Province Sud (Nouvelle-Calédonie)

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Province Sud
Drapeau de la province Sud
Drapeau de la province Sud
Administration
Pays Drapeau de la France France
Type Province
Collectivité Drapeau de la Nouvelle-Calédonie Drapeau de la Nouvelle-Calédonie Nouvelle-Calédonie (sui generis)
Chef-lieu Nouméa
 - Commissaire délégué
 - Président
Régis Elbez

Philippe Michel (2014-2019)
Démographie
Population 183 007 hab. (2009)
Densité 25 hab./km2
Groupes ethniques Européens : 35,9 %
Kanak : 26,7 %
Wallisiens-Futuniens : 11,4 %
Métis : 9,7 %
Asiatiques : 4,2 %
Tahitiens : 2,6 %
Ni-Vanuatu : 1,2 %
Autres : 7,1 %
Non déclarés : 1,3 %
Géographie
Superficie 7 303 km2

La province Sud est une des trois provinces qui constituent la Nouvelle-Calédonie. Elle correspond à la partie sud-est de la Grande Terre et à l'île des Pins.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Nouvelle-Calédonie a été pour la première fois divisée en plusieurs subdivisions administratives internes par le statut Fabius-Pisani mis en place par la loi du 23 août 1985 : ce sont les régions Sud, Centre, Nord et Îles. Elles sont remplacées, sous le statut Pons II mis en place en janvier 1988, par 4 nouvelles Régions : Sud, Ouest, Est et Îles.

Mais les provinces actuelles, dont la Province Sud, ne sont créées que suite aux accords de Matignon de 1988, par la loi n° 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 (Art. 6)[1], et sont maintenues, après l'accord de Nouméa, par la loi n°99-209 organique relative à la Nouvelle-Calédonie (Titre IV)[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie

Japan WardColour 100x40x0.png Province Sud
1. Thio
2. Yaté
3. Île des Pins
4. Mont-Dore
5. Nouméa
6. Dumbéa
7. Païta
8. Boulouparis
9. La Foa
10. Sarraméa
11. Farino
12. Moindou
13. Bourail
14. Poya (partie sud)

La Province Sud correspond plus ou moins à la moitié sud-est de la Grande-Terre ainsi que l'île des Pins. Avec 7 303 km2, elle est plus étendue que la province des îles Loyauté mais est légèrement plus petite que la Province Nord. Son point culminant se situe au Mont Humboldt, à 1 618 m (le deuxième plus haut sommet de la Nouvelle-Calédonie, derrière le Mont Panié), dans la Chaîne Centrale.

Elle comprend 13 communes :

  • 8 sur la côte ouest de la Grande-Terre, côte sous-le-vent, moins arrosée que la côte est et surtout disposant d'une vaste plaine côtière s'étalant entre l'océan et les contreforts de la Chaîne Centrale : grande plaine herbeuse et de savane, où l'on trouve essentiellement (en dehors de l'agglomération du Grand Nouméa) des villages ruraux pratiquant surtout l'élevage extensif de bovins, c'est là que se concentrent les descendants d'Européens, dits Caldoches, qui se distinguent entre urbains Nouméens et ruraux « Broussards » :
  • 2 sur la côte est de la Grande-Terre, plus exposée aux vents dominantes (les alizés) et connaissant le plus de précipitations, il s'agit essentiellement d'une plaine étroite, les versants de la Chaîne Centrale tombant de manière plus ou moins abrupte dans l'océan, et verdoyante, à la végétation tropicale dense. Elle connaît des densités plus faibles, et une population essentiellement mélanésienne :
    • Thio
    • Yaté (commune la plus étendue du Territoire, et la 15e commune française par sa superficie, elle est la seule de la Province à avoir actuellement un maire indépendantiste, si l'on ne compte pas Poya)
  • 2 à l'intérieur de la Chaîne Centrale, les seules communes néo-calédoniennes à n'avoir aucun accès à l'océan.
    • Sarraméa
    • Farino (la commune du Territoire la plus petite après Nouméa, et aussi celle qui connaît la plus forte proportion de descendants d'Européens au sein de sa population).
  • 1 commune insulaire : l'île des Pins.

La commune de Poya a vu quant-à-elle son territoire divisé entre les Provinces Sud et Nord.

Démographie[modifier | modifier le code]

C'est la plus peuplée et la plus riche des provinces. Avec 183 007 habitants en 2009 (et une estimation à 188 500 au 1er janvier 2011), elle rassemble alors près des 3/4 du total de la population néo-calédonienne, soit 74,52 % en 2009 (74,8 % pour l'estimation de 2011). Et cette domination n'a cessé d'augmenter au fil du temps avec une croissance soutenue depuis plus d'une dizaine d'années. Sa population représentait ainsi en 1996 134 546 personnes et un peu plus des deux tiers du total du Territoire (68,35 %) puis 164 235 habitants en 2004 (71,16 %). Cela est dû à la fois à un accroissement naturel plutôt fort (il était de 1,27 % en 2007, soit le plus fort des trois provinces cette année-là, et de 1,19 % en 2010) et plutôt constant (il oscille autour des 1,3 % depuis 2003) mais aussi d'un solde migratoire particulièrement élevé (il était de 1 300 personnes en 2007, et a connu un taux record en 2004 avec 1 800 personnes, ce solde est resté supérieur à 1 000 individus supplémentaires entre 1998 et 2009 pour retomber à 875 en 2010). La province est ainsi non seulement bénéficiaire de l'essentiel du solde migratoire positif de la Nouvelle-Calédonie (venu de l'extérieur) mais aussi un pôle d'attraction pour les actifs (surtout au sein des jeunes générations) des deux autres provinces (surtout les îles Loyauté, la Province Nord pour sa part, portée par la mise en place progressive de l'usine métallurgique à Vavouto, ayant retrouvé un solde position en 2010) qui elles ont un solde migratoire négatif ou plus faible[3],[4].

Mais la Province Sud est également celle qui connaît le plus de déséquilibres dans la répartition de sa population : en effet, plus de la moitié de celle-ci (55,64 % en 2004, 53,32 % en 2009) vit dans la seule commune de Nouméa, sur 0,7 % de son territoire. Et près des 9/10e (89,05 % en 2004, 89,46 % en 2009) résident dans le Grand Nouméa (qui rassemble 163 723 personnes, soit les 2/3, ou 66,67 %, de l'ensemble des néo-calédoniens), sur moins d'1/4 de la superficie de la Province. Si la densité de Nouméa est ainsi désormais supérieure aux 2 000 hab/km², et celle du Grand Nouméa est proche des 100 hab/km², le reste de la Province a une très faible densité d'à peine 4 hab/km² (3,35 en 2004, 3,59 hab./km2 en 2009). Toutefois, si ces disparités persistent, elles se sont stabilisées et ne se sont donc pas creusées entre 2004 et 2009. Hors Grand Nouméa, la côte la plus peuplée et la plus dense reste, et de loin, la côte ouest (sans y inclure les communes « montagnardes » de Farino et Sarraméa), avec 11 571 habitants et 60 % des résidents de la « Brousse », pour une densité de 4,24 hab./km2. Les deux communes de la côte est en revanche, Thio et Yaté, ne réunissent que 4 510 personnes (23,4 %) sur une superficie quasi similaire (2 336 km2) et connaissent donc la densité la plus faible du Territoire (1,93 hab./km2).

Les Néo-calédoniens d'origine européenne (Caldoches et Métropolitains) y forment la majorité démographique, à la différence des deux autres provinces (où ils sont minoritaires). Ils représentaient ainsi, au recensement de 2009, 35,9 % de la population. Ils étaient suivi par les Kanak (26,7 %, et dont la moitié, plus précisément 50,28 % d'entre eux, vivait à Nouméa), les Wallisiens et Futuniens (11,4 %, surtout concentrés dans les communes périurbaines du Grand Nouméa), ceux appartenant à plusieurs communautés (métis, 9,7 %), ceux se déclarant comme « autres » et tout particulièrement « Calédoniens » (7,1 %), les Tahitiens (2,6 %), les Indonésiens (1,9 %), les Vietnamiens (1,3 %) et les Ni-Vanuatu (1,2 %)[5]. Les trois provinces sont francophones, mais la Province Sud est la seule où le français est parlé majoritairement en tant que langue maternelle (dans les deux autres provinces il est utilisé comme langue véhiculaire par les populations mélanésiennes, tout en restant la langue officielle de l'ensemble de l'archipel en tant que collectivité française).

La population de la Province Sud est également la moins jeune de Nouvelle-Calédonie, son âge moyen, de 31 ans, étant supérieur à ceux des deux autres provinces (27,5 dans les Îles Loyauté et 28 ans dans le Nord) mais aussi des autres archipels du Pacifique (28 ans en Polynésie française et 24 ans à Wallis-et-Futuna), et se rapproche de l'âge médian de la France métropolitaine (40 ans). Sa pyramide des âges n'est plus vraiment triangulaire et ressemble à celle des pays ayant terminé leur transition démographique. Son espérance de vie à la naissance s'établit en 2010 à 78,2 ans, mais elle a été pratiquement rattrapée par celles des deux autres provinces (74,2 ans aux Îles Loyauté et 75,9 dans le Nord). Plus précisément, elle est de 75,3 ans pour les hommes et de 81,2 ans pour les femmes.

Pyramide des âges de la Province Sud en 2009 en pourcentage[6].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,13 
90 et plus
0,29 
1,03 
80-89
1,47 
3,27 
70-79
3,62 
6,91 
60-69
6,71 
9,81 
50-59
9,99 
14,34 
40-49
14,42 
15,91 
30-39
16,34 
14,89 
20-29
14,82 
17,18 
10-19
16,71 
16,54 
0-9
15,64 

Économie et niveau de vie[modifier | modifier le code]

La domination de la Province Sud dans l'économie néo-calédonienne est imposante dans tous les domaines. En 2004, elle assurait plus de 81 % du PIB (pour 71 % de la population) de la Nouvelle-Calédonie (soit plus de 450 milliards de Francs CFP, ou 3,771 milliards d'euros, soit une production de richesse similaire à celle de départements métropolitains deux à trois fois plus peuplés que la province comme les Ardennes ou le Jura). De fait, elle est alors la seule Province à offrir un niveau de revenu par habitant élevé, très proche de celui de la France métropolitaine, avec un PIB par habitant d'environ 2,5 millions de F CFP (20 975 euros) en 2004 toujours, niveau proche de départements tels que l'Hérault. Et il connaît dans ce domaine une forte avance sur les deux autres provinces, le PIB par habitant y est ainsi une fois et demi plus élevé que celui du Nord et près de trois fois celui des Îles Loyauté, et cela malgré une réduction de ce déséquilibre par rapport à 1996 (ce rapport était alors respectivement de 2,3 et 3,6, ce rattrapage est notamment dû à une croissance plus rapide dans le Nord que dans le Sud entre 1996 et 2004, le PIB nominal augmentant globalement de 87 % pendant ces huit ans dans la première pour 44 % dans la seconde). Et là encore une relativement importante disparité existe entre le Grand Nouméa et le Sud rural, avec un ratio entre les deux d'environ 1,5 (soit le même niveau de décalage qu'entre l'ensemble du Sud et le Nord).

En 2006, 80 % de l'emploi s'y trouvait, contre 15 % dans le Nord et 5 % dans les Îles Loyauté, et cette part s'est accrue cette année-là avec le développement plus rapide que celui de l'usine du nord du chantier de Goro Nickel à l'extrémité sud de la Grande Terre, plus de 90 % des nouvelles offres d’emploi se situant alors dans la province Sud. D'où le maintien de l'attractivité du Sud, et plus particulièrement du Grand Nouméa, pour les jeunes actifs des deux autres provinces. Et au 30 septembre 2008, elle concentre toujours près des 3/4 (36 257, 74,08 %) des établissements inscrits au Répertoire d'identification des entreprises (RIDET), et parmi celles-ci 87,2 % sont implantées dans le Grand Nouméa (64,2 % ne serait-ce qu'à Nouméa)[7],[8],[9].

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

La station d'élevage de Gabé, à Bourail

Si le nombre d'entreprises agricoles, de chasse, sylviculture, pêche ou aquaculture sont moins nombreuses que dans les deux autres provinces combinées, avec 2 992 établissements contre 3 019 dans le Nord et 945 aux Îles Loyauté, la Province Sud assure l'essentiel de la production agricole, impliquant une plus grande concentration de l'activité (comme semble l'indiquer le nombre réduit d'actifs familiaux par rapport aux deux autres provinces, qui ne représentent plus en 2003 que 1 568 unités de travail annuel dans le Sud contre 2 173 dans le Nord et 1 556 dans les Îles, et cela alors même que 82,8 % des salariés permanents non familiaux du Territoire sont concentrés dans la province, ainsi que 51,9 % de l'entraide et salariés occasionnels). Ainsi, 50,45 % de la surface agricole utilisée (SAU) se trouve dans le Sud (et plus particulièrement 60,3 % de la surface agricole entretenue)[10]. Et, en 2002, cette SAU provinciale n'était divisée que par 30,8 % (1 721) des exploitations néo-calédoniennes (soit une taille moyenne de 72,67 ha, comparativement aux 54,55 dans le Nord et aux 71 ares des Îles Loyauté). Et 87,4 % d'entre elles sont des terres de droit privées, 5,9 % des terres coutumières et 6,7 % des propriétés domaniales.

La principale activité reste l'élevage, 74,8 % des exploitations du sud le pratiquant (parmi lesquels 43,2 % l'associent à une polyculture, 33,6 % pratiquant uniquement cela et 23,2 % l'associent avec une monoculture)[11]. 53,89 % du cheptel bovin (soit 59 988 têtes, pour une moyenne de 93,1 bovins par station d'élevage) se trouve dans le Sud, avec pour vocation essentiellement la production de viande (1 998 tonnes produites en 2008, soit loin des records atteints entre 1995 et 2005 où elle avoisinait les 2 500 tonnes, elle représentait toutefois 63,5 %, soit près des 2/3, de la production du Territoire)[12], à quoi s'ajoutent les seules 393 vaches laitières de Nouvelle-Calédonie en 2002 qui assurent la très faible production de lait (804 milliers de litres en 2005, contre 65 millions de litres importés la même année, le principal producteur dans ce domaine reste notamment la station Tennessee Farm à Bourail capable de fournir chaque semaine 1 500 litres de lait entier, 40 000 pots de yaourts, 4 000 flans et 7 000 litres de crème glacées)[13]. L'essentiel des autres types d'élevage sont concentrés dans la province : 53,37 % de tête d'ovins (surtout à Païta) sur seulement 18,3 % des exploitations de ce type (et une moyenne forte de 28,5 têtes par station) et 79,9 % de la production de la viande porcine en 2008 (1 895 tonnes cette année-là, le secteur est, contrairement à la viande bovine, en plein essor depuis 1995), 85,4 % de la volaille sur 26,5 % des basses-cours du pays (en tout 326 916 têtes en 2002, et une moyenne de 663,11 volailles par exploitation) et 11 672 cervidés (81,66 % du total du Territoire) élevés dans 10 stations (25,64 % du total, essentiellement concentrées à Boulouparis) en 2002[14]. Le modèle agricole de la Province Sud reste donc essentiellement de l'élevage extensif sur les grandes stations de la côte ouest (Bourail, La Foa, Boulouparis et Païta étant les principaux centres)[13]. L'agriculture végétale pour sa part inclut aussi l'essentiel de la production de légumes du Territoire (notamment à La Foa avec 60 % des pommes de terres fournies et 10 % de la production maraîchère) ou les fruits (aussi à La Foa avec 25 % de la production, ou à Païta avec les « Fraisiers de Païta ») voire des bribes de céréaliculture (maïs, essentiellement)[15].

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Camp minier de Goro

La Province Sud domine encore largement l'industrie manufacturière (essentiellement dans le domaine de la transformation du nickel, avec l'usine Eramet SLN de Doniambo à Nouméa et celle Vale Inco de Goro, en phase de test depuis le début de l'année 2009, à quoi s'ajoutent la production de biens de consommation, d'équipement, intermédiaire ou d'art de décoration qui représentaient 1 462 entreprises pour 2 079 employés en 2005 essentiellement concentrés dans la Zone industrielle et commerciale de Ducos à Nouméa et 19,127 milliards de Francs pacifique de valeur ajoutée en 2004, ou la production agroalimentaire avec 207 sociétés et 1 485 employés en 2005 et une valeur ajoutée de 10,403 milliards de Francs CFP en 2004[16]) avec, toujours au 30 septembre 2008, 2 100 des 2 428 sociétés calédoniennes du secteur (86,5 %). Elle assure ainsi, jusqu'à la mise en service de l'usine du Nord à partir de 2013, la totalité de la production métallurgique de nickel (mattes et ferro-nickels, 59 796 tonnes produites en 2007 pour 57 431 exportées, ce qui rapporte 133,112 milliards de F CFP). L'usine de Doniambo, qui employait encore en 1970 aux alentours de 3 500 ouvriers, a fortement réduit le nombre de ses salariés entre 1970 et 2000 pour le stabiliser depuis le début du XXIe siècle autour de 1 400-1 500 employés[17].

Pour ce qui est de la construction, il s'agit du troisième secteur en nombre d'entreprises de la Province, avec 5 388 établissements enregistrés au RIDET au 30 septembre 2008 qui représentent 80,45 % de l'ensemble des sociétés de ce type sur le Territoire. Il est porté par l'explosion urbaine continue du Grand Nouméa, par l'augmentation des politiques publiques de construction de logement social qui y sont associés depuis le début des années 2000 et par des grands chantiers d'infrastructure (les équipements du Jeux du Pacifique de 2011, surtout concentrés dans le Grand Nouméa, la création du campus pour regrouper à partir de 2011 l'ensemble des activités de l'Université de la Nouvelle-Calédonie à Nouville, l'agrandissement de l'aéroport international de Nouméa - La Tontouta en phase de finition au début de l'année 2013 ou encore le chantier du médipôle de Koutio ouvert en 2010 pour une livraison prévue en 2015).

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Mais plus des 2/3 des entreprises enregistrées en Province Sud en 2008 (25 226 sociétés, soit 69,58 %, et parmi elles 72,6 % se trouvent à Nouméa, 8,2 % au Mont-Dore, 6 % à Dumbéa et 4,4 % à Païta, soit une concentration de 91,2 % de ces établissements dans le Grand Nouméa) concernent le secteur tertiaire (78,3 % des entreprises tertiaires néo-calédoniennes sont de plus implantées dans le Sud, collectivité connaissant la plus forte concentration de population), dont tout particulièrement l'immobilier, la location et les services aux entreprises (9 700 établissements ou 26,75 % de l'entrepreneuriat provincial et 92,15 % de l'ensemble des sociétés de ce type sur le Territoire) ou les services collectifs, sociaux et personnels (6 780 entreprises, 18,7 % des sociétés implantées dans la province, mais ne représentant finalement que 65,9 % des établissements néo-calédoniens de ce secteur). On trouve notamment dans le Grand Nouméa les deux seuls hypermarchés de l'archipel à la fin 2008 (le Carrefour de la galerie Kenu'in à Koutio, à la limite entre Nouméa et Dumbéa, et un Géant Casino dans le quartier de Sainte-Marie, à quoi devrait s'ajouter dans les années à suivre un Hyper U à Ducos et un second Géant Casino à Dumbéa), et plus généralement la Province regroupe 368 des 700 commerces de détail non spécialisés (52,57 %). Et elle concentre l'essentiel des commerces de détail spécialisés, tout particulièrement 255 magasins d'habillement sur 277 (92,05 %)[18]. Et en 2008, 73,6 % des guichets bancaires (53 sur 72) s'y trouvent (alors que dans le même temps, le nombre de guichet stagne dans les îles Loyauté à 4, soit 1 par île, depuis 1995, et au Nord ils ont chuté de 29 guichets en 2000 à 15 depuis 2005)[19].

Sur le plan du tourisme, et malgré l'installation d'infrastructures dans les deux autres provinces ou la création d'escales de croisière afin de favoriser un rééquilibrage, la Province Sud continue à concentrer l'essentiel des équipements (74,4 % des chambres d'hôtels disponibles en Nouvelle-Calédonie fin 2006 s'y trouvent), notamment en matière de tourisme haut de gamme (les trois seuls hôtels cinq étoiles ainsi que les trois golfs de l'archipel)[20]. Et au sein même de la Province, les disparités sont fortes entre Nouméa (et le Grand Nouméa) et la « Brousse ». On trouve ainsi dans le chef-lieu deux des trois 5 étoiles (le Méridien de la Pointe Magnin et le Coral Palms Island Resort de l'îlot Maître), quatre des cinq 4 étoiles (le Nouvata et le Parc au sein du complexe Nouvata Park Resort, le Ramada Plaza et la Promenade, tous sur l'Anse Vata), un des trois terrains de golf (celui de Tina, deux en comptant celui de Dumbéa situé en zone périurbaine) et les deux seuls casinos de Nouvelle-Calédonie. La ville concentre ainsi, avec une offre de 25 établissements et 1 554 chambres en 2004, 65,2 % de la capacité hôtelière de la Nouvelle-Calédonie et 82,1 % de celle de la province. Si le taux d'occupation est relativement élevé à Nouméa, atteignant 61,9 % en 2006, il n'est plus que de 49,3 % dans le reste du Sud[21]. Là encore des projets tendent à pallier la forte centralisation touristique, dont notamment le développement du site de Gouaro Déva à Bourail (comprenant une petite base nautique sur une partie de la plage, un centre équestre, un sentier du littoral, un golf de 18 trous, un village culturel dans la « Vallée taboue », un « arboretum » ou jardin botanique spécialisé et un complexe hôtelier cinq étoiles sous enseigne « Sheraton Nouvelle-Calédonie Bourail Resort & spa »)[22],[23].

Niveau de vie, équipement et indice de développement humain[modifier | modifier le code]

En matière d'équipement des ménages, la Province connaît également de fortes avances sur les deux autres collectivités, bien que celles-ci aient tendance à se réduire. Ainsi, 98,8 % des ménages vivant dans le Sud disposaient en 2004 d'un accès à un point d'eau potable individuel (99,1 % dans le Grand Nouméa, 90,1 % dans le Nord et 92,9 % dans les Îles Loyauté), 92,3 % d'au moins une douche et/ou baignoire intérieure (95,3 % dans le Grand Nouméa, 50,9 % dans le Nord et 20,1 % dans les Îles Loyauté), 99,3 % de WC (99,5 % dans le Grand Nouméa, 86,4 % dans le Nord et 65,4 % dans les Îles Loyauté), 96,1 % d'un accès au réseau général d'électricité (97 % dans le Grand Nouméa, 83,7 % dans le Nord et 87 % dans les Îles Loyauté)[24], 82,6 % d'au moins un véhicule (83,9 % dans le Grand Nouméa, 55,3 % dans le Nord et 36,7 % aux Îles Loyauté), 92,2 % d'un réfrigérateur (94,5 % dans le Grand Nouméa, 56 % dans le Nord et 53,5 % aux Îles Loyauté), 86,4 % d'un lave-linge (88,2 % dans le Grand Nouméa, 51,7 % dans le Nord et 47,1 % aux Îles Loyauté), 73,7 % d'un appareil vidéo (76,3 % dans le Grand Nouméa, 42,4 % dans le Nord et 29,5 % aux Îles Loyauté)[25], 43,9 % d'un ordinateur (16,2 % dans le Nord et 7,2 % aux Îles Loyauté) et 26,1 % d'un accès à internet (8,1 % dans le Nord et 4,3 % aux Îles Loyauté)[26].

L'IDH calculé pour la Province Sud est de 0,904 en 2004 contre 0,871 en 1996, ce qui la met à un niveau de développement comparable à celui du Portugal ou du Qatar à la même époque, et devant les deux autres provinces (0,853 dans le Nord et 0,815 aux Îles Loyauté). Mais l'écart de richesse y est particulièrement important, avec un coefficient de Gini de 0,50 aussi bien en 2000 qu'en 2006, soit le même que pour l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie mais qui en fait la province la plus inégalitaire (0,42 dans les Îles et 0,44 dans le Nord en 2006), bien plus que pour l'ensemble de la France (0,33 en 2006)[27].

Biodiversité et protection de l'environnement[modifier | modifier le code]

La Province Sud est plus marquée que les deux autres provinces par un milieu particulier, celui du maquis sur péridotites ou serpentines, dit « maquis minier » : il recouvre l'essentiel du « Grand Sud », de la côte Est de la Province et le centre de l'île des Pins. La forêt dense humide reste très présente en altitude, sur les sommets de la Chaîne Centrale, notamment dans le parc des Grandes Fougères (Moindou, Farino et Sarraméa au nord), le massif des Koghi (Dumbéa), au nord du parc de la Rivière Bleue (Yaté au sud) et dans la partie orientale de l'île des Pins. Quelques zones de forêt sclérophylle persistent dans les basses altitudes littorales notamment à Nouméa (le parc zoologique et forestier Michel-Corbasson, le Ouen Toro), Païta, La Foa et Bourail. Le littoral est également bordé de mangrove pratiquement en continu de Tontouta à Moindou, avec une persistance près de l'embouchure de la Dumbéa et à Nouméa où l'urbanisation a néanmoins entraîné une nette diminution de ce milieu depuis le XIXe siècle. Mais l'essentiel du territoire provincial, surtout sur les plaines et contreforts de la Chaîne sur la côte ouest, sont recouverts de savanes à niaouli[28].

La Province Sud est celle qui dispose de plus d'espaces protégés, dont principalement :

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le Sud est la province néo-calédonienne la mieux équipée en termes d'infrastructures publiques, avec néanmoins un fort déséquilibre entre les Côtes Ouest (où se trouve le Grand Nouméa et où la colonisation a été la plus forte) et Est (avec l'absence par exemple de routes entre Thio et Yaté, zone presque déserte appelée la « côte oubliée ») de la Grande Terre.

Transports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport en Nouvelle-Calédonie.

Aéroports[modifier | modifier le code]

Il s'y trouve le seul aéroport international de l'archipel, celui de Nouméa - La Tontouta sur le territoire de la commune de Païta, la plateforme de correspondance de la compagnie aérienne domestique Air Calédonie à l'aéroport de Magenta à Nouméa. En dehors de cela, il n'y a qu'un seul autre aéroport domestique dans la Province, à Moué sur l'île des Pins.

Ports[modifier | modifier le code]

Le port de Nouméa, propriété du port autonome de la Nouvelle-Calédonie, est le plus ancien et le plus important de l'archipel, tant pour le transport de marchandises que de passagers. Thio sur la côte Est dispose, en raison de son importante activité minière depuis le XIXe siècle, de l'un des principaux terminaux pour minéraliers. Le développement de l'usine du Sud a entraîné la construction d'un port industriel dans la baie de Prony. Le transport maritime de fret ou de passagers interne à la Province concerne essentiellement la desserte de l'île des Pins (wharf de la baie de Kuto), avec le roulier Havannah (capacité de 1 000 tonnes de charge)[29] et le Betico 2 (armé par la compagnie publique SudÎles, détenue à moitié par PromoSud et la SODIL de la Province des îles Loyauté), un navire à grande vitesse (31 nœuds en haute mer, 350 passagers et 15 tonnes de fret, ou 10 voitures)[30] qui effectue trois rotations hebdomadaires vers les Îles Loyauté (en 3 h 30 pour Maré, 4 h 30 pour Lifou et 5 h 30 pour Ouvéa) en passant par l'île des Pins (ralliée en 2 h 30)[31]. Jusqu'en 2011, le catamaran Aremiti 4 effectuait trois rotations hebdomadaires vers l'Île des Pins et deux rotations hebdomadaires vers le site de Prony. Ce dernier est essentiellement rallié depuis Nouméa à partir de mars 2010 par le catamaran Nyie Djeu de l'entreprise Vale Inco Nouvelle-Calédonie pour le transport de son personnel vers l'usine du Sud.

Routes[modifier | modifier le code]

Le réseau de la Province Sud est le plus anciennement établi et a longtemps été le plus étendu et le plus dense, mais le retard des deux autres provinces a progressivement été rattrapé. En 2006, il totalisait 2 270 km (32,4 km pour 100 km2) de routes, contre 2 580 km (soit 26,92 km pour 100 km2) en Province Nord et 772 km (39 km pour 100 km2}) dans les Îles Loyauté)[32],[33].

Le réseau territorial présent dans la Province comprend la moitié de deux routes la reliant avec la Province Nord, à savoir :

  • entre Nouméa et Poya, la partie sud de la Route territoriale 1 (RT 1), la plus longue (401 km en tout, environ 200 km en Province Sud) et la plus ancienne, axe routier historique, desservant la « Brousse » et les centres villageois (auxquels elle sert de rue principale) de toutes les communes de la côte ouest situées au nord de Nouméa (Dumbéa, Païta, Boulouparis, La Foa, Moindou et Bourail en Province Sud). La vitesse y est limitée au maximum à 110 km/h, avec des portions à 90 ou 70 km/h et les passages en agglomérations à 50 km/h.
  • entre Bourail et le col des Roussettes, la partie sud-ouest de la Route territoriale 3 (RT 3, 145 km au total et environ 30 km en Province Sud), la seule des six routes transversales traversant la Chaîne centrale de la Grande Terre à appartenir au réseau territorial.

Le réseau routier provincial comprend 285 km :

La gare de péage de la Voie express n°2
  • les voies rapides à péages interurbaines du Grand Nouméa (voie de dégagement ouest comprenant la voie express n°1 - Route du Normandie ou « voie de dégagement », gratuite, et la voie express n°2 - Route du Nord dite « Savexpress » ; voie de dégagement est),
  • 14 routes provinciales desservant des zones rurales (de « Brousse ») ou périurbaines :
    • la Route provinciale 1 (RP 1), dite « Route du Sud », relie, sur environ 30 km, l'échangeur de Normandie au nord-est de Nouméa (carrefour avec la rue Jacques Iekawé qui continue au nord vers Dumbéa où elle devient ensuite la RT 1, et avec la voie express E1) à l'embouchure de la rivière des Pirogues à Plum. Il s'agit de l'axe central de la commune du Mont-Dore qu'elle parcourt sur pratiquement toute sa longueur de l'ouest vers l'est.
    • la Route provinciale 2 (RP 2), dite « Corniche du Mont-Dore » ou « Route de la Corniche », est longue d'environ 15 km. Elle se sépare de la RP 1 au rond-point de La Coulée et la rejoint à nouveau à l'entrée de Plum. Elle évite ainsi le col de Plum emprunté par la RP 1 et contourne le massif du Mont-Dore en longeant le littoral. Elle dessert les quartiers du Vallon-Dore et du Mont-Dore Sud, essentiellement composés de résidences secondaires de Nouméens.
    • la Route provinciale 3 (RP 3), dite « Route de Yaté », est la transversale la plus méridionale de la Grande Terre, longue de quelque 55 km. Elle part de la RP 1 à la sortie du quartier de La Coulée et au pied du col de Plum, et rejoint le village de Yaté par le col dit des Deux Tétons et en longeant le lac de Yaté.
    • la Route provinciale 4 (RP 4), dite « Route de Thio », est une transversale de 45 km, partant de la RT 1 à la sortie du village de Boulouparis sur la côte ouest et reliant par le col de Nassirah la RP 10 à mi-chemin entre Thio-Village et Thio-Mission sur la côte est.
    • la Route provinciale 5 (RP 5), dite « Route du Col d'Amieu », constitue la première moitié de la transversale reliant le lieu-dit Fonwhary (à la sortie du village de La Foa et au pied de celui de Farino) sur la côte ouest au col de Koh et de là aux villages de Kouaoua ou Canala sur la côte est et en Province Nord. La RP 5 s'étend sur environ 27 km de Fonwhary au col vert à la limite entre les communes de Canala et Sarraméa (et donc à la frontière entre les deux provinces). Ensuite, elle devient la RPN 5. Elle passe près des villages de Farino et Sarraméa, dont elle constitue l'unique point d'accès.
    • la Route provinciale 7 (RP 7), dite « Route de la Baie des Dames », d'environ 7 km de long, est entièrement sise dans le quartier (et presqu'île) de Ducos à Nouméa, et en constitue l'axe central en le traversant entièrement d'est en ouest, de l'échangeur de Montravel avec la Voie express E1 jusqu'aux réservoirs d'hydrocarbures de Koumourou. Elle dessert la totalité de la zone industrielle.
    • la Route provinciale 10 (RP 10), dite « Route de Petchekara », est longue de 16 km sur la côte est. Elle part de l'embranchement avec la Route de Thio, entre Thio-Mission et Thio-Village, traverse ce dernier dont elle constitue la rue principale puis s'étend jusqu'au sommet du col de Petchekara. Celui-ci se trouve à la limite entre les communes de Thio et de Canala, et donc à la frontière des Provinces Sud et Nord. Au-delà, la route devient la RPN 3. Le passage du col de Petchekara est une route à horaires.
    • la Route provinciale 11 (RP 11), dite « Route de Yahoué », se trouve dans le Grand Nouméa et est longue de quelque 4 km. Elle part de la RP 1 à la limite entre les quartiers de Normandie (extrémité nord-est de Nouméa) et du Pont-des-Français (extrémité ouest du Mont-Dore) pour desservir la banlieue résidentielle de Yahoué.
    • la Route provinciale 12 (RP 12), dite « Route d'Auteuil », relie entre elles, sur moins d'1 km, deux banlieues nord de Nouméa : celles de Yahoué (Mont-Dore) et d'Auteuil (Dumbéa).
    • la Route provinciale 14 (RP 14), dite « Route de Magenta », comprend, sur 3 km, l'essentiel de la rue Roger Gervolino (entre le rond-point de Magenta-plage jusqu'à celui Rabot, dit de la Belle Vie, elle longe notamment l'Aéroport de Magenta).
    • la Route provinciale 16 (RP 16), dite « Route de Farino », part de la Route du col d'Amieu pour desservir le village de Farino, soit une distance d'environ 3 km.
    • la Route provinciale 17 (RP 17), dite « Route de Waho », relie sur quelque 3 km la Route de Yaté à la tribu de Waho, qui constitue le chef-lieu de la commune de Yaté.
    • la Route provinciale 18 (RP 18), dite « Route de Sarraméa », part de la Route du col d'Amieu pour desservir le village de Sarraméa, soit une distance d'environ 3,5 km.
    • la Route provinciale 20 (RP 20), dite « Route de Poé », longue de 15 km, part de la RT 1 après le passage du pont de la Néra peu avant l'entrée dans le village de Bourail. Elle s'oriente vers le sud puis l'ouest, allant jusqu'à la plage de Poé en passant par le site de la Roche Percée et la tribu de Gouaro.

Mais le réseau du Sud est très majoritairement constitué de routes communales et urbaines (1 498 km, soit 66 % de l'ensemble des routes de la province), mais comporte très peu de chemins ruraux (258 km, soit à peine plus que les 233 km des Îles Loyauté).

Santé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Santé en Nouvelle-Calédonie.

Les infrastructures sanitaires en Province Sud se trouvent surtout dans le Grand Nouméa, avec les différents hôpitaux historiques du Centre hospitalier territorial (CHT) de Nouvelle-Calédonie à Nouméa (Gaston-Bourret et Magenta) et le projet de regroupement dans le Médipôle de Koutio à Dumbéa. C'est également dans le chef-lieu que se trouve le seul Centre hospitalier spécialisé (CHS) de l'archipel, Albert-Bousquet à Nouville. À ceci s'ajoutent les trois cliniques privées néo-calédoniennes, toutes à Nouméa : Magnin à la Vallée des Colons, celle de la Baie des Citrons dans le quartier du même nom et la Polyclinique de l'Anse Vata dans le quartier éponyme.

La « Brousse » est sinon desservie par 7 dispensaires (à Boulari au Mont-Dore, à Vao à l'île des Pins et dans les villages-centres de Païta, La Foa, Bourail, Thio et Yaté) pour 9 lits, et 6 Centres médico-sociaux secondaires et infirmeries (à Dumbéa et Dumbéa Nord, à Plum et l'île Ouen au Mont-Dore, et à Unia et Goro à Yaté).

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation en Nouvelle-Calédonie.


Plus le niveau d'éducation augmente, plus les élèves néo-calédoniens sont obligé de se regrouper en Province Sud et plus particulièrement dans le Grand Nouméa.

En 2009, 25 389 élèves étaient inscrits dans le primaire en Province Sud (69,56 % du total des écoliers néo-calédoniens), dont 8 936 en maternelle, 16 276 en école élémentaire et 177 dans l'éducation spécialisée. Plus qu'ailleurs en Nouvelle-Calédonie, le public domine et distance le privé. Il y a ainsi 20 211 élèves dans le public (74,76 % de l'ensemble du public néo-calédonien, et 79,61 % du total provincial) pour 5 178 dans le privé (à peine 54,69 % du privé territorial, et 20,39 % des écoles de la province). Ils sont répartis dans 127 écoles (44,1 % des établissements primaires de l'archipel, 103 rien que dans le Grand Nouméa dont 60 à Nouméa), dont 106 publiques (53,53 % de l'ensemble du public néo-calédonien, et 83,46 % des établissements provinciaux) et 21 privées (23,33 % seulement du privé local, 16,54 % du total provincial), avec quelque 1 250 enseignants chargés de classe (1 000 dans le public, 300 dans le privé). Les établissements sont donc de taille plus importante que sur le reste de la Nouvelle-Calédonie (quelque 200 élèves par école), mais le nombre moyen d'élèves par enseignant (20 environ) est à peine plus forte que la moyenne territoriale (1 élève de plus par instituteur en moyenne).

Pour le secondaire général, on trouve :

  • 27 des 53 collèges néo-calédoniens dont 19 dans le Grand Nouméa (15 des 30 publics, parmi lesquels 7 avec SEGPA, et seulement 4 sur les 23 privés, tous catholiques, dont 2 avec SEGPA) : 10 à Nouméa (8 publics dont 4 avec SEGPA, et 2 privés dont 1 avec SEGPA), où se trouvent les plus gros établissements de l'archipel dont surtout les collèges publics de Magenta et Jean-Mariotti avec plus de 1 000 élèves et 40 classes. On trouve également dans l'agglomération le plus vieux collège du Territoire (le collège public George-Beaudoux à Nouméa, héritier du collège La Pérouse fondé sous le nom de collège de Nouméa en 1881) et le plus récent à cette date (le collège Ondémia de Païta-Nord inauguré à la rentrée 2010). Dans la « Brousse » de la Province Sud se trouvent 4 collèges publics et 4 privés catholiques, dont 2 (1 public, 1 privé à chaque fois) à La Foa, Bourail et Thio et 1 à Yaté (public) et à l'île des Pins (privé).
  • 6 des 8 lycées néo-calédoniens, tous dans le Grand Nouméa (3 sur 5 publics et les 3 seuls privés de l'archipel, dont 2 catholiques et 1 protestant) : 4 à Nouméa avec 2 publics (le lycée La Pérouse dans le quartier de la Pointe de l'Artillerie qui est lui aussi, comme le collège Baudoux, l'héritier de l'ancien collège La Pérouse et qui reste le plus important du Territoire avec près de 1 500 élèves et 59 classes, et le lycée Jules-Garnier à Nouville) et 2 privés (le catholique lycée Blaise-Pascal à l'Anse Vata, plus important lycée privé du Territoire avec quelque 1000 élèves dans 35 classes, et le protestant Do Kamo à la Vallée des Colons). À la limite entre les communes de Nouméa et Dumbéa, le lycée du Grand Nouméa a ouvert à la rentrée 2000 et est aujourd'hui le deuxième lycée néo-calédonien voir le premier plus ou moins à égalité avec La Pérouse (lui aussi environ 1 500 élèves et 58 classes). Le lycée catholique Apollinaire-Anova est situé à Païta.
  • 9 des 14 lycées professionnels (3 des 5 publics et 6 des 9 privés), dont 7 dans le Grand Nouméa (3 publics et 4 privés, pour 3 catholiques et 1 protestant). 4 sont à Nouméa même : 3 publics (le lycée commercial et hôtelier Auguste-Escoffier à la Pointe de l'Artillerie, en face du lycée La Pérouse, le LP Pétro-Attiti à Rivière-Salée et le lycée industriel Jules-Garnier associé au lycée du même nom à Nouville) et un privé protestant (le LP Do Kamo associé au lycée du même nom à la Vallée des Colons). Les trois autres lycées privés, tous catholiques, sont le LP Saint-Pierre-Chanel à La Conception au Mont-Dore et les LP Marcellin-Champagnat et Jean-XXIII à Païta. S'y ajoutent 2 lycées professionnels privés catholiques en « Brousse », à Bourail : Père Guéneau et François d'Assise. 2 des 8 antennes de lycée professionnel (ALP) publiques de Nouvelle-Calédonie sont dans la Province : celle de la Vallée du Tir à Nouméa rattachée au collège de Kaméré, et celle du collège de La Foa.
  • l'enseignement supérieur est concentré en totalité en Province Sud, et plus précisément à Nouméa ou sa banlieue avec 3 750 étudiants à la rentrée 2009, dont 62 % (environ 2 800 inscriptions) à l'université de la Nouvelle-Calédonie (réunie depuis la rentrée 2012 à Nouville), 20 % en classes supérieures des lycées (BTS, CPGE des lycées Jules-Garnier et du Grand Nouméa), 5 % à l'IFM-NC, 4 % en BTS en alternance dispensés par la CCI, 3 % à l'IUFM, 3 % à l'IFPSS-NC, 2 % à l'EGC et 1 % à l'ENEP.

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture en Nouvelle-Calédonie.


La Province Sud rassemble en 2006 8 des 12 centres-culturels du Territoire (5 dans le Grand Nouméa, dont surtout le Centre culturel Tjibaou de Nouméa), 7 sur les 8 musées de l'archipel (4 rien qu'à Nouméa), les 3 seuls cinémas et 13 médiathèques/bibliothèques sur 25[34].

Institution et politique[modifier | modifier le code]

L'Hôtel de la Province Sud, surnommé la « Maison bleue », dans le quartier de l'Artillerie près du port Moselle à Nouméa (1er plan, à g.)

Subdivision administrative Sud[modifier | modifier le code]

La Province Sud constitue également l'une des trois subdivisions administratives de l'archipel, placée sous l'autorité d'un « commissaire délégué de la République » ayant rang de sous-préfet, nommé par arrêté du ministre responsable de l'outre-mer et chargé d'y représenter l'État par délégation du Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie (qui siège à Nouméa). Les services de la subdivision administrative et donc du commissaire délégué se trouvent à La Foa tout en ayant une antenne à Nouméa. Actuellement et depuis 2008, le commissaire délégué est Alain Gueydan[35].

Assemblée provinciale[modifier | modifier le code]

La « Maison bleue » à Nouméa, commémorant le 25e anniversaire des accords de Matignon en 2013

La Province Sud est gérée par une « Assemblée de Province » qui siège à Nouméa, en bordure du port Moselle. Initialement composée de 32 membres de 1989 à 1999, elle comporte aujourd'hui 40 élus, dont parmi eux 32 siègent également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Elle est élue pour un mandat de 5 ans au suffrage universel direct et au Scrutin proportionnel plurinominal à 1 tour. Elle élit ensuite en son sein un président (qui doit être élu, lors des 2 premiers tours de scrutin, à la majorité absolue, puis à la majorité simple au 3e tour) et trois vice-présidents.

La Province Sud est très majoritairement anti-indépendantiste et dominée par la droite locale. Fief du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) et de Jacques Lafleur à partir de sa création en 1989, la Province Sud a toutefois connu un véritable séisme politique aux élections du 9 mai 2004 lorsque la liste Avenir ensemble, composée d'opposants anti-indépendantistes à la politique de Lafleur, est arrivée en tête avec 33,89 % des suffrages (contre 31,19 % à la liste Rassemblement-UMP de Jacques Lafleur). L'autre surprise de ce scrutin a été qu'aucune liste indépendantiste n'a obtenu d'élu à l'assemblée de province. Cinq ans plus tard, aux élections provinciales du 10 mai 2009, le Rassemblement-UMP, désormais dirigé par Pierre Frogier, redevient le premier parti de la Province mais avec seulement 15 sièges sur 40, tandis que quatre autres partis anti-indépendantistes sont représentés (Calédonie ensemble du président sortant Philippe Gomès avec 11 élus, l'Avenir ensemble de Harold Martin allié au Mouvement de la diversité (LMD) du sénateur Simon Loueckhote avec 8 conseillers et le Rassemblement pour la Calédonie (RPC) de Jacques Lafleur avec 2 sièges). Ce scrutin marque également le retour du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) à l'assemblée provinciale, avec 4 élus emmenés par Rock Wamytan (membre de l'Union calédonienne ou UC). Après une certaine recomposition de l'échiquier politique durant ce mandat, lors des élections provinciales suivantes du 11 mai 2014, Calédonie ensemble de Philippe Gomès reprend la tête de l'assemblée provinciale avec 16 sièges sur 40 et 36,47 % des suffrages exprimés, contre 9 élus et 19,88 % à la liste du Front pour l'unité (FPU, coalition formée en 2013 par le Rassemblement-UMP, l'Avenir ensemble, le LMD, le dissident de l'Avenir ensemble et représentant local du Mouvement démocrate ou MoDem Didier Leroux et la dissidente du RPC Nathalie Brizard) de Cynthia Ligeard (vice-présidente du Rassemblement-UMP et alors présidente sortante de l'assemblée provinciale) et 8 conseillers pour 18,35 % à celle de l'Union pour la Calédonie dans la France (UCF, coalition également créée en 2013 par le Mouvement populaire calédonien ou MPC de l'ancien député Gaël Yanno, né la même année d'une dissidence du Rassemblement-UMP, le RPC d'Isabelle Lafleur et le Mouvement républicain calédonien dit MRC du conseiller municipal de Nouméa et lui-aussi ancien du Rassemblement-UMP Philippe Blaise) menée par Sonia Backès (secrétaire générale du MPC et alors porte-parole du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sortant). Les indépendantistes de leur côté se sont rassemblés dans une liste unique dirigée par Rock Wamytan (FLNKS-UC, alors président sortant du Congrès de la Nouvelle-Calédonie) pour la première fois depuis 1989, permettant d'optimiser leur score qui s'établit à 18,13 % des suffrages exprimés et d'augmenter leur représentation à 7 élus.

Mandat actuel (2014 - 2019) 
Troisième mandat (2009 - 2014) 
  • Président :
  1. 15 mai 2009 - 20 septembre 2012 : Pierre Frogier (Rassemblement-UMP, député de la 2e circonscription depuis 1996, ancien maire du Mont-Dore de 1988 à 2001 et ancien président du Gouvernement de 2001 à 2004)
  2. 20 septembre 2012 - 11 mai 2014 : Cynthia Ligeard (Rassemblement-UMP)
  • 1er vice-président :
  1. 15 mai 2009 - 9 novembre 2011 : Éric Gay (Rassemblement-UMP, maire du Mont-Dore depuis 2003)
  2. 9 novembre 2011 - 11 mai 2014 : Alain Lazare (Rassemblement-UMP, maire de Boulouparis depuis 1995)
  • 2e vice-président :
  1. 15 mai 2009 - 9 novembre 2011 : Philippe Michel (Calédonie ensemble)
  2. 9 novembre 2011 - 11 mai 2014 : Pascal Vittori (Avenir ensemble, conseiller municipal de Boulouparis depuis 2008)
  • 3e vice-président :
  1. 15 mai 2009 - 9 novembre 2011 : Sonia Lagarde (Calédonie ensemble, chef de l'opposition municipale à Nouméa depuis 2001)
  2. 9 novembre 2011 - 20 septembre 2012 : Cynthia Ligeard (Rassemblement-UMP)
  3. 20 septembre 2012 - 11 mai 2014 : Gil Brial (Rassemblement-UMP puis MPC)
Deuxième mandat (2004 - 2009) 
Premier mandat (1999-2004) 
Historique des présidents de l'Assemblée de la Province Sud 

Certains services administratifs et ceux du commissaire délégué de la République (délégué du Haut-commissaire de la République pour la Province Sud) sont basés à La Foa. Ce dernier a pratiquement les mêmes pouvoirs qu'un sous-préfet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. LOI n° 88-1028 du 9 novembre 1988 portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 sur le site du Journal officiel de la République française
  2. Loi n°99-209 organique relative à la Nouvelle-Calédonie sur le site du Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie
  3. [PDF] ISEE, « Situation démographique 2008 », www.isee.nc
  4. [PDF] ISEE, « Situation démographique 2010 », www.isee.nc
  5. [xls] Recensement de la population 2009/ Provinces et Communes, ISEE
  6. « Population et société », sur le site de l'ISEE (consulté le 9 novembre 2010)
  7. [PDF] Portrait de la Province Sud, ISEE
  8. [PDF] Portrait de la Province des îles Loyauté, ISEE
  9. [PDF] Portrait de la Province Nord, ISEE
  10. Données générales agriculture, ISEE
  11. Présentation des exploitations agricoles, ISEE
  12. Filière bovine, ISEE
  13. a et b [PDF] Fiche de la station d'élevage, Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud
  14. Autres animaux élevés, ISEE
  15. Filière végétale, ISEE
  16. Industries manufacturières et agroalimentaires, ISEE
  17. Métallurgie du Nickel, ISEE
  18. Commerce, ISEE
  19. Système bancaire, ISEE
  20. Infrastructures hôtelières de la Nouvelle-Calédonie, ISEE
  21. [doc] « Tourisme de A à Z - Nouvelle-Calédonie », dossier de veille sectorielle Nouvelle-Calédonie, p. 7-8
  22. H. LEPOT, « Le projet pharaonique du Domaine de Deva », Les Nouvelles Calédoniennes, 08/08/2008
  23. Y. MAINGUET, « Un hôtel cinq étoiles à Gouaro Deva », Les Nouvelles Calédoniennes, 20/03/2009
  24. Confort du logement, ISEE
  25. Consommation et équipement des ménages, ISEE
  26. Consommation Communications et médias, ISEE
  27. [PDF] « Les défis de la croissance calédonienne », CEROM, IEOM, ISEE, AFD
  28. Présentation de la géographie de la Nouvelle-Calédonie sur le site de la Société calédonienne d'ornithologie
  29. Présentation de la CMI, site Jeco.nc
  30. [PDF] Flotte de commerce sous pavillon français, Rapport d'activité, Mission de la flotte de commerce de la Direction des Affaires maritimes, Direction générale des Infrastructures, des Transports et de la mer, ministère de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, p. 15
  31. Présentation des liaisons du Betico sur le site sortir.nc
  32. Réseau routier de Nouvelle-Calédonie, site de l'ISEE
  33. Réseau routier et immatriculation des véhicules, site de l'ISPF
  34. Consommation sports, loisirs et cultures, ISEE
  35. Haut commissariat de Nouvelle-Calédonie (mis à jour le 19 juillet 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]