École Estienne

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École Estienne
Image illustrative de l'article École Estienne
Devise Une école pour entreprendre.
Nom original École supérieure des arts et des industries graphiques (ESAIG)
Informations
Fondation 1889
Fondateur Abel Hovelacque
Type École supérieure d'art
Dotation Mairie de Paris
Localisation
Coordonnées 48° 49′ 52″ N 2° 21′ 08″ E / 48.831, 2.352248° 49′ 52″ Nord 2° 21′ 08″ Est / 48.831, 2.3522  
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Direction
Président Armelle Nouis
Chiffres clés
Enseignants 115 [1]
Étudiants 600[1]
Niveau Bac+2 à Bac+5
Divers
Site web www.école-estienne.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
École Estienne

L’école Estienne, dénomination courante de l’École supérieure des arts et industries graphiques (ESAIG), est un établissement français d’enseignement supérieur public situé au 18, boulevard Auguste-Blanqui dans le 13e arrondissement de Paris, non loin de la Butte-aux-Cailles. Elle forme de jeunes créateurs dans les métiers de l’imprimerie, du design de communication et des métiers d’art du livre.

C'est une école municipale qui dépend de la ville de Paris, elle compte, en 2012, 600 étudiants pour 115 enseignants.

Historique[modifier | modifier le code]

Naissance de l'école du livre[modifier | modifier le code]

Façade de l'école.

C'est sur proposition de l'anthropologue et linguiste Abel Hovelacque que la ville de Paris adopte en 1887 le projet de création d'une école municipale professionnelle d'arts et industries graphiques. D'abord nommée « École municipale du livre Estienne », d'après le nom de la célèbre famille éponyme d'imprimeurs du XVIe siècle, elle a pour objet l'enseignement professionnel des métiers du livre, dans tous leurs aspects pratiques et théoriques. Son but était de pallier la sous-qualification dans cette industrie naissante.

La création d'une école professionnelle municipale consacrée aux arts et industries du Livre est d’abord de nature politique : les pouvoirs publics locaux et nationaux cherchaient ainsi à répondre à une véritable demande sociale et à compenser l’absence de structures de formation[2]. Paris était considérée comme la capitale de l’imprimerie et comme un exemple important de la politique publique d’enseignement professionnel au début de la IIIe République. En créant cette école, le conseil municipal de Paris provoqua un tollé dans le milieu autonome et corporatif qu'était l'industrie du Livre. En tant qu’école professionnelle municipale, l'école Estienne était, en théorie, assimilée à une école nationale professionnelle sous la tutelle du ministère de l’Instruction publique. L’école Estienne se voulait à la fois populaire et élitiste : la Ville octroyait des aides financières aux familles les moins favorisées pour enrayer l’abandon en cours d’apprentissage, mais le concours d'entrée était obligatoire.

L'école accueille sa première promotion (108 élèves) en novembre 1889 dans des locaux provisoires, situés rue Vauquelin[1]. Les bâtiments définitifs conçus par l'architecte Menjot de Dammartin sont construits en 1896. Les locaux actuels du boulevard Auguste-Blanqui sont inaugurés le 1er juillet 1896 en présence du président de la République Félix Faure.

En 2009, les classes de STI arts appliqués sont supprimées ; l'école passe du statut de lycée technique à celui d'école supérieure.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Un des quatre magnolias de Soulange dans le jardin.

Les bâtiments de l’école Estienne ont été construits selon un plan en quadrilatère autour d’une cour de récréation. Devant les bâtiments, un jardin et des pelouses entourés par des grilles et un portail monumental délimitent l’enceinte de l’école. Le jardin compte quatre magnolias de Soulange, deux grands ptérocaryers du Caucase, un érable et quatre marronniers communs [3].

Le hall d’entrée dessert les deux ailes du bâtiment, la bibliothèque et la cour. Plusieurs expositions sont organisées chaque année dans le hall, de travaux d’anciens ou d'actuels élèves de l’école ou des expositions thématiques. Une presse typographique en fonte construite vers 1830 a été installée face à l’entrée dans les années 1960. Depuis l'ouverture de l'école Estienne, la bibliothèque est ouverte aux étudiants et aux chercheurs sur rendez-vous. Elle dispose d'un des plus importants fonds documentaires en France sur les arts graphiques, essentiellement constitué de legs de bibliophiles et imprimeurs parisiens. La collection compte notamment des ouvrages professionnels, des ouvrages sur l'écriture et le tracé de la lettre et des manuels techniques sur l'imprimerie et la chaîne graphique, la reliure, l'estampe ou la gravure. Elle rassemble également des publications de l'école comme des cours magistraux, des documents officiels et des diplômes. Parmi les ouvrages les plus remarquables, il y a le Traité des manières de graver d'Abraham Bosse (1701), la Panchrestographie de Jean de Beaugrand (manuel d'écriture destiné au Dauphin, futur Louis XIII, gravé par Firens, en 1604) ou La Science pratique de l'imprimerie de Fertel (1723). La collection est régulièrement enrichie, notamment par le proviseur Robert Ranc dans les années 1950-1960.

Le mobilier de la salle de la cantine, composé de tables de marbre sur pieds en fonte avec bancs attenants vissés au sol, et la charpente de l'atelier des machines (1 200 m2) sont construits par les Ateliers de construction Gustave Eiffel de Levallois-Perret, fondés par Gustave Eiffel[1].

Enseignements[modifier | modifier le code]

En 2012, l'école Estienne accueille environ 600 étudiants, qu'elle forme aux métiers de l’imprimerie, du design de communication et des métiers d’art du livre. Elle propose des formations de niveaux I, II et III (bac + 2 à bac + 5) [4]:

Pour toutes les sections, hormis les DSAA, l'inscription se fait avec la procédure du site Admission Post-Bac. Les classes de BTS Design Graphique I & N (ex Communication visuelle A & B) ainsi que tous les DMA nécessitent une mise à niveau en arts appliqués ou un baccalauréat STI arts appliqués. Pour ces classes, la sélection se fait par dossier, puis par un entretien. La sélection des DSAA est assortie d'une épreuve écrite[5].

Événements culturels et associatifs[modifier | modifier le code]

L'école Estienne organise de nombreux événements culturels en son sein et hors les murs.

Depuis 1972, l'école ouvre ses portes, les premiers vendredi et samedi de février. Les étudiants de toutes les sections montrent leurs travaux réalisés pendant l'année et proposent leurs conseils pour intégrer l'école.

Depuis 1986, les Estiennales, anciennement appelées « Semaine culturelle », proposent pendant deux jours des conférences sur un thème commun chaque année différent. Le festival Presse citron créé en 1992 célèbre le dessin de presse pendant une semaine à travers une exposition, des ateliers et un concours.

Depuis 2009, le Printemps de la Typo est un séminaire international animé par des designers typographistes éminents. Cet événement a lieu dans l’Institut national du patrimoine, pendant deux jours de la deuxième semaine d'avril.

L'association Plexus Estienne, créée en 2010, propose une fois par mois une rencontre entre des anciens étudiants et les étudiants actuels. Le bureau des étudiants d'Estienne organise régulièrement des soirées étudiantes en partenariat avec d'autres écoles supérieures d'art parisiennes.

Personnalités liées à l'école[modifier | modifier le code]

Liste des proviseurs[modifier | modifier le code]

Quelques professeurs célèbres[modifier | modifier le code]

Quelques élèves célèbres[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Élève de l'École Estienne.

Graveurs et illustrateurs de timbres[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1920, plusieurs étudiants de cette école sont devenus parmi les principaux graveurs de timbres français. C’est une élève, Sandrine Ramoin, qui a réalisé le timbre du centenaire de l’école Estienne. En sont ainsi issus :

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Corvisart et Place d'Italie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amicale des personnels de l’École Estienne, Histoires de l’École Estienne : 1889-1939 : de la Belle Époque à la Drôle de guerre, vol. 1, A.P.E.E.,‎ 2000, 149 p. (ISBN 2-9515243- 0-7)
  • Amicale des personnels de l’École Estienne, Histoires de l’École Estienne : 1939-1968 De la défaite à la chienlit, vol. 2, A.P.E.E.,‎ 2000, 476 p. (ISBN 2951524315)
  • Amicale des personnels de l’École Estienne, Histoires de l’École Estienne : 1969-2000 Des pas sur la Lune au bug du siècle, vol. 3, A.P.E.E.,‎ septembre 2005, 344 p.
  • École Estienne, Monographie de l’école Estienne : École municipale professionnelle des Arts et des Industries du Livre, Paris, Imprimerie de l’école Estienne,‎ 1900, 227 p. (ISBN 978-2040129421[à vérifier : isbn invalide])

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d école-estienne, « Histoire », ecole-estienne.fr (consulté le 29 janvier 2012)
  2. [PDF]Marie-Cécile Bouju, « L’école Estienne 1889-1949 : La question de l'apprentissage dans les industries du livre »,‎ 1998 (consulté le 14 avril 2012)
  3. école-estienne, « Histoire », ecole-estienne.fr (consulté le 29 janvier 2012)
  4. Letudiant.fr, « Guides des établissements et des formations supérieures », Letudiant.fr,‎ 2012 (consulté le 4 octobre 2012)
  5. Télérama, « Formations », télérama.fr,‎ 2007 (consulté le 4 octobre 2012)
  6. ?