Ain (département)

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Ain
Ain (département)
Ain (département)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Création du département 4 mars 1790
Chef-lieu
(Préfecture)
Bourg-en-Bresse
Sous-préfecture(s) Belley
Gex
Nantua
Président du
conseil général
Rachel Mazuir (PS)
Préfet Laurent Touvet[1]
Code Insee 01
Code ISO 3166-2 FR-01
Code Eurostat NUTS-3 FR711
Démographie
Gentilé pas de nom officiel[2]
Bressans,
Dombistes,
Bugistes,
Gessiens
Population 608 044 hab. (2012)
Densité 106 hab./km2
Géographie
Superficie 5 762 km2
Subdivisions
Arrondissements 4
Circonscriptions législatives 5
Cantons 43
Intercommunalités 29
Communes 419

L'Ain (prononcé [ ɛ̃ ]) est un département français de la région Rhône-Alpes, dont le nom vient de la rivière Ain. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 01. Ses habitants sont appelés les Bressans, Bugistes, Revermontois, Dombistes et Gessiens en fonction des régions naturelles du département (Bresse, Bugey, Dombes et Pays de Gex).

Gentilé[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de gentilé traditionnel pour nommer les habitants du département de l'Ain de façon générale. L'Ain étant composé de 5 régions principales (les pays de l'Ain), les gens adoptent le nom du pays où ils habitent : Bressans pour la Bresse (que le géographe Foncin préconisait pour l'ensemble du département à la fin du XIXe siècle), Dombistes pour la Dombes, Revermontois pour le Revermont, Bugistes (Bugeysiens pour les spécialistes) pour le Bugey et Gessiens pour le pays de Gex. Toutefois, dans la littérature scientifique, on retrouve à plusieurs reprises l'adjectif idanien (-ne) pour désigner soit des reliefs proches de la rivière d'Ain, soit des régions situées sur le département de l'Ain. Cet adjectif a été formé sur le mot Idanus qui désignait la rivière d'Ain[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Ain.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces de peuplement de la région sont attestées dès le Paléolithique moyen avec les industries moustériennes. Quelques éléments d'industrie lithique plus ancienne (bifaces) ont été rapportés mais sans datation précise. Vers 15 000 av. J.-C., on constate une occupation plus importante du territoire à la suite du recul du glacier du Rhône qui libéra des terres. Ce peuplement semblait se constituer principalement de chasseurs et de pêcheurs, qui ont aussi laissé un important mobilier et des œuvres d'art réputées comme à la grotte de la Colombière[4].

Période gauloise et conquête romaine[modifier | modifier le code]

En Gaule, cinq peuples se partageaient la région : les Séquanes, les Ambarres, les Éduens, les Ségusiaves et les Allobroges. Mais les déplacements des Helvètes, suite aux pressions exercées par les peuples germains, provoquent des tensions. C'est à cette même période que Jules César entame sa conquête de la Gaule. Deux grands ensembles divisent alors l'Ain : Grande Séquanaise et la Lyonnaise.

Parmi les vestiges de cette époque se trouvent le temple romain d'Izernore et l'aqueduc de Vieu.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La fin de l'Empire romain vers 450, suite aux invasions barbares, entraîne le passage du pays de l'Ain au cœur du royaume burgonde puis plus tard au royaume franc. Au début du VIe siècle, le diocèse de Belley est créé en conséquence des progrès de la christianisation dans la région.

L'époque carolingienne se caractérise par une subdivision de l'Ain en plusieurs "pagi" (pays) gouvernés par des comtes qui constitueront plus tard les grands fiefs qui apparaîtront à la fin du IXe siècle.

En 843, le traité de Verdun aboutit au partage du royaume entre les trois fils de Louis le Pieux. L'Ain fait partie du royaume de Lothaire Ier alors que la Bresse revient à Charles le Chauve. Les frontières ouest (la Saône) et nord du futur département sont alors fixées et ont constitué une limite culturelle entre le nord (langue d'oïl) et le sud (franco-provençal).

États de Savoie[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, les comtes de Savoie s'installent dans la région de Belley et en Valromey. Ils vont peu à peu s'étendre jusqu'au début du XVe siècle, permettant ainsi d'unifier progressivement les différents pays de l'Ain. En 1272, la Bresse leur est donnée en dot puis le Revermont cédé par le duc de Bourgogne. Cette volonté expansionniste se heurte au Dauphiné qui convoite les mêmes régions, et, au début du XIVe siècle, la guerre entre la Savoie et le Dauphiné éclate. Cette guerre prend fin avec le Traité de Paris en 1355.

Le château de Pont-d'Ain est l'une des résidences favorites des princes. Louise de Savoie, mère de François Ier, y naît en 1476.

Du rattachement à la France à la Révolution[modifier | modifier le code]

La guerre qui oppose Henri IV et Charles-Emmanuel Ier de Savoie prend fin au traité de Lyon de 1601, négocié par René de Lucinge, seigneur des Allymes. La France cède le marquisat de Saluces et reçoit en contrepartie les provinces savoyardes de la rive droite du Rhône, qui sont rattachées à la province de Bourgogne. Seule la vallée de la Valserine reste au duché de Savoie.

Demeurée hors du royaume, la principauté de Dombes est quant à elle finalement cédée par son souverain au roi de France en 1762.

Le département de l'Ain est créé en 1790 suivant des frontières définies depuis le Moyen Âge. L'Ain est alors divisé en 9 districts, 49 cantons et 501 communes-paroisses.

Révolution et création du département[modifier | modifier le code]

L'Ain et les provinces et pays qui occupaient son territoire avant 1790 : la Bresse, le Bugey, le Pays de Gex, le Valromey, le Franc-Lyonnais et la Franche-Comté.

Le département de l'Ain a été l'un des 83 départements créés à la Révolution française, le 4 mars 1790, en application de la loi du 22 décembre 1789, à partir de quatre provinces : la Bresse, le Bugey, la Dombes, le pays de Gex et d'une partie de la province de Franc-Lyonnais.
La Bresse, le Bugey et le pays de Gex étaient administrés selon les coutumes de la Bourgogne depuis leur cession par les ducs de Savoie à la France en 1601.

De 1791 à 1793, les 9 Districts (Pont-de-Vaux, Bourg, Nantua, Gex, Belley, Saint-Rambert, Montluel, Trévoux et Châtillon-les-Dombes) du département de l'Ain fournirent 12 bataillons de volontaires nationaux[5]

Le pays de Gex en fut séparé de 1798 à 1814 quand fut créé le département du Léman.

Du XIXe siècle à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après la victoire des coalisés à la bataille de Waterloo (18 juin 1815), le département est occupé par les troupes autrichiennes de juin 1815 à novembre 1818 (voir occupation de la France à la fin du Premier Empire).

Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III, l'Ain fait partie des départements placés en état de siège afin de parer à tout soulèvement massif. Moins d'une centaine d'opposants sont arrêtés[6].

Six communes du sud-ouest du département, dans la banlieue lyonnaise ont été rattachées au Rhône en 1967 lors de la création de la Communauté urbaine de Lyon.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique dans l'Ain.
Préfecture à Bourg-en-Bresse

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Ain.

L'Ain est caractérisé par la dualité de son relief. La rivière homonyme le traverse du nord au sud. On peut donc dire que la partie ouest est un pays de plaines (Bresse, plaine de l'Ain, Val de Saône) ou de bas plateau (Dombes), à l'exception du Revermont qui annonce les premiers contreforts du Jura, contrastant avec l'est (Pays de Gex, Bugey) constitué de cluses, vallées et montagnes de type jurassien, dont les sommets du Jura. Le point culminant du massif du Jura et du département est le Crêt de la Neige (1 720 m).

Remarque : le traitement usuel apporté au Revermont ne satisfait pas la réalité géographique. À cheval verticalement sur l'Ain et le Jura, cette région qui s'étend horizontalement entre la Bresse et le Bugey ne fait vraisemblablement partie ni de l'un, ni de l'autre :

  • la première, région de plaine, s'arrête aux premières montagnes du Jura ;
  • la seconde est historiquement délimitée à l'ouest par la rivière d'Ain.

Entre les deux se trouve le Revermont, dont la devise est « Entre Ain et Suran, ni Bugiste, ni Bressan »...

Carte des communes de l'Ain regroupées selon leur arrondissement.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de l'Ain.

Le climat est tempéré dans l'ensemble. Les hivers sont froids dans le Haut-Bugey et le pays de Gex et plus modérés sur le reste du département. Les étés sont très chauds, voire étouffants dans le bas Bugey, la région ambarroise et le sud du département. La plaine de l'Ain est souvent balayée par des vents et des bises (vent de nord) plus ou moins forts. Le climat se prête assez bien aux diverses cultures du département.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Ain.

Agriculture[modifier | modifier le code]

L'Ain est souvent représenté comme une région rurale, pourtant l'agriculture n'est plus depuis longtemps l'activité prépondérante. Les productions les plus fameuses concernent :

La culture céréalière est importante en Dombes et Bresse.

Industrie[modifier | modifier le code]

C'est surtout l'industrie légère qui est présente dans l'Ain, avec des bassins spécialisés (plasturgie à Oyonnax), constructions automobiles. Le « PIPA », le Parc Industriel de la Plaine de l'Ain, implanté depuis une trentaine d'années sur les communes de Saint-Vulbas et Blyes et s'étendant sur 330 ha, représente un bassin d'emploi en pleine croissance.

La centrale nucléaire du Bugey est implantée sur la commune de Saint-Vulbas, dans le bas Bugey, à 19 kilomètres d'Ambérieu-en-Bugey.

Autres activités[modifier | modifier le code]

  • Bourg-en-Bresse, préfecture du département, est une ville administrative, siège de l'université (Centre d'Études Universitaires de Bourg et de l'Ain), dépendant de celle de Lyon.

Démographie et population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Ain.
La carte des principales communes du département

L'Ain ne possède pas de grande ville, Bourg-en-Bresse et Oyonnax étant des villes moyennes [7], mais un réseau dense de bourgs et de petites villes. Après avoir un peu diminué dans la deuxième moitié du XIXe siècle, en raison de l'exode rural, puis très fortement au moment de la Première Guerre mondiale, le nombre d'habitants a recommencé à augmenter après la Seconde Guerre mondiale. Dynamisé par la proximité de Lyon, dont la banlieue atteint le sud-ouest du département, et de Genève, dont la banlieue s'étend en partie sur le Pays de Gex, l'Ain a connu une forte augmentation de sa population, surtout au cours des trente dernières années, passant de 339 262 habitants en 1968 à 515 270 en 1999 et à 603 827 en 2011. Depuis quelques années, l'ouest du département connaît également une embellie démographique grâce à la proximité de Mâcon (34 040 habitants), préfecture de Saône-et-Loire et de Villefranche-sur-Saône (35 326 habitants), sous-préfecture du Rhône, deux villes limitrophes de l'Ain dont les agglomérations tendent à s'étendre sur le département.

Population des principales villes[modifier | modifier le code]

Rang Nom de la commune Population municipale (2011)
1 Bourg-en-Bresse 39 882
2 Oyonnax 22 459
3 Ambérieu-en-Bugey 13 839
4 Bellegarde-sur-Valserine 11 630
5 Gex 10 446
6 Saint-Genis-Pouilly 9 186
7 Miribel 9 031
8 Belley 8 761
9 Ferney-Voltaire 8 452
10 Divonne-les-Bains 8 388
11 Meximieux 7 253
12 Montluel 7 112
13 Prévessin-Moëns 6 806
14 Lagnieu 6 785
15 Trévoux 6 687


Les résidences secondaires[modifier | modifier le code]

En 2008, le département comptait 6,3 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes de l'Ain dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture dans l'Ain.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme dans l'Ain.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
Écartelé : en 1 d’azur au lion contourné d’hermine, en 2 d’azur aux trois morailles d’or rangées en pal et au chef d’argent chargé d’un lion issant de gueules, en 3 d’azur aux trois fleurs de lys d’or et au bâton péri en bande de gueules et en 4 de gueules au lion d’hermine ; sur l’écartelé la croix tréflée d’argent.
Commentaires : Le blason de l'Ain représente les seigneurs de Bresse en 1, le pays de Gex et la famille champenoise de Joinville en 2, la Dombes en 3 et les seigneurs du Bugey en 4. La croix tréflée est celle de l’ordre de Saint-Maurice.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste de films tournés dans l'Ain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Touvet devient le nouveau préfet de l’Ain, sur www.ledauphine.com (consulté le 27 août 2013).
  2. Article sur Slate.fr
  3. Ainsi on peut trouver :
    • Durafour, A. 1902. Localités nouvelles pour le Jura idanien. (Bull. Soc. nat. Ain. 1902. No. 11. p. 54—55.)
    • Rollier L., 1903. Le plissement de la chaine du Jura. In: Annales de Géographie. 1903, t. 12, n°66. pp. 403-410. p. 405 « Un nom emprunté à l’Ain serait en collision avec la dénomination de Jura idanien proposée récemment et ne saurait être employé pour une région située en majeure partie dans le département du Jura.Annales de géographie 1903 t 12  ».
    • Terretaz, J.-L., 1995. Florule est-idanienne. In Anémone, no 10, 1995, 20 p. Fig.
    • Vadam, J.-C., Philippe, M., 2008. Nouveautés bryologiques idaniennes. Nouvelles Archives de la. Flore jurassienne, 6, 125-130
  4. R. Desbrosse, 1980. Le Paléolithique du Jura méridional.Bulletin de l'Association française pour l'étude du quaternaire, 17-3. pp. 135-142 Le Paleolithique du Jura méridional
  5. Il n'y a pas de 7e bataillon
  6. Jacques Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impériale. La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, p. 11 (carte de Gilles Pécout)
  7. Voir la liste de l'INSEE et la classification proposée par le Credoc

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]