Chypre (pays)

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République de Chypre[1]

Κυπριακή Δημοκρατία[2] (el)

Kıbrıs Cumhuriyeti (tr)

Drapeau
Drapeau de Chypre
Blason
Armoiries de Chypre
alt=Description de l'image EU-Cyprus.svg.
Devise nationale Aucune
Hymne national Imnos is tin Eleftherian (Hymne à la Liberté)
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Nikos Anastasiadis
Langues officielles Grec et Turc[3]
Capitale Nicosie

35° 08′ N 33° 28′ E / 35.133, 33.467

Géographie
Plus grande ville Nicosie
Superficie totale 9 251[4] km2
(classé 160e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance du Royaume-Uni
Date 16 août 1960
Démographie
Gentilé Chypriotes ou Cypriotes
Population totale (2011) 1 120 489[5] hab.
(classé 154e)
Densité 84 38 hab./km2
Économie
IDH (2005) en stagnation 0,903 (élevé) (28e)
Monnaie Euro (EUR​)
Divers
Code ISO 3166-1 CYP, CY​
Domaine Internet .cy
Indicatif téléphonique +357

Chypre, en forme longue la République de Chypre (en grec Kýpros, Κύπρος et Kipriakí Dimokratía, Κυπριακή Δημοκρατία, littéralement « République chypriote », en turc Kıbrıs et Kıbrıs Cumhuriyeti), est un pays insulaire situé dans l’est de la mer Méditerranée, dans le bassin Levantin. Bien que Chypre soit géographiquement plus proche de la région du Moyen-Orient, le pays est rattaché culturellement et politiquement à l'Europe et est membre de l’Union européenne. Depuis 1974, la partie nord de l’île, située au-delà de la Ligne verte contrôlée par les troupes de l'ONU, est sous occupation militaire turque et en 1983, ce territoire s'est autoproclamé République turque de Chypre du Nord sans que celui-ci soit reconnu par la communauté internationale, en dehors de la Turquie.

La République chypriote est membre de l'ONU depuis le 20 septembre 1960[6], du Commonwealth, de l’Union européenne depuis 2004[7], de l’OMC, de l’OSCE, du Mouvement des non-alignés et de l’Organisation internationale de la francophonie. Chypre a intégré la zone euro le 1er janvier 2008.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Chypre.
Article connexe : Réunification de Chypre.

L’île de Chypre, que les anciens Égyptiens nommaient « Alachia », les anciens Assyriens « Iatnana » et les Phéniciens « Enkomi », était dès l’Antiquité au carrefour d’importants courants commerciaux, assimilant au fil des siècles différentes cultures provenant de la Crète minoenne, de la Grèce mycénienne et de tout le pourtour du bassin Levantin ; son nom de « Kupros » ("Κύπρος") signifie cuivre, en référence aux importants gisements de ce métal, qui assurèrent sa renommée et sa prospérité[8] dans l’ensemble du bassin méditerranéen. Chypre était aussi connue pour ses nombreuses épices et plantations. L’histoire de Chypre fut très mouvementée et l’île subit de nombreuses tutelles : hellénistique, romaine, byzantine, arabe, franque, vénitienne, ottomane et enfin britannique.

La république de Chypre actuelle obtient son indépendance du Royaume-Uni le 16 août 1960[9], celle-ci est garantie par un traité qui réunit la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni. Ce dernier conserve deux bases souveraines dans le Sud et l'Est de l'île où sont stationnés près de 4 200 soldats britanniques.

Malgré cette paix fugace, les problèmes ne tardent pas à se manifester. Pour les milieux nationalistes grecs, la réunion de l’île à la Grèce (Enosis) est la dernière étape de la "libération" des pays grecs, mais la minorité turque (18 % de la population) ne l’entend pas de cette oreille et les affrontements se multiplient pendant la décennie de 1960, surtout en 1964 et 1967, et plusieurs dizaines de personnes trouvent la mort, tant côté turc que grec. Le gouvernement du président Makarios, où les deux communautés sont représentées, peine à maintenir un équilibre. Lorsque la dictature des colonels se met en place en Grèce, de nombreux opposants grecs se réfugient à Chypre.

Le 15 juillet 1974, la garde nationale dirigée par des officiers grecs acquis aux colonels lance une tentative de coup d’État contre le président Makarios avec l'aide du groupe armé de l'EOKA B (branche armée et dissidente du mouvement « EOKA » qui souhaitait réaliser l’Enosis par des voies politiques). Le 20 juillet, la Turquie intervient militairement arguant la protection des intérêts de la minorité turque, en lançant l'opération Attila, et occupe le Nord de l’île en deux jours (s’assurant le contrôle de 38 % du territoire). En Grèce, le refus de l’armée de s’impliquer plus avant dans ce conflit provoque la chute de la dictature des colonels. Malgré la restauration de la république chypriote, la Turquie refuse de se retirer et impose la partition du pays de part et d’autre de la « ligne verte » (appelée « ligne Attila » par les Turcs). 200 000 Chypriotes grecs sont contraints à l’exode entre 1974 et 1975, chassés du territoire occupé par la Turquie ; les Chypriotes turcs sont forcés de s’installer au Nord en 1975 à la demande de leur chef Rauf Raif Denktaş, lors de pourparlers à Vienne (Autriche). Le 13 février 1975, se met en place l'« État fédéré turc de Chypre » qui n'est reconnu que par la Turquie. En 1983, il devient la « République turque de Chypre du Nord »[10]. L'ONU désapprouve cette occupation dans sa résolution 541 du 18 novembre 1983. L’UNFICYP prend le contrôle de la ligne verte et fait respecter le cessez-le-feu. De nombreux Chypriotes grecs et turcs, chassés de leurs terres, s’exilent en Grande-Bretagne. La « République turque de Chypre du Nord » s’appauvrit en raison de l’embargo international, tandis que la Turquie mène une politique de colonisation de turcs d’Anatolie vers la partie nord de Chypre (politique condamnée par des résolutions de l'ONU), ce qui fait passer le pourcentage de turcophones dans l’île de 18 % en 1970 à 22 % en 1997[11]. On compte aujourd'hui à Chypre 93 000 colons venus de Turquie[12].

Depuis la partition, il ne reste en tout que deux villages mixtes dans toute l’île : Pyla dans l’enceinte de la base britannique de Dhekelia, et Agios Androlikos/Yesilköy dans la « République turque de Chypre du Nord ».

En 2003, la perspective de l’entrée de Chypre dans l’Union européenne permet un premier dégel, avec l’ouverture de points de passage sur la ligne verte, et une mission de bons offices du secrétaire des Nations unies, Kofi Annan. Le plan Annan, intervenant après trente ans de négociations infructueuses, propose d’instaurer un État confédéral, chaque État confédéré devant permettre l’installation (ou le retour) de 33 % au plus de résidents de l’autre communauté sur son sol. Bien que le nombre de Turcs soit insuffisant pour atteindre ce taux au Sud, alors que le nombre de Grecs est largement suffisant pour l’atteindre au Nord, ce plan fut accepté à plus de 65 % par les habitants du Nord de l’île, mais rejeté à 70 % par ceux du Sud lors d’un référendum : en effet, pour les Grecs ayant été chassés du Nord, la limitation à 33 % était inacceptable, étant donné qu’ils étaient environ 79 % des habitants du nord avant 1974 ; pour les Turcs en revanche, cela revenait à sauvegarder l’essentiel de leurs acquis tout en revenant dans la légalité internationale et en échappant à l’embargo et à la dépendance vis-à-vis d'Ankara. Au cours de ce référendum d’ailleurs, pour la première fois, des manifestations massives, rassemblant jusqu'à 50 000 personnes, ont eu lieu dans la partie occupée de Chypre, au cours desquelles la communauté chypriote turque a contesté ouvertement la politique sous tutelle d’Ankara du « président » Rauf Denktash, exigé sa démission, et exprimé son souhait de rattachement à la partie sud[13]. Le 1er mai 2004, la République de Chypre entre dans l’Union européenne alors qu’une partie de son territoire est toujours occupée militairement par la Turquie, et depuis, l’inégalité économique entre les deux parties s’est aggravée. Tout progrès vers une solution à ce conflit qui sépare les deux communautés depuis 1974, semble désormais largement lié à l’avancée des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe : le retrait d’Ankara de Chypre est en effet l’une des conditions de cette adhésion. La création depuis 2005 de points de passage entre les deux côtés, permet aux populations de renouer des contacts et donne une lueur d’espoir en vue d’une amélioration de la situation.

La ligne verte au niveau de la rue Ledra.

En 2006, pendant la guerre du Liban voisin, Chypre sert de zone d’exfiltration aux milliers d’étrangers fuyant le pays. Par ailleurs une importante communauté libanaise maronite s’est installée à Chypre-Sud, à la suite de la guerre civile libanaise.

Le 3 avril 2008, malgré l'opposition de l’armée turque, la rue Ledra dans le centre de Nicosie, coupée en deux par un mur depuis 1974, est rouverte et devient le premier point de passage du centre de la ville[14].

À partir de 2013 : la crise financière internationale frappe sévèrement l'économie chypriote, contraignant le gouvernement à une politique d'austérité à laquelle le parlement cherche à résister : les Chypriotes perdent confiance dans les instances supra-nationales et réagissent en développant l'économie informelle. Toutefois, les ressources gazières découvertes au large de Chypre pourraient à terme aider à la sortie de crise[15].

En ce qui concerne la réunification éventuelle de l'île, d'après l'AFP citée dans Libération le 20 mai 2014, « les discussions directes entre le Nord et le Sud ont repris en février, sous l'égide des Nations Unies et grâce à l'appui marqué de Washington, après avoir été suspendues en 2012 »[16].

Relations avec l’Union européenne[modifier | modifier le code]

Chypre signe le 19 février 1972 l'accord d'association qui entrera en vigueur le 1er février 1999.

Le 4 juillet 1990, Chypre présente la question d’adhésion, mais l'ouverture des négociations d'adhésion ne se fait que le 31 mars 1998. Elles se terminent le 13 décembre 2002.

Le 14 avril 2003, le Conseil européen approuve l’adhésion[17]. Le traité d'adhésion est signé le 16 avril 2003 et entre en vigueur le 1er mai 2004[18].

Le 13 février 2007, Chypre demande que soit examinée sa subordination aux critères de convergence. Le 16 mai 2007, la Banque centrale européenne[19] et la Commission européenne[20] publient leurs relations sur le respect des critères de convergence de la part de Chypre. Le 21 juin, le Conseil européen autorise l'adoption de l'euro. Après la décision des Chefs d'État ou de Gouvernement, les Ministres de l'Économie et des Finances (Ecofin) abrogent le 10 juillet 2007 la dérogation dont Chypre jouit[21] et fixent le taux irrévocable de conversion : 1 € = 0,585274 livre chypriote[22].

Le 1er janvier 2008, en même temps que Malte, Chypre adopte l'euro en remplacement de la livre chypriote.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de Chypre.
Baie de Khrysokhou.
Carte de l'île de Chypre.

D'une superficie 9 250 km² (dont 3 355 km² dans la partie militairement occupée par la Turquie), l'île de Chypre est située dans la partie orientale de la Méditerranée. Elle comporte 648 km de littoral. Le point culminant de l'île est le Mont Olympe avec ses 1 951 m. Bien qu'étant une île, Chypre possède environ 150 km de frontière terrestre avec les bases militaires britanniques d'Akrotiri et Dhekelia[23].

La topographie de l'île est divisée en trois grands ensembles :

Image satellite de Chypre

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à Chypre.

La Chambre des représentants (grec : Βουλή των Αντιπροσώπων; Vouli ton Antiprosópon ; turc : Temsilciler Meclisi) est le Parlement chypriote. Il a 59 membres élus pour un mandat de cinq ans, 56 membres par représentation proportionnelle et 3 membres observateurs représentant les minorités : Maronite, Latine et Arménienne. 24 sièges sont attribués à la communauté turque. Cependant, depuis 1964, les membres turcs chypriotes n'ont pas pris leurs postes, et aucune élection ne s'est déroulée parmi la communauté turque chypriote comme le prévoit la Constitution de la République. Malgré cette anomalie, la Chambre a gardé vacants les sièges attribués à la communauté turque chypriote. Ces sièges demeurent disponibles aux députés turcs chypriotes pour autant qu'ils soient élus selon les règles de la Constitution.

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Élection législative du 21 mai 2006[modifier | modifier le code]

Au total, 56 députés ont été élus en 2006.

Parti politique Nombre de voix Pourcentage des voix Sièges
AKEL
131 309
31,13 %
18
DISY
127 976
30,34 %
18
DIKO
75 588
17,92 %
11
EDEK
37 583
8,91 %
5
Parti européen
24 254
5,75 %
3
Écologistes et Environnementalistes
8 225
1,95 %
1
EDI
6 580
1,56 %
sans député

Le 24 février 2008, Dimitris Christofias, chef du Parti communiste AKEL, est élu président de la République chypriote, au deuxième tour de l'élection, par 53,36 % des voix, contre 46,64 % à son adversaire conservateur, Ioannis Kassoulides. Son élection relance les espoirs de réunification de l’île : en effet, à peine élu, M. Christofias a annoncé son intention de tendre la main aux Chypriotes turcs. Mais peu de progrès ont eu lieu depuis.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions de Chypre.

L’organisation territoriale de la République chypriote est constitué de trois divisions administratives : les districts, les municipalités et les communautés.

Les districts ont à leur tête des préfets, nommés par le gouvernement central. Il est le représentant de l’État (les districts ne sont donc pas des collectivités locales). Au sein des municipalités, le maire et les conseillers municipaux sont élus de manière distincte. On compte en 2001, 33 municipalités, dont 9 sont situées hors du territoire où s’applique la souveraineté effective de la République chypriote. Il s’agit en règle générale d’espace urbain. Dans les communautés, la gestion est partagée entre le préfet et le maire élu.

Économie[modifier | modifier le code]

La rue Ledra, au centre de Nicosie.

Chypre est le plus riche des dix nouveaux États-membres de l'Union européenne en termes de PIB par habitant à prix courant ; il s'élevait en 2008 à 28 600 €[23].

Ses performances économiques demeurent satisfaisantes. En 2007, la croissance a atteint 4,4 %, le taux de chômage 4,2 % et l'inflation 2,2 %. Toutefois, Chypre n'est pas épargnée par les perturbations de l'économie dans le monde. Ainsi, le ministre des Finances, Charilaos Stavrakis, a annoncé qu'en 2007, la croissance serait comprise entre 3,4 % et 3,6 %, ce qui demeure toutefois au-dessus des prévisions de croissance de la zone euro.

L’économie de Chypre présente certaines faiblesses structurelles. Sa balance commerciale est structurellement déficitaire (- 5 270,7 milliards d'euros, soit 34 % du PIB), en raison de son tissu industriel modeste. Le secteur des services tire le pays vers le haut. Le secteur financier est hypertrophié (40 % du PIB). Le secteur du tourisme, qui ne représente plus que 12 % du PIB du pays, souffre d'un manque de compétitivité croissant.

Le gouvernement chypriote a lancé un « programme de convergence 2004-2008 ». Le triple objectif est de ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3 %, de faire repasser la dette publique en dessous du ratio de 60 % du PIB et d’assurer la soutenabilité des finances publiques, est sur le point d'être respecté. En 2007, Chypre affichait un solde budgétaire de 3,3 % en excédent, la dette publique n'était plus que de 59,8 %.

En matière de réformes structurelles, le gouvernement chypriote a défini une stratégie en trois points : libéralisation de l’économie, développement de l’« économie de la connaissance » et recherche d’un développement durable s’appuyant sur la modernisation des infrastructures de base et le capital humain.

La livre chypriote a intégré le 29 avril 2005 le mécanisme de taux de change européen, dit MCE II, qui la lie à l'euro. Une demande officielle d'intégration dans l'union monétaire envoyée à la BCE et à la commission européenne le 13 février 2007 a reçu un avis favorable en mai 2007 : Chypre, en même temps que Malte, a finalement adopté l'euro et pu émettre ses premiers pièces et billets le 1er janvier 2008, au taux de 1 EUR = 0,585274 CYP, soit 1 CYP = 1,7086 EUR[24].

Comme le souligne la journaliste Martine Orange : « depuis 1974, l’île est un paradis fiscal, une plaque tournante pour les capitaux légaux et illégaux. Les capitaux du Moyen-Orient y ont d’abord trouvé refuge, au moment de la guerre du Liban. Les fonds secrets de Slobodan Milosevic et de ses sbires y sont transités pour financer leur guerre en Serbie. Les armateurs grecs sont venus y cacher leurs richesses. Les oligarques russes ont choisi d’y abriter une partie de leur fortune, avant de la rediriger vers l’Europe ou le reste du monde. Selon l’agence Moody's, les avoirs russes dans les banques chypriotes sont estimés à 23,8 milliards d’euros sur un total de 70 milliards. Les banques russes détiendraient à elles seules plus de 12 milliards d’euros[25]. »

Chypre a une industrie touristique majeure.
Port de Paphos.

Un pays en récession (2008-)[modifier | modifier le code]

De 2008 à 2013, le chômage explose, passant de 4,2 à plus de 16,3 % ; le PIB par habitant diminue et le pays entre en récession en 2009 et de nouveau depuis 2010, atteignant -2,4 % au deuxième trimestre 2012. Fin 2012, Chypre doit demander une aide de 17 milliards d'euro à l'union européenne pour soutenir son économie touchée par la crise grecque[26]. Des politiques d'austérité sont mises en œuvre pour réduire les déficits publics, entraînant une baisse du niveau de vie[27]. La précarité se développe et 22 % de la population est en risque de pauvreté.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Chypre.
La population de Chypre avant et depuis 1974, d'après G. Ténékidès
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La population totale de l'île est d'environ un million d'habitants. 769 740 Chypriotes grecs vivent dans la zone Sud[23],[12], avec 25 000 Chypriotes turcs selon le recensement de 2001. Quelques centaines de Chypriotes grecs vivent également dans la partie occupée par la Turquie. Quelques 117 000 Chypriotes turcs vivent dans le Nord, auxquels s'ajoutent plus de 93 000 colons turcs venus d'Anatolie après 1974[12].

En 2009, la population est composée à 19,1 % de personnes âgées de moins de 15 ans, 68,1 % de la population est âgée de 15 à 64 ans, et 12,3 % de la population est âgée 65 ou plus. La densité de population est de 85 habitants/km² en 2009. L'espérence de vie est de 75,91 ans pour les hommes et 80,86 pour les femmes en 2009[23].

En 2009, le taux de croissance de la population est de 0,519 %, avec un taux de natalité de 12,56 ‰, un taux de mortalité de 7,76 ‰, un taux de mortalité infantile de 6,6 ‰, un taux de fécondité de 1,77 enfants par femme et un taux de migration de 0,42 ‰[23].

Culture, langue et religion[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Les langues parlées sont le grec et le turc qui ont le statut de langues officielles. Chacune d'elles possède des variantes dialectales que sont le grec chypriote et le turc chypriote. Chypre étant une ancienne colonie britannique, l’anglais est également présent dans la société chypriote grecque[28].

Religions[modifier | modifier le code]

Les Chypriotes sont à 78 % chrétiens orthodoxes. Il existe également de petites communautés maronite, arménienne et latine (5 %). La partie occupée de l'île est majoritairement musulmane sunnite (18 % de la population totale de l'île)[23].

Cuisine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine chypriote.

Fêtes et jours fériés[modifier | modifier le code]

Monastère de Kykkos.

D’après le site d’informations officiel du gouvernement de la République de Chypre, quatre jours sont observés par toutes les communautés, les autres sont observés légalement selon chaque communauté nationale ou religieuse :

Date Nom français Noms locaux Remarques
1er janvier Jour de l’an Πρωτοχρονιά
New Year Day
Fête civile
6 janvier Épiphanie Epiphany Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, et catholiques uniquement)
Noël arménien Christmas Fête religieuse (observée par les arméniens uniquement)
variable Lundi des Rameaux Green Monday Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, et aussi par catholiques et arméniens)
variable « Anniversaire du prophète » Prophet's Birthday Fête religieuse (observée par les Turcs musulmans)
variable
(2 jours)
Ramadan Ramazan Bayrami Fête religieuse (observée par les Turcs musulmans)
variable
(3 jours)
Fête du sacrifice Kurban Bayrami Fête religieuse (observée par les Turcs musulmans)
25 mars Fête nationale grecque (Annonciation) Ευαγγελισμός της Θεοτόκου Fête civile. Commémoration de la révolution de 1821, instaurée en 1838
1er avril Fête nationale grecque chypriote Εθνική Επέτειος Fête communautaire (observée par les orthodoxes grecs, catholiques et arméniens). 19551959.
variable Vendredi saint Μεγάλη Παρασκευή Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, catholiques, protestants et arméniens)
variable Lundi de Pâques Δευτέρα Διακαινησίμου Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, catholiques, protestants et arméniens)
23 avril Journée internationale de l'enfant Cocuklar bayrami Journée commémorative pour les droits et le bien-être de tous les enfants du monde. Fête communautaire (observée par les Turcs)
1er mai Fête du Travail Εργατική Πρωτομαγιά et Işçiler bayramı Fête civile (internationale)
19 mai Commémoration d'Atatürk et Fête des sports et de la jeunesse Atatürk'ü Anma et Gençlik ve Spor Bayramı Fête communautaire (observée par les Turcs)
variable Lundi de Pentecôte orthodoxe Kataklysmos Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs)
15 août Dormition Κοίμηση της Θεοτόκου Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs)
30 août Fête de la victoire, commémore la victoire finale dans la bataille de Dumlupinar en 1922 Zafer Bayramı Fête communautaire (observée par les Turcs)
1er octobre Jour de l’Indépendance de Chypre Ημέρα ανεξαρτησιάς Fête civile. 1960.
28 octobre Fête nationale grecque (Jour du Non) Επέτειος του Όχι Fête communautaire (observée par les orthodoxes grecs, catholiques et arméniens). Rejet de l’ultimatum de Mussolini et retrait des troupes italiennes en Albanie.
29 octobre Jour de l’indépendance turque Cumhuriyet Bayramı Fête communautaire (observée par les Turcs)
24 décembre Veille de Noël Christmas Eve Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, catholiques, protestants et arméniens)
25 décembre Noël Χριστούγεννα
Christmas
Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, catholiques, protestants et arméniens)
26 décembre Lendemain de Noël Boxing Day Fête religieuse (observée par les orthodoxes grecs, catholiques, protestants et arméniens)

Transports et communications[modifier | modifier le code]

Autoroute A6 en direction de Pafos.
  • Lignes de téléphone : 376 000 (86 228 pour la partie occupée) (en 2007)
  • Téléphones portables : 962 200 (147 522 pour la partie occupée) (en 2007)
  • Nombre d'utilisateurs Internet : 380 000 (en 2007)
  • Routes :
    • Total : 12 280 km (2 350 pour la partie occupée) (en 2007)
    • Goudronnées : 7 979 (1 370 pour la partie occupée) (en 2007)
  • Voies ferrées : 0 km
  • Voies navigables : 0 km
  • Nombre d'aéroports : 15 (dont 13 avec des pistes goudronnées) (en 2010)

Source : CIA World Factbook[23]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Codes[modifier | modifier le code]

Chypre a pour code :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Sylvain Béraud, La culture française dans l'espace chypriote de 1192 à 1971, Nicosie, service culturel du ministère de l'éducation de Chypre, 1990.
  • (fr) Pierre Blanc, La déchirure chypriote, Géopolitique d'une île divisée, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • (fr) Alain Blondy, Histoire de Chypre, Paris, PUF, Que sais-je? no 1009, 1998, 128 p. (ISBN 2-13-048605-3)
  • (fr) Andréas Chatzisavas (dir.), Chypre et l'Europe, Besançon, Ed. Praxandre, 1998.
  • (fr) Daphné Chrysostomides, Les requêtes cypriotes contre la Turquie devant la Commission et la Cour Européenne des Droits de l'Homme et leur importance, Nicosie, Institute for Political Research and European Affairs, 1998.
  • (en) Etienne Copeaux et Claire Mauss-Copeaux, « Dividing Past and Present. The ‘Green Line’ in Cyprus, 1974-2003 », in Inga Brandell (ed.), State Frontiers. Borders and Boundaries in the Middle East, Londres, IB Tauris, 2006, p. 33-52.
  • (fr) Etienne Copeaux et Claire Mauss-Copeaux, Taksim! Chypre divisée, Lyon, Aedelsa, 2005. Ce livre résulte d'une enquête menée parmi la population turco-chypriote de 1995 à 2004.
  • (fr) Étienne Copeaux (dir.), Recherches en cours sur la question chypriote, Cahiers de Recherches du Groupe de recherches et d’Études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, Monde arabe contemporain, Lyon, 2001, n. 9 [1]
  • (fr) Jean-François Drevet, Chypre, île extrême, chronique d'une Europe oubliée, Paris, Syros/Alternatives, 1991.
  • (fr) Jean-François Drevet, Chypre en Europe, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • (fr) Fabrizio Frigerio, « Enosis et Taksim [union et partage] : culture et identité nationale à Chypre ».-Relations internationales, Paris-Genève, 1980, n. 24, hiver, p. 415-423.
  • (fr) Fabrizio Frigerio, « Nations et État à Chypre ».-Cadmos, Genève, 1984, n. 25, p. 39-58.
  • (fr) Fabrizio Frigerio, « Les partis politiques à Chypre : bibliographie » .-Bibliographie sélective sur les partis politiques en Europe du Sud : Grèce, Espagne, Portugal, Turquie et Chypre.-Etudes et recherches, n. 21, Département de Science politique de l'Université de Genève, Genève, 1988, p. 87-95.
  • (fr) Fabrizio Frigerio,« Quelle fédération pour Chypre? » .-Recherches en cours sur la question chypriote, dir. da Etienne Copeaux, Cahiers de Recherches du G.R.E.M.M.O. (Groupe de recherches et d’Etudes sur la Méditerranée et le Moyen - Orient), Monde arabe contemporain, Lyon, 2001, n. 9, p. 9-19 [29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation de Chypre sur le site du Ministère français des affaires étrangères et européennes
  2. Κυπριακή Δημοκρατία (Kipriakí Dimokratía) se traduit littéralement en République chypriote.
  3. (en) « La constitution de la République de Chypre » [PDF], Président de la République de Chypre (consulté le 18 Novembre 2013), p. 2
  4. 3 355 km2 sont dans la partie turque de Chypre.
  5. Central Intelligence Agency, The World Factbook, 2011
  6. Liste des États membres de l'ONU par dates sur le site web de l'ONU
  7. Présentation de Chypre sur le site web de l'Union européenne
  8. Histoire des premiers peuplements de l'île.
  9. Indépendance de Chypre, le 16 août 1960.
  10. Gilles Bertrand, Le conflit helléno-turc: la confrontation des deux nationalismes à l'aube du XXIe siècle, Maisonneuve & Larose, 2004, 390 pp., (ISBN 978-2-7068-1727-4) p. 86.
  11. Gilles Bertrand, op. cit. p. 96.
  12. a, b et c Gérard Chaliand, Atlas du nouvel ordre mondial, Robert Laffont, Paris, 2003 (ISBN 2-221-10039-5) p. 124-25.
  13. Olivier Da Lage, « Chypre - Sommet Denktash-Clerides sous pression », Radio France International (rfi),‎ 2003 (consulté le 27 juin 2009).
  14. « La rue Ledra, symbole du conflit chypriote, est rouverte » dans le Figaro, 3 avril 2008 [lire en ligne (page consultée le 5 avril 2008)]
  15. Adeline Raynal, « Chypre voit une lueur au bout du tunnel, ses réserves de gaz naturel », sur La Tribune,‎ 19 mars 2013
  16. Une double liste présentée par un parti de gauche avec la première équipe bicommunautaire de l'île partitionnée pour les élections européennes du 25 mai 2014., Libération, le 20 mai 2014.
  17. Décision du Conseil de l'Union européenne du 14 avril 2003 relative à l'admission de la République tchèque, de la République d'Estonie, de la République de Chypre, de la République de Lettonie, de la République de Lituanie, de la République de Hongrie, de la République de Malte, de la République de Pologne, de la République de Slovénie et de la République slovaque à l'Union européenne ([PDF] GU EU L 236 du 23.9.2003).
  18. Traité entre le Royaume de Belgique, le Royaume de Danemark, la République fédérale d'Allemagne, la République hellénique, le Royaume d'Espagne, la République française, l'Irlande, la République italienne, le Grand-Duché de Luxembourg, le Royaume des Pays-Bas, la République d'Autriche, la République portugaise, la République de Finlande, le Royaume de Suède, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (États membres de l'Union européenne) et la République tchèque, la République d'Estonie, la République de Chypre, la République de Lettonie, la République de Lituanie, la République de Hongrie, la République de Malte, la République de Pologne, la République de Slovénie, la République slovaque relatif à l'adhésion de la République tchèque, de la République d'Estonie, de la République de Chypre, de la République de Lettonie, de la République de Lituanie, de la République de Hongrie, de la République de Malte, de la République de Pologne, de la République de Slovénie et de la République slovaque à l'Union européenne ([PDF] GU EU L 236 du 23.9.2003).
  19. Rapport sur la convergence mai 2007 PDF)
  20. COM (2007) 0255 Rapport de la Commission - Rapport de convergence 2007 relatif à Chypre (établi conformément à l’article 122, paragraphe 2, du Traité, à la demande de Chypre) {SEC(2007) 623} PDF)
  21. 2007/503/CE Décision du Conseil du 10 juillet 2007 conformément à l'article 122, paragraphe 2, du traité, relative à l'adoption, par Chypre, de la monnaie unique au 1er janvier 2008 ([PDF] GU EU L 186 du 18.7. 2007)
  22. Règlement (CE) no 1135/2007 du Conseil du 10 juillet 2007 modifiant le règlement (CE) no 2866/98 en ce qui concerne le taux de conversion à l’euro pour Chypre L 256 du 2.10.2007)
  23. a, b, c, d, e, f et g (en) CIA The World Factbook, « Chypre »,‎ 2010 (consulté le 4 avril 2009).
  24. Banque centrale européenne, « L'Euro - Introduction » (consulté le 4 avril 2009).
  25. Martine Orange, « Chypre: la zone euro avance dans l'inconnu », Mediapart, 18 mars 2013.
  26. Chypre : l'économie se contracte de 2,4 % , Crise européenne : Chypre, le nouveau maillon faible.
  27. Les Chypriotes apprennent à vivre avec la récession.
  28. Présentation de l'île, sur le site de la Commission européenne.
  29. « Recherches en cours sur la question chypriote »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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