Wehrmacht

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Wehrmacht
Insigne de la Wehrmacht.
Insigne de la Wehrmacht.

Période 16 mars 19358 mai 1945
Pays Allemagne
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Rôle Forces armées du Reich allemand
Effectif Minimum 4 7 millions

Maximum : 12 millions[1] personnes

Composée de Heer
Kriegsmarine
Luftwaffe
Guerres Anschluss,Guerre d'Espagne, Occupation de la Tchécoslovaquie,
Seconde Guerre mondiale
Commandant historique Adolf Hitler
Werner von Blomberg
Wilhelm Keitel
Karl Dönitz

La Wehrmacht (prononcé en allemand : [ˈveːɐ̯maxt ] (littéralement « force de défense »)) est le nom porté par l’armée allemande dans le IIIe Reich d'Adolf Hitler à partir de la réforme de 1935 et jusqu'en août 1946, quand la capitulation allemande du 7 mai 1945 dans le cadre de la Seconde Guerre mondiale est formellement reconnue. Elle est issue de la transformation de la Reichswehr, l'armée allemande créée par le traité de Versailles de 1919 consécutif à la défaite allemande dans la Première Guerre mondiale. De 1946 à 1955, il n'y a plus d'armée allemande ; elle est remplacée en Allemagne de l'Ouest par la Bundeswehr en 1955, et l'année suivante par la Nationale Volksarmee en Allemagne de l'Est.

La Wehrmacht comporte trois armes :

son service de renseignements étant assuré par l' Abwehr.

Elle est sous le commandement de l'Oberkommando der Wehrmacht (OKW), qui supervise les commandements suprêmes des trois armes. Ces derniers disposent cependant d'une large autonomie. Le premier commandant de la Wehrmacht est le maréchal[2] Werner von Blomberg, qui est destitué en 1938 par Adolf Hitler, ce dernier voulant la mainmise sur les forces armées allemandes.

Issue du réarmement illégal de l'Allemagne commencé secrètement dès les années 1920, elle apporte de nombreuses innovations tactiques, notamment dans l'emploi combiné des chars d'assaut et de l'aviation, conçu par le général Heinz Guderian. Aidée par l'industrie militaire et le savoir-faire allemands, la Wehrmacht revient rapidement au premier plan militaire. Le plan Z prévoit la construction d'une flotte pour le 3e Reich. La Luftwaffe, dirigée par le maréchal Göring connaît également un fort développement dans les années précédant la guerre.

Après avoir perfectionné ses tactiques lors de la guerre civile espagnole et avoir occupé les Sudètes et l'Autriche, l'armée allemande devient un protagoniste de la Seconde Guerre mondiale. Après une première vague de victoires en Pologne, en France et en Union soviétique, elle est contrainte d'aider son allié italien en difficulté en Yougoslavie et en Grèce. Mais le tournant vient en 1942 avec la seconde bataille d'El Alamein et Stalingrad. Par la suite, la Wehrmacht perd le contrôle de l'Afrique du Nord et de la Sicile, puis doit battre en retraite dans le vaste territoire soviétique après la gigantesque bataille de Koursk. Le débarquement allié en Normandie suivi de la bataille des Ardennes marquent la défaite à l'ouest. La bataille de Berlin marque la chute définitive de l'Allemagne nazie et la défaite de la Wehrmacht. Durant cette dernière phase de la guerre, tous les moyens ont été mis en œuvre pour tenter de retourner la situation avec notamment l'enrôlement, en plus des étrangers, des adolescents et des personnes âgées. La propagande avec notamment l'espoir de la découverte d'une arme miracle, une « Wunderwaffe », tente de maintenir en parallèle le moral de la population civile durant cette phase difficile.

L'armée allemande a pris une part importante dans la campagne d'extermination et de destructions nazies particulièrement sur le front de l'est contre les Slaves. Son action a été clarifiée durant le procès de Nuremberg. Enfin certains membres de la Wehrmacht ont joué un rôle important dans la résistance au nazisme avec notamment le complot du 20 juillet 1944.

La Wehrmacht dispose pendant la Seconde Guerre mondiale d'une réputation de grande efficacité au combat et occupe une grande partie de l'Europe. C'est la plus grande armée de l'histoire allemande[3].

Organisation[modifier | modifier le code]

Le traité de Versailles limite les forces armées terrestres allemandes à divisions d'infanterie, 3 de cavalerie et à un total de 100 000 hommes dont 4 000 officiers. Toutes les divisions ne doivent pas être groupées sous plus de corps d'armée avec leurs quartiers généraux respectifs. L'état-major allemand est dissous et ne peut se reconstituer. Les fonctionnaires militaires aux ministères de la guerre voient leur nombre limité à 300, qui de plus sont comptabilisés dans les 4 000 officiers. Par ailleurs l'article 194 interdit aux marins de la marine marchande de recevoir une quelconque formation militaire[4].

Ces dispositions doivent empêcher la reconstitution d'une force militaire allemande pouvant représenter une menace pour la paix.

Innovations dans le matériel utilisé[modifier | modifier le code]

Le matériel utilisé par la Wehrmacht est le produit d'une recherche d'avant-garde, menée en étroite collaboration avec les forces armées. Dans le cas de la Luftwaffe par exemple, le ministère de l'aviation[5] se consacre uniquement au développement et à la production des avions, avant tout militaires, mais également civils. D'un côté, Hermann Göring garde un contrôle constant sur tout ce qui vole, notamment en empêchant la marine de développer des avions en interne pour couvrir ses besoins. Elle a en effet commencé dès 1935 à concevoir des porte-avions de classe Graf Zeppelin[6]. De l'autre, Hitler surveille lui aussi l'évolution des forces armées, la stratégie d'approvisionnement, au travers du ministre Albert Speer. Sa place devient toujours plus grande, surtout après le complot du 20 juillet 1944.

Innovations tactiques[modifier | modifier le code]

Un Heinkel 111 de la légion Condor à l'aéroport de Lérida.

Les forces armées allemandes expérimentent de nouvelles tactiques militaires aussi bien sur terre que dans les airs. Sur terre la Blitzkrieg, littéralement guerre éclair, imaginée par le général Heinz Guderian, vient révolutionner l'emploi des blindés. Au lieu de servir de soutien pour l'infanterie comme c'était le cas jusqu'alors, les chars d'assaut combinés à l'infanterie mécanisée doivent être utilisés à grande échelle, formant une force de frappe à la fois rapide et destructrice. À la fin des années 1920, Guderian, alors major, est affecté à un groupe clandestin appelé Truppenamt (fonctionnaire des troupes) où il peut expérimenter ses innovations tactiques à l'aide de chars fictifs qui sont en fait des tracteurs et des camions transformés. Il met à profit ses connaissances techniques d'officier de transmissions, poste qu'il avait occupé lors de la Première Guerre mondiale, pour améliorer la vitesse des liaisons et la coopération entre un grand nombre d'unités semi-blindées sur le champ de bataille[7]. Ses théories sont expliquées dans un livre publié en 1937 : Achtung - Panzer !. Une première application concrète de ces tactiques a lieu pendant l'invasion de la Pologne en 1939. Un autre point clé de la tactique de la Wehrmacht est la coopération étroite entre forces aériennes et terrestres : les avions de support rapproché sont par exemple coordonnés par des troupes à terre. Parmi ces avions, on peut citer le célèbre bombardier en piqué Stuka[8].

Les nouvelles tactiques sont expérimentées autant que possible sur de véritables théâtres d'opération. Ainsi, aussi bien la marine que l'aviation allemande sont employées lors de la guerre civile espagnole qui éclate en 1936. La première est engagée dans le blocus maritime des côtes espagnoles, officiellement pour empêcher la contrebande des armes, dans les faits seules celles destinés aux troupes républicaines. Dans certaines circonstances, elle affronte également la Royal Navy.

Industrie militaire[modifier | modifier le code]

L'industrie militaire allemande produit le matériel pour réarmer la Wehrmacht, au départ de manière très discrète, à cause des limitations du traité de Versailles. Les premières années, le matériel terrestre et aérien est officiellement produit pour des usages civils. Quelques modifications permettent cependant d'employer ce matériel à des fins militaires. La marine de guerre se conforme également au début aux termes du traité, qui prévoyait une limite de 6 cuirassés, 6 croiseurs légers, 12 contre-torpilleurs, 12 torpilleurs et aucun sous-marin[4].

Ligne de montage du char d'assaut allemand Neubaufahrzeug. Ce char lourd à servi d'outil de propagande.

Une des principales figures industrielles allemandes est l'entrepreneur Gustav Krupp, qui dirige l'entreprise éponyme spécialisée dans la production d'acier et de munitions. Il est vu par les Alliés comme l'un des responsables de la puissance de l'Empire allemand pendant la Première Guerre mondiale, et, opposé à la République de Weimar, Krupp eut à partir de 1922 des contacts avec le général Hans von Seeckt, partisan d'un réarmement allemand ; malgré six mois de prison purgés pour avoir violé le traité de Versailles, il conclut des accords avec des usines étrangères en s'offrant à concevoir des brevets et à accorder des licences en échange d'actions. Ainsi le personnel reste actif et compétitif sur le plan technique. Même si les gouvernements étrangers évitent les collaborations, Krupp crée des holdings pour contourner le problème[9].

Une fois arrivé au pouvoir en 1933, Hitler met beaucoup de son énergie pour renforcer et se faire un allié de l'industrie allemande. Krupp, méfiant au départ, lève tous les doutes en appuyant la politique du dictateur, il se dit convaincu de la possibilité de faire renaître l'Allemagne. Il va jusqu'à collecter de l'argent pour le parti nazi et à introduire le salut nazi au sein de ses usines. En parallèle du lancement du programme de grand travaux publics, avec en tout premier lieu la construction d'un nouveau réseau routier, Hitler se rapproche également de l'industrie chimique en décembre 1933. Il passe un accord avec Carl Bosch, propriétaire d'IG Farben pour sécuriser l'approvisionnement en produits chimiques contre des allégements fiscaux. Pour favoriser l'industrie, il interdit les grèves et les syndicats[9].

Structure du commandement[modifier | modifier le code]

Hitler, Brauchitsch et Keitel durant une réunion de l'OKW en avril 1941.

La Wehrmacht naît officiellement le 16 mars 1935, remplaçant ainsi la Reichswehr. Parallèment, le troisième Reich annonce au monde entier l'abrogation des clauses du traité de Versailles contre le réarmement. Il réintroduit le service militaire obligatoire avec un effectif initial réparti en 36 divisions, dont 3 blindées.

La structure de la Wehrmacht suit la croissance du parti nazi et de sa politique expansionniste agressive en Europe. Les trois armes ne connaissent pas la même évolution : pendant que l'armée de terre, dont les officiers proviennent essentiellement de l'aristocratie allemande, conserve une organisation traditionnelle, la marine, tout comme l'aviation, nouvellement créée sous les ordres du maréchal Göring qui avait été pilote durant le premier conflit mondial, sont très proches du nazisme et de ses milices que sont les SA et SS.

Officiellement, le commandant en chef de la Wehrmacht est le chancelier du Reich en personne. L'influence des hauts officiers militaires sur les choix politiques était déjà limitée du temps de la Prusse, avec von Seekt cela va encore plus loin : une soumission aveugle est exigée. En 1938, il devient évident que des dissensions existent entre l'ancienne hiérarchie et le chancelier. D'un côté celui-ci veut restaurer la puissance armée allemande, mais d'un autre il n'appartient pas à la caste aristocratique et militaire traditionnelle. Les accords de Munich avec l'annexion des Sudètes renforcent son prestige et lui permettent d'exiger la démission de Beck, général en chef de la Heer[10].

En mars 1938, après la destitution des généraux von Blomberg et von Fritsch des suites de scandales sexuels, Hitler abolit le poste de ministre de la guerre tenu jusque là par le premier. Le chancelier assume désormais lui-même le commandement suprême de la Wehrmacht et réorganise sa structure avec à sa tête un commandement unifié nommé Oberkommando der Wehrmacht dans lequel le général Wilhelm Keitel prend le plus haut grade.

Drapeau militaire de l'Allemagne nazie à partir de 1938.

La nouvelle structure est très centralisée : au sommet on trouve donc l'OKW commandé par Hitler et un état-major aux mains de Keitel, assisté du général Alfred Jodl et du chef des opérations, le colonel Walter Warlimont[11], qui coordonne toutes les opérations militaires. Toutefois, les différentes armes que sont la Heer, la marine et la Luftwaffe disposent d'une capacité d'initiative autonome de leur haut commandement. Il existe ainsi un Oberkommando des Heeres (OKH), dirigé par le général Walther von Brauchitsch ; un Oberkommando der Marine (OKM) mené par l'amiral Erich Raeder ; et un Oberkommando der Luftwaffe (OKL) dirigé par le reichsmarschall Hermann Göring[11]. L'autonomie de l'aviation est encore plus grande que celle des autres forces à cause de l'influence de son chef, qui appartient à l'élite du parti nazi. Göring, héros de la Première Guerre mondiale aux multiples décorations et marié à une aristocrate, délègue beaucoup à ses subordonnés, en grande partie à cause de son incompétence, mais soigne tout particulièrement son image, apparaissant aux yeux du peuple allemand comme « l'ultime homme du renouveau »[12].

À partir de 1942, la Luftwaffe dispose de sa propre armée de terre constituée de nombreuses divisions d'infanterie appelée Luftwaffe Feld-Division. Elle se démontre d'une efficacité limitée au combat. Ses unités d'artillerie lourde et légère dédiées à l'antiaérien se montrent par contre très utiles dans la guerre terrestre dans les contre-attaques. Les divisions de parachutistes, Fallschirmjäger, sous contrôle exclusif de la Luftwaffe, sont quant à elles extrêmement combatives et téméraires, remportant des succès sur tous les fronts. Enfin, en 1942, une division blindée (du moins sur le papier) de parachutistes existe également : la Fallschirm-Panzer-Division Hermann Göring.

Grades[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grades de la Wehrmacht.

Les grades de la Heer et de la Kriegsmarine reprennent ceux des armées précédentes : la Reichsheer et la Reichsmarine. Les grades de la Luftwaffe sont les mêmes que ceux de l'armée de terre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Emblème du commandement en chef des forces armées allemandes de 1935 à 1938.

Les soldats de la Wehrmacht ont un haut niveau de professionnalisme. Lors de leur entrée en guerre en 1939, ils sont persuadés d'être les meilleurs soldats au monde[13]. Durant la plus grande partie de la guerre, les forces allemandes sont très combatives et agressives. Elles démontrent une claire supériorité tactique sur leurs adversaires, aussi bien sur le front Ouest qu'Est[14]. Les détachements allemands, combattant de manière très autonome et commandés par des sous-officiers, se montrent tout particulièrement flexibles et plus résistants que leurs ennemis[15]. Cependant, cette grande capacité tactique n'est pas accompagnée au niveau du haut commandement d'une véritable vision stratégique globale. Aussi bien au niveau opératif que logistique des carences apparaissent, conduisant à long terme à la défaite. L'armée manque ainsi à la fin de carburant et de matières premières[16].

Engagée durant près de 6 ans dans le conflit mondial, la Wehrmacht combat dans toute l'Europe et en Afrique du Nord remportant de nombreuses victoires et ayant une position dominante sur le continent jusqu'en 1942. La supériorité logistique et numérique des alliés, aussi bien en termes d'hommes que d'armement, ainsi que celle de leur appareil productif, tout particulièrement celui des américains, finit toutefois par transformer la guerre en une guerre de positions. L'Allemagne, dépourvue d'alliés puissants, tente de défendre avec des moyens limités la « Forteresse Europe » et de retarder au maximum la défaite sur le front occidental. Dans le même temps, elle engage pendant 4 ans la plus grande part de ses forces sur le front oriental afin de faire face à la lente mais inarrêtable avance soviétique en espérant résister jusqu'à l'arrivée de nouvelles armes secrètes ou de dissensions dans l'alliance ennemie.

Réarmement et service militaire[modifier | modifier le code]

Le traité de Versailles de 1919 limite fortement les capacités militaires de l'Allemagne. Les forces armées sont restreintes à 100 000 hommes[17], la fabrication d'artillerie lourde, de chars d'assaut, de porte-avions, de sous-marins et de gaz de combat sont interdites [9].

Le 2 août 1934, le chancelier devient chef suprême des forces armées, le serment des soldats allemands envers le Führer est imposé[9]. Le 16 mars 1935, il annonce la réintroduction du service militaire qui entre en vigueur par une loi du 21 mars suivant[18]. Le traité de Versailles a été enfreint dès le 1er mars, quand Hitler déclare vouloir constituer une force aérienne allemande, ce qui est contraire aux clauses du traité concernant la puissance militaire de l'Allemagne. Les 4 années qui suivent voient la transformation de la Reichswehr du général Hans von Seeckt en Wehrmacht d'Hitler[16]. Le premier avait, après 1919, sélectionné les jeunes officiers les plus prometteurs, qui deviennent par la suite les officiers supérieurs de la nouvelle armée. Ainsi, parmi les plus notables, Fedor von Bock, Gerd von Rundstedt, Walther von Brauchitsch, Alfred Jodl, Wilhelm Ritter von Leeb et Johannes Blaskowitz empruntent cette voie[10].

La conscription dure initialement 1 an, mais le 24 août 1936 sa durée passe à 2 ans. Avoir fait son service dans la Reichswehr, les Luftstreitkräfte ou les forces de polices avant le 1er mars 1935 ne dispense pas de la conscription. La réception d'une convocation (Kriegsbeorderung) ne signifie pas l'entrée immédiate dans les forces armées. En fait, avant d'avoir atteint leur 17 ans, les jeunes hommes doivent servir dans le Reichsarbeitsdienst, c'est-à-dire le service du travail du Reich, et ainsi contribuer à la construction d'édifices publics dans les premières années du service, puis à la construction du mur de l'Atlantique et la reconstruction d'usines endommagées par les bombardements alliés. Le service du travail enseigne également la marche au pas, les rudiments de l'art militaire et organise des compétitions sportives afin de préparer les futurs soldats à leur vie dans l'armée[19].

Les sous-officiers sont choisis parmi les hommes âgés de 27 à 35 ans, qui après avoir subi 20 semaines de formation militaire et avoir été retenus pour leurs aptitudes obtiennent la possibilité d'intégrer une école de sous-officiers à proprement parler. Une fois ces conditions remplies, ils commencent un service de 12 ans dans l'armée, comme c'était l'usage dans l'empire allemand, cette période pouvant être ensuite reconduite par intervalle de 2 ans jusqu'à un maximum de 18 ans. Cette dernière règle est abolie en octobre 1939. Les officiers doivent au contraire rester en fonction jusqu'à leur retraite, dont l'âge maximal est fixé à 65 ans, cet âge pouvant être anticipé si l'officier est reconnu inapte à accéder au grade supérieur, cela n'est cependant valable qu'en temps de paix[19].

Les hommes ayant choisi volontairement d'entrer dans les forces armées avant de réaliser leur service du travail, ou pour une durée de service militaire plus longue, ont le privilège de pouvoir choisir leurs armes (terre, marine ou aviation) ainsi que leur spécialité. Toutefois ces demandes ne sont pas toujours satisfaites. Le service du travail est par contre réduit à seulement 2 mois. Avec l'entrée en guerre la durée de 2 ans du service est suspendue et remplacée par l'obligation de servir pendant toute la durée des hostilités. Il est alors prévu qu'à la fin de celles-ci, les volontaires entrant dans l'armée avant la fin de leur deux années de service pourraient prolonger leur contrat dans l'armée soit de 4 ans et demi ou à vie avec une promotion plus avantageuse[20].

Heer[modifier | modifier le code]

L'armée de terre est pleinement frappée par les limitations du traité de Versailles décrites ci-dessus. La faiblesse de la république de Weimar combinée à l'humiliation imposée par les vainqueurs de la grande guerre mènent au putsch de Kapp en mars 1920 durant lequel le général Walther von Lüttwitz prend brièvement le pouvoir à Berlin. Dans ce climat de fortes tensions, le général Hans von Seeckt propose de réarmer. Plus fidèle à la nation qu'envers la nouvelle république, il intègre les Freikorps (secrètement à cause du traité) à l'armée et en fait grossir la taille en incorporant les vétérans de la première guerre mondiale et les nationalistes. Toutefois il considère que la vie politique et la vie militaire ne sont pas compatibles et interdit aux membres des Freikorps l'inscription dans un parti politique. Les écoles d'officiers réapparaissent sous le voile de « cours de formation et de spécialisation ». La police aussi doit servir de réserve pour l'armée[9].

Exploitant le fait que le traité n'impose pas de limite au nombre de sous-officiers, von Seeckt forme entre 40 000 sergents et caporaux à des fonctions revenant normalement à des officiers, cela l'assure de disposer d'hommes capables de coordonner des opérations militaires au cas où l'armée pourrait de nouveau s'agrandir. L'instabilité chronique de la république de Weimar, comme en témoigne le putsch de la brasserie en 1923, favorise von Seeckt qui décide d'ouvrir le dialogue avec Moscou. La Russie lui permet de construire deux écoles militaires dans le territoire soviétique gérées par le Sondergruppe, groupe spécial R, fondateur entre autres d'un bureau qui s'occupe par la suite de la construction d'usines d'armement[9].

Le licenciement de von Seeckt en 1926 est favorable au parti nazi, qui s'est fortement accru depuis les élections législatives de 1930. Le parti trouve toutefois un adversaire en la personne du nouveau commandant de la Reichswehr Kurt von Hammerstein et du ministre de la défense Wilhelm Groener, ce dernier envisageant de porter l'armée à 200 000 hommes pour freiner la progression d'Hitler et de ses SA. Nonobstant l'avis du président von Hindenburg le parlement ne vote pas la loi pour dissoudre les formations paramilitaires nazies. L'armée, alors convaincue du rôle bénéfique que peut avoir Hitler, abandonne Groener[9].

Défilé d'un détachement de l'armée de terre à Varsovie en septembre 1939.

Après la réintroduction du service militaire, Hitler tente de mitiger le traditionnel autoritarisme de l'armée prussienne et d'améliorer les conditions de la vie dans l'armée afin d'attirer les volontaires. Au début, le régime nazi rencontre quelques obstacles pour contrôler l'armée, certains officiers supérieurs ne soutenant pas la politique agressive nazie. Parmi eux on compte le général Ludwig Beck, le chef d'état-major de la Heer et le général Werner von Fritsch, commandant en chef de l'armée[21]. En 1938, un scandale contraint le ministre de la Guerre Werner von Blomberg à démissionner. Des circonstances similaires, partiellement orchestrées par Göring, écartent von Fritsch qui se présente comme un successeur potentiel[21]. L'appui du Führer devient nécessaire pour disposer d'un quelconque pouvoir réel, certains officiers étant mis au placard, leurs postes devenant purement symboliques. Grâce à ces méthodes, l'armée allemande est, durant la Seconde Guerre mondiale, au moins jusqu'à la fin de 1943, un instrument parfaitement loyal et fidèle au dictateur.

En 1939, l'armée de terre compte 98 divisions, dont 52 sont en service actif et 10 immédiatement opérationnelles. Les 36 restantes sont constituées en grande partie de vétérans de la Première Guerre mondiale et sont de fait dépourvues d'artillerie et de blindés. Au début du conflit, l'infanterie est équipée du fusil Mauser Karabiner 98k réputé pour sa fiabilité, de la mitraillette légère MG 34, du vieux pistolet mitrailleur MP18, qui va rapidement être remplacé par le MP 40, du mortier de calibre 81 mm Granatwerfer 34, d'un canon antichar 3,7 cm PaK 36, d'un canon antiaérien de 20 mm, ainsi que d'un vieux canon de 77 mm relique du dernier conflit mondial. Les unités d'artillerie sont elles équipées de l'excellent obusier 10.5 cm leichte FeldHaubitze 18 et du canon de 88 mm qui est à la fois antiaérien et antichar[17].

Le commandement suprême allemand concentre cependant surtout ses efforts sur les deux armes qui s'avèrent décisives lors de la suite des opérations : les chars et les avions. L'infatigable promoteur de la première est incontestablement le général Heinz Guderian, qui élabore avec l'approbation du Führer une théorie de guerre de mouvement, dans laquelle les chars et les avions de combats ne sont plus utilisés comme auxiliaires de l'infanterie mais de manière indépendante de celle-ci. Ils doivent former le fer de lance de l'armée allemande tout en protégeant l'infanterie qui suit avec retard le mouvement[11].

Conformément à la stratégie de Guderian, en septembre 1939, 6 divisions blindées se déploient. Elles sont dotées chacune de 288 chars d'assaut. La moitié de type Panzer I, un char léger aux dimensions réduites pesant seulement 6 tonnes et armé avec de petits calibres. Il y a également des Panzer IV, plus efficaces, au nombre de 24 par division. Le reste est constitué de Panzer II et III, pesant respectivement 9 et 16 tonnes et armés de canons de 20 mm et 37 mm[11].

Kriegsmarine[modifier | modifier le code]

Le « fleuron » de la Kriegsmarine : le cuirassé Bismarck.

La Kaiserliche Marine est elle aussi particulièrement touchée par le traité de Versailles, la Royal Navy ne voulant pas craindre de voir son prestige et sa suprématie sur les mers diminués[22]. La nouvelle Reichsmarine née en 1921, est réduite à une flotte de drageurs de mine, de remorqueurs et de vieux cuirassés. Par ailleurs le souvenir du sabordage de la flotte allemande, dite Hochseeflotte, durant la première guerre mondiale est encore vif dans la mémoire collective allemande. L'opinion publique et Hitler pensent qu'il est inutile de tenter de chercher à retrouver le prestige et la puissance passés dans ce domaine[22].

Au début octobre 1928, le vétéran de la Grande Guerre Erich Raeder devient chef de la Reichsmarine. Partisan d'un renforcement de la marine, il éprouve des difficultés à convaincre les représentants politiques de la république de Weimar, cependant l'aide de von Hindenburg permet de faire aboutir son projet de « revitalisation » de la Reichsmarine.

Les différents modèles de U-Boot, interdits par le traité, sont développés par des entreprises étrangères fictives, qui sont en fait des sociétés écrans derrière lesquelles se trouve l'industrie allemande. Cette méthode est d'ailleurs également employée par l'armée de terre et l'aviation. Ainsi la société hollandaise Ingenieurskantoor voor Scheepsbouw n'est en réalité rien d'autre que la Krupp. Ces montages sont utilisés jusqu'à la fin mars 1935, quand Hitler décide de ne plus respecter les termes du traité de Versailles. Le 21 mai de la même année la Reichsmarine, marine de l'empire, devient la Kriegsmarine, marine de guerre. La production commence véritablement, Hitler ayant abandonné ses a priori négatifs sur la marine et la considérant désormais comme un instrument indispensable à la grandeur allemande[22].

L'ambiguïté britannique à l'égard du réarmement allemand apparaît clairement quand, le 18 juin, elle signe un accord naval avec l'Allemagne dans lequel cette dernière reçoit l'autorisation de reconstruire une flotte, dont le tonnage ne doit pas dépasser 35 % de celui de la Royal Navy (45 % dans le cas des sous-marins). Ces dernières concessions sont toutes symboliques, les submersibles étant peu utilisés par la marine britannique et perçus principalement comme une arme défensive[22]. Le 29 juin 1935, le premier sous-marin allemand de type I est mis à l'eau à Kiel. La première flotte structurée autour de cette embarcation est nommée Weddingen et commandée par le capitaine de frégate Karl Dönitz, futur commandant de tous les sous-marins allemands.

Le 27 juin 1939, Hitler donne son accord définitif pour la mise en place du « plan Z », un programme de construction navale à long terme gigantesque dont l'objectif final est de mettre la Kriegsmarine quasiment à un pied d'égalité avec la Royal Navy. Ce plan commence seulement à être mis en place quand éclate la guerre ; vu les circonstances, la décision est prise d'interrompre la construction de grands navires pour se concentrer sur celle d'une vaste flotte de sous-marins, à la fois plus rapides et moins coûteux à produire[23]. Lors de l'entrée en guerre sont disponibles : les cuirassés Scharnhorst et Gneisenau ; les croiseurs lourds de classe Deutschland de 10 000 tonnes Deutschland, Admiral Scheer et Admiral Graf Spee ; le croiseur lourd Admiral Hipper, les croiseurs légers Emden, Köln, Königsberg, Leipzig, Nürnberg et Karlsruhe, 21 contre-torpilleurs, 12 vedette-torpilleurs et 57 submersibles. Les croiseurs lourds Blücher, le Prinz Eugen, le Lützow (cédé à l'URSS en 1939) et le Seydlitz sont alors encore en construction. Le dernier n'est jamais achevé[11]. S'ajoutent à toutes ces unités les cuirassés Bismarck et le Tirpitz qui sont construits entre août 1940 et février 1941 et le porte-avions, jamais achevé, Graf Zeppelin, ainsi que 150 sous-marins. Jusqu'au 1er août 1943, un total de 1 193 U-Boote entrent en service[11].

Luftwaffe[modifier | modifier le code]

Une parade aérienne en 1937.

En 1919, le traité de Versailles oblige l'Allemagne a dissoudre la Luftstreitkräfte et à démanteler tous les avions restants. Malgré tout, l'État allemand réussit à maintenir une force aérienne propre qui se renforce au fil des années par la suite. À partir de 1926, des entraînements clandestins de pilotes ont lieu à Brunswick et Rechlin entre autres, mais aussi en union soviétique grâce aux accords de coopération notamment sur la base de Lipetsk[24]. La Lufthansa et la Nationalsozialistisches Fliegerkorps aident grandement à cette formation : la première met à disposition des avions de combat comme le Junkers Ju 86 et l'Heinkel He 111 qui sont camouflés en avions de ligne ou de fret, la seconde dispose de planeur et d'ULM pour permettre aux futurs pilotes de s'aguerrir.

Le vrai démarrage de l'aviation vient cependant du gouvernement nazi après la décision d'Hitler de réarmer l'Allemagne. La Luftwaffe est fondée clandestinement en 1933 avec 4 000 personnes rattachées[25]. La production d'appareils aériens divers commence alors, ce n'est qu'en 1935 que l'existence de la force aérienne est révélée à la face du monde. Le 1er septembre 1939, la Luftwaffe dispose de 2 695 appareils : 771 chasseurs Messerschmitt Bf 109, de l'avion spécialisé dans la lutte contre les bombardiers Bf 110 et de 1 516 bombardiers Junkers Ju 87, Ju 88, Dornier Do 17 et Heinkel He 111[11]. Le commandement suprême de la Luftwaffe est occupé en 1935 par l'ancien as de l'aviation allemande et aussi ministre de l'aviation Hermann Göring, entouré de collaborateurs comme Erhard Milch, inspecteur général de la Luftwaffe, Hans Jeschonnek, responsable du ravitaillement, de la formation, des télécommunications et des avions de guerre, et d'Ernst Udet, chef du comité technique[26]. La nomination du personnel est la compétence exclusive de Göring.

La stratégie d'attaque est encore en phase expérimentale, il y a deux écoles distinctes : celle de Walther Wever, commandant de l'état-major général de l'aviation jusqu'en 1936, qui met en avant l'importance d'un bombardement stratégique réalisé par des avions quadrimoteurs ; Ernst Udet à l'inverse pense que l'aviation doit seulement être utilisée pour supporter les troupes à terre et pour contre-attaquer les appareils volants ennemis. Fort de l'expérience acquise en Espagne, où les bombardements en piqué remplissent parfaitement leur mission, et après la mort accidentelle de Wever, Udet réussit à convaincre le commandement interne de la Luftwaffe que sa ligne de pensée est celle à suivre. Les projets de construction de grands bombardiers, comme le Do 19 et le Ju 89, sont alors abandonnés.

En septembre 1939 la Luftwaffe est composée de quatre flottes aériennes (Luftflotte), basées à Stettin, Brunswick, Roth et Reichenbach. Durant la guerre, 3 autres flottes sont créées, dont la Luftflotte Reich destinée à défendre le territoire allemand[27].

Le baptême du feu[modifier | modifier le code]

Article détaillé : légion Condor.
Ruines après le bombardement de Guernica.

La guerre civile espagnole est la première occasion pour la Wehrmacht de se mesurer aux armées adverses.

Pour soutenir Francisco Franco, Hitler fait participer les militaires allemands à trois opérations de grande envergure en Espagne. La première, l'opération Feuerzauber (magie du feu) se déroule du 29 juillet au 11 octobre 1936 : mettant en action les trimoteurs Junkers Ju 52 accompagnés d'une escorte de chasseurs, elle permet le transfert de plus de 13 000 hommes des troupes espagnoles basées au Maroc vers Séville. L'escalade connaît sa seconde étape en septembre avec l'envoi des premiers combattants, de techniciens et de matériel de communication lors de l'opération Otto : 24 Panzer I entrent ainsi en Espagne, le nombre d'hommes sur place passe de 600 à 800. Enfin, Hitler donne son accord pour que la légion Condor, constituée de volontaires de la Luftwaffe, prenne part aux combats en octobre 1936. Aux côtés de l'aviation italienne et appuyée par l'Aviazione Legionaria, la légion effectue de nombreux bombardements sur les villes espagnoles, avec entre autres celui fameux de Guernica[28].

La Kriegsmarine est également mises à contribution dans la guerre : une escadrille allemande est attaquée par l'aviation républicaine le 29 mai 1937, le Deutschland perd 31 hommes et compte 101 blessés[29]. Le navire rentre alors en Allemagne pour réparation pendant que l'Admiral Scheer bombarde la ville d'Almeria en représailles[30].

Au maximum de son engagement, la Wehrmacht dénombre environ 12 000 soldats en Espagne, même si au total 19 000 hommes combattent sur place. L'Allemagne nazie apporte au total 600 avions, 200 chars d'assaut et un millier de pièces d'artillerie aux nationalistes espagnols[31].

La politique expansionniste et le rôle de la Wehrmacht[modifier | modifier le code]

Après avoir été élu chancelier du Reich, Hitler commence immédiatement à conduire une politique dans la droite ligne des théories qu'il a exposées dans Mein Kampf, c'est-à-dire l'annulation du traité de Versailles et la conquête d'un « espace vital » (Lebensraum) pour le peuple allemand. Pour cela, il fait sortir immédiatement l'Allemagne de la Société des Nations et réarme la Wehrmacht. Celle-ci est impliquée pour récupérer la Sarre en 1935 puis la Rhénanieen 1936. Après la ré-annexion de ces régions perdues en 1919, Hitler a de nouvelles envies d'expansion, pour la réalisation desquelles ses forces armées sont nécessaires.

Les accords de Munich et la marche vers le conflit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accords de Munich.

Les accords de Munich sont signés le 29 septembre 1938 par Édouard Daladier, Neville Chamberlain, Benito Mussolini et Adolf Hitler représentant respectivement la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne. Ce traité permet de régler la question des Sudètes, région habitée par des bohémiens de langue germanique, en l'annexant à l'Allemagne[32].

La propagande allemande invite les autres nations à la table des négociations pour résoudre le problème de manière diplomatique. Le document prévoit que la zone des Sudètes peut être occupée militairement par l'Allemagne du 1er au 10 octobre, en échange de quoi les Allemands renoncent à d'autres expansions territoriales futures[33].

Sudètes et Tchécoslovaquie[modifier | modifier le code]

Des troupes allemandes défilent à Chomutov après que la place a été rebaptisée « place Adolf Hitler ».

Le 1er octobre, les troupes allemandes commencent l'occupation des Sudètes. L'opération est prête dans les moindres détails depuis quelques mois déjà, preuve que l'annexion était inéluctable, avec ou sans signatures des accords de Munich[34].

Les Sudètes, qui comprennent la Bohême, la Moravie et une partie de la Silésie, apportent à l'armée allemandes de ressources minières considérables et également la puissante industrie militaire Škoda[35]. Les usines tchèques fournissent durant la guerre des chars d'assaut par milliers de genre très variés destinés pour la plupart à aller lutter sur le front soviétique. Le chasseur de chars léger de la société familiale Marder dérivé du modèle Škoda LT vz 35 peut être donné en exemple[36],[37].

Le protectorat de Bohême-Moravie accueille également des écoles militaires et centre d'entraînement allemand.

L'Anschluss[modifier | modifier le code]

L'Anschluss : une colonne allemande entre en Autriche saluée par quelques femmes.

À partir de son ascension au pouvoir en 1933, Adolf Hitler déclare vouloir rattacher l'Autriche à l'Allemagne pour en faire une province, il est supporté en cela par le parti nazi autrichien disposant d'une grande influence dans le pays.

Une première tentative est réalisée en 1935, mais le déploiement des troupes italiennes à la frontière de Brennero combiné à une haute estime de l'appareil militaire italien font reculer Hitler. La série d'accords signés en 1938 entre les deux pays, donnant le consentement tacite de l'Italie, et le changement du climat diplomatique international permettent aux troupes allemandes d'entrer sans combattre en Autriche. L'intégration des troupes autrichiennes à la Wehrmacht permet d'en augmenter la force. Le 12 mars, les militaires allemands passent la frontière, le 13 l'annexion est effective après que la croix gammée est hissée sur Vienne. Hitler fait disparaître une nation, grâce à ce Blumenkrieg (guerre des fleurs) tout en portant les limites de la Grande-Allemagne jusqu'à Brennero[38],[39].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'invasion de la Pologne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Pologne.
Soldats de la Wehrmacht forçant symboliquement le passage de la frontière polonaise.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1939, l'OKW est présidé par Wilhelm Keitel [40], l'armée est divisée en deux groupes pour envahir la Pologne : celui du Nord, dirigé par Fedor von Bock, est constitué de 18 divisions : 4 dépendantes directement du commandement du groupe d'armée, la 4e armée contient 8 divisions d'infanterie et une blindée ainsi que la garde frontalière ; la 3e armée contient elle 5 divisions, 3 brigades intégrée, dont une division motorisée : la 2e Infanterie-Division et une blindée : la 3e Panzerdivision. 3 brigades indépendantes renforcent la 3earmée. Le groupe d'armées Sud, dirigé par Gerd von Rundstedt, est constitué de 34 divisions dont 4 blindées : 1re, la 2e, la 4e et la 5e Panzerdivision, et 2 motorisée : la 13e Panzerdivision et la 29e division d'infanterie. À ces groupes d'armée vient s'ajouter le groupe Bernolak, slovaque, constitué de 3 divisions et d'un groupe mobile[41].

Ces forces terrestres sont massivement supportées par la Luftwaffe avec environ 2 000 avions, ceci étant à comparer aux 397 appareils dont dispose l'aviation polonaise[42].

La guerre maritime est par contre très limitée avec pour la Kriegsmarine comme seul fait d'armes l'assaut de la base polonaise de Westerplatte mené par l'ancien cuirassé Schleswig-Holstein. C'est pourtant la marine qui déclenche les hostilités dès 4 heures du matin en attaquant grâce à quelques contre-torpilleurs la base de Hel. La bataille de Westerplatte se termine le 7 septembre quand sa garnison se rend[43].

L'armée polonaise résiste à l'invasion pendant 36 jours, mais la Blitzkrieg allemande est imparable. Le monde entier est stupéfait par la rapidité de la victoire. Elle permet à Hitler de réduire au silence les quelques anciens officiers de l'armée qui donnent encore régulièrement des conseils de prudence. Démontrant leur capacité de déplacement et de pénétration en territoire ennemi, les Panzerdivisions, malgré quelques tentatives de contre-attaques des troupes polonaises, ont provoqué la défaite rapide de la Pologne[44]. La majeure partie de l'armée ennemie est encerclée et détruite. Après avoir vaincu la cavalerie polonaise en chemin, les panzer des généraux Heinz Guderian et Erich Hoepner avancent rapidement vers Varsovie, Vistule et Narew, où ils font la jonction avec les troupes soviétiques conformément au pacte germano-soviétique[45]. La Wehrmacht enregistre au total 16 000 pertes et 32 000 blessés en Pologne[46].

La guerre des convois[modifier | modifier le code]

Un U-Boot attaqué par les forces alliées.

À partir du 19 août, soit 12 jours avant le déclenchement des hostilités en Pologne, les cuirassés légers Deutschland et Graf von Spee ainsi que 18 U-Boote prennent position dans l'océan Atlantique, dans lequel sur l'espace de temps allant du 1er septembre 1939 au 30 mars 1940 ils envoient au fond environ 753 000 tonnes de navires ennemis. Sur la même période, 317 154 autres tonnes sont coulées dans la Manche et la mer du Nord aussi bien par les avions, que les navires ou les sous-marins allemands[11].

Ces succès initiaux ne font cependant que masquer l'impréparation de la Kriegsmarine pour affronter les forces alliés : le programme de construction naval, le « plan Z », n'a en effet été lancé officiellement qu'en juin 1939[47].

Cela est dû au fait que les autres grandes puissances navales, la Grande-Bretagne en particulier, ne sont pas préparés à une guerre. Elles ont besoin de quelques années pour refaire leur retard. Ainsi au début de la guerre beaucoup de grands bâtiments ne sont pas disponibles pour le combat[48].

Malgré son infériorité numérique, la marine allemande enregistre de grands succès en ce début de guerre. L'invasion de la Norvège marque un sommet dans ces victoires : la domination de la péninsule permet de contrôler le croisement entre la mer de Barents, l'océan Arctique et l'Atlantique[49].

Sur le pont d'un sous-marin allemand : avec sa casquette blanche, le célèbre commandant Erich Topp.

Certaines opérations sont tout d'abord conduites conjointement avec des navires de surface, par exemple le cuirassé Bismarck et Tirpitz ou le cuirassé léger Graf von Spee, le Scharnhorst et le Gneisenau, mais la supériorité des alliés en matière de tonnage conduit les allemands à se concentrer sur les U-boot. Les navires de surface obtiennent en général des résultats satisfaisants, comme le coulage du Hood. Les croiseurs auxiliaires, comme l'Atlantis, obtiennent également de grands succès. Utilisés comme navires corsaires pour affronter la flotte marchande alliée, ils coulent 140 bateaux pour un total d'environ 700 000 tonnes[50].

Après 1943, la flotte de surface reste quasiment en permanence à quais, la guerre est menée essentiellement au moyen des sous-marins. Ces derniers effectuent des opérations allant jusqu'au golfe du Mexique. Toutefois le développement de nouvelles technologies de détection pour contrer les submersibles, combiné à l'augmentation du nombre d'escortes pour protéger les convois, rendent leurs opérations moins efficaces.

À la fin de la guerre, seuls deux grands bâtiments de surface, dont le cuirassé Prinz Eugen, sont encore opérationnels, les autres ont été coulés ou se sont sabordés dans les ultimes mois de la guerre afin de bloquer l'entrée des ports[51]. En ce qui concerne les sous-marins 751 sont coulés durant la guerre[52] soit presque 80 % du total[53]. Parmi les équipages de sous-marins, qui luttent fidèlement jusqu'à la reddition finale, on compte 25 870 morts sur un total de 40 900 hommes embarqués durant la guerre. C'est le pourcentage de perte le plus élevé de toutes les forces armées en présence durant le conflit[54]. Pourtant, malgré ces pertes importantes, la flotte sous-marine présente un bilan très honorable avec la mise au fond de 2 500 bâtiments ennemis, soit plus 13 millions de tonnes, créant ainsi de grandes difficultés chez les alliés et causant notamment la préoccupation du premier ministre britannique Winston Churchill[55], entravant ou ralentissement sérieusement, du moins jusqu'en 1943, le ravitaillement américain nécessaire pour réaliser l'attaque décisive contre le troisième Reich en Europe[56].

La contribution de la Kriegsmarine ne se limite toutefois pas à la guerre maritime. Des unités terrestres ont été en effet créées pour participer aux batailles côtières. En particulier, début 1945, 6 divisions de marine, Marine-Infanterie-Division, sont formées pour combattre en tant qu'infanterie durant la phase finale du conflit[57]. La Luftwaffe participe aussi à la guerre des convois, surtout grâce à son bombardier de reconnaissance à grand rayon d'action : le Focke-Wulf Fw 200, surnommé le « fléau de l'Atlantique ».

Victoires initiales[modifier | modifier le code]

Défilé de la Wehrmacht sous l'arc de triomphe à Paris en juin 1940.

Après la victoire en Pologne et la réussite des opérations en Scandinavie, l'Allemagne repositionne le gros de ses troupes à l'Ouest pour préparer l'invasion de la France. Après quelques hésitations, marquées par l'impatience d'Hitler qui contraste avec la prudence de ses généraux[58], en mai 1940 la Wehrmacht se lance dans la grande offensive à l'ouest divisée en 3 groupes d'armée : le groupe d'armées A, commandé par Gerd von Rundstedt et constitué de 45 divisions dont 7 blindées ; le groupe d'armée B, commandé par Fedor von Bock, constitué de 29 divisions dont 3 blindées et le groupe d'armées C dirigé par Wilhelm List avec 19 divisions. Ce troisième groupe doit maintenir une position défensive sur la ligne Maginot pendant que l'offensive principale se déroule. Elle est imaginée par le général Erich von Manstein et développée par l'état-major général avec la contribution d'Hitler. Le groupe d'armée A doit faire route dans les Ardennes en direction de la Meuse avec le soutien du groupe d'armée B qui pendant ce temps doit envahir la Belgique et les Pays-Bas[59].

L'offensive occidentale allemande est un succès à la fois époustouflant et inattendu. Les Panzerdivision, commandées par des généraux compétents comme Heinz Guderian, Ewald von Kleist et Hermann Hoth, sont concentrées en masse aux points décisifs et mettent en déroute rapidement les défenses alliées. L'armée britannique entre autres est contrainte d'évacuer à Dunkerque, la résistance ennemie est à terre, la France doit abandonner la lutte et signer l'armistice acceptant ainsi l'occupation allemande[60].

À partir du 9 avril, date à laquelle les troupes allemandes commencent à envahir le Danemark et la Norvège, jusqu'au 22 juin 1940 date à laquelle la France signe l'armistice, l'armée allemande démontre sa supériorité aussi bien en termes d'organisation que tactique. Elle perd ainsi 5 650 hommes en Norvège, alors qu'en France, Belgique et Pays-Bas 27 100 soldats décèdent, 111 000 sont blessés et 18 300 sont portés disparus alors que dans le même temps elle met la main sur un butin en matière de matériel militaire très important et fait des millions de prisonniers de guerre. Hitler y gagne une grande victoire politico-stratégique, récoltant au passage une meilleure acceptation et un prestige aussi en tant que chef de guerre. Pourtant il montre pendant la campagne parfois de l'indécision et un manque de sûreté. Ces victoires renforcent également sa confiance et sa volonté expansionniste mondiale. Il est également moins contredit par les généraux de la Wehrmacht, désormais convaincus de la supériorité de leur machine de guerre et de la capacité du Führer[61].

Photomontage d'un Heinkel 111 de la Luftwaffe survolant Londres.

Après la victoire sur le front occidental, la Wehrmacht planifie un débarquement en Grande-Bretagne, alors le seul ennemi encore en état de combattre le troisième Reich. C'est l'opération Seelöwe. Hitler montre alors une certaine indécision sur les options stratégiques et politiques à prendre. Après l'échec en septembre 1940 des plans d'attaque aérienne de la Luftwaffe (Bataille d'Angleterre) organisée et dirigée de manière peu cohérente par Göring, le chancelier prend la décision d'annuler les projets de débarquement. Les troupes stationnées sur les côtes françaises sont ainsi retirées progressivement et transférées vers d'autres destinations pour mener d'autres opérations[62].

L'abandon des projets d'invasion des îles Britanniques conduit à une remise à plat complète des plans d'Hitler et de l'OKW : durant l'automne 1940 il organise les opérations pour intervenir en Roumanie, au Portugal, conquérir Gibraltar et occuper la zone libre en France. La Wehrmacht compte également soutenir son allié italien, qui est en difficulté après avoir subi une série de défaites face aux Britanniques et aux Grecs, aussi bien en mer Méditerranée, qu'en Libye, en Grèce et en Albanie[63]. En fait Hitler a dès la fin juillet pris sa décision définitive et la communique à ses collaborateurs les plus proches : après la victoire sur l'Ouest, le Führer pense la situation stabilisée en Europe et projette de lancer une grande attaque vers l'Est afin de conquérir l'« espace vital » nécessaire au peuple allemand en prenant les vastes plaines orientales aux peuples slaves qui seraient annihilés et déportés[64].

Cette offensive gigantesque contre l'Union soviétique serait déclenchée en juin 1941 et utiliserait massivement le potentiel des forces terrestres de la Wehrmacht. Son infanterie est renforcée, les troupes motorisées également, mais ce sont surtout les Panzerdivision qui voient leur nombre passer de 10 à 21 et sont équipées de chars plus puissants et plus efficaces même si ces nouveaux modèles restent minoritaires dans les divisions[65]. Durant la période nécessaire à la destruction de l'ennemi idéologico-racial oriental, la Kriegsmarine et la majeure partie de la Luftwaffe seraient affectées à la lutte contre les Britanniques pour minimiser les voies de communication et rejeter les tentatives d'attaques aériennes contre l'Europe occupée[66].

Interventions en aide à l'Italie[modifier | modifier le code]

Afin de renforcer son flan méridional en vue de l'invasion de l'Union soviétique, Hitler contraint le prince Paul de Yougoslavie, régent du royaume de Yougoslavie, à s'aligner sur les forces de l'Axe. Cependant à la fin du mois de mars 1941, ce dernier est renversé par un groupe d'officiers militaires yougoslaves favorables à la Grande-Bretagne qui proclame roi le prince Pierre Karađorđević. La riposte du chancelier allemand est immédiate et efficace : le 6 avril 1941, 20 divisions de la Wehrmacht, dont cinq de blindés, entrent en Yougoslavie et vainquent toute résistance : le 17 avril la Yougoslavie capitule. Seuls 558 soldats allemands sont tombés au combat, l'armée yougoslave est détruite, presque 345 000 hommes sont faits prisonniers[67].

Au centre de la photo le général Rommel, commandant du Deutsches Afrika Korps, discute avec son état-major pendant la campagne du désert.

Au même moment, afin de soutenir son allié italien embourbé depuis des mois dans une âpre guerre de position contre l'armée grecque soutenue par l'arrivée d'un corps militaire britannique, le 6 avril 1941 la Wehrmacht envahit la Grèce avec la 12e armée conduite par le général Wilhelm List et possédant 3 divisions blindées. C'est l'opération Marita. Une fois la résistance initiale vaincue, l'armée allemande conclut rapidement la campagne : les troupes britanniques sont contraintes à la retraite par la mer le 22 avril afin d'éviter l'annihilation. Les grecs luttent contre les italiens dans la région de l'Épire avant de capituler le 20 avril ; la capitulation totale de l'armée grecque a lieu à Salonique le 24 avril 1941[68].

La campagne se termine par la bataille de Crète, qui est conclue grâce aux parachutistes allemands le 1er juin après une violente bataille. Il s'agit de la première invasion aérotransportée de l'histoire[69].

Entretemps, le 12 février 1941, le général Erwin Rommel arrive à Tripoli pour y prendre le commandement du corps d'expédition allemand arrivé en Afrique du Nord pour soutenir les italiens qui sont en difficultés depuis la contre attaque britannique qui a conduit à la défaite les troupes du maréchal Graziani et la perte de la totalité de la région de Cyrénaïque. 2 jours après l'arrivée des premières unités de combat[70], qui devient par la suite le fameux Deutsche Afrika Korps, le général allemand lance le 13 mars une offensive contre les britanniques avec la 5e Leichtedivision (qui est arrivée progressivement et est composée d'un régiment de blindés, de 2 bataillons de reconnaissance, de trois batteries d'artillerie de campagne, d'un bataillon antiaérien, de deux bataillons mitrailleurs ainsi que quelques unités diverses[71]) et de deux divisions italiennes. Après quelques victoires brillantes qui permettent de reconquérir une grande partie de la Cyrénaïque les forces de l'axe sont arrêtées dans leur progression par les britanniques à Tobrouk. Dans les mois suivants, l'Afrika Korps est renforcé progressivement par l'arrivée de la 21e Panzerdivision, de la 164 division d'infanterie et de la 90 division légère, ainsi que de la brigade de parachutiste Ramcke, auxquels s'ajoute encore quelques troupes éparses.

L'invasion de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Opération Barbarossa.
Soldats de la Wehrmacht en action sur le front de l'Est en 1941.

Le 22 juin 1941 à 3h15 l'opération Barbarossa est lancée, c'est la plus grande invasion de l'histoire militaire : pour attaquer l'Union soviétique l'armée allemande peut s'appuyer sur 120 divisions d'infanterie, 14 divisions motorisées et 19 divisions blindées soit un total de 3 680 chars d'assaut et 3 400 000 hommes. Les troupes allemandes sont réparties en 3 groupes d'armée qui doivent opérer sur un large front ; leur objectifs sont la destruction de l'Armée rouge et la conquête de tous les territoires à l'Ouest de la ligne Volga-Arkhangelsk. Prise par surprise, et à cause de graves erreurs dans les décisions politico-militaires de Staline et de ses généraux, l'armée rouge est sur le point de connaître une défaite totale et subit des pertes énormes : les colonnes de chars allemands avancent loin dans le pays et encerclent une grande partie de la première ligne de l'armée soviétique qui est ainsi quasiment complètement détruite à Minsk, Ouman et Kiev.

En l'espace de 3 mois, l'armée rouge perd 4,3 millions de soldats[72], parmi eux quasiment 3 millions sont morts ou capturés, l'avant garde de la Wehrmacht est aux portes de Moscou. Toutefois, malgré ces grands succès, la conquête de l'Ukraine, des pays baltes, de la Biélorussie, l'armée allemande à la fin de l'été n'a réussi ni à atteindre ses objectifs stratégiques initiaux ni à mettre un terme à la résistance de l'armée dans les pays soviétiques. L'armée rouge, qui subit pourtant de nouvelles défaites, parvient durant l'automne à renforcer ses défenses et à ralentir l'avancée allemande.

La bataille de Moscou, menée dans des conditions climatiques empirant de jour en jour, conduit l'armée allemande, qui n'est pas équipée pour l'hiver, devant de graves difficultés. Elle se conclut à la fin de l'année par la première défaite importante sur le plan stratégique de la Wehrmacht. Le 5 décembre les troupes soviétiques contre-attaquent, contraignant les troupes allemandes à battre en retraite et à abandonner de grandes quantités d'équipement et de matériel. Pour la première fois durant la Seconde Guerre mondiale la campagne ne se conclut pas par une victoire allemande ; le front de l'Est reste indécis et mobilise une grande partie des forces allemandes pour le reste de la guerre. La Wehrmacht subit des pertes importantes : elles s'élèvent à la date du 31 décembre 1941 à 830 000 soldats dont 173 000 morts et 35 000 disparus[73]. Le 28 février 1942 le chiffre est de 1 005 000 hommes perdus, dont 202 000 morts et 46 000 disparus[74].

Les défaites décisives[modifier | modifier le code]

Prisonniers allemands capturés pendant la bataille de Stalingrad.

Après avoir eu des fortunes diverses en Afrique du Nord, les forces italiano-allemandes du général Rommel gagnent des batailles qui semblent décisives au printemps 1942. Elles infligent ainsi une défaite à l'armée britannique dans la bataille de Gazala et reconquiert ainsi la Cyréianide avec notamment la prise de la place forte de Tobrouk le 20 juin[75]. Les détachements blindés de l'Afrikakorps passent rapidement la frontière égyptienne[76], mais à cause de l'épuisement des ressources et des renforts chez l'ennemi, l'offensive est arrêtée à El Alamein, situé à 160 km d'Alexandrie[77].

Après la chute de Tobrouk, Rommel espère recevoir du ravitaillement, qui doit parcourir les lignes de communication terrestre (longue de 2 500 km à partir de Tripoli et de 1 000 km depuis Bengasi) après avoir terminé la dangereuse traversée de Méditerranée au niveau du détroit de Sicile, capturant au passage du matériel et de l'équipement à l'ennemi[78]. Une partie du problème de ravitaillement est à mettre à la charge de Rommel, qui décide de poursuivre subitement l'avancée en Égypte, demandant l'abandon du projet d'opération dit Herkules, prévoyant l'invasion de Malte, depuis laquelle les forces aériennes et navales britannique interceptent ou attaquent les convois de ravitaillement de l'axe [79].

Après la première et la seconde bataille d'El Alamein, les forces de l'axe doivent se retirer face à la pression qu'exerce la 8e armée britannique. Elles sont par la suite également menacées par le débarquement allié au Maroc[80].

Les forces de l'axe abandonnent ensuite à la fois Tripoli et la Libye pour retourner en Tunisie afin d'y continuer la lutte ; les divisions blindées allemandes remportent encore quelques succès importants sur le plan tactique sur les troupes américaines qui viennent d'entrer en action, par exemple bataille de Sidi Bouzid et Kasserine[81]. Le DAK devenu entre temps Panzerarmee Afrika[82] puis Deutsch-Italienische Panzerarmee[83] et Heeresgruppe Afrika[84] à la tête duquel se succède après Rommel différents généraux avant d'être incorporé au reste des troupes de l'axe en mai 1943[85].

La perte de l'Afrique du Nord et l'invasion de la Sicile par les alliés mettent les allemands dans une position difficile. Afin de faire de l'Italie un État tampon contre les forces alliées, les allemands font venir des divisions prêtes à prendre le contrôle du pays après que le gouvernement italien a signé l'armistice de Cassibile le 8 septembre 1943. L'armée allemande commandée par le Feldmarechal Albert Kesselring profite de l'indécision alliée pour améliorer le dispositif défensif italien en construisant une série de lignes de défense le long de la péninsule retardant ainsi l'avancée des alliés jusqu'en avril 1945.

Soldats allemands en discussion devant un char Tiger avant la Bataille de Koursk sur le front de l'Est, 21 juin 1943.

En 1942, la Wehrmacht fait une nouvelle tentative pour vaincre définitivement l'Union Soviétique, c'est l'opération Fall Blau. Les attaques se concentrent surtout sur le secteur méridional du front de l'Est. Le plan d'Hitler prévoit la conquête du centre industriel qu'est Stalingrad et le Caucase doté d'importante ressources pétrolières et minières. L'offensive, débutée par de francs succès, perd de son élan sans parvenir à obtenir une victoire décisive. Au contraire, les troupes allemandes doivent faire face à une forte résistance soviétique, particulièrement à Stalingrad. Elles perdent en puissance et s'exposent ainsi à la contre offensive hivernale de l'armée rouge[86]. Le 19 novembre 1942 les soviétiques lancent la grande opération Uranus qui prend en tenaille la 6e armée ennemie. Au lieu de permettre à l'armée encerclée de battre en retraite afin d'éviter la destruction, Hitler insiste pour continuer le combat sur cette position : malgré les tentatives de secours et défense héroïque des troupes nazies commandées par le général Paulus, le reste de la 6e armée est finalement contraint de rendre les armes faces à l'armée soviétique le 2 février 1943[87]. La défaite de Stalingrad signe un tournant décisif, aussi bien sur le plan militaire, que politique ou psychologique en faveur de l'armée rouge dans la guerre sur le front de l'Est[88],[89].

Passé sa déroute à Stalingrad et les défaites successives subies en janvier et février 1943 dans le sud de l'Europe par les troupes allemandes et des nations de l'axe, la Wehrmacht réussit finalement à stabiliser le front de l'Est en Mars puis réorganise ses forces durant le printemps, si bien que l'été suivant l'armée allemande dispose de 3 400 000 hommes sur le front de l'Est[90] (soit 3 quarts de l'ensemble des troupes) et 4 000 chars d'assaut. Durant cette trêve, le commandement allemand a préparé l'opération Zitadelle, l'attaque de Koursk qui doit lui permettre d'obtenir une grande victoire stratégique. L'offensive n'est pas couronnée de succès, les forces allemandes subissent de lourdes pertes sans résultat probant[91]. La bataille de Koursk et les combats qui suivent dans la région de Kharkiv et Orel, affaiblissent fortement les divisions blindées allemandes : plus de 1 000 chars d'assaut sont détruits dans les mois de juillet et août 1943. Après la défaite de Koursk, les Allemands perdent définitivement l'initiative stratégique sur le front oriental et sont contraints de se maintenir constamment sur la défensive face à l'offensive continue de l'armée rouge[92].

Contre offensive alliée[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Bataille de Normandie et Opération Bagration.
Place centrale de la ville de Falaise, en Normandie, le 16 août 1944.

À partir de la seconde moitié de 1943, la situation de l'Allemagne s'aggrave également dans l'espace aérien européen. Le Bomber Command britannique et la toujours plus présente United States Army Air Forces augmentent continuellement leurs bombardements stratégiques sur les régions occupées et surtout sur le Reich lui-même. Les villes s'y trouvant sont dévastées et l'industrie est considérablement affaiblie. Malgré les efforts pour renforcer la défense, la puissance aérienne grâce à des avions toujours plus modernes et l'engagement sans faille des pilotes allemands, les chasseurs diurnes et nocturnes de la Luftwaffe toujours en infériorité aussi bien numérique que technique mais aussi à cause d'erreurs dans la stratégie et la planification de Göring et de ses généraux, ne sont pas en mesure d'arrêter la destruction des villes allemandes et les pertes civiles conséquentes qui l'accompagnent[93].

Après la défaite de la France pendant l'été 1940, l'abandon des plans allemands de débarquement en Angleterre et la décision d'Hitler d'attaquer l'Union Soviétique avec la majorité des forces de la Wehrmacht, l'armée allemande assure surtout un rôle défensif en Europe occidentale. Initialement la France est principalement un territoire permettant de réorganiser les divisions qui reviennent du front de l'Est, cependant à partir de l'automne 1943 l'OKW commence à prendre des mesures défensives, comme la construction du mur de l'Atlantique, pour contrer une invasion venant des forces anglo-saxonnes[94].

Les forces allemandes, en nombre limités, sont surprises le 6 juin 1944 par le débarquement de Normandie, le commandement allemand s'attend plutôt à une invasion dans la région du Pas-de-Calais. Malgré l'écrasante supériorité ennemie, aussi bien en moyen qu'en nombre d'hommes, Hitler impose à ses troupes de résister sur les lieux du débarquement. Ainsi pendant deux mois l'armée allemande se bat pour tenter d'éviter la défaite sur le front de l'invasion. En août, l'attaque d'Avranches et le désastre de Falaise provoquent la défaite totale de la Wehrmacht, mettant en lumière une fois encore le manque de réalisme des ordres du Führer. Les forces allemandes restantes doivent alors se replier précipitamment vers les frontières allemandes durant l'automne 1944, abandonnant ainsi une grande part des territoires occupés. Dans la manœuvre la Wehrmacht perd beaucoup d'hommes et de moyens[95].

La majeure partie des forces allemandes reste engagée sur le front Est, où durant l'hiver 1943-1944 elle doit combattre dans toute une série de batailles sanglantes qui se conclut par 9 débâcles, la perte de la totalité de l'Ukraine et de la Crimée, et le repli aux frontières roumaines. Pendant l'été 1944, au moment du débarquement allié, l'armée rouge commence la grande offensive qui doit provoquer la défaite du groupe d'armées Centre, la libération de la Biélorussie, la conquête des Pays Baltes et d'atteindre les limites de la Prusse orientale, c'est l'opération Bagration. La situation allemande se dégrade également dans les Balkans : les soviétiques envahissent la Roumanie, qui quitte rapidement le camp allemand, et la Bulgarie. L'armée allemande doit également abandonner la Grèce et la Yougoslavie afin de se replier en Hongrie où elle organise sa défense devant la ville de Budapest. La Wehrmacht perd quasiment un million d'hommes sur le front oriental durant la seconde moitié de l'année 1944, elle réussit cependant à stabiliser momentanément le front sur la Vistule et la Narew[96].

L'effondrement et la défaite finale[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1944, le front occidental est également stabilisé, l'ultime plan d'offensive allemande est élaboré pour le front Ouest : la bataille des Ardennes. Après quelques succès, l'opération se solde par un échec, les troupes allemandes doivent se replier derrière le Rhin. L'absence de supériorité aérienne et le manque de tout matériel nécessaire à la poursuite de la guerre rend la défaite inéluctable[97]. Le 7 mars 1945 les troupes américaines passent le Rhin à Remagen, dans les semaines suivantes les forces alliées se répandent dans tout l'Ouest de l'Allemagne. Elles doivent lutter contre une résistance toujours plus faible des troupes restantes de la Wehrmacht. En avril les Américains atteignent l'Elbe, où, ayant reçu des ordres, ils arrêtent leur progression pendant que d'autres troupes occupent Hambourg, Nuremberg et Munich[98].

Le 12 janvier 1945 l'armée rouge lance son ultime offensive hivernale sur le front de l'Est ; les forces de la Wehrmacht, en grave infériorité aussi bien en termes de moyens que d'hommes, subissent une lourde défaite sur les rives de la Vistule et doivent se replier vers l'Oder où elles reconstituent mi-février un front stable pour couper la route de Berlin. En Prusse orientale, Poméranie et en Silésie les soldats allemands combattent avec acharnement jusqu'en avril pour défendre ces régions appartenant historiquement au Reich et pour protéger la population. Les navires de la Kriegsmarine interviennent alors de manière efficace, contribuant avec leur puissance de feu à la défense et permettant l'évacuation de centaines de milliers de soldats et de civils avant l'arrivée des troupes soviétiques. Königsberg tombe le 9 avril[99].

À partir de février, la Wehrmacht transfère la plus grande partie de ses effectifs sur le front de l'Est afin d'y mener l'ultime bataille : la défense de la capitale du Reich et d'empêcher l'invasion de l'Allemagne par l'armée rouge. La bataille de Berlin commence le 16 avril, le 13 déjà les soviétiques occupent Vienne après avoir repoussé une dernière contre-attaque des Panzerdivision en mars en Hongrie. Après avoir perdu énormément d'hommes, la capitale est finalement encerclée et conquise après de longs combats urbains. Hitler, cloitré dans le bunker de la chancellerie, se donne la mort le 30 avril. Le 2 mai 1945 l'armée soviétique prend définitivement le contrôle de la ville[100].

Dans les premiers mois de l'année 1945, le moral des unités combattantes devient une préoccupation importante des cadres du régime. Ses responsables mènent parallèlement deux types d'actions pour y faire face : le renforcement de la terreur d'une part, et l'intensification de campagnes de propagande de l'autre. Au mois de mars 1945, Goebbels, appuyé par Bormann, tentent de développer des argumentaires à destination des unités engagées sur les fronts occidentaux, argumentaire diffusé par des orateurs du parti attachés auprès d'unités combattantes. Sont ainsi mises en avant les réserves dont dispose le Reich dans le conflit en hommes et en matériel, les armes nouvelles ou encore la nécessité pour les troupes occidentales de se déployer sur de vastes superficies. Cependant, le déploiement de la propagande, par le biais de cette « action orateurs », suscite de très nombreuses réserves aussi bien des soldats que des civils : le journal d'un officier subalterne en poste dans une unité engagée sur le front de l'Ouest, mais plus encore les rapports parvenant au ministère de Goebbels attestent de l'inefficacité relative du déploiement de cette propagande au sein des unités combattantes. Sur le front de l'Est, le moral n'est guère meilleur, les désertions et les pillages semblent devenus fréquents, malgré les contrôles exercés encore par le parti et ses organisations. Dans ce contexte, les troupes engagées à l'Ouest sont témoins des efforts de la populations civile pour tenter de mettre fin à la guerre le plus vite possible[101] .

Dans le même temps, le Reich compte en son sein de nombreux soldats débandés que la police militaire tente par tous les moyens de repérer et de renvoyer sur le front, y compris dans les circonstances les plus dramatiques comme sur les quais bondés de la gare de Breslau peu de temps avant que la liaison ferroviaire avec les régions du Reich encore contrôlés par les troupes allemandes ne soit définitivement rompue. Ces 600 000 soldats débandés (selon les chiffres de Martin Bormann) sont l'objet du ressentiment des dirigeants nazis qui, comme Himmler, appellent les Allemands à se montrer intraitables envers eux. Comme commandant du groupe d'armées Vistule, il ordonne de faire exécuter les soldats battant en retraite, et le 12 février, sur le modèle de celui en vigueur dans le Groupe d'armées Centre, il édicte un ordre concernant ces soldats débandés : ceux qui ne solliciteraient pas leur retour au sein d'une unité constituée seraient susceptibles de passer devant une cour martiale[102]. Au cours des mois de février et de mars, des actions sont ordonnées dans l'ensemble des territoires du Reich non encore envahi par les Alliés pour tenter d'endiguer ses désertions ; un coup de filet général est envisagé mais, devant les problèmes suscités par son organisation, cette idée est rapidement abandonnée. Il ne reste donc que la terreur et les exécutions sommaires, légalisées sur le front Ouest à partir du 15 mars 1945, rendues publiques à grand renfort de dramaturgie et de publicité dès les premières exécutions, le jour même. Dans l'ensemble, les déserteurs sont exécutés avec la même diligence aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest[103].

Dans ce contexte de débandade, marqué par la psychose née de la répression de l'attentat du 20 juillet, les plus fanatisés des officiers généraux allemands motivent leurs troupes par des pendaisons et des traitements infamants, et leurs officiers par des menaces à peine voilées, comme Schörner à l'encontre de certains de ses officiers[104].

La capitulation[modifier | modifier le code]

Reims, siège du quartier général du SHAEF: le général Alfred Jodl signe le 7 mai 1945 la reddition générale sans condition de la Wehrmacht.

Après le suicide d'Hitler, les pouvoirs reviennent à l'amiral Karl Dönitz, son successeur désigné depuis la mise à l'écard de Göring qui avait tenté d'ouvrir des tractations avec les alliés. Le 7 mai à Reims à h 41, dans le quartier général du commandement allié, dirigé par le général Dwight David Eisenhower, le général Jodl signe la reddition sans condition de toutes les forces allemandes[105]. Elle doit prendre effet à 23 h 01 le 8 mai 1945, même si toutes actions militaires cessent immédiatement lors de la signature[106].

Le jour suivant, le 8 à Karlshorst toujours à Berlin, le Feldmarschall Keitel signe une seconde reddition générale au quartier général soviétique dirigé par le maréchal Gueorgui Joukov, le tout en présence des représentants des alliés occidentaux[107]. Auparavant, les troupes allemandes engagées sur le front italien avaient déjà rendu les armes le 29 avril, bientôt imitées par les armées combattant dans le sud de l'Allemagne le 3 mai[108].

Les dernières troupes de la Wehrmacht à se rendre, sont tout d'abord quelques noyaux isolés de la 16e et la 18e armée sur les côtes de la mer baltique, précisément dans le Kurzeme. Ils sont arrêtés par les soviétiques le 9 mai. Les troupes du groupe d'armée centre menées par le Generalfeldmarschall Ferdinand Schörner continuent elles à se battre en Bohême et en Saxe jusqu'au 11 mai, date à laquelle elles se rendent aux forces soviétiques du 1er front ukrainien dirigées par le maréchal Ivan Konev[109].

Dans les derniers jours de la guerre, de nombreuses unités allemandes cherchent à rejoindre le territoire contrôlé par les anglo-saxons pour éviter d'avoir à se rendre à l'armée rouge. Malgré tout 480 000 soldats de la Wehrmacht sont capturés par les soviétiques durant la bataille de Berlin, 600 000 en Bohême et 200 000 en Kurzeme[110]. Environ 1 million sont fait prisonniers par les alliés en Italie[111].

L'après guerre[modifier | modifier le code]

Après la capitulation inconditionnelle et la fin du troisième Reich, l'Allemagne se voit interdire la formation d'une armée indépendante dotée d'armements modernes. Le 20 août 1946, la loi 34 de la constitution allemande officialise la dissolution de la Wehrmacht[112]. Il a fallu 10 ans pour que les tensions nées de la guerre froide poussent les république fédérale et démocratique d'Allemagne a créer de nouveau des armées. Celle de l'Allemagne de l'Ouest est officiellement créée le 5 mai 1955 sous le nom de Bundeswehr, l'armée fédérale. Dans l'Allemagne de l'Est, en réponse, crée la sienne le 1er mars 1957 : la Nationale Volksarmee : l'armée nationale du peuple. Chacune de ces nouvelles armées profitent à leur création de l'expérience et de l'engagement actif d'anciens officiers de la Wehrmacht.

Crimes de guerre et rôle de la Wehrmacht dans la guerre d'annihilation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Crimes de guerre de la Wehrmacht.

De nombreux historiens se sont penchés avec attention sur le rôle de la Wehrmacht dans les crimes allemands durant la Seconde Guerre mondiale, et surtout dans la guerre d'extermination et d'annihilation sur le front de l'Est. Surmontant la vision simpliste qui attribue les atrocités de la guerre aux seuls SS et à l'appareil policier allemand, ces historiens ont mis en évidence la part active qu'a pris l'armée allemande, aussi bien son commandement que les groupes de combats sur le terrain, à la politique d'annihilation, de destruction et de répression durant la guerre[113].

Guerre d'annihilation à l'Est[modifier | modifier le code]

Dès la campagne de Pologne, suivant les directives d'Hitler, la Wehrmacht se comporte avec une grande brutalité et agressivité vis-à-vis des soldats et des civils polonais. Même si elle ne participe pas directement aux opérations de dévastation et d'annihilation conduites principalement par la SS, les soldats allemands réagissent à la résistance acharnée des polonais par des exécutions sommaires. Environ 3 000 soldats périssent ainsi. En outre, les troupes allemandes écrasent de manière sanglante toutes manifestations d'hostilité ou d'insubordination de la part de la population : environ 7 000 polonais perdent ainsi la vie. Le commandement de la Wehrmacht ne freine pas ces excès et ne s'oppose pas aux consignes du chancelier, à l'exception du général Blaskowitz qui proteste formellement, en vain. Sur le front occidental en 1940, seuls les Waffen SS effectuent sporadiquement quelques représailles et exécutions contre les prisonniers alliés, les membres de l'armée gardant un comportement dans l'ensemble correct[114].

Ce n'est que lors de l'invasion de l'Union Soviétique que la Wehrmacht se met à participer de manière active et directe à l'annihilation. Ceci conformément aux consignes du Führer, qui veut fondamentalement anéantir la race slave, en finir avec le communisme et l'hébraïsme, notamment par la déportation, ainsi que coloniser les terres de l'Est. Le décret d'Hitler du 13 mai 1941 sur la juridiction prévoit que chaque soldat allemand peut librement commettre des actions d'une brutalité extrême contre l'ennemi (ainsi que contre la population civile en cas de résistance) sans craindre de poursuites disciplinaires ou judiciaires. Celui du 6 juin concernant les commissaires politiques ordonne d'exécuter sommairement tout commissaire de l'armée rouge capturé. Ces deux décrets forment les deux piliers de la conduite des troupes allemandes durant la guerre sur le front oriental[115].

Russes en habit civil, capturés par des soldats allemands dans les premiers jours de l'opération Barbarossa.

Ces décrets entrent en vigueur le 22 juin. Les soldats de la Wehrmacht engagés dans une lutte acharnée au milieu de territoires inhospitaliers, exposés à la mort et à la violence des soldats soviétiques, se montrent eux aussi très durs envers l'ennemi. Pendant que les membres des Einsatzgruppen se chargent de l'extermination des populations juives et des membres du parti communiste, les soldats de la Wehrmacht exécutent scrupuleusement l'ordre de fusiller tous les commissaires politiques. Ainsi environ 80 % des divisions allemandes participent aux exécutions et 7 000 à 8 000 hommes sont abattus. De plus, la Wehrmacht utilise des méthodes brutales contre les millions de prisonniers soviétiques capturés : les soldats ennemis sont rassemblés dans des camps à ciel ouvert et laissés sans alimentation, environ 2 millions et demi meurent la première année, parmi 845 000 dans des camps administrés directement par la Wehrmacht et situé à proximité immédiate du front[116].

Le rôle de l'armée allemande dans l'extermination des juifs est plus limité : 20 000 personnes sont directement exécutées par les soldats allemands, principalement des secondes lignes et des formations dévouées à la sécurité à l'arrière du front. L'armée collabore dans l'ensemble sans montrer de résistance, la collaboration est serrée avec l'appareil nazi chargé du rassemblement, de la déportation et de l'annihilation de la population juive de l'est. De nombreux soldats allemands, et en particuliers le commandement sur le terrain, sont au courant des atrocités commises. Certains officiers supérieurs, comme les généraux von Reichenau, Hoepner et von Manstein le sont également, et approuvent même avec conviction les dispositions antisémites et demandent d'avoir la plus grande fermeté contre le péril « judéo-bolchévique »[117].

Village en flammes en Union soviétique.

La Wehrmacht joue par contre un rôle central dans les opérations dites de « pacification » et dans les dévastations commises sur le sol soviétique, notamment lors de la retraite allemande dans les dernières années de la guerre. Alors qu'au départ la résistance n'est pas très dangereuse pour les envahisseurs, les attaques de partisans s'intensifient à partir de l'automne 1941 dans les territoires occupés. À partir de juillet, Hitler donne l'ordre de faire une répression très dure contre la population civile, afin d'éradiquer toute opposition contre la domination allemande. Les méthodes de répression adoptées par l'armée allemande, et promues par l'ensemble des généraux (à quelques exceptions comme Rudolf Schmidt), qui donnent une série de directives draconiennes à leurs troupes, comportaient entre autres l'exécution sommaire, la destruction de village, des biens et les représailles contre les civils[118]. Les opérations contre les partisans deviennent plus nombreuses à partir de 1942, avec une implication forte des forces de première ligne de la Wehrmacht. De « grandes expéditions » et des « zones mortes », territoires dans lequel l'ensemble de la population est déportée laissant la voie libre aux opération militaires, sont organisées. La guerre contre les partisans coûte la vie à 500 000 citoyens soviétiques, en grande majorité de la population civile, exécutés par représailles. Hitler publie une directive pour la « répression du banditisme » le 16 décembre 1942, dans laquelle il demande d'utiliser tous les moyens à disposition, y compris contre les femmes et les enfants[119].

Le comportement de la Wehrmacht dans les territoires occupés de l'est est caractérisé par un complexe de supériorité raciale, l'absence de scrupule moral et une logique de violence totale. Les régions orientales se voient privées de ressources économiques afin de satisfaire les exigences de l'armée allemande, et ce sans aucun égard vis-à-vis de la population civile. Cette dernière est de plus embauchée pour effectuer des travaux forcés, cela concerne environ 600 000 personnes ; ou déportée en Allemagne pour y être utilisée comme main d'œuvre dans l'industrie militaire allemande, cela concerne environ 2,8 millions de personnes. À partir de 1943, la Wehrmacht met en application de manière totale la technique dite de la terre brulée : les villes et villages sont détruits ou incendiés, les ressources agricoles et industrielles dévastées, les populations sont contraintes de fuir vers l'ouest[120]. Le nombre de soldats allemands ayant pris part à ces crimes est sujet à débat : Hannes Heer estime leur nombre à 60 voire 80 % des soldats allemands, soit entre 6 et 8 millions d'hommes, alors que Rolf-Dietrich Müller au contraire évalue ce chiffre à seulement 5 % soit 500 000 soldats[121].

Représailles et répression sur les autres fronts[modifier | modifier le code]

Dans les Balkans après une première phase calme, l'armée allemande réagit violemment à la résistance qui se met en place. Elle utilise des méthodes brutales, qui sont codifiées dans la directive sur les « otages » du 16 septembre 1941 de l'OKW qui prévoit que 100 otages doivent être exécutés pour chaque soldat mort tombé, et 50 pour chaque blessé. Les premiers massacres ont lieu en octobre 1941 à Kraljevo et Kragujevac en riposte à des attaques de l'armée yougoslave de la patrie. Jusqu'à la fin de la guerre la Wehrmacht continue la répression contre les partisans yougoslaves, elle saccage le pays, faisant au passage 350 000 victimes, parmi eux environ un tiers sont des civils qui n'ont rien à voir avec la lutte armée[122]. En Grèce, la Wehrmacht se montre également très dure et répond violemment aux activités de la résistance locale, abattant sans distinction civils et résistants, environ 21 000 personnes trouvent la mort durant ces représailles[123].

Sur les autres fronts aussi, à part peut-être le front africain, des crimes sont commis par les soldats allemands et ce, contre les prisonniers de guerre, les militaires ou les civils, tout spécialement à la fin de la guerre. Toutefois l'ampleur de ces crimes est très inférieure à ceux commis sur le front de l'est et dans les Balkans. Cela est dû au fait que la résistance rencontrée est moins forte, à la dureté de la période d'occupation et à la perception idéologico-raciale qu'ont les soldats allemands de leurs ennemis. En Italie, l'armée allemande agit avec beaucoup de violence après le 8 septembre 1943, les préjugés raciaux envers l'ex-allié et l'impression de s'être fait trahir explique en grande partie cela[124]. Durant l'opération Achse, la Wehrmacht désarme rapidement l'armée italienne et commet de nombreuses atrocités : le massacre de Céphalonie, de Cos, de Trilj par exemple. Dans ces massacres 6 800 militaires, dont 5 000 dans la seule Céphalonie, trouvent la mort. Par ailleurs, pendant l'occupation de l'Italie du centre et du sud, la Wehrmacht utilise les méthodes les plus radicales contre les résistants et les habitants présents dans les zones où la résistance. Selon Knopp plus de 10 000 civils sont victime des représailles effectuées par certains détachements allemands, qui suivent en cela les directives du commandement supérieur en menant des opérations de « guerre contre les bandes »[125].

En France, la période de l'occupation, même si elle n'est pas accompagnée d'une politique d'annihilation, donne lieu à de nombreux crimes de guerre. L'armée allemande exécute environ 20 000 résistants français, dont 6 000 à 7 000 civils. Elle participe également activement à la déportation de 75 000 Juifs français vers les camps d'extermination[126].

Le procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès de Nuremberg.

Le procès de Nuremberg vient faire l'inventaire des crimes commis pendant la guerre par le troisième Reich. La direction militaire allemande y est également jugée. Le verdict délivre de nombreuses condamnations à mort, tout comme de longues peines de prisons, certaines à perpétuité.

La guerre totale[modifier | modifier le code]

Le rôle de la propagande[modifier | modifier le code]

La propagande présente la Wehrmacht à la population allemande selon divers axes. Elle doit servir à maintenir un haut niveau d'implication de la population, préserver sa volonté de combattre, lui insuffler l'esprit de sacrifice nécessaire à la poursuite de la guerre et par dessus tout empêcher le découragement face à l'évidence de la supériorité ennemie. Ceux-ci envahissant l'Allemagne et bombardant impunément les villes allemandes. Un autre objectif de la propagande est de tromper l'adversaire sur les véritables plans militaires de l'Allemagne[127].

La propagande allemande prend un virage le 18 février 1943 lors du discours du ministre Joseph Goebbels au palais des sports de Berlin. Décidé à galvaniser le moral des allemands et leur esprit de combat au lendemain de la terrible défaite de Stalingrad, il exalte les capacités militaires de la Wehrmacht, décrit en utilisant des termes apocalyptiques les conséquences d'une défaite de l'Allemagne et appelle à mener une « guerre totale »[128]. Toutes les ressources humaines et matérielles du troisième Reich et des territoires occupés doivent être mobilisées pour soutenir la Wehrmacht et obtenir à tout prix la « victoire finale » contre l'alliance « contre nature » entre l'Union soviétique communiste et les forces capitalistes anglo-saxonnes.

Les enrôlés et les unités étrangères[modifier | modifier le code]

Article connexe : Division Charlemagne.

Le système de recrutement et de recrutement allemand est organisé de manière régionale durant la Seconde Guerre mondiale. Avant l'Anschluss les districts militaires sont au nombre de 13 (numéroté de I à XIII), après de 15 (XVII et XVIII) puis il passe enfin à 17 (XX et XXI) après l'invasion de la Pologne. Chaque district est compétent pour recruter et former les citoyens sur son territoire et quasiment toutes les divisions recrutent leurs troupes dans le district où elles stationnent. Les exceptions sont les divisions de la Luftwaffe, des Waffen SS et la division Grossdeutschland. Les divisions ont donc un caractère régional fort, sachant que si un soldat vient à être muté le commandement essaye de l'affecter à une autre division de son district. Les fusions entre divisions sur le front et les unités de reconnaissance et de montagne échappent toutefois à la règle[129].

Les corps d'armée créés dans les pays occupés par la Wehrmacht sont au départ placés sous le contrôle de l'armée, puis plus tard la plupart deviennent rattachés au commandement SS. Ces unités de volontaires (Freiwilligen) organisées en kampfgruppe, brigades et divisions font partie des Waffen SS.

Conscription d'adolescents et de personnes âgées[modifier | modifier le code]

Les vétérans sont également réquisitionnés pour défendre le troisième Reich.

Les unités engagés sur le front perdent énormément d'hommes. Pour combler les vides laissés dans leurs rangs, elles font appel à la fin de la guerre aux membres de l'organisation des jeunesses nazis, la Hitlerjugend et aux vétérans, qui normalement ne sont pas enrôlés. Les troupes sont armées et formées de manière approximative. Elles forment le Volkssturm, la milice populaire.

L'idée de créer un Volkssturm date de 1935, mais n'est mise en pratique qu'en 1944, quand Martin Bormann, sous les ordres directs d'Hitler, recrute environ 6 millions d'Allemands pour former la milice.

L'unité de base de la milice populaire est un bataillon de 642 hommes, rassemblant des membres des jeunesses hitlériennes, d'anciens, d'invalides et d'autres personnes réformées par le règlement standard du service militaire.

Dans les derniers mois du conflit le Volkssturm passe sous les ordres du docteur Joseph Goebbels et est engagé dans la bataille de Berlin[130].

Les Wunderwaffen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wunderwaffen.
Décollage d'un missile balistique V2 : l'un des symboles de l'avance technologique allemande.

La propagande allemande dirigée par Goebbels utilise à la fin de la guerre le concept de Wunderwaffen, littéralement armes miraculeuses. Elles sont censées, selon la propagande, changer de manière radicale le cours du conflit, qui tourne clairement à l'avantage des Alliés. La recherche et le développement technologique qui accompagne ce projet sont fortement repris par les Alliés après la guerre et concrétisé lors de la guerre froide.

La plupart de ces armes restent en effet au stade de projet, comme les armes de représailles, dérivées du V2 par exemple, ou le programme nucléaire allemand, soit au stade de prototype comme le Panzer VIII. Les missiles allemands obligent les Alliés à réagir en constituant de nouvelles forces, à la fois aériennes et terrestres, pour contrer et éliminer la menace pour la population civile, qui est surtout efficace sur le plan psychologique.

Pertes[modifier | modifier le code]

Les pertes totales subies par la Wehrmacht s'élèvent à 13 448 000 soldats[131], parmi lesquels presque 5 millions sont décédés[3]. Ces chiffres sont à comparer aux approximativement 17 000 000 hommes ayant servi en son sein entre 1939 et 1945[132]. Sur le seul front de l'Est, les pertes sont estimées à 11 135 000 hommes, dont 3 888 000 morts en action[131] et 374 000 morts emprisonnés[133].

Rôle de la Wehrmacht dans la résistance contre le nazisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Complot du 20 juillet 1944.

Face à la dictature nazie, seule la Wehrmacht semble disposer de la puissance et de l'autorité nécessaires pour s'opposer au régime et le freiner dans sa radicalisation[134]. Toutefois, au sein des forces armées allemandes, que ce soit au niveau du commandement ou des troupes, il y a une forte adhésion aux thèses développées par les nazis: supériorité raciale, pangermanisme, lutte contre le complot judéo-bolchévique. Ils adhèrent donc majoritairement aux projets d'Hitler et combattent avec efficacité et discipline lors de la longue et sanglante guerre[135]. Dès la fin des années 1930 cependant, doutant des objectifs finaux que poursuit le régime et du danger impliqué par sa politique agressive, quelques officiers tentent de le freiner et de le renverser.

Le colonel von Stauffenberg, principal organisateur de la résistance contre Hitler et le nazisme, et principal exécutant de l'attentat du 20 juillet 1944.

Les premières tentatives de blocage des projets expansionnistes du chancelier sont organisées par quelques généraux venant de prendre connaissance des plans du Führer à la réunion du 5 novembre 1937. Le général Ludwig Beck en particulier, chef d'état-major de l'armée, dans une série de mémorandums s'oppose fermement aux choix politiques de l'Allemagne nazie. Il n'est cependant pas soutenu par ses collègues de la Wehrmacht et démissionne en 1938. Il reste une figure de proue pour les officiers allemands opposés au régime. Son successeur Franz Halder montre dans un premier temps une aversion équivalente envers les plans d'Hitler et organise avec d'autres officiers une véritable tentative de coup d'État durant la crise des Sudètes, mais le projet est abandonné après les nouveaux succès diplomatiques du chancelier lors des accords de Munich[136]. À partir de ce moment, les généraux, impressionnés par la détermination et les victoires du Führer, s'adaptent à la situation et se mettent à suivre leurs instructions avec discipline sur le terrain. Au sein de l'Abwehr, les services secrets allemands, l'amiral Wilhelm Canaris et le colonel Hans Oster essayent d'entraver la guerre d'agression nazie en fournissant des informations aux Alliés, les résultats ne sont cependant pas à la hauteur des attentes. Par ailleurs, de jeunes officiers s'organisent au même moment en un petit noyau de résistance interne à la Wehrmacht. Ils décident d'utiliser également des méthodes violentes pour mettre fin à la guerre et à aux dérives du Troisième Reich[137].

Les deux membres centraux du mouvement de résistance interne à l'armée allemande sont le colonel Henning von Tresckow, affecté au quartier général du groupe d'armées Centre sur le front de l'Est, ce dernier devenant avec le temps un centre conspirationniste, et le colonel Claus Schenk von Stauffenberg qui ne devient meneur qu'après Tresckow. Il organise en 1944 la tentative d'assassinat d'Hitler et de renversement du pouvoir nazi. Il exploite alors son poste d'officier au sein du commandement des troupes réservistes de l'Ersatzheer[138]. Après une série d'échecs de Tresckow en 1943, causés par des circonstances défavorables, le 20 juillet 1944 le colonel von Stauffenberg réussit à commettre son attentat. Hitler échappe cependant à la mort. L'organisation antinazie est bien implantée dans le commandement des troupes de réserve du Reich avec par exemple le général Friedrich Olbricht et dans les commandements des forces d'occupation en France avec le général von Stulpnagel. Les généraux Beck, von Witzleben et Hoepner sont également impliqués, tout comme, mais à un degré moindre, le Generalfeldmarschall Rommel et le Generalfeldmarschall von Kluge[139].

Malgré quelques succès initiaux, principalement en France, le coup d'État se solde par un échec total. Les causes sont nombreuses : les réactions du Führer, de Goebbels et d'Himmler sont très rapides, les erreurs des conspirateurs, les hésitations de Kluge, la fidélité et l'obéissance à Hitler que montre la quasi-totalité des officiers et des soldats de l'armée allemande. En quelques heures la révolte est matée, les principaux conspirateurs exécutés, Olbricht et Stauffenberg entre autres, ou se suicident, Kluge et Tresckow par exemple[140]. Dans les mois qui suivent, l'appareil nazi opère une répression des plus violentes dans la Wehrmacht afin de renforcer la fidélité des troupes. Il intimide les officiers, renforce de manière draconienne la discipline et organise des structures de contrôle politique : les Nationalsozialistische Führungsoffiziere, NSFO, c'est-à-dire officiers guides nationaux-socialistes[141].

Dans l'ultime phase du conflit, l'armée se désagrège lentement, le nombre de déserteurs augmente dans les détachements. À la fin de la guerre leur nombre total avoisine les 100 000 soldats. Le commandement de la Wehrmacht adopte des mesures très fermes pour éviter la diffusion du phénomène : les cours martiales traitent environ 35 000 cas de désertion, à 22 750 reprises elles prononcent des condamnations à mort, lesquelles donnent lieu à environ 15 000 exécutions[142]. Toutefois dans l'ensemble les soldats de la Wehrmacht engagés dans le quotidien de la guerre et liés psychologiquement par leur serment à Hitler, surtout les plus jeunes, et croyant au miraculeux retournement de situation promis par le Führer, continuent à se battre en suivant les ordres du régime nazi jusqu'à la défaite totale du Troisième Reich[143].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Statistiques chiffrées sur la Wehrmacht » (consulté le 28 juillet 2012)
  2. Generalfeldmarschall
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]