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Victor Hugo

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'homme politique portugais, voir Victor Hugo de Azevedo Coutinho. Pour les autres significations, voir Victor Hugo (homonymie).
Victor Hugo
Fonctions
Sénateur de la Seine[1]
30 janvier 187622 mai 1885
Élection 30 janvier 1876
Réélection 8 janvier 1882
Groupe politique Extrême gauche
Député de la Seine[2]
8 février 18711er mars 1871
Élection 8 février 1871
Groupe politique Extrême gauche
4 juin 18482 décembre 1851
Élection 4 juin 1848
Réélection 13 mai 1849
Groupe politique Droite
Biographie
Date de naissance 26 février 1802
Lieu de naissance Besançon
Date de décès 22 mai 1885
Nationalité Française
Profession Écrivain

Victor Hugo Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du XIXe siècle.

Victor Hugo occupe une place marquante dans l’histoire des lettres françaises au XIXe siècle, dans des genres et des domaines d’une remarquable variété[3],[4]. Il est poète lyrique avec des recueils comme Odes et Ballades (1826), Les Feuilles d'automne (1831) ou Les Contemplations (1856), mais il est aussi poète engagé contre Napoléon III dans Les Châtiments (1853) ou encore poète épique avec La Légende des siècles (1859 et 1877).

Il est également un romancier du peuple qui rencontre un grand succès populaire avec par exemple Notre-Dame de Paris (1831), et plus encore avec Les Misérables (1862). Au théâtre, il expose sa théorie du drame romantique dans sa préface de Cromwell en 1827[5] et l’illustre principalement avec Hernani en 1830 et Ruy Blas en 1838, mais aussi Lucrèce et Le Roi s'amuse.

Son œuvre multiple comprend aussi des discours politiques à la Chambre des pairs, à l'Assemblée constituante et à l'Assemblée législative, notamment sur la peine de mort, l’école ou l’Europe, des récits de voyages (Le Rhin, 1842, ou Choses vues, posthumes, 1887 et 1890), et une correspondance abondante.

Victor Hugo a fortement contribué au renouvellement de la poésie et du théâtre ; il a été admiré par ses contemporains et l’est encore, mais il a aussi été contesté par certains auteurs modernes[6]. Il a aussi permis à de nombreuses générations de développer une réflexion sur l’engagement de l’écrivain dans la vie politique et sociale grâce à ses multiples prises de position, qui le condamneront à l’exil pendant les vingt ans du Second Empire.

Ses choix, à la fois moraux et politiques[7], durant la deuxième partie de sa vie, et son œuvre hors du commun ont fait de lui un personnage emblématique, que la Troisième République a honoré à sa mort le 22 mai 1885 par des funérailles nationales[8], qui ont accompagné le transfert de sa dépouille au Panthéon de Paris, le 31 mai 1885.

Biographie

Enfance et jeunesse

Maison natale de Victor Hugo à Besançon.

Victor, Marie Hugo[9] est le fils du général d'Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773‑1828), créé comte, selon la tradition familiale, par Joseph Bonaparte, roi d'Espagne et en garnison dans le Doubs au moment de la naissance de son fils, et de Sophie Trébuchet (1772‑1821), jeune femme issue de la bourgeoisie nantaise (voir maison natale de Victor Hugo). Benjamin d'une famille de trois enfants après Abel Joseph Hugo (1798‑1855) et Eugène Hugo (1800‑1837), il passe son enfance à Paris. De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite des affectations militaires de son père, marqueront ses premières années. Ainsi, en 1811, il est, avec ses frères Abel et Eugène, pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le Real Colegio de San Antonio de Abad[10],[11]. Vers 1813, il s'installe à Paris avec sa mère qui s'est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'Empire Victor Fanneau de la Horie, parrain et précepteur de Victor Hugo auquel il donne son prénom[12]. En septembre 1815, il entre avec son frère à la pension Cordier. D'après Adèle Foucher, son épouse qui fut aussi son amie d'enfance, c'est vers cet âge qu'il commence à versifier. Autodidacte, c'est par tâtonnement qu'il apprend la rime et la mesure[13]. Il est encouragé par sa mère à qui il lit ses œuvres, ainsi qu’à son frère Eugène. Ses écrits sont relus et corrigés par un jeune maître d’études de la pension Cordier qui s’est pris d’amitié pour les deux frères[14]. Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien[15] ».

En 1817, il participe à un concours de poésie organisé par l'Académie française sur le thème Bonheur que procure l’étude dans toutes les situations de la vie. Le jury est à deux doigts de lui adresser le prix, mais le titre de son poème (Trois lustres à peine) suggère trop son jeune âge et l’Académie croit à un canular : il reçoit seulement une mention[16]. Il concourt sans succès les années suivantes, mais gagne, à des concours organisés par l'Académie des jeux floraux de Toulouse, en 1819, un Lys d’or pour La statue de Henri IV et un Amaranthe d’or pour Les Vierges de Verdun[17], et un prix en 1820 pour Moïse sur le Nil[18].

Encouragé par ses succès, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a des aptitudes (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, Le Conservateur littéraire, qui attire déjà l’attention sur son talent. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans. Les quinze cents exemplaires s’écoulent en quatre mois. Le roi Louis XVIII, qui en possède un exemplaire, lui octroie une pension annuelle de mille francs[19], ce qui lui permet d’envisager d’épouser son amie d’enfance Adèle Foucher[12].

Jeune écrivain

Victor Hugo jeune homme.

La mort de sa mère le 27 juin 1821 l’affecte profondément[20]. En effet, les années de séparation d’avec son père l’avaient rapproché de celle-ci. Il épouse, le 12 octobre 1822, son amie d’enfance, Adèle Foucher, née en 1803, qui donne naissance à cinq enfants :

Tombe de Charles et François-Victor au cimetière du Père-Lachaise.
  • Léopold (16 juillet 1823 - 10 octobre 1823) ;
  • Léopoldine (28 août 1824 - 4 septembre 1843) ;
  • Charles (4 novembre 1826 - 13 mars 1871) ;
  • François–Victor (28 octobre 1828 - 26 décembre 1873) ;
  • Adèle (28 juillet[note 1] 1830 - 21 avril 1915), la seule qui survivra à son illustre père, mais dont l’état mental, très tôt défaillant, lui vaudra de longues années en maison de santé.

Ce mariage précipite son frère Eugène dans la folie, une schizophrénie qui conduira à son enfermement jusqu’à sa mort en 1837[21].

Il commence la rédaction la même année de Han d'Islande (publié en 1823), qui reçoit un accueil mitigé. Une critique de Charles Nodier, bien argumentée, est l’occasion d’une rencontre entre les deux hommes et de la naissance d’une amitié[22]. À la bibliothèque de l'Arsenal, berceau du romantisme, il participe aux réunions du Cénacle[23], qui auront une grande influence sur son développement[réf. souhaitée]. Son amitié avec Nodier dure jusqu’à 1827-1830, époque où celui-ci commence à être très critique envers les œuvres de Victor Hugo[24]. Durant cette période, Victor Hugo renoue avec son père[25], qui lui inspirera les poèmes Odes à mon père[note 2] et Après la bataille[26]. Celui-ci meurt en 1828.

Sa pièce Cromwell, publiée en 1827, fait éclat. Dans la préface de ce drame, Victor Hugo s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l'unité de temps et à l'unité de lieu, et jette les premières bases de son drame romantique.

Le couple reçoit beaucoup et se lie avec Sainte-Beuve, Lamartine, Mérimée, Musset, Delacroix[27]. Adèle Hugo entretient une relation amoureuse avec Sainte-Beuve, qui se développe durant l’année 1831[28]. De 1826 à 1837, la famille séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l’Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, Hugo rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer, et rédige des recueils de poésie, dont les Feuilles d'automne. Il publie en 1829, le recueil de poèmes les Orientales. La même année, paraît Le Dernier Jour d'un condamné, court roman dans lequel Victor Hugo présente son dégoût de la peine de mort, sujet qu'il abordera à nouveau dans Claude Gueux en 1834. Le roman Notre Dame de Paris paraît en 1831.

Années théâtre

De 1830 à 1843, Victor Hugo se consacre presque exclusivement au théâtre, mais publie néanmoins des recueils de poésies : Les Feuilles d'automne (1831), Les Chants du crépuscule (1835), Les Voix intérieures (1837), Les Rayons et les Ombres (1840).

Déjà en 1828, il avait monté une œuvre de jeunesse Amy Robsart. L'année 1830 est l'année de la création d’Hernani, qui est l'occasion d'un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes. Ces derniers, au premier rang desquels Théophile Gautier, s'enthousiasment pour cette œuvre romantique – combat qui restera dans l'histoire de la littérature sous le nom de « bataille d'Hernani ». Marion de Lorme, interdite une première fois en 1829, est montée en 1831 au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, puis, en 1832, Le roi s'amuse au Théâtre-Français. La pièce sera dans un premier temps interdite, fait dont Hugo s'indignera dans la préface de l'édition originale de 1832[29].

En 1833, il rencontre l'actrice Juliette Drouet, qui devient sa maîtresse. Elle lui consacrera sa vie et le sauvera de l'emprisonnement lors du coup d'État de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble chaque anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le Livre de l'anniversaire[note 3],[30],[31]. Mais Juliette ne fut qu'une de ses nombreuses maîtresses[32]. Il y aura notamment Léonie d'Aunet avec qui il entretiendra une liaison de 1844 à 1851 ou l’actrice Alice Ozy en 1847.

Lucrèce Borgia et Marie Tudor sont montées au Théâtre de la porte Saint-Martin en 1833, Angelo, tyran de Padoue au Théâtre Français en 1835. Il manque de salle pour jouer les drames nouveaux. Victor Hugo décide donc, avec Alexandre Dumas, de créer une salle consacrée au drame romantique. Aténor Joly reçoit, par arrêté ministériel, le privilège autorisant la création du théâtre de la Renaissance en 1836[33], où sera donné, en 1838, Ruy Blas.

Hugo accède à l'Académie française en 1841, après trois tentatives infructueuses essentiellement dues à une poignée d'académiciens menés entre autres par Étienne de Jouy[note 4], opposés au romantisme et le combattant férocement[34].

Puis, en 1843, est montée la pièce Les Burgraves, qui ne recueille pas le succès escompté. Lors de la création de toutes ces pièces, Victor Hugo se heurte aux difficultés matérielles et humaines[note 5]. Ses pièces sont régulièrement sifflées par un public peu sensible au drame romantique, même si elles reçoivent aussi de la part de ses admirateurs de vigoureux applaudissements[35].

Le 4 septembre 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, dans la Seine, noyée avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo était alors dans les Pyrénées, avec sa maîtresse Juliette Drouet, et il apprend ce drame par les journaux à Rochefort[36]. L'écrivain est terriblement affecté par cette mort, qui lui inspirera plusieurs poèmes des Contemplations – notamment, « Demain, dès l'aube… ». À partir de cette date et jusqu'à son exil, Victor Hugo ne produit plus rien, ni théâtre, ni roman, ni poème. Certains voient dans la mort de Léopoldine et l'échec des Burgraves une raison de sa désaffection pour la création littéraire[37]. D'autres y voient plutôt l'attrait pour la politique, qui lui offre une autre tribune[38].

Action politique

Élevé par sa mère nantaise (Sophie Trébuchet) dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie (J'ai grandi, écrit-il dans le poème « Écrit en 1846 »[39] en réponse à un reproche d'un ami de sa mère).

Selon Pascal Melka[40], Victor Hugo a la volonté de conquérir le régime pour avoir de l'influence et permettre la réalisation de ses idées[41]. Il devient ainsi confident de Louis-Philippe en 1844, puis pair de France en 1845. Son premier discours en 1846 est pour défendre le sort de la Pologne écartelée entre plusieurs pays[42], puis en 1847, il défend le droit au retour des bannis, dont celui de Jérôme Napoléon Bonaparte[43].

Au début de la Révolution de 1848, il est nommé maire du 8e arrondissement de Paris, puis député de la deuxième République et siège parmi les conservateurs. Lors des émeutes ouvrières de juin 1848, Victor Hugo, lui-même, va participer au massacre, en commandant des troupes face aux barricades, dans l'arrondissement parisien dont il se trouve être le maire[44]. Il en désapprouvera plus tard la répression sanglante[45]. Il fonde le journal L'Événement[46] en août 1848. Il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République en décembre 1848. Après la dissolution de l'Assemblée nationale, il est élu en 1849 à l'Assemblée législative et prononce son Discours sur la misère. Il rompt avec Louis-Napoléon Bonaparte, lorsque celui-ci soutient le retour du pape à Rome[47], et il se bat progressivement contre ses anciens amis politiques, dont il réprouve la politique réactionnaire.

La maison du Pigeon, maison de la Grand-Place de Bruxelles que Victor Hugo habita lors de son exil à Bruxelles en 1852.

Exil

Article détaillé : Exil de Victor Hugo.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, Victor Hugo tente d'abord de fuir, puis se constitue prisonnier, mais un commissaire français, flairant le piège, refuse de l'arrêter lui répondant « M. Hugo, je ne vous arrête pas, car je n'arrête que les gens dangereux[48] ! ». Il s'exile volontairement[49] à Bruxelles, puis à Jersey. Il condamne vigoureusement pour des raisons morales[50],[note 6] le coup d'État et son auteur Napoléon III dans un pamphlet publié en 1852, Napoléon le petit, ainsi que dans Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup d'État et publié 25 ans plus tard[51], et dans Les Châtiments[50]. Le souvenir douloureux de Léopoldine sa fille — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter des expériences de spiritisme, consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.

Hauteville House, maison de Victor Hugo en exil à Guernesey.

Chassé de Jersey en 1855 pour avoir critiqué la reine Victoria, il s'installe à Guernesey dans sa maison, Hauteville House. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l'amnistie[52] décidée quelque temps après (« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là[53] »). Ces années difficiles sont très fécondes. Il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Il rend hommage au peuple de Guernesey dans son roman Les Travailleurs de la mer (1866).

Hôtel des Colonnes à Waterloo où Victor Hugo résida en mai-juin 1860[54].

Il reçoit quelques visites du continent, celle de Judith Gautier et, en 1860, celle de Boucher de Perthes[55]. Le fondateur de la préhistoire le décrit alors comme un « républicain gentilhomme (…), fort bien installé, vivant en père de famille (…), aimé de ses voisins et considéré des habitants. »

Retour en France et mort

Napoléon III signe en 1859 une amnistie générale des prisonniers politiques, mais Victor Hugo refuse de profiter de cette grâce de l’« usurpateur », de même que celle de 1869[56]. Victor Hugo retourne en France en septembre 1870 après la défaite de l'armée française à Sedan et reçoit de la part des Parisiens un accueil triomphal. Il participe activement à la défense de Paris assiégé. Élu à l'Assemblée nationale (siégeant alors à Bordeaux) le 8 février 1871, il en démissionne le mois suivant pour protester contre l'invalidation de Garibaldi. En mars 1871, il est à Bruxelles pour régler la succession de son fils Charles lorsqu'éclate la Commune. C'est de Belgique qu'il assiste à la révolte et à sa répression, qu'il désapprouve si vivement qu'il est expulsé de ce pays[57]. Il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin-23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale. Il y achève le recueil L'Année terrible. Il retourne en France fin 1871. Plusieurs comités républicains l'ayant sollicité, il accepte de se porter candidat à l'élection complémentaire du 7 janvier 1872. Apparaissant comme « radical » en raison de sa volonté d’amnistier les communards, il est battu par le républicain modéré Joseph Vautrain[58].

Médaille à l'effigie de Victor Hugo par Alfred Borrel, 1884, Bronze, 68mm

La même année, Hugo se rend à nouveau à Guernesey où il écrit le roman Quatrevingt-treize. En 1873, il est à Paris et se consacre à l'éducation de ses deux petits-enfants, Georges et Jeanne, qui lui inspirent le recueil L'Art d'être grand-père. Il reçoit beaucoup, hommes politiques et littéraires, les Goncourt, Lockroy, Clemenceau, Gambetta[57]… Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur et milite pour l'amnistie. Il s'oppose à Mac Mahon quand celui-ci dissout l'assemblée[57]. Dans son discours d'ouverture du congrès littéraire international de 1878, il se positionne pour le respect de la propriété littéraire, mais aussi pour le fondement du domaine public. En juin 1878, Hugo est victime d'un malaise, peut-être[59] une congestion cérébrale. Il part se reposer quatre mois à Guernesey dans sa demeure de Hauteville House, suivi de son « secrétaire bénévole » Richard Lesclide[60]. Ce mauvais état de santé met pratiquement fin à son activité d'écriture. Toutefois, de très nombreux recueils, réunissant en fait des poèmes datant de ses années d'inspiration exceptionnelle (1850-1870), continuent à paraître régulièrement (La Pitié suprême en 1879, L'Âne, Les Quatre Vents de l'esprit en 1881, la dernière série de la Légende des siècles en septembre 1883…), contribuant à la légende du vieil homme intarissable jusqu'à la mort[note 7]. Durant cette période, nombre de ses pièces sont de nouveau jouées (Ruy Blas en 1872, Marion de Lorme et Marie Tudor en 1873[61], Le roi s'amuse en 1882)[57].

Sous la Troisième République, le gouvernement Ferry promulgue la loi du 30 juillet 1881, dite de « réparation nationale », qui alloue une pension ou rente viagère aux citoyens français victimes du coup d'Etat du 2 décembre 1851 et de la loi de sûreté générale. La Commission générale chargée d'examiner les dossiers, présidée par le Ministre de l'Intérieur, est composée de représentants du ministère, de conseillers d'État, et comprend huit parlementaires, tous d'anciennes victimes : quatre sénateurs (Victor Hugo, Jean-Baptiste Massé, Elzéar Pin, Victor Schœlcher) et quatre députés (Louis Greppo, Noël Madier de Montjau, Martin Nadaud et Alexandre Dethou)[62].

Jusqu'à sa mort, en 1885, il reste une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée[note 8]. Il meurt le 22 mai 1885[63], dans son hôtel particulier « La Princesse de Lusignan », qui était situé au 50, avenue Victor-Hugo, à la place de l'actuel no 124[64]. Selon la légende, ses derniers mots sont : C'est ici le combat du jour et de la nuit… Je vois de la lumière noire[65] ». Conformément à ses dernières volontés[note 9], c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'a lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise, mais le premier juin, à la suite du décret du 26 mai 1885 lui accordant des obsèques nationales voté par 415 voix sur 418[66], il est finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement[67] pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. Avant son transfert, son cercueil est exposé une nuit sous l'Arc de triomphe voilé obliquement par un crêpe noir ; des cuirassiers à cheval veillent toute la nuit le catafalque surmonté des initiales VH, selon l'ordonnancement de Charles Garnier[68]. On considère qu’environ deux millions de personnes et 2 000 délégations se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage[69], le cortège vers le Panthéon s'étire sur plusieurs kilomètres[70]. Il est alors l'écrivain le plus populaire de son temps (et le demeure[71]) ; il est déjà depuis plusieurs décennies considéré comme l'un des monuments de la littérature française[72].

Le Minutier central des notaires de Paris, département des Archives nationales, conserve des testaments et codicilles olographes de Victor Hugo, à la suite de son décès survenu en son domicile (aujourd'hui 50, avenue Victor-Hugo), le 22 mai 1885, dans lesquels on trouve le testament mystique dicté par lui le 9 avril 1875, clos le 9 avril 1875 et déposé le 23 mai 1885 ; son testament olographe du 5 mai 1864, à Guernesey, déposé le 12 avril 1886, etc.[73]

Une œuvre monumentale

Signature.

L'ensemble des écrits de Victor Hugo (triés et organisés par ses exécuteurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie[74]) a été publié chez Jean-Jacques Pauvert et représente presque quarante millions de caractères réunis en 53 vol.

« L'ensemble de mon œuvre fera un jour un tout indivisible […] Un livre multiple résumant un siècle, voilà ce que je laisserai derrière moi[75] »

Victor Hugo a pratiqué tous les genres : roman, poésie, théâtre, essai, etc. – avec une passion du Verbe, un sens de l'épique et une imagination féconde[76]. Écrivain et homme politique, Victor Hugo n'a jamais cherché à opérer une distinction entre son activité d'écrivain et son engagement[77]. Ainsi mélange-t-il intimement, dans ses œuvres de fiction, développement romanesque et réflexion politique[78].

Romancier

Romancier inclassable

Hugo a laissé neuf romans. Le premier, Bug-Jargal a été écrit à seize ans ; le dernier, Quatrevingt-treize, à soixante-douze. L'œuvre romanesque a traversé tous les âges de l'écrivain, toutes les modes et tous les courants littéraires de son temps, sans jamais se confondre totalement avec aucun ; en effet, allant au-delà de la parodie, Hugo utilise les techniques du roman populaire en les amplifiant et subvertit les genres en les dépassant[79] : si Han d'Islande, en 1823, Bug-Jargal, publié en 1826, ou Notre-Dame de Paris, en 1831, ressemblent aux romans historiques en vogue au début du XIXe siècle ils en dépassent le cadre ; Hugo n'est pas Walter Scott et, chez lui, le roman se développe vers l'épopée et le grandiose[note 10].

Le Dernier Jour d'un condamné en 1829 et Claude Gueux en 1834 engagent une réflexion directement sociale, mais ils ne sont pas plus aisés à définir[80]. Pour Hugo lui-même, il faut distinguer «romans de faits et romans d'analyse». Ces deux derniers sont des romans à la fois historiques et sociaux, mais sont surtout des romans engagés dans un combat – l'abolition de la peine de mort – qui dépasse de loin le cadre de la fiction. On peut en dire autant des Misérables, qui paraît en 1862, en pleine période réaliste, mais qui lui emprunte peu de caractéristiques[81]. Ce succès populaire phénoménal embarrasse d'ailleurs la critique, car il louvoie constamment entre mélodrame populaire, tableau réaliste et essai didactique[82].

Cosette, illustration pour Les Misérables par Émile Bayard.

De la même façon, dans Les Travailleurs de la mer (1866) et dans L'Homme qui rit (1869), Hugo se rapproche davantage de l'esthétique romantique du début du siècle, avec ses personnages difformes, ses monstres et sa Nature effrayante[83].

Enfin, en 1874, Quatrevingt-treize signe la concrétisation romanesque d'un vieux thème hugolien : le rôle fondateur de la Révolution française dans la conscience littéraire, politique, sociale et morale du XIXe siècle. Il mêle alors la fiction et l'histoire, sans que l'écriture marque de frontière entre les narrations[84].

Œuvre de combat

Le roman hugolien n'est pas un « divertissement » : pour lui l'art doit en même temps instruire et plaire[note 11] et le roman est presque toujours au service du débat d'idées. Cette constante traverse les romans abolitionnistes de sa jeunesse, elle se poursuit, dans sa maturité, au travers de ses nombreuses digressions sur la misère matérielle et morale dans Les Misérables[note 12].

Poète ou romancier, Hugo demeure le dramaturge de la fatalité[85] et ses héros sont, comme les héros de tragédie, aux prises avec les contraintes extérieures et une implacable fatalité ; tantôt imputable à la société (Jean Valjean ; Claude Gueux ; le héros du Dernier jour d'un condamné), tantôt à l'Histoire (Quatrevingt-treize) ou bien à leur naissance (Quasimodo). Le goût de l'épopée, des hommes aux prises avec les forces de la Nature, de la Société, de la fatalité, n'a jamais quitté Hugo[86] ; l'écrivain a toujours trouvé son public, sans jamais céder aux caprices de la mode, et personne ne s'étonne qu'il ait pu devenir un classique de son vivant[87].

Dramaturge

Projet ambitieux

Hugo, croqué par Mérimée.

Le théâtre de Victor Hugo se situe dans un renouveau du genre théâtral initié par Madame de Staël, Benjamin Constant, François Guizot, Stendhal[88] et Chateaubriand. Dans sa pièce Cromwell qu'il sait être injouable à son époque[88](pièce de 6 414 vers et aux innombrables personnages), il donne libre cours à son idée du nouveau théâtre. Il publie conjointement une préface destinée à défendre sa pièce et où il expose ses idées sur le drame romantique : un théâtre « tout-en-un[88] », à la fois drame historique, comédie, mélodrame et tragédie. Il se revendique dans la lignée de Shakespeare[88], jetant un pont entre Molière et Corneille[89]. Il y expose sa théorie du grotesque qui se décline sous plusieurs formes[90] : du ridicule au fantastique en passant par le monstrueux ou l'horrible. Victor Hugo écrit « Le beau n'a qu'un type, le laid en a mille »[91]. Anne Ubersfeld parle à ce sujet de l'aspect carnavalesque du théâtre hugolien[92] et de l'abandon de l'idéal du beau[88]. Selon Victor Hugo, le grotesque doit côtoyer le sublime, car ce sont les deux aspects de la vie[93].

Lors de la création de ses autres pièces, Victor Hugo est prêt à de nombreuses concessions[94] pour apprivoiser le public et le mener vers son idée du théâtre[note 13]. Pour lui, le romantisme est le libéralisme en littérature[95]. Ses dernières pièces, écrites durant l'exil et jamais jouées de son vivant, sont d'ailleurs réunies dans un recueil au nom évocateur Théâtre en liberté. Le théâtre doit s'adresser à tous : l'amateur de passion, celui de l'action ou celui de la morale[89],[note 14]. Le théâtre a ainsi pour mission d'instruire, d'offrir une tribune pour le débat d'idées et de présenter « les plaies de l'humanité avec une idée consolante[96] ».

Victor Hugo choisit de situer ses pièces principalement dans le XVIe et XVIIe siècles, se documente beaucoup avant de commencer à écrire[97], présente souvent une pièce à trois pôles : le maître, la femme, le laid[98] où se confrontent et se mélangent deux mondes : celui du pouvoir et celui des serviteurs[note 15], où les rôles s'inversent (Ruy Blas, serviteur, joue le rôle d'un grand d'Espagne), où le héros se révèle faible et où le monstre a une facette attachante[note 16].

Victor Hugo reste attaché à l'alexandrin auquel il donne cependant, quand il le souhaite, une forme plus libre[99] et rares sont ses pièces en prose (Lucrèce Borgia, Marie Tudor).

Accueil mitigé

Article détaillé : Bataille d'Hernani.

Victor Hugo, s'il possède d'ardents défenseurs de son théâtre comme Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Hector Berlioz, Petrus Borel, etc[100]., a aussi rencontré de nombreuses difficultés dans la présentation de ses pièces.

La première est une opposition politique. Sa remise en question des représentants du pouvoir ne plaît pas, Marion de Lorme est interdite, le Roi s'amuse l'est aussi après sa première représentation, Les Ultras attaquent Ruy Blas[101].

La seconde est la contrainte économique : il n'existe sur Paris que deux théâtres susceptibles de représenter le drame, le Théâtre-Français et le théâtre de la Porte-Saint-Martin. Ces deux théâtres subventionnés ne roulent pas sur l'or et sont tributaires des subsides de l'État. Leurs directeurs hésitent à prendre des risques[33]. Victor Hugo se plaindra du manque de liberté qu'ils offrent[102]. C'est une des raisons qui lui font entreprendre l'aventure du théâtre de la Renaissance.

La troisième et la plus importante est une opposition du milieu artistique lui-même. Les artistes et les critiques de son époque sont pour beaucoup hostiles à la transgression des codes culturels que représente le théâtre de Victor Hugo. Ils approuvent les grandes pensées qui élèvent l'âme, mais s'insurgent contre tout ce qui relève du grotesque, du vulgaire, du populaire ou du trivial[103]. Ils ne supportent pas tout ce qui est excessif, lui reprochent son matérialisme et son absence de morale[104]. Ils critiquent vigoureusement chaque pièce présentée et sont souvent à l'origine de leur arrêt prématuré. Le Roi s'amuse ne fut représenté qu'une seule fois[note 17], Hernani, pourtant forte de cinquante représentations à succès ne fut pas reprise en 1833, Marie Tudor n'est joué que 42 fois[105], Les Burgraves sont un échec. Ruy Blas est un succès financier, mais est boudé par la critique[106]. Seule Lucrèce Borgia peut être considérée comme un plein succès.

Devenir

Victor Hugo, assis sur les conventions (l'Académie française et le Théâtre français).

Florence Naugrette fait remarquer que le théâtre de Victor Hugo a été peu joué dans la première moitié du XXe siècle[107],[108]. Il est remis au goût du jour par Jean Vilar en 1954 qui monte successivement Ruy Blas et Marie Tudor. D'autres metteurs en scène suivent qui font revivre Lucrèce Borgia (Bernard Jenny), Les Burgraves et Hernani (Antoine Vitez), Marie Tudor (Daniel Mesguich), les pièces du Théâtre en liberté (L'Intervention, Mangeront-ils?, Mille Francs de récompense…) sont montées dans les années 1960 et continuent à l'être. On peut lire aujourd'hui l'ensemble de ce Théâtre en liberté dans l'édition qu'en a procurée Arnaud Laster[109]. Florence Naugrette souligne aussi les difficultés d'interprétation du théâtre hugolien, comment n'être ni grandiloquent, ni prosaïque, mais sans fausse pudeur, comment présenter le grotesque sans glisser vers la caricature et comment gérer l'immensité de l'espace scénique et rappelle le conseil de Jean Vilar : « jouer sans pudeur en faisant confiance au texte de Victor Hugo ».

Poète

Vers de jeunesse

À vingt ans, Hugo publie les Odes, recueil qui laisse déjà entrevoir, chez le jeune écrivain, les thèmes hugoliens récurrents : le monde contemporain, l'Histoire, la religion et le rôle du poète, notamment. Par la suite, il se fait de moins en moins classique, de plus en plus romantique, et Hugo séduit le jeune lecteur de son temps au fil des éditions successives des Odes (quatre éditions entre 1822 et 1828).

En 1828, Hugo réunit sous le titre Odes et Ballades toute sa production poétique antérieure. Fresques historiques, évocation de l'enfance ; la forme est encore convenue, sans doute, mais le jeune romantique prend déjà des libertés avec le mètre et la tradition poétique. Cet ensemble permet en outre de percevoir les prémices d'une évolution qui durera toute sa vie : le chrétien convaincu s'y montre peu à peu plus tolérant, son monarchisme qui se fait moins rigide et accorde une place importante à la toute récente épopée napoléonienne ; de plus, loin d'esquiver son double héritage paternel (napoléonien) et maternel (royaliste), le poète s'y confronte, et s'applique à mettre en scène les contraires (ce que l'on appelle l'antithèse hugolienne) pour mieux les dépasser :

« Les siècles, tour à tour, ces gigantesques frères,
Différents par leur sort, semblables en leurs vœux,
Trouvent un but pareil par des routes contraires[110]. »

Puis Hugo s'éloigne dans son œuvre des préoccupations politiques immédiates auxquelles il préfère – un temps – l'art pour l'art. Il se lance dans Les Orientales (l'Orient est un thème en vogue) en 1829, (l'année du Dernier jour d'un condamné).

Le succès est important, sa renommée de poète romantique assurée et surtout, son style s'affirme nettement tandis qu'il met en scène la guerre d'indépendance de la Grèce (le choix de présenter l'exemple de ces peuples qui se débarrassent de leurs rois n'est pas innocent dans le contexte politique français) qui inspira également Lord Byron ou Delacroix.

Première maturité

Dès les Feuilles d'automne (1832), les Chants du crépuscule (1835) Les Voix intérieures (1837), jusqu'au recueil les Rayons et les Ombres (1840), se dessinent les thèmes majeurs d'une poésie encore lyrique – le poète est une « âme aux mille voix » qui s'adresse à la femme, à Dieu, aux amis, à la Nature et enfin (avec les Chants du crépuscule) aux puissants qui sont comptables des injustices de ce monde.

Ces poésies touchent le public parce qu'elles abordent avec une apparente simplicité des thèmes familiers ; pourtant, Hugo ne peut résister à son goût pour l'épique et le grand. Ainsi, on peut lire, dès le début des Feuilles d'automne, les vers :

« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte »

Créativité et puissance littéraire

À partir de l'exil commence une période de création littéraire qui est considérée comme la plus riche, la plus originale et la plus puissante de l'œuvre de Victor Hugo. C'est alors que naîtront certains de ses plus grands poèmes[note 18].

Les Châtiments sont des vers de combat qui ont pour mission, en 1853, de rendre public le « crime » du « misérable » Napoléon III : le coup d'État du 2 décembre. Prophète des malheurs qui attendent Napoléon III, exécuteur du neveu honni, Hugo s'y fait cruel, satirique, voire grossier (« pourceau dans le cloaque[111] ») pour châtier « le criminel[112] ». Mais Hugo se fait aussi poète de temps meilleurs comme dans Stella ; le poète prend alors des tons quasiment religieux. Quant à la forme des Châtiments, elle est d'une extrême richesse puisque Hugo recourt aussi bien à la fable, qu'à l'épopée, à la chanson ou à l'élégie, etc.

Quelques années plus tard, Hugo déclare, à propos des Contemplations qui paraissent en 1856 : « Qu'est-ce que les Contemplations ? – Les mémoires d'une âme[113] ». Apothéose lyrique, marquée par l'exil à Guernesey et la mort (cf. Pauca Meae) de la fille adorée : exil affectif, exil politique : Hugo part à la découverte solitaire du moi et de l'univers. Le poète, tout comme dans les Châtiments, se fait même prophète, voix de l'au-delà, voyant des secrets de la vie après la mort et qui tente de percer les secrets des desseins divins. Mais, dans le même temps, les Contemplations, au lyrisme amoureux et sensuel, contient certains des plus célèbres poèmes inspirés par Juliette Drouet. Les Contemplations : œuvre multiforme donc comme il convient aux « mémoires d'une âme[note 19] ».

Enfin, la Légende des siècles, son chef-d'œuvre, synthétise l'histoire du monde en une grande épopée parue en 1859 ; « L'homme montant des ténèbres à l'Idéal[114],[115] », c'est-à-dire la lente et douloureuse ascension de l'humanité vers le Progrès et la Lumière[116].

Place à part dans son siècle

Tantôt lyrique, tantôt épique, Hugo est présent sur tous les fronts et dans tous les genres: il a profondément ému ses contemporains, exaspéré les puissants et inspiré les plus grands poètes.

Ainsi que le rappelle Simone de Beauvoir : Son 79e anniversaire fut célébré comme une fête nationale : 600 000 personnes défilèrent sous ses fenêtres, on lui avait dressé un arc de triomphe. L'avenue d'Eylau fut peu après baptisée avenue Victor-Hugo et il y eut un nouveau défilé en son honneur le 14 juillet. Même la bourgeoisie s'était ralliée, […][117].

Portrait sur la Colonne Victor Hugo[118] à Waterloo, (Belgique).

Le témoin voyageur

Article détaillé : Victor Hugo en voyage.

Victor Hugo a beaucoup voyagé jusqu'en 1871. De ses voyages, il rapporte des carnets de dessins et des notes[119],[120]. On peut ainsi citer le récit d'un voyage fait à Genève et dans les Alpes avec Charles Nodier[121]. Il part aussi chaque année pour un voyage d'un mois avec Juliette Drouet découvrir une région de France ou d'Europe et en revient avec notes et dessins[57]. De trois voyages sur le Rhin (1838, 1839, 1840), il rapporte un recueil de lettres, notes et dessins publié en 1842 et complété en 1845[122]. Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). De retour à Paris en 1871, il cesse de voyager[119].

Dessinateur

Aux nombreux talents de l'écrivain, il faut ajouter le dessin. L'artiste n'a certes pas éclipsé le poète, mais on continue néanmoins de redécouvrir le travail pictural de Victor Hugo – auquel on a consacré de nombreuses et prestigieuses expositions au cours des vingt dernières années (lors du centenaire de sa mort, en 1985, « Soleil d'Encre » au Petit Palais et « Dessins de Victor Hugo » place des Vosges dans la maison qu'il habita sous la Monarchie de Juillet ; mais aussi, plus récemment, à New York, Venise, Bruxelles, ou Madrid).

En bon autodidacte, Hugo n'hésite pas à utiliser les méthodes les plus rustiques ou expérimentales : il mélange à l'encre le café noir, le charbon, la suie de cheminée, peignant du bout de l'allumette ou au moyen des barbes d'une plume.

Ses œuvres sont, en général, de petite taille et il s'en sert tantôt pour illustrer ses écrits (Les Travailleurs de la mer), tantôt pour les envoyer à ses amis pour le jour de l'an ou à d'autres occasions. Cet art, qu'il pratiquera toute sa vie, le divertit.

Au début, ses travaux sont de facture plutôt réaliste ; mais avec l'exil et la confrontation mystique du poète avec la mer, ils acquerront une dimension presque fantastique[note 20],[123].

Cette facette du talent d'Hugo n'échappera pas à ses contemporains et lui vaudra les louanges de, notamment, Charles Baudelaire : « Je n'ai pas trouvé chez les exposants du Salon la magnifique imagination qui coule dans les dessins de Victor Hugo comme le mystère dans le ciel. Je parle de ses dessins à l'encre de Chine, car il est trop évident qu'en poésie, notre poète est le roi des paysagistes[124]».

Un certain nombre des dessins de Victor Hugo ont été gravés et publiés de son vivant, en particulier Dessins de Victor Hugo en 1863, préfacé par Théophile Gautier, et en tant qu'illustrations de ses œuvres littéraires (Les Travailleurs de la mer et Le Rhin)[125].

Victor Hugo lisant devant un mur de pierre, par Auguste Vacquerie 1853 (?)

Victor Hugo et la photographie

Pendant l'exil à Jersey, Victor Hugo s'intéresse au médium de la photographie. Il collabore avec ses fils François-Victor et surtout Charles, ainsi qu'avec Auguste Vacquerie. Hugo leur délègue la partie technique, mais c'est lui qui met en scène les prises de vues. Ils produisent d'abord des daguerréotypes, puis des photographies d'après négatifs sur papier, portraiturant essentiellement le poète ou son entourage familial et amical. Ils prennent aussi des vues de Jersey, de Marine Terrace et de quelques dessins de Hugo.

Ces images (environ 350 œuvres), qui avaient valeur de souvenir ou de communication médiatique, furent diffusées dans le cercle des intimes ou au-delà, rassemblées en albums, insérées dans certains exemplaires des éditions originales de l'écrivain, mais n'ont jamais connues la diffusion commerciale d'abord envisagée par Victor Hugo[126].

Pensée politique

À partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo est complexe et parfois déroutante. Il refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n'en est pas moins sévère pour la société de son temps. Au fur et à mesure, sa pensée politique va évoluer, quitter le conservatisme et se rapprocher du réformisme[note 21],[127].

Politique intérieure

Les représentants représentés, caricature de Victor Hugo par Daumier, 1849, après l'élection de l'écrivain à l'Assemblée constituante.

Dans sa jeunesse, Victor Hugo est proche du parti conservateur. Pendant la restauration, il soutient Charles X. En cela, il s'inscrit dans la ligne politique de Chateaubriand.

Lors de la Révolution française de 1848, Victor Hugo, pair de France, prend d'abord la défense de la monarchie (le président du Conseil Odilon Barrot, le charge de défendre l'idée d'une régence de la Duchesse d'Orléans). Une fois la république proclamée, Lamartine lui propose un poste de ministre (Instruction publique) dans le gouvernement provisoire de 1848, mais il refuse. Lors des élections d'avril 1848, bien que non-candidat, il obtient près de 55 500 voix à Paris, mais n'est pas élu. Par contre, aux élections complémentaires du 24 mai, il est élu à Paris avec près de 87 000 voix. Il siège avec la droite conservatrice. Pendant les Journées de Juin 1848, il mène des groupes de forces gouvernementales à l'assaut des barricades dans la rue Saint-Louis. Il vote la loi du 9 août 1848, qui suspend certains journaux républicains en vertu de l'état de siège. Ses fils fondent le journal l’Événement qui mène une campagne contre le président du conseil, le républicain Cavaignac, et soutiendra la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle de 1848. Étant contre le principe de l'Assemblée législative unique, il ne vote pas la Constitution de 1848. Au début de la présidence de Louis Napoléon Bonaparte, il fréquente le nouveau président. En mai 1849, il est élu à l'Assemblée législative. C'est à l'été 1849, que progressivement, il se détourne de la majorité conservatrice de l'Assemblée législative dont il désapprouve la politique réactionnaire. En janvier 1850, Victor Hugo combat la loi Falloux réorganisant l'enseignement en faveur de l'Église catholique romaine ; en mai, il combat la loi qui restreint le suffrage universel et, en juillet, il intervient contre la loi Rouher qui limite la liberté de la presse[128]. En juillet 1851, il prend position contre la loi qui propose la révision de la Constitution afin de permettre la réélection de Louis-Napoléon Bonaparte. En juin 1851, au palais de Justice de Paris, il défend son fils qui est poursuivi pour avoir publié un article contre la peine de mort dans son journal, L'Évènement[129]. Au soir du coup d'État du 2 décembre 1851, avec une soixantaine de représentants, il rédige un appel à la résistance armée[130]. Poursuivi, il parvient à passer en Belgique le 14 décembre. C'est le début d'un long exil.

Dès lors réformiste, il souhaite changer la société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches capitalisant leurs gains sans les réinjecter dans la production : l'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas[réf. nécessaire]. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique, mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes[131] – « Charger son fusil et se tenir prêt » – qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : il s'agit pour lui d'une guerre de « caprice[132] » et non de liberté. Puis, l'Empire est renversé et la guerre continue, contre la République ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, le patriote prend le pas sur le pacifiste : il publie cette fois un appel à la levée en masse et à la résistance. Les élections du 8 février 1871 portent au pouvoir les monarchistes partisans de la paix avec Bismarck. Le peuple de Paris, quant à lui, refuse la défaite et la Commune commence le 18 mars ; on s'arrache les Châtiments.

Commune

En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être Communard :

« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : « civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même[133]. »

Depuis Bruxelles où il était allé s'installer, il renvoie dos à dos la Commune et le gouvernement d'Adolphe Thiers. Il écrit ainsi le 9 avril 1871 :

« Bref, cette Commune est aussi idiote que l’Assemblée est féroce. Des deux côtés, folie. Mais la France et la République s’en tireront[134]. »

Devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût et prend la défense des Communards :

« Des bandits ont tué soixante-quatre otages. On réplique en tuant six mille prisonniers[135] ! »

Victor Hugo défend ainsi la demande de grâce de Louis-Nathaniel Rossel, le seul officier supérieur rallié à la Commune où il est ministre délégué à Guerre qui sera finalement exécuté le 28 novembre. Le 22 mai 1876, Victor Hugo demande au Sénat de voter l’amnistie des Communards survivants[136].

Combats sociaux

Victor Hugo a pris des positions sociales très tranchées, et très en avance sur son époque. Son chef-d'œuvre, Les Misérables est un hymne à la misère et aux plus démunis.

Question sociale

Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.

Peine de mort

Hugo est un farouche abolitionniste. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il luttera contre ce châtiment. Le Dernier Jour d'un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l'injustice et l'inefficacité du châtiment suprême. Mais la littérature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour défendre l'abolition comme dans son discours du 15 septembre 1848.

« [...] Messieurs, il y a trois choses qui sont à Dieu et qui n'appartiennent pas à l'homme : l'irrévocable, l'irréparable, l'indissoluble. Malheur à l'homme s'il les introduit dans ses lois. Tôt ou tard elles font plier la société sous leurs poids, elles dérangent l'équilibre nécessaire des lois et des mœurs, elles ôtent à la justice humaine ses proportions ; et alors il arrive ceci, réfléchissez-y, messieurs, que la loi épouvante la conscience [...] »

— Discours de Victor Hugo devant l'Assemblée constituante, 15 septembre 1848.

Victor Hugo (vers 1875).

Discours

Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours ; la plupart d'entre eux sont regroupés dans Actes et paroles :

États-Unis d'Europe

Buste de Hugo à l'Assemblée nationale avec extrait de son discours de 1849.

Victor Hugo a fréquemment défendu[141] l'idée de la création des États-Unis d'Europe. Ainsi, dès 1849, au congrès de la paix, il lance :

« Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. - Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France[142]! »

Victor Hugo conçoit une Europe axée sur le Rhin, lieu d'échanges culturels et commerciaux entre la France et Allemagne qui serait le noyau central de ces États-Unis d'Europe[note 22]. Il présente une Europe des peuples par opposition à l'Europe des rois, sous forme d'une confédération d'États avec des peuples unis par le suffrage universel et l'abolition de la peine de mort[143].

L'idée n'est pas neuve, elle fut défendue avant lui par Saint-Simon, Guizot et Auguste Comte[144],[143], mais Victor Hugo en fut un de ses plus ardents défenseurs à une époque où l'histoire s'y prête peu. Considéré comme visionnaire ou fou[144], Victor Hugo reconnaît les obstacles qui entravent cette grande idée et précise même qu'il faudra peut-être une guerre ou une révolution pour y accéder[145].

Colonisation et esclavage

Victor Hugo s'est peu exprimé sur la question de la colonisation de l'Algérie, qui a constitué pourtant la principale aventure coloniale de la France de son époque. Ce silence relatif ne doit pourtant pas être trop rapidement assimilé à un acquiescement de la part de l'auteur des Misérables. En effet, si Hugo a été sensible aux discours légitimant la colonisation au nom de la « civilisation[146] », une analyse attentive de ses écrits — et de ses silences — montre qu'à propos de la « question algérienne » ses positions furent loin d'être dénuées d'ambiguïtés : sceptique à l'égard des vertus civilisatrices de la « pacification » militaire, il devait surtout voir dans l'Algérie colonisée le lieu où l'armée française s'est « faite tigre », et où les résistants au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte ont été déportés[147].

Sur la question de l'esclavage, celui qui, dans les années 1820, montrait à travers Bug-Jargal qu'il partageait dans sa vision des peuples noirs les mêmes préjugés que ses contemporains, et qui garda un silence étonnant lors de l'abolition de l'esclavage en 1848[148], devait intervenir pour demander la grâce de l'abolitionniste américain John Brown[149].

Droit d'auteur

Victor Hugo fut tenant du droit d’auteur et de la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques tout en reconnaissant l'importance de l'accès de tous au savoir :

« Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient – le mot n’est pas trop vaste – au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous[150]. »

Convictions religieuses

Selon Alain Decaux[151], Victor Hugo, élevé par un père franc-maçon et une mère qui n'est jamais entrée dans une église, se construit une foi profonde, mais personnelle.

Victor Hugo n'a jamais été baptisé, a tenté l'expérience d'un confesseur, mais finit sa vie en refusant l'oraison des églises. Il reproche à l'Église le carcan dans laquelle celle-ci enferme la foi. Alain Decaux cite[151], à ce sujet, cette phrase prononcée par Olympio : « Les dogmes et les pratiques sont des lunettes qui font voir l’étoile aux vues courtes. Moi je vois Dieu à l’œil nu ». Son anticléricalisme transparaît dans ses écrits comme Religions et religion[152], La fin de Satan, Dieu, Le pape, Torquemada, ainsi que dans son adhésion à des mouvements anticléricaux[153].

Victor Hugo reste cependant profondément croyant, il croit en un Dieu souffrant et compatissant[154], en un Dieu force infinie créatrice de l'univers[151], à l'immortalité de l'âme et la réincarnation[155]. La mort de Léopoldine provoque un regain dans sa quête de spiritualité[151] et lui inspire les Contemplations.

La quête spirituelle de Victor Hugo l'entraîne à explorer d'autres voies que le catholicisme. Il lit le Coran[151], s'intéresse au druidisme, critique les religions orientales[156] et expérimente le spiritisme. Comme Balzac et malgré les nombreuses différences entre les visions du monde et de la littérature des « deux plus grands hommes du temps »[157], Hugo considère que le principe swedenborgien de correspondance unit l'esprit et la matière[158].

Victor Hugo se trouve en exil sur l'île de Jersey lorsque son amie Delphine de Girardin, qui se sait condamnée, l'initie en 1853 aux tables tournantes. Cette pratique issue du spiritualisme anglo-saxon, vise à tenter d'entrer en communication avec les morts. Hugo, pour qui les poètes sont également des voyants, est ouvert à ce genre de phénomènes. Ces expériences sont consignées dans Le Livre des tables. Durant deux ans, ses proches et lui interrogent les tables, s'émeuvent à l'idée de la présence possible de Léopoldine et enregistrent des communications d'esprits très divers, dont Jésus, Caïn, Dante, Shakespeare ainsi que des entités telles la Mort, la Bouche d'Ombre, Le Drame ou la Critique. S'ébauche ainsi une nouvelle religion dépassant le christianisme et englobant la métempsycose[159]. Selon le docteur Jean de Mutigny, ces séances presque quotidiennes de tables tournantes révèlent une paraphrénie fantastique qui se retrouve dans les œuvres ultérieures de Victor Hugo, notamment le poème Ce que dit la bouche d'ombre des Contemplations[160].

Par la suite, Victor Hugo affiche ses convictions concernant la survie de l'âme en déclarant publiquement : Ceux que nous pleurons ne sont pas les absents, ce sont les invisibles[161]. Lors de l'enterrement de l'écrivain, cette phrase est inscrite sur une couronne de fleurs portée par une délégation de la Société Scientifique du Spiritisme qui considérait que Victor Hugo en avait été un porte-parole[162]. Mais l'expérience spirite n'a été qu'un moment dans la quête par Hugo d'une vérité et ce moment a été dépassé[réf. nécessaire] par d'autres recherches[Lesquelles ?] « à la poursuite du vrai ».

Son testament, lapidaire, se lit comme une profession de foi :

Je donne cinquante mille francs aux pauvres.
Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard.
Je refuse l'oraison de toutes les églises ; je demande une prière à toutes les âmes.
Je crois en Dieu[162].

Hugo et ses contemporains

Estimé par certains et critiqué par d'autres, Victor Hugo reste une figure de référence de son siècle[163]

Temps des rivaux

Admirateur de Chateaubriand à qui il dédie plusieurs odes[164], il se détache peu à peu de son ancien maître qui lui reproche une littérature subversive[165]. Il entretient des relations d'estime et d'admiration mutuelles avec Balzac (un peu de méfiance, l'ego des grands créateurs y pourvoit), Nerval[158] et Vigny[166] et des relations d'amitié avec Dumas, son compagnon de romantisme, qui dureront, avec beaucoup de hauts et quelques bas, toute la vie[167]. La rivalité est plus exacerbée avec Lamartine, auquel Hugo ne cesse de proclamer son admiration, mais ne lui concède plus, le succès venant, de réelle prééminence artistique[168] et avec Musset qui lui reproche ses artifices et son engagement politique[169].

Il détient en Barbey d'Aurevilly[170], Gustave Planche[171], et Sainte-Beuve à partir de 1835[172], des adversaires tenaces et constants, dans les frères Goncourt des lecteurs très critiques[173] et en George Sand une commentatrice très perspicace[174]. Mais il possède en Théophile Gautier un admirateur inconditionnel[175] que Victor Hugo soutiendra jusqu'à sa mort[176].

Les relations sont plus conflictuelles avec les admirateurs de la première heure, que Victor Hugo déçoit parfois par la suite et qui alternent éloges et critiques : Charles Baudelaire[177], Flaubert[178]… D'autres revendiquent leur filiation avec Victor Hugo tout en empruntant des voies qui leur sont propres, se détachant même du romantisme : Théodore de Banville[179], Leconte de Lisle[180], Mallarmé[181], Verlaine[182]

L'étiquette d'auteur engagé que lui vaut son exil participe à sa notoriété, mais lui aliène l'estime de poètes comme Baudelaire[note 23], et provoque sa rupture avec Vigny, fidèle à l'empereur[183].

Victor Hugo par Auguste Rodin.

Statue du commandeur

Quand il retourne en France après l'exil, il est considéré comme le grand auteur qui a traversé le siècle et comme un défenseur de la république[184]. Les monarchistes ne pardonnent pas facilement à celui qui a trahi son milieu et si les républicains les plus à gauche doutent de sa conversion, il devient cependant un enjeu politique, adulé par la gauche républicaine qui organise pour l'anniversaire de ses 79 ans, une grande fête populaire[185]. Les jeunes poètes continuent de lui envoyer leurs vers – tandis que d'autres se montrent volontiers irrévérencieux.

« « Hugo : l'Homme apocalyptique,
L'Homme-Ceci-tûra-cela,
Meurt, gardenational épique ;
Il n'en reste qu'un – celui-là – »
Tristan Corbière, « Un jeune qui s'en va », Les Amours jaunes (1873) »

Ce culte hugolien exaspère ses pairs. Paul Lafargue écrit en 1885 son pamphlet La légende de Victor Hugo et Zola s'exclame :

« Victor Hugo est devenu une religion en littérature, une sorte de police pour le maintien du bon ordre […]. Être passé à l'état de religion nécessaire, quelle terrible fin pour le poète révolutionnaire de 1830[186]. »

Liste des œuvres

Note : l'année indiquée est la date de la première parution

Théâtre

Les Burgraves, scène du 2e acte.

Romans

Luc-Olivier Merson (1846-1920), illustration pour Notre-Dame de Paris, 1881.

Poésies

Recueils posthumes :

Choix de poèmes parmi les manuscrits de Victor Hugo, effectué par Paul Meurice :

Autres textes

Œuvres posthumes

Article détaillé : Œuvres posthumes de Victor Hugo.

Postérité

  • La Poste française émet un timbre à son effigie le 11 décembre 1933[187]
5 nouveaux francs Victor Hugo imprimé de mars 1959 à novembre 1965.
Statue par Laurent Marqueste, cour d'honneur de la Sorbonne.

Au XXe siècle

Au début du XXe siècle, Victor Hugo reste une gloire nationale et l'anniversaire de sa naissance donne lieu à de nombreuses manifestations officielles[188]. Le milieu artistique a cependant pris un peu ses distances. Le mouvement parnassien et le mouvement symboliste, en remettant en cause l'éloquence dans la poésie, se sont posés en adversaires de l'école de Hugo[189] et la mode en ce début de siècle est à une poésie moins passionnée[190]. La phrase d'André Gide, « Victor Hugo hélas », en réponse à la question « Quel est votre poète ? » à un questionnaire sur « les poètes et leur poète[191] », montre la double attitude des poètes du XXe siècle, reconnaissant à Victor Hugo une place prééminente parmi les poètes, mais exaspérés parfois aussi par ses excès[192]. Charles Péguy, dans Notre patrie publié en 1905, n'est pas tendre envers le grand homme[193], l'accusant d'être un « hypocrite pacifiste »[194], disant de lui que « Faire des mauvais vers lui est complètement égal »[195], mais plus loin s'exclamant « quels réveils imprévus, quel beau vers soudain »[195] et parlant d'« entraînement formidable de l'image et du rythme »[196]. Saint-John Perse lui reproche d'avoir perverti le romantisme par son engagement politique[197]. On retrouve de son influence aussi bien chez des admirateurs comme Dostoïevski[198] que chez de violents détracteurs comme Jean Cocteau[199]. Vers 1930, Eugène Ionesco écrit le pamphlet Hugoliade et reproche à Hugo une éloquence masquant la poésie ainsi que sa mégalomanie[200].

Entre les deux guerres, c'est en sa qualité de révolutionnaire qu'il est apprécié par les gens de gauche (Romain Rolland, Alain) et exécré des réactionnaires (Charles Maurras[201]), c'est en sa qualité de visionnaire qu'il est apprécié des surréalistes[190]. Il est admiré par Aragon[202], par Desnos[203].

Durant la guerre, son image sert de porte-drapeau à la résistance[204],[190].

Au retour de la guerre, les passions s'assagissent, on découvre l'homme. François Mauriac déclare, en 1952 : « Il commence à peine à être connu. Le voilà au seuil de sa vraie gloire. Son purgatoire est fini[205]. » Henri Guillemin publie une biographie très nuancée de l'écrivain[190]. Jean Vilar popularise son théâtre. Victor Hugo est désormais adapté au cinéma, au théâtre et pour la jeunesse. Le centenaire de sa mort est fêté en grande pompe[206].

Adaptations

Les œuvres d'Hugo ont donné lieu à d'innombrables adaptations[207] au cinéma, à la télévision ou au théâtre. Le héros hugolien le plus interprété demeure Jean Valjean, incarné, en France, par Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura ou Gérard Depardieu.

Cinéma

Près d'une centaine d'adaptations au total dont plus d'une quarantaine pour Les Misérables, suivi de près par Notre-Dame de Paris. On peut y voir le caractère universel de l'œuvre d'Hugo, car les cinémas les plus divers s'en sont emparés : américain (1915, Don Caesar de Bazan, tiré de Ruy Blas) ; The Man Who Laughs (1928, adaptation de L'Homme qui rit); anglais, indien (Badshah Dampati, en 1953, adaptation de Notre-Dame de Paris) ; japonais (en 1950 Re Mizeraburu : Kami To Akuma : adaptation dans un cadre japonais, sous l'ère Meiji) ; égyptien (ex :1978, Al Bo'asa adaptation des Misérables) ; italien (1966, L'Uomo che ride, adaptation de L'Homme qui rit), etc.

L'Histoire d'Adèle H. de François Truffaut est un des rares films biographiques qui évoque indirectement l'exil de Victor Hugo (qui n'apparaît pas dans le film) à travers le destin de sa fille Adèle Hugo. L'écrivain apparaît dans le film de Sacha Guitry Si Paris nous était conté interprété par Émile Drain.

Télévision

Un nombre important d'adaptations d'œuvres de Victor Hugo a été réalisé pour la télévision. Pour la télévision française Jean Kerchbron réalisa les adaptations de Marion de Lorme, Torquemada et L'Homme qui rit, en 2000 Josée Dayan fit une adaptation des Misérables avec Gérard Depardieu, Christian Clavier et John Malkovich.

Opéra

Une centaine d'opéras ont été inspirés par l'œuvre de Victor Hugo. Signalons, entre autres, parmi les plus connus :

Sur ces opéras et d'autres, on se reportera au numéro hors série de L'Avant-scène opéra, Hugo à l'opéra, dirigé par Arnaud Laster, spécialiste des rapports de Victor Hugo avec la musique et des mises en musique de ses œuvres[208].

Contrairement à ce que l'on a souvent prétendu, Victor Hugo n'était pas hostile à la mise en musique de ses poèmes ni aux opéras inspirés par ses œuvres sauf quand on ne signalait pas qu'il était l'auteur de l'œuvre adaptée[note 24],[note 25]. Néanmoins, lors des premières représentations d'Ernani, Hugo insista pour que le titre et le nom des personnages soient changés[209].

Son ami Franz Liszt composa plusieurs pièces symphoniques inspirées de ses poèmes : Ce qu'on entend sur la montagne, tiré des Feuilles d'automne, et Mazeppa, tiré des Orientales.

Mélodies

De nombreux compositeurs ont mis en musique des poèmes de Victor Hugo : Gounod (Sérénade), Bizet (Guitare ; Les Adieux de l'hôtesse arabe), Lalo (Guitare), Delibes (Églogue), Jules Massenet (Soleils couchants), Franck (S'il est un charmant gazon), Fauré (Le Papillon et la Fleur ; L'Absent ; Puisqu'ici bas), Wagner (L'Attente), Liszt (Ô quand je dors ; Comment, disaient-ils), Saint-Saëns (Soirée en mer ; La Fiancée du timbalier), Maude Valerie White (Chantez, chantez, jeune inspirée), Reynaldo Hahn (Si mes vers avaient des ailes ; Rêverie)[210],[211].

  • Thierry Escaich : Guernesey, cycles de trois mélodies pour ténor et piano d'après Victor Hugo, et Djinns, dans Les Nuits hallucinées pour mezzo-soprano et orchestre

Comédies musicales

Films d'animation

Plusieurs succès, dont les plus célèbres :

Chansons

Plusieurs chanteurs ont repris des poèmes de Victor Hugo. Citons :

Iconographie

(liste non exhaustive)

Bibliographie

Œuvres complètes, éditions de référence

  • 1880-1892 : Édition Hetzel – Quantin, dite « ne varietur ». Œuvres complètes de Victor Hugo. Édition définitive d'après les manuscrits originaux. – J. Hetzel et Cie ; A. Quantin, 1880-1889. – 48 vol. in--8 °. I. Poésie (16 vol.) – II. Philosophie (2 vol.) – III. Histoire (3 vol.) – IV. Voyages (2 vol.) – V. Drame (5 vol.) – VI. Roman (14 vol.) – VII. Actes et paroles (4 vol.) – VIII Œuvres diverses (2 vol.)
  • 18??-1880 : Éditions Rouff. L'Œuvre de Victor Hugo. Édition populaire, 227 vol. in-32.
  • 1904-1952 : Éditions Ollendorff et Albin Michel, dite « de l'Imprimerie nationale » Œuvres complètes de Victor Hugo, P. Ollendorff ; Albin Michel ; Imprimerie Nationale, 1902-1952, 45 vol. – Portraits, planches en noir et en couleurs, fig. fac-similés, couvertures imprimées. Éditeurs intellectuels successifs : Paul Meurice (1904-1905), Gustave Simon (1905-1928) et Cécile Daubray (1933-1952). Édition critique, avec pour la première fois la Correspondance de Victor Hugo ainsi que de nombreux textes inédits.
  • 1967-1970 : Édition chronologique Massin, au Club Français du livre Œuvres complètes de Victor Hugo : édition chronologique publiée sous la direction de J. Massin. Club Français du Livre, 1967-1970, 18 vol.
  • 1985 : Collection « Bouquins » aux éditions Robert Laffont. Textes proches de l'édition Massin, et revus pour le centenaire de la mort de Hugo. Œuvres complètes de Victor Hugo dirigée par Jacques Seebacher et Guy Rosa ; en collaboration avec le Groupe inter-universitaire de travail sur Victor Hugo-Paris VII, Robert Laffont, 15 vol.

Études générales

Sources anciennes
  • Adèle Foucher (Adèle Hugo), Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, Paris, Bruxelles, Leipzig, Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven & Cie, éditeurs, 2 t. in-8°, 1863[note 26].
  • Augustin Cabanès, Victor Hugo mégalomane et spirite, dans Grands névropathes, tome 2, Albin Michel, 1931 [lire en ligne].
  • Juliette Drouet, Mille et une lettres d'amour à Victor Hugo (choisies, préfacées et annotées par Paul Souchon), Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 1951.
  • Paul Lafargue, « La Légende de Victor Hugo de 1817 à 1873 », dans Revue socialiste, 1885 [lire en ligne].
    Pamphlet virulent, écrit par un ancien communard, et à contre-courant, accusant l'écrivain de n'être qu'un bourgeois opportuniste.
  • Richard Lesclide, Propos de table de Victor Hugo, E. Dentu, 1885.
Sources récentes
  • Jean-Louis Cornuz, Hugo, l'homme des "Misérables", Lausanne, P.-M. Favre, 1985
  • Alain Decaux, Victor Hugo, Éditions Perrin, 2001.
  • Max Gallo, Victor Hugo, XO éditions, 2001, 2 tomes.
  • Pierre Gamarra, La Vie prodigieuse de Victor Hugo, Temps actuels, 1985.
  • Danièle Gasiglia-Laster, Victor Hugo « Sa vie, son œuvre », Frédéric Birr, coll., 1984.
  • Danièle Gasiglia-Laster, , Victor Hugo, celui qui pense à autre chose, coll. « Petites biographies », Portaparole, Rome, 2006.
  • Yves Gohin, Victor Hugo, Presses universitaires de France (Que sais-je ?), 1987.
  • Sophie Grossiord, Victor Hugo : et s’il n’en reste qu’un…, Gallimard/Découvertes - Paris-musées, 1998.
  • Henri Guillemin, Victor Hugo par lui-même, Collections Microcosme "Écrivains de toujours", Paris, Le Seuil, 1951, rééd. 2002.
  • Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, Avant l'exil : 1802-1851, Fayard, 2001.
  • Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo, Pendant l'exil : 1851-1864, Fayard, 2008.
  • Hubert Juin, Victor Hugo, 3 vol., Flammarion, 1980-1986.
  • Jean-François Kahn, Victor Hugo, un révolutionnaire, Paris, Fayard, 2001, 960 p. (ISBN 9782213610962).
  • Arnaud Laster , Pleins feux sur Victor Hugo, Comédie-Française, 1981
  • Arnaud Laster, Victor Hugo, éditions Belfond, 1984.
  • André Maurois, Olympio ou la Vie de Victor Hugo, Hachette, 1985.
  • Henri Meschonnic, Écrire Hugo, 2 tomes, Gallimard, 1977.
  • Henri Meschonnic, Hugo, la poésie contre le maintien de l’ordre, Paris, Maisonneuve & Larose, 2002.
  • Annette Rosa, Victor Hugo, l'éclat d'un siècle, éditions Messidor, 1985 [lire en ligne].
  • Philippe Van Tieghem, Victor Hugo : un génie sans frontières : dictionnaire de sa vie et de son œuvre, Larousse, 1985.

Monographies

  • Corinne Charles, Victor Hugo, visions d'intérieur : du meuble au décor, Paris, éditions Paris-Musées, 2003 (ISBN 2-87900-768-2).
  • Christian Chelebourg, Victor Hugo, le châtiment et l'amour - Sens de l'exil, Lettres Modernes Minard, « Archives des Lettres Modernes », 2010.
  • Frédéric Lenormand, Les Fous de Guernesey ou les amateurs de littérature, Robert-Laffont, 1991, sur l'exil à Saint-Pierre-Port.
  • Martin Feller, Der Dichter in der Politik. Victor Hugo und der deutsch-französische Krieg von 1870/71. Untersuchungen zum französischen Deutschlandbild und zu Hugos Rezeption in Deutschland, Thèse Marburg, 1988.
  • Jérôme Picon et Isabel Violante, Victor Hugo contre la peine de mort, avant-propos de Robert Badinter, Paris, éditions Textuel, 2001.
  • Gérard Pouchain et Robert Sabourin, Juliette Drouet ou La dépaysée, Fayard, 1992.
  • Baldine Saint Girons, Les Monstres du sublime : Hugo, le génie et la montagne, éditions Paris-Méditerranée, 2005, rééd. Max Milo.
  • Jacques Seray, Richard Lesclide, du « Vélocipède illustré » à « La Table de Victor Hugo », Vélizy, Seray, 2009.
  • Marieke Stein, « Victor Hugo vient de mourir. Les Funérailles du siècle », dans Dans les secrets de la police, éditions l'Iconoclaste, 2008, (ISBN 9782913366206).
  • Anne Ubersfeld, Le Roi et le Bouffon, étude sur le théâtre de Hugo de 1830 à 1839, Librairie José Corti, 1974.
  • Frank Wilhelm, Victor Hugo et l'Idée des États-Unis d'Europe, Luxembourg, éd. par les Amis de la Maison de Victor Hugo à Vianden, 2000.

Notes et références

Notes

  1. Certains biographes donnent la date du 28 juillet - vide Annette Rosa dans Victor Hugo ou l’éclat d’un siècle ou André Maurois dans Olympio ou la Vie de Victor Hugo, Hachette, 1954, p. 189 – tandis que d’autres, vide Henri Gourdin (Adèle, l’autre fille de Victor Hugo p. 35) ou Auguste Rey (Villégiature de la famille Hugo à Saint Prix in La revue de l’histoire de Versailles et de Seine et Oise (1906), p. 129) tiennent pour la date du 24 août.
  2. Le poème écrit en 1823, chante l’héroïsme des soldats des armées napoléoniennes.
  3. Voir aussi Exposition de la BnF, manuscrit d'Hugo ainsi légendé : La date anniversaire du 16 février, sera désormais fêtée chaque année par un message de Victor Hugo dans le petit livre rouge de Juliette, baptisé le « Livre de l'Anniversaire ».
  4. lire dans Lettres parisiennes, vol. 3 d'Émile de Girardin les tentatives de Thiers pour concilier le parti de Jouy et les contusions qu'il a peur d'en recevoir.
  5. Théâtre peu propice aux spectacles d'envergure et réticences des comédiens français devant les audaces de ses drames.
  6. « Ceux qui ont reçu en dépôt pour le peuple […], le serment du 20 décembre 1848, […] avait assumé en même temps que leur mandat deux devoirs. Le premier c'était le jour où se serment serait violé, de se lever […] pour combattre et jeter bas l'usurpateur […] le second devoir, c'était après avoir accepté le combat et toutes ses chances, d'accepter la proscription et toutes ses misères » Victor Hugo, Napoléon le petit, chap. II, Mandats des représentants.
  7. Voir le chapitre « The Four Winds of the Spirit (les Quatre Vents de l'Esprit, 1881) » p. 291 Selected Poems of Victor Hugo: A Bilingual Edition, Victor Hugo, E. H. Blackmore & A. M. Blackmore, University of Chicago, 2001 - Extrait: « Despite his stroke, he was able to maintain his customary publication schedule by delving into that pile and issuing some of its contents. »
  8. Flaubert l'appelle l'immense vieux et il a droit à des funérailles nationales telles que Barrès évoqua à ce propos l'Hugolâtrie du peuple français dans René Souriac, Patrick Cabanel : Histoire de France, 1750-1995: Société, culture.
  9. « Le 2 août 1883, Victor Hugo avait remis à Auguste Vacquerie, dans une enveloppe non fermée les lignes testamentaires suivantes, qui constituaient ses dernières volontés pour le lendemain de sa mort : Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l'oraison de toutes les églises ; je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. Actes et paroles - Depuis l'exil 1876-1885, 1885, I. Mort de Victor Hugo, Extrait du Rappel..
  10. Myriam Roman : la romancière explique en quoi le roman hugolien se démarque du roman scottien : « Il [Victor Hugo] se propose de dépasser les cadres posés par Scott : ouverture du genre romanesque sur l'épopée et le grandiose, dilatation du réel vers l'idéal. » dans Victor Hugo et le roman historique, sur le site du Groupe Hugo.
  11. La curiosité, l'intérêt, l'amusement, le rire, les larmes, l'observation perpétuelle de tout ce qui est nature, l'enveloppe merveilleuse du style, le drame doit avoir tout cela, sans quoi il ne serait pas le drame ; mais, pour être complet, il faut qu'il ait aussi la volonté d'enseigner, en même temps qu'il a la volonté de plaire, écrit-il dans la préface d'Angelo ; la même pensée anime Balzac ; in Pierre Laubriet : L'intelligence de l'art chez Balzac: d'une esthétique balzacienne p. 372.
  12. Ces digressions lui furent d'ailleurs reprochées, comme étant envahissantes par Armand de Pontmartin dans les premières critiques du roman : p. 720, « Le Correspondant », vol. 292.
  13. Anne Ubersfeld parle de « Viol du public » pour les tentatives de Victor Hugo de convaincre le public dans Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 178 et 224.
  14. Anne Ubersfeld parle de son désir d'unifier les publics, dans Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 389.
  15. Anne Ubersfeld parle du système A et non A - Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 411 et suivantes.
  16. Victor Hugo, dans la préface de Lucrèce Borgia, rappelle que dans Le Roi s'amuse, le bouffon possède une difformité physique, mais une âme qui souffre, et dans Lucrèce Borgia, l'héroïne possède une difformité morale, mais rayonne par son amour maternel.
  17. Une seule fois en 1832, suivie d'une reprise sans grand succès 50 ans plus tard, dans Anne Ubersfeld, 1974, Ibid., p. 156.
  18. l'Expiation dans les Châtiments, Booz endormi dans la Légende des siècles, pour ne citer que ces deux exemples.
  19. Voir - entre autres - le commentaire de Ludmila Charles-Wurtz sur le site Gallimard. Extrait : « Les Contemplations sont le chef-d'œuvre de la poésie lyrique de Hugo, parce que le recueil se donne à lire comme une autobiographie universelle. C'est une œuvre d'exil - écrite en exil, mais aussi produite par l'exil. Cet exil est d'abord politique ; il est aussi intérieur. À la catastrophe du coup d'État, Hugo associe la mort de sa fille : le proscrit qui parle dans Les Contemplations est exilé hors de son pays et hors de lui-même, si bien que chaque lecteur peut s'identifier à lui. »
  20. Vide Victor Hugo et les graveurs de son temps de Gérard Blanchard dans Communication & Langages, 1984, no 62, p. 65-85; - Extraits : « Victor Hugo, côté plastique, commence à dessiner comme tout le monde des « carnets de voyage ». Il aime l'eau-forte alors que la mode est aux bois gravés. (…) Mais qu'arrive le malheur (la mort de Léopoldine, le 4 septembre 1848 (…), l'exil (Jersey d'abord, de 1852 à 1855 avec l'expérience spirite) et voilà un autre Hugo qui se révèle à lui-même. Avec un certain bonheur, il se livre aux vagues de l'inconscient. Il pratique alors le dessin comme une sorte d'exercice spirituel, comme une calligraphie zen. »
  21. Lire l'interview de Jean-François Kahn, auteur de Victor Hugo, un révolutionnaire (2002)- Extraits:« On commence gauchiste et on finit conservateur d’habitude ! Lui était conservateur et il prend parti tout d’abord pour la République, la démocratie et finalement pour la révolution. Il va même devenir une sorte de prophète révolutionnaire. (…) C'est surtout un réformiste. (…) Dans sa vie, ses prises de position sont également complexes. Il est absolument contre le colonialisme quand il s'agit de pays qui ont une vieille culture comme l'Égypte ou Cuba, mais il le justifie pour l'Afrique Noire, car il pense que c'est une terre vide et sans histoire ».
  22. « Il faut, pour que l’univers soit en équilibre, qu’il y ait en Europe, comme la double clef de voûte du continent, deux grands États du Rhin, tous deux fécondés et étroitement unis par ce fleuve régénérateur ; l’un septentrional et oriental, l’Allemagne, s’appuyant à la Baltique, à l’Adriatique et à la mer Noire, avec la Suède, le Danemark, la Grèce et les principautés du Danube pour arcs-boutants ; l’autre, méridional et occidental, la France, s’appuyant à la Méditerranée et à l’océan, avec l’Italie et l’Espagne pour contreforts. », Victor Hugo, Le Rhin, Conclusion - Lire en ligne.
  23. « la correspondance de Baudelaire nous confirme que chez Hugo, il n'aime pas la poésie politique, l'engagement… », dans David Ellison, Ralph Heyndels, les modernités de Victor Hugo, p. 162.
  24. Hans Christian Andersen and music: the nightingale revealed: In general, literary historians have presented Hugo as being rather hostile toward music, but this is something as a misconception. It is true that Hugo generally opposed the production of musical works based on his plays, but he nonetheless revered music quite highly, especially what he referred to as "retrospective music. vide p. 44 in Hans Christian Andersen and music: the nightingale revealed, Anna Harwell Celenza, Ashgate Publishing, 2005.
  25. Arnaud Laster précise qu'on n'a jamais trouvé la fameuse formule que l'on lui prête : Défense de déposer de la musique le long de mes vers . Il n'était sans doute pas si hostile que cela à la mise en musique de ses textes comme en témoigne La Esmeralda de Louise Bertin. dans Groupe Hugo, séance du 25 janvier 1997.
  26. L'édition originale des souvenirs réunis par Adèle Hugo. On la préfère à l'édition bruxelloise publiée l'année précédente, parce qu'elle est moins fautive et qu'elle comporte quelques additions. Quoique Victor Hugo se soit toujours défendu d'avoir participé à la rédaction de ce livre, on sait qu'il lui apporta un soutien actif, sinon même qu'il en rédigea quelques passages.

Références

  1. fiche sur le site du sénat consultée le 28 avril 2013.
  2. fiche sur le site de l'assemblée nationale consultée le 28 avril 2013.
  3. http://www.operavenir.com/cours/docs/Hugo.doc.
  4. [PDF]« Une vie d’exception, p. 4 », sur www.besancon.fr (consulté le 29 avril 2010).
  5. « Préface de Cromwell où l’auteur se pose en théoricien et en chef de file du romantisme. A la tragédie classique, il oppose le drame moderne, qui doit mêler, comme le fait la nature-même, le sublime et le grotesque, ces deux éléments de la réalité. » Gaëtan Picon, Dictionnaire des auteurs, Laffont-Bompiani, 1990, t. II, p. 550, (ISBN 978-2-221-50156-6).
  6. « Après Charles Baudelaire, des tenants de la poésie nouvelle lui ont parfois reproché l’impureté de son lyrisme, son caractère narratif, son manque de rigueur et sa densité. Gaëtan Picon, Dictionnaire des auteurs, Laffont-Bompiani, 1990, t. II, p. 551, (ISBN 978-2-221-50156-6). »
  7. [PDF] « Une vie d’exception, p. 5 », sur www.besancon.fr (consulté le 29 avril 2010).
  8. « 22 mai 1885 : Les funérailles », sur www.victorhugo2002.culture.fr (consulté le 29 avril 2010) Les témoins de cet événement savaient qu’il est et demeurera unique dans l’histoire. Alain Decaux raconte : « Précédé d’un escadron de la garde à cheval et suivi d’un régiment de cuirassiers ­casques et cuirasses qui rutilent, sabre au clair ­le général Saussier, gouverneur militaire de Paris, ouvre la marche avec son état-major en grande tenue. Voici les tambours voilés de crêpe qui battent lugubrement. Voici onze chars à quatre ou six chevaux, sur lesquels s’entassent les couronnes et les fleurs : un éblouissement. »
  9. L'emploi de la virgule et non du tiret montre qu'il s'agit d'un 2e prénom et pas d'un prénom composé (voir son acte de naissance) et le poète signait « Victor Hugo ».
  10. Diario de Madrid, 11 octobre 1811.
  11. http://www.chronologievictorhugo.com/corpchronoexpress.htm
  12. a et b Anne-Martin Fugier, « Victor Hugo : la face cachée du grand homme », émission Secrets d'histoire sur France 2, 10 juillet 2012.
  13. Adèle Hugo, Victor Hugo, Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, Paris, Bruxelles, Leipzig, Librairie Internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, éditeurs, 2 tomes, in-8°, 1863 ; t. 1, p. 233.
  14. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 1, p. 233.
  15. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 1, p. 339.
  16. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 1, p. 331-347.
  17. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 1, p. 362.
  18. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, p. 1.
  19. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, p. 62.
  20. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. XXXV - La mort de la mère.
  21. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. LXIV - La mort du frère.
  22. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. XL.
  23. Didier Fontaine, Les Manifestations du romantisme, sur le site de La Bibliothèque du Cénacle
  24. « Victor Hugo et ses contemporains » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  25. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, p. 87.
  26. La légende des siècles - « Mon père, ce héros au sourire si doux… »
  27. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. LI - Amis.
  28. Annette Rosa, Victor Hugo, l’éclat d’un siècle - Un ami intime, sur le site du Groupe Hugo.
  29. Paris, Librairie d'Eugène Renduel.
  30. Victor Hugo / Juliette Drouet, 50 ans de lettres d'amour 1833-1883 : Lettres de l'anniversaire, présentation de Gérard Pouchain, préface de Marie Hugo, Collection « Écrits », 2005.
  31. « Lettres à Juliette Drouet, 1833-1883: le livre de l'anniversaire par Victor Hugo et Juliette Drouet », sur Google (consulté le 29 avril 2010).
  32. Marieke Stein, Idées reçues, Victor Hugo, éditions le cavalier bleu, p. 20.
  33. a et b Jean-Claude Yon : Le statut administratif de la Comédie Française et du Théâtre de la Renaissance à l'époque d'Hernani et de Ruy Blas, site du Groupe Hugo.
  34. Michel Faul : Ce « combat » contre Hugo et le romantisme est partiellement raconté par Michel Faul dans Les Aventures militaires, littéraires et autres d'Étienne de Jouy, Éditions Seguier, mars 2009, p. [réf. insuffisante] (ISBN 978-2-84049-556-7).
  35. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. LV, LVII, LIX, LXI, LXII, LXVI et LXVII.
  36. Léopoldine Hugo sur le site commémoratif http://www.victorhugo2002.culture.fr
  37. Jean Delalande, Victor Hugo, dessinateur génial et halluciné, p. 11.
  38. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, p. 478.
  39. Les Contemplations, Livre V - En marche, « Écrit en 1846 ».
  40. Pascal Melka, Victor Hugo: un combat pour les opprimés : étude de son évolution politique.
  41. Pascal Melka, Ibid., p. 232.
  42. Constant de Tours, Le siècle de Victor Hugo raconté par son œuvre, p. 148.
  43. Constant de Tours, Ibid., p. 150.
  44. Raphaël Lahlou, Le Coup d'État du 2 décembre, Paris, Bernard Giovanangeli, 2009.
  45. Pascal Melka, Ibid., p. 242.
  46. Constant de Tours, Le Siècle de Victor Hugo raconté par son œuvre, p. 158.
  47. Pascal Melka, Ibid., 1849-1851 : la rupture entre Victor Hugo et le Prince-Président, p. 254-255 Lire en ligne.
  48. Jean Tulard, Peut-on faire confiance aux historiens ?, Académie des sciences morales et politiques, 2006, p. 321.
  49. « Aucun contemporain n'ose alors dire la vérité : personne n'a poussé Victor Hugo à l'exil sinon lui-même ! Aucune mesure d’interdiction de séjour n'a été prise contre lui, à la différence, par exemple, d'un Raspail. » Jean des Cars, Les historiens et la légende noire du Second Empire, séance du lundi 7 mars 2005, ASMP : Académie des Sciences Morales et Politiques, 12e min.
  50. a et b Thierry Poyet, Les Châtiments de Victor Hugo publié chez l’Eurédit en 2001, p. 35.
  51. Laurence Olivieri, La réception dans la presse de Histoire d'un crime, sur le site du Groupe Hugo.
  52. Actes et paroles - Pendant l'exil, 1859, I. « L'amnistie. »
  53. Les Châtiments, « Ultima verba ».
  54. Il y acheva de rédiger "les Misérables" dans sa chambre, au-dessus de la porte d'entrée principale. Ce bâtiment – au carrefour de la N5 et N27 – a été démoli en 1963.
  55. Boucher de Perthes, Sous dix rois vol. 7, p. 470, Jung-Treuttel, 1866 [lire en ligne (page consultée le 1er décembre 2012)].
  56. Biographie de Victor Hugo sue senat.fr.
  57. a, b, c, d et e Annette Rosa, Victor Hugo, l'éclat d'un siècle, sur le site du Groupe Hugo.
  58. Victor Hugo, Choses vues, édition Hubert Juin, Paris, Gallimard, 2002, p. 1242-1243.
  59. Dominique Mabin, dans Qu'est-il arrivé à Victor Hugo fin juin 1878 ? Affabulations, rumeurs, témoignages, conjectures, sur le site de l'association Victor Hugo, met en doute la version de Juana Richard Lesclide sur la congestion cérébrale.
  60. Vide Jacques Seray, Richard Lesclide, du Vélocipède illustré à la table de Victor Hugo. Vélizy, Seray, 2009.
  61. Agnès Spiquel, 1875, sur le site du Groupe Hugo.
  62. Denise Devos, « La loi de réparation nationale du 30 juillet 1881 : source de l'histoire de la répression de l'insurrection de décembre 1851 », Revue d'histoire du XIXe siècle, 1, 1985, mis en ligne le 28 octobre 2002.
  63. (fr) Document : acte de décès de Victor Hugo.
  64. Archives de Paris en ligne, Paris 16e, acte du 23/5/1885 n°546, registre V4E7322, vue n°14
  65. Fernand Gouron, L'esprit était leur Dieu: Les grands spiritualistes du passé.
  66. Tout sur tout,‎ juin 1988, 191 p. (ISBN 2724222296), p. 114.
  67. Détail de la cérémonie des funérailles sur la page Wikipédia du Panthéon de Paris : « La cérémonie »[réf. insuffisante].
  68. Marc Bressant, « Les funérailles de Victor-Hugo », émission Canal Académie, 15 avril 2012.
  69. Hugo au fil du temps, 22 mai 1885, les funérailles, sur le site du Ministère de la Culture.
  70. Marieke Stein, « Victor Hugo vient de mourir », les funérailles du siècle in Dans les secrets de la police[précision nécessaire].
  71. La Lettre du Président de l’Association pour le Festival Victor Hugo et Égaux.
  72. Nulle royauté littéraire n'égalera jamais la sienne, prédit le Figaro en 1885… cité par Marieke Stein, Victor Hugo, Le Cavalier Bleu, 2007, p. 49.
  73. Cote Archives nationales : MC/MI/RS/586
  74. Bernard Leuilliot, « Éditer Victor Hugo », Romantisme, 1973, no 6, Figures du lyrisme, p. 111-123.
  75. 9 décembre 1859, Projet de lettre à Jules Hetzel, voir René Journet, Guy Robert, Contribution aux études sur Victor Hugo p. 163.
  76. Lagarde & Michard, Collection littéraire, XIX, éditions 1969, p. 157.
  77. Marieke Stein, Posture politique, posture dramatique : Victor Hugo orateur ou la parole du héros.
  78. Hans Peter Lund, L'œuvre de Victor Hugo : entre fragments et œuvre totale, p. 14.
  79. Delphine Gleizes, L'œuvre de Victor Hugo à l'écran: des rayons et des ombres p. 215 Presses de l'Université de Laval, 2005 (ISBN 978-2-7637-8240-9).
  80. Myriam Roman: Un romancier non romanesque : Victor Hugo.
  81. Josette Acher, Anne Ubersfeld, Guy Rosa : [Lire Les Misérables] chez Corti, 1985 ; p. 206 et suiv. (ISBN 978-2-7143-0086-7).
  82. Josette Acher, Anne Ubersfeld, Guy Rosa : [Lire Les Misérables] chez Corti, 1985 ; p. 207 (ISBN 978-2-7143-0086-7).
  83. Max Poty, dans Monstres et dé-monstres métaphoriques de la planète Hugo analyse la présence de la monstruosité dans le roman hugolien notamment dans L'Homme qui rit et dans Les travailleurs de la mer.
  84. Pierre Laforgue, Hugo, romantisme et révolution Presses Univ. Franche-Comté, 2001 (ISBN 978-2-84627-040-3).
  85. Pierre Albouy : Œuvres poétiques: Avant l'exil, 1802-1851 chez Gallimard, 1964 ; p. 1474.
  86. Hugo ; le capes de lettres modernes en clair.
  87. Hugo est devenu classique de son vivant in Œuvres complètes de Victor Hugo p. 260, Éditions Hetzel-Quantin, L. Hébert, 1885 ; p. 260.
  88. a, b, c, d et e Florence Naugrette, Publier Cromwell et sa préface : une provocation fondatrice sur le site du Groupe Hugo.
  89. a et b Victor Hugo, Préface de Ruy Blas.
  90. Anne Ubersfeld par du caractère polysémique du concept de grotesque dans Anne Ubersfeld, Le Roi et le Bouffon, étude sur le théâtre de Hugo de 1830 à 1839, Librairie José Corti, 1974., p. 464.
  91. Victor Hugo, Préface de Cromwell.
  92. Anne Ubersfeld, 1974, Ibid., p. 468.
  93. Victor Hugo, Préface de Marie Tudor.
  94. Anne Ubersfeld, Ibid., p. 391.
  95. Victor Hugo, Préface d'Hernani.
  96. Victor Hugo, Préface de Lucrèce Borgia.
  97. Anne Ubersfeld, Ibid., p. 190, 160, 327 et 390.
  98. Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 98.
  99. Guy Rosa, Hugo et l'alexandrin de théâtre aux années 1930 : une question secondaire sur le site du Groupe Hugo.
  100. Jean-Marie Hovasse, Victor Hugo, t. 1. « Avant l'exil. 1802-1851 », Paris, Fayard, 2001 p. 420.
  101. Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 340.
  102. Victor Hugo, Procès d'Hernani et d'Angelo.
  103. Anne Ubersfeld, 1974 Ibid., p. 156.
  104. Anne Ubersfeld, 1974, Ibid., p. 393.
  105. Anne Ubersfeld, 1974, Ibid., p. 221.
  106. Anne Ubersfeld, 1974, Ibid., p. 338.
  107. Florence Naugrette, comment jouer le théâtre de Victor Hugo ? sur le site du Groupe Hugo.
  108. Florence Naugrette, La mise en scène du théâtre de Hugo de 1870 à 1993 sur le site du Groupe Hugo.
  109. Arnaud Laster, Le Théâtre en liberté, Folio classique, Gallimard.
  110. Odes et Ballades, Livre deuxième, « L'histoire ».
  111. Voir Les Châtiments I-8.
  112. Lire p. 225-227 in Victor Hugo - His Life and Work, A. F. Davidson, Wylie Press, 2007.
  113. Les Contemplations, Hetzel, 1858 vol. 1, p. 1.
  114. La Légende des siècles, Préface.
  115. (fr) « La Légende des Siècles eBook », sur www.bookrags.com (consulté le 26 septembre 2010)
  116. (fr) « Fortunes de Victor Hugo : actes du colloque organisé à la maison franco … Par Naoki Inagaki… », sur books.google.fr (consulté le 26 septembre 2010)
  117. Vide p. 536 dans La vieillesse : essai, t. 2, 1970.
  118. Claude Van Hoorebeek, Les Secrets du monument Victor Hugo, Bulletin de la Société belge d'études napoléoniennes, no 54, mai 2009, p. 4-44 ; « La Colonne Victor Hugo : affirmations de mémoire et mémoire d'affirmations. Bulletin de la Société belge d'études napoléoniennes », no 55, décembre 2009, p. 4-55 ; Claude Van Hoorebeek, La Colonne Victor Hugo : la sentinelle esseulée. Bulletin de la Société belge d'études napoléoniennes no 56, juin 2010, p. 4-56.
  119. a et b Le voyage, une source d'inspiration sur la BnF.
  120. Nicole Savy, E pur si muove, sur le site du Groupe Hugo.
  121. Adèle Hugo, 1863, Ibid., t. 2, chap. XLV.
  122. Le voyage sur le Rhin sur la BnF.
  123. Voir aussi Victor Hugo, dessinateur, discours académique de Pierre Rosenberg, prononcé le 28 février 2002, pour la célébration du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo.
  124. Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques (1868) - IX. Salon de 1859. « Lettres à M. le Directeur de la revue française VIII. »
  125. Gérard Blanchard, « Victor Hugo et les graveurs de son temps », Communication et langages, 1984, vol. 62, no  62, p. 65-85 [lire en ligne]
  126. Sous la direction de Françoise Heilbrun et Danielle Molinari, En collaboration avec le soleil, Victor Hugo, photographies de l'exil, Paris Musées, 1998. Catalogue de l'exposition du même titre qui s'est tenue au Musée d'Orsay et à la maison de Victor Hugo du 27 octobre 1998 au 24 janvier 1999.
  127. Michel Winock et Pascal Gelinet, 2 000 ans d'histoire sur France Inter, mercredi 29 août 2007.
  128. Vide Discours à l’Assemblée législative 1849-1851 sur Wikisource.
  129. Texte sur Wikisource.
  130. Le Deux Décembre 1851 (texte sur Wikisource), in Actes et paroles, Avant l’exil.
  131. Actes et paroles - Pendant l'exil, III. « Déclaration à propos de l'Empire ».
  132. Actes et paroles - Depuis l'exil, Deuxième partie : de l'expulsion de Belgique à l'entrée au sénat, Paris, XVI. « La libération du territoire. »
  133. Actes et paroles - Depuis l'exil, Bruxelles, IV. « À MM Meurice et Vacquerie.
  134. http://www.karimbitar.org/sylvainpivot_communedeparis
  135. [PDF]Note du 21 mai 1871 citée par Annette Rosa dans Victor Hugo, l'éclat d'un siècle, Éditions Messidor, 1985.
  136. « L'amnistie au Sénat. Séance du 22 mai 1876 », in Victor Hugo, Lamartine, Discours et Lettres, Éditions de l'Épervier, 2010.
  137. Victor Hugo.
  138. http://textes.libres.free.fr/francais/victor-hugo_actes-et-paroles-iv.htm#3.
  139. Texte intégral sur Wikisource : s:L'Expédition de Chine. Au capitaine Butler.
  140. Œuvres complètes de Victor Hugo, Actes et paroles - Avant l'exil 1841-1851, Chambre des Pairs (1845-1848), « II. Consolidation et défense du littoral. » .
  141. Discours sur la paix (1849) - Discours au parlement (17 juillet 1851) - Introduction au Paris-guide de l’exposition universelle de 1869, chp I, L'Avenir (1867) - Discours au parlement (1er mars 1871) - Discours pour la Serbie (1876)…
  142. Victor Hugo, Congrès de la paix - discours d'ouverture, Actes et paroles - Avant l'exil Lire en ligne.
  143. a et b Nicole Savy, L'Europe de Victor Hugo du gothique au géopolitique, sur le site du Groupe Hugo.
  144. a et b Jean François-Poncet, Victor Hugo, l'Europe et la paix, l'année Victor Hugo au Sénat, 15 et 16 novembre 2002.
  145. Victor Hugo, Lettre aux membres du Congrès de la Paix, à Lugano, 20 septembre 1872 - Actes et Paroles III, 2e partie, chap. XII - Lire en ligne.
  146. Voir son discours de 1879 au banquet commémorant l'abolition de l'esclavage sur wikisource : Victor Hugo, Actes et paroles. Depuis l'exil. 1879. (II. Discours sur l'Afrique).
  147. Lire à ce sujet Franck Laurent, Victor Hugo face à la conquête de l'Algérie, Paris, Maisonneuve & Larose, coll. « Victor Hugo et l'Orient », no 6, 2001. ([PDF]Compte-rendu de l’ouvrage de Franck Laurent et entretien avec son auteur par Christiane Chaulet Achour).
  148. Cf. Léon-François Hoffmann, Victor Hugo, les noirs et l'esclavage.
  149. Actes et paroles - Pendant l'exil, 1859, II. « John Brown ».Cf l'article de Hoffmann, Victor Hugo, John Brown et les Haïtiens.
  150. Discours d'ouverture du Congrès littéraire international.
  151. a, b, c, d et e Alain Decaux, Victor Hugo et Dieu, Discours lors du bicentenaire de la naissance de Victor Hugo.
  152. Lire par exemple Les quatre vents de l'esprit, XXVI, Les bonzes, 26 juillet 1874.
  153. En 1880, il est président d'honneur de l'union de propagande anticléricale (voir Lalouette Jacqueline. Dimensions anticléricales de la culture républicaine (1870-1914) dans Histoire, économie et société, 1991, 10e année, no 1, Le concept de révolution, p. 127-142.)
  154. Jacques Seebacher, Hugo et la quadrature des religions, sur le site du Groupe Hugo.
  155. "Victor Hugo et le génie de l'Inde", article de Louisette Badie, Revue Acropolis
  156. Régis Poulet, Victor Hugo et la Renaissance orientale, sur le site La Revue des Ressources.
  157. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac, p. 592.
  158. a et b Voir p. 24 in A Victor Hugo encyclopedia, John A. Frey, Greenwood Press, 1999.
  159. Patrice Boivin, L'écriture des tables - Le Livre des tables de Victor Hugo: matériaux disponibles pour une édition critique, entre convictions et incertitudes, sur le site du Groupe Hugo.
  160. Jean de Mutigny, Victor Hugo et le spiritisme, Nathan,‎ 1981, 126 p. (ISBN 2092994026).
  161. Plus exactement, « Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents. » discours sur la tombe d'Émilie de Putron, 19 janvier 1865(s:Actes et paroles/Pendant l’exil/1865).
  162. a et b Jacques Lantier, Le spiritisme, Grasset, 1971, chapitre : la mort de Victor Hugo ou bien La Revue Spirite, 1885, numéro 11.
  163. « Hugo et ses contemporains » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  164. Le génie, Quiberon (1820), Ode à Monsieur de Chateaubriand (site cultures France.
  165. Hugo et ses contemporains - Chateaubriand sur le site de Cultures France.
  166. Victor Hugo et Vigny sur le site des célébrations 2002.
  167. Voir, à titre d'illustration, la controverse « Dumas-Cassagnac » p. 196-199, Alexandre Dumas - His Life and Works, F. Davidson, Hesperides Press, 2006.
  168. Voir p. 59 et suiv. in Victor Hugo, Marieke Stein, Le Cavalier Bleu, 2007.
  169. Hugo et ses contemporains-Musset sur le site de Cultures France.
  170. Hugo et ses contemporains-Barbey d'Aurevilly sur le site de Cultures France.
  171. Hugo et ses contemporains - Planche sur le site de Cultures France.
  172. Hugo et ses contemporains-Sainte-Beuve sur le site de Cultures France.
  173. Hugo et ses contemporains-Goncourt sur le site de Cultures France.
  174. Hugo et ses contemporains-Sand sur le site de Cultures France.
  175. Hugo et ses contemporains-Gautier sur le site de Cultures France.
  176. Victor Hugo et Théophile Gautier sur le site des célébrations 2002.
  177. Hugo et ses contemporains-Baudelaire sur le site de Cultures France.
  178. Hugo et ses contemporains-Flaubert sur le site de Cultures France.
  179. Hugo et ses contemporains-Banville sur le site de Cultures France.
  180. Hugo et ses contemporains-Leconte de Lisle sur le site de Cultures France.
  181. Hugo et ses contemporains-Mallarmé sur le site de Cultures France.
  182. Hugo et ses contemporains-Verlaine sur le site de Cultures France.
  183. Hugo et ses contemporains-Vigny sur le site de Cultures France.
  184. Annette Rosa, Victor Hugo, l'éclat d'un siècle - L'ovation sur le site du groupe Hugo.
  185. Françoise Chenet, L'entrée de Hugo dans sa quatre-vingtième année ou 'La Fête de Victor Hugo', sur le site du Groupe Hugo.
  186. Émile Zola, L'Encre et le Sang, Hugo et Littré, 1881.
  187. Voir le timbre
  188. 1902 - 2002 : Victor Hugo, Du centenaire au bicentenaire, site de l'Assemblée nationale.
  189. Collectif, Histoire du Parnasse, Slatkine, 1977, Introduction p. XLII.
  190. a, b, c et d Annette Rosa, Victor Hugo, l'éclat d'un siècle - Victor Hugo est impossible 1885 - 1985, sur le site du Groupe Hugo.
  191. Enquête de l'Ermitage - Les poètes et leur poète.
  192. Collectif, La réception de Victor Hugo au XXe siècle : actes du colloque international de Besançon, juin 2002, textes réunis par Catherine Mayaux, L'âge d'homme, 2004, (pour Gide, lire l'article de Michel Lioure, p. 57 et suivantes, pour Paul Valéry et Paul Claudel, celui de Claude Pierre Ferez, p. 34).
  193. Collectif, La réception de Victor Hugo au XXe siècle : actes du colloque international de Besançon, juin 2002, textes réunis par Catherine Mayaux, L'âge d'homme, 2004, article de Françoise Gerbaud, p. 13 et suiv.
  194. Charles Péguy, Œuvres complètes t. 2, Paris, Nouvelle revue française, 1917, p. 324.
  195. a et b Charles Péguy, Œuvres complètes V 2, Paris, Nouvelle revue française, 1917, p 332.
  196. Charles Péguy, Œuvres complètes, vol. 2, Paris, Nouvelle revue française, 1917, p. 326.
  197. Collectif, La réception de Victor Hugo au XXe siècle : actes du colloque international de Besançon, juin 2002, textes réunis par Catherine Mayaux, L'âge d'homme, 2004, article de Catherine Mayaux, p. 54.
  198. René Journet dans Victor Hugo et la métamorphose du roman.
  199. Collectif, La réception de Victor Hugo au XXe siècle : actes du colloque international de Besançon, juin 2002, textes réunis par Catherine Mayaux, L'âge d'homme, 2004, article d'Alain Beretta p. 91.
  200. Ionesco publie « Hugoliade », Apostrophes - 10/09/1982.
  201. Charles Mauras, le centenaire de Victor Hugo dans pages littéraires choisies.
  202. Entretien avec Bernard Vasseur, directeur de la fondation Elsa Triolet - Louis Aragon.
  203. Yvette Parent, Robert Desnos, admirateur de Hugo sur le site du Groupe Hugo.
  204. Aragon, Desnos (Le Legs - 1943) et Paul Éluard (préface de L'Honneur des poètes - 1943).
  205. François Mauriac: il répond à une enquête de la revue « Liberté de l'esprit » à l'occasion du cent-cinquantenaire de la naissance de Hugo. Adpf, « Hugo et ses contemporains ».
  206. Michel Fleury, Geneviève Dorman « Si le roi m'avait donné Paris sa grand'ville… » : travaux et veilles de Michel Fleury, Mémoire de France, Collection Mémoire de France, Maisonneuve & Larose, 1994, p. 425.
  207. [PDF] Filmographie sélective sur le site de la BnF.
  208. Victor Hugo à l'opéra, no 208, mai-juin 2002, L'Avant-scène opéraXIXe siècle.
  209. vide Les origines d’Ernani dans les archives du Metropolitan Opera.
  210. Victor Hugo adapté par les grands compositeurs classiques.
  211. Discographie : Mélodies sur des poèmes de Victor Hugo, Felicity Lott, soprano, Graham Johnson, piano, Harmonia Mundi, 1985.
  212. « site d'information des théâtres de Londres ».
  213. Télérama no 3152 du 9 juin 2010, p. 59 : La chronique de Fabienne Pascaud.
  214. Mon Alter Hugo sur gerard-berliner.com.

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