Grand Paris

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Métropole du Grand Paris (EPCI regroupant Paris et la petite couronne), Paris Métropole (syndicat mixte d’études), l'Atelier international du Grand Paris (groupement d'intérêt public chargé de mener une réflexion sur le Grand Paris), la Société du Grand Paris (établissement public chargé du réseau de transport Grand Paris Express) et la métropole de Paris (arrondissement de l'Église constitutionnelle).
Label du Grand Paris.

Le Grand Paris est un projet visant à transformer l’agglomération parisienne en une grande métropole mondiale et européenne du XXIe siècle et ayant vocation à « améliorer le cadre de vie des habitants, à corriger les inégalités territoriales et à construire une ville durable[1]. »

Ce projet mené par le gouvernement de François Fillon, et plus spécialement par Christian Blanc, alors secrétaire d’État chargé du Développement de la région capitale, a proposé la création de pôles économiques majeurs autour de Paris, ainsi que la création d'un réseau de transport public du Grand Paris performant qui relierait ces pôles aux aéroports, aux gares TGV et au centre de Paris. La Société du Grand Paris est un établissement public chargé de créer un nouveau métro automatique (« Grand Paris Express », 200 km de voies et 75 gares, évalué à 32,5 milliards d'euros[2]) dans la banlieue parisienne (voir ci-dessous « Projet de Christian Blanc »[3]). En outre, le projet prévoit la création du cluster technologique Paris-Saclay dans la région du plateau de Saclay, à vingt kilomètres au sud de Paris.

Le projet est aussi institutionnel. Il s'agit de créer une structure de gouvernance entre Paris et son agglomération dense, la métropole du Grand Paris, qui devrait regrouper, aux termes du projet de loi de « modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles » adopté par le parlement en décembre 2013[4], les communes de Paris, des départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et certaines communes des départements de la grande couronne parisienne. La création de cette métropole à statut particulier est prévue le 1er janvier 2016, date à laquelle sera remplacé l'ensemble des communautés de communes et communautés d'agglomération concernant ces communes par des « territoires » du Grand Paris, sans autonomie juridique ni fiscalité propre.

Histoire de l'idée de Grand Paris[modifier | modifier le code]

L’idée de « Grand Paris » est ancienne et a été maintes fois réactivée. Sous ce vocable, Napoléon III imaginait étendre la capitale depuis Saint-Germain-en-Laye, à l'ouest, à Marne-la-Vallée, à l'est[5].

André Morizet, maire de Boulogne-Billancourt, conseiller général, membre de la commission du Vieux Paris, reprend l'expression en 1932 dans un livre Du vieux Paris au Paris moderne, Haussmann et ses prédécesseurs[6]. Il écrit : « Habitants du Grand Paris, mes frères, notre succès est en nous ! » Avec Henri Sellier, ministre de la Santé et maire de Suresnes, André Morizet se voit confier une mission sur la réforme administrative du Grand Paris à l'époque du Front populaire (1936-1937) avec deux principes : réaffirmer l'autonomie politique des arrondissements de la ville de Paris et la constitution d'un conseil appelé à gérer les intérêts généraux de l'agglomération du Grand Paris. Celui-ci aurait le statut de haut-commissaire ou de secrétaire d'État destiné à gérer le département de la Seine assisté de trois préfets.

Le projet des sénateurs Morizet et Sellier est amplement repris en 1937 dans l'ouvrage du président du conseil municipal de Paris, Jean Raymond-Laurent, Paris, sa vie municipale « Vers le Plus Grand Paris »[7], dans lequel est, en particulier, évoquée la fusion des 20 arrondissements parisiens et des 80 communes du département de la Seine qui seraient représentés par un conseil du « Plus Grand Paris » de 100 membres[réf. souhaitée].

Le géographe Jean-François Gravier reprend cette idée et cette expression en 1949 parmi les propositions qu'il fait dans son ouvrage La Mise en valeur de la France[8], dont le but est de corriger les déséquilibres du territoire français qu'il avait présentés deux ans auparavant dans Paris et le désert français. Il imagine alors un Grand Paris de plus de cinq millions d'habitants et met déjà en avant le problème de la place trop importante de l'automobile dans la capitale[8].

Aujourd’hui le Grand Paris peut être délimité sur trois zones :

L'émergence d'un projet pour le Grand Paris[modifier | modifier le code]

La consultation internationale « Le Grand Pari(s) »[modifier | modifier le code]

Exposition intitulée « Le Grand Paris de l’agglomération parisienne », à la Cité de l'architecture et du patrimoine du 30 avril au 22 novembre 2009.

Le 26 juin 2007, lors du discours d'inauguration du satellite no 3 de l'aéroport de « Roissy-Charles-de-Gaulle », Nicolas Sarkozy annonce l'intention de l'État de développer une vision globale d'aménagement pour la région Île-de-France. Il propose une réorganisation des pouvoirs, Paris étant la seule agglomération de France à ne pas avoir de communauté urbaine. Le17 septembre 2007, lors du discours d'inauguration de la Cité de l'architecture et du patrimoine, il propose de réfléchir à un nouveau projet d'aménagement global du Grand Paris pour la région parisienne. Il annonce son intention de lancer une consultation architecturale internationale pour « travailler sur un diagnostic prospectif, urbanistique et paysager, sur le Grand Paris à l'horizon de vingt, trente voire quarante ans[11]. »

Le 4 juin 2008, dix équipes internationales d’architectes se sont vu confier la tâche, par Nicolas Sarkozy, de réfléchir à un « projet d'exception » pour l’avenir de Paris dans le cadre d’une consultation multidisciplinaire intitulée « Le Grand Pari(s) »[12]. Les dix équipes retenues sont les équipes de Richard Rogers, Yves Lion, Djamel Klouche, Christian de Portzamparc, Antoine Grumbach, Jean Nouvel, Studio 08, Roland Castro, LIN Finn Geipel Giulia Andi et MVRDV. La consultation est placée sous la responsabilité d'un « comité de pilotage » formé par 14 représentants des ministères, de la région Île-de-France, de la ville de Paris et des maires d'Île-de-France[13].

Les propositions des architectes ont fait l'objet d'une exposition intitulée « Le Grand Paris de l’agglomération parisienne », à la Cité de l'architecture et du patrimoine du 30 avril au 22 novembre 2009.

L'Atelier international du Grand Paris[modifier | modifier le code]

Le 10 février 2010, Bertrand Lemoine, architecte et ingénieur, directeur de recherche au CNRS, a été nommé au poste de directeur général de l'Atelier international du Grand Paris[14], qui fédère aujourd'hui les équipes d'architectes au sein d'une structure permanente. Le rôle de l'Atelier international du Grand Paris est de poursuivre la production d'idées et de propositions sur le Grand Paris, de faciliter les coopérations entre acteurs de la métropole et de promouvoir le débat public. Il a recensé quelque 650 projets en cours sur le Grand Paris et poursuit l'inventaire des « mille lieux » du Grand Paris. Son conseil scientifique rassemblait initialement les dix équipes pluridisciplinaires ayant participé en 2008-2009 à la consultation internationale sur « le Grand Pari de l’agglomération parisienne ». Il réunit aujourd'hui quinze équipes pluridisciplinaires menées par des architectes-urbanistes, recrutées en 2012 suite à l’organisation d’une nouvelle consultation internationale.

Son conseil d’administration rassemble depuis juin 2011 des représentants de l’État (ministères de l'Égalité des Territoires et du Logement, de la Culture et de la Communication, Préfet de Paris et de l'Île-de-France) et des représentants de la Ville de Paris, de la région Île-de-France, de l’Association des maires d’Île-de-France (AMIF) et de Paris Métropole. Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris chargé de Paris Métropole et des relations avec les collectivités territoriales d’Île-de-France est président du conseil d’administration de l’AIGP.

L'Atelier international du Grand Paris s’inscrit dans une démarche transversale. Il conduit et met en œuvre des actions de recherche, de développement, de valorisation et d’animation des réseaux de professionnels du cadre bâti. Il s’attache à favoriser le dialogue et la concertation entre tous les acteurs concernés du Grand Paris. Il constitue un lieu d’expérimentation, de création et de débat. Après ses travaux sur la mobilité à l’automne 2010, dans le cadre des débats publics sur les projets de transport dans la région parisienne, et qui ont contribué de manière déterminante à aboutir en 2011 à une synthèse sur les transports publics dans le Grand Paris, l’Atelier continue, tout en veillant à garder une vision globale et prospective sur le devenir du Grand Paris, à poursuivre ses réflexions en lien avec de nombreux partenaires sur différentes problématiques transversales : questions culturelles, transformations des territoires, avis sur les contrats de développement territorial, évolution des règles d’urbanisme, programme de recherche sur « la ville au prisme de l’énergie », processus de révision du schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF), intensité urbaine, espaces ouverts et agriculture, quartiers de gares, etc.

Son conseil scientifique poursuit une série d'études sur deux thèmes. « Habiter le Grand Paris » répond aux ambitions affichées d’augmenter très significativement le volume de logements neufs dans la métropole parisienne, de rééquilibrer habitat et emplois sur le territoire du Grand Paris et de faire du logement un outil essentiel du développement urbain et de l’égalité des territoires. Ces études ont été livrées fin mars 2013. « Systèmes métropolitains » interroge la métropole à l’aune de ses différentes échelles, de la ville-monde à la structuration des bassins de vie et des pôles de centralité, des flux et des réseaux, pour dessiner une physiologie, un caractère, un récit propre au Grand Paris.

Liste des équipes du conseil scientifique de l'AIGP[modifier | modifier le code]

Les dix équipes pluridisciplinaires ayant participé à la consultation de 2008-2009 et ayant formé le premier conseil scientifique de l'AIGP sont :

Nom de l'équipe Nationalité Principal représentant Autres participants majeurs
1 MVRDV Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas Winy Maas Jacob van Rijs, Nathalie De Vries
2 Atelier Castro Denissof Casi Drapeau de la France France Roland Castro Sophie Denissof, Silvia Casi
3 LIN Drapeau de l'Allemagne Allemagne Finn Geipel Giulia Andi
4 Studio 09 Drapeau de l'Italie Italie Bernardo Secchi Paola Viganò
5 Nouvel, Duthilleul, Cantal-Dupart Drapeau de la France France Jean Nouvel Jean-Marie Duthilleul, Michel Cantal-Dupart, Alexandre Allard, Rémy Babinet,
Patrick Bouchain, Daniel Buren, Michel Desvigne, Alain Fleischer,
Anne Lacaton, Jean-Philippe Vassal
6 Atelier Christian de Portzamparc Drapeau de la France France Christian de Portzamparc Daniel Béhar
7 L'AUC Drapeau de la France France Djamel Klouche
8 Groupe Descartes Drapeau de la France France Yves Lion François Leclercq, David Mangin
9 Rogers Stirk Harbour & Partners Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Richard Rogers Mike Davies, Arup
10 Agence Grumbach & associés Drapeau de la France France Antoine Grumbach Jean-Marie Charpentier, Bruno Fortier

Les 15 équipes qui forment en 2013 le conseil scientifique de l’AIGP sont constituées de :

  1. Atelier Roland Castro, Sophie Denissof et Associés, Silvia Casi ;
  2. Les Urbanistes Associés, Devillers et Associés ;
  3. FGP(a) + TER, Philippe Gazeau, architecte ;
  4. Antoine Grumbach et Associés ;
  5. Agence François Leclercq, Atelier Lion & Associés, Agence Marc Mimram ;
  6. LIN, Finn Geipel + Giulia Andi ;
  7. Bres + Mariolle et Chercheurs Associés ;
  8. MVRDV avec AAF et ACS, Winy Maas, architecte ;
  9. DPA, Dominique Perrault, architecte urbaniste ;
  10. Agences Élisabeth et Christian de Portzamparc ;
  11. Rogers Stirk Harbour + Partners, Mike Davies, architecte ;
  12. Studio 013_Bernardo Secchi et Paola Vigano ;
  13. Seura Architectes (F. Bougnoux, JM. Fritz, D. Mangin) ;
  14. Star Stratégies + Architecture, Beatriz Ramo (Rotterdam) ;
  15. Trevelo et Viger-Kohler (TVK) / Acadie / Güller Güller / Bas Smets.

Projet de Christian Blanc[modifier | modifier le code]

Le tracé des lignes du réseau à construire.

Christian Blanc, nommé secrétaire d’État chargé du Développement de la région capitale par Nicolas Sarkozy, a proposé la création de pôles économiques majeurs autour de Paris, ainsi que la création d'un Réseau de transport public du Grand Paris performant qui relierait ces pôles aux aéroports, aux gares TGV et au centre de Paris. Ce projet se retrouve en concurrence frontale avec le tracé du projet de rocade Arc Express présenté par le STIF et le conseil régional d'Île-de-France présidés par Jean-Paul Huchon.

Des citoyens de l'association Grand Paris et du Conseil de développement de Plaine Commune[15] s'interrogent de l'existence deux projets et en demandent la fusion, qui est partiellement effectuée pour l'inauguration de Chaillot le 29 avril 2009 et entérinée dans un Protocole d'accord entre l’Etat et la Région relatif aux transports publics en Ile-de-France le 26 janvier 2011.

La loi no 2010-597 du 3 juin 2010 relative au Grand Paris a défini le Réseau de transport public du Grand Paris comme « constitué des infrastructures affectées au transport public urbain de voyageurs, au moyen d'un métro automatique de grande capacité en rocade qui, en participant au désenclavement de certains territoires, relie le centre de l'agglomération parisienne, les principaux pôles urbains, scientifiques, technologiques, économiques, sportifs et culturels de la région d'Île-de-France, le réseau ferroviaire à grande vitesse et les aéroports internationaux, et qui contribue à l'objectif de développement d'intérêt national fixé par l'article 1er »[16],[17].

La loi crée un établissement public, la Société du Grand Paris chargée de la mise en œuvre de ce réseau de transport, en lien avec le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), ainsi que des outils juridiques afin de faciliter la réalisation de grandes opérations d'urbanisme ; elle prévoit enfin la création d'un établissement public chargé de l'aménagement, de l'urbanisme et de la mise en place d'un « cluster scientifique » autour du plateau de Saclay et l'Opération d'intérêt national de Massy Palaiseau Saclay Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce projet est nommé Paris-Saclay en 2010 et concerne 49 communes des départements de l'Essonne et des Yvelines.

Comme suite à la concertation publique en 2011, les deux projets Grand Paris et Arc Express sont fusionnés dans un seul projet intitulé Grand Paris Express. Une première enquête publique est prévue en 2012 (fin 2011 pour prolonger la ligne 14), pour une mise en service échelonnée de 2018 à 2025, sauf pour la liaison entre Versailles et La Défense, repoussée après cette date. Une rocade Arc Express, affectée au transport lourd autour de Paris, est également prévue[18].

Grand Paris Express[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grand Paris Express.

Une somme de 32,4 milliards d’euros sera investie d’ici 2025 pour la modernisation des réseaux actuels en particulier des RER, et la réalisation d’un métro automatique de rocade autour de Paris, élément majeur du Grand Paris nommé Grand Paris Express. Deux projets étaient en concurrence dans ce but : Arc Express, d’une part, qui consiste en un métro de 60 km en rocade porté par la région, et la Double boucle de métro souterrain de 130 km pensée par le gouvernement, aussi appelée « Grand Huit ».

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre chargée des Transports, a mis l’accent sur la « rénovation », permise par cet accord, qui concernera le réseau actuel. Selon elle, les Franciliens vont voir rapidement « des améliorations très concrètes ». Il s'agit du prolongement de la ligne E du RER à l'ouest, de l’amélioration des RER C et D, ainsi que des poursuites des projets de tramways et de transports en site propre[19].

La gouvernance du Grand Paris[modifier | modifier le code]

L'émergence de grandes communautés d’agglomération[modifier | modifier le code]

Diverses villes se sont regroupées dans les années 2000 au sein de communautés d'agglomérations de grande taille, afin de mettre en œuvre des projets communs, participer aux choix de développement de l'agglomération parisienne, et permettre la prise en compte de leurs préoccupations.

Plaine Commune[modifier | modifier le code]

La Communauté d'agglomération Plaine Commune est créée en 2001 avec les villes d'Aubervilliers, d'Épinay-sur-Seine, de Pierrefitte-sur-Seine, de Saint-Denis, par évolution d'une communauté de communes créée avec les mêmes villes au 1er janvier 2000.

Le 1er janvier 2003, la communauté d’agglomération est rejointe par Stains et L'Île-Saint-Denis, suivant l'avis de référendums populaires tenus le 29 septembre 2002. Le 1er janvier 2005, La Courneuve devient la huitième commune de la communauté. Enfin, le 1er janvier 2013, Saint-Ouen devient la neuvième commune de la communauté, qui, avec ses 403 833 habitants, devient la plus importante communauté francilienne.

La Communauté d'agglomération associe rapidement les membres du Conseil de développement de Plaine Commune au débat sur le grand Paris.

Le 26 novembre 2008, à la suite d'une saisine du président de la Communauté d'agglomération, Patrick Braouezec, en février 2008, le Conseil de développement de Plaine Commune présente sa première contribution au projet de grand Paris [20] au bureau communautaire. Soucieux de la légitimité démocratique du projet retenu, le Conseil de développement de Plaine Commune invite tous les acteurs concernés à construire un projet partagé avec la population francilienne. Pour sa part, il invite les huit conseils de développement d'Île-de-France à se saisir de la question et demande à participer au comité des partenaires de Paris Métropole.

Le Conseil de développement de Plaine Commune a contribué à quatre reprises à la métropole du Grand Paris, sur le projet lui-même, sur le grand Paris des transports, sur le Contrat de développement territorial (CDT) de Plaine Commune dans le grand Paris et pour une métropole du grand Paris construite avec les habitants à partir des bassins de vie[21].

Parallèlement, une contribution commune des Conseils de développement franciliens a été réalisée sur le Grand Paris (en mai 2010) ainsi qu'un cahier d'acteurs lors des débats sur le grand Paris des transports (en décembre 2010) et plusieurs rencontres franciliennes de la société civile avec le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d'Île-de-France sur l'aménagement et le logement dans le cadre de la métropole du Grand Paris.

Enfin, le Conseil de développement de Plaine Commune, avec la Coordination régionale des Conseils de développement franciliens et soutenu par la Coordination nationale des Conseils de développement, a déposé à plusieurs reprises des amendements aux différents projets de loi sur la réforme territoriale, les métropoles et le Grand Paris. Il s'agit d'une part de renforcer les Conseils de développement et la démocratie participative dans la construction des métropoles. D'autre part, l'amendement vise à transformer le Conseil de développement de Plaine Commune en Conseil de développement territorial du Grand Paris sur le territoire de Plaine Commune.

Le Conseil de développement de Plaine Commune demande à participer à la mission de préfiguration du Grand Paris et au Conseil de développement de la métropole du Grand Paris.

Est Ensemble[modifier | modifier le code]

Après plusieurs années de réflexion sur des regroupements à géométrie variable, les villes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Montreuil, Noisy-le-Sec, Le Pré-Saint-Gervais, Pantin et Romainville se sont regroupées le 1er janvier 2010 au sein de la Communauté d'agglomération Est Ensemble, qui, avec près de 400 000 habitants, est, à sa création, la plus grosse intercommunalité d'Île-de-France.

Grand Paris Seine Ouest[modifier | modifier le code]

Les communautés d'agglomération Val de Seine et Arc de Seine ont fusionné le 1er janvier 2010 pour former cette nouvelle communauté d'agglomération qui regroupe Boulogne-Billancourt, Sèvres, Issy-les-Moulineaux, Vanves, Meudon, Chaville et Ville-d'Avray. Première structure à porter officiellement le nom de « Grand Paris », elle n'intègre pourtant pas la ville de Paris.

La Métropole du Grand Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métropole du Grand Paris.

L’exercice du pouvoir en Île-de-France serait trop morcelé pour que puisse émerger une gestion métropolitaine efficace en termes d’objectifs et efficiente en termes de moyens. La complexité du système et l’enchevêtrement des compétences entre les différents niveaux multiplie les coûts, tend à rallonger les délais de prise de décision et crée de l’incertitude pour les projets de développement des entreprises. Pour être traités efficacement, les grands enjeux du développement de la métropole capitale exigeraient une gouvernance unique. Il en va ainsi de la gestion du foncier disponible, notamment pour le logement, mais aussi du système logistique et du tourisme[réf. nécessaire]. Pour gagner en lisibilité et en efficacité cette gouvernance unifiée pour le Grand Paris devrait tendre vers un exécutif unique à compétences générales selon la Chambre de commerce et d'industrie de Paris[22].

En mars 2009, le comité pour la réforme des collectivités locales rend son rapport, communément appelé « rapport Balladur », dans lequel la fusion du département de Paris avec ceux de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) est proposée à l'horizon 2014. Ce projet est aussi plébiscité par le sénateur Philippe Dallier, vice-président de la délégation sénatoriale aux collectivités territoriales et à la décentralisation, ainsi que par Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis. La question de la gouvernance institutionnelle ne figure pas dans la loi de réforme des collectivités territoriales françaises de 2010 et est remis à une date ultérieure.

Suite à l'alternance de 2012, le scénario de la fusion des départements est abandonné. Dans le cadre de l'avant-projet de loi du gouvernement Ayrault sur la décentralisation, le moratoire sur l'achèvement obligatoire de la carte intercommunale dans la petite couronne, adopté dans la loi de 2010 suite à un amendement de Philippe Dallier, est supprimé; les communes des trois départements devront être regroupées en EPCI à fiscalité propre au 1er janvier 2015. C'est un scénario « polycentrique » associant Paris et de grandes communautés d'agglomération, préconisé notamment par Patrick Braouezec, président de Paris métropole, qui est alors retenu. Ce syndicat mixte d'étude est appelé a évoluer vers un pôle métropolitain réformé (association des conseils généraux et de la région Île-de-France; élargissement des compétences aux questions relatives au logement)[23].

Le projet de loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles prévoit finalement pour Paris la constitution au 1er janvier 2016 d'un syndicat mixte s'apparentant au pôle métropolitain, la Métropole de Paris, centré notamment sur la question du logement[24]. Cette hypothèse étant rejetée par le Sénat en juin 2013, le gouvernement introduit à l'Assemblée nationale des dispositions faisant de la « métropole du Grand Paris » une intercommunalité regroupant les communes de Paris et des trois départements de la Petite couronne et supprimant leurs intercommunalités, devant être créé au 1er janvier 2016[25].

Magazines sur le Grand Paris[modifier | modifier le code]

Un magazine trimestriel de reportages, d'enquêtes et d'entretiens consacré au « Très Grand Paris » a été lancé en février 2010 par un groupe de jeunes diplômés de l'école de journalisme de Sciences Po Paris. Diffusé à 10 000 exemplaires, Megalopolis[26] affiche l'objectif ambitieux de devenir « le magazine de référence de la région parisienne », selon la proclamation des fondateurs dans l'éditorial du premier numéro.

Objectif Grand Paris est un magazine trimestriel, en vente en kiosque et par abonnement, lancé en novembre 2012. Il est destiné aux décideurs économiques et politiques impliqués dans le projet : élus, hauts fonctionnaires de l’État et des collectivités territoriales, chefs d’entreprise, responsables des organisations professionnelles et du monde associatif. Ce journal traite des projets architecturaux, des nouveaux centres urbains, des enjeux, de la dynamique environnementale, des suivis de chantiers de ce vaste projet qu'est le Grand Paris[27].

Centralités est un nouveau magazine trimestriel, en vente en kiosques, en librairies et par abonnement, lancé en septembre 2013, qui propose, au fil de ses dossiers, d’aborder le territoire de La Défense et plus généralement du Grand Paris, sous le prisme de la centralité afin d'en démontrer ses attraits et son rayonnement et de réfléchir aux enjeux auxquels elle doit faire face.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Offner, Le Grand Paris, coll. « Problèmes politiques et sociaux », no 942, La Documentation française
  • Paris Métropole, formes et échelles du Grand-Paris, coll. « SC », éd. de la Villette
  • « L'État doit réparer l'erreur commise à la défaite de De Gaulle »[28], entretien avec Antonio Duarte, président de l’association Grand-Paris, par Magali Gruet, 20 minutes, édition du 12 juin 2008
  • Frédéric Gilli et Jean-Marc Offner, Paris, métropole hors-les-murs ; aménager et gouverner un Grand Paris, coll. « Nouveaux débats », Presses de Sciences-Po, Paris, 2009
  • Alessandro Giacone, Les Grands Paris de Paul Delouvrier, Paris, éd. Descartes & co., 2009
  • Annie Fourcaut, Emmanuel Bellanger, Mathieu Flonneau, Paris / banlieues : conflits et solidarités, Creaphis, 2007
  • Michèle Leloup, Le Grand Paris. Les coulisses de la consultation, archibooks, Paris, 2009 (ISBN 978-2-35733-055-9)
  • Denis Bocquet, « Gouvernance territoriale et enjeux du Grand Paris: la métropole capitale entre inerties et réformes »[29], in Sabine Bastian et Franck Trouilloud (éd.), Frankreich und Frankophonie: Kultur -– Sprache –- Medien, Martin Meidenbauer Vlg., Munich, 2009, p. 25-48
  • Marc Wiel, Le Grand Paris - Premier conflit né de la décentralisation, coll. « Questions contemporaines », éd. L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-13180-4)
  • Jean-Pierre Orfeuil & Marc Wiel, Grand Paris - Sortir des illusions, approfondir les ambitions, coll. « Mode de ville », éd. Scrineo, septembre 2012 (ISBN 978-2-9197-5576-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation d'après la page d'accueil du projet du Grand Paris, consultée le 26 décembre 2013.
  2. Projet de métro officiellement approuvé par le décret no 2011-1011 du 24 août 2011 portant approbation du schéma d'ensemble du réseau de transport public du Grand Paris, publié le vendredi 26 août au Journal officiel.
  3. [PDF]Loi n° 2010-597 du 3 juin 2010 relative au Grand Paris.
  4. Loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles, sur le site de l'Assemblée nationale.
  5. « Napoléon III imaginait la capitale s'étendant jusqu'à Saint-Germain-en-Laye, à l'ouest, et à Marne-la-Vallée, à l'est. », Patrice de Moncan, entrevue de Corinne Scemama, publié le 10 mai 2009 dans L'Express, consulté le 15 septembre 2011.
  6. Publié chez Hachette.
  7. Société française de librairie et d'éditions, Paris, 272 p.
  8. a et b Vincent Adoumié (dir.), Les Régions françaises, Hachette, 2010, p. 31.
  9. Depuis le 14 septembre 2009, les polices des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis sont sous l'autorité du seul préfet de police ; voir Isabelle Mandraud, « Le Grand Paris sera d'abord celui de la sécurité », Le Monde, 16 juin 2009.
  10. Périmètre de Paris Métropole, mai 2011, consulté le 10 juin 2011.
  11. Texte intégral en ligne sur legrandparis.culture.gouv.fr.
  12. Cité de l’architecture et du patrimoine, « Le Grand Pari(s) » (consulté le 3 mars 2010), vidéos en ligne présentant notamment la réponse de chacune des dix équipes
  13. liste des membres sur le site du ministère de la Culture.
  14. Bertrand Lemoine directeur de l'atelier international du Grand Paris, article du 12 octobre 2010, sur le journaldesarts.fr. Consulté le 27 avril 2012.
  15. [PDF] Contribution aux débats publics sur les projets de réseau de transport public du Grand Paris et d'Arc Express, 31 janvier 2011. Document consulté le 8 août 2014.
  16. Loi no 2010-597 du 3 juin 2010 relative au Grand Paris
  17. Sybille Vincendon, « Du Grand Paris au grand gâchis : L’occasion était unique. Mais le projet d’organisation de la métropole francilienne s’est fracassé sur des luttes politiques et se réduira à une loi-croupion, loin des problèmes de logement, de transports et d’inégalités. Récit d’un fiasco. », Libération,‎ 21 mai 2010 (lire en ligne)
  18. « Grand Paris : bilan d'étape », sur batiactu.com, 10 octobre 2011.
  19. « Un pas de plus vers le grand Paris », sur blog-partenaire-europeen.com, article du 28 janvier 2011, consulté le 16 juin 2011.
  20. [PDF] conseil de développement de Plaine Commune, « Projet du « Grand Paris » et de l'avenir de la métropole francilienne », sur http://conseildedeveloppement.plainecommune.fr/,‎ 2008 (consulté le 12 juin 2010)
  21. Contribution du Conseil de développement de Plaine Commune pour une métropole du grand Paris construite avec les habitants à partir des bassins de vie, 7 octobre 2013. Document consulté le 8 août 2014.
  22. Pour un exécutif unique à compétences générales pour le Grand Paris, chambre de commerce et d'industrie de Paris, janvier 2012.
  23. Vers un big bang intercommunal en petite couronne, La Gazette des communes, 2 octobre 2012, consulté le 9 février 2013.
  24. [PDF] rapport de la commission des lois du sénat, titre II, chapitre 1er, consulté le 18 mai 2013.
  25. « L'Assemblée nationale vote la création d'une métropole du Grand Paris », Le Point,‎ 19 juillet 2013 (consulté le 19 juillet 2013)
  26. Voir le site officiel de Megalopolis.
  27. Objectif Grand Paris Magazine, numéro de mars 2013. Consulté le 31 mai 2013.
  28. Voir sur 20minutes.fr.
  29. [lire en ligne] sur le site HAL-SHS (hyper-article en ligne - sciences de l'homme et de la société).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]