Elsa Schiaparelli

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Le fameux rose shocking, devenu sa signature.

Elsa Schiaparelli (née le 10 septembre 1890 à Rome et morte le 13 novembre 1973 (à 83 ans) à Paris, est une créatrice de mode[n 1] italienne, dont les activités de haute couture cessèrent en 1954. Elle est notamment l'inventrice du « Rose shocking ». En 2012, il est annoncé que la marque s'installe de nouveau à Paris au siège historique de la place Vendôme.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine italienne aristocrate, fille de l'égyptologue Ernesto Schiaparelli, Elsa Schiaparelli est la nièce de Giovanni Schiaparelli[3], inventeur des canaux martiens. Elle est l'épouse du comte Wilhelm de Wendt de Kerlor, un théosophe, rencontré à Londres en 1912. Ensemble, ils eurent une fille, la comtesse Maria Luisa Yvonne Radha de Wendt de Kerlor. Elle est donc la grand-mère de Marisa et Berry Berenson, femme de l'acteur Anthony Perkins.

En 1927, elle ouvre à Paris son premier magasin, Pour le Sport. Elle y crée des pulls avec de grands nœuds en trompe-l'œil qui font ses premiers succès. Quelques années plus tard, elle s'installe dans les locaux de la maison Chéruit, place Vendôme. Pleine de « fantaisie[4] », Elle collabore avec des artistes surréalistes tels Salvador Dalí (qui crée un tissu avec homard pour l'une de ses robes), Jean Cocteau, ou Alberto Giacometti au cours des années 1930, mais également Jean-Michel Frank dont Elsa financera en partie la boutique parisienne. Ces artistes vont créer pour Schiaparelli des motifs, des objets, des décors, des accessoires[5]. Arletty compte parmi ses clientes[4].

Elle introduit dans l'esthétique vestimentaire de l'époque la dimension symbolique et le détournement de fonction, notamment en transformant un escarpin en chapeau. En 1936, elle lance le parfum Shocking dont le flacon qui représente un torse de femme, moulé d'après Mae West, fait scandale[n 2]. Elle réalise des costumes pour le cinéma, dont les films Femmes et Every Day's a Holiday (en)[5].

En 1940, elle s'exile aux États-Unis jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Elle embauche un jeune modéliste, Hubert de Givenchy[7], qui ouvrira plus tard sa propre maison de haute couture. Elsa Schiaparelli développe les licences de fabrication[4]. En 1954, victime de difficultés financières, elle doit fermer boutique et déménage à New York. Après 1959, elle fait partie du Comité de réceptions de la Biennale de Paris. Elle meurt le 13 novembre 1973 à Paris, après une vie pleine de « créativité »[5].

Renaissance[modifier | modifier le code]

En 2007, Diego della Valle du groupe Tod's, également propriétaire du chausseur Roger Vivier, rachète la marque.

Au printemps-été 2012, the Met de New York la réunit à Miuccia Prada dans une exposition[8] nommée « Impossible Conversations ». Outre une étonnante conversation virtuelle filmée entre ces deux icônes de la mode, l'exposition met en relief les affinités entre les créations de Schiaparelli des années 1920 -1950 et celles contemporaines de Prada.

Après 60 ans d'absence, la marque annonce son retour[9], en juillet 2012, au 21 de la place Vendôme (ancienne adresse de la créatrice jusqu'en 1954) dans des salons décorés, de façon décrite comme « fantasque[n 3] », en partie par Vincent Darré[5]. Farida Khelfa, ancienne muse de Jean Paul Gaultier, en devient l'égérie publicitaire, et le couturier Christian Lacroix dessine une collection en hommage à la créatrice[10]. La direction de la création est assurée par le styliste Marco Zanini[11]. La marque devient « Membre invité » par la Chambre syndicale de la haute couture à la fin 2013[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Elsa Schiaparelli, Shocking Life, Londres, V & A Publications, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Créatrice de mode plus que grande couturière bien qu'ayant eu une activité de haute couture : dans le chapitre consacré à Schiaparelli, Yann Kerlau précise, en citant l'autobiographie de la « couturière », que celle ci « ne connaissait rien à la couture. Son ignorance dans ce domaine était totale[1]. » Coco Chanel utilisait une forme de dérision envers Schiaparelli, moquant son absence de formation de la couture[2].
  2. L'anecdote est reprise dans un article abordant l'histoire des couturiers ayant travaillé pour le cinéma américain : « puis Elsa Schiaparelli qui habillera la déesse du sexe, Mae West, à distance, puisque refusant de se rendre à Hollywood. Alors qu'elle reçoit à Paris le mannequin en forme de buste de la pneumatique Mae, Schiaparelli se serait écriée « Schocking ! ». Un terme qui deviendra le nom de son parfum star, dont le flacon bombé aura la forme du buste de Mae West[6] ».
  3. Farida Khelfa décrit la décoration dans une interview : « Tout est improvisé, […] sans unité de style ou d'époque, mais ça fonctionne. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Yann Kerlau 2010, p. 132
  2. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, présentation en ligne), « Les reines de la couture 1901 - 1959 », p. 126
  3. (en) « Shocking! The Art and Fashion of Elsa Schiaparelli - teacher's pack » [PDF], Philadelphia Museum of Art (consulté le 2 novembre 2009)
  4. a, b et c Jacques Brunel, « Schocking new », Vogue Paris, no 929,‎ août 2012, p. 92 à 93 (ISSN 0750-3628)
  5. a, b, c et d Patrick Cabasset (photogr. Christophe Roué), « La nouvelle vie de Schiaparelli », L'Officiel Paris, no 969,‎ octobre 2012, p. 240 à 245 (ISSN 0030-0403)
  6. Nelly Kaprièlian, « Miuccia la magnifique », Vogue Paris, Condé Nast, no 937,‎ mai 2013, p. 128 (ISSN 0750-3628)
  7. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ 2008 (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), « Les nouvelles ressources de la profession », p. 123
  8. Elizabeth Gouslan, « Elsa Schiaparelli et Miuccia Prada, figures du style », sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro Madame,‎ 9 mai 2012
  9. « Cocktail chez Schiaparelli », sur L'Officiel Paris, Éditions Jalou,‎ 3 juillet 2012
  10. (en) « Schiaparelli Fall Couture 2013 », Runway, sur wwd.com, WWD,‎ 1er juillet 2013 (consulté le 7 juillet 2013)
  11. a et b AFP, « Schiaparelli revient sur les podiums de la haute couture », Mode, sur lemonde.fr, Le Monde,‎ 13 novembre 2013 (consulté le 11 décembre 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]