Jacques Tardi

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Jacques Tardi

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Jacques Tardi lors du Salon du livre de Paris en mars 2013.

Naissance 30 août 1946 (67 ans)
Valence, France
Nationalité Française
Profession Auteur de bandes dessinées
Formation

Jacques Tardi (né le 30 août 1946 à Valence) est un auteur et dessinateur de bande dessinée français.

Il est surtout connu pour la série des Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec et pour son travail sur la Première Guerre mondiale. Il est lauréat en 1985 du Grand prix de la ville d'Angoulême et en 2011 de deux Eisner Awards.

Son œuvre, traduite en plusieurs langues, a gagné la reconnaissance, au-delà même du monde de la bande dessinée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfances et études[modifier | modifier le code]

Jacques Tardi est né le 30 août 1946 à Valence[1] et a fait les Beaux-Arts de Lyon puis les Arts décos de Paris[2].

Il a passé son enfance dans l'Allemagne occupée où son père est militaire de carrière.

Il dessine sa première bande La marque verte en 1958-1959, après la découverte des albums de Edgar P. Jacobs[3].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il débute en 1969 avec le récit Rumeurs sur le Rouergue, pré-publié en 1972 dans Pilote, sur un scénario de Pierre Christin (édité en album broché par Futuropolis en 1976).

En 1976, et à la demande de son éditeur Casterman[4], Tardi commence une série : les Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec.

En novembre 2010, il publie chez Futuropolis une adaptation du roman de Jean-Patrick Manchette, La Position du tireur couché[5].

En 2012, il publie Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag II-B, à partir des souvenirs de la captivité de son père durant la Seconde Guerre mondiale.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2013[6], il refuse cette distinction en indiquant ne vouloir « rien recevoir, ni du pouvoir actuel, ni d'aucun autre pouvoir politique quel qu'il soit »[7].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jacques Tardi vit avec la chanteuse et traductrice Dominique Grange[8].

Style et univers[modifier | modifier le code]

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L'univers de Tardi est facile à résumer : les faubourgs de Paris, les anars, quelques monstres, des soldats et la guerre, et, partout, la misère qui poisse, la révolte… L'œuvre de Tardi est très explicite. De ses choix d'auteurs (adaptés, illustrés comme Céline, Daniel Pennac, Jean Vautrin, Léo Malet...) se dégagent des cohérences affectives, imaginaires, mais aussi politiques.

Son style peut sembler proche de la ligne claire de Hergé, mais les ouvrages de Jacques Tardi ont une nette tendance à ridiculiser le concept du « héros », ses personnages peuvent être des antihéros complets, des victimes de la marche du monde sans prise (sauf accidentelle) sur celui-ci, voire de simples témoins refusant d'agir autrement que pour leur propre compte.[interprétation personnelle]

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La première guerre mondiale est un événement omniprésent dans l'oeuvre de Tardi. Toute l'oeuvre de Tardi est ponctuée d'ouvrages qui lui sont directement consacrée (Adieu Brindavoine, La véritable histoire du soldat inconnu, le Trou d'obus, Où vas-tu petit soldat, etc...), ou dont l'action se situe autour de cette période (par exemple, les aventures d’Adèle Blanc-Sec débutent avant la guerre, et reprennent après la guerre). On note toutefois une évolution : les premiers ouvrages utilisent la guerre comme un support, un fond pour raconter une histoire de bande dessinée tandis que les ouvrages plus récents sur ce thème sont plus historiographiques, exposant cruement la chronologie et les faits de la "der des ders", et se lisent comme un livre scolaire, une biographie.

Son travail sur la Première Guerre mondiale, notamment C'était la guerre des tranchées et Putain de guerre est reconnu comme exceptionnel[9], notamment pour sa grande rigueur historique (grâce à la collaboration avec l'historien Jean-Pierre Verney[10]) et à la force qui se dégage de ces albums.

C'était la guerre des tranchées est une bande dessinée qui montre la vie d'un soldat, son quotidien. Cette BD est son oeuvre la plus célèbre.

Un exposition au festival d’Angoulême a d'ailleurs été consacrée à cette partie de l’œuvre de Tardi où de nombreuses « planches » ont été exposées[11].

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La seconde guerre mondiale n'est pas en reste dans l'oeuvre de Tardi. De la même manière, si la seconde guerre mondiale servait de toile de fond (120 rue de la gare (Tardi-Mallet) par exemple), les récits plus récents sont plus bâtis comme des livres d'Histoire et des romans biographiques (Moi, René Tardi, prisonnier au stalag II-b).

Honneurs et distinctions[modifier | modifier le code]

Tardi est lauréat en 1985 du Grand prix de la ville d'Angoulême et en 2011 de deux Eisner Awards[12].

Il refuse la légion d'honneur en 2013 donnant pour raison de son refus : « les artistes n’aiment guère être reconnus par des gens qu’on n’estime pas »[13].

Œuvres publiées[modifier | modifier le code]

Albums de bande dessinée[modifier | modifier le code]

  1. Adèle et la Bête, 1976.
  2. Le Démon de la Tour Eiffel, 1976.
  3. Le Savant fou, 1977.
  4. Momies en folie, 1978.
  5. Le Secret de la salamandre, 1981.
  6. Le Noyé à deux têtes, 1985.
  7. Tous des monstres !, 1994.
  8. Le Mystère des profondeurs, 1998.
  9. Le Labyrinthe infernal, 2007. Une partie a été prépubliée en trois livraisons mensuelles format journal vendues en librairies.
  1. Brouillard au pont de Tolbiac, Casterman, 1982.
  2. 120, rue de la Gare, Casterman, 1988.
  3. Une gueule de bois en plomb, Casterman, 1990.
  4. Casse-pipe à la Nation, Casterman, 1996.
  5. M'as-tu vu en cadavre ?, Casterman, 2000.
  6. La nuit de Saint-Germain des Prés, Casterman,Leo Malet, 2005.
  7. Le soleil naît derrière le Louvre, Casterman,Leo Malet, 2007.
  8. L'Envahissant cadavre de la plaine Monceau, Casterman,Leo Malet, 2009
  9. Boulevard... Ossements, Casterman,Leo Malet, 2013
  • Le Trou d'obus, Imagerie Pellerin, 1984.
  • Tueur de cafards (dessin), avec Benjamin Legrand (scénario), Casterman, 1984. Réédité sous le titre New-York mi ammor en 2009.
  • Grange bleue (dessin), avec Dominique Grange (scénario), Futuropolis, 1985.
  • Où vas-tu petit soldat - A l’abattoir ! , Éditions du Monde Libertaire, 1989.
  • Tardi en banlieue, Casterman, 1990.
  • Rue des Rebuts, Alain Beaulet, 1990.
  • Jeux pour mourir, d'après un roman de Géo-Charles Véran, Casterman, 1992.
  • C'était la guerre des tranchées,avec Verney Casterman, coll. « Studios (A SUIVRE) », 1993.

À travers le portrait d'une vingtaine de soldats français, Tardi explique le calvaire de vie du poilus et son enfer quotidien des batailles.

  1. Les Canons du 18 mars, 2001.
  2. L'Espoir assassiné, 2002.
  3. Les Heures sanglantes, 2003.
  4. Le Testament des ruines, 2004.
  1. 1914 - 1915 - 1916, 2008. Prépublié en trois livraisons mensuelles format journal vendues en librairies.
  2. 1917 - 1918 - 1919, 2009. Prépublié en trois livraisons mensuelles format journal vendues en librairies.
  1. L’Énigmatique Monsieur Schmutz, 2011.
  • Moi, René Tardi, prisonnier au Stalag II B, Casterman, 2012.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Couvertures de romans
Textes illustrés par Jacques Tardi (romans sauf précision) 
Recueils d'illustrations de Jacques Tardi 
  • Mine de plomb, Futuropolis, 1985.
  • Chiures de gommes, Futuropolis, 1985.
  • Tardi en banlieue, avec Jean Vautrin (texte), Casterman, 1990.
  • Un strapontin pour deux, avec Michel Boujut (collaboration au texte), Casterman, 1995.
  • Tardi par la fenêtre, avec Michel Boujut (texte), Christian Desbois, 1996.
  • Tardi. Carnet, Jcmenu éditeur, 2001.
Illustration de jeux de société 

Feuilleton radiophonique[modifier | modifier le code]

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Le Voyage d'Alphonse (texte), avec Antoine Leconte (illustration), Duculot, 2003.

Documentation[modifier | modifier le code]

Articles et ouvrages[modifier | modifier le code]

  • À la rencontre de Jacques Tardi, Bédésup, coll. « À la rencontre de... », 1982.
  • Le Lézard no 4-5 : Tardi, Forest, juillet 1991.
  • Alain Foulet et Olivier Maltret, Presque tout Tardi, Sapristi, 1996.
  • Thierry Groensteen, Tardi : Monographie, Magic Strip,‎ 1980, 176 p.
  • Jacques Samson (dir.), Mieux vaut Tardi, Analogon, 1989.
  • Jean-Claude Loiseau, « Festival d'Angoulême : Tardi, dessinateur indigné et engagé », Télérama,‎ 30 janvier 2014 (lire en ligne)

Interviews[modifier | modifier le code]

  • Jacques Tardi (int. Jean-Marc Vidal), « Le Prem's des prem's », dans BoDoï no 19, novembre 1998.
  • Jacques Tardi (int. Numa Sadoul), Tardi, Niffle, coll. « Profession auteur de bande dessinée », 2000.
  • Jacques Tardi (int. David Alliot), « Entretien avec Jacques Tardi », dans Le Bulletin célinien no 316, février 2010.
  • Jacques Tardi (int. Vincent Genot et Laurent Raphaël), « Tardi, tireur d'élite », dans Focus Vif, 4 novembre 2011.
  • Jacques Tardi (int. Kim Thompson), « The Jacques Tardi Interview », dans The Comics Journal n°302, janvier 2013, p. T2-T91.

Vidéo[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://livres.fluctuat.net/jacques-tardi.html
  2. (Loiseau 2014)
  3. (Groensteen 1980), Repères Biographique
  4. Voir (Loiseau 2014)
  5. Site actualitte.com, consulté le 18/12/2011.
  6. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination
  7. AFP, « Jacques Tardi refuse la Légion d'honneur », sur lefigaro.fr,‎ 2 janvier 2013 (consulté le 2 janvier 2013)
  8. Article de Rue89, pour la sortie du livre-disque 1968-2008... N’effacez pas nos traces !
  9. Christine Ferniot et J.B., « Les écrivains et la guerre », Lire,‎ mars 2014 L'iconographie de la Grande guerre doit beaucoup au génie de Jacques Tardi. Hanté par cette grande boucherie, dont il porte la mémoire familiale[...]
  10. Dominique Bry, « La putain de guerre de Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney », Mediapart,‎ 11 novembre 2008 : Par son association avec Jean-Pierre Verney, spécialiste de la Grande guerre, Putain de Guerre s’inscrit dans le droit fil de cette démarche historiographique. En mêlant récit de fiction, mais avec le souci de la véracité et la rigueur de la reconstitution historique.
  11. Page officielle de l'exposition Tardi et la Grande Guerre.
  12. « Tardi et Guarnido récompensés aux Eisner Awards, les Oscars de la BD » sur Télérama.
  13. Un élu socialiste refuse la Légion d’honneur « d’un système à bout de souffle », José Meidinger, bvoltaire.fr, 7 janvier 2014

Article connexe[modifier | modifier le code]