge Gleizes & Mathieu Garçon, Ladurée, Fabricant de douceurs,‎ 2006 ;
  • Pascal Bonafoux & Joël Laiter, Ladurée, « Instants Gourmands », Flammarion,‎ 2001 ;

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]