Années 1960

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Années :

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Décennies :

1940 · 1950Années 19601970 · 1980

Siècles :

XIXe siècleXXe siècleXXIe siècle

Millénaires :

 Ier millénaireIIe millénaireIIIe millénaire 

Les années 1960 couvrent la période de 1960 à 1969.

On rencontre parfois le terme anglais sixties, compte tenu du rayonnement économique et culturel des États-Unis et du Royaume-Uni au cours de cette décennie.

Évènements majeurs[modifier | modifier le code]

Guerres et conflits[modifier | modifier le code]

La guerre du Viêt Nam, débutée en 1954, se poursuit jusqu'en 1975 et aurait fait de 2 à 5 millions de morts[1].

La guerre d'Algérie, débutée en 1954, se termine en 1962[2]. La guerre et les massacres des harkis suivant le cessez-le-feu auraient fait au moins 400 000 morts, bien que les pertes algériennes soient difficiles à chiffrer.

La guerre des Six Jours fait environ 15 000 à 20 000 morts en 1967.

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Catastrophes naturelles[modifier | modifier le code]

  • Le 29 février 1960, un séisme au Maroc (Agadir) fit plus de 10 000 victimes[4].
  • Le 22 mai 1960, un séisme touche quasiment tout le Chili. Sa magnitude fut la plus élevée enregistrée jusqu'à ce jour : 9.5 sur l'échelle de Richter. Il provoqua un tsunami dans tout l'océan Pacifique. L'évènement fit environ 6 000 victimes dans les différents pays concernés[5].
  • Le 1er septembre 1962, un séisme en Iran (Kazvin) fit plus de 10 000 victimes[4].
  • Les 28 et 29 mai 1963, un cyclone toucha le Bangladesh et provoqua la mort de plus de 20 000 personnes[4].
  • Les 11 et 12 mai 1965, un cyclone au Bangladesh fit plus 15 000 victimes[4].

Enjeux sanitaires et sociaux[modifier | modifier le code]

Enjeux sanitaires[modifier | modifier le code]

La Grippe de Hong Kong fut une pandémie en 1968 - 1969, qui fit plus d'un million de victimes[5].

Phénomènes de société[modifier | modifier le code]

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Sciences naturelles[modifier | modifier le code]

Ingénierie : la révolution des transports[modifier | modifier le code]

  • Premier vol de l'avion de transport supersonique Concorde à Toulouse le 2 mars 1969[6].
  • L'automobile dans le monde est en plein essor.
  • En France, le premier axe autoroutier national (reliant Lille à Marseille) est construit durant cette période (inauguration en 1970).
  • L'adoption du conteneur standardisé favorise l'intermodalité et les échanges commerciaux internationaux[7].

Mode[modifier | modifier le code]

  • Création de la mini-jupe par le couturier John Bates et qui a été porté pour la première fois dans les rues londoniennes par Mary Quant.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Voir également Groupe de musique des années 1960.

Littérature[modifier | modifier le code]

Art et patrimoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1960 en arts plastiques.

En Tunisie, la fin des années 1960 est marquée par l'engagement à partir de 1967 de la vaste campagne de restauration de la Grande Mosquée de Kairouan considérée comme l'une des œuvres majeures de l'architecture arabo-musulmane[8]. Les travaux, étalés sur cinq ans et placés sous le contrôle de la direction des monuments historiques de l'Institut national d'archéologie et d'art, concernent l'ensemble de l'édifice fondé vers 670 et daté dans son état actuel du IXe siècle[9]. La restauration de la Grande Mosquée de Kairouan se termine par une cérémonie officielle lors de la célébration de la fête du mouled de 1972[8].

Économie & société[modifier | modifier le code]

Amérique latine[modifier | modifier le code]

  • Forte croissance du commerce intrarégional en Amérique centrale entre 1961 et 1970 : les exportations intrarégionales sont multipliées par dix, atteignant 26,2 % du total des exportations de la région. En 1970, le Guatemala et le Salvador drainent à eux deux 61,5 % du commerce régional.
  • Stagnation de la croissance au Brésil (1962-1967).

Asie[modifier | modifier le code]

  • Au Japon, le miracle économique japonais continue ; le boom Izanagi fait qu'en 1968, ce pays devient la 2e économie mondiale.
  • À la fin des années 1960, après trois années de sécheresse, 80 000 personnes seraient mortes de faim en Afghanistan.
  • Le Laos, pays peu peuplé (6 habitants au km² en 1960), est composé d’une mosaïque d’ethnies. Les Lao, principalement installés dans la vallée du Mékong où ils pratiquent la riziculture irriguée, forment l’unité dominante et représentent avec les autres groupes thaïs la moitié de la population. Les montagnards du Nord se composent de plusieurs groupes, arrivés de Chine il y a plusieurs siècles —Yaos et Hmong (Meo) — qui cultivent des parcelles gagnées sur la forêt par brûlis (ray), et d’un petit groupe d’origine tibéto-birmane. Au Sud vivent les Khas, un groupe « proto-indochinois » vivant d’une agriculture itinérante sur brûlis.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Les taux moyens d’accroissement du PIB de 1965 à 1973 en Afrique varient entre -0,8 % (Niger) et un peu plus de 9 % (Zimbabwe, Nigeria). Le Botswana connaît un taux exceptionnel de 14,8 % (diamants) ; la majorité des pays se situent entre 3 % et 4 %.
  • En Afrique subsaharienne, la part de l’agriculture dans le PIB passe en moyenne de 47 % en 1960 à 40 % en 1965, 35 % en 1970 ; dans le même temps, la part de l’industrie s’accroît de 17 % à 20 % puis à 23 %, tandis que le secteur tertiaire prend la première place avec 41 % en 1970.
  • Les décennies 1960 et 1970 connaissent une croissance spectaculaire des secteurs producteurs de rente (exportations agricoles, production minière et pétrolière). Les structures économiques coloniales et les déséquilibres se maintiennent : recul ou stagnation des productions vivrières alors que la croissance démographique reste élevée (3 % par an) ; importation croissante des biens alimentaires et des biens intermédiaires destinés aux industries ; faible compétitivité des industries nationales ; instabilité des cours des matières premières ; étroitesse des marchés intérieurs et insuffisance de l’épargne intérieure ; lourdeur des dépenses publiques ; surévaluation des monnaies en particulier dans la zone CFA ; déficit du commerce extérieur en produits manufacturés ; inadaptation des projets industriels ; insécurité alimentaire.
  • Fondation de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest par sept anciennes colonies françaises, dotées d’une monnaie commune, le franc CFA, soutenu par le Trésor français.
  • 273 millions d’habitants en Afrique (9 % de la population mondiale). 9 % de la population habite en ville en moyenne.
  • 225 000 colons blancs et trois millions d’Africains en Rhodésie.
  • 800 000 Mozambicains travaillent en Afrique du Sud.
  • 45 % de la population sud-africaine habite en ville.
  • 82 % des grandes entreprises du Congo belge sont aux mains de capitaux étrangers.
  • Angola : 172 500 Blancs pour 4,6 millions de Noirs.
  • L’aide de la France à ses anciennes colonies s’élève à 1,38 % de son PNB en 1960 (0,66 % en 1970). La Grande-Bretagne y consacre 0,56 % de son PNB en 1960 (0,37 % en 1970), la Belgique 0,88 % (0,46 % en 1970).
  • Mise en place d’organismes de stabilisation des prix et de soutien à la production agricole en Côte d'Ivoire et au Cameroun.
  • Les huileries d’arachide assurent 38 % des exportations du Sénégal. 83 % de la population active travaille dans le secteur primaire.

Égypte[modifier | modifier le code]

  • À partir de 1965, le modèle économique nassérien s’essouffle. L’absence d’exportations entraîne une crise des changes liée à l’épuisement des devises étrangères. Un plan de stabilisation est mis sur pied avec le FMI. La livre égyptienne est dévaluée de 40 %, les prix sont augmentés, les investissements réduits.
  • La croissance démographique est de 2,6 % par an. Nasser lance une politique de planning familial en novembre 1965 entraînant une baisse de la croissance démographique jusqu’en 1975.
  • Le nombre d’enfant scolarisé est passé de 1,8 million en 1950 à 4,6 millions en 1965.
  • 38 % de la population égyptienne habite en ville en 1960 (22 % dans des villes de plus de 100 000 habitants).

Europe occidentale[modifier | modifier le code]

  • De 1961 à 1970, 13 % des Espagnols ont changé de province : le sud-est se vide au profit de Madrid et Barcelone.
  • Espagne : 40 % des actifs travaillent dans le secteur primaire. 27 % dans le tertiaire.
  • Portugal : le pays s’ouvre aux capitaux étrangers. 800 entreprises seront créées ainsi entre 1965 et 1970. 42 % de la population active travaille dans le secteur primaire. 1,5 million de Portugais émigreront entre 1960 et 1973 (75 % vers la France).
  • Royaume-Uni : 7,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

États-Unis d'Amérique[modifier | modifier le code]

  • L'ouverture du recours au crédit augmente le choix et la production de produits de consommation (voitures...) ; néanmoins la productivité du pays diminue.
  • Kennedy lance au début des années 1960 une politique budgétaire (baisse des impôts) et une politique sociale afin de lutter contre la pauvreté.

Bloc de l'Est[modifier | modifier le code]

  • Dans les années 1960, le taux de croissance moyen de l’industrie roumaine est l’un des plus élevés d’Europe de l’Est. La production industrielle roumaine a été multipliée par deux entre 1960 et 1970. À partir de 1965, la Roumanie s’ouvre au tourisme occidental (Station balnéaire de Mamaïa).
  • Recollectivisation de l’agriculture en Hongrie au début des années 1960. Les coopératives obtiennent une assez large autonomie de gestion, de production et de commercialisation. Elles admettent les anciens koulaks, parfois comme directeurs. Le système marche et la pénurie alimentaire disparaît.
  • Yougoslavie : le commerce extérieur yougoslave avec l’URSS et les autres états communistes augmente, mais 70 % du commerce se fait avec l’Ouest et les pays neutres. En 1965-1966, des réformes économiques produisent une « révolution économique ». Le contrôle du gouvernement central diminue encore et plus de responsabilités sont données aux entreprises individuelles et aux syndicats.
  • URSS :
    • Récoltes désastreuses des années 1963, 1965, 1969, 1972 et 1975, dues aux conditions climatiques mais aussi à l’inefficacité du secteur agricole collectivisé et à l’exode rural des jeunes gens vers les villes. Pour éviter la famine, l’URSS est contrainte de faire des achats massifs de blé au Canada et aux États-Unis, ce qui accroit sa dette extérieure.
    • Ievseï Libermann et d’autres économistes soviétiques proposent, à partir de 1965, d’assouplir quelque peu la planification centralisée afin d’accroître la rentabilité des investissements et de stimuler la productivité. Sans pour autant mettre en question la propriété collective des moyens de production, ces économistes préconisent d’accorder aux entreprises une relative autonomie par rapport au Plan et de restaurer la norme du profit. Kossyguine puis Brejnev, reconnaissant que les méthodes de gestion sont en retard sur les capacités de production, se rallient bientôt à ces idées. Un projet pilote est lancé en juillet 1965 auquel participent quatre cents fabriques de vêtements et de chaussures ; rompant avec l’usage établi, celles-ci basent leur production sur les commandes reçues plutôt que sur les quotas fixés par le gouvernement. L’expérience est bientôt étendue à l’industrie, à l’agriculture, aux entreprises de transport, au bâtiment et aux communications. Une législation appropriée est adoptée par le Soviet suprême dès le mois d’octobre : à chaque entreprise est attribuée un capital d’exploitation et un budget salarial, mais c’est à la direction locale de décider de l’utilisation du capital, du versement des salaires (à l’heure ou à la pièce) et de l’octroi de primes. En 1969, un tiers de la production nationale est assuré par des entreprises fonctionnant sous le système Libermann. Au cours des années 1970, l’approche de Libermann sera progressivement abandonnée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_du_Vi%C3%AAt_Nam/148881
  2. (fr) Jean Monneret, La guerre d'Algérie en trente-cinq questions, édition : L'Harmattan, 2008, p. 13
  3. « PUTSCH – Les sept gouvernements (officiellement) renversés par les États-Unis », Le Monde,‎ 21 août 2013 (lire en ligne).
  4. a, b, c et d La documentation Française, « Catastrophes naturelles et prévention des risques - Chronologie [à partir de 1902]. », sur ladocumentationfrancaise.fr,‎ 21 janvier 2005 (consulté le 7 octobre 2013).
  5. a et b Jacques Mazeau, Petite encyclopédie des grandes catastrophes naturelles : Du déluge au tsunami, le monde va-t-il plus mal ?, Acropole,‎ octobre 2006, 111 p. (ISBN 2-7357-0269-3).
  6. (fr) Xavier Massé, Avion Concorde: de l'évocation en 1943 au dernier vol en 2003, édition : Nouvelles Éditions Latines, 2004, p. 42
  7. « Les transports au coeur de la société », sur goodplanet.info,‎ 20 octobre 2008
  8. a et b (fr) Jacques Vérité, Conservation de la Grande Mosquée de Kairouan, éd. UNESCO, Paris, 1981, p. 1
  9. (fr) Présentation de la Grande Mosquée de Kairouan (Qantara Patrimoine Méditerranéen)