Luxe

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Luxe (homonymie).
L'industrie française du cosmétique : porte-étendard mondial du luxe hexagonal.

Le luxe (lat. luxus) est le mode de vie consistant à pratiquer des dépenses somptuaires et superflues, dans le but de s'entourer d'un raffinement fastueux ou par pur goût de l'ostentation, par opposition aux facteurs ne relevant que de la stricte nécessité. Par extension, le luxe désigne également tous les éléments et pratiques permettant de parvenir à ce niveau de vie. L'aspect d'inutilité du luxe est à la base de l'expression « C'est du luxe ! », familière dans son utilisation pour qualifier quelque chose de superflu. Un produit de luxe désigne un produit d'une très grande qualité, raffiné et coûteux.

Enjeux du luxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Consommation ostentatoire.

L'enjeu du luxe est très grand. Le luxe est un secteur d'emploi très important et en pleine expansion dans le monde et ses prix élevés permettent une certaine redistribution des richesses via les employés.

Histoire du luxe[modifier | modifier le code]

Le luxe véritable n'apparaît généralement pas dans une seule forme ou réalisation et s'accorde mieux avec une certaine profusion semblant si possible illimitée. Le luxe est donc naturellement associé à la richesse qui permet des investissements qui visent le pur agrément et non le profit. Dans le luxe, l'abondance s'associe au superflu pour conférer un sentiment de grande aisance matérielle et de raffinement du goût. Au XVIIIe siècle, cette sensation particulière a été fixée par Voltaire dans une formule un rien paradoxale : « Le superflu, chose très nécessaire. » (poème Le Mondain, 1736).

Le luxe s'exprime dans tous les domaines où le plaisir importe puisqu'il y contribue par un registre particulier et quelquefois le constitue presque entièrement, particulièrement pour ceux qui ont le goût du luxe. Ainsi, le luxe peut-il participer à un type de bonheur et être subjectivement vécu sous des apparences fort modestes. La doctrine de Diderot dans l'encyclopédie est aussi très opposée au luxe en effet il écrit : « le luxe confère à l'homme un caractère inhumain » dans La dynastie des Séleucides, son principal comte philosophique. En outre, la philosophie de Diderot présente le luxe comme un éloignement du mythe du « bon sauvage », comme évoqué par exemple à l'article « Luxe » de l'Encyclopédie, écrite par de nombreux philosophes et écrivains parmi lesquels D'Alembert.

Le luxe favorise la créativité et l'innovation technique, il stimule les multiples secteurs d'activité qui peuvent conforter tout « consommateur » dans le sentiment qu'il jouit d'une certaine aisance et d'un certain goût. De plus, quand le luxe - quoique toujours un peu élitiste et exceptionnel - peut se concilier avec les séductions de la mode, il incite à des achats de renouvellement qui peuvent ne plus correspondre à aucun besoin réel mais s'avérer très favorables au commerce, voire à une approche de type obsolescence programmée. Dès le XIXe siècle, chez les joaillers anglais par exemple, une partie de l'industrie du luxe s'est orientée vers la diffusion massive de produits pour le grand public[1]

Un produit de luxe représente avant tout un label de qualité : l'acheteur sait par avance qu'il a été produit grâce à un savoir-faire au sommet de « l'état de l'art » d'une profession et est donc prêt à payer la qualité d'un tel produit.

Le luxe n'a pas toujours été considéré comme un appréciable stimulant économique : en France au XVIIIe siècle, il était généralement accusé de nombre de maux comme de s'accroître au détriment des besoins élémentaires des pauvres ou de favoriser la corruption des mœurs, en particulier celles de la jeunesse. Pourtant Paris a acquis dès cette époque une réputation de « capitale du luxe » même si cette réputation n'était pas goûtée de tout le monde : « Que le luxe, croissant tous les jours, commence à devenir un usage onéreux et insoutenable au monde qui l'a inventé, que c'est d'ici [Paris] qu'il se répand dans toute l'Europe… » (Massillon, Panégyrique de Saint Louis). Autour de quelques grands couturiers, parfumeurs et industriels[2], la constitution de grands groupes de l'industrie du luxe s'est néanmoins faite en France[3].

Secteur économique des produits de luxe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du luxe.

Formations[modifier | modifier le code]

Il existe en France nombreuses formations spécifiques au luxe, que ce soient des écoles de commerce (HEC, ESG MS) ou des écoles d'ingénieurs (École des mines) proposant des mastères spécialisées d'un an ou des écoles de design (Créapole) proposant des formations sur plusieurs années. Quant à l'Institut National de Gemmologie du Groupe EAC, il dispense à côté de ses formations aux métiers liés à la bijouterie (taille des pierres, sécurité des bijouteries...) des séminaires consacrés au marketing du luxe à l'attention des professionnels.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carnevali, F. (2007), Luxury for the masses. Jewellery and jewellers in London and Birmingham in the 19 th century, dans Daumas, J-C., Ferrière le Vayer (de), M., (dir.), Entreprises et Histoire, Le luxe , no 46, p. 56-70.
  2. Chevalier, M., Mazzalovo, G., (2008), Management et Marketing du luxe, Paris, Dunod.
  3. Chatriot, A. (2007), La construction récente des groupes de luxe français : mythes, discours et pratiques, Entreprises et Histoire no 46, p. 143-156.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Berg, M. (2000) New commodities, luxuries and their consumers in eighteenth-cetury England, in Berg, M., Clifford, H., (dir.), Consumers and Luxury. Consumer Culture in Europe 1750-1850 , Manchester, Manchester University Press.
  • (en) Berg, M., Clifford, H., (dir.) (2000) Consumers and Luxury. Consumer Culture in Europe 1750-1850, Manchester, Manchester University Press.
  • (en) Berg, M., (2003) Asian Luxuries and the Making of the European Consumer Revolution, in Berg, M., Eger, E., (eds.), Luxury in the eighteenth century: debates, desires and delectable goods, Basingstoke, Palgrave Macmillan.
  • (en) Berg, M., Eger, E., (eds.) (2003), Luxury in the eighteenth century: debates, desires and delectable goods, Basingstoke,
  • (en) Berry, C-J. (1994), The Idea of Luxury. A conceptual and historical investigation, Cambridge, Cambridge University Press.
  • (fr) Blanckaert, C. (1996), Les Chemins du luxe, Paris, Grasset.
  • (fr) Coquery, N. (1998), L'Hôtel aristocratique. Le marché du luxe ; Paris au XVIIIe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne.
  • (fr) Marcilhac V. (2013), Le luxe alimentaire : une singularité française, Rennes, PUR/PUFR.
  • (fr) Morand, Pascal (2012), Les Religions et le luxe : l’éthique de la richesse d’Orient en Occident, Éditions du Regard, 248 pages(ISBN 978-2-9148-6313-1)
  • (fr) Palgrave Macmillan.Berneron-Couvenhes, M.-F. (2007), La croisière : du luxe au demi-luxe. Le cas des Messageries maritimes (1850-1960), in Daumas, J.-C., Ferrière le Vayer (de), M. (dir.), Entreprises et Histoire, Le luxe no 46, Avril, p. 34-55.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Luxe.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :