Rue Mouffetard

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5e arrt
Rue Mouffetard
La partie commerçante de la rue Mouffetard.
La partie commerçante de la rue Mouffetard.
Situation
Arrondissement 5e
Quartier Saint-Victor, Jardin-des-Plantes, Val-de-Grâce, Sorbonne
Début Rue Thouin
Fin Rue Censier et Rue Pascal
Morphologie
Longueur 650 m
Largeur 7 m
Historique
Création Ier siècle
Géocodification
Ville de Paris 6524
DGI 6581

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Mouffetard
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

48° 50′ 34″ N 2° 20′ 59″ E / 48.8428185, 2.3496615 ()

La rue Mouffetard est une voie du 5e arrondissement de Paris. Il s'agit d'une des rues les plus anciennes de Paris, probablement tracée du temps des Romains au Ier siècle. Très pittoresque, c'est l'un des axes du quartier latin les plus fréquentés en raison de ses nombreux restaurants. Longue de 650 mètres, elle descend en pente douce de la montagne Sainte-Geneviève vers l'église Saint-Médard.

Historique[modifier | modifier le code]

Les premières indications de ce que deviendra la rue Mouffetard remontent à la période romaine au Ier siècle, avec une voie allant de Lutèce à l'actuelle Ivry-sur-Seine en passant par le mont Lucotitius et laissant les arènes de Lutèce sur sa droite, pour aller rejoindre l'ancien Cardo qui correspond à l'actuelle rue Saint-Jacques au niveau des thermes de Cluny dans le Lucotèce[1].

La voie subit des modifications de son tracé au XIIIe siècle sur une butte (le Mont Cetard[2]) constituée d'immondices et de boues accumulées au cours des siècles. Son nom pourrait être le résultat d'une déformation de « Mont Cétard » (issu de Mons Cetarius ou Mons Cetardus, en français « Mont-Cétard », altéré en « Mont-Fétard »), mais il provient plus probablement, d'une déformation du mot « mofette », ce dernier signifiant alors exhalaison pestilentielle ou odeur insoutenable[3]. Certains auteurs[Qui ?] indiquent, pour soutenir cette hypothèse, qu'une autre butte également constituée d'immondices, la butte Bonne-Nouvelle, possédait elle aussi un chemin appelé Mouffetard[réf. nécessaire] (qui est devenu la rue de Cléry).

Cette rue porta parfois d'autres noms : au début du XVIIe siècle c'était la rue Saint-Marcel puis rue Saint-Marceau. Familièrement, elle est nommée « la Mouffe ».

Le petit cimetière derrière l'église Saint-Médard (emplacement de la rue de Candolle), au bas de la rue Mouffetard, fut le théâtre au XVIIIe siècle du curieux épisode des convulsionnaires de Saint-Médard.

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la rue Mouffetard traversait la Bièvre près de l'église Saint-Médard et remontait au sud jusqu'à la barrière d'Italie (actuelle place d'Italie). Elle avait alors une longueur de plus de 1 500 mètres et faisait partie du 12e arrondissement de l'époque. Les travaux d'Haussmann l'ont amputée de sa partie la plus au sud pour construire à la place l'avenue des Gobelins.

Contexte commercial[modifier | modifier le code]

La rue Mouffetard est réputée pour son animation et la densité de ses petits commerces en tous genres. Le haut de la rue Mouffetard, jusqu'à la place de la Contrescarpe et le début de sa descente vers Saint-Médard, est essentiellement composé de restaurants, commerces de restauration rapide et de bars se succédant. C'est la partie la plus touristique et active la nuit.

Le bas de la rue Mouffetard, jusqu'au niveau où elle croise la rue Jean-Calvin, est occupée par un marché quotidien de primeurs et par des commerces de proximité traditionnels destinés aux habitants du quartier : boucheries, poissonneries, fromagers, boulangeries, maraîchers, cavistes, traiteurs, épiciers, quincaillers, ainsi que quelques bars et cafés de quartier. Elle accueille également un cinéma de quartier de deux salles nommé L'Épée de bois et classé art et essai.


Sites particuliers[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Une description littéraire[modifier | modifier le code]

Georges Duhamel dans Confession de minuit (1920), premier volume de Vie et aventures de Salavin, fait faire ainsi la description par son héros Louis Salavin de la rue Mouffetard à proximité de laquelle il habite :

« Comme une veine de nourriture coulant au plus gras de la cité, la rue Mouffetard descend du nord au sud, à travers une région hirsute, congestionnée, tumultueuse.
Amarré à la montagne Sainte-Geneviève, le pays Mouffetard forme un récif escarpé, réfractaire, contre lequel viennent se briser les grandes vagues du Paris nouveau. J'aime la rue Mouffetard. Elle ressemble à mille choses étonnantes et diverses : elle ressemble à une fourmilière dans laquelle on a mis le pied ; elle ressemble à ces torrents dont le grondement procure l'oubli. Elle est incrustée dans la ville comme un parasite plantureux. Elle ne méprise pas le reste du globe : elle l'ignore. Elle est copieuse et vautrée, comme une truie.
Le pays Mouffetard a ses coutumes propres et des lois qui n'ont plus ni sens ni vigueur au-delà du fleuve Monge. L'étranger qui, venu du centre, se fourvoie dans la rue Blainville ou place de la Contrescarpe est, à certaines heures, aspiré comme un fétu par le maelström mouffetardien. Et, tout de suite, la cataracte l'entraîne.
La rue Mouffetard semble dévouée à une gloutonnerie farouche. Elle transporte sur des dos, sur des têtes, au bout d'une multitude de bras, maintes choses nourrissantes aux parfums puissants. Tout le monde vend, tout le monde achète. D'infimes trafiquants promènent leurs fonds de commerce dans le creux de leurs mains : trois têtes d'ail, ou une salade, ou un pinceau de thym. Quand ils ont troqué cette marchandise contre un gros sol, ils disparaissent, leur journée finie.
Sur les rives du torrent s'accumulent les montagnes de viandes crues, d'herbes, de volailles blanches, de courges obèses. Le flot ronge ces richesses et les emporte au long de la journée. Elles renaissent avec l'aurore[9]. »

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Le film Sous le ciel de Paris de Julien Duvivier, tourné en 1950, situe plusieurs scènes rue Mouffetard, où habitent plusieurs personnages centraux : une famille de commerçants (des maraîchers : un couple et leur petite fille) et une pauvre vieille demoiselle qui veut nourrir ses chats.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de Paris, par Fernand Bournon, réédition Grafik Plus, Bagnolet, 1977, p. 3. Lire en ligne
  2. De la Tyanna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, Paris, 1812, p. 320. « Elle a été bâtie sur un terrain qui, au treizième siècle, se nommait mont Cétard (mons Cetarius ou mons Celardus), d'où viennent par altération son ancien nom mont Fêtard, et son nom actuel Moufetard : on lui a donné aussi, en divers temps , ceux de Saint-Marcèl, dé Saint-Marceau et vieille ville Saint-Marceau. »
  3. Édouard Fournier, Énigme des rues de Paris, E. Dentu, 1860, p. 51. « Les exhalaisons malsaines qui s'échappaient de cet amas de gadoues, et qui portent depuis très longtemps le nom spécial de moffettes ou mouffettes, avaient fait donner à la longue rue qu'infectait leur voisinage le nom de Mouffetard, qui renferme en lui son étymologie véritable, bien qu'on lui en ait cherché une foule d'autres. Or, le chemin qui se trouvait sur le versant méridional de l'autre monticule (...) et que nous désignerons désormais par le nom de butte Bonne-Nouvelle, qu'il garde depuis le XVIIe siècle, avait aussi reçu primitivement cette appellation significative de Mouffetard. »
  4. « Notice no PA00088396 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. « Notice no PA00088460 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. « Notice no PA00088487 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. « Notice no PA00088429 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. « Notice no PA00088417 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. Confession de minuit dans Vie et aventures de Salavin, édition Omnibus, 2008, chap. 5, p. 33-34 (ISBN 978-2-258-07585-6).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]