Capitale de la France

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La capitale de la France est actuellement Paris. Cependant, cela n'a pas toujours été le cas et, au cours de l'Histoire, plusieurs villes sont devenues temporairement capitale de la France.

Résumé[modifier | modifier le code]

Frise chronologique des différentes capitales de la France :
Soissons (blanc) ; Paris ; Troyes ; Versailles ; Brazzaville, Londres, Alger ; Vichy.

Chronologie des capitales de la France.

Période Ville Commentaire
Avant 900 Soissons Capitale du royaume des Francs.
Ca. 900 - 1419 Paris Résidence des rois de France ; mais ils étaient couronnés à Reims.
1108 Orléans Un des rares couronnements d'un monarque français ailleurs qu'à Reims eut lieu à Orléans, lorsque Louis VI fut couronné dans la Cathédrale d'Orléans par Daimbert, archevêque de Sens, et du 13 décembre 1560 au 31 janvier 1561 les États généraux se rencontrèrent en ce lieu.
1419-1425 Troyes Durant une courte période pendant la guerre de Cent Ans, la ville fut le siège du gouvernement royal.
1425-1588 Paris
1588-1594 Tours A l'issue de la Journée des barricades (1588), le roi Henri III chassé de Paris par les ligueurs, fit de Tours sa capitale. Une partie des parlementaires parisiens le suivirent dans son exil et demeurèrent à Tours pendant toute la durée de l'occupation de Paris. En 1589, la ville sert de base arrière pendant qu'Henri III et son successeur Henri IV assiégeaient Paris. La reine Louise de Lorraine et le conseil royal, présidé par le cardinal de Vendôme, demeurait à Tours.
1594-1682 Paris
1682-1715 Versailles En 1682, Louis XIV fit de Versailles sa résidence.
1715-1722 Paris
1722-1789 Versailles Les 5 et 6 octobre 1789, une foule venue de Paris envahit le château et força la famille royale à retourner à Paris. L'Assemblée nationale constituante suivit le roi à Paris peu après et Versailles perdit son rôle de capitale.
1789-1871 Paris
1871-1879 Versailles La Troisième République fit de Versailles le siège de son gouvernement en mars 1871 après que la Commune de Paris prit le contrôle de Paris.
1879-1914 Paris
Septembre 1914 Bordeaux Le gouvernement français fut déménagé de Paris à Bordeaux pour une courte durée pendant la Première Guerre mondiale, de peur que Paris tombe rapidement aux mains des Allemands. Ces craintes se sont apaisées après que l'armée allemande a été repoussée à la Première Bataille de la Marne.
1914-1940 Paris
10-13 juin 1940 Tours Tours servit de capitale temporaire de la France pendant la Seconde Guerre mondiale après que le gouvernement eut fui Paris à cause de l'avancée allemande.
14 juin - 1er juillet 1940 Bordeaux Le gouvernement français fut déplacé de Paris à Tours puis Bordeaux pour une courte durée lors de la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il devint clair que Paris allait bientôt tomber aux mains des Allemands.
1940-1944 Vichy Paris reste la capitale officielle de la France mais, du fait de l'occupation allemande, le gouvernement de l'État français siège à Vichy.
Depuis 1944 Paris Avec la libération de Paris en 1944, Charles de Gaulle établit le Gouvernement provisoire de la République française, restaurant Paris en tant que capitale de la France.

Chronologie détaillée[modifier | modifier le code]

Guerre franco-allemande de 1870-1871[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, Paris, Tours puis Bordeaux sont capitale de facto de la France, bien que la première reste de jure la capitale de l'Empire puis de la nouvelle République.

En effet, à la suite de la capture de Napoléon III par les Prussiens à l'issue de la bataille de Sedan[1] (1er septembre 1870), le républicain Gambetta annonce la déchéance de l'empereur et proclame la IIIe République à l'hôtel de ville de Paris, le 4 septembre 1870. Il forme alors un gouvernement provisoire, le Gouvernement de la Défense nationale, sous la direction de Favre et du général Trochu, qui ordonne la résistance à outrance. Gambetta organise la résistance et quitte Paris en ballon le 7 octobre pour rejoindre à Tours l'antenne gouvernementale qui s'y était installée avant le blocus de Paris. Il y reconstitue alors trois armées (Nord, Loire et Est). Le gouvernement se replie ensuite à Bordeaux, qu'Antoine Alfred Eugène Chanzy rejoint plus tard et où ce dernier prône la poursuite de la résistance.

Finalement, à la suite de la défaite définitive de la France et la signature de l'armistice l'année suivante, Paris retrouve sa place de capitale nationale.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, après la défaite de Charleroi en septembre 1914[1], Paris est de nouveau menacée par l’avancée des armées allemandes. Le gouvernement français (présidé par René Viviani) se replie vers Bordeaux. La capitale girondine est alors très justement surnommée la « capitale tragique »[1], étant pour la deuxième fois « capitale de guerre » de la France.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'avant-guerre et le début de la guerre[modifier | modifier le code]

Le 10 juin 1940, face à l'arrivée des Allemands, le gouvernement français part se réfugier à Bordeaux. Le président de la République Albert Lebrun élit domicile à l’Hôtel de la Préfecture et l'ensemble du gouvernement ainsi que les autres personnages officiels, parmi lesquels le maréchal Pétain et le général de Gaulle, le suivent dans cette ville[1]. Les forces ennemies entrent dans Paris le 14 juin, date à laquelle la « capitale maudite » devient, pour la troisième fois, capitale de facto de la République. Bordeaux ne restera capitale du pays que jusqu'au 1er juillet 1940[1], à la suite de l'occupation de la ville le 25 juin 1940.

L'État français : le « régime de Vichy »[modifier | modifier le code]

À la suite de la signature de la convention d'armistice franco-allemande, le 22 juin 1940 à Rethondes et à la signature de l'armistice franco-italien trois jours plus tard, le gouvernement du maréchal Pétain se déplace de Bordeaux, située désormais dans la nouvelle zone occupée, pour gagner Vichy, située en zone libre, dont l'avantage essentiel est de comporter de nombreux hôtels et un central téléphonique moderne[2].

Par le vote du 10 juillet 1940 de la loi constitutionnelle donnant les pleins pouvoirs constituants au gouvernement Pétain, l’État français est substitué à la République française.

Vichy devient alors la nouvelle capitale de facto du pays, mais Paris reste toujours capitale de jure, le gouvernement ne souhaitant simplement pas siéger dans une ville occupée par les forces ennemies. Même après l'invasion de la zone libre en novembre 1942, Vichy restera le siège du gouvernement jusqu'au 20 août 1944, date à laquelle Pétain est emmené par les Allemands, contre son gré, à Sigmaringen en Allemagne. La commission gouvernementale qui y est constituée siégera à Sigmarigen jusqu'en avril 1945, où l'avancée des forces alliées en Allemagne met fin à son existence et à son rôle, resté théorique.

La France libre, de l'exil au retour à Paris[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, les forces en exil qui refusent la capitulation et décident de continuer le combat, emmenées en particulier par le général de Gaulle, partent dans un premier temps à Londres où ce dernier effectue son appel du 18 juin, appelant à la poursuite des hostilités, fondant ainsi la France libre[3]. La France libre est alors sans territoire[3]. Cependant, divers territoires de l'Empire colonial se rallient rapidement au Général et notamment l'Afrique-Équatoriale française.

L'homme que le Premier ministre britannique, Winston Churchill, reconnaît alors comme le chef des Français choisit Brazzaville pour être la « capitale de la France libre », le 26 octobre 1940, lors d'une tournée en Afrique[3],[4],[5],[6],[7], statut qu'elle gardera jusqu'en 1943[6].

Par le manifeste de Brazzaville du 27 octobre 1940 est créé le Conseil de défense de l'Empire, premier organe de décision de la France libre ; l'ordonnance prévoyant sa création prévoit que « le siège du Conseil de défense est placé où il convient pour exercer la direction de la guerre dans les meilleures conditions »[8]. Cette instance servira de gouvernement de la France libre jusqu'en 1941 où ce rôle sera repris par le Comité national français créé par ordonnance le 24 septembre 1941[9].

Durant toute cette période, les instances de la France libre se réunissent à Londres, qui constitue donc également une sorte de capitale en exil de la France, mais la volonté du général d'avoir une capitale de la France sur le territoire national fait que Brazzaville est la capitale officielle (et non pas seulement de facto) de la France libre dans un premier temps.

À la suite de la libération d'une partie des territoires français d'Afrique du nord grâce au débarquement allié des 7 et 8 novembre 1942, l'amiral François Darlan institue le Haut-commissariat de France en Afrique, basé à Alger, qui exerce son autorité sur l'Algérie, le Protectorat du Maroc, le Protectorat de Tunisie et l'Afrique-Occidentale française. Après l'assassinat de Darlan, le général Henri Giraud lui succède : en février 1943, le Haut-Commissariat est rebaptisé Commandement en chef français civil et militaire, qui cesse ensuite de reconnaître l'autorité de Vichy. Alger est donc également capitale de facto d'une instance des forces françaises de résistance.

Le 3 juin 1943, le Comité français de Libération nationale (CFLN) est institué par l'« Ordonnance du 3 juin 1943 portant institution du Comité français de la Libération nationale »[10] signée par de Gaulle et Giraud à Alger, menant à la fusion des deux autorités françaises participant à la guerre avec les Alliés, le Comité national français de Londres dirigé par le général de Gaulle, chef de la France libre, et le Commandement en chef français civil et militaire dirigé par le général Giraud, afin d'unifier l'effort de guerre français et de préparer la Libération. Le CFLN siège alors à Alger.

Le 3 juin 1944, soit un an tout juste après sa création, à Alger, le Comité français de la Libération nationale (CFLN) prend le nom de Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) [11],[12], la veille de l'arrivée du général de Gaulle en Grande-Bretagne, à l'invitation de Winston Churchill, quelques jours avant le débarquement en Normandie[13].

Dès la libération de Paris (25 août 1944), le GPRF s'installe définitivement dans la capitale le 31 août 1944 et gouverne la France jusqu'à l'adoption d'une nouvelle constitution.

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Depuis la libération de Paris le 25 août 1944 et le rétablissement de l'autorité républicaine sur l'ensemble du territoire français, Paris est le siège des pouvoirs constitutionnels. Avec l'avènement de la Cinquième République en 1958, une ordonnance législative a prévu que les deux chambres du Parlement siègent à Paris[14], mais aussi qu'en cas de nécessité le Gouvernement puisse transférer le siège des pouvoirs publics dans une autre ville, qui deviendrait de facto capitale de la République française.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e ATLANTICWALL SUPERFORUM, « Bordeaux capitale de la France : du 14 juin au 1er juillet 1940 » (d'après un extrait du tome 2 de "Bordeaux 1940 -1944")
  2. Robert O. Paxton, La France de Vichy, Seuil, coll. « L’Univers historique », 1997, 459 p. (ISBN 2-02-032305-2 et 978-2020323055)
  3. a, b et c Les Dépêches de Brazzaville : Il y a 70 ans, Brazzaville capitale de la France
  4. « Alain Plantey : La France libre et l’Afrique », sur charles-de-gaulle.org .
  5. « La création de l'Ordre », sur le site de l'Ordre de la Libération.
  6. a et b « La France Libre et l'Empire: le ralliement de l'Afrique » sur www.France-Libre.net .
  7. [1], [2], [3], [4], [5] : Brazzaville, capitale de la France libre, Jean-Louis Dufour, éd. Nouvelle Arche De Noé, parrution novembre 2010, coll. Raconte Moi, numéro 82, ISBN 2843680824, EAN 978-2843680823.
  8. http://mjp.univ-perp.fr/france/co1940fl-cde.htm#1
  9. http://www.france-libre.net/chronologie/1941/septembre-1941.php
  10. http://mjp.univ-perp.fr/france/co1943cfln.htm#Ord
  11. Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)
  12. Ordonnance du 3 juin 1944 substituant au nom du Comité français de la Libération nationale celui de Gouvernement provisoire de la République française, sur le site de la digithèque MJP de l'université de Perpignan
  13. Antony Beevor (trad. Jean-François Sené, Raymond Clarinard et Isabelle Taudière), D-Day et la bataille de Normandie, éd. Calman-Lévy, Paris, 2009, 636 p. (ISBN 978-2-7021-4016-1), p. 28-30
  14. Ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires article 1er