André Courrèges

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André Courrèges

France

XXe siècle

Naissance 29 mars 1923 (91 ans)
Principaux intérêts Haute Couture
Influencé par Cristóbal_Balenciaga
A influencé Thierry Mugler, Jil Sander, Hussein_Chalayan, Stephen Sprouse, ou Nicolas Ghesquière
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André Courrèges, né le 29 mars 1923[1] à Pau (Basses-Pyrénées), est un couturier français, fondateur de la maison Courrèges. Promoteur de la minijupe et du pantalon pour les femmes, dès le début des années 1960 il crée une mode fonctionnelle, architecturée, symbole de son époque, et qui inspirera à la suite de nombreux stylistes par ses formes géométriques et l'omniprésence du blanc.

Biographie[modifier | modifier le code]

À quinze ans, André Courrèges veut faire une école d'art. « Tu seras ingénieur[2] » lui dit son père, majordome, qui l’envoie effectuer des études de génie civil. André Courrèges effectue ses études à Pau et découvre dessin et architecture. Il s'installe à Paris juste après la Seconde Guerre mondiale[3] et suit des cours à l'École de la chambre syndicale de la couture.

À partir de 1950, il travaille brièvement chez Jeanne Lafaurie, puis pendant dix ans chez Balenciaga, y apprenant le métier et ses techniques[3]. Les cinq premières années, André Courrèges apprend une chose nouvelle chaque jour dit-il, les cinq années suivantes, il s'ennuie[2]. Il y travaille avec sa future femme de douze ans sa cadette, Coqueline Barrière. Ils quittent tous deux la maison de haute couture, et André Courrèges est remplacé chez Balenciaga par Emmanuel Ungaro[3]. Coqueline Courrèges précisera plus tard : « André et moi avions besoin de nous éloigner de l'influence de notre mentor, Balenciaga. L'objectif était de garder sa philosophie et son raisonnement mais de l'adapter dans quelque chose qui pouvait être accessible à la nouvelle et jeune génération[4]. » À son départ de Balenciaga, il se donne cinq ans pour réussir, il y arrivera en deux[2].

Article détaillé : Courrèges (entreprise).

Il fonde son entreprise en 1961, et rencontre très rapidement le succès. Les vêtements sont construits, bâtis et témoignent de sa passion pour l'architecture. Il veut habiller la jeunesse et libérer la femme : pour cela, il supprime toutes les entraves qui composaient précédemment les toilettes féminines, guêpière, soutien-gorge[N 1], talons hauts… à la place il crée des combi-shorts, des tailleurs à larges poches, des pantalons et des pantacourts, des bottes plates, etc.

André Courrèges et son ancienne assistante Coqueline, mariés, sont maintenant installés rue François Ier[6] depuis mars 1967. Les magazines féminins disent alors d'André Courrèges qu'il a « retiré dix ans aux femmes[7] ». Mais milieu des années 1990, André Courrèges, malade[8], prend sa retraite ; sa femme reprend la direction artistique de l'entreprise. En 2002, après le dernier défilé haute couture, André Courrèges décide de se consacrer à d'autres projets, comme la peinture, la sculpture ou les véhicules non polluants[3] avec sa filiale Courrèges Énergie.

Le travail d'André Courrèges est celui d'un visionnaire : il installe un univers radical, personnel et polymorphe et adapte ses vêtements à l'évolution des mœurs, en regardant vers l'avenir, mais tout en restant en phase avec son époque. Architecte[9] du vêtement autant que couturier[10], il sera surnommé le « Le Corbusier de la haute couture[6] », refusant l'esthétisme pur du stylisme au profit de créations faciles à porter[3]. Durant toute sa carrière, il dira s'adresser avant tout aux femmes modernes, actives, désirant plus acheter « un mode de vie » que des vêtements. Il influencera plusieurs stylistes par la suite, et on retrouvera l'esprit épuré de Courrèges dans les collections de Thierry Mugler, Jil Sander, Chalayan, Stephen Sprouse (en), ou Nicolas Ghesquière[3],[11],[12],[13]. La « petite robe blanche » de Courrèges deviendra emblématique, telle la petite robe noire de Coco Chanel. En parlant des premières réalisations de Courrèges, Yves Saint Laurent dira que « sa collection est apparue comme une bombe, après, plus rien n'était comme avant[6]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Gazette de Lausanne soulignera en 1967 :
    « Les mannequins sont de belles filles bien plantées. Elles ont cependant le signe particulier du dogme Courrèges. Pas de poitrine, le couturier condamnant le soutien-gorge[5]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'éphéméride du jeudi 29 mars 2012 », Monde, sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ 29 mars 2012 (consulté le 11 février 2013) : « André Courrèges, couturier (1923) »
  2. a, b et c (en) Nadine Liber, « The Lord of the Space Ladies », Life, vol. 58, no 20,‎ 21 mai 1965, p. 47 à 57
  3. a, b, c, d, e et f Noël Palomo-Lovinski (trad. Lise-Éliane Pomier), Les plus grands créateurs de mode : de Coco Chanel à Jean Paul Gaultier, Paris, Eyrolles,‎ 2011, 192 p. (ISBN 978-2-212-55178-5), « André Courrèges », p. 128 à 129
    « André Courrèges a conduit la haute couture vers l'âge de l'espace […] Alternativement admiré ou controversé dans les années 1960, Courrèges continue d'inspirer de nombreux stylistes contemporains. »
  4. (en) Lisa Eisner, Roman Alonso, « The White House », Magazine, sur nytimes.com, The New York Times Magazine,‎ 19 août 2001 (consulté le 10 février 2013)
  5. C.S., « Des nouveautés dont on parle », La Gazette de Lausanne,‎ 25 février 1967, p. 13
  6. a, b et c Marine De La Horie, « Courrèges, retour vers le futur », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 29 septembre 2011 (consulté le 9 février 2013)
  7. Florence Müller et Eric Reinhardt (Conception éditoriale), Élégances aériennes : une histoire des uniformes d'Air France, Paris, Air France,‎ août 2004, 136 p., chap. 6 (« les uniformes « futuristes » de Cardin, Courrèges, Esterel et Carven »)
  8. Nicole Vulser, « La renaissance de Courrèges passe par Internet et par la parfumerie », Économie, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 5 mai 2012 (consulté le 9 février 2013)
  9. « Signé Courrèges », L'Officiel de la mode, Éditions Jalou, no 517-518,‎ avril 1965, p. 42 (ISSN 0030-0403) « Courrèges ce jeune et déjà très grand couturier fait beaucoup parler de lui car son style si singulier attire et intrigue tout à la fois. Sa conception de la femme est particulière ; il la voit tel un architecte et la traite en masse et en volume. »
  10. Michèle leloup, « Il faut rendre à Courrèges… », sur lexpress.fr, L'Express,‎ 27 mars 1997 (consulté le 9 février 2013)
  11. (en) Constance C. R. White, « Courreges, Once Again », Style, sur nytimes.com, The New York Times,‎ 20 mars 1995 (consulté le 10 février 2013) : « This season, looks inspired by Andre Courreges, […] were all over Milan's runways […] This is not the first revival of the Courreges style. The late 1980's also saw a resurgence of interest, as designers plundered the 1960's for inspiration. »
  12. Hélène Guillaume, « Un printemps sous le signe des sixties », Style, sur lefigaro.fr, Madame Figaro,‎ 30 janvier 2007 (consulté le 9 février 2013) : « Revival Courrèges, silhouette trapèze et longueur mini, les créateurs puisent dans l’esthétique des années yé-yé. […] chez Balenciaga ou Hussein Chalayan, dont les collections évoquent le mouvement futuriste d’André Courrèges, Pierre Cardin et Paco Rabanne. Comme Mugler et ­Montana dans les années 1980, cette référence est en fait une projection dans le futur […] fuselée et androgyne chez Nicolas Ghesquière pour Balenciaga ; expérimentale chez Hussein ­Chalayan »
  13. Héloïse Gray, « Retour vers le futur », Styles, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 27 février 2007 (consulté le 9 février 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erik Orsenna, Courrèges : édition limitée à 3000 exemplaires numérotés, Xavier Barral,‎ novembre 2008, 224 p. (ISBN 9782915173277)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]