Moulin Rouge

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Moulin Rouge

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Le Moulin Rouge à Paris.

Type Cabaret Grande Revue
Lieu Paris
Coordonnées 48° 53′ 03″ Nord 2° 19′ 56″ Est / 48.884167, 2.332222
Architecte(s) Adolphe Willette et Édouard Niermans
Inauguration 1889
Capacité 850
Site web moulinrouge.fr

Le Moulin Rouge est un cabaret parisien fondé en 1889 par Joseph Oller et Charles Zidler, qui possédaient déjà l'Olympia. Il est situé sur le boulevard de Clichy dans le 18e arrondissement, au pied de la Butte Montmartre[1]. Son style et son nom ont été imités et empruntés par d'autres cabarets dans le monde entier.

Ce site est desservi par la station de métro Blanche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Logo du Moulin Rouge.

La Belle Époque est une période de paix et d’optimisme marquée par le progrès industriel et un foisonnement culturel particulièrement riche. Les expositions universelles de 1889 (célébration du centenaire de la Révolution française et présentation de la tour Eiffel) et de 1900 en sont les symboles. Le japonisme, courant artistique d’inspiration orientale avec pour brillant disciple Toulouse-Lautrec, est à son apogée. Montmartre, au milieu d’un Paris de plus en plus gigantesque et dépersonnalisé, a su garder une ambiance de village bucolique[2].

Étymologiquement, « cabaret » ou « cabret », terme d’origine picarde, signifiait « petite chambre » ou « établissement où l’on sert des boissons ». Cela représentait donc un établissement cosy, chaleureux, convivial où l’on pouvait s’amuser et lâcher prise. La revue, quant à elle, est à l’époque une petite pièce comique ou satirique passant en revue l’actualité et ses personnalités (type "Guignols de l'info") avec humour, irrévérence, un côté pirate, léger et humain. Il y a eu jusqu’à 30 moulins sur la Butte Montmartre dont 12 rue Lepic qui broyaient du grain, du maïs, du plâtre, de la pierre.

Le 6 octobre 1889, ouverture du Moulin rouge, dans le Jardin de Paris au pied de la Butte Montmartre. Son créateur Joseph Oller et son directeur Charles Zidler sont des redoutables hommes d’affaires, qui connaissent bien les goûts du public[3]. L’objectif est de permettre aux plus riches de venir s’encanailler dans un quartier à la mode, Montmartre. Le lieu extravagant – le jardin est agrémenté d’un gigantesque éléphant – permet à toutes les populations de se mélanger. Petits employés, résidents de la place Blanche, artistes, bourgeois, hommes d’affaires, femmes élégantes et étrangers de passage s’y côtoient. Surnommé « Le Premier Palais des Femmes » par Oller et Zidler, le cabaret connait rapidement un vif succès.

Ingrédients du succès[modifier | modifier le code]

Une architecture de salle révolutionnaire qui permettait des changements de décor rapides et où tous les publics se mélangeaient. Des soirées festives, au champagne, où l’on danse et rit énormément grâce à des attractions pleines d’humour et qui changent régulièrement, comme celle du Pétomane.

Une nouvelle danse inspirée du Quadrille ou « chahut » et de plus en plus populaire : le French Cancan, exécutée sur un rythme endiablé par des danseuses aux costumes affriolants. Des danseuses illustres resteront dans l’Histoire du Moulin rouge incluant la Goulue, Jane Avril, la Môme Fromage, Grille d’Égout, Nini Pattes en l’Air et Yvette Guilbert. Le Moulin rouge est un lieu aimé des artistes, dont le plus emblématique fut Henri de Toulouse-Lautrec. Ses affiches et ses tableaux assurèrent au Moulin rouge une notoriété rapide et internationale.

Montmartre[modifier | modifier le code]

Le Moulin Rouge en 1900.

À la fin du XIXe siècle, il existait deux Montmartre : celui des fêtes et celui des artistes qui venaient y chercher la qualité de la lumière au-dessus de la pollution de la grande cité et les loyers modérés. Ces deux mondes cohabitaient et se mélangeaient avec deux valeurs communes : le plaisir et la beauté. Les artistes de Montmartre impliquaient Henri de Toulouse-Lautrec, Auguste Renoir, Juan Gris, Georges Braque, Kees van Dongen, Guillaume Apollinaire, Alphonse Allais, Pablo Picasso, Marcel Proust, Maurice Utrillo, Amedeo Modigliani, Pierre Bonnard, Roland Dorgelès, Max Jacob, Pierre Mac Orlan. Au milieu d’une ville de plus en plus gigantesque et dépersonnalisée, Montmartre cultive son esprit village, grande famille qu’on s’est choisie, son aspect bucolique avec les vendanges, c'est-à-dire humain. Le Moulin rouge affiche « Bal, divertissements, variétés » ; Henri de Toulouse-Lautrec fête ses 25 ans, il est dans la salle. Visionnaires, Joseph Oller, créateur propriétaire et Charles Zidler directeur imaginent un lieu rehaussé d’un gros Moulin peint en rouge et illuminé la nuit afin d’être bien visible depuis les Grands boulevards et le bas de la rue Blanche. Le Moulin rouge, très différents des autres moulins de la butte Montmartre avait pour vocation essentielle d'être l'enseigne de l'établissement, dessiné par Adolphe Willette, il fut le 1er bâtiment électrifié de Paris. Sa forme et sa couleur immédiatement reconnaissables en ont fait un des emblèmes de Paris.

Joseph Oller est un entrepreneur visionnaire : inventeur du Pari mutuel en 1867, créateur d’un des premiers grands parcs d’attraction avec les montagnes russes boulevard des Capucines en 1887, créateur de l’Olympia en 1893, entre autres. La femme prend une place primordiale dans le cabaret qui promet « de l’or et des jambes de femme ». Oller et Zidler voulait créer « le premier palais de la femme ». Le corps féminin est alors très peu dévoilé dans la société et la curiosité excite les imaginations, les fantasmes. La Goulue et autres chahuteuses dansent sur des rythmes endiablés. Dès le début les hommes ont la vedette tout comme les femmes avec Valentin le Désossé et la Goulue. Les deux ont été des vedettes instantanées, mais Louise Weber surnommée « la Goulue » est devenue une véritable « star » par son audace et son énergie. Tête d'affiche permanente, la Goulue est devenue le synonyme du cancan et du Moulin Rouge. Artiste la mieux payée de Paris, elle était l'un des sujets favoris de Henri de Toulouse-Lautrec[4].

Grands moments[modifier | modifier le code]

Henri de Toulouse-Lautrec et Tremolada, assistant de Zidler, manager du Moulin Rouge. Paris, 1892.

Les premières années du Moulin Rouge sont marquées par des spectacles extravagants, inspirés du cirque, et des attractions restées célèbres comme celle du Pétomane. On organise des concerts bals tous les jours à 22 heures. De 1889 à 1910, Footit et Chocolat, duo comique entre un clown blanc autoritaire et un Auguste noir souffre-douleur, est très populaire et souvent à l’affiche au Moulin Rouge. Le rire fait partie intégrante du Moulin rouge, un rire désopilant avec des spasmes, qui mettait la salle en « convulsions[5] ».

Le 19 avril 1890, la 1re revue est intitulée Circassiens et Circassiennes. Le 26 octobre 1890, le prince de Galles, futur Edward VII, qui effectue un séjour privé à Paris, retient une table pour découvrir ce quadrille dont la réputation avait déjà franchi la Manche. En le reconnaissant, la Goulue, jambe en l’air et tête dans les jupons, lance sans hésiter : « Ohé, Galles, tu paies le champagne ! ». En 1891, « La Goulue » est la première affiche de Henri de Toulouse-Lautrec pour le Moulin rouge. En 1893, le Bal des Quat'z'Arts fait scandale avec son défilé de Cléopâtre nue entourée de jeunes filles tout aussi dénudées.

Le 12 novembre 1897, le Moulin Rouge ferme exceptionnellement ses portes en raison des obsèques de son directeur et cocréateur Charles Zidler. Yvette Guilbert lui avait rendu hommage en lui déclarant : « Vous avez le génie de créer du plaisir populaire, dans le sens très élevé du mot, d’amuser les foules avec des nuances, selon la qualité de la masse à distraire ». En 1900, des 5 continents, les étrangers sont attirés par l’Exposition universelle et affluent au « Moulin rouch ». Les mêmes, rentrés chez eux, firent de Paris la Babylone moderne, la capitale des plaisirs et des « p’tites dames de Paris ». Dans toutes les capitales poussèrent alors comme des champignons des « Moulins rouges » et des « Montmartre » que l’imitation et la libre interprétation firent ressembler non pas à Babylone mais plutôt à Sodome et Gomorrhe. Le dernier bal au Moulin Rouge a lieu le 29 novembre 1902 et il se transforme en théâtre concert.

Opérette et grand spectacle[modifier | modifier le code]

Janvier 1903, le Moulin Rouge rouvre ses portes après des travaux de rénovation et d’aménagement réalisés par Niermans, le plus parisien des architectes de la Belle Époque (il a réalisé, entre autres, la brasserie Mollard, le Casino de Paris, les Folies bergères à Paris, le Palace Hôtel à Ostende en Belgique, la reconstruction de l'hôtel du Palais à Biarritz et la création de l'hôtel Négresco sur la promenade des Anglais de Nice). Premier apéritif concert, où l’élite du monde élégant se retrouve pour un dîner spectacle dans un cadre encore plus beau et plus confortable que tout ce qui existe. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le Moulin rouge se transforme en véritable temple de l’opérette. Les spectacles s’enchaînent : « Voluptata », « La Feuille de Vigne », « le Rêve d’Égypte », « Tais-toi tu m’affoles »… et bien d’autres revues aux titres plus évocateurs les uns que les autres. Le 3 janvier 1907, au cours du spectacle « le Rêve d’Égypte », Colette échange un baiser sur scène avec sa maîtresse la duchesse de Morny (Missy) . Jugée scandaleuse, la pièce est interdite.

Le 29 juillet 1907, première apparition de Mistinguett sur la scène du Moulin Rouge dans « la Revue de la Femme ». Très vite, son talent éclate au grand jour. Elle triomphera l’année suivante avec Max Dearly dans « la Valse chaloupée ». Mistinguett, née dans une famille modeste, a un sens indéniable de la répartie. Elle a voulu construire sa vie et dit « La banlieue, n’en sort pas qui veut. J’avais un don : la vie. Tout le reste, reste à faire, à penser. Je n’ai pas pu me permettre d’être un bel animal, il a fallu penser à tout. » Le 9 avril 1910, une ancienne dame d’honneur de l’impératrice Eugénie assiste, au Moulin rouge, à une représentation de la Revue amoureuse. Elle est si charmée par la reconstitution fidèle de la cérémonie du retour des troupes d’Italie qu’elle ne peut s’empêcher de crier « Vive l’Impératrice ! ».

Le Moulin Rouge est détruit lors d’un incendie le 27 février 1915. Ce n'est qu'en 1921 que les travaux de reconstruction du Moulin Rouge débuteront.

Années « Mistinguett »[modifier | modifier le code]

Mistinguett au Moulin Rouge.

Après guerre, c’est Francis Salabert qui prend les commandes du Moulin Rouge. Homme d'affaires plus qu'homme de spectacle, il confie à Jacques-Charles, le n°1 des revuistes de l'époque, le soin de raviver les couleurs du cabaret. Le Moulin Rouge prend alors un nouvel essor, grâce à des vedettes telles que Gina Palerme, Mistinguett, Jeanne Aubert ou Maurice Chevalier, ainsi qu'à la présentation, pour la première fois à Paris, de revues américaines avec les Hoffmann Girls.

En 1923, Raphaël Beretta, compositeur et chef d'orchestre qui dirigea les Folies Bergère, l'Olympia et le Casino de Paris se proposa de rétablir le Music-Hall du Moulin rouge dans un grand édifice. Le Moulin s'élève au milieu de la façade soutenu par une partie ronde décorée en partie supérieur de lucarnes ovales. Un incident se produisit en 1927 lors d'un show où les filles en tenues moulantes sortaient de gâteaux géants. Elles devaient ensuite danser et chanter. L'ennui, c'est que pour aller du sommet des gâteaux d'où elles sortaient à la scène, il leur fallait marcher sur un étage du gâteau, recouvert de crème pâtissière très glissante. Et une fois leurs chaussures (à talons aiguilles) enduites de crème, les filles n'arrivaient plus à tenir debout et trébuchaient sans cesse (la scène devant aussi être glissante). Et comme on avait dû leur donner l'ordre de ne retirer pour aucun prix leurs escarpins, les filles ont passé tout le spectacle à glisser et à reglisser, et à se retrouver les fesses par terre. Le show fut une véritable catastrophe.

Gesmar, 20 ans, devient décorateur. Ses dessins et maquettes resteront définitivement associés à l’image du Moulin Rouge. Jacques-Charles et Mistinguett sont à l’origine de créations devenues mythiques : « la Revue Mistinguett » (1925), « Ça, c’est Paris » (1926) et « Paris qui tourne » (1928).

Au Moulin Rouge, Mistinguett crée de nombreuses chansons devenues éternelles, dont Valencia, Ça, c’est Paris, Il m’a vue nue, On m’suit, cette dernière avec Jean Gabin. Pierre Fouchet devient directeur de l'établissement, il appelle Jacques Charles qui devient directeur artistique et Mistinguett qui devient « codirectrice » avec son partenaire Earl Leslie et directrice de l'atelier de coutures.

L'après-Mistinguett[modifier | modifier le code]

Des soldats allemands devant le Moulin Rouge, en juin 1940, pendant l’occupation allemande de Paris lors de la Seconde Guerre mondiale.

En 1929, Mistinguett se retire de la scène et quitte le Moulin Rouge dont le théâtre de 1500 places assises devient une des plus grandes salles de cinéma d'Europe avec en première partie des artistes de Music-Hall. La revue des « Lew Leslie’s Black Birds », exécutée par une troupe de cent artistes de couleur, accompagnée du Jazz Plantation Orchestra, se produit au Moulin Rouge entre juin et août 1929.

L'ancienne salle de bal subsiste et se transforme en night club ultra moderne en 1937. Cette même année, le Cotton Club, qui fait fureur à New York, se produit au Moulin rouge, ainsi que Ray Ventura et ses collégiens. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale vient interrompre l’effervescence du Moulin Rouge, qui devient un dancing, le Robinson Moulin Rouge. Quelques jours avant la libération de Paris en 1944, Édith Piaf, dont le talent est déjà reconnu, se produit sur la scène du Moulin Rouge, avec Yves Montand, un débutant qu’on lui impose.

Ère du renouveau[modifier | modifier le code]

En 1950, décoration du Moulin Rouge de Georges France. Un an plus tard, en 1951, le Moulin rouge est inauguré par Vincent Auriol. Affiche et programme. Hommage à Lautrec entre un Gen Paul et un Dignimont. Exposition à la galerie de l'hôtel Martinez à Cannes. Le 22 juin 1951, Georges France, dit Jo France, fondateur du Balajo, acquiert le Moulin rouge et entreprend de considérables travaux de rénovation. Il confie à Henri Mahé, l’un des décorateurs les plus en vogue, et aux architectes Bernard de La Tour d'Auvergne et Marion Tournon-Branly l’aménagement de la nouvelle salle. Le décor imaginé par Jo France et en grande partie réalisé par Henri Mahé ravit aujourd'hui encore les visiteurs du Moulin Rouge. Les soirées dansantes, les attractions et bien sûr le célèbre French cancan sont de retour au Moulin rouge. En 1953, deux panneaux sont placés dans l'entrée du Moulin rouge — "Hommage à Lautrec" et "Prière aux Artistes", avec portraits de Piéral et d'Edmond Heuzé. 19 mai 1953, le 25e Bal des Petits Lits blancs, organisé par le romancier Guy des Cars, a lieu au Moulin rouge en présence du président de la République, Vincent Auriol, et avec, pour la première fois sur une scène européenne, Bing Crosby. La soirée attire 1 200 artistes et vedettes venus du monde entier, dont Joséphine Baker qui chantera J'ai deux amours.

Entre 1951 et 1960, des artistes célèbres se succèdent incluant Luis Mariano, Charles Trenet, Charles Aznavour, Line Renaud, Bourvil, Fernand Raynaud et Lena Horne. Le célèbre French Cancan, toujours présent, est bientôt chorégraphié par Ruggero Angeletti en 1955. Doris Haug fonde la troupe des « Doriss Girls » au Moulin Rouge en 1957 ; au nombre de 4 au départ, elles sont aujourd’hui 100, dont 40 sur scène. Deux ans après, le Moulin Rouge se transforme avec la création et l’aménagement d’un nouvel espace cuisine pour proposer à une clientèle de plus en plus internationale un « dîner-spectacle » avec une carte gastronomique et des revues qui vont acquérir une réputation mondiale. Au début de l'année 1960, La « Revue japonaise » crée l'événement. Entièrement composée d'artistes japonais, la revue lance le kabuki à Montmartre.

1962—1988[modifier | modifier le code]

En 1962, Jacki Clérico, prend la direction du Moulin Rouge. C’est le début d’une nouvelle ère : agrandissement de la salle, installation d’un aquarium géant et premier ballet aquatique. Revue « Cancan » est conçue par Doris Haug et Ruggero Angeletti la même année. Depuis 1963 et le succès de la revue « Frou-Frou », Jacki Clérico, par superstition, ne choisit plus que des titres de revues commençant par la lettre F[3]. Bien entendu, à chaque revue, le légendaire French cancan est présent : « Frou-Frou » (1963-1965), « Frisson » (1965-1967), « Fascination » (1967-1970), « Fantastic » (1970-1973), « Festival » (1973-1976), « Follement » (1976-1978), « Frénésie » (1978-1983), « Femmes, femmes, femmes » (1983-1988), « Formidable » (1988-1999) et « Féerie » (1999-2015).

Le 7 septembre 1979, le Moulin rouge, devenu un haut lieu parisien, fête ses 90 ans. Sur scène, pour la première fois à Paris, Ginger Rogers est entourée de nombreuses stars dont Thierry Le Luron, Dalida, Charles Aznavour, Jean-Claude Brialy, George Chakiris, les Village People ou Zizi Jeanmaire. Le 23 novembre 1981, le Moulin rouge ferme exceptionnellement ses portes afin de présenter son spectacle devant la reine d’Angleterre, Élisabeth II. Le 4 février 1982, Liza Minnelli mène un show exceptionnel, en mettant en scène pour la première fois, la Britannique Fenella Masse Mathews. Deux galas sont organisés en 1984 : l'un pour Dean Martin et l'autre pour Franck Sinatra. Le 1er décembre 1986, le plus célèbre danseur classique du monde, Mikhaïl Barychnikov, crée au Moulin rouge un ballet original de Maurice Béjart.

Depuis 1989[modifier | modifier le code]

Le Moulin Rouge, et sa revue en 1999.

20 février 1988, à l'occasion du centenaire du Moulin Rouge, la première de la revue « Formidable » est une « Royal Performance in Paris », l’une des plus prestigieuses manifestations officielles britanniques, à laquelle participe chaque année à Londres un membre de la famille royale. Pour la deuxième fois, elle s’est déroulée, en France, au Moulin rouge. Présidée en 1983 par la princesse Anne, le prince Edward en est l’invité d’honneur le 20 février 1988. En printemps 1989, à Londres, représentation exceptionnelle du Moulin Rouge devant le prince et la princesse de Galles. Le 6 octobre cette même année, un gala du Centenaire est organisé avec notamment Charles Aznavour, Lauren Bacall, Ray Charles, Tony Curtis, Ella Fitzgerald, les Gipsy Kings, Margaux Hemingway, Barbara Hendricks, Dorothy Lamour, Jerry Lewis, Jane Russell, Charles Trenet, Esther Williams[3].

En 1994, un gala Cartier est organisé au profit de la Fondation des Artistes contre le SIDA avec un concert privé d’Elton John. En 1995, un gala Lancôme est organisé pour le lancement du parfum « Poème » avec Juliette Binoche. Concert privé de Charles Aznavour et de Jessye Norman. Le 14 novembre 1999, une dernière représentation de la Revue du Centenaire « Formidable », qui a accueilli, de 1988 à 1999, plus de 4,5 millions de spectateurs, est donnée. La revue « Féerie » est pour la première fois présentée le 23 décembre 1999.

En février 2009, à l’occasion de l’année de la France au Brésil et dans le cadre du Carnaval de Rio, le Moulin rouge est invité au Carnaval de Rio Copacabana[6],[7]. En octobre 2009, le cabaret fête ses 120 ans[8].

Les revues du Moulin rouge[modifier | modifier le code]

Cancan (20 mars 1962)[modifier | modifier le code]

  • Chorégraphie : Doris Haug et Ruggero Angeletti
  • Musique : René Leroux, Hubert Degex, Jacques Solet et P. Vetheuil
  • Direction musicale : René Leroux
  • Avec les Doris Girls, les Doriss Dancers et les Doriss Mannequins

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Le Moulin rouge en 1900
  2. Fièvre
  3. L'oiseau de paradis
  4. Moulin de nos amours
  5. Paris Moulin rouge
  6. Au Moulin rouge
  7. Final avec toute la troupe

Frou-frou (1er avril 1963)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti, René Leroux, Jean Claudric et P. Vetheuil
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : Michel Gamay
  • Costumes et décors : Erté, Georgio Veccia et André Levasseur
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et les mannequins du Moulin rouge

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Tournons les pages
  2. Le Moulin sous la neige
  3. Évocation péruvienne
  4. Cléopâtre
  5. La Fête foraine
  6. Sur le quai
  7. L'oiseau de paradis
  8. Le Moulin rouge en 1900

Frisson (15 avril 1965)[modifier | modifier le code]

  • Musique : René Leroux, Henri Betti et P. Vetheuil
  • Arrangements : Jean Gruyer et René Loyx
  • Paroles : André Hornez
  • Chef d'orchestre : André Dabonneville
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Choégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Costumes et décors : Georgio Veccia, Erté et Levasseur
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et les Belles du Moulin.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Rendez-vous au Moulin rouge
  2. Fiesta
  3. L'aquarium enchanté
  4. Les vendanges a Montmartre
  5. La neige danse
  6. Cléopâtre
  7. Le Moulin rouge en 1900
  8. Hommage à Maurice Chevalier

Fascination (15 avril 1967)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti et Jean-Pierre Landreau
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : André Dabonneville
  • Costumes et décors : Georgio Veccia
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et les Belles du Moulin.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Symphonie de couleurs
  2. Fiançailles artistique
  3. Intrigue aux Caraïbes
  4. Cascade
  5. Montmartre au fil des temps
  6. Grand final

Fantastic (20 mars 1970)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti et Jean-Pierre Landreau
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : André Dabonneville
  • Costumes et décors : Georgio Veccia
  • Avec les Doris Girls, les Doris Dancers et les Garçons de la Rue.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Télé soir Moulin rouge
  2. Pour entré dans la danse
  3. Rêverie japonaise
  4. Les années folles de 1930
  5. Le tour du monde de l'amour
  6. Grand final (avec toute la troupe)

Festival (29 mars 1973)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti et Jean-Pierre Landreau
  • Arrangements : Pierre Delvincourt
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : André Dabonneville
  • Costumes et décors : Georgio Veccia
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et les Garçons de la Rue et Andrex, dans un hommage à Maurice Chevalier

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. La légende animée du Moulin rouge
  2. Les femmes sont des fleurs
  3. Piraterie sous les tropiques
  4. C'est le jour du mariage de Russie de toujours
  5. Paris en 1900

Follement (1er avril 1976)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti et Jean-Pierre Landreau
  • Airs additionnels : François Betti
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : André Dabonneville
  • Costumes et décors : Georgio Veccia
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et les Garçons, Lisette Malidor, les Garçons de la Rue et les Belles du Moulin.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Le Président présente
  2. Femmes et guitares
  3. Les milles et une nuits
  4. Brésil de mes rêves
  5. L'exposition universelle de 1900
  6. Le Moulin rouge en 1978
  7. Grand final

Frénésie (22 décembre 1979)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Henri Betti, Don James et Pierre Delvincourt
  • Airs additionnels : François Betti
  • Paroles : André Hornez
  • Chorégraphe et maitresse de ballet : Doris Haug
  • Chorégraphe et directeur de scène : Ruggero Angeletti
  • Direction musicale : André Dabonneville
  • Costumes et décors : Georgio Veccia
  • Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et Watusi.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Invitation à la danse
  2. Rêve tzigane
  3. Sous le ciel de Mexico
  4. Les années 25 en 25 minutes
  5. Grand final (avec toute la troupe)

Femmes, femmes, femmes (26 février 1983)[modifier | modifier le code]

  • Musique : Pierre Delvincourt et Don James
  • Paroles : André Hornez et Roland Léonar
  • Chorégraphie : Doris Haug, Ruggero Angeletti et Vickers
  • Direction musicale : Georges Bessières
  • Costumes et décors : Georgio Veccia

Avec les Doriss Girls, les Doriss Dancers et Debbie de Coudreaux.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Prologue
  2. Aux Caraïbes
  3. Au Far West
  4. De partout
  5. Grand final rose

Formidable. La revue du centenaire (12 février 1989)[modifier | modifier le code]

  • Conception : Doris Haug et Ruggero Angeletti
  • Costumes : Corrado Colabucci
  • Décors : Gaetano Castelli
  • Musique : Pierre Porte
  • Paroles : Charles Level
  • Chorégraphie : Bill Goodson
  • Avec les Doriss Girls et les Doriss Dancers.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Prologue : Formidable
  2. Au soleil du désert
  3. Rêve de Vienne
  4. Un centenaire
  5. Une pensée pour Maurice
  6. Un clin d'œil a Joséphine
  7. Grand final

Féerie (23 décembre 1999)[modifier | modifier le code]

  • Conception : Doris Haug et Ruggero Angeletti
  • Costumes : Corrado Colabucci
  • Décors : Gaetano castelli
  • Musique : Pierre Porte
  • Paroles : Roland Léonar
  • Direction musicale : Roland Audefroy
  • Chorégraphie : Bill Goodson
  • Lumières : Christian Bréan
  • Avec les Doriss Girls et les Doriss Dancers.

Tableaux[modifier | modifier le code]

  1. Le Moulin Rouge aujourd'hui et hier... le Moulin rouge toujours...
  2. Les pirates
  3. Au cirque Doris
  4. Les French Cancan du Moulin Rouge
  5. Le Moulin Rouge de 1900 à ...

Médias[9][modifier | modifier le code]

Films et documentaires[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Quadrille dansé par les étoiles du Moulin rouge 1,2&3 (1899-1902), France - Produit par Pathé (Durée : 3 x 20 min)
  • An Evening at the Moulin Rouge (1981), Réalisé par David Niles, produit par HBO (Durée : 60 min)[10]
  • Les Dessous du Moulin Rouge (2000), Réalisé par Nils Tavernier, produit par Little Bear (Durée : 52 min)
  • Coulisses d’une revue, le Moulin Rouge (2001), Réalisé par Philippe Pouchain et Yves Riou (Durée : 60 min)
  • Moulin Rouge Forever (2002), Réalisé par Philippe Pouchain et Yves Riou (Durée : 55 min)
  • Moulin Rouge : la restauration et Une vie de passion au Moulin rouge. Deux documentaires qui accompagnent le DVD du film Moulin Rouge de John Huston.
  • Au cœur du Moulin Rouge (2012), Réalisé par Marie Vabre, produit par 3e Œil Productions (Durée : 90 min).

Albums[modifier | modifier le code]

  • Le Moulin Rouge (1989), de Jacques Pessis et Jacques Crépineau - Éditeur : Hermé
  • Les Belles du Moulin Rouge (2002), de Pierre-Jean Remy et Jacques Habas - Éditeur : Le Cherche-Midi
  • Le Moulin Rouge (2002), de Jacques Pessis et Jacques Crépineau - Éditeur : Editions de La Martinière
  • Moulin Rouge, Paris (2003), de Christophe Mirambeau - Éditeur : Assouline
  • Moulin Rouge Stories (2004), de Daniela Jeremijevic - Éditeur : Airelles
  • Moulin Rouge - Instants Volés (2005), de Vlada Krassilnikova - Éditeur : Ed. du Collectionneur - Parution octobre 2005
  • Flipbook Moulin Rouge Paris France 23h18 (2007), de Jean-Luc Planche - Éditeur : Youpeka
  • Moulin Rouge : de l'autre côté du rideau (2008), de Thierry Parhad - Éditeur : Arcadia Éditions - Parution novembre 2008
  • Moulin Rouge ! 120 ans en images du cabaret le plus célèbre du monde (2009), de Jean-Luc Planche, Stanislassia Klein et Florian Claudel - Éditeur : Albin Michel

Livres[modifier | modifier le code]

  • Moulin Rouge, de Pierre La Mure - Éditeur : Presses de la Cité - Parution 1950
  • Le Pétomane au Moulin Rouge, de Jean Nohain et François Caradec - Éditeur : Mazarine - Parution juin 1967
  • Jane Avril au Moulin Rouge avec Henri de Toulouse-Lautrec, de François Caradec - Éditeur : Fayard - Parution septembre 2001
  • Le Moulin Rouge - Reflets d'une époque, de Jean Castarède - Éditeur : France-Empire - Parution septembre 2001
  • Mes mémoires, de Jane Avril - Éditeur : Phébus - Parution octobre 2005 (paru sous forme de feuilleton dans Paris-Midi en 1933)
  • Moi, la Goulue de Toulouse-Lautrec - Les Mémoires de mon aïeule, de Michel Souvais - Éditeur : Publibook - Parution juin 2008

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Le Cabaret des Muses, de Gradimir Smudja - Editeur : Delcourt G. Productions. Série de bande-dessinée en 4 tomes :
    • Tome 1 : Au Moulin Rouge (2004)
    • Tome 2 : Mimi & Henri (2005)
    • Tome 3 : Allez Darling (2006)
    • Tome 4 : Darling, pour toujours (2008)
  • Louis La Guigne (série de BD en 13 tomes)
    • Tome 2 : Moulin Rouge, de Frank Giroud (scénario) et Jean-Paul Dethorez (dessins) - Éditeur : Glénat - Parution janvier 1984
  • Danse macabre au Moulin Rouge de Renée Bonneau - Éditeur : Nouveau Monde - Parution novembre 2007
  • À l'ombre du Moulin Rouge, de Sabine Bismuth - Éditeur : Publibook - Parution 2005

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Laurent Ruquier a enregistré jusqu'en juin 2014 au Moulin Rouge ses émissions On a tout essayé, On n'est pas couché, On n'a pas tout dit et On n'demande qu'à en rire. D'autres émissions TV y ont également été enregistrées: Panique dans l'oreillette par Frédéric Lopez pour France 2 et La nuit nous appartient par Mustapha El Atrassi pour Comédie ! et NRJ12.

Mystère au Moulin Rouge est un téléfilm français réalisé par Stéphane Kappes et diffusé pour la première fois le 10 juin 2011 sur France 2.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Une scène du film Coco (2009) est tournée au Moulin Rouge et Moulin rouge est un film musical américano-australien sorti en 2001.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

  • Le Moulin Rouge de Las Vegas s'est beaucoup inspiré du célèbre cabaret parisien.
  • À l'occasion de la Saint Patrick 2011, le Moulin Rouge a troqué son éclairage rouge pour se mettre à l'heure irlandaise, tout en vert [11].

Records[modifier | modifier le code]

Le Moulin Rouge est un des plus grands clients de champagne au monde, avec environ 240 000 bouteilles par an[12]. La troupe du Moulin rouge, le cabaret parisien du French cancan, s'est adjugée six records du monde dont le plus grand nombre de levers de jambes [13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire du Moulin rouge.
  2. Jaques Habas, Les Secrets du Moulin rouge, 2010.
  3. a, b et c « HISTOIRE Moulin rouge » (consulté le 6 octobre 2012)
  4. Son premier portraitiste fut l'affichiste Auguste Roedel, un ami de Willette.
  5. Jacques Pessis et Jacques Crépineau, Le Moulin rouge, octobre 2002
  6. « Le Moulin-Rouge fait son carnaval à Rio », sur Paris Match,‎ Jeudi 26 février 2009 (consulté le 6 octobre 2012)
  7. AFP, « Danseuses du Moulin rouge et French cancan au carnaval de Rio »,‎ 16 février 2009 (consulté le 6 octobre 2012)
  8. « 120 ans du Moulin rouge », sur Evene (consulté le 6 octobre 2012)
  9. Le Mouline rouge de Jaques Passis et de Jacques Crépineau
  10. « An Evening at the Moulin rouge (1981) », sur Internet Movie Database (consulté le 6 octobre 2012)
  11. Le Moulin rouge se met au vert!
  12. 240 000 bouteilles par an
  13. 6 records du monde. Le Figaro.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]