Via Turonensis

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Via Turonensis
Image illustrative de l'article Via Turonensis
Itinéraires du pèlerinage de Saint-Jacques en France
Localisation France
Payant
Désignation Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle
Longueur environ 915 km
Points de départ Paris (Tour Saint-Jacques)
Uhart-Mixe (Carrefour de Gibraltar)
Altitude maximale Saint-Palais (Gibraltar) (192 m)
Altitude minimale Estuaire de la Gironde (2 m)
Difficulté Facile
Saison Printemps à automne
Mois Mars à octobre

La via Turonensis (ou voie de Tours) est le nom latin d'un des quatre chemins de France du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, le plus au nord. Elle part de la tour Saint-Jacques à Paris, puis traverse notamment Orléans ou Chartres, Tours, Poitiers, Bordeaux.

Près d'Ostabat, elle est rejointe par la via Lemovicensis et la via Podiensis, au niveau du Carrefour de Gibraltar.

Les trois chemins prennent alors le nom de Camino navarro[1] et se prolongent jusqu'à Puente la Reina en Espagne, après le passage des Pyrénées et de la frontière par le col de Bentarte ou par Valcarlos, en amont du col de Roncevaux. Ils y retrouvent le Camino aragonés, prolongement espagnol de la via Tolosane, quatrième chemin venant de France. L'ensemble de ces quatre voies principales devient alors le Camino francés qui conduit jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice.

Historique et contexte des chemins de Compostelle[modifier | modifier le code]

Le Codex Calixtinius d'Aimery Picaud[modifier | modifier le code]

D’après le Chapitre Premier du Guide du Pèlerin d’Aimery Picaud, quatre routes mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle :

Les trois premières voies se réunissent en amont d'Ostabat au carrefour de Gibraltar, puis traversent les Pyrénées par le col de Roncevaux en prenant le nom de Camino navarro. Elles rencontrent à Puente la Reina, en territoire espagnol, la quatrième voie qui a franchi les Pyrénées plus à l'est par le col du Somport. De là, un itinéraire principal conduit à Saint-Jacques : le Camino francés.

Les renseignements du Guide du Pèlerin sont bien sommaires ; à chacun de faire son chemin. De nos jours, le balisage permet une meilleure préparation du voyage.

Description générale historique[modifier | modifier le code]

Dans le chapitre premier de son Guide du Pèlerin (XIIe siècle), Aimery Picaud décrit ainsi ce qui est nommé aujourd'hui la via Turonensis :

« Il y a quatre routes qui, menant à Saint-Jacques, se réunissent en une seule à Puente la Reina, en territoire espagnol ; [… … …], une autre encore passe par Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean-d'Angély, Saint-Eutrope de Saintes et la ville de Bordeaux. »

Passant par Paris, le « grand chemin de Saint-Jacques » est le seul itinéraire contemporain mentionné par des récits de pèlerins de Saint-Jacques (ou jacquets) venus du nord et du nord-est de l'Europe, il gagnait, par Orléans ou Chartres, le célèbre sanctuaire de Saint-Martin de Tours qui lui valut le nom de via Turonensis.

Offerte par l'Espagne, une plaque apposée en 1965 sur la tour Saint-Jacques, seul vestige de l’église médiévale Saint-Jacques-de-La-Boucherie à Paris affirme que des millions de pèlerins en sont partis en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais aucun historien sérieux n'a jamais pu confirmer cette affirmation. L'Espagne a transformé ainsi le clocher d'une ancienne église de pèlerinage à saint Jacques en support publicitaire pour Compostelle.

Après le Poitou, aimé d'Aimery Picaud, et les merveilles romanes des églises de Saintonge, les héros épiques reprenaient vie aux sanctuaires de Bordeaux, Blaye et Belin, donnant aux jacquets la force d'affronter l'aride traversée des Landes et les hauteurs du col de Roncevaux, pour atteindre enfin la terre de l'apôtre Jacques et rejoindre, via Pampelune, le Camino francés à Puente la Reina.

Les itinéraires actuels[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs itinéraires permettant d'atteindre, au départ de Paris, le Camino navarro à Ostabat, puis le Camino francés pour atteindre enfin Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice[2]

Aucun de ces itinéraires ne peut prétendre être complètement historique, dans la mesure où les chemins ont varié au cours du temps, certains de ceux-ci étant devenus des voies impraticables aux piétons.

Des itinéraires à vocation touristique et sportive sont proposés par la Fédération française de randonnée pédestre (FFRP) dans le sentier de grande randonnée GR 655, balisé sur le terrain mais pour lequel il n'existait pas encore de livret descriptif en 2012.

Des itinéraires plus directs sont proposés par les guides des éditions Lepère et par diverses associations jacquaires.

De nombreuses variantes, parfois ponctuelles ou d'autres fois plus substantielles, sont possibles à différents niveaux d'avancement du trajet.

Itinéraires directs[modifier | modifier le code]

Les principaux jalons ou étapes qui se retrouvent dans la plupart des itinéraires directs sont mentionnés ci-après.

Paris[modifier | modifier le code]

Paris, la tour Saint-Jacques

Le point de départ se situe au niveau de la tour Saint-Jacques, vestige de l’église médiévale Saint-Jacques-de-La-Boucherie. L'itinéraire traverse la Seine par le pont au Change, passe par l'Île de la Cité en laissant à gauche la cathédrale Notre-Dame de Paris, traverse à nouveau la Seine par le pont Saint-Michel, récupère vers l'ouest la rue du Petit-Pont qui devient plus loin la rue Saint-Jacques, passe par l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas, puis rejoint la porte d'Orléans soit par la rue de la Tombe-Issoire et la rue du Père-Corentin, soit par le boulevard Arago, la place Denfert-Rochereau et l'avenue du Général-Leclerc.

Hauts-de-Seine[modifier | modifier le code]

Essonne[modifier | modifier le code]

Eure-et-Loir[modifier | modifier le code]

Loiret[modifier | modifier le code]

Abbaye Saint-Laumer, Eglise Saint-Nicolas et Château de Blois

Loir-et-Cher[modifier | modifier le code]

Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

Château Royal d'Amboise

Vienne[modifier | modifier le code]

Église Saint-Hilaire de Melle

Deux-Sèvres[modifier | modifier le code]

Charente-Maritime[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Tenaille.

Gironde[3][modifier | modifier le code]

Landes[modifier | modifier le code]

Pyrénées-Atlantiques[modifier | modifier le code]

Stèle de Gibraltar

Le chemin se poursuit au delà, par la via Podiensis, le Camino navarro et le Camino francés, jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Variantes de Paris à Tours par Chartres[modifier | modifier le code]

Dès le départ de Paris, l'itinéraire se dirigeant par le sud-ouest vers Chartres, plutôt que par le sud vers Orléans, est une alternative classique, un peu plus longue mais généralement plus bucolique.

Il existe là encore plusieurs jalonnements possibles, qui peuvent faire passer la distance à parcourir d'une petite centaine de kilomètres à plus de cent quarante kilomètres par le GR 655.

Les jalons et étapes ci-après correspondent justement au GR 655 OT[4].

Paris[modifier | modifier le code]

La variante se sépare de l'itinéraire direct à la place Denfert-Rochereau (ou bien à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Arago) pour se diriger vers la Porte de Vanves, en vue de rejoindre la Coulée verte du sud parisien qui débute à Malakoff.

Hauts-de-Seine[modifier | modifier le code]

Essonne[modifier | modifier le code]

Puis, après être entré brièvement en Yvelines au passage par Saint-Rémy-lès-Chevreuse, l'itinéraire revient en Essonne et utilise le tracé de l'ancienne ligne de Sceaux

Yvelines[modifier | modifier le code]

Le château de Rambouillet

Eure-et-Loir[modifier | modifier le code]

Chartres, la cathédrale

Loir-et-Cher[modifier | modifier le code]

Indre-et-Loire[modifier | modifier le code]

Variante locale de Paris à Rambouillet par Versailles[modifier | modifier le code]

Cette variante locale est décrite par un guide Lepère.

Variante d'Orléans à Blois par Beaugency[modifier | modifier le code]

Cette variante, en rive gauche de la Loire, concerne évidemment l'itinéraire principal par Orléans et non la variante par Chartres décrite ci-dessus.

Loiret[modifier | modifier le code]

Beaugency, l'abbatiale Notre-Dame

Loir-et-Cher[modifier | modifier le code]

Variante de Poitiers à Bordeaux par Angoulême[modifier | modifier le code]

Vienne[modifier | modifier le code]

Charente[modifier | modifier le code]

Cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême
L'église Saint-Jacques d'Aubeterre

Le chemin de Saint-Jacques parcourt 175 km dans le département de la Charente[5]. Mais les chemins en Charente ont été multiples[6].

Dordogne[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pierre de La Sauve

Gironde[modifier | modifier le code]

Variante "voie du Médoc" de Blaye à Bordeaux par la rive gauche de la Gironde[modifier | modifier le code]

Gironde[modifier | modifier le code]

Le château Margaux (mai 2005)

Branches affluentes[modifier | modifier le code]

Chemins contemporains en Europe pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.

En venant de l'Angleterre[modifier | modifier le code]

Quel que soit le point de départ en Angleterre, la majorité des pèlerins venant du sud de la Grande-Bretagne qui choisissaient de passer par la France, traversaient la Manche et rejoignaient le plus souvent la via Turonensis, par diverses branches affluentes :

En venant de Belgique et Luxembourg[modifier | modifier le code]

Les pèlerins venant du nord de la Belgique, ou plus en amont depuis la Hollande, le nord de l'Allemagne ou le Danemark, pouvaient rejoindre la via Turonensis à Paris, via Bruxelles, Tournai, Valenciennes, Cambrai, et Amiens.

Les pèlerins venant du sud-est de la Belgique ou du Luxembourg pouvaient soit rejoindre vers l'ouest la via Turonensis à Paris via Reims, soit partir au sud vers la via Lemovicensis qu'ils rejoignaient à Vézelay, via Toul et Dijon.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Lepère François, Terrien Yvette, « Sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle - La via Turonensis, le chemin vers l'Atlantique », Editions Lepère, 2010 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • « Les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en Europe », carte éditée par Cité 4, La Balaguère et La Pèlerine Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Cartes de randonnée IGN au 1:25000e : 2314 OT, 2315 OT (« Palaiseau-Arpajon - Forêt de Verrières »), 2215 OT, 2216 OT, 2115 O, etc. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Géoportail (http://www.geoportail.fr) - sélectionner l'affichage "Carte IGN" et l'échelle "1:16000" ou "1:8000" Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Suivant les interprétations, le Camino navarro prend son nom à l'entrée en Basse-Navarre ou à la jonction d'Ostabat ou à Saint-Jean-Pied-de-Port ou au passage de la frontière espagnole.
  2. viaturonensis.pagesperso-orange.fr Via Turonsensis : De Paris à Ostabat, la voie de Tours vers Saint Jacques de Compostelle.
  3. Francis Zapata, Les chemins de Saint-Jacques en Gironde, éditions Sud Ouest,‎ 2002, 224 p. (ISBN 978-2-87901-467-8, présentation en ligne)
  4. idf.ffrandonnee.fr Le GR®655 : D’Helecine à Saint-Jacques de Compostelle (en Ile-de-France).
  5. Jean-Charles Brothier, « Chemin de Compostelle en Charente »,‎ 2010 (consulté le 22 décembre 2010)
  6. Joël Guitton et al., Les chemins de Saint-Jacques en Charente, éditions Sud Ouest,‎ 2010, 254 p. (ISBN 978-2-8177-0053-3, présentation en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

la voie de Tours en Gironde : rives droite et gauche (voie du médoc) de l'estuaire

Articles connexes[modifier | modifier le code]