Dakar

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Dakar
Blason de Dakar
Héraldique
Taxis jaunes et noirs sur la place de l'Indépendance (à l'arrière-plan, le port et l'île de Gorée)
Taxis jaunes et noirs sur la place de l'Indépendance (à l'arrière-plan, le port et l'île de Gorée)
Administration
Pays Sénégal Sénégal
Région Dakar
Département Dakar
Maire
Mandat
Khalifa Sall
2009-2014
Démographie
Gentilé Dakarois
Population 1 056 009 hab. (2011[1])
Densité 1 920 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 40′ 20″ N 17° 25′ 54″ O / 14.6722, -17.43167 ()14° 40′ 20″ Nord 17° 25′ 54″ Ouest / 14.6722, -17.43167 ()  
Altitude 27 m (min. : 0 m) (max. : 104 m)
Superficie 55 000 ha = 550 km2
Localisation

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Dakar

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Dakar

La ville de Dakar est la capitale de la République du Sénégal et de la région de Dakar. Elle compte 1 056 009[1] habitants contre 3 215 255 habitants (estimation 2011) si on tient compte de l'ensemble de la Région de Dakar. C'est une des quatre communes historiques du Sénégal et l'ancienne capitale de l'Afrique-Occidentale française (AOF).

Sous la double action des apports migratoires depuis les campagnes et de l'accroissement naturel, la région de Dakar s'est très rapidement développée. Elle est ainsi passée de 400 000 habitants en 1970 à 2,6 millions d'habitants en 2005. Métropole macrocéphale, elle accueille la moitié de la population urbaine du pays.

Sa situation à l'extrémité occidentale de l'Afrique, sur l'étroite presqu'île du Cap-Vert, a favorisé l'installation des premiers colons, puis le commerce avec le Nouveau Monde, et lui confère une position privilégiée à l'intersection des cultures africaines et européennes. Organisatrice du premier Festival mondial des Arts nègres voulu par le président Léopold Sédar Senghor en 1966, la ville est le siège de l'Institut fondamental d'Afrique noire et de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest.

Aujourd'hui le Dak'Art (la Biennale d'art contemporain) contribue à son rayonnement international. Aux quartiers populaires et aux infrastructures héritées de l'époque coloniale – le port, la gare, le palais présidentiel ou la cathédrale du Souvenir africain, ainsi que le remarquable patrimoine de l'île de Gorée toute proche – se sont ajoutés des édifices plus modernes tels que l'Université Cheikh Anta Diop, la Grande Mosquée, la Porte du Troisième millénaire et le Monument de la Renaissance africaine.

N'occupant que 0,28 % du territoire national, la région de Dakar regroupe sur 550 Km², 25 % de la population et concentre 80 % des activités économiques du pays[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Dakar apparaît pour la première fois sur une carte en 1750 lorsque le botaniste français Michel Adanson effectue un croquis du Cap-Vert[3].

Dakar pourrait être la version francisée de ndakarou, l'appellation locale, dont l'étymologie reste incertaine, peut-être dérivée de l'expression wolof deuk raw signifiant « qui s'y installe sera en paix »[4] ou encore de dekk-raw, une association de dekk (pays) et raw (s'échapper)[5]. Selon la même source, il pourrait aussi s'agir du terme wolof dakhar, qui désigne le tamarinier, un arbre très présent sur la côte à l'arrivée des Lébous au XVIe siècle.

La localité étant évoquée dans certains documents[6] sous le nom de "d'Accard", on a également pu y voir la référence à un négociant ou marin français peu connu de la fin du XVIIe siècle, nommé Accar ou d'Accard.

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Histoire du Sénégal et Île de Gorée.

L’histoire de la ville[7] appartient à un passé relativement récent et les bâtiments les plus anciens ne datent guère que des années 1860. Dakar disons la presqu’île du Cap-Vert a toujours été administré par un gouvernement de la république leboue depuis 1793.d'ailleurs quand Protêt débarque à Dakar, il trouve sur place les leboues avec qui ils ont signé des accords. La république leboue qui existe toujours a fait face aux colons avec courage et détermination pendant des années,d'ailleurs Matar Diop Grand Serigne de Dakar de 1815 a 1830 a refusé plusieurs fois des ordres venant du gouverneur de Gorée.

Les origines[modifier | modifier le code]

Pourtant les grattoirs, poinçons, haches, colliers de coquillages et autres vestiges découverts sur la côte occidentale de la presqu’île du Cap-Vert (pointe des Almadies, Ouakam) ou bien à l’est (Hann, Bel-Air) attestent d’une présence humaine sporadique sur la façade atlantique dès le Paléolithique, puis d’un peuplement de l’ensemble de la péninsule au Néolithique.

Les premiers habitants sont des Mandingues. Ce sont eux que découvre le navigateur portugais Dinis Dias lorsqu’il débarque sur ces rivages en 1444. À la fin du XVe siècle des pêcheurs lébous fuyant le Tekrour, un royaume situé au nord-est du fleuve Sénégal, commencent à s’y établir. Au XVIIe siècle leur village ne comporte qu’une trentaine de huttes[8]. Dans l’intervalle l’Île de Gorée toute proche, que Dinis Dias avait d’abord nommée Palma, attise davantage les convoitises. Prise et reprise une quinzaine de fois, par les Hollandais (qui la rebaptisent Goed Reed, bonne rade), les Anglais et les Français, l’île connaît une histoire plus mouvementée. Quant à Dakar, la localité voit son nom matérialisé pour la première fois sur une carte lorsqu’en 1750 le naturaliste français Michel Adanson le fait apparaître sur un croquis du cap Vert. En 1843 elle ne comprend toujours, selon le témoignage de Paul Boutet[9] que « plusieurs centaines de cases, toutes construites dans le même genre […], toutes en roseaux, de forme cylindrique et recouvertes à peu près comme les ruches d’abeilles de nos pays ».

L'empreinte française[modifier | modifier le code]

Dakar en 1850
Dakar en 1888

Tandis que Gorée s'enrichit grâce au commerce de l'arachide dont les notables mulâtres sont les initiateurs, la démographie galopante fait que les notables mulâtres et leurs épouses signares se sentent bientôt à l'étroit sur la petite île; c'est la raison pour laquelle, la signare Anna Colas Pépin, son époux François de Saint Jean, maire de Gorée, et le conseil municipal de l'île, demandent la création de la ville nouvelle de Dakar à deux reprises le 3 janvier 1846 et le 25 janvier 1848. Les notables mulâtres de Gorée ne craignent plus les possibles incursions du damel du Cayor et exigent de l'administration coloniale avant même l'abolition de l'esclavage des terres et une aide financière pour leurs ex-serviteurs; un certain nombre de nouveaux propriétaires de terrain à Dakar sont ainsi d'ex-serviteurs des Signares[10]. L'idée d'une expansion sur le continent fait son chemin. Conduites par le capitaine Protet, les troupes françaises prennent possession de la côte en 1857. Un petit fort y est construit, sur lequel le pavillon français est hissé. Dakar reste pourtant un « véritable labyrinthe de rues et d'impasses, de tours et de détours »[11], au milieu de la brousse et des dunes. Malgré la construction de quelques maisons de commerce, la bourgade n’est pas encore une vraie ville. Le colonel du génie Émile Pinet-Laprade est son véritable fondateur. Un premier plan cadastral est élaboré en juin 1858. La construction du phare des Mamelles est lancée en 1859, les travaux du port commencent en 1860. Un nouveau plan d’alignement de la ville est proposé par Pinet-Laprade en juin 1862.

La nouvelle cité ne se développe pas sans mal. En 1869 une épidémie de choléra fait des ravages et Pinet-Laprade y succombe lui-même le 17 août. En 1872 un 'statut communal' (dit des 'quatre communes') est accordé à la population, ce qui donne une citoyenneté. Alors que Dakar devient centre d’arrondissement à la place de Gorée en 1875, des résistances subsistent, comme en témoignent ces observations du colonel Canard : « Les propriétaires de terrains où l’on pourrait bâtir habitent tous à Gorée et ne paraissent pas disposés à faire construire des maisons à Dakar » (1876) ; « Dakar est toujours très calme, il est même triste. Peu de maisons, peu d’habitants, peu de commerces et pas d’industrie » (1878)[12] . La raison de cette présence faible des notables goréens à Dakar est que la ville de Rufisque sur la petite côte connaissait un développement économique important grâce à l'arachide; ces familles bourgeoises mulâtres et nègres préféraient donc s'installer majoritairement dans cette ville. Ce n'est que lorsque la ville de Dakar eut un quai moderne et que le Warf de Rufisque devint obsolète qu'ils s'installèrent massivement à Dakar. Un nouveau plan cadastral est élaboré en 1876 et deux ans plus tard Dakar compte environ 1 600 habitants. Le 17 juin 1887 Dakar devient une commune distincte. Elle ne dépend plus de Gorée et Jean Alexandre devient son premier maire le 9 décembre 1887. De gros travaux d’aménagement et d’assainissement sont entrepris. La population de Dakar atteint 8 737 habitants, alors que Gorée n’en compte que 2 100.

Travaux du port vers 1908

En parallèle, notamment avec la construction de la gare et de la ligne de chemin de fer, la ville rivalise aussi avec Saint-Louis. Elle l’emporte pourtant en devenant en 1902 la capitale de l’AOF (Afrique-Occidentale française). Son premier gouverneur général, Ernest Roume, lance de gros travaux d’urbanisme, parmi lesquels figurent le Palais du gouverneur, l’actuel Palais présidentiel, ainsi que le marché Kermel.

De 18 500 habitants en 1904 Dakar passe à 25 000 personnes en 1909 et devient le premier port du Sénégal. La reconstruction de la gare ferroviaire est entreprise et l’Hôtel de ville est édifié en 1918.

Le dépôt du chemin de fer vers 1910

Blaise Diagne qui a obtenu la citoyenneté pleine de tous les habitants des quatre communes en 1916, est élu maire de Dakar en 1920 et le restera jusqu’à sa mort en 1934. En 1921 la capitale compte 32 440 habitants dont 1661 Européens, alors que l’île se dépeuple progressivement pour se réduire à 700 habitants en 1926. Gorée est finalement rattachée à Dakar en 1929. Pendant cette période on observe une vague d’immigration libanaise; cette immigration libanaise a en réalité commencé dès 1890 à Saint Louis. Dans la capitale ces nouveaux venus s’intègrent le plus souvent dans le petit et moyen commerce. La cathédrale du Souvenir africain est inaugurée le 31 mars 1929 en présence de nombreuses personnalités dont Blaise Diagne. Une des cloches de la Cathédrale est offerte par Armand-Pierre Angrand et sa famille.

Pendant la Seconde Guerre mondiale le contrôle de l'AOF constitue un enjeu non négligeable. Une tentative de débarquement des Alliés (Opération Menace ) échoue le 25 septembre 1940, au bout d'une lutte fratricide connue sous le nom de bataille de Dakar.

Article détaillé : Bataille de Dakar.

Une capitale cosmopolite[modifier | modifier le code]

En 1947 le président Vincent Auriol est le premier chef d’État français à se rendre en visite officielle en Afrique noire[13]. À ce moment-là Dakar compte environ 135 000 habitants. L'essor démographique engendre une pénurie de logements, d'emplois et de matières premières. Le 26 août 1958 le général de Gaulle se rend à son tour à Dakar où il est accueilli fraîchement par des manifestants réclamant l’indépendance du pays[14], qui se concrétisera deux ans plus tard. Dakar devient d'abord la capitale de l'éphémère Fédération du Mali, puis celle de la République du Sénégal le 4 avril 1960.

Dans la foulée de la décolonisation, la Grande Mosquée de Dakar est édifiée en 1964.

En juin 1978 le siège de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) est transféré de Paris à Dakar[15].

Plusieurs réformes portant sur la décentralisation et la déconcentration marquent des étapes importantes dans l'évolution de la commune, d’abord en 1972, puis en 1983 et surtout en 1996 lorsque la commune de Dakar est découpée en 19 communes d'arrondissement.

Le 3 avril 2010, le Monument de la Renaissance africaine est inaugurée pour le cinquantenaire de l'indépendance sénégalaise. Il s'agit de la plus grande statue au monde. Elle est haute de 52 mètres et a été construite par des Nord-Coréens. Peu avant son inauguration, des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Dakar pour demander la démission de Abdoulaye Wade, le président du Sénégal, car cette statue a coûté entre 9 milliards[16] et 15 milliards de francs CFA[17] (15 à 23 millions d'euros) alors que le pays connaît une crise économique et que la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté[18].

L'agglomération vient[Quand ?] de dépasser les trois millions d'habitants et son engorgement croissant (pas facilitée par la position géographique de la ville qui lui permet difficilement de s'étendre) constitue un défi majeur pour les transports, le développement et l'environnement, à tel point que la fondation d'une nouvelle capitale administrative est à l'étude depuis 2010[19].

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Sénégal.

Site et climat[modifier | modifier le code]

14° 43′ 10″ N 17° 28′ 21″ O / 14.719436, -17.472553 ()

Inondations en août 2005

Dakar se situe sur un ancien volcan – aujourd'hui surmonté par le phare des Mamelles – qui aura donné, après une longue érosion, le promontoire rocheux de la presqu'île du Cap-Vert, l'île de Gorée au sud, les îles de la Madeleine à l'ouest et l'île de Ngor au nord. Du Plateau administratif aux faubourgs tentaculaires de Pikine et Guediawaye, le Grand Dakar s'étend sur la quasi-totalité de la presqu'île du Cap-Vert.

Dans une zone tropicale subdésertique, Dakar bénéficie d'un microclimat de type côtier, influencé par les alizés maritimes et la mousson[20]. La saison chaude et humide s'étend de juin à octobre avec des températures avoisinant 27 °C et un pic de précipitations en août (250 mm). Des inondations exceptionnelles se sont produites en août 2005. Pendant la saison sèche et un peu plus fraîche qui commence en novembre et dure jusqu'en mai, il ne pleut pratiquement pas (environ 1 mm par mois)[21].

Mois Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année
Température mensuelle moyenne minimale (°C) 18 18 18 19 21 24 25 26 25 25 23 21 2010
Température mensuelle moyenne maximale (°C) 25 25 25 25 26 28 30 30 31 31 30 27 nc
Précipitations
(hauteur moyenne en mm)
1.7 mm 0.8 mm 0 mm 0 mm 0.1 mm 7.9 mm 35.3 mm 117.1 mm 86.9 mm 18.7 mm 0.2 mm 3.4 mm 2010
Source: [12]

Population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Sénégal.
Un habitat dense

Dakar est l'une des plus grandes villes d'Afrique, sa croissance démographique est importante et son nombre d'habitants s'élève rapidement. D'une population de 400 000 habitants dans les années 70, l'exode rural l'a fait plus que quadrupler en 20 ans.

Lors du recensement de 2002 la population des 19 communes d'arrondissement s'élevait à 955 897 personnes, pour 143 165 ménages et 77 960 concessions.

Fin 2007, selon les prévisions officielles, le nombre d'habitants serait de 1 075 582 habitants. Ils pourraient être 3 495 000[22] en 2015. Avec 3 215 255 personnes[23], la région se classe parmi les 50 premières villes les plus peuplés d'Afrique.

Organisation territoriale[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville (phot. François-Edmond Fortier, vers 1920)
Les 19 Communes d'arrondissement de Dakar

Dakar est le chef-lieu du département de Dakar et la capitale de la région de Dakar.

De plus en plus peuplée, la ville a été découpée en 19 communes d'arrondissement en 1996 qui sont :

La plus étendue est Yoff, au nord, mais c'est à Dakar-Plateau, dans la pointe sud, que se concentrent l'activité économique et la plupart des institutions. Les plus touristiques sont Ngor sur la pointe des Almadies à l'ouest et surtout Gorée à l'est.

Dakar est aussi le siège de l'archidiocèse de Dakar. Son archevêque est le cardinal Théodore-Adrien Sarr.

Économie[modifier | modifier le code]

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie du Sénégal.

Le secteur industriel[24], traditionnellement orienté vers les industries alimentaires, chimiques ou textiles, le secteur du bois et de l’ameublement ainsi que le raffinage, rencontre aujourd’hui des difficultés. Comme ailleurs, l’industrie textile souffre des importations chinoises. Les Industries chimiques du Sénégal (ICS) traversent une grave crise depuis trois ans. L'industrie des matériaux de construction est présent dans la ville avec l'usine de ciment et de granulats du groupe français Vicat.

La Chambre de Commerce

En même temps que l'urbanisation, le secteur tertiaire s’est développé et c’est dans la capitale, tout particulièrement à Dakar-Plateau, que se trouvent les sièges sociaux des grosses sociétés (Air Sénégal International, Grands moulins de Dakar) et des grandes banques, telles que la Société générale de banques au Sénégal, la Compagnie bancaire de l'Afrique occidentale, la Banque internationale pour le commerce et l’industrie du Sénégal ou la Banque de l’habitat du Sénégal. La haute fonction publique y est également concentrée. Les télécommunications ont le vent en poupe et la société Orange, qui a repris la Sonatel, est omniprésente dans la ville.

Le tourisme, notamment le tourisme d’affaires, prend de l’importance, stimulé par des événements de portée internationale tels que le Rallye Dakar ou la Biennale d’Art contemporain. La notoriété de Gorée fait de la capitale un passage obligé.

Présent dans tout le pays, le secteur informel est particulièrement actif à Dakar, notamment dans le commerce, les transports et la construction.

L'économie numérique n'est pas en reste et commence à trouver son modèle entre secteur formel (surtout constitué par les opérateurs télécoms et beaucoup de TPE) et informel (une myriade de prestataires de services et auto-entrepreneurs). En effet, depuis 2010, la ville monde Dakar voit de nouvelles initiatives innovantes se lancer comme le premier espace de coworking d'Afrique de l'Ouest et action tank Jokkolabs qui depuis s'étends en France (à Nanterre), au Mali (Bamako), au Burkina Faso (Ouagadougou)... et relié à plus de 200 espaces dans le monde. Créant ainsi une nouvelle dynamique pour les entrepreneurs de l'économie créative et permettant aux talents qui s'exprime souvent dans le secteur informel de se mettre en réseau et s'internationaliser différemment. Dakar s'inscrit donc dans la vague de l'innovation et du changement qui traverse le monde, un futur en émergence dans lequel la parole de l'Afrique est présente.

En résumé, Dakar est une ville qui participe pleinement au concert des nations, pour citer le président Senghor, notamment économique au regard de son rôle de plateforme pour les échanges avec la région Afrique de l'Ouest.

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Sénégal.

Proue verdoyante du continent, la presqu’île ne pouvait qu’attirer l’attention des premiers navigateurs et les colons ont su d’emblée tirer profit de cette position stratégique pour développer les échanges commerciaux, y compris dans le cadre de la traite atlantique. Le climat favorable ainsi qu’une rade en eau profonde des plus sûres constituaient autant d’atouts supplémentaires, que l’administration coloniale a cultivés en construisant notamment un port et une gare. Le chemin de fer naissant reliait Dakar à sa rivale Saint-Louis et ouvrait une voie de pénétration vers l’intérieur du pays.

Transports en commun

Grand port et nœud ferroviaire, Dakar trouve aussi sa place dans l’histoire de l’aviation. La première liaison aéropostale Toulouse-Dakar avait été établie en 1925. Le 21 janvier 1976 le premier vol supersonique commercial du Concorde, l'avion d'Air France, inaugurera la ligne Paris-Dakar-Rio de Janeiro pendant que celui de British Airways ouvrira la ligne Londres-Bahreïn.

Des travaux, partout

L'image de la ville est indissociable de ses taxis jaunes et noirs et de ses « cars rapides » hauts en couleurs et parés d'inscriptions (Alhamdulillah le plus souvent), auxquels s'ajoutent aujourd'hui des minibus blancs privés. Mais les embouteillages sont fréquents, notamment à l'entrée de l'agglomération, et les chantiers de construction et de travaux publics omniprésents.

Des améliorations ont été percues avec l'ouverture de la nouvelle autoroute à péage vers Diamniadio et la construction de l'aéroport international Blaise Diagne.

Le transport en commun[modifier | modifier le code]

Le transport en commun à Dakar est très dense avec divers moyens de transports. -Le car rapide -Le djaguène N'Diaye -Le taxi -Le clando -Le bus

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture du Sénégal.

Le Festival mondial des Arts nègres, organisé dans la capitale à l'initiative de Léopold Sédar Senghor en 1966 et relancé en 2010, se voulait un événement sans précédent dans l'histoire culturelle, une affirmation solennelle et festive de la négritude.

Rattaché à l'Institut fondamental d'Afrique noire, le Musée Théodore Monod d'Art africain se consacre aujourd'hui aux arts et traditions de l'Afrique de l'Ouest, présentant en permanence environ 300 des 9 000 pièces qui constituent ses collections, tandis que des expositions temporaires mettent l'accent sur des thématiques particulières.

Grâce à l'inscription de l'île de Gorée sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978, Dakar est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial, créée en 1993.

Haut-lieu d'échanges et de créativité, l'Institut français Léopold Sédar Senghor assure à la fois la diffusion de la culture française et la promotion de la culture du Sénégal. C'est l'un des derniers endroits où l'on peut voir des films après la fermeture des salles les unes après les autres.

Créé en 1999, le Festival international du film de quartier tente de redynamiser le Septième Art. C'est une vitrine pour les jeunes réalisateurs et le premier marché pour le cinéma, la télévision et le multimédia.

À côté de la scène classique du Théâtre national Daniel Sorano, inauguré en 1965 mais confronté à des difficultés budgétaires, le Festival international de toutes les danses Kaay Fecc, lancé en 2001, offre un nouvel espace à l'expression chorégraphique.

De renommée internationale, la Biennale d'art africain contemporain (Dak'Art) s'expose dans différents quartiers de la capitale depuis 1990.

Le Thiossane, la discothèque de Youssou Ndour, et Metissacana, le cybercafé de la styliste Oumou Sy, sont d'autres lieux qui comptent dans la vie culturelle dakaroise.

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation au Sénégal.

En 2000 le Forum mondial sur l'éducation a été organisé à Dakar, sous l'égide de l'UNESCO.

Comme d'autres, le secteur de l'éducation doit faire face à l'explosion démographique de la capitale, une croissance qui, pour les plus favorisés, fait parfois la part belle à l'enseignement privé.

Enseignement primaire et secondaire[modifier | modifier le code]

Dakar abrite une quinzaine d’établissements d’enseignement secondaire. Les lycées publics sont le lycée Blaise-Diagne, le lycée Lamine-Guèye (anciennement Van Vollenhoven),le lycée Seydina Limamou Laye, le lycée John-Fitzgerald-Kennedy destiné aux jeunes filles mais ce n'est pas la seule école destinée aux jeunes filles, le lycée des Parcelles Assainies, le récent lycée Moderne de Dakar (LMD), le lycée Thierno-Seydou-Nourou-Tall (connu auparavant sous le nom de lycée d’application), le lycée Galandou-Diouf,le Lycée de Pikine, le Lycée Banque Islamique ainsi que le lycée Maurice-Delafosse qui prépare également aux carrières industrielles ou commerciales. Il y a des écoles billingues et anglophones comme : W.A.C.A. (West African College of the Atlantic), S.A.B.S.(Senegalese American Bilingual School), E.A.B. (Ecole Actuelle Bilingue). Il faut y ajouter le lycée français Jean-Mermoz à Ouakam, qui reçoit la plupart des enfants d'expatriés, et plusieurs écoles catholiques privées telles que le très cosmopolite Cours Sainte-Marie de Hann,l'institution notre dame de dakar, le collège du Sacré-Cœur ou l’école Sainte-Jeanne-d’Arc. Nombre de ces établissements comportent aussi des classes primaires.

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Bibliothèque de l'Université Cheikh Anta Diop

Malgré le renom de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis et les efforts de décentralisation, une grande partie de l'enseignement supérieur sénégalais reste concentrée dans la capitale. Outre l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) qui accueille tant bien que mal près de 60 000 étudiants[25], on peut citer l'École nationale d'administration, l'École nationale d'économie appliquée, l'École inter-États des sciences et médecine vétérinaires, l'École normale supérieure d'enseignement technique et professionnel mais aussi nombre d'établissements privés, choisis par les familles inquiètes de l'engorgement croissant de l'Université.
Le Centre africain d'études supérieures en gestion (Cesag), une grande école publique, a mis sur pied un MBA avec les universités de Paris I et de Paris Dauphine[26].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme au Sénégal.
La nouvelle mosquée et la Porte du Troisième millénaire

Point d'entrée au Sénégal pratiquement incontournable, Dakar reçoit souvent la première tout voyageur se rendant à Saint-Louis, dans les parcs nationaux ou en Casamance. C'est aussi le port d'embarquement pour l'île de Gorée, la destination touristique par excellence.

Si les embarras de la circulation et la modeste qualité de l'air n'y invitent pas aux séjours prolongés, bien des visiteurs mettent cependant leur escale à profit pour découvrir les vestiges architecturaux de l'AOF comme le Palais présidentiel et la Chambre de Commerce, plus récentes telle la Cathédrale du Souvenir africain, ou des créations plus contemporaines encore, à la manière de la Porte du Troisième millénaire dominant la corniche et du Monument de la Renaissance africaine.

Centre économique et ville de congrès, Dakar bénéficie également d'un tourisme d'affaires significatif. Le centre commercial Sea Plaza sur la Corniche est le plus grand de la sous-région ouest-africaine et comporte plusieurs grandes enseignes internationales.

Sport[modifier | modifier le code]

Soirée à Dakar
Article détaillé : Sport au Sénégal.

Dakar réunit les grandes manifestations sportives et les principales infrastructures du pays, surtout celles dédiées aux sports nationaux que sont le football et la lutte sénégalaise – par exemple le stade Léopold Sédar Senghor ou le stade Demba Diop.

Même s'il est désormais très contesté, le Rallye Dakar a fait connaître la ville aux équipages et aux téléspectateurs du monde entier.

Les Dakarois eux-mêmes ne sont pas en reste : il n'est pas rare de les voir courir ou jouer au ballon sur les plages.

Loisirs[modifier | modifier le code]

La musique, la danse, la lutte traditionnelle font partie du paysage dakarois. La péninsule du Cap Vert est également un spot de surf réputé, exposé à la fois aux houles du nord et du sud de l'Océan Atlantique: il s'agit notamment de la première destination du film The Endless Summer (1966). On note aussi la présence d'un centre commercial d'envergure (le Sea Plaza) qui fut livré en 2010 possédant un Spa, une salle de jeux et un bowling, ceci étant inédit dans la capitale sénégalaise.

Villes jumelées[modifier | modifier le code]

Personnalités nées à Dakar[modifier | modifier le code]

Véritable « bouillon de culture », la capitale sénégalaise a vu naître bon nombre de personnalités de premier plan[27], qui se sont illustrées le plus souvent dans le domaine des arts ou du sport.

  • Divers, Edwige Tiare, Miss Pays de Savoie 2009 et gymnaste

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Organisation des Nations Unies - Population 2011 des grandes villes du Sénégal
  2. (fr) « Dakar, la "fourmilière humaine" auditée », article de Moctar Dieng dans Sud Quotidien, 25 mai 2007 [1]
  3. Voir figure 5 p. 98, "28e carte des côtes maritimes du Sénégal depuis le cap vert jusqu'à l’île Gorée" dans "Cartes inédites d'Adanson sur le Sénégal" [2]
  4. (fr) « De l'origine de Sandaga, de l'île de Gorée et de Ouakam », Agence de presse sénégalaise, 4 octobre 2007, consultable sur Seneweb [3]
  5. (fr) « D'où vient le nom de Dakar ? », article de Dominique Mataillet sur Jeune Afrique.com, 24 juillet 2005[4]
  6. On trouve notamment cette dénomination dans le traité du 9 avril 1764 passé avec le damel du Cayor : « Je soussigné, Gouverneur pour le roi Damel de Rufisque, Binn et D'accard, et chargé de traiter toute affaire avec les Blancs au nom du roi Damel... », cité par Claude Faure dans Histoire de la presqu'île du Cap Vert et des origines de Dakar, Paris, E. Larose, 1914, p. 5
  7. Sauf indications contraires, la version du 21 octobre 2007 de l’histoire de Dakar s’appuie essentiellement sur deux sources, l’ouvrage de René Vanlande, Dakar !, Paris, J. Peyronnet et Cie, 1941 ( ?), 214 p. et la rubrique « Historique » du site de la commune de Dakar [5].
  8. (fr) René Vanlande, op. cit., p. 18
  9. Correspondance de Paul Boutet, secrétaire du capitaine de vaisseau Bruat, citée par René Vanlande, op. cit., p. 19
  10. (fr) « Célébrations nationales 2007 : Fondation de Dakar », sur le site culture.fr [6]
  11. Document cité par Jacques Charpy, La Fondation de Dakar (1845-1857-1869), Paris, Larose, 1958, p. 337
  12. (fr) Robert Gaffiot, Gorée, capitale déchue, cité par René Vanlande, op. cit., p. 24-25
  13. Source : TV5 [7]
  14. (fr) « Anniversaire du 26 août 1958 : Les porteurs de pancartes, à la mémoire de Tidiane Baïdy Ly », Le Soleil [8]
  15. Cf. Site de la BCEAO [9]
  16. « Confidences de Serigne Mamadou Bousso Lèye, ministre sénégalais de la Culture et de la Francophonie », in Jeune Afrique, no 2551, du 29 novembre au 5 décembre 2009, p. 41
  17. Ph. B., « "Érigé à Dakar, le monument de la Renaissance africaine divise la société sénégalaise" », sur Lemonde.fr, Le Monde,‎ 2010 (consulté le 4 avril 2010)
  18. http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2010-04-03/senegal-polemique-autour-d-une-statue-les-opposants-au-president/924/0/440914 lepoint.fr - Sénégal : Polémique et manifestation autour d'une très coûteuse statue
  19. (fr) « Nouvelle capitale du Sénégal : Les chantiers de l'Anoci ont-ils fait oublier ce projet de Me Wade ? », Wal Fadjri [10]
  20. Le climat de la région de Dakar [11]
  21. Passage traduit de l'article Wikipédia en anglais
  22. http://books.mongabay.com/population_estimates/full/Dakar-Senegal.html
  23. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées populationdata.net.
  24. Paragraphe traduit de l'article Wikipédia en allemand
  25. (en) « At Africa's Crumbling Colleges, No Room for Students », The New York Times, 26 mai 2007
  26. GEO N°403 de septembre 2012 p.70
  27. Dans chaque catégorie, les personnalités sont citées dans l'ordre alphabétique. Les listes ne sont pas limitatives.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Liora Bigon, A History of Urban Planning in Two West African Colonial Capitals: Residential Segregation in British Lagos and French Dakar (1850-1930), Edwin Mellen Press Ltd, 2009, 348 p. (ISBN 978-0773438569)
  • (en) Richard J. Peterec, Dakar and West African Economic Development, New-York, Columbia University Press, 1967, XII-206 p. (Thèse)
  • Corinne L. Benveniste, Les relations Dakar - Saint-Louis. Le rail et la route, Dakar, Université de Dakar, 1967, 119 p. (Diplôme d’Études Supérieures)
  • Khonde Bonfenda, Le néo-bourgeois de Dakar, d'après Sembène Ousmane, Université de Montréal, 1991 (M.A.)
  • Jacques Bouzerand, La presse écrite à Dakar, sa diffusion, son public, Université de Dakar, 1967, 189 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Alexis Campal, L’Évolution de la population de Dakar de 1955 à 1976. Mise au point, Dakar, Université de Dakar, 1981, 99 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Jacques Charpy, La Fondation de Dakar (1845-1857-1869), Paris, Larose, 1958, 596 p.
  • Jacques Dabbadie, La population française de Dakar. Étude géographique. Université de Dakar, 1968, 68 p.
  • Jean Delcourt, Naissance et croissance de Dakar, Dakar, Éditions Clairafrique, 1983, 117 p.
  • Alpha Diallo, La Chambre de Commerce de Dakar. 1869-1920, Université de Dakar, 1979, 145 p. (Mémoire de Maîtrise) ?
  • Adama Diatta, L’évolution démographique d’un quartier de Dakar. L’exemple de Grand-Yoff (1960-1984), Dakar, Université de Dakar, 1985 (Mémoire de Maîtrise)
  • Adama Baytir Diop, Domination coloniale et problèmes domaniaux et fonciers à Dakar jusqu’en 1932, Dakar, Université de Dakar : 131 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Papa Assane Diop, Les grands Serignes de Dakar, Dakar, Université de Dakar, 1986, (Mémoire de Maîtrise)
  • Ndiouma Diouf, L’histoire urbaine de la commune de Dakar de 1887 à 1924, Dakar, Université de Dakar, 1978, 87 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Claude Faure, Histoire de la presqu'île du Cap Vert et des origines de Dakar, Paris, E. Larose, 1914
  • François Geffroy, Un quartier de Dakar : "Le Plateau", Dakar, Université de Dakar, 1967, 132 p. (Diplôme d’Etudes Supérieures)
  • Mbaye Guèye, La Chambre de Commerce de Dakar. 1869-1920, Université de Dakar, 1979, 139 p. (Mémoire de Maîtrise) ?
  • Fabrice Hervieu-Wane, Dakar l'insoumise, Éditions Autrement, 2008, 212 p. (ISBN 2746711230)
  • Geneviève Hiernaux, Le rôle du grand commerce dakarois, Dakar, Univ. de Dakar, 1961, 112 p. (Diplôme d’Etudes Supérieures)
  • Emil Lengyel, Dakaravant-poste de deux hémisphères (trad. Georges Strem), Didier, 1943, 293 p.
  • Emmanuel Seyni Ndione, Dakar, une société en grappe, Karthala, Paris, 1993, 212 p. (ISBN 2865374424)
  • Assane Seck, Dakar, métropole ouest-africaine, Dakar, IFAN, Université de Dakar, 1970, 517 p. (thèse)
  • Mor Seck, Population et habitat du centre de Dakar, le secteur de l’avenue Lamine Gueye, Dakar, Université de Dakar, 1984, 94 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Alain Sinou, Comptoirs et villes coloniales du Sénégal : Saint-Louis, Gorée, Dakar, Karthala, 1999, 344 p. (ISBN 2865373932)
  • S. M. Tall, Les investissements immobiliers à Dakar des émigrés sénégalais. Émergence d'un nouvel acteur et mutations de l'espace urbain, Strasbourg, Université Louis Pasteur, 2000, 553 p. (Thèse)
  • Marc Vernière Volontarisme d’Etat et spontanéisme populaire dans l’urbanisation du Tiers-Monde. Formation et évolution des banlieues dakaroises. Le cas de Dagoudane Pikine, Paris, EPHE, 1973, 225 p. (Thèse de 3e cycle)
  • Marc Vernière, Dakar et son double Dagoudane Pikine, Paris, Bibliothèque Nationale, 1977, 278 p. (Thèse éditée)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]