Jules Verne

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Jules Verne

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Jules Verne photographié par Nadar.

Nom de naissance Jules Gabriel Verne
Activités Romancier
Naissance 8 février 1828
Nantes, Loire-Inférieure Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Décès 24 mars 1905 (à 77 ans)
Amiens, Somme
Drapeau français France
Langue d'écriture Français
Genres Aventure, science-fiction, anticipation

Œuvres principales

Voyage au centre de la Terre (1864)
Vingt mille lieues sous les mers (1870)
Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
L'Île mystérieuse (1874-1875)

Signature

Signature de Jules Verne

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes en France et mort le 24 mars 1905 à Amiens en France, est un écrivain français dont une grande partie des œuvres est consacrée à des romans d'aventures et de science-fiction (ou d'anticipation).

En 1863 paraît chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son premier roman Cinq semaines en ballon qui connaît un immense succès, au-delà des frontières françaises. Lié à l'éditeur par un contrat de vingt ans, Jules Verne travaillera en fait pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires qui compteront 62 romans et 18 nouvelles et paraîtront pour une partie d'entre eux dans le Magasin d'éducation et de récréation destiné à la jeunesse. Richement documentés, les romans de Jules Verne se situent aussi bien dans le présent technologique de la deuxième moitié du XIXe siècle (Les Enfants du capitaine Grant (1868), Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), Michel Strogoff (1876), L'Étoile du sud (1884), etc.) que dans un monde imaginaire (De la Terre à la Lune (1865), Vingt mille lieues sous les mers (1870), Robur le conquérant (1886), etc.)

L’œuvre de Jules Verne est populaire dans le monde entier et, selon l’Index Translationum, avec un total de 4 702 traductions, il vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie[1]. Il est ainsi en 2011 l'auteur de langue française le plus traduit dans le monde. L'année 2005 a été déclarée « année Jules Verne », à l'occasion du centenaire de la mort de l'auteur[2].

Biographie de Jules Verne[modifier | modifier le code]

Jeunes années[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur la maison natale de Jules Verne à Nantes.

Jules-Gabriel Verne[3] naît au 4 de la rue Olivier-de-Clisson dans le quartier de l'île Feydeau, au domicile de sa grand-mère maternelle, Sophie Marie Adelaïde-Julienne Allotte de la Fuÿe (née Guillochet de La Perrière[4])[5]. Il est le fils de Pierre Verne, avoué, originaire de Provins, et de Sophie Allote de la Fuÿe, issue d'une famille nantaise de navigateurs et d'armateurs, d'ascendance écossaise[N 1]. Jules est l'aîné d'une famille de cinq enfants, comprenant son frère Paul (1829-1897) et ses trois sœurs : Anna (épouse du Crest de Villeneuve), née en 1836, Mathilde (épouse Fleury), née en 1839, et Marie (épouse Guillon, mère de Claude Guillon-Verne), née en 1842. En 1829, les Verne s'installent au no 2 quai Jean-Bart (à une centaine de mètres du lieu de naissance de leur fils ainé)[5], où naissent Paul, Anna et Mathilde. En 1840, nouveau déménagement dans un immeuble imposant au 6 rue Jean-Jacques-Rousseau[5], proche du port, où naît Marie[N 2].

En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une école tenue par une certaine Mme Sambin. L'année suivante, il entre avec son frère au Collège Saint-Stanislas, un établissement religieux conforme à l'esprit très catholique de son père (d'une façon générale, le Lycée royal n'a pas bonne réputation dans la bourgeoisie nantaise). On y trouve quelques traces de ses premiers succès scolaires, dont voici le palmarès :

  • en septième : 1er accessit de mémoire, 2e accessit de géographie ;
  • en sixième : 1er accessit de thème grec, 2e accessit de version grecque, 3e accessit de géographie ;
  • en cinquième : 1er accessit de version latine.

De plus, plusieurs accessits de musique vocale montrent son goût pour cette matière, goût qu'il conservera toute sa vie[N 3].

En 1840, Jules Verne entre au Petit Séminaire de Saint-Donatien[N 4], où il accomplit la quatrième, la troisième et la seconde. Son frère le suit, en pension comme lui. Dans son roman inachevé, Un prêtre en 1839[6], Jules Verne a décrit ce petit séminaire de façon peu élogieuse[7].

La même année, Pierre Verne achète à Chantenay une villa pour les vacances, toujours existante au 29 bis, rue des Réformés, face à l'église Saint-Martin-de-Chantenay[5] (le musée Jules-Verne, situé également à Chantenay, est installé dans un bâtiment sans relation à la famille Verne). Toute la famille aime à se retrouver dans cette maison de campagne. Les vacances de Jules se passent également à Brains, dans la propriété de son oncle Prudent Allotte, La Guerche. Ce dernier est un ancien armateur célibataire, qui a fait le tour du monde et est revenu s'installer au pays natal en 1827/1828. Il est maire de Brains de 1828 à 1837. Le jeune garçon aime à faire d'interminables parties de jeu de l'oie avec le vieux bourlingueur[N 5].

La légende affirme qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, le petit Jules se serait embarqué sur un long courrier à destination des Indes, en qualité de mousse. Son père l'aurait récupéré in extremis à Paimbœuf. Jules Verne aurait avoué être parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline Tronson, dont il était amoureux. Rudement tancé par son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve. Ce n'est probablement qu'une légende enjolivée par l'imagination familiale[N 6] car, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, il raconte qu'il est monté à bord d'un voilier, l'a exploré, a tourné le gouvernail, etc., ce en l'absence d'un gardien, ce qui lui vaudra la réprobation du capitaine.

Lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau) où Jules Verne étudia.

De 1844 à 1846, Jules et Paul entrent au lycée Royal (actuellement lycée Clemenceau). Jules Verne fréquente en compagnie de ses camarades le Cercle des externes du Collège Royal qui se tient dans la librairie du Père Bodin, place du Pilori. Après avoir terminé les classes de rhétorique et philosophie, il passe les épreuves du baccalauréat à Rennes et reçoit la mention « assez bien », le 29 juillet 1846[8].

En 1847, Jules Verne est envoyé à Paris par son père, prioritairement pour suivre ses études, mais aussi peut-être afin de l'éloigner de Nantes. En effet, Caroline Tronson (1826-1902), la cousine de Jules, dont il est épris, doit se marier le 27 avril de la même année avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans originaire de Besançon. Jules Verne en ressentira une amertume profonde au point d'écrire à sa mère, six ans plus tard, lorsque cette dernière lui demande de les accueillir à Paris : « Je serai aussi aimable que le comporte mon caractère biscornu, avec les nommés Dezaunay ; enfin sa femme va donc entrevoir Paris ; il paraît qu'elle est un peu moins enceinte que d'habitude, puisqu'elle se permet cette excursion antigestative[9] ». Caroline Tronson, après son mariage avec Dezaunay, eut cinq enfants[10].

Après un court séjour à Paris, où il passe ses examens de première année de droit, il revient à Nantes pour préparer avec l'aide de son père la deuxième année[N 7]. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Rose Herminie Arnaud Grossetière, née en 1827, pour laquelle il va éprouver une violente passion. Son premier cahier de poésie contient de nombreuses allusions à la jeune femme, notamment Acrostiche ou La Fille de l'air. L'amour de Jules semble avoir été partagé un moment, mais l'idylle est rompue. Les parents d'Herminie voient d'un mauvais œil leur fille se marier à un jeune étudiant, dont l'avenir n'est pas encore assuré. Ils la destinent à Armand Terrien de la Haye, un riche propriétaire de dix ans son aîné. Le mariage aura lieu le 19 juillet 1848[11]. Jules Verne est fou de rage. Il écrit de Paris à sa mère une lettre hallucinante, sans doute composée dans un état de semi ébriété. Sous couvert d'un songe, il crie sa douleur du mariage d'Herminie en un récit vengeance de noces maudites : « La mariée était vêtue de blanc, gracieux symbole de l'âme candide de son fiancé ; le marié était vêtu de noir, allusion mystique à la couleur de l'âme de sa fiancée ! » ou « La fiancée était froide, et comme une étrange idée d'anciens (sic) amours passait en elle »[12]. Cet amour avorté va marquer à jamais l'auteur et son œuvre, dans laquelle on trouvera un nombre important de jeunes filles mariées contre leur gré (Gérande dans Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme, Sava dans Mathias Sandorf, Ellen dans Une ville flottante, etc.) au point que Christian Chelebourg peut parler à juste titre de « complexe d'Herminie » dans les Voyages extraordinaires[13]. Jules Verne gardera également toujours rancune à sa ville natale et à la société nantaise, qu'il pourfendra dans certaines poésies, notamment La sixième ville de France et Madame C…, une violente diatribe visant sans doute une des commères de la ville.

Étudiant à Paris[modifier | modifier le code]

En juillet 1848, Jules Verne quitte définitivement Nantes pour Paris. Son père l'envoie poursuivre ses études de droit, en espérant qu'il lui succède un jour. Dans ses bagages, le jeune homme emporte un roman inachevé, Un prêtre en 1839[N 8], des pièces de théâtre dont deux tragédies en vers Alexandre VI et La Conspiration des poudres et ses poèmes. Alors qu'en 1847, il avait été accueilli par sa tante Charuel au no 2 de la rue Thérèse, près de la butte Saint-Roch, en 1848, il obtient de son père de pouvoir louer un appartement meublé, qu'il partage avec Édouard Bonamy, un autre étudiant originaire de Nantes, dans un immeuble situé au 24 rue de l'Ancienne Comédie, donnant sur la Place de l'Odéon[14].

Jules Verne arrive à Paris dans une période révolutionnaire. En février, le roi Louis-Philippe a été renversé et s'est enfui ; le 24 février, a été établi le gouvernement provisoire de la Deuxième République. Mais les manifestations se succèdent et le climat social est tendu. En juin, les barricades se dressent de nouveau dans Paris ; le gouvernement envoie le général Cavaignac écraser l'insurrection. Fin juin, quand le futur écrivain débarque dans la capitale, Cavaignac vient de former un gouvernement qui durera jusqu'à la fin de l'année. Verne écrit à ses parents : « Je vois que vous avez toujours des craintes en province ; vous avez beaucoup plus peur que nous n'avons à Paris... J'ai parcouru les divers points de l'émeute, rues St-Jacques, St-Martin, St-Antoine, le petit pont, la belle Jardinière ; j'ai vu les maisons criblées de balles et trouées de boulets. Dans la longueur de ces rues, on peut suivre la trace des boulets qui brisaient et écorniflaient balcons, enseignes, corniches sur leur passage ; c'est un spectacle affreux, et qui néanmoins rend encore plus incompréhensibles ces assauts dans les rues[15] ! ».

Le 3 août, Jules Verne passe avec succès son examen pour la deuxième année de droit. Lorsqu'Édouard Bonamy quitte Paris pour retourner à Nantes vers la fin de l'année, il obtient une chambre pour lui seul, dans la même maison. Il joue de ses relations pour fréquenter le grand monde. Son oncle Chateaubourg[N 9] l'introduit dans les salons littéraires. Il fréquente celui de Mme de Barrère, amie de sa mère, et de Mme Mariani. Tout en continuant ses études, il se passionne pour le théâtre et écrit de nombreuses pièces qui resteront pour la plupart inédites jusqu'en 2005. Il dévore les drames de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas, d'Alfred de Vigny, les comédies d'Alfred de Musset[16], mais il avoue une préférence pour deux classiques : Molière et Shakespeare[N 10].

L'influence la plus forte à cette époque pour le jeune écrivain est celle de Victor Hugo. Verne raconte à Robert H. Sherard : « J'étais au plus haut point sous l'influence de Victor Hugo, très passionné par la lecture et la relecture de ses œuvres. À l'époque, je pouvais réciter par cœur des pages entières de Notre-Dame de Paris, mais c'étaient ses pièces de théâtres qui m'ont le plus influencé, et c'est sous cette influence qu'à l'âge de dix-sept ans, j'ai écrit un certain nombre de tragédies et de comédies, sans compter les romans »[17],[N 11].

Durant cette période, les lettres de Jules Verne à ses parents concernent surtout ses dépenses et l'argent dont il a besoin. Cependant, au mois de mars 1849, un autre évènement inquiète le jeune étudiant  : « Ma chère maman, le choléra est donc définitivement à Paris, et je ne sais quelles terreurs de malade imaginaire me poursuivent continuellement ! Ce monstre s'est grossi pour moi de toutes les inventions les plus chimériques d'une imagination fort étendue à cet endroit-là ! »[18],[N 12]. Au même moment, Jules Verne doit se soumettre à la conscription, mais est épargné par le tirage au sort. Il écrit à son père  :

« Tu as toujours l'air attristé au sujet de mon tirage au sort, et du peu d'inquiétude qu'il m'aurait causé ! Tu dois pourtant savoir, mon cher papa, quel cas je fais de l'art militaire, ces domestiques en grande ou petite livrée, dont l'asservissement, les habitudes, et les mots techniques qui les désignent les rabaissent au plus bas état de la servitude. Il faut parfois avoir fait abnégation complète de la dignité d'homme pour remplir de pareilles fonctions ; ces officiers et leur poste préposés à la garde de Napoléon, de Marrast, que sais-je ! - Quelle noble vie! Quels grands et généreux sentiments doivent éclore dans ces cœurs abrutis pour la plupart ! - Prétendent-ils se relever par le courage, par la bravoure! mots en l'air que tout cela! Il n'y a ni courage, ni bravoure à se battre quand on ne peut pas faire autrement ? Et me cite-t-on un haut fait d'armes accompli dans des circonstances, chacun sait qu'il y en a les 19/20 à mettre sur le compte de l'emportement, la folie, l'ivresse du moment ! Ce ne sont plus des hommes qui agissent, ce sont des bêtes furieuses, excitées par la fougue de leurs instincts. Et en tout cas, vint-on me montrer le sang-froid le plus calme, la tranquillité la plus surprenante dans l'accomplissement de ces hauts faits que l'on paye d'une croix, je répondrai que l'on n'est généralement pas sur terre pour risquer sa vie ou arracher celle des autres, et qu'en fait de condition, j'en connais de plus honorables et de plus relevées[19]. »

Ce violent pamphlet contre l'armée n'est pas seulement une réaction de jeunesse. Toute sa vie, Jules Verne professera des idées antimilitaristes, non seulement dans ses lettres, mais aussi dans ses romans où il expose son dégoût de la guerre, à commencer par le premier Voyage extraordinaire, lorsque le Victoria survole deux peuplades aux prises au cours d'un combat sanguinaire :

« - Ce sont de vilains bonshommes ! dit Joe. Après cela, s'ils avaient un uniforme, ils seraient comme tous les guerriers du monde.
... Fuyons au plus tôt ce spectacle repoussant ! Si les grands capitaines pouvaient dominer ainsi le théâtre de leurs exploits, ils finiraient peut-être par perdre le goût du sang et des conquêtes[20]! »

Afin de gagner un peu d'argent, le jeune étudiant donne des leçons, ce que Pierre Verne voit d'un mauvais œil, travaille chez un ami avocat, Paul Championnière. Dès cette époque, la santé de Jules Verne est déficiente. Pour n'avoir pas toujours mangé à sa faim, il souffre de maux de ventre et d'estomac. L'entéralgie vernienne provient peut-être de troubles gastriques héréditaires[N 13], mais surtout d'une précoce boulimie, sans doute pathologique. En 1851, il connait sa première crise de paralysie faciale. Olivier Dumas précise ces attaques qui frapperont Verne quatre fois dans sa vie : « La paralysie faciale de Jules Verne n'est pas psychosomatique, mais due seulement à une inflammation de l'oreille moyenne dont l'œdème comprime le nerf facial correspondant. Le médiocre chauffage du logement de l'étudiant entraîne la fréquence de ses refroidissements. L'explication de cette infirmité reste ignorée de l'écrivain ; il vit dans la permanente inquiétude d'un dérèglement nerveux, aboutissant à la folie »[21].

Entre-temps, Verne a réussi son examen de droit et peut devenir avocat, comme le souhaite son père. Il fonde, avec quelques amis, le dîner des « Onze-sans-femme ». À côté de Victor Massé, Léo Delibes, Auguste Lelarge, on trouve Fournier-Sarlovèze, Bazille, Bertall, Charles Béchenel. Il déménage et occupe une chambre garnie dans un hôtel proche de Notre-Dame de Lorette.

Débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Grâce à ses visites de salon, il est entré en contact avec Alexandre Dumas par l'intermédiaire d'un chiromancien célèbre de l'époque, le Chevalier d'Arpentigny. Il se lie d'amitié avec le fils de l'écrivain et lui propose le manuscrit d'une comédie intitulée Les Pailles rompues. Les deux hommes corrigent la pièce et Dumas fils obtient de son père qu'elle soit jouée au Théâtre-Historique. Nous sommes le 12 juin 1850. Jules Verne a vingt-deux ans[22].

En 1851, il rencontre Pierre-Michel-François Chevalier dit Pitre-Chevalier (1812-1863). Celui-ci, breton et nantais comme Jules Verne, est rédacteur en chef de la revue Musée des familles. L'écrivain lui soumet une nouvelle Les Premiers Navires de la marine mexicaine[23]. Pitre-Chevalier accepte de la publier. La même année parait une seconde nouvelle, Un voyage en ballon, qui, en 1874, prendra comme titre Un drame dans les airs, chez Hetzel.

Pitre-Chevalier laisse Jules Verne libre de ses choix. La censure ne sévit pas au Musée des familles. L'écrivain peut y glisser des allusions grivoises qui n'offusquent pas le moins du monde l'éditeur. Il en sera tout autrement avec Pierre-Jules Hetzel. Il suffit de comparer les versions des nouvelles parues dans le Musée avec celles reprises pour les Voyages extraordinaires pour s'en convaincre.

Alexandre Dumas fils met Verne en relation avec les frères Seveste qui viennent de reprendre le Théâtre-Historique, après la faillite due aux prodigalités de Dumas père. La nouvelle salle devient le Théâtre-Lyrique. Jules Seveste, le nouveau directeur, engage Verne comme secrétaire. Un travail astreignant, car le jeune homme ne touche pas de salaire. En revanche, il peut faire jouer ses pièces, la plupart écrites en collaboration avec Michel Carré[24].

En janvier 1852, il prend sa décision et refuse la charge d'avoué que son père lui propose. « […] Je me bornerai à voir si je ferais bien de prendre ta charge, au point de vue moral, et matériel. […] D'un autre côté, je commence à bien me connaître ; ces coups de tête contre lesquels tu cherches à me prémunir, je les ferais, tôt ou tard; j'en suis certain; la carrière qui me conviendrait le plus, ce serait celle que je poursuis; […] si je ne puis parvenir, non par manque de talent, mais par défaut de patience, par découragement, eh bien, ce qui me conviendra le plus au monde, ce sera le barreau qui me ramènerait à Paris. […] C'est parce que je sais ce que je suis, que je comprends ce que je serai un jour; comment donc me charger d'une étude que tu as faite si bonne, que ne pouvant gagner entre mes mains, elle ne pourrait qu'y dépérir. […] »[25]. Un an plus tôt, il avait écrit à sa mère : « […] je puis faire un bon littérateur, et ne serais qu'un mauvais avocat, ne voyant dans toutes choses que le côté comique et la forme artistique, et ne prenant pas la réalité sérieuse des objets. […] »[26].

Il fréquente la Bibliothèque nationale, se passionnant pour la science et ses découvertes les plus récentes, mais c'est surtout la géographie qui l'attire. Vers cette époque, Verne fait la connaissance d'un personnage étonnant, géographe illustre et infatigable voyageur, l'explorateur Jacques Arago, qui continue à parcourir le monde malgré sa cécité[N 14]. Il publie même le récit de ses voyages autour du monde sous le titre Souvenirs d'un aveugle. Le jeune écrivain retrouve près de lui toutes les sensations de ses premières lectures. Jacques Arago lui ouvre des horizons et l'entraîne vers un genre nouveau de littérature, alors en pleine expansion, le récit de voyage[27].

En 1852, deux autres textes de Verne paraissent dans le Musée des familles : Martin Paz, une longue nouvelle[N 15] et une comédie-proverbe en un acte, Les Châteaux en Californie, qui regorge de sous-entendus grivois.

Portrait d'Aristide Hignard en 1880.

En août 1853, il s'éloigne un moment de Paris pour se rendre à La Guerche où son oncle Prudent offre un grand repas afin de fêter le retour de Paul Verne, le frère de Jules, aspirant auxiliaire dans la marine. La même année, il quitte le quartier Notre-Dame de Lorette pour s'installer sur les Grands Boulevards, d'abord au 11, boulevard Bonne-Nouvelle, puis au 18. Sur le même palier, s'est installé un jeune compositeur originaire de Nantes, Aristide Hignard. Les deux jeunes gens vont très vite sympathiser. Ils fréquentent le salon du musicien Talexy. Ils se lancent dans l'opérette, ou plutôt l'opéra-comique, au moment où Jacques Offenbach crée un véritable engouement pour ce genre de spectacle. Le 28 avril 1853 est représenté Le Colin-maillard au Théâtre-Lyrique. C'est une période où Jules Verne ne cesse d'écrire. Des nouvelles de cette époque, on peut citer Pierre-Jean et Le siège de Rome. Il travaille aussi sur Monna Lisa commencé dès 1851 et qu'il ne finira qu'en 1855.

Au cours de son séjour à Nantes, l'écrivain s'est amouraché de Laurence Janmar. Fin 1853, à la suite d'une lettre de Pierre Verne, Jules Seveste donne un congé de deux mois à son secrétaire. En effet, Jules suit les conseils de sa mère, qui tient à le marier, et Sophie Verne a sans doute pensé à Laurence. En janvier 1854, le président Janvier de la Motte donne un grand bal travesti. Le jeune écrivain y retrouve celle qu'il convoite. Laurence Janmar, habillée en gitane, se plaint à son amie que son corset, trop riche en baleines, lui meurtrit les côtes. Verne, toujours à l'affût d'un bon mot, soupire alors : « Ah! que ne puis-je pêcher la baleine sur ces côtes ? »[28]. En fait, Laurence veut épouser Charles Duverger, mariage qui a lieu le 2 août 1854.

En juillet 1854, Jules Seveste meurt du choléra. Son successeur, Émile Perrin, tente de retenir Jules Verne, mais ce dernier tient à garder sa liberté. Perrin va jusqu'à lui proposer la direction du Théâtre-Lyrique. « J'ai refusé. Il m'a même offert de diriger le théâtre, moi seul, tout en restant directeur en nom, et ayant une part dans les bénéfices; j'ai refusé encore; je veux être libre et prouver ce que j'ai fait[29] ». Dans le Musée, un nouveau texte de l'écrivain : Maître Zacharius ou l'horloger qui avait perdu son âme. C'est un conte fantastique profondément imprégné de l'influence d'Hoffmann. Zacharius, maître-horloger de Genève, a rendu ses horloges si régulières qu'elles sont devenues parfaites… Mais un jour, elles se dérèglent une à une. Pour la première fois dans l'œuvre de Jules Verne apparaît le thème du Temps, qui aura de nombreux dérivés, le plus célèbre étant celui que l'on retrouve dans Le Tour du monde en quatre-vingts jours.

Malgré son refus de devenir directeur du Théâtre-Lyrique, Verne y conserve son poste de secrétaire jusqu'à fin 1855, ce qui lui permet de représenter, le 6 juin de cette année, un second opéra-comique écrit sur une musique d'Hignard, Les Compagnons de la Marjolaine. Il écrit à son père : « J'étudie encore plus que je ne travaille; car j'aperçois des systèmes nouveaux, j'aspire avec ardeur au moment où j'aurai quitté ce Théâtre Lyrique qui m'assomme »[30]. Puis plus tard, à sa mère: « Cela ne m'empêche pas de travailler toute la journée chez moi, en ne sortant que dans les circonstances nécessaires. ». Dans cette même lettre, on notera l'endroit où l'écrivain parle de l'incendie de la Manutention[N 16] qui témoigne de l'esprit anarchiste de Jules Verne: « J'ai assisté au bel incendie de la Manutention; j'étais aussi près que possible et vis-à-vis ; c'est le plus magnifique spectacle que j'aie jamais vu; je regrette même qu'il n'ait pas brûlé deux ou trois bâtiments de plus ; c'est au gouvernement ; qu'est-ce que ça fait ? »[31].

C'est une période d'intense activité créatrice. Les pièces de théâtre s'accumulent. Il peaufine notamment l'une d'entre elles Les Heureux du jour, qui semble lui tenir particulièrement à cœur. Il écrit plusieurs nouvelles dont Le mariage de M. Anselme des Tilleuls et Un hivernage dans les glaces. Cette dernière parait en 1855 dans le Musée. De tous les manuscrits de Verne avant sa rencontre avec Hetzel, c'est celui qui se rapproche le plus des Voyages extraordinaires, véritable prélude aux Aventures du capitaine Hatteras. À cette époque, il est atteint d'une deuxième crise de paralysie faciale. Son ami et médecin Victor Marcé le soigne à l'aide de l'électricité. Il déménage et s'installe au cinquième étage d'un immeuble au 18, Boulevard Poissonnière.

Illustration de Lorenz Frølich pour Un hivernage dans les glaces, paru dans le Musée des familles en 1855.

Depuis que Jules Verne a fondé le dîner des Onze-sans-femme, plusieurs de ses membres se sont tout de même mariés. Influencé par eux, Jules Verne parle de mariage dans presque toutes les lettres à sa mère ; il lui demande de lui trouver une épouse, parfois sur le ton de la plaisanterie : « J'épouse la femme que tu me trouveras; j'épouse les yeux fermés, et la bourse ouverte; choisis, ma chère mère, c'est sérieux ! »[32] ou « Trouvez-moi une femme bossue, et qui ait des rentes - et tu verras. »[33]. Mais on sent bien que l'angoisse de l'avenir le tiraille : « Toutes les jeunes filles que j'honore de mes bontés se marient toutes invariablement dans un temps rapproché! Voire! Mme Dezaunay, Mme Papin, Mme Terrien de la Haye, Mme Duverger et enfin Mlle Louise François. »[34]. Après le mariage de Laurence Janmar avec Duverger, Verne, amoureux éconduit, s'interroge. Pour le consoler, sa mère l'envoie en avril 1854 à Mortagne pour y connaître un bon parti. Il lui répond dans une lettre où il invente une rencontre avec le père de sa future, d'un humour scatologique et agressif, où l'on retrouve le ton des nouvelles de Maupassant, un des écrivains français que Verne place au plus haut[35]. Le style n'est pas sans rappeler celui du Mariage de M. Anselme des Tilleuls.

En mars 1856, Auguste Lelarge, ami de Jules Verne et membre des Onze-sans-femme va se marier avec Aimée de Viane. Il demande à l'écrivain d'être son témoin. Celui-ci accepte. Le mariage doit se dérouler le 20 mai à Amiens, ville de la fiancée. À l'occasion de son séjour, Verne y fait la connaissance de la sœur de la mariée, Honorine, veuve à 26 ans d'Auguste Hébé-Morel, et mère de deux filles, Valentine et Suzanne.

Mariage et Bourse[modifier | modifier le code]

Honorine du Fraysne de Viane (1830-1910) séduit assez vite Jules Verne. Dans une lettre enthousiaste à sa mère, il lui fait remarquer : « Je ne sais pas, ma chère mère, si tu ne trouveras pas quelque différence entre le style de cette page et celle qui la précède, tu n'es pas habituée à me voir faire ainsi un éloge général de toute une famille, et ta perspicacité naturelle va te faire croire qu'il y a quelque chose là-dessous ! Je crois bien que je suis amoureux de la jeune veuve de vingt-six ans ! Ah ! pourquoi a-t-elle deux enfants ! Je n'ai pas de chance ! »[36]. En quelques jours, il se décide. Il se mariera. La famille d'Honorine semble lui avoir fait bon accueil et le retient quelques jours à Amiens. Verne s'engage à devenir sérieux et à oublier les aléas de sa vie de bohème. Mais il doit trouver une situation stable. La littérature ne lui rapporte que de maigres revenus et pour nourrir une femme et deux enfants, il se doute bien que cela sera insuffisant.

Avec l'aide de son futur beau-frère, Ferdinand de Viane, il envisage des plans d'investissement en Bourse et de se lancer dans une activité d'agent de change, comme son ami Dumas fils. Or, s'il suffit d'obtenir une charge, il faut de l'argent pour l'acquérir. Il demande 50 000 francs à son père pour acheter cette charge. Son père s'inquiète de cette nouvelle lubie. Jules Verne lui répond : « Je vois bien que tu me prends encore pour un garçon irréfléchi, se montant la tête pour une idée nouvelle, tournant à tous les vents de la fantaisie, et ne voulant m'occuper de change que par amour du changement. […] Il est moins question que jamais d'abandonner la littérature ; c'est un art avec lequel je me suis identifié, et que je n'abandonnerai jamais ; […] mais tout en m'occupant de mon art, je me sens parfaitement la force, le temps et l'activité de mener une autre affaire. […] Il me faut une position et une position offrable, même aux gens qui n'admettent pas les gens de lettres ; la première occasion de me marier, je la saisis d'ailleurs ; j'ai par-dessus la tête de la vie de garçon, qui m'est à charge […] cela peut paraître drôle, mais j'ai besoin d'être heureux, ni plus, ni moins. »[37]. Et quelques semaines plus tard : « …Je n'accepterais d'avoir atteint l'âge de plusieurs de mes amis, et d'être à courir comme eux après une pièce de cent sols. Non, certes, cela peut être drôle et faisable à vingt ans, mais pas au-dessus de trente ans. »[38].

Pierre Verne finit par céder. Jules se retrouve placier en Bourse à l'enseigne de l'agent suisse Fernand Eggly, originaire de Genève, au 72 rue de Provence, à Paris[39].

Auguste Morel n'est décédé que depuis dix mois. À l'époque le deuil se portait longtemps[N 17]. Pourtant les évènements se précipitent. Aimée De Viane, par son mariage avec Auguste Lelarge, est devenue la belle-sœur d'Henri Garcet, cousin de Jules Verne. C'est, sans doute, son ami Charles Maisonneuve[N 18] qui lui permet d'entrer chez Eggly, étant lui-même remisier chez un confrère. D'ailleurs, il n'est pas certain que Jules Verne ait acheté la part que l'on dit, le remisier étant appointé et non associé. Le futur marié est pris de frénésie, au point de s'occuper de tout durant le mois de décembre 1856. Il ne veut personne de la famille : « Je me charge, mon cher père, de voir ma tante Charuel[N 19] à cet égard, et de la mettre au courant de nos affaires. Quant à l'inviter, je tiens essentiellement à n'en rien faire ! Je dirai que le mariage se célèbre à Amiens ; rien ne me serait plus désagréable que cette invitation. »[40].

Le 2 janvier 1857, Pierre Verne fait établir un acte notarié, donnant une procuration de sa femme pour léguer à son fils les quarante mille francs de dot, « en avancement d'hoirie et à imputer sur la succession du premier mourant des donateurs ». Le 8 janvier, ils se rendent à Essome, chez Auguste Lelarge, notaire, et signent le contrat de mariage. Et le mariage a lieu le 10 janvier. Le matin, ils se retrouvent à la mairie du 3e arrondissement (actuellement mairie du 2e[N 20]). Puis le groupe de treize personnes prend la direction de l'église Saint-Eugène qui venait d'être édifiée dans la nouvelle rue Sainte-Cécile, à l'emplacement de l'ancien Conservatoire de musique. Après la cérémonie religieuse, c'est le déjeuner, treize couverts « à tant par tête », comme l'avait voulu et annoncé Jules Verne lui-même : « J'étais le marié. J'avais un habit blanc, des gants noirs. Je n'y comprenais rien ; je payais tout le monde : employés de la Mairie, bedeaux, sacristain, marmiton. On appelait : Monsieur le marié ! C'était moi ! Dieu merci : il n'y avait que douze spectateurs ! »[41].

Le couple et les deux enfants demeurent jusqu'au 15 avril dans l'appartement du boulevard Poissonnière, tandis que Jules en cherche un plus conséquent. À la fin du mois, ils sont en grand déménagement. La jeune femme a fait venir ses meubles et objets d'Amiens et le ménage s'installe rue Saint-Martin, dans le quartier du Temple. Mais le couple vit chichement. La vocation boursière de Jules Verne est médiocre. Il fait un piètre coulissier et, d'après Félix Duquesnel, son ami, il « réussissait plus de bons mots que d'affaires »[42]. Si Honorine avait cru pouvoir trouver l'aisance à Paris, elle dut vite déchanter. Ce mariage, tant désiré par Verne, lui laisse bientôt un goût amer. Honorine, qui l'avait fait rire, finit par l'ennuyer. Il est un mauvais mari, semble avoir eu des maîtresses[43]. Il est également un père lointain, négligeant l’éducation de ses enfants, et un mondain déçu[44].

Quand il n'est pas à la Bourse, il s'enferme dès le matin dans son cabinet de travail pour écrire toute la journée[45]. Vers cette époque, il écrit une nouvelle, San Carlos, qui conte comment des contrebandiers espagnols se jouent des douaniers français. En 1857, parait le premier recueil de chansons Rimes et mélodies, sur une musique d'Hignard, chez Heu éditeur. En 1858, Verne connait sa troisième crise de paralysie faciale. Le 17 février, aux Bouffes-Parisiens, se joue la première de Monsieur de Chimpanzé, opérette en un acte, toujours avec Hignard. Le sujet est curieux, lorsqu'on sait que l'auteur est tout nouveau marié : Isidore, le héros, est obligé de faire le singe pour pouvoir épouser sa belle. Cette année-là, il revient faire quelques visites à Nantes. Le 15 juillet 1859, Jules Verne écrit à son père : « Alfred Hignard m'offre, ainsi qu'à son frère, un passage gratuit d'aller et retour en Écosse. Je me hâte de saisir aux cheveux ce charmant voyage… »[46].

Voyages et paternité[modifier | modifier le code]

En 1859, il entreprend donc un voyage en Angleterre et en Écosse en compagnie d'Aristide Hignard. Il prend des notes et, dès son retour, couche ses impressions sur le papier. En 1862, il présente un manuscrit à Hetzel, qui le refuse. Verne s'en inspirera alors pour la rédaction de ses romans écossais.

Entre 1860 et 1861, le couple déménage trois fois : de la rue Saint-Martin au 54 Boulevard Montmartre, puis au 45 Boulevard Magenta, enfin au 18, Passage Saulnier[47].

Le 2 juillet 1861, de nouveau grâce à Alfred Hignard, les deux amis, ainsi qu'Émile Lorois, s'embarquent pour la Norvège. L'écrivain ne rentrera que cinq jours après qu'Honorine a accouché d'un garçon, Michel, le 4 août. L'arrivée de cet enfant bouleverse la vie de Jules Verne. Il ne s'est pas préparé à ces nouvelles responsabilités. Il doit concilier son projet littéraire et l'obligation de subvenir aux besoins d'une famille qui s'élargit. Il continue donc son métier à la Bourse, où il côtoie ses anciens amis ou de nouveaux comme Hector Malot.

Un aspect particulier de la vie de Jules Verne concerne sa relation avec Estelle Hénin, dont il fait la connaissance en 1859[48] . Marguerite Allotte de la Fuÿe évoque cette femme dans sa biographie de 1928 : « une mortelle, une seule, captiva durant quelques saisons ce cœur extrêmement secret. La sirène, l'unique sirène, est ensevelie dans le cimetière de corail »[49]. D'après elle, Estelle serait morte en 1885, date reprise par Jean-Jules Verne, qui note qu'elle habitait Asnières[50]. Dans sa thèse sur Jules Verne (1980), Charles-Noël Martin confirme l'existence d'Estelle Duchesne, mais pense qu'elle est morte le 13 décembre 1865[51]. Estelle Hénin épouse Charles Duchesne, clerc de notaire à Cœuvres, le 30 août 1859. En 1863, Estelle s'installe à Asnières, cependant que son mari continue de travailler à Cœuvres. Les visites de Jules Verne à la maison des Duchesne à Asnières se situent de 1863 à février 1865. Estelle meurt après la naissance de sa fille Marie[52]. Pour certains verniens, Marie Duchesne pourrait être la fille de l'écrivain.

Les Voyages extraordinaires[modifier | modifier le code]

Couverture des éditions Hetzel : Les Aventures du Capitaine Hatteras au Pôle Nord.

En 1862, Jules Verne soumet à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son roman Cinq semaines en ballon, qui paraît en 1863 et connaît un immense succès, même au-delà des frontières françaises. Il signe alors avec Pierre-Jules Hetzel un contrat qui le lie pour 20 ans avec cet éditeur ; il s'y engage à fournir des romans notamment pour le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse. En fait, Jules Verne va travailler pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires qui compteront 62 romans et 18 nouvelles[53]. En 1863, toujours, Jules Verne écrit Paris au XXe siècle, qui ne paraîtra qu'en 1994.

Le 27 février 1863, il est admis comme membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Le 26 décembre 1863, Verne fait paraître dans le Musée des familles un article relatant l'expérience de son ami Nadar à bord d'un ballon gigantesque, le Géant. Le photographe crée la Société d'encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d'appareils plus lourds que l'air, dont Jules Verne est le censeur.

Vers cette époque, il découvre l'univers d'Edgar Poe au travers des traductions de Charles Baudelaire. L'écrivain américain le fascine, au point qu'il lui consacre la seule étude littéraire qu'il ait écrite, parue en 1864 dans le Musée des familles, Edgar Poe et ses œuvres[54].

En 1864 encore, Jules Verne publie les romans Les Aventures du capitaine Hatteras, qui parait d'abord dans le Magasin avant d'être publié en volume et Voyage au centre de la Terre.

Par ailleurs, il quitte son emploi d'agent de change, et déménage à Auteuil.

En 1865, il devient membre de la Société de géographie.

Le 16 mars 1867, en compagnie de son frère Paul, il embarque sur le Great Eastern à Liverpool pour les États-Unis, il tirera de sa traversée le roman Une ville flottante (1870). Jules Verne achète son bateau le Saint-Michel en 1868, chaloupe de pêche aménagée pour la plaisance, il en fera son cabinet de travail.

Bien que mobilisé comme garde-côte au Crotoy pendant la guerre de 1870, Jules Verne continue d'écrire.

Son père, Pierre Verne, meurt le 3 novembre 1871, à Nantes.

Il s'installe à Amiens, ville natale de son épouse, en 1872 :

« Sur le désir de ma femme je me fixe à Amiens, ville sage, policée, d’humeur égale, la société y est cordiale et lettrée. On est près de Paris, assez pour en avoir le reflet, sans le bruit insupportable et l’agitation stérile. Et pour tout dire, mon Saint-Michel reste amarré au Crotoy. »

— Lettre de Jules Verne à son ami Charles Wallut

À cette époque, Amiens abrite plusieurs sociétés savantes : c'est ainsi qu'on voit fréquemment Jules Verne à la Bibliothèque de la Société industrielle, qui est abonnée à de nombreuses revues scientifiques. Le 8 mars 1872, il devient membre titulaire de l'Académie des Sciences, des Lettres et des Arts d'Amiens dont il est élu Directeur en 1875 et en 1881 et, à cette occasion, il prononce plusieurs discours de bienvenue, notamment pour un de ses amis, le caricaturiste Gédéon Baril, qui signa les illustrations de Dix heures en chasse chez Hetzel. En revanche, il ne réussit pas à entrer à l'Académie française.

Dès juin 1867, l'Académie française couronne le Magasin d'Éducation et de Récréation, où Jules Verne a déjà fait paraître quelques romans, puis, lors de la séance du 8 août 1872, ce sont les Voyages extraordinaires dans leur ensemble qui obtiennent le même honneur. À cette occasion, M. Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie, fait l'éloge de Jules Verne : « Les merveilles usées de la féerie y sont remplacées par un merveilleux nouveau, dont les notions récentes de la science font les frais. » Jules Verne, très content de ce prix, se met alors en tête de briguer un fauteuil dans l'honorable assemblée. Il s'en ouvre à Hetzel en mars 1876 : « Je vous rappelle, pour mémoire, que voilà 2 places vacantes à l'Académie. Vous m'avez un peu mis l'eau à la bouche. Vous avez beaucoup d'amis dans l'illustre corps. Suis-je arrivé à la situation voulue pour resupporter… un échec honorable.»[55] Ayant échoué cette année-là, il réessaye en 1877, fort de l'appui d'Alexandre Dumas fils. Nouvelle déconvenue : c'est Victorien Sardou qui est élu. Verne ne renonce pas et tente à nouveau sa chance en 1883. Cette fois, c'est l'échec de la pièce qu'il a tirée de Kéraban-le-Têtu et qu'il a écrite sans collaboration qui lui barre la route. Verne se retire à Amiens, mais en 1884, il pose de nouveau sa candidature et presse Dumas fils de l'aider[56]. C'est un nouvel échec, qui le dégoûte à jamais[57].

En 1874, il publie Le Tour du monde en quatre-vingts jours et fait l'acquisition du Saint-Michel II (basé au port du Crotoy, dans la Somme). La même année, il obtient pour son bateau la concession du Yacht-Club de France, dont il est nommé membre honoraire[58]. En 1876, Honorine Verne est victime d'abondantes métrorragies qui manquent la faire mourir. Elle est sauvée par une transfusion de sang, cas rarissime à l'époque. Un an plus tard, Verne donne un fastueux bal costumé à Amiens, avec la participation de son ami Nadar, le modèle de Michel Ardan, héros de ses romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune. Malheureusement, sa femme a rechuté quelques jours plus tôt. « Je suis – écrit Jules Verne à Hetzel – non inquiet, mais horriblement embêté »[59]. L'éditeur désapprouve manifestement ce bal, que l'auteur donne pourtant pour asseoir la position de sa femme et de ses enfants à Amiens[60].

En 1876, il obtient de la justice que son fils mineur Michel au comportement rebelle soit jeté dans une maison de redressement, la Colonie pénitentiaire de Mettray pour six mois en 1876 : cette mesure de correction paternelle vise à le « dresser ». En février 1878, il le fait embarquer pour les Indes[44].

De juin à août 1878, Jules Verne navigue de Lisbonne à Alger sur le Saint-Michel III, puis, en juillet 1879, en Écosse et Irlande. Troisième croisière en juin 1881, avec son frère, son neveu Gaston et Robert Godefroy : il visite la mer du Nord, la Hollande, l'Allemagne, puis par le canal de l'Eider, Kiel et la Baltique jusqu'à Copenhague. Nous avons de nombreux renseignements sur ce voyage, puisque Paul Verne en a écrit le récit, paru chez Hetzel[61]. En 1882, il quitte le 44, boulevard Longueville, où il réside depuis 1873, pour emménager au 2, rue Charles Dubois, la fameuse maison à la tour surmontée d'un belvédère qui présente des similitudes frappantes avec les maisons à tour dans deux de ses romans posthumes, Le Secret de Wilhelm Storitz et La Chasse au météore[62]. Le 8 mars 1885, il donnera un second bal dans sa nouvelle demeure, bal auquel sa femme peut, cette fois, assister[63].

En 1884, Jules Verne décide de faire une grande croisière autour de la Méditerranée. Le Saint-Michel III quitte Nantes le 13 mai. À son bord, se trouvent Paul Verne, Robert Godefroy, Michel Verne et Louis-Jules Hetzel. Il compte retrouver sa femme, en visite chez sa fille Valentine et son gendre, en Algérie. Le navire arrive à Vigo le 18, à Lisbonne le 23. Verne passe à Gibraltar le 25 mai. À son arrivée à Oran, il retrouve Honorine et est reçu par la Société de géographie de la ville. Les journaux lui consacrent de nombreux articles. Le 10 juin, il est à Bône où le bey de Tunis met à sa disposition un wagon spécial. Retrouvant son navire, il essuie une tempête près de Malte, visite la Sicile, Syracuse, puis Naples et Pompéi. À Anzio, le groupe prend le train pour Rome. Le 7 juillet, Verne est reçu en audience privée par Léon XIII. Curieusement, le lendemain, il rend visite à la Loge maçonnique de la ville[64]. Puis il rencontre Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine, avec lequel il établit une relation épistolaire qui durera jusqu'à la mort de l'écrivain. Deux mois après le départ du navire, Verne est de retour à Amiens[65].

Son bateau le Saint Michel III avait son port d'attache au Tréport, Seine-Inférieure. L'écrivain a été photographié sur la plage de Mers-les-Bains dans la Somme[66].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Jules Verne en 1892.

1886 est une année cruciale dans la vie de Jules Verne. Le 15 février, il se décide à vendre le Saint-Michel III. L'entretien du yacht devient dispendieux, et son fils s'endette et lui coûte cher[67]. Il le cède à moitié prix à Martial Noë. Le 9 mars, rentrant du « Cercle de l'Union » vers cinq heures, il trouve, après avoir ouvert sa porte de fer, son neveu Gaston armé d'un revolver. Il tire sur l'écrivain qui est atteint à la jambe. Gaston, arrêté, est suspecté de folie. Son père, Paul Verne, déclarera que son fils a tiré sur Jules Verne pour attirer l'attention sur celui-ci afin de le faire entrer à l'Académie française. Gaston Verne restera interné jusqu'à sa mort, le 13 février 1938[68]. Robert Godefroy envoie un télégramme à la maison Hetzel. Mais Louis-Jules Hetzel est à Monaco, au chevet de son père qui s'éteint le 17 mars. La blessure de Jules Verne lui laissera une claudication définitive.

Le 15 février 1887, sa mère, Sophie Verne, décède. L'écrivain ne peut se rendre aux obsèques, car il marche difficilement et sa guérison n'avance pas[69].

Contraint à se sédentariser, il reporte son intérêt vers la vie de la cité. En 1888, Jules Verne est élu au conseil municipal d'Amiens sur la liste républicaine (gauche modérée) conduite par Frédéric Petit. Il écrit à un ami, sans doute Charles Wallut : « Mon unique intention est de me rendre utile et de faire aboutir certaines réformes urbaines. »[70]. Il y siègera quinze ans. Notons au passage que Jules Verne n'était en aucun cas un républicain de grande conviction ; il est toute sa vie resté monarchiste, mais de tendance orléaniste[71]. Au sein de la municipalité, il est chargé des spectacles, du cirque, des expositions[72]. Le dossier sur le Cirque Municipal, déjà proposé durant le précédent mandat du maire, lui prend beaucoup de temps. Il s'y investit fortement, malgré les critiques sur la construction en dur d'un tel édifice. Il fait aboutir son projet et, le 23 juin 1889, prononce le discours d'inauguration[73].

Le Cirque Municipal d'Amiens au début du siècle que Jules Verne inaugura par un discours en 1889.

Chevalier de la Légion d'honneur depuis août 1870, Jules Verne est promu au grade d'officier le 24 juillet 1892. Il est décoré le 11 octobre suivant par le Préfet de la Somme[74].

Le 27 août 1897, son frère Paul meurt des suites de troubles cardiaques dont il souffrait depuis longtemps. Verne reste prostré et refuse tout déplacement. Il écrit une lettre choquante à son neveu Maurice, qu'il termine ainsi : « Huit heures du soir. Je crains bien qu'il me soit impossible d'aller à Paris »[75].

En 1900, Verne quitte l'hôtel particulier de la rue Charles Dubois et réintègre la maison qu'il avait louée au 44, boulevard de Longueville. L'appartement, moins spacieux, lui permet d'y vivre plus facilement. Il y garde ses habitudes: un cabinet de travail et sa bibliothèque attenante. Toujours la même table sur laquelle il écrit depuis trente ans[76]. L'écrivain avoue à un visiteur, Robert Sherard: « La cataracte a eu mon œil droit, mais l'autre est encore assez bon »[77]. Il refuse donc de se faire opérer.

Maison de Jules Verne, boulevard Longueville à Amiens, avec la tour en brique surmontée d'une sphère armillaire, sculpture métallique de François Schuiten réalisée en 2005[78].

En 1902, il sent ses forces intellectuelles diminuer. À une demande du directeur de l'Académie d'Amiens, il répond: « Vous me demandez d'écrire quelque chose pour l'Académie. Oubliez-vous donc qu'à mon âge les mots s'en vont et les idées ne viennent plus »[79].

1903. L'écrivain n'écrit guère, mais il confie à Robert H. Sherard qu'il a beaucoup d'avance et que ce n'est pas si grave qu'il doive travailler lentement[80]. En effet, dès 1892, Verne tient une liste des romans écrits et les corrige au fur et à mesure de leur parution[81]. Malgré tout, il accepte la présidence du groupe espérantophone d'Amiens. Ardent défenseur de cette toute jeune langue internationale, il promet à ses amis d'écrire un roman où il décrira les mérites de l'espéranto. Il commence la rédaction de Voyage d'étude vers la fin de l'année. Mais, épuisé, Verne pose sa plume au bout de 6 chapitres. Le brouillon sera repris par son fils Michel, mais l'œuvre finale (L'Étonnante Aventure de la mission Barsac) ne fera pas allusion à l'espéranto.

Jules Verne sur son lit de mort (1905).

Le diabète, qui attaque son acuité visuelle, l'anéantit petit à petit. Après une sévère atteinte, vers la fin de 1904, une nouvelle crise le terrasse le 16 mars de l'année suivante. Jules Verne s'éteint le 24 mars 1905 à Amiens dans sa maison du 44, boulevard Longueville (aujourd'hui boulevard Jules-Verne). Ses obsèques, célébrées à l'église Saint-Martin d'Amiens, attirent une foule de plus de cinq mille personnes. Plusieurs discours sont prononcés, notamment celui de Charles Lemire pour la Société de géographie. L'empereur Guillaume II envoie le chargé d'affaire de l'ambassade d'Allemagne présenter ses condoléances à la famille et suivre le cortège. Ce jour-là, aucun délégué du gouvernement français n'était présent aux funérailles[82]. L'écrivain est inhumé au cimetière de La Madeleine à Amiens[83].

Sept romans de Jules Verne et un recueil de nouvelles paraîtront après sa mort, publiés par son fils Michel Verne, qui prendra la responsabilité de remanier les manuscrits. En 1907 un huitième roman, L'Agence Thompson and Co., sera entièrement écrit par Michel mais paraîtra sous le label Jules Verne.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans publiés du vivant de l'auteur[modifier | modifier le code]

Ces romans constituent le cœur des Voyages extraordinaires qui ont fait la renommée de l'auteur.

  1. Cinq semaines en ballon (1863)
  2. Voyage au centre de la Terre (1864)
  3. Le Comte de Chanteleine (1864), publié en revue seulement ; première publication en volume en 1971
  4. De la Terre à la Lune (1865)
  5. Les Aventures du capitaine Hatteras (1867), publié en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord (1866) et Le désert de glace (1866)
  6. Les Enfants du capitaine Grant (1868), publié en trois parties : L’Amérique du Sud (1866), L’Australie (1866) et L’Océan Pacifique (1867)
  7. Vingt mille lieues sous les mers (1870), publié en deux parties (1869 et 1870)
  8. Autour de la Lune (1870), suite de De la Terre à la Lune
  9. Une ville flottante (1871)
  10. Les Forceurs de blocus (1871), publié à la suite d’Une ville flottante
  11. Une fantaisie du docteur Ox (1872), repris dans Le Docteur Ox en 1874
  12. Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe (1872)
  13. Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
  14. Le Pays des fourrures (1873)
  15. L'Île mystérieuse (1874-1875), publié en trois parties : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875)
  16. Le Chancellor (1875)
  17. Michel Strogoff (1876)
  18. Hector Servadac (1877)
  19. Les Indes noires (1877)
  20. Un capitaine de quinze ans (1878)
  21. Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
  22. Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1879)
  23. La Maison à vapeur (1880)
  24. Dix heures en chasse (1881), publié à la suite du Rayon vert
  25. La Jangada (1881)
  26. L'École des Robinsons (1882)
  27. Le Rayon vert (1882)
  28. Kéraban-le-Têtu (1883)
  29. L'Étoile du sud (1884)
  30. L'Archipel en feu (1884)
  31. Frritt-Flacc (1884), publié à la suite d’Un billet de loterie
  32. Mathias Sandorf (1885)
  33. L'Épave du Cynthia (1885), en collaboration avec André Laurie
  34. Robur le Conquérant (1886)
  35. Un billet de loterie (1886)
  36. Nord contre Sud (1887)
  37. Le Chemin de France (1887)
  38. Gil Braltar (1887), publié à la suite du Chemin de France
  39. Deux ans de vacances (1888)
  40. Famille-sans-nom (1889)
  41. Sans dessus dessous (1889)
  42. César Cascabel (1890)
  43. Mistress Branican (1891)
  44. Le Château des Carpathes (1892)
  45. Claudius Bombarnac (1892)
  46. P'tit-Bonhomme (1893), a aussi été republié sous le titre Fils d’Irlande
  47. Mirifiques Aventures de maître Antifer (1894)
  48. L'Île à hélice (1895)
  49. Face au drapeau (1896)
  50. Clovis Dardentor (1896)
  51. Le Sphinx des glaces (1897)
  52. Le Superbe Orénoque (1898)
  53. Le Volcan d'or (1899)
  54. Le Testament d'un excentrique (1899)
  55. Seconde patrie (1900)
  56. Le Village aérien (1901), d’abord publié sous le titre La Grande Forêt
  57. Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901), a aussi été republié sous le titre Le serpent de mer
  58. Les Frères Kip (1902)
  59. Bourses de voyage (1903)
  60. Un drame en Livonie (1904)
  61. Maître du Monde (1904)
  62. L'Invasion de la mer (1905)

Romans posthumes[modifier | modifier le code]

À la mort de Jules Verne en 1905, plusieurs de ses manuscrits sont en attente de publication, afin de respecter le rythme d’un ou deux volumes par an préféré par son éditeur. Ces romans et nouvelles ont pour la plupart été remaniés par Michel Verne, fils de l'auteur, avant leur publication. Les versions originales n'ont été publiées que plusieurs décennies plus tard. La date indiquée entre parenthèses est celle de la rédaction.

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

Œuvres de jeunesse[modifier | modifier le code]

Les romans et nouvelles qui anticipent les Voyages extraordinaires

Œuvres théâtrales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théâtre de Jules Verne.

Jules Verne est d'abord attiré par le théâtre, mais n'y connaîtra qu’un succès médiocre jusqu'à ce que certains des Voyages extraordinaires soient portés à la scène. Plusieurs de ses pièces ont été écrites en collaboration. La date est celle de la première production, à moins d’indication contraire.

Essais et ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Salon de 1857 (1857)
  • Edgard Poe et ses œuvres (1864)
  • Géographie illustrée de la France et de ses colonies (1866), en collaboration avec Théophile-Sébastien Lavallée
  • Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, publié en quatre volumes, les trois derniers en collaboration avec Gabriel Marcel : volume 1 en 1870 ; volume 2 en 1878 ; volume 3 Les grands navigateurs du XVIIIe siècle en 1879 et volume 4 Les voyageurs du XIXe siècle en 1880 (ces ouvrages ont été réédités en novembre 2011 chez GEO (magazine))
  • La conquête économique et scientifique du globe (1888), en collaboration avec Gabriel Marcel, inachevé et toujours inédit
  • Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1890)

Poèmes et chansons[modifier | modifier le code]

184 poésies et chansons de Jules Verne ont été répertoriées jusqu'à présent. La plupart des chansons sont parues dans deux recueils de musique d'Aristide Hignard: Rimes et Mélodies. Un grand nombre de poésies proviennent de deux cahiers de poésies manuscrites. Ces cahiers ont été édités[85].

Autres[modifier | modifier le code]

Héritage[modifier | modifier le code]

Monument Jules Verne à Redondela, en Espagne.

Jules Verne laisse derrière lui une œuvre riche d'une extraordinaire créativité. C'est l'un des premiers auteurs à mêler avec autant de succès science-fiction, aventure et fantastique. Son intérêt pour la science et le fait qu'il aborde dans ses romans des thèmes qui se concrétiseront dans le courant du XXe siècle (voyage sur la lune, sous-marin, etc.) lui confèrent le statut plus de prospectiviste que de visionnaire : au fait des découvertes scientifiques et techniques, il pousse jusqu'au bout les conséquences du progrès technique dans ses œuvres où il faut y voir plutôt selon son biographe François Raymond de « pures fictions chargées d'imaginaire jusqu'à la gueule »[86]. Ses romans seront fréquemment adaptés au cinéma, leur récit à grand spectacle se prêtant parfaitement aux productions hollywoodiennes. Ses personnages sont des icônes de l'imaginaire populaire (tels Phileas Fogg, le capitaine Nemo ou Michel Strogoff). On trouve dans son œuvre des choses qui n’existaient pas à son époque et qui ont été créées 50 ou 100 ans après son écriture (l’hélicoptère, sous-marin moderne, scaphandre autonome, l’homme dans l’espace, etc.)[87] En particulier :

  • Le premier exemplaire de l'ATV, un vaisseau inhabité développé par l'Europe pour ravitailler la Station spatiale internationale, a été baptisé Jules Verne[88].
  • L'association française Jules Verne Aventures est dédiée à la redécouverte de la planète et la sensibilisation du public à la préservation des espèces menacées.
  • Le Trophée Jules-Verne est une compétition dans laquelle un équipage doit réaliser à la voile, sans escale et sans assistance, le tour du monde en moins de 80 jours.
  • Vladimir Poutine affirme en 2005 qu'« il est rare de trouver aujourd'hui en Russie quelqu'un qui, enfant, ne se soit pas passionné par Jules Verne ou Dumas. »[N 23]
  • En 2012 la Monnaie de Paris édite une pièce de 10 € en argent à son effigie pour la collection « Euros des régions ». Il représente la Picardie, la région où il a vécu la fin de ses jours.

Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Influences reçues[modifier | modifier le code]

Jules Verne s'est, de toute évidence, inspiré de l'oeuvre de Lucien de Samosate, un auteur grec dont il partage un titre en commun : Voyages Extraordinaires. On remarque également de nombreuses similitudes dans l'idée fantasque d'un monde postérieur à celui dans lequel il vit. Certaines de ces idées sont d'ailleurs très proches. On note les voyages sur la Lune (De la Terre à la Lune, dont le titre est équivoque, et Histoires Vraies, où le héros rencontre les sélénites au cours d'une guerre spatiale) Mais aussi la possibilité pour l'homme de voler (la montgolfière était très récente à la période de Verne, et pourtant elle apparaît jusque dans le titre de Cinq semaines en Ballon) ou d'aller sous l'eau (Vingt Mille Lieues Sous Les mers)... Verne est aussi fortement influencé par E. A. Poe qu'il découvrit grâce aux traductions de Charles Baudelaire. Il est ainsi fortement poussé à poursuivre dans ses écrits, souhaitant suivre les pas de son idole.

Style et structure narrative[modifier | modifier le code]

Thèmes[modifier | modifier le code]

Caricature de Jules Verne « allant recueillir aux bonnes sources des renseignements authentiques sur le monde sous-marin ». Paru dans le Journal d'Oran, 1884.

Derrière une apparente diversité, ce sont les thèmes qui donnent à l'œuvre de Jules Verne une unité profonde. À peine indiqués dans certains ouvrages, dans d'autres, ils deviennent le noyau de l'histoire. Un simple exemple, ce fameux rayon vert, qui donne son titre au roman de 1882, est déjà évoqué dans des œuvres antérieures et le sera également dans les romans postérieurs. Ces fils d'Ariane assurent la cohésion à l'ensemble des écrits de Verne, toutes formes confondues (nouvelles, théâtre, Voyages extraordinaires, ébauches, poèmes).

Critique anachronique des idées ou stéréotypes de l'œuvre vernienne[modifier | modifier le code]

Si Jules Verne a influencé des générations de lecteurs et d'écrivains de science-fiction, son œuvre est très marquée par l'époque. Par exemple, les stéréotypes antisémites de son œuvre[89] ne seraient plus imaginables aujourd'hui. Des passages, notamment dans Hector Servadac[90], ne seraient même plus proposés à édition :

« Petit, malingre, les yeux vifs mais faux, le nez busqué, la barbiche jaunâtre, la chevelure inculte, les pieds grands, les mains longues et crochues, il offrait ce type si connu du juif allemand, reconnaissable entre tous. C’était l’usurier souple d’échine, plat de cœur, rogneur d’écus et tondeur d’œuf. L’argent devait attirer un pareil être comme l’aimant attire le fer, et, si ce Shylock fût parvenu à se faire payer de son débiteur il en eût certainement revendu la chair au détail. D’ailleurs, quoiqu’il fût juif d’origine, il se faisait mahométan dans les provinces mahométanes, lorsque son profit l’exigeait, chrétien au besoin en face d’un catholique, et il se fût fait païen pour gagner davantage. Ce juif se nommait Isac Hakhabut. »

— Hector Servadac, Chapitre XVIII

« Beaucoup de Juifs, qui ferment leurs habits de droite à gauche, comme ils écrivent, – le contraire des races aryennes. »

— Claudius Bombarnac, I

Cependant, selon l'historien Jacques Sadoul[91] : « Certes, il y a du déchet dans son œuvre immense et on ne peut que déplorer son nationalisme et son mépris des juifs ». D'autres historiens de gauche expliquent ce nationalisme de Jules Verne comme le développement d'une idéologie commune à l'époque dans la bourgeoisie[92]. Sadoul confond nationalisme et patriotisme exacerbé par la guerre de 1870, vécue par Jules Verne comme par les élites de la Troisième République naissante.

Verne a également été antidreyfusard[93]. Mais, en 1899, il approuve, malgré tout, la révision du procès :,

« Je connais les résultats de la séance d'hier à la Chambre. Moi, qui suis anti-dreyfusard dans l'âme, j'approuve, c'est ce qu'il y avait de mieux à faire sur la question de la révision. Mais je comprends de moins en moins l'attitude de notre Poincaré[94] ! »

Le personnage d'Isac Hakhabut dans Hector Servadac, principale émanation de l'antisémitisme de Verne, peut s'expliquer par quatre raisons. Tout d'abord, une très large partie de la gauche radicale était à l'époque viscéralement antisémite. Ensuite, l'auteur, admirateur de Shakespeare, a sans doute voulu introduire un Shylock dans ses Voyages extraordinaires. Les deux autres raisons sont d'ordre plus biographiques. En septembre 1875, Verne reçoit d'un certain Julius Olszewicz, employé au Ministère de l'Intérieur, juif polonais naturalisé sous le nom de Julien de Verne, une lettre dans laquelle il l'appelle son frère[95]. Malgré les démentis de l'écrivain, cette histoire a longtemps occupé la presse de l'époque, ce qui agaçait Jules Verne au plus haut point. Mais c'est surtout sa collaboration avec Dennery qui a du amener l'auteur à créer Hakhabut. En effet, l'homme de théâtre était d'origine juive[96]. Or, Verne détestait se rendre à Antibes dans la villa de son collaborateur, qui menait une vie assez dissolue aux yeux de l'écrivain. Le manuscrit d'Hector Servadac contient d'ailleurs des précisions qui ciblent sans ambigüité Dennery, mais qui ont disparu de la version publiée[97]. À la suite de protestations, il mettra en scène sept ans plus tard (1884) un juif sympathique dans L'Étoile du Sud.

Comme la grande majorité des publicistes le faisaient à l'époque, l'œuvre de Jules Verne marque quelquefois une condescendance voire un parfait mépris envers les « sauvages », ou « naturels » :

« Quelques minutes après, le Victoria s’élevait dans l’air et se dirigeait vers l’est sous l’impulsion d’un vent modéré. – En voilà un assaut ! dit Joe. – Nous t’avions cru assiégé par des indigènes. – Ce n’étaient que des singes, heureusement ! répondit le docteur. – De loin, la différence n’est pas grande, mon cher Samuel. – Ni même de près, répliqua Joe. »

— Cinq semaines en ballon, chapitre XIV

Cependant, Jean Chesneaux et Olivier Dumas, ont remarqué chacun de leur côté que : « Ce racisme de Jules Verne, son attitude méprisante, s'applique davantage aux couches dirigeantes et aux aristocraties tribales qu'aux peuples d'Afrique et d'Océanie dans leur ensemble. Ce qu'il dénonce le plus volontiers, comme typique de la « barbarie » africaine, ce sont les hécatombes rituelles à l'occasion des funérailles d'un souverain, tel le roitelet congolais dans Un capitaine de quinze ans (seconde partie, chapitre 12) ou les immolations massives de prisonniers en l'honneur de l'intronisation du nouveau roi du Dahomey auxquelles met fin Robur du haut de son aéronef (p. 142) »[98].

Et il est vrai que ce genre de remarque reste occasionnel ; on trouve davantage de personnages de couleur présentés sous un angle positif, à l'instar de Tom, Austin, Bat, Actéon et Hercule dans Un capitaine de quinze ans (« …on pouvait aisément reconnaître en eux de magnifiques échantillons de cette forte race… »). Il faut ajouter les sauvages de la Papouasie dans Vingt mille lieues sous les mers à propos desquels le capitaine Nemo, retiré d'une « civilisation » composée de Blancs s'exclame « Et d'ailleurs sont-ils pires que les autres ceux que vous appelez les sauvages ? ». Il repoussera par des charges électriques inoffensives la menace qu'ils font peser sur son équipage. Il se montrera en revanche sans pitié pour un navire européen (on saura dans L'ile mystérieuse qu'il était anglais) qui a fait périr toute sa famille. On apprendra dans L'île mystérieuse que le capitaine Némo était un Hindou -donc un Asiatique-, qui participa à la Révolte des Cipayes en 1857. Enfin le colonialisme britannique en Océanie est plusieurs fois fustigé dans Les Voyages extraordinaires : Les Enfants du capitaine Grant, La Jangada, Mistress Branican.

De plus, dans ces romans, Jules Verne prend nettement position contre l'esclavage, position qu'il a réaffirmée à plusieurs reprises, notamment à propos de la guerre de Sécession. C'est un militant de cette cause, ayant constamment applaudi à l'abolition de 1848. Dans ce domaine, il est de surcroît sans concession quant aux responsables et profiteurs de l'esclavage. Ainsi, notamment dans un Un capitaine de quinze ans, il s'en prend aux roitelets africains qui s'adonnent à de ravageuses guerres et à de fructueuses captures suivies de mises en esclavage de leurs frères de race, tournant souvent au drame, mais aussi à l'esclavage pratiqué dans les pays musulmans en rappelant :

« l’Islam est favorable à la traite. Il a fallu que l’esclave noir vînt remplacer, dans les provinces musulmanes, l’esclave blanc d’autrefois. »

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Correspondance de Jules Verne avec sa famille, Olivier Dumas, « La Manufacture », 1988.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome I, (1863-1874), éditions Slatkine, 1999.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome II, (1875-1878), éditions Slatkine, 2001.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome III, (1879-1886), éditions Slatkine, 2002.
  • Correspondance de Jules et Michel Verne et de Louis-Jules Hetzel, (1886-1896), éditions Slatkine, 2004.
  • Correspondance de Jules et Michel Verne et de Louis-Jules Hetzel, (1897-1914), éditions Slatkine, 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Mme de Lassée, fille de Roger Allotte de la Fuÿe, a pu remonter jusqu'en 1462, année où « N. Allot, Écossais, venu en France avec la Garde écossaise de Louis XI, rendit service au roi, qui l'anoblit, et lui donna « le droit de Fuye », c'est-à-dire celui d'avoir un colombier, ce qui était un privilège royal. L'archer écossais se fixa près de Loudun, construisit un château et devint Allotte, seigneur de la Fuÿe ». Cf. Jean-Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973, page 21.
  2. Marie Verne était surnommée « le chou » et avait pour parrain son frère aîné. in Cécile Compère. Revue Jules Verne 4. 1997. Page 13.
  3. Jules Verne jouait fort bien du piano. Voir Pierre Terrasse, « Les études de Jules Verne », Bulletin de la Société Jules Verne, no 37/38, pages 106-107, 1976.
  4. Dans ce séminaire, on accepte deux catégories d'élèves : les ecclésiastiques et les laïcs. Ces derniers paient le double de la somme demandée aux autres. Jules et son frère sont naturellement dans la catégorie des «laïcs». Cf. Cécile Compère, op cité. Page 15.
  5. Verne s'en souviendra plus tard lorsqu'il écrira Le Testament d'un excentrique. Il nomme également Uncle Prudent un des personnages de Robur le Conquérant. Cf. Cécile Compère: Les vacances. Revue Jules Verne 4. 1997. Page 35.
  6. Cette légende est née de la plume de Marguerite Allotte de la Füye, première biographe de Jules Verne, qui évoque cet épisode dans Jules Verne, sa vie, son œuvre en 1928, lors du centenaire de la naissance de l'écrivain, et qui a persisté dans la réédition de 1953. La biographe cite cependant des personnages qui ont existé, notamment un certain Jean-Marie Cabidoulin qui tenait le cabaret de l'Homme-qui-porte-trois-Malices, et le navire La Coralie qui appartenait effectivement à l'armateur « Le Cour Grand-Maison ». cf. M. Allotte de la Füye, pp. 21–22, Hachette, 1953.
  7. À cette époque, les étudiants provinciaux doivent se rendre obligatoirement à Paris pour passer leurs examens. Cf. Cécile Compère : Le Paris de Jules Verne. Revue Jules Verne 4. 1997. Page 41.
  8. Le Cherche-Midi éditeur a édité le roman sous ce titre, mais le manuscrit a pour titre Un prêtre en 1835.
  9. L'oncle Chateaubourg est un parent par alliance de Chateaubriand.
  10. Marie A. Belloc, dans son entretien avec Jules Verne, paru sous le titre Jules Verne at home dans le Strand Magazine en février 1895, note : « La petite pièce est dépouillée, mis à part les deux bustes de Molière et de Shakespeare... ». in Entretiens avec Jules Verne - 1873-1905, réunis par Daniel Compère et Jean-Michel Margot. Slatkine. 1998. p. 104.
  11. À ce sujet, une coquille malheureuse a été reproduite dans le volume Poésies inédites. En effet une poésie de Victor Hugo s'est mêlée à celles de Verne. Il s'agit de Romance (pages 218-219 du volume), écrite en 1825 et parue dans l'édition d'Odes et Ballades. En fait, Verne avait tout simplement recopié ce poème pour l'incorporer dans son roman noir et gothique qui est resté inachevé. Voir Olivier Dumas, « Quand Jules Verne devient Victor Hugo (et vice-versa !) », Bulletin de la Société Jules Verne, no 93, pages 9-10, 1989.
  12. Déjà, l'hypocondrie de Verne se fait jour et le suivra, plus ou moins, durant toute sa vie.
  13. Verne écrit à sa mère : « Je suis bien Allotte sous le rapport de l'estomac ». Lettre à sa mère de février 1855, Correspondance familiale, p. 372.
  14. Jacques Arago est aveugle depuis une dizaine d'années, au moment de sa rencontre avec Jules Verne. Il mourra au Brésil en 1855
  15. Le personnage de l'indien Martin Paz appartient aux grandes figures verniennes à venir et le final sera repris dans Famille-sans-nom.
  16. Cet incendie eut lieu le dimanche 18 novembre 1855.
  17. Avant la dernière guerre encore, la veuve était recluse pendant des mois, ensevelie dans le grand voile noir, puis le petit voile, enfin le demi-deuil. Il fallait respecter les usages. Note de Cécile Compère pour son article « Extrapolations autour d'un acte de mariage », Bulletin de la Société Jules Verne, no 62, 1982.
  18. C'est cet ami qui paya les frais d'impression des Pailles rompues et auquel Verne dédicacera la pièce.
  19. Le nom de Rosalie Verne, veuve Charruel, grand-tante de Jules Verne, est toujours écrit Charuel.
  20. Paris comptait à cette époque douze arrondissements. L'actuel découpage en vingt arrondissements n'entre en vigueur que le 1er janvier 1860.
  21. En 1981, il ne restait que le premier acte qui constitue le prologue. Mais, en 1990, Piero Gondolo della Riva découvre les quatre actes manquants. C'est ainsi que la pièce a pu paraître dans son intégralité dans le Théâtre inédit, édité par le Cherche-Midi en 2005.
  22. Ces pièces, cataloguées dans les Manuscrits nantais, ont paru entièrement dans le volume Théâtre inédit de Jules Verne, édité par le Cherche-Midi éditeur en 2005
  23. Mots de bienvenue prononcés par M.Vladimir Poutine aux invités du Salon du livre de Paris, 18 mars 2005

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Unesco, « Top 50 Authors of All Time » (consulté le 1 septembre 2010)
  2. Voir Revue Jules Verne n°22-23, 2005, année Jules Verne, 372 pages, bilan de tous les événements liés au centenaire de la mort de Jules Verne.
  3. William Butcher, Jules Verne, the difinitive biography Thunder's Mouth Press, 2006, p.6, décrit avec précision l'arbre généalogique des Verne en s'appuyant sur les registres d'état-civil.
  4. Fiche de Jules Verne sur Généanet
  5. a, b, c et d Nantes et Jules Verne sur Terres d’écrivains.
  6. Jules Verne, Un prêtre en 1839, Chapitre XXI, Le Cherche-Midi éditeur, 1992.
  7. Joëlle Dusseau, Jules Verne, Éditions Perrin, 2005, page 45.
  8. Cécile Compère, Jules Verne de Nantes, in Revue Jules Verne, 4, 1997, page 20. Note : Dans l'ordre universitaire, Nantes dépend alors de l'Académie de Rennes.
  9. Lettre de Jules Verne à sa mère du 6 mai 1853. Cf. Olivier Dumas, Correspondance de Jules Verne avec sa famille, La Manufacture, 1988.
  10. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne », Bulletin de la Société Jules Verne, no 28, pages 79-86, 1973.
  11. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne » 2e partie, Bulletin de la Société Jules Verne, no 29/30, pages 103-113, 1974.
  12. Lettre à sa mère du 30 juillet 1848, dite lettre du rêve, Correspondance familiale, pp. 246–251.
  13. Christian Chelebourg, « Le blanc et le noir. Amour et mort dans les « Voyages extraordinaires » », Bulletin de la Société Jules Verne, no 77, pages 22–30, 1986.
  14. Cécile Compère, Le Paris de Jules Verne, dans la Revue Jules Verne, 4, 1997, p. 42
  15. Lettre du 17 juillet 1848 à son père, Correspondance familiale, p. 242.
  16. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 26.
  17. Interview donnée par Jules Verne à Robert H. Sherard, parue in Mc Clure's Magazine en janvier 1894. Voir Entretiens avec Jules Verne, Slatkine, 1998, pp. 88–89.
  18. Lettre à sa mère du 17 mars 1849, Correspondance familiale, p. 274.
  19. Lettre à son père du 12 mars 1849, Correspondance familiale, p. 273.
  20. Cinq semaines en ballon, Chapitre XX.
  21. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, Stanké, 2000, p. 51.
  22. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 29.
  23. Le texte paraîtra plus tard chez Hetzel sous le titre Un drame au Mexique.
  24. Cécile Compère, Le Paris de Jules Verne, in Revue Jules Verne, 4, 1997.
  25. Lettre à son père du 17 janvier 1852.
  26. Lettre du 26 janvier 1851.
  27. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, Le Félin 1999.
  28. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne », II, Bulletin de la Société Jules Verne, no 29/30, 1974.
  29. Lettre à son père de fin 1854.
  30. Lettre du 19 avril 1854.
  31. Lettre du 20 novembre 1855
  32. Lettre du 23 avril 1851.
  33. Lettre du 10 décembre 1853.
  34. Lettre à sa mère du 14 décembre 1854.
  35. Lettre à sa mère du 6 mai 1854.
  36. Lettre à sa mère du 24 mai 1856.
  37. Lettre à son père du 29 mai 1856.
  38. Lettre à son père du 4 juillet 1856.
  39. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, Le Félin, 1999.
  40. Lettre à son père du 7 décembre 1856.
  41. Charles-Noël Martin, « Le mariage de Jules Verne », Bulletin de la Société Jules Verne, no 65/66, 1983.
  42. Cité par Marguerite Allotte de la Fuÿe dans sa biographie de 1928.
  43. Charles-Noël Martin, Recherches sur les maîtresses de Jules Verne, BSJV n° 56, 1980, p. 292-295
  44. a et b Roger Maudhuy, Jules Verne : La face cachée, France-Empire,‎ 2005, 291 p. (ISBN 2-7048-0990-9)
  45. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne.
  46. Lettre à son père du 15 juillet 1859.
  47. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur.
  48. Estelle Hénin est née le 12 juin 1836. Cf. Norbert Percereau, « Le secret de la « Fiancée invisible » », Bulletin de la Société Jules Verne, no 159, page 10, 2006.
  49. Simon Kra, Jules Verne, sa vie, son œuvre, 1928, pp. 188 et 243.
  50. Jean-Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973, pp. 264–285.
  51. Recherches sur la nature, les origines et le traitement de la science dans l'œuvre de Jules Verne. Thèse de doctorat, 1980, note 188.
  52. Norbert Percereau, « Le secret de la « Fiancée invisible » », Bulletin de la Société Jules Verne, no 159, pages 9–28, septembre 2006.
  53. Les 3 Picards racontent… les histoires extraordinaires de Jules Verne, Centre international Jules Verne
  54. Jean-Paul Dekiss. Jules Verne l'enchanteur.
  55. Lettre à Pierre-Jules Hetzel du 1er mars 1876, Correspondance Verne-Hetzel, tome II, Slatkine, 2001.
  56. Volker Dehs, « Correspondance Verne-Dumas fils », Bulletin de la Société Jules Verne, no 94, 1990.
  57. Piero Gondolo della Riva, « Jules Verne et l'Académie française », Bulletin de la Société Jules Verne, no 53, 1980.
  58. Marcel Destombes, « Le manuscrit de Vingt mille lieues sous les mers », Bulletin de la Société Jules Verne, no 35/36.
  59. Lettre à Hetzel du 24 mars 1877.
  60. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, pp. 179–181.
  61. De Rotterdam à Copenhague, à la suite de La Jangada. Verne a revu le texte de son frère à la demande de l'éditeur. Cf. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, page 175.
  62. Claude Lepagnez, Amiens dans les romans de Jules Verne, in Revue Jules Verne n°7, Jules Verne et la cité, CIJV 1999, p. 25-42
  63. Voyage à travers Jules Verne, page 182.
  64. Piero Gondolo della Riva, « Jules Verne, franc-maçon ? », Bulletin de la Société Jules Verne, no 171, 2009.
  65. Joëlle Dusseau, Jules Verne, Perrin, 2005.
  66. Cette photographie a paru dans le Bulletin de la Société Jules Verne 100. Elle fait partie de la collection Piero Gondolo della Riva. Le collectionneur ajoute quelques commentaires: « Il ne s'agit pas seulement du couple Verne. On reconnaît Michel Verne […]. Le personnage qui se tient debout derrière Mme Jules Verne semble être le sénateur républicain Frédéric Petit, maire d'Amiens. Cette épreuve a dû être prise entre 1886 et 1895. En effet, la canne, près de Jules Verne, indique que l'attentat contre lui a déjà eu lieu ; ensuite, Frédéric Petit mourut en avril 1895 » . Cf. Bulletin de la Société Jules Verne 100, pages 58-59, 1991.
  67. Voyage à travers Jules Verne, page 176.
  68. Norbert Percereau, « Le destin de Gaston Verne », Bulletin de la Société Jules Verne, no 155, pages 4–53, 2005.
  69. Lettre de Jules Verne à Louis-Jules Hetzel du 16 février 1887, Correspondance de Jules et Michel Verne avec Louis-Jules Hetzel, tome I, Slatkine, 2004.
  70. Marguerite Allotte de la Fuÿe, 1928, page 181.
  71. Adrien Carré, « Jules Verne et les Princes d'Orléans », Bulletin de la Société Jules Verne, no 53, 1980.
  72. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, page 295.
  73. Joëlle Dusseau, Jules Verne, page 394.
  74. Cécile Compère, « Monsieur Verne, président et présidé », Bulletin de la Société Jules Verne, no 69, 1984.
  75. Lettre à Maurice Verne du 27 août 1897, Correspondance familiale, page 488.
  76. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, l'enchanteur, page 356.
  77. Entretiens avec Jules Verne. Interview donné à Robert Sherard et paru dans T.P's. Weekly en octobre 1903. Slatkine. Pages 198-199.
  78. Amiens insolite
  79. Volker Dehs, « Jules Verne à l'Académie… d'Amiens », Bulletin de la Société Jules Verne, no 121, pages 34–39, 1997.
  80. Robert H. Sherard, Jules Verne retrouvé, in Textes oubliés, Éditions 10/18, 1979, page 387.
  81. Piero Gondolo della Riva, « Les dates de composition des derniers « Voyages extraordinaires » », Bulletin de la Société Jules Verne, 119, 1996, pp. 12–14.
  82. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, page 199.
  83. Le Faire-Part de décès de Jules Verne
  84. Un drame dans les airs, scan sur Gallica
  85. Jules Verne, Poésies inédites, Le Cherche-Midi éditeur, 1989.
  86. Franck Ferrand, « Jules Verne », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 23 janvier 2013
  87. La Science-fiction et la recherche et le développement – une biographie de Jules Verne.
  88. (en) Jules Verne – an extraordinary space traveller, publié le 10 avril 2002 sur le site de l'Agence spatiale européenne.
  89. Alain Riou, « L'antisémite », Le Nouvel Observateur,‎ 2005 (ISSN 0029-4713, lire en ligne)
  90. Hélène et Jean-Claude Péret 2006, p. 118
  91. Jacques Sadoul, Histoire de la science-fiction moderne, tome I
  92. Chazal 2002, p. 250
  93. Lucian Boia, Jules Verne - Les paradoxes d'un mythe.
  94. Lettre du 11 février 1899 à Louis-Jules Hetzel
  95. Lettre à Hetzel du 28 novembre 1875.
  96. Olivier Dumas, « Naissance et censure du Monde solaire », Bulletin de la Société Jules Verne, no 139, 2001.
  97. Christian Chelebourg, « Contre d'Ennery », Bulletin de la Société Jules Verne, no 75, 1985
  98. Jean Chesneaux, Jules Verne, un regard sur le monde, Paris, Bayard, 2001, p. 168-169

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie générale[modifier | modifier le code]

  • François Angelier
  • Lucien Boia, Jules Verne, les paradoxes d'un mythe, Les Belles Lettres, Paris, 2005, 302 p.
  • Christian Chelebourg,
    • Jules Verne, l'œil et le ventre. Une poétique du sujet, Minard Lettres Modernes, coll. « Bibliothèque des Lettres Modernes », 1999.
    • Jules Verne, la science et l'espace. Travail de la rêverie, Minard Lettres Modernes, coll. « Archives des Lettres Modernes », 2005.
  • Jean Chesneaux,
    • Une lecture politique de Jules Verne, Maspero, 1971.
    • Jules Verne, un regard sur le monde, Bayard, 2001
  • Philippe de la Cotardière (dir.), Jean-Paul Dekiss, Michel Crozon, Gabriel Gohau, Alexandre Tarrieu (aut.) Jules Verne : de la science à l'imaginaire, Larousse, Paris, 2004 (ISBN 978-2-03-505435-7)
  • Jean-Paul Dekiss,
    • Jules Verne : le rêve du progrès, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 1991.
    • Jules Verne l'enchanteur, Éditions du Félin, Paris, 1999 (ISBN 978-2-86645-311-4)
    • Jules Verne : un humain planétaire, Textuel, coll. « Passion », Paris, 2005. Lauréat du Prix Roberval, 2005. (ISBN 978-2-84597-131-8)
  • Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, 520 p. Avec la correspondance inédite de Jules Verne avec sa famille (pages 242-492)
  • Lionel Dupuy.
    • Jules Verne espérantiste ! Une langue universelle pour une œuvre atemporelle, SAT Amikaro, 2009, 98 pages.
    • Drôle de Jules Verne ! Humour, ironie et dérision dans l'œuvre de Jules Verne, La Clef d'Argent, 2008, 50 pages.
    • Jules Verne, l'homme et la terre. La mystérieuse géographie des « Voyages extraordinaires », La Clef d'Argent, 2006, 176 pages.
    • En relisant Jules Verne. Un autre regard sur les « Voyages extraordinaires », La Clef d'Argent, 2005, 176 pages.
  • Claude Faber,
    • Jules Verne : le roman de la Terre, Éditions Milan, coll. « Les essentiels Milan » no 255, 2005, 63 p. (ISBN ISBN 978-2-7459-1835-2[à vérifier : isbn invalide])
    • Jules Verne, l'Odyssée de la Terre», Magazine Géo, Hors-série no 11, mars 2004.
  • Marie-Hélène Huet, L'histoire des Voyages extraordinaires, essai sur l'œuvre de Jules Verne, Paris, Éditions Minard, collection avant-siècle, 1974, 206 pages.
  • Marc Jakubowski, Jules Verne, l'œuvre d'une vie, guide du collectionneur vernien, Le Sphinx des glaces, Lexy, 2004. Ouvrage sur les cartonnages Hetzel.
  • Michel Lamy, Jules Verne, initié et initiateur, Payot, 1984, 294 p.
  • Charles-Noël Martin,
    • Jules Verne, sa vie et son œuvre, Rencontre, Lausanne, 1971
    • La vie et l'œuvre de Jules Verne, Michel de l'Ormeraie, 1978 (édition de 1971 remaniée), Paris
  • Roger Maudhuy, Jules Verne, La face cachée, France-Empire, Paris, 2004.
  • Nadia Minerva, Jules Verne aux confins de l'utopie, L'Harmattan, 2001, 240 p.
  • Marcel More, Le très curieux Jules Verne. Le problème du père dans les « Voyages extraordinaires », avec une note de Jean Paulhan et de Patrick Mauriès, Le Promeneur, Patris, 2005, 273 p.
  • Christian Montès, Jules Verne et la géographie, Editions L'Harmattan, coll. « Géographie et cultures »,‎ 1995, 143 p. (ISBN 9782738437372, lire en ligne)
  • Hélène et Jean-Claude Péret, Le monde extraordinaire de Jules Verne, Editions Cheminements,‎ 2006 (ISBN 978-2-84478-470-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Olivier et Patrick Poivre d'Arvor, Le monde selon Jules Verne, France Loisirs, 2004.
  • François Raymond, Simone Vierne (dir), Jules Verne et les sciences humaines, colloque de Cerisy, Paris UGE, 10/18 1979 communications de Ray Bradbury, Alain Buisine, Daniel Compère, Jean Delabroy, Béatrice Didier, Olivier Dumas, Françoise Gaillard, Marie-Hélène Huet, Dominique Lacaze, Jacques Neefs, Robert Pourvoyeur, François Raymond, François Rivière, Guy Rosa, Jean-Luc Steinmetz, Simone Vierne.
  • Gilles de Robien, Jules Verne, le rêveur incompris, Michel Lafon, 2005, 303 p. (ISBN 978-2-7499-0246-3)
  • Gonzague Saint Bris, Sur les pas de Jules Verne, illustrations Stéphane Heuet, Presses de la Renaissance, 2005
  • Michel Serres,Jouvences sur Jules Verne, Les Éditions de Minuit, 1974. 291 p.
  • Michel Serres & Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, la science et l'homme contemporain, Éditions le Pommier, Paris, 2003 (ISBN 978-2-7465-0153-9)
  • Jean Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973.
  • Simone Vierne,
    • Jules Verne et le roman initiatique, Les Éditions du Sirac, 1973, 780 p.
    • Jules Verne, mythe et modernité, Presses Universitaires de France, 1989, 173 p.

Revues entièrement consacrées à Jules Verne[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de la Société Jules-Verne, première série, 13 numéros, de 1935 à 1938[1].
  • Bulletin de la Société Jules-Verne, deuxième série, 181 numéros, depuis 1966.
  • Cahiers du Centre d'études verniennes et du Musée Jules Verne, 10 numéros, de 1981 à 1996.
  • Le Jules Verne, bulletin du Centre de Documentation Jules Verne, 36 numéros de 1985 à 1996.
  • La Revue Jules Verne, revue du Centre International Jules Verne, 37 numéros, depuis 1996.
  1. Piero Gondolo della Riva, « Le Bulletin de la Société Jules-Verne », Revue Jules Verne, no 32, 2011, pages 53-54.

Bibliographie annexe[modifier | modifier le code]

  • Gérard Chazal, Interfaces : enquêtes sur les mondes intermédiaires, éditions Champ Vallon, coll. « Milieux »,‎ 2002 (ISBN 978-2-87673-351-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Jules Verne le mystérieux, film documentaire, Claudine Cerf (scenario), Micheline Paintault (réalisation), coproduction France5/SCEREN-CNDP, 2005.

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Alain Frontier, Le voyage ordinaire, Paris, éditions Cheval d’attaque, 1976.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]