Collège de France

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Collège de France
Image illustrative de l'article Collège de France
Devise Docet omnia[1]
Nom original Collège royal
Informations
Fondation 1530
Type Grand établissement
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 57″ N 2° 20′ 44″ E / 48.849167, 2.34555648° 50′ 57″ Nord 2° 20′ 44″ Est / 48.849167, 2.345556  
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Direction
Administrateur Serge Haroche[2]
Divers
Site web www.college-de-france.fr

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(Voir situation sur carte : France)
Collège de France

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Collège de France
Entrée principale du Collège de France, au no 11 place Marcelin-Berthelot
Fronton du Collège de France

Le Collège de France, situé au no 11 de la place Marcelin-Berthelot dans le Quartier latin de Paris (5e arrondissement), est un grand établissement d'enseignement et de recherche. Il dispense des cours non diplômants de haut niveau dans des disciplines scientifiques, littéraires et artistiques. L'enseignement y est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française. Être nommé professeur au Collège de France est considéré comme une des plus hautes distinctions dans l'enseignement supérieur français.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Collège Royal par Claude Chastillon - 1612

Sa fondation remonte à l’époque de François Ier, lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de « lecteurs royaux ». Des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l'université de Paris ignorait. Deux postes de professeurs furent initialement créés, un pour le grec et un pour l’hébreu, puis ce nombre passa rapidement à dix avec l'enseignement du droit français, du latin, des mathématiques et de la médecine. Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia » (Il enseigne tout), restera un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en France[1].

Ce fut sous le règne d'Henri II qu'il occupa son emplacement actuel, d'abord abrité dans les Collèges de Tréguier et de Cambrai. Leur réunion fut décidée par Henri IV et le projet d'un édifice unique arrêté pour les remplacer et installer également la Bibliothèque royale. Claude Chastillon devait en dessiner l'aspect. L'assassinat du roi limita l'exécution du projet et seule une partie du collège prévu fut réalisée sous la régence de Marie de Médicis (1612)[3].

Ce ne fut qu'en 1772 que des travaux, menés par l'architecte Jean-François Chalgrin, apportèrent des agrandissements autour de la cour d'honneur[4]. Les dernières modifications datent du milieu du XIXe siècle. Elles furent dirigées par l'architecte Paul Letarouilly qui donna son aspect actuel au Collège de France[5]. À partir de 1996 sont effectués des travaux dont le but est de créer de nouveaux espaces en sous-sol.

D'abord appelé « Collège royal », il connut différentes appellations (« Collège impérial »), avant de recevoir son nom actuel en 1870.

Le Collège de France inspira, à la fin du siècle des Lumières, les fondateurs du Conservatoire national des arts et métiers.

En 2009, le Collège de France accepte de parrainer le Collège Belgique, université d'été librement calquée sur le modèle de sa consœur parisienne, placée sous l'égide des académies royales des sciences, des lettres et des beaux-arts, de langue et de littérature françaises et de médecine de Belgique[6]. L'année suivante, en 2010, pour la première fois de son histoire, le Collège de France s'associe à d'autres institutions d'enseignement supérieur et de recherche en créant la fondation Paris Sciences et Lettres - Quartier latin[7]. Le succès du projet présenté par Paris Sciences et Lettres aux Initiatives d'excellence (Idex) en 2011 engage le Collège de France dans la constitution d'une université de recherche internationale.

Missions[modifier | modifier le code]

À l'heure actuelle, le Collège est divisé en sept ensembles de disciplines (sciences mathématiques, sciences physiques, sciences naturelles, sciences philosophiques et sociologiques, sciences historiques, philologiques et archéologiques). Il compte 45 chaires regroupées en cinq départements (mathématique et sciences numériques, physique et chimie, sciences du vivant, sciences humaines, histoire et littérature) et un groupe de cinq chaires renouvelées annuellement[8], auxquelles il faut adjoindre les nombreuses sommités scientifiques européennes qui sont régulièrement invitées.

Le Collège de France dispense des cours non diplômants de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L'enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans la vie intellectuelle française[1].

Le Collège de France favorise l'interdisciplinarité comme en témoignent, par exemple, les travaux de la chaire de philosophie de la connaissance, occupée par Jules Vuillemin de 1962 à 1990, et abordant des champs disciplinaires aussi divers que les mathématiques pures, la physique théorique, les sciences de l'ingénieur, la philosophie et les humanités grecques et latines. De même, en 2006, est créée la chaire de psychologie cognitive expérimentale occupée par Stanislas Dehaene qui croise les neurosciences et la psychologie, voire la philosophie ou les mathématiques.

Le Collège de France met à disposition plusieurs de ses publications et des archives audio/vidéo des cours en accès libre sur son site internet.

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal est réalisé par l'architecte Jean-François Chalgrin en 1780. Il est entouré de bâtiments de laboratoires modernes. Deux autres immeubles sont dévolus au Collège de France à Paris, près du Panthéon et près du ministère de la Recherche.

Antenne du Collège de France[modifier | modifier le code]

Il existe une antenne du Collège de France située dans l'Europôle méditerranéenne de l'Arbois à Aix-en-Provence, en lien avec l'Université Aix-Marseille. Cette annexe est consacrée aux risques climatiques et sismo-tectoniques et accueille, entre autres chercheurs Xavier Le Pichon (chaire de géodynamique) et Édouard Bard (chaire d'évolution du climat et de l'océan).

Bibliothèques du Collège[modifier | modifier le code]

Depuis 1936, le Collège a rassemblé les ouvrages en sa possession dans une bibliothèque générale, des bibliothèques spécialisées se développant auprès de quelques chaires.

Sa bibliothèque d'égyptologie est spécialisée sur l'Égypte pharaonique, l'Égypte chrétienne, sur les linguistiques hiéroglyphiques, hiératiques, démotiques et coptes, sur l'histoire et l'archéologie de l'Égypte et de la Nubie. Elle conserve les fonds d'archives scientifiques des professeurs titulaires de la chaire et d'égyptologues français et étrangers. Le Collège de France abrite le siège de la Société française d'égyptologie (dont le secrétariat : entrée 22 rue des Bernardins).

Il existe également un important fonds d'ouvrages sur la Chine ancienne, dans la bibliothèque de l'Institut des hautes études chinoises.

Chaires et titulaires actuels[modifier | modifier le code]

Cour intérieure du Collège de France, donnant sur la rue Saint-Jacques.

Les chaires du collège de France ne sont pas immuables et présentent une grande diversité dans leur dénomination. Depuis sa création sous François Ier, elles peuvent évoluer en fonction des acquis de la science et de la recherche, ce qui donne à cette institution unique une remarquable souplesse. Cette évolution apparaît lors du départ du titulaire (décès, retraite). Elle est très ouverte, car les sciences peuvent succéder aux lettres et les lettres aux mathématiques. L'assemblée des professeurs décide de ces évolutions et attribue une chaire à un savant, non exclusivement sur ses titres universitaires mais d'abord sur la renommée et l'importance de ses travaux. La première femme qui y a enseigné a été la physiologiste et future psychologue Józefa Joteyko (en 1916)[9]. La première professeure titulaire d'une chaire au Collège de France a été Jacqueline de Romilly, élue en 1973. En 2005, les professeurs titulaires au Collège de France comptaient 6% de femmes et 94% d'hommes, les maîtres de conférences titulaires étant en revanche à 55 % des femmes pour 45 % d'hommes[10].

Grands conférenciers[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative devant l'ancien laboratoire de Claude Bernard donnant sur la rue des Écoles.
Jean-François Champollion par Frédéric-Auguste Bartholdi, Collège de France.

Pierre Bourdieu, qui y a enseigné, le qualifiait de « lieu de sacralisation des hérétiques ». Parmi les professeurs ayant enseigné au Collège de France :

Dont un certain nombre de professeurs récompensés d'un prix Nobel :

une médaille Fields :

le prix Abel :

Chaque enseignant est élu par l'ensemble de ses pairs. Les chaires couvrent des champs variés, et ont parfois une définition plus thématique que disciplinaire.

Les professeurs assurent souvent une partie de leurs conférences en France ou à l'étranger. Beaucoup des cours et conférences du Collège de France sont diffusés sur son site web[11] et disponibles en audio ou en vidéo. Certaines sont cependant diffusées sur France Culture[12].

Anciens titulaires des chaires[modifier | modifier le code]

Les listes des anciens titulaires sont données selon les spécialités des chaires[13].

Philosophie de la connaissance[modifier | modifier le code]

Histoire naturelle[modifier | modifier le code]

En 1837, cette chaire est scindée en deux : une chaire d'histoire naturelle des corps inorganiques, tenue par Élie de Beaumont jusqu'en 1874, et une chaire d'histoire naturelle des corps organiques.

Histoire naturelle des corps organiques[modifier | modifier le code]

Embryologie comparative[modifier | modifier le code]

Anatomie[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 1769.

Chaire européenne et internationale[modifier | modifier le code]

Chaire créée en [14]?

  • Harald Weinrich : Mémoire linguistique de l'Europe (1989-1990)
  • Wolf Lepenies : Les intellectuels et la politique de l'esprit dans l'histoire européenne (1991-1992)
  • Bronislaw Geremek : Histoire sociale : exclusions et solidarités (1992-1993)
  • Umberto Eco : La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne (1992-1993)
  • Orest Allen Ranum : La France des années 1650 ; histoire et historiographie (1994-1995)
  • Harris Memel-Fotê : L'esclavage lignager africain et l'anthropologie des Droits de l'Homme (1995-1996)
  • Igor Mel'čuk : Linguistique « Sens-Texte » (1996-1997)
  • Brian Stock : La Connaissance de soi et la littérature autobiographique au Moyen Âge (1997-1998)
  • James Watson Cronin : Développement de la physique des particules et des grandes expériences (1999-2000)
  • Michael Edwards : Sur un vers d'Hamlet (2000-2001)
  • Claudio Magris : Nihilisme et mélancolie. Jacobsen et son Niels Lyhne (2001-2002)
  • Paul Farmer : La violence structurelle et la matérialité du social (2001-2002)
  • Jayant Vishnu Narlikar : Faits et spéculations en Cosmologie (2003-2004)
  • Maurice Bloch : L'anthropologie cognitive à l'épreuve du terrain (2004-2005)
  • Thomas Pavel : Comment écouter la littérature (2004-2005)
  • Manfred Kropp : Le Coran comme document linguistique et historique : sources et méthodes pour son étude (2007-2008)

Chaire internationale - Développement durable, environnement, énergie et société[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 2008[14]

  • Nicholas Stern : Gérer les changements climatiques, promouvoir la croissance, le développement et l'équité (2009-2010)
  • Anny Cazenave : Étude de la terre et de l'environnement depuis l'espace (2012-2013)

Chaire internationale - Savoirs contre pauvreté - AFD[modifier | modifier le code]

Chaire annuelle créée en 2008 avec le soutien de l'Agence française de développement (AFD)[14]

  • Esther Duflo : Expérience, Science et Lutte contre la Pauvreté (2008-2009)
  • Peter Piot : L'épidémie du Sida et la mondialisation des risques (2009-2010)
  • Ismaïl Serageldin : La faim et la sécurité alimentaire dans le monde (2010-2011)

Chaire internationale de création artistique[modifier | modifier le code]

Chaire annuelle créée en 2004 :

Chaire internationale d'innovation technologique - Liliane-Bettencourt[modifier | modifier le code]

Chaire internationale d'informatique et sciences numériques[modifier | modifier le code]

Chaire créée en 2009[14]

  • Gérard Berry - Penser, modéliser et maîtriser le calcul informatique (2009-2010)
  • Martin Abadi - La sécurité informatique (2010-2011)
  • Serge Abiteboul - Sciences des données : de la Logique du premier ordre à la Toile (2011-2012)
  • Bernard Chazelle (2012-2013)

Accès[modifier | modifier le code]

Le Collège de France est accessible par la ligne de métro (M)(10) Cluny - La Sorbonne, ainsi que par plusieurs lignes de bus RATP (BUS) RATP 63 86 87

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Charle, Eva Telkes, Les professeurs du Collège de France, Collection " Histoire biographique de l'enseignement ", INRP, 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Un nouveau public au Collège de France par Pierre Corvol dans La Lettre du Collège de France, no 29, p.3-4 du 29 juillet 2010.
  2. Collège de France, « Biographie de Serge Haroche »,‎ 2012
  3. Alexandre Gady, « Du Collège Royal au Collège de France », dans Christian Hottin (dir.), Universités et grandes écoles à Paris : les palais de la science, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 1999 (ISBN 2-913246-03-6), p. 79-88, spécialement p. 79.
  4. Alexandre Gady, « Du Collège Royal... », spécialement p. 80.
  5. Alexandre Gady, « Du Collège Royal... », spécialement p. 84-85.
  6. Actualité du 21 janvier 2010 sur le site de l'Académie royale de Belgique.
  7. Cinq grandes écoles parisiennes créent une fondation dans Le Monde du 16 avril 2010.
  8. Enseignements du Collège de France.
  9. « Mme le docteur Joteyko, de Bruxelles, a été chargée de faire une série de conférences sur la Fatigue; celles-ci ont été inaugurées le 24 janvier. C'est la première femme qui a l'honneur d'enseigner au collège de France. », Revue scientifique 54/1916, p. 92.
  10. [PDF] Statistiques du bureau des ressources humaines du Collège de France.
  11. Plateforme multimédia du site internet du Collège de France.
  12. Page consacrée au partenariat avec France Culture.
  13. Toby A. Appel (1987), The Cuvier-Geoffrey Debate: French Biology in the Decades before Darwin, Oxford University Press, collection Monographs on the History and Philosophy of Biology : 241. (ISBN 0-19-504138-0)
  14. a, b, c et d Chaires annuelles sur le site du Collège de France

Liens externes[modifier | modifier le code]

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