Arc de triomphe de l'Étoile

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le monument de Paris. Pour les autres significations, voir Arc de triomphe (homonymie).
Arc de triomphe de Paris
L'Arc de triomphe vu des Champs-Élysées.
L'Arc de triomphe vu des Champs-Élysées.
Présentation
Période ou style Néoclassique
Type Arc de triomphe
Architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin
Date de construction 1806 - 1836
Dimensions 50 m
Destination initiale Commémoration de la bataille d'Austerlitz
Destination actuelle Commémoration de la Première Guerre mondiale (tombeau du soldat inconnu)
Protection Logo monument historique Classé MH (1896)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Localité Paris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 25″ N 2° 17′ 42″ E / 48.873689, 2.295028 ()48° 52′ 25″ Nord 2° 17′ 42″ Est / 48.873689, 2.295028 ()  

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Arc de triomphe de Paris

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Arc de triomphe de Paris

L’arc de triomphe de l’Étoile souvent appelé simplement l'arc de triomphe, construit de 1806 à 1836 sur ordre de Napoléon, est situé à Paris dans le 8e arrondissement, sur la place de l’Étoile, à l’extrémité ouest de l’avenue des Champs-Élysées, à 2,2 kilomètres de la place de la Concorde. Haut de 50 mètres, large de 45 mètres et profond de 22 mètres, il est géré par le Centre des monuments nationaux[1]. La hauteur de la grande voûte est de 29,19 mètres et sa largeur de 14,62 mètres. La petite voûte, mesure 18,68 m de haut et 8,44 m de large.

La place de l'Étoile forme un énorme rond-point de douze avenues percées au XIXe siècle sous l’impulsion du baron Haussmann, alors préfet du département de la Seine. Ces avenues « rayonnent » en étoile autour de la place, notamment l’avenue Kléber, l'avenue de la Grande-Armée, l’avenue de Wagram et, bien sûr, l’avenue des Champs-Élysées. Des pavés de couleurs différentes dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes arrivent pour l'une au milieu des avenues, pour l'autre entre les avenues.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Charles de Gaulle - Étoile.

Histoire[modifier | modifier le code]

Napoléon Ier, au lendemain de la bataille d'Austerlitz déclare aux soldats français : « Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de Triomphe » et par un décret impérial en date du 18 février 1806 ordonne la construction de cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises. Son projet initial était d'en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille.

Inscriptions à l'intérieur de l'arc de triomphe relatant la construction du monument.
Projet de Chalgrin pour l'Arc de triomphe de l'Étoile.
Projet de Chalgrin pour l'arc de triomphe à la barrière de l'Étoile.

Pour la conception du monument, l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin fut en concurrence avec son confrère Jean-Arnaud Raymond, chargé de collaborer avec lui. Le premier souhaitait orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les voulait engagées, l'incompatibilité de ces deux conceptions rendant impossible toute collaboration entre les deux architectes. Un arbitrage rendu par Champagny, ministre de l'Intérieur, força Raymond à se retirer honorablement. Chalgrin supprima alors les colonnes de son projet[2].

La première pierre fut posée le 15 août 1806. Les fondations exigèrent deux années de chantier. En 1810, les quatre piles s'élevaient à environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur délégua des crédits qui permirent à Chalgrin de construire une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes qui restèrent assez longtemps en place et sous laquelle la princesse passa. L'architecte mourut assez subitement en 1811, suivi, huit jours après lui, par son confrère Raymond[3].

Lors des premières défaites napoléoniennes (Campagne de Russie en 1812), et des évènements de 1814, l'arc de triomphe était élevé jusqu'aux voûtes, mais la construction fut interrompue puis abandonnée sous la Restauration. Louis XVIII ne reprit la construction qu'en 1824 avec les architectes Louis-Robert Goust puis Huyot et sous la direction de Héricart de Thury. En 1830, Louis-Philippe reprit la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792-1815. C’est Louis-Philippe et Adolphe Thiers qui ont décidé du choix des thèmes et des sculpteurs : Le départ des Volontaires, communément appelé La Marseillaise, de François Rude et Le Triomphe de Napoléon de Jean-Pierre Cortot. Plus spectaculaire est la frise située au sommet de l’Arc et qui se divise en deux parties : Le départ des Armées et Le Retour des Armées avec une longue scène centrale à la gloire de la Nation. La construction sera finalement reprise et achevée entre 1832 et 1836 par l'architecte Guillaume-Abel Blouet, sous Louis-Philippe.

L'Arc de triomphe de l'Étoile est inauguré le 29 juillet 1836 pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe avait été prévue. Mais, alors qu'il venait d'être visé par un nouvel attentat le 25 juin, le président du Conseil, Adolphe Thiers, convainc le roi de s'en abstenir. La revue militaire est décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à trois cents invités, tandis que le monument est inauguré en catimini par Thiers, à sept heures du matin.

En 1842, Honoré de Balzac en a fait un symbole de la fidélité des soldats à l'Empereur : « mais tous les cœurs, même les plus hostiles à l'empereur, adressaient au ciel des vœux ardents pour la gloire de la patrie. Les hommes les plus fatigués de la lutte commencée entre l'Europe et la France avaient tous déposé leurs haines en passant sous l'arc de triomphe[4] »

L'arc de triomphe de l'Étoile fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 6 février 1896[5].

Un symbole historique[modifier | modifier le code]

L'Arc de Triomphe fait maintenant partie des monuments nationaux à forte connotation historique. À ses pieds se trouve la tombe du Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale. La flamme éternelle qu’il abrite, est avec celle de l'autel de la Patrie à Rome la première du genre depuis l’extinction de la flamme des Vestales en 391. Elle commémore le souvenir des soldats morts au combat et ne s’éteint jamais : elle est ravivée chaque soir à 18 h 30 par des associations d'anciens combattants ou de victimes de guerre. L’Arc de Triomphe est aussi un haut lieu symbolique depuis que la dépouille du Soldat Inconnu a été inhumée le 28 janvier 1921. Deux ans plus tard, André Maginot, alors ministre de la Guerre, soutient le projet d’y installer une "flamme du souvenir" qui est allumée pour la première fois le 14 novembre 1923. Ce geste de ravivage symbolique a été accompli chaque soir, même le 14 juin 1940, jour où l'armée allemande est entrée dans Paris et défilait sur la place de l'Étoile : ce jour-là, le ravivage a eu lieu devant les officiers allemands qui ont autorisé la cérémonie.

L'association La Flamme sous l'Arc de Triomphe, qui regroupe cinquante membres appelés « Commissaires à la Flamme », est en fait une fédération d'associations, maintenant issues de milieux qui ne sont plus uniquement d'origine militaire ou anciens combattants. Elle organise les cérémonies de ravivage ainsi que les dépôts de gerbes et prises de Flambeau par les associations qui la constituent et accueille les personnalités françaises et étrangères qui y participent. Il y a chaque jour, au minimum deux et la plupart du temps, plusieurs membres du Comité de la Flamme sous l'Arc de Triomphe pour accueillir les associations qui viennent tour à tour raviver la Flamme du Souvenir, chaque soir, à 18 h 30.

En février 2008, fut inaugurée la nouvelle scénographie permanente de l'Arc de Triomphe due à l'artiste Maurice Benayoun et à l'architecte Christophe Girault. Renouvelant l'exposition des années 1930, cette nouvelle muséographie accorde une large place au multimédia. Intitulée "Entre guerres et paix", elle propose une lecture de l'histoire du monument prenant en compte l'évolution de sa symbolique jusqu'à la période actuelle, période où les valeurs du dialogue et de la rencontre prennent le pas sur la confrontation armée. Une présentation multimédia raconte en sept stations et sur trois niveaux l'histoire du monument de façon contemporaine, interactive et ludique. Elle permet de découvrir ce qui aurait pu être (les projets non réalisés), ce qui a disparu et ce qui ne peut être facilement vu (le décor sculpté).

Détails des sculptures[modifier | modifier le code]

L'arc de triomphe et ses sculptures, de nuit
  • Les quatre plus importants hauts-reliefs sont :
    • Le Départ des volontaires de 1792 (dit La Marseillaise), par François Rude. Ce haut-relief représente le rassemblement de tous les Français, pour défendre la nation en partant au combat. L'ensemble et la diversité du peuple français est mis en avant par la diversité des soldats partant au combat : révolutionnaires, bonapartistes et royalistes ; jeunes et moins jeunes. Au-dessus d'eux, la Victoire les guide, reconnaissable à ses ailes. Cette victoire fut vite considérée comme une allégorie de la Patrie. L'architecture générale mélange subtilement le style antique (la Victoire casquée et ailée portant l'Égide, les drapés, les cuirasses, les armes, le nu) avec le style appartenant au Romantisme caractéristique du XIXe siècle en France (gestes véhéments, expression marquée des visages, mouvement général)[6].
    • Le Triomphe de 1810, par Jean-Pierre Cortot
    • La Résistance de 1814, par Antoine Étex
    • La Paix de 1815, par Antoine Étex
Valmy, Jemappes, Fleurus, Montenotte, Lodi, Castiglione, Rivoli, Arcole, Pyramides, Aboukir, Alkmaer, Zurich, Heliopolis, Marengo, Hohenlinden, Ulm, Austerlitz, Iena, Friedland, Somosierra, Essling, Wagram, Moskowa, Lützen, Bautzen, Dresde, Hanau, Montmirail, Montereau et Ligny.
Batailles gravées sur les boucliers de l'attique (noter les détails calligraphiques)
  • Les grandes arcades sont rehaussées de figures allégoriques représentant des personnages de la mythologie romaine par James Pradier.
  • Sur les faces intérieures des piliers des grandes arcades, les noms des grandes batailles de la Révolution et de l'Empire sont gravés.
Batailles gravées sous les grandes arcades (noter les séparateurs)
Ici
repose
un soldat
français
mort
pour la patrie

1914 . 1918
  • Le monument est encerclé par cent plots symbolisant les Cent-Jours.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Dès 1929, l'arc de triomphe est représenté sur un timbre de France d'une valeur de 2 F de couleur brun-rouge.

En 1938, il figure sur un timbre de 1F75 outremer, émis lors de la visite des souverains britanniques en regard de la Tour du Palais de Westminster. Le visuel est repris pour un entier postal.

La même année un timbre rouge carminé de 65 centimes surtaxé 35 centimes est émis pour célébrer le 20e anniversaire de la victoire. L'arc est au centre avec le défilé du 11 novembre sur les côtés du timbre. Le visuel est également repris pour un entier postal.

En 1944, le Gouvernement provisoire en fait un symbole de la République et une série de 10 timbres d'usage courant est émise (valeurs entre 5 centimes et 10 F). Les timbres sont imprimés aux États-Unis. Une nouvelle série de 10 timbres toujours imprimée aux États-Unis sort en 1945 ; les chiffres de la valeur sont en noir et comprises entre 30 centimes et 3 francs.

En 1968, il est présent pour le cinquantenaire de l'Armistice du 11 novembre sur un timbre à 25 centimes carmin et bleu.

En 1971, il est en arrière-plan d'un timbre rouge émis dans la bande émise à l'occasion de la mort du Général de Gaulle. Il représente la descente des Champs Élysées en 1944.

En 1973, la poste célèbre le 50e anniversaire de la flamme sous l'arc de triomphe par un timbre de 40 centimes lilas, rouge et bleu.

En 1989, la poste présente un panorama de Paris sur une bande. L'arc y figure en arrière-plan de 2 timbres multicolores à 2,20 F représentant l'Arche de la Défense et la tour Eiffel. Les visuels sont repris sur des entiers postaux.

En 1995, à l'occasion du cinquantenaire de la victoire du 8 mai 1945, il figure en arrière-plan d'un portrait du général de Gaulle pour une valeur de 2,80 F.

En 2001, il figure pour une valeur de 3 F ou 46 centimes d'euros, sur un timbre de très grand format émis à l'occasion du centenaire de la naissance du dessinateur et graveur Albert Decaris.

En 2003, il est inclus dans un bloc feuillet : Portraits de régions. La France à voir. Dans cette série de 10 timbres, il est le sujet unique d'un timbre à 50 centimes d'euro.

En 1999, il figure sur un timbre de distributeur à valeurs variables[7].

Un immense drapeau tricolore est fixé sous l'Arc lors d'événements importants, comme pour le défilé militaire du 14 Juillet

Faits divers[modifier | modifier le code]

  • Durant le transfert des cendres de Napoléon, le 15 décembre 1840, le cortège passa sous l'Arc de Triomphe.
  • Le corps de Victor Hugo est veillé sous l'arc la nuit du 22 mai 1885, avant d'être enterré au Panthéon.
  • Deux fois par an (aux alentours du 10 mai et du 1er août), le Soleil se couche dans l'axe des Champs-Élysées. Pour une personne située sur les Champs-Élysées, le disque solaire est ainsi visible quelques minutes sous l'arche de l'Arc de Triomphe. Le 10 mai 1994, le phénomène s'est accompagné d'une éclipse partielle de Soleil, observée par près de 200 000 personnes. À noter qu'en sens opposé vu de la Porte Maillot, le Soleil se lève deux fois par an dans l'Arc de Triomphe, aux alentours du 7 février et du 4 novembre.
Paris vue du sommet de l'Arc de triomphe avec, à droite, la tour Eiffel
  • Il y eut au sommet de l’Arc de 1882 à 1886, une sculpture monumentale d’Alexandre Falguière, le "Triomphe de la Révolution" (un char tiré par des chevaux s’apprêtant à "écraser l’Anarchie et le Despotisme") qui n’est restée là-haut que quatre ans avant de tomber en ruines.
  • Le 7 août 1919, un as de l'aviation, Charles Godefroy, réussit à passer en avion sous l'Arc de Triomphe, photographié par Jacques Mortane[8]. Un autre as, Jean Navarre, se tua à proximité de Villacoublay le 10 juillet de la même année au cours d'un vol d'entraînement pour réaliser cet exploit[9].
  • En octobre 1981, Alain Marchand réédite le passage sous l'Arc de Triomphe ; il est condamné à 5 000 francs d'amende.
  • Le 11 août 1991, un pilote non identifié passe de nouveau sous l'Arc et la Tour Eiffel aux commandes d'un Mudry Cap-10B, déclaré volé à l'aéroclub de Lognes.
  • En 1997, un Australien essaya de se faire cuire des œufs au plat sur la flamme du soldat inconnu, ce qu'avait fait quelques années plus tôt un chanteur de rock du nom d'Hector, suite à un pari avec Jean Yanne.

Les travaux de conservation-restauration de l’Arc de Triomphe[modifier | modifier le code]

La confortation des fondations par injection de coulis[10][modifier | modifier le code]

Désordres de l’édifice, apparition des désordres. Depuis un certain nombre d’années, l’Arc souffrait de désordres apparents tels que fissures et chutes de pierres. Un examen visuel a permis d'identifier les fentes et d'en tracer le relevé. La conclusion des reconnaissances et investigations fut que la cause principale des perturbations était un tassement dû au délavage du mortier à la chaux aérienne des fondations par l’eau de ruissellement. Divers travaux de réhabilitation furent décidés, visant à redonner un aspect neuf au monument, à le prémunir contre de telles altérations et à le conforter. La restauration a été conduite par Michel Marot, Architecte des bâtiments civils et palais nationaux. Le cabinet Michel Bancon, spécialisé dans les études de structure et de réhabilitation des édifices anciens, a été chargé de l’expertise du bâtiment afin de définir un programme de consolidation. Solétanche, entreprise spécialisée, a réalisé l’ensemble des travaux sous la direction de Jean-Pierre Gadret[11].

Les travaux de confortement comportaient essentiellement la régénération des maçonneries de fondation et la consolidation de la superstructure.

À partir de décembre 2003, d’autres travaux de restauration ont débuté. Trois parties étaient concernées : la terrasse et la balustrade de l’attique, la voûte d’ogive intérieure et les salles de la partie basse, la voûte en berceau de la grande arche centrale et son décor sculpté de rosaces. Ces travaux, qui se poursuivront jusqu’en juin 2005, ont été engagés pour des raisons de sécurité, d’entretien de l’édifice et s’inscrivent dans la perspective d’aménagements intérieurs.

Campagne de mesures et d'essais. Afin d'établir un diagnostic précis et déduire les origines du phénomène et la nature des travaux les plus rationnels, une série de mesures a été opérée :

  • mesures de vibrations au sol et dans la partie supérieure ;
  • équipement des fissures et mesures de leur évolution ;
  • pose sur l'édifice de niveaux de précision et suivi de leur évolution ;
  • mesures de la rotation des piles et de leur verticalité ;
  • mesures de l'horizontalité des corniches sur les quatre faces ;
  • forages dans les fondations au droit des piles et examens.

Analyse des désordres. Cette analyse, facilitée par l'existence des plans de l'édifice, a permis de constater que le bâtiment souffrait d'un tassement différentiel des joints de maçonnerie des dix-sept assises de fondations (8,5 m), avec un mouvement hélicoïdal de l'Arc.

Les fondations constituées de gros blocs en pierre ont subi des mouvements consécutifs à la dégradation de leurs joints. L'eau de pluie de l'esplanade, l'eau de ruissellement des façades et l'eau de terrasse canalisée vers des collecteurs, sans doute fuyards, sont la cause des circulations d'eau qui délavent les joints entraînant une forte altération du mortier à la chaux aérienne.

Le tassement différentiel des fondations ainsi généré entraîne une déformation dite en selle de cheval en partie supérieure de l'édifice avec une tendance à l'éloignement des sommets de piles dans le sens des petits côtés et d'une convergence dans l'autre sens. Michel Bancon explique ce comportement différentiel par la configuration des nombreuses cavités ménagées dans l'Arc qui, par leur emplacement et leur géométrie, sollicitent plus le bâtiment dans l'axe des petits côtés. Une analyse par libération des contraintes montre que celles-ci varient à l'intérieur des maçonneries de 0 à 50 bars.

Travaux de confortement. Ces analyses ont permis d'établir un plan de confortement comprenant cinq phases : 1) Traitement des vides existant dans les joints de maçonnerie et régénération des mortiers délavés par injection partielle de coulis spéciaux dans les fondations; 2) Traitement des fissures en superstructures par injection de coulis de ciment ; 3) Confortement des superstructures par mise en place de tirants précontraints à l'intérieur de l'édifice ; 4) Injections complémentaires de coulis dans les massifs de fondations ; 5) Étanchéification des abords de l'Arc (plate-forme centrale, réseaux d’égouts…).

Travaux d’injection. Pour remédier à la dégradation des joints de fondation, il a été décidé, suite à une campagne dite de convenance, de procéder à des injections d'abord partielles, sur un huitième de la surface de trois massifs et sur un quart de la surface de celui qui supporte la pile nord-ouest. L'entreprise Solétanche a été choisie pour mener la première campagne d'injection nécessaire. Il a été décidé d’utiliser deux types de coulis, le « Microsol » et le « Silacsol », mis au point, l'un et l'autre, par cette entreprise.

L'usage d'un ciment classique était à rejeter, puisqu'il fallait, d'une part combler au maximum des vides dans les joint (construction) des moellons, d'autre part conforter les parties de ces joints qui étaient désagrégées. La granulométrie des produits traditionnels (0 à 100 µ) et la formation qu'ils entraînent de paquets de grains (d'environ 500 µ) auraient empêché une exécution correcte de l'opération.

La confortation par précontrainte additionnelle[modifier | modifier le code]

Dans le cas de l'Arc de Triomphe, il s'agit d'une précontrainte additionnelle réalisée à l'intérieur de la structure permettant de recomprimer les zones fracturées et de recentrer les efforts obliques engendrés par la poussée des voûtes. Cette précontrainte additionnelle a été réalisée par 112 demi-tirants ancrés dans les parements et raccordés par paires en leur milieu par des coupleurs actifs.

La répartition des tirants tient compte :

  • du rééquilibrage des contraintes qui nécessite quatre étages de tirants dans le sens du petit côté et deux étages suivant le grand côté ;
  • de la présence d'équipements existants à l'intérieur de l'ouvrage ;
  • du phasage des travaux, la mise en tension devant pouvoir se faire de manière progressive, afin d'équilibrer les efforts à répartir ;
  • de la possibilité de réglages ultérieurs des efforts dans les tirants ;
  • de l'esthétique finale du renforcement compatible avec le cadre de l'édifice.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site des monuments nationaux
  2. Gallet 1995, p. 116
  3. ibidem
  4. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans (18291842), édition du Furne, 1845, vol. 3, p. 7
  5. « Notice no PA00088804 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Le départ des Volontaires en 1792 sur identitenationale.canalblog.com. Consulté le dimanche 15 avril 2012
  7. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1
  8. « Les débuts de l'aviation : Charles Godefroy »
  9. « Jean Navarre, Les traces qu'il a laissées dans l'histoire »
  10. René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine,‎ septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)
    Chapitre III L’apport des techniques, La confortation des maçonneries et des fondations. A. Par injection de coulis : La confortation des fondations de l’Arc de Triomphe par injection de coulis, B. La confortation par précontrainte additionnelle, pp. 62 à 73
  11. La Société Vinci a acheté, en 2007, 81 % du capital de Solétanche, maison mère de Solétanche Bachy, un des derniers groupes de BTP indépendant et l'un des leaders mondiaux dans les fondations spéciales, le traitement des sols, et la maintenance des barrages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Gallet, Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle : Dictionnaire biographique et critique, Paris, Éditions Mengès,‎ 1995, 494 p. (ISBN 2-85620-370-1), p. 110-116
  • Marcel Cynamon, Catherine Feff, Arc de Triomphe. Photos des travaux de restauration, Syros, 1988

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]