Mayotte

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Mayotte
Blason de Mayotte
Héraldique
Mayotte
Administration
Pays Drapeau de la France France
Code département 976
Préfecture Mamoudzou
Sous-préfectures 0
Arrondissements 0
Cantons 19
Communes 17
Conseil général Conseil général de Mayotte
Président Daniel Zaïdani
2011-2014
Préfet Jacques Witkowski
ISO 3166-2 FR-YT
Démographie
Gentilé Mahorais
Population 212 645 hab. (2012)
Densité 566 hab./km2
Langue officielle Français
Langues régionales Swahili (mahorais), comorien, malgache
Géographie
Coordonnées 12° 48′ 12″ S 45° 09′ 47″ E / -12.80343, 45.16308 ()12° 48′ 12″ Sud 45° 09′ 47″ Est / -12.80343, 45.16308 ()  
Superficie 376 km2
Fuseau horaire UTC +3
Domaine Internet .yt
Indicatif téléphonique +262 (depuis 2007, avant : +269)
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Mayotte

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Mayotte

Géolocalisation sur la carte : Mayotte

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Mayotte

Mayotte (appelée aussi Maore en shimaoré[1]), officiellement département de Mayotte, est un département et une région d’outre-mer (DROM)[2] français de l'océan Indien situé dans l'archipel des Comores, lui-même localisé dans le canal du Mozambique, et dont le chef-lieu est Mamoudzou, la plus grande ville du territoire. Mayotte est constituée de deux îles principales, Grande-Terre et Petite-Terre, et de plusieurs autres petites îles, dont Mtsamboro, Mbouzi et Bandrélé. Son code départemental officiel est le « 976 ». Ses habitants sont appelés les Mahorais.

L'île est vendue à la France par le sultan Andriantsoly le . En 1886, le reste de l'archipel composé de la Grande Comore, Mohéli et Anjouan forme un protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte. En 1958, l'administration quitte Dzaoudzi pour Moroni ce qui provoque le mécontentement des Mahorais. Le Congrès des notables se réunit et il réclame la départementalisation. Zéna M’Déré rentre à Mayotte en 1966 et prend la tête du mouvement des chatouilleuses. Le , la France organise aux Comores un référendum pour plébisciter l'indépendance de l'archipel mais les Mahorais votent pour le maintien de leur île au sein de la République française. Un second référendum est organisé le [3],[4], qui confirme ce choix par 99,4 % (82,3 % des inscrits). Néanmoins l'Union des Comores revendique toujours Mayotte[5].

À la suite de la consultation référendaire du 29 mars 2009 (95,2 % de votes favorables), qui concernait la population locale, Mayotte est devenue un département d’outre-mer et une région d’outre-mer à assemblée délibérante unique de la République française le [6],[Note 1],[7]. À la suite de ce changement de statut national, Mayotte change également de statut au niveau européen, passant de celui de pays et territoire d'outre-mer à celui de région ultrapériphérique française le , et intègre de ce fait l'Union européenne à cette même date.

En 2012, la population de Mayotte s’élève à 212 645 habitants répartie sur une superficie de 376 km2. Elle a ainsi la plus forte densité de population de la France d'outre-mer, avec 566 hab/km². Son code Insee est 976[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Mayotte a pour codes :

  • YT, selon la norme ISO 3166-1, alpha 2.
  • MYT, selon la norme ISO 3166-1, alpha 3.
  • 976, selon l'INSEE et La Poste

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de Mayotte.

Situation[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Mayotte est la plus ancienne des quatre grandes îles de l'archipel des Comores, chapelets de terres qui émergent au-dessus d'un relief sous-marin en forme de croissant de lune, à l'entrée du canal du Mozambique. Située à 295 km Ouest de Madagascar et à 67 km Sud-Sud-Ouest d'Anjouan, visible le soir en ombre chinoise, elle est composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation exubérante, les deux plus grandes sont Grande-Terre et Petite-Terre adossée à une barrière de corail.

Ce récif de corail de 160 km de long entoure un lagon de 1 100 km2, un des plus grands du monde. Il protège des courants marins la quasi-totalité de Mayotte, à l'exception d'une douzaine de passes, dont une à l'est appelée « Passe en S ». Le lagon d'une largeur moyenne de 5 à 10 km et subsiste jusqu'à une centaine de mètres de profondeur. Il est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens comme Mtsamboro sont de toute beauté. Ce récif procure un abri aux bateaux et à la faune océanique. L'activité volcanique à l'origine de la création des îles rend le sol particulièrement fertile[réf. nécessaire].

Géologie[modifier | modifier le code]

Les îles qui forment Mayotte sont géologiquement les plus anciennes de l'archipel des Comores. Leur âge à partir de neuf millions d'années va en décroissant du sud-est (Mayotte) au nord-ouest (Grande Comore), bien que l'on observe tant sur la Grande Terre que sur l'îlot de Pamandzi, des appareils très récents (maars) liés à des explosions phréatiques.

L'ensemble insulaire est un vaste bouclier volcanique de laves alcalines avec extrusions phonolitiques comme à Choungui, relief en forme de boule conique dont un cinquième est encore émergé. Le centre de l'appareil se situe en mer, à l'ouest. Une subsidence importante a eu lieu, permettant notamment l'implantation d'une couronne récifale autour des reliefs résiduels.

La croissance corallienne, créatrice de calcaires blancs, a pris le relais des terres émergées, caractérisées par des roches basaltiques noires, et soumises à l'érosion. Pendant les grandes glaciations continentales, il y a 20 000 ans, l'abaissement du niveau marin de plus de cent mètres a vidé les lagons et fait émerger les récifs. Les rivières, un temps retenues, ont percé les passes dans les barrières. Puis, avec les remontées marines causées par les réchauffements climatiques post-glaciaires, les coraux ont repris leur ardeur bâtisseuse.

Le contraste entre géochimies corallienne et volcanique est en particulier pleinement visible sur les plages du nord de la Grande Terre, près de l'île de Mtsamboro. Les récifs de pierres noires, annonciateur de la terre, apparaissent sur la plage blanche de sables détritiques coralliens.

L'île de Grande Terre possède de fortes pentes, et surtout au voisinage des crêtes, une érosion tropicale emporte la fragile végétation colonisant les padza[9]. Les forestiers essaient de fixer le sol dégradé par des plantations d'acacias.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

La saison des pluies (janvier 2006)

Le climat est tropical de type maritime, les températures moyennes oscillent entre 23 et 30 °C et le taux d'hygrométrie dépasse souvent 85 %. La saison chaude et humide, saison des pluies, va de novembre à avril/mai et les températures moyennes diurnes varient entre 27 et 30 °C. Dzaoudzi reçoit ainsi plus d'un mètre d'eau durant une année, les précipitations sont maximales en janvier, apportées par des vents de Nord-Est. La saison sèche de mai à octobre est plus fraîche, de 22 à 25 °C.

Les vents dominants selon les saisons sèches et humides sont l'alizé du Sud-Ouest et la mousson du Nord-Ouest. La température de la mer oscille autour de 25,6 °C. Les tempêtes cycloniques, accrues tout au long de leurs parcours par la chaleur échangée avec les eaux maritimes de surface chaudes, peuvent dévaster végétation et habitations ; ainsi les cyclones de 1898, de 1950, d'avril 1984 ou de janvier 1987.

Transports[modifier | modifier le code]

« La Barge », le moyen de transport entre Mamoudzou et Dzaoudzi

L'investissement français depuis une trentaine d'année est tangible sur plus de 230 km de routes asphaltées où circulent voitures et deux-roues de divers types. Le contraste est grand avec les années 1980, où une circulation peu dense ne laissait apercevoir que de rares berlines à part la 4L des taxis, des méharis de légionnaires ou des camionnettes bâchés dénommées taxis-brousse.

Le port en eau profonde est un port d'escale mineur dans le canal de Mozambique.

Divisée en deux îlots, Mayotte est difficile d'accès. Le débarcadère de Mamoudzou, en Grande-Terre, ne peut accueillir que des embarcations légères.

L'unique aéroport desservant l'île est celui de Dzaoudzi-Pamandzi.

Environnement et patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Faune des Comores et Flore des Comores.

Si les eaux chaudes du lagon peuvent abriter les baleines accoucheuses vivant sur leurs réserves de graisses australes, puis leurs petits en lactation, les tortues marines viennent pondre sur les plages au voisinage de leurs herbiers. Le lagon est nourricier pour les poissons, les mangroves jouent un rôle de nettoyage écologique, entravant l'écoulement des sédiments, augmentant la densité animale et végétale, notamment des espèces piscicoles au stade juvénile.

À proximité des herbiers à tortues et de leurs plages immémoriales, poussent des baobabs Adansonia digitata qui abritent parfois des colonies de roussettes, cette chauve-souris géante et frugivore. Ces paysages ne sont pas imaginaires, il en existe encore dans le sud de la Grande-Terre, à la pointe de Saziley, à Ngouja ou au nord de Petite-Terre.

Il existe une centaine d'espèces d'oiseaux, la plupart typiques des terres africaines et malgaches voisines.

Mayotte était initialement très riche en biodiversité, mais la forêt primaire y a récemment disparu, entraînant des risques d'instabilité pour les terrains et le littoral ainsi qu'une pollution et dégradation du lagon, alors que la pression foncière et la démographie ne cessent de croître.

Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont notamment les espèces introduites et éventuellement invasives, avec risques croissants d'invasion biologique ; la fragmentation par les routes, qui dégradent l'intégrité écologique de l'île ; les impacts du tourisme ; la dégradation des récifs coralliens par la pollution et par accumulations de sédiments terrigènes (déjà plusieurs kilomètres carrés sont touchés dans les lagons de Rodrigues et de Mayotte d'où ont disparu les scléractiniaires, à la suite de la destruction des forêts qui protégeaient les sols de l'érosion. Bien que les taux de pesticides mesurés dans l'eau soient (en 2011) moindres qu'en métropole[10]. (mais plus élevés qu'en Guyane[10]), les Engrais et pesticides, comme le DTT, peuvent aussi être emportés par les eaux pluviales et favoriser voire rendre permanent le blanchiment des coraux (coral bleaching)[11]. La collecte de coquillage, la pêche excessive et certaines activités extractives (sable corallien), l'agriculture et la divagation d'animaux peuvent aussi avoir des impacts négatifs.

Les tortues marines (verte et imbriquée essentiellement) et les mammifères marins emblématiques du lagon sont protégés, et le Lémur brun, lémurien agile qui se nourrit de fruits et de feuilles, vit en groupe de sept à douze dans les forêts et agro-forêts de l'archipel.

Le problème des déchets est crucial pour l'avenir de l'île en matière de tourisme, d'écologie et de santé publique. Un problème accentué par différents facteurs : le caractère insulaire et vallonné, la forte densité de population (plus de 500 habitants au km² en moyenne), une population ayant accès à des objets polluants et nombreux sans avoir été éduqués à leur gestion, l'absence d'un dispositif de collecte approprié (déchetteries, valorisation des déchets, poubelles et containers suffisants...) et un cadrage institutionnel récent (code de l'environnement, plans de gestion des déchets...)
Pourtant, un travail compliqué (au sens des enjeux, budgets et problématiques à croiser pour un tel territoire) est à faire, notamment de restauration des milieux écologiques (mangroves, cours d'eau), de nettoyage des abords des routes et des décharges, d'éducation de la population à l'environnement et d'urbanisme[12],[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Temps anciens[modifier | modifier le code]

Les VIIIe et IXe siècles voient les premières installations humaines. Il semble que les premiers habitants appartiennent déjà aux premiers peuples swahilis, caractérisés par une riche culture répandue sur l'ensemble des rivages de l'Afrique orientale de la Somalie au Mozambique[14]. Mayotte et Anjouan ont été occupées apparemment plus tardivement car les deux îles se différencient de l'ensemble des Comores par une évolution linguistique spécifique. La civilisation swahilie qui aborde ces îles inoccupées est donc d'emblée sophistiquée. Le commerce maritime, très actif dès cette époque, atteste de contacts avec le Moyen-Orient islamisé.

Aux XIIIe et XVe siècles, l'île est sous la domination de chefs islamisés, les Fani. Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants.

Vers 1470, le sultanat shirazi s'établit et est reconnu jusqu'au début du XIXe siècle. Le dernier sultan shirazien est renversé par Andriantsoly, un dynaste sakalava qui, débarqué de Nosy Be, s'impose entre 1828 et 1831.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1503, l'île Mahore est mentionnée par une escadre portugaise qui l'aborde, et d'après les archives de l'amirauté portugaise, elle est cartographiée par Diego Ribeiro en 1527[15]. Ce repérage soigneux permet de l'éviter à la façon des convois de boutres qui ont sillonné de manière multiséculaire le canal du Mozambique. C'est pourquoi tout au long des XVIe et XVIIIe siècles, l'île n'est pas un lieu d'escale ordinaire pour les grandes flottes et n'accueille que quelques grands navires européens égarés et prudents, venus par nécessité s'y ravitailler.

De 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte. De 1795 à 1820, les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisaraka) dépeuplent considérablement l'île.

Les influences venues de l'ensemble de l'océan Indien, mais aussi de la côte africaine, chamboulé par l'irruption des Bantous, et de la côte malgache ne cessent de façonner la société swahilie îlienne. Une immigration bantoue et malgache commence insensiblement[16]. Des Malgaches, essentiellement sakalaves, prennent le contrôle du sud et d'une partie ponctuelle de l'est de l'île.

Après 1832, l'île passe sous la domination de Andriantsoly, ancien roi sakalava du Iboina à Madagascar, appelé par le sultan shirazi de Mahore et les occupants méridionaux malgaches pour arbitrer leurs conflits et empêcher les agressions extérieures. Guerrier converti à l'islam ayant épousé la fille du sultan et aussi diplomate respecté auprès des communautés swahilies et malgaches, Andrian Souly devient ensuite le sultan reconnu de l'île dont il s'efforce de préserver la souveraineté malgré les continuelles hostilités et menaces. À la suite de la prise de Nosy Be (Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence de ce sultan, ancien roi sakalava, à Mayotte, qui demande une protection maritime.

Intégration progressive à la République française[modifier | modifier le code]

Achat par la France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : protectorat de Mayotte.

Andriantsoly a hérité du sultanat en 1832 après avoir écarté Bwana Kombo (ou « Buanacombé », ou « Banakombo »), un fils de Mawana Madi, qui trouve refuge à Mohéli. Il doit alors défendre l'île contre les visées du hova Ramanetaka - devenu le maître de Mohéli sous le nom d'Abderahmane - et des sultans d'Anjouan, Abdallah puis Salim (1836). Andriantsoly souhaite préserver l'autonomie de son île face aux autres souverains comoriens. Or, dépourvu d'allié contre ces derniers et contre la monarchie malgache soutenue par la Grande-Bretagne, il se sait menacé. Il se tourne alors vers les rivaux des Britanniques, les Français, qui viennent de s'emparer de Nosy Be. C'est dans ce contexte que, le , le sultan vend Mayotte à la France cédant ainsi sa souveraineté à la Monarchie de juillet de Louis-Philippe Ier. En échange il obtient du capitaine Pierre Passot (envoyé par Anne Chrétien Louis de Hell), une rente viagère personnelle de mille piastres (5 000 francs) et le droit d'élever deux enfants du sultan à la Réunion. Ce traité est ratifié officiellement par l'État français en 1843.

Colonisation[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Colonie de Madagascar et Colonie de Mayotte.

La souveraineté française sur Mayotte est indépendante du partage de l'Afrique issu de la conférence de Berlin qui n'aura lieu qu'après 1885. Mayotte devient en effet une colonie française après son achat en 1843 sous le règne de Louis-Philippe Ier. L'abolition de l'esclavage à Mayotte est prononcée le 9 décembre 1846 alors que l'Île avait jusque là été soumise à la traite arabe. La Monarchie de Juillet est contestée et la révolution française de 1848 rétablit la République. L’article 3 du Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, votée quelques mois plus tard, confirme l'abolition de l'esclavage dans l'île. La conférence de Berlin s'achève en 1885, le partage de l'Afrique entre les puissances européennes est alors décidé et la France déjà présente à Mayotte, va utiliser l'île pour prendre le contrôle de l'ensemble de l'archipel des Comores. En 1886, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte tandis que Mayotte, quant à elle, garde son statut de colonie. L'archipel des Comores devient alors les Îles de «Mayotte et dépendances». À partir de 1908, l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement général de Madagascar et dépendances. La différence de traitement entre Mayotte et le reste de l'archipel devient de plus en plus une source de tensions. L'ensemble de l'archipel reste contrôlé depuis Dzaoudzi, ancienne capitale du sultanat de Mayotte.

TOM et indépendance comorienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Territoire des Comores.

En 1946, les Comores sont séparés de Madagascar et deviennent un territoire d'outre-mer (TOM). Après avoir refusé d'accéder à l'indépendance lors du referendum de 1958 organisé par le Général De Gaulle, les Comores obtiennent le (loi no 1412) un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804). Ce statut d'autonomie interne donne jour à un Gouvernement comorien élu par l'Assemblée Territoriale. De 1961 à 1970, l'ancien député Said Mohamed Cheikh est élu Président du Conseil de gouvernement jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. C'est durant cette période, en 1966, que la capitale Dzaoudzi (Mayotte) est transférée à Moroni, huit ans après la décision du transfert[17].

Au cours de cette période naissent les premiers mouvements politiques qui contestent le pouvoir de Saïd Mohamed Cheikh et pour certains, réclament l'indépendance. D'autres, comme le Mouvement populaire mahorais réclament au départ plus d'autonomie vis-à-vis des autres îles.

Né en 1958, l'UDIM est un mouvement créé par un créole natif de Sainte-Marie, Georges Nahouda. Son neveu, Marcel Henry, poursuit le combat avec la création du MPM à la mort de ce dernier la même année. Associé à une partie de l'élite mahoraise (dont Younoussa Bamana), Marcel Henry poursuivra le combat pour Mayotte française jusqu'au bout. Le MPM obtient le soutien d'une partie importante de la classe politique française.

Cependant, dans les années 1960 d'autres mouvements politiques voient le jour dont le parti « Serrez-la-main ». Ce parti revendiquait l'indépendance de Mayotte vis-à-vis de la France. Nombres d'échauffourées[réf. nécessaire]} eurent lieu entre ce dernier et le MPM. Le MPM se radicalise et demande la séparation de Mayotte et des autres îles et notamment la départementalisation de Mayotte.

Le , le Comité spécial de la décolonisation de l'Organisation des Nations unies inscrit l'archipel des Comores à sa liste des territoires devant accéder à l'autodétermination. Le , la France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à l'indépendance. Le juin , la France organise aux Comores un référendum. Si le suffrage obtient dans son ensemble plus de 90 % pour l'indépendance du territoire, Mayotte se singularise en votant en petite majorité pour le maintien des Comores au sein de la République française (65 % pour le maintien, 35 % contre le maintien[18].

Un nouveau gouvernement français arrive au pouvoir en France et, conformément à une recommandation d'un groupe de parlementaires venus en voyage d'étude dans l'archipel, celui-ci envisage de considérer le résultat « île par île ». Le président du Conseil de Gouvernement, Ahmed Abdallah, déclare unilatéralement une indépendance immédiate des Comores, sans que le processus prévu par les accords ne soit mené. Mayotte reste cependant sous administration française au détriment de la déclaration du gouvernement comorien. L'Union des Comores revendique Mayotte et refuse cette séparation qui remet en cause l'intégrité territoriale de l'archipel. L'Union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère[19].

En pleine guerre froide, la France a le projet d’y implanter une base militaire navale dotée d’un port en eau profonde. Ce projet ne verra pas le jour, mais sera compensé par l’implantation d’une station d’écoute du réseau satellitaire français d’espionnage des communications (réseau Frenchelon), mise en service en 2000 sur l'île de Petite-Terre[20], le centre d'écoute militaire des Badamiers.

Le 6 février 1976, la France oppose son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour empêcher l'adoption d'un projet de résolution lui demandant d'engager des négociations avec le gouvernement comorien en vue de la rétrocession de Mayotte et de renoncer à la tenue d'un nouveau référendum[21],[22].

Ce second référendum a lieu le [3],[4] et confirme par un taux de 99,4 % (82,3 % des inscrits) le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la République française. Par résolution no 31/4 du 21 octobre 1976, l'Assemblée générale des Nations unies, considérant ce référendum comme nul et non avenu, condamne la présence française à Mayotte[23], cependant que la France argue que cette résolution ne constitue qu'un avis dépourvu de force juridique. L'assemblée générale de l'ONU s'appuie sur la déclaration du , « sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples colonisés », point numéro 6 sur la préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur le droit à l'autodétermination. Dans sa résolution du 6 décembre 1994[24], l'Assemblée générale de l'ONU a rappelé et confirmé l'appartenance de Mayotte à l'État comorien. Depuis 1995, la question de Mayotte n'est plus venue à l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU.

DOM[modifier | modifier le code]

L'organisation par la France d'un référendum sur la départementalisation de Mayotte est contesté en 2008 par le président de l'Union des Comores[25], mais à la suite de ce référendum du où 95 % des votants (soit 57 % des électeurs) confirment leur volonté de rester rattachés à la France, Mayotte obtient en 2011 un statut de département, devenant le 101e département français et le 5e département d'outre-mer (DOM).

Dès l'automne 2011, d'importants mouvements de contestation contre l'augmentation du coût de la vie paralysent l'activité de l'île[26]. Le gouvernement nomme alors un médiateur afin de dénouer la crise[27].

Manifestations et violences d'octobre 2011[modifier | modifier le code]

Pendant plusieurs semaines, des manifestations sont organisées contre la vie chère. L'île est progressivement paralysée et les actes de violence se multiplient. Des magasins sont pillés, des barrages sont montés. Les gendarmes mobiles chargent à plusieurs reprises[28] ; un manifestant décède dans ces affrontements et un autre est grièvement blessé[29]. Les médias de la métropole observent un silence général sur les événements[30].

Administration[modifier | modifier le code]

Statut juridique[modifier | modifier le code]

La loi du relative à Mayotte prévoit l'application progressive du droit commun français à Mayotte, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Cette loi a fait de Mayotte une collectivité départementale, dotée d'un conseil général, et d'une administration décentralisée, en place depuis le , ce statut subsistant jusqu'au 30 mars 2011. Depuis 2001, les règles applicables à Mayotte figurent au code général des collectivités territoriales. La loi organique du 21 février 2007 a réécrit ce statut, en prolongeant la logique de la loi de 2001. Ensuite, après le 1er janvier 2008, hormis quelques matières (fiscalité, urbanisme, droit social...), l'identité législative régit le régime législatif de Mayotte : cela signifie que le droit commun sera applicable, comme dans les DOM.

La décentralisation rencontre des écueils similaires à ceux connus en 1982 en métropole, aggravés par la faiblesse de la pratique démocratique qui est à la fois récente et plaquée sur la culture ancestrale et cosmopolite des habitants de l'île. Le clientélisme est très développé[réf. nécessaire].

L'État français est représenté jusqu'au 30 mars 2011 par un commissaire du gouvernement faisant fonction de préfet. En matière d'éducation nationale, Mayotte constitue un vice-rectorat.

Le changement de statut de l'île se traduit aussi en termes d'enjeux environnementaux pour lesquels les collectivités locales ont une responsabilité croissante[31].

Départementalisation[modifier | modifier le code]

Mayotte est devenu le un département d’outre-mer et une région d’outre-mer.

À l'issue du renouvellement du conseil général en mars 2008, les conseillers généraux de Mayotte ont adopté le vendredi une résolution (à l'unanimité) invitant le gouvernement français à transformer la collectivité en DOM. Il appartenait donc au gouvernement de consulter dans les douze mois la population de Mayotte sur le processus de départementalisation. Toutefois l'ONU et les Comores avaient prévenu qu'elles considéraient comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte[32]. La consultation a eu lieu le [33],[34], selon l'engagement du président de la République, Nicolas Sarkozy. L'ensemble des organisations politiques locales se sont prononcées en faveur du « Oui ». La participation a été marquée par une forte abstention (38,63 %). Le « Oui » l'a emporté avec plus de 95,2 % des suffrages exprimés[35].

Une loi organique et une loi ordinaire précisant les conditions de cette transformation effective au lendemain des élections cantonales de 2011, la collectivité étant alors régie par l'Article 73 au lieu de l'Article 74, sont examinées à l'automne 2011. La loi prévoit des aménagements transitoires comme la création seulement en 2014 d'une fiscalité locale[36].

Mayotte est donc devenu[37] le 101e département français et le cinquième en Outre-mer avec la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion, le 31 mars 2011. Elle exerce les compétences dévolues aux départements d’outre-mer et aux régions d’outre-mer, la même assemblée exerçant les compétences du conseil général et celles du conseil régional. La loi organique prise à cet effet a été validée par le Conseil constitutionnel[38]. Les deux lois (organique et ordinaire) ont été promulguées le 7 décembre 2010 et publiées au Journal officiel du 8 décembre.

Ce nouveau statut ne fait pas entrer automatiquement le 101e département dans la catégorie des régions ultrapériphériques. Mais la demande d’intégration de Mayotte comme partie intégrante de l'Union européenne (UE) est approuvée par le Conseil européen le 11 juillet 2012[39]. Selon cette décision, Mayotte conserve son statut de pays et territoire d'outre-mer jusqu'au et devient, le , la neuvième région ultrapériphérique de l'Union[40].

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Communes de Mayotte
Articles détaillés : Communes de Mayotte et Cantons de Mayotte.

Mayotte compte 17 communes. À chaque commune correspond un canton excepté pour Mamoudzou qui en regroupe trois, ce qui fait 19 cantons. Chacune des 17 communes regroupe le plus souvent plusieurs villages. Contrairement à la plupart des départements, Mayotte n'est pas divisée en arrondissements ; elle est assimilée à un arrondissement unique, sa préfecture siégeant à Mamoudzou, le chef-lieu du département, sans autre sous-préfecture.

Les communes les plus peuplées sont celles de Mamoudz dembeni et Dzaoudzi.

La propriété du port de Mayotte a été transférée au Conseil général[41].

Élus de Mayotte[modifier | modifier le code]

Les habitants de Mayotte sont représentés à l'Assemblée nationale depuis juin 2012 par deux députés, Boinali Saïd (DVG) et Ibrahim Aboubacar (PS), ainsi qu'au Sénat par deux sénateurs : Thani Mohamed Soilihi (DVG) et Abdourahamane Soilihi (UMP).

Vie politique[modifier | modifier le code]

En 1958, cinq territoires d'outre-mer, faiblement peuplés, choisissent de conserver leur statut et de ne pas devenir des États au sein de la nouvelle Communauté française : il s'agissait de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Côte française des Somalis, du Territoire des Comores, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Ces TOM continuèrent d'envoyer des représentants à l'Assemblée nationale, mais en raison du délai de l'exercice de l'option, ils ne purent participer aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, les premières de la Ve République. Le siège de député de Mayotte remonte donc à celui des Comores, depuis que, par son vote du (« Oui » à 99,4 %, soit 82,3 % des inscrits[3]) a maintenu ses liens avec la France.

En 1978, c'est l'UDF Younoussa Bamana qui a été le premier député élu, puis réélu, dans cette collectivité territoriale de 19 000 électeurs. Avec l'élection de François Mitterrand, c'est Jean-François Hory, proche du PRG qui est alors élu (alors que Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu 89,9 % des voix peu de temps auparavant). En 1986, c'est un centriste, Henry Jean-Baptiste, qui est élu, puis réélu en 1988 et en 1993, alors que l'île dépasse désormais 30 000 électeurs. Malgré la montée progressive de son rival RPR dissident, Mansour Kamardine, c'est toujours Jean-Baptiste qui est élu en 1997 (51,7 %). Ce n'est qu'en 2002, avec le retrait de ce dernier que Mansour Kamardine est élu au 2e tour député avec l'appui du président du Conseil général, Younoussa Bamana, face au candidat UDF-MDM, Vita Siadi.

En 2007, Abdoulatifou Aly, candidat de la Force de l'Alternance du Mouvement départementaliste mahorais (une dissidence du Mouvement départementaliste mahorais) est élu au second tour des législatives contre Mansour Kamardine. Abdoulatifou Aly appartient au Mouvement démocrate de François Bayrou.

Début 2008, le projet de départementalisation de Mayotte a resurgi. Le secrétaire d'État Roger Karoutchi a annoncé le 24 janvier qu'à l'issue des élections de mars, le conseil général, s'il le souhaitait, adopterait une résolution pour que Mayotte devienne un département-région. Or, à la suite des élections cantonales de mars 2008, Ahmed Attoumani Douchina conseiller général du canton de Kani-Kéli (UMP), a été élu président du conseil général par 13 voix contre 5 et 1 bulletin nul succédant à Saïd Omar Oili, sans étiquette, président du Nouvel élan pour Mayotte (Néma). Le nouveau président a été élu par une coalition UMP-PS-MDM (le MDM est issu du Mouvement populaire mahorais), favorable à une telle évolution qui était alors attendue pour 2008 ou 2009[42]. L'ONU et les Comores avaient alors prévenu qu'elles considéraient comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte[32]. Le référendum pour la départementalisation a eu lieu le 29 mars 2009.

Lors de sa visite, le ministre de l'Outre-mer Christian Estrosi à Mayotte a évoqué la possibilité de revenir sur le droit du sol pour décourager l'immigration illégale, mais cette idée n'a pas été reprise par son successeur Yves Jégo.

Le statut de DOM est peut-être incompatible avec le maintien du statut personnel (voir plus bas), la question n'est d'ailleurs pas claire à ce sujet, dès lors que par exemple certains Guyanais disposent d'un tel statut, et que la Constitution « protège » le statut personnel.

La départementalisation suppose des évolutions notables, dont certaines sont mises en œuvre depuis 2005  : l'âge légal minimum des femmes pour se marier est relevé de 15 à 18 ans, les mariages polygames sont interdits, même si les situations acquises ne sont pas remises en cause, la justice cadiale cède la place à une justice civile. Les minimaux sociaux seront aussi progressivement augmentés, en commençant par les deux seuls en vigueur, ceux pour les adultes handicapés et les personnes âgées. De même, la transformation de Mayotte en DOM devrait permettre l'attribution du revenu de solidarité active, ce qui explique le lobbying d'une grande partie de la classe politique en ce sens. Le RSA[43] sera versé à partir de 2012, à environ le quart de ce qu'il représente en métropole et sera ensuite progressivement revalorisé sur une période de 20 à 25 ans, en fonction du rythme du développement économique de l'île mais, avec la mise en place d'un cadastre, la taxe d'habitation et la taxe foncière devraient également faire leur apparition.

Fin 2012, la situation sociale à Mayotte reste problématique. « 75 % de l'île ne parle que le Shimaoré, 48 % des adolescents de 16 à 18 ans sont illettrés et en échec scolaire, 64 % des élèves de CE1 échouent à l'épreuve de français[44]. »

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Mayotte.

En 2012, date du dernier recensement, la population était de 212 645 habitants, contre 185 000 habitants en 2007. Mayotte a une population très jeune : 70 % des habitants sont âgés de moins de 25 ans (en 2007).

L'amélioration des conditions d'hygiène, de santé publique (médecine rurale, préventive, gratuite pour tous jusqu'en 2005) et du niveau de vie a eu pour conséquence une diminution du taux de mortalité passé de 25 ‰ habitants lors du recensement de 1958, à 7,36 ‰ en 2008.

Même si l’on assiste à une baisse de la natalité, celle-ci reste encore forte, avec un indice synthétique de fécondité de 4,5 enfants par femme en 2008 contre 8,1 en 1978[45].

Quant au taux d'accroissement annuel de la population, il est l'un des plus forts de l'outre-mer français, après la Guyane, avec 2,7 %.

Santé[modifier | modifier le code]

Mamoudzou est l'unique ville où se trouve un hôpital, dont une annexe est ouverte à Dzaoudzi, sur Petite-Terre. Des maternités dites intercommunales sont ouvertes : Mramadoudou au sud de l'île (2005) et Kahani commune de Ouangani au centre (2006). La maternité de Dzoumogné au nord est construite en début 2010 et terminée en milieu 2010 par la société SMTPC filiale du groupe VINCI.

Cela dit, la grande majorité des naissances a lieu à Mamoudzou : 54 % des naissances annuelles dans l'île en 2003, 57,3 % en 2004[45].

Depuis le , les soins ne sont plus gratuits sur le territoire. Les patients doivent présenter une carte de Sécurité sociale ou acquitter un droit forfaitaire auprès des structures de soins publics ou des honoraires auprès d'un médecin privé.

Il existe aussi des dispensaires dans les villages, qui se partagent les rares médecins de garde.

Depuis 2005, des infirmiers s'installent en libéraux, assurant les soins à domicile.

Bien qu'il soit possible de bénéficier de la Couverture Maladie Universelle à Mayotte, les habitants ne peuvent bénéficier de la CMU-Complémentaire comme en métropole.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L’enseignement est administré dans le département par le vice-rectorat de Mayotte.

Lycées du département de Mayotte : lycée de Sada (Mayotte) et lycée Younoussa-Bamana de Mamoudzou.

Le Centre universitaire de Mayotte est un établissement français d'enseignement supérieur situé sur l’île de Mayotte, à Dembéni, et créé en 2011. Les autorités mahoraises espèrent une évolution prochaine du Centre vers une université de plein exercice.

Immigration[modifier | modifier le code]

Un habitant de l’île de Mayotte sur trois est un étranger en situation irrégulière. Le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ne s’applique pas à Mayotte.

En 2011, près de 22 000 sans-papiers, souvent originaires des Comores voisines, ont transité par le centre de rétention administrative (CRA) de Pamandzi. La capacité du centre de rétention est limitée, à la fin de l’année 2012, à 100 places. Des crédits ont été votés pour la construction d’un second CRA, mais il ne devrait pas être ouvert avant 2014[46].

Médias[modifier | modifier le code]

Le , le département accède "pour la première fois" à l'internet haut débit après avoir été raccordé au câble sous-marin Lion 2 de France Télécom-Orange[47].

Économie[modifier | modifier le code]

Le tertiaire administratif occupe, en 2001, 45 % des salariés de l'île. Outre l'administration, les travaux publics, le commerce et ses services associés sont les principaux employeurs. Malgré une croissance de 9 % par an, le taux de chômage atteint 22 %. Le SMIC à Mayotte est de 63 % inférieur au SMIC national. Le revenu annuel des ménages était de 9 337 euros en 2005 contre 29 696 euros en métropole[48]. Selon l'INSEE, Mayotte souffre plus des inégalités que du niveau moyen de revenu[49].

Agriculture, élevage et pêche[modifier | modifier le code]

Pêcheurs à Moya (Petite-Terre)

Mayotte est une île où la population pratique une agriculture vivrière. Le produit national brut (PNB) par habitant n’était que de 1 000 dollars par habitant en 1993. Le taux de chômage s’élevait à 38 % en 1995, mais ne s’élevait plus qu'à 29 % au recensement de 2002[50]. Le revenu minimum d'insertion ne s'applique pas à Mayotte[51].

Les productions agricoles sont principalement les cultures vivrières et notamment le riz et le manioc et les fruits tropicaux, banane, noix de coco, ananas et mangues. Mais l'on trouve également des cultures spécialisées d'exportation, l'ylang-ylang et la citronnelle utilisés dans la parfumerie, la vanille, la cannelle et le girofle.

Un élevage bovin, caprin et avicole (production d'œufs) se maintient. La mer fournit, outre les poissons de la pêche côtière, espadons, langoustes, mérous et crevettes.

Énergie[modifier | modifier le code]

EDM (Électricité de Mayotte) est une société anonyme d’économie mixte (SAEM) détenue à 50,01 % par le conseil général de Mayotte, 24,99 % par Électricité de France (EDF), 24,99 % par SAUR International et 0,01 % par l’État. EDM est entrée aux IEG (Industries Électriques et Gazières) le 1er janvier 2011. Elle exerce la mission de service public de production, distribution et commercialisation de l’électricité sur l’île de Mayotte. Ses activités entrent entièrement dans le domaine régulé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). La Direction Générale ainsi que l’ensemble des postes de responsables des pôles opérationnels sont assurés par des agents du Groupe EDF.

Début 2012, le domaine production de l’entreprise se caractérise par les spécificités suivantes :

  • La production est assurée exclusivement par 17 moteurs diesel semi-rapides de puissances et de technologies hétérogènes (de 750kW à 8MW), répartis sur 2 sites : un sur Petite Terre mis en service en 1987 (centrale des Badamiers), un sur Grande Terre mis en service en 2009 (centrale de Longoni),
  • La puissance totale installée est de 77.5 MW,
  • Mise en service de nouveaux moyens de production tous les 3 ans pour suivre la forte croissance de la demande et déclassement associé des plus vieux moteurs,
  • Projet de construction d’une centrale de 36 MW en cours (Centrale Électrique de Longoni 2, ajout de 3 moteurs thermiques diesels 12V46 de 12 MW),
  • Projet de mise aux normes environnementales (traitement des fumées notamment) en cours.

En 2013, 30% de l’énergie totale sur l’île provient de l’énergie solaire.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le lac Dziani Dzaha

L'île de Mayotte, qui possède des reliefs côtiers forts variés, offre cependant moins de plages de sable blond que ses voisines la Grande Comore, Mohéli, les Seychelles, l'île Maurice et Madagascar.

Certaines activités touristiques sont structurées :

Le tourisme reste une activité peu développée dans l'île. Les capacités hôtelières de l'île sont réduites : 150 établissements, dont 80 de confort convenable, selon le CES en 1997. Selon une étude de l'Insee[52], 9 300 touristes auraient fréquenté Mayotte au premier semestre 1999[53], dont 44 % de la Réunion et 42 % de la métropole. 42 % du total correspond à des visites familiales. Le séjour durait en moyenne 9,6 jours pour une dépense moyenne de 50 € par ménage de 1,5 personne.

Pendant longtemps, il n'y a pas eu de vol direct entre Mayotte et la métropole. En effet, la compagnie réunionnaise Air Austral possédait un quasi-monopole sur la destination, partagé avec la compagnie Comores Aviation, et ne proposait que des vols avec escales à l'île de La Réunion, alors que les Boeing 777 d'Air Austral atterrissent depuis 2005 à Mayotte[54]. Corsair offre aujourd'hui cette destination comme une liaison directe entre Paris-Orly et Mayotte[55]. XL Airways France offre quant à elle des vols directs entre Mayotte et Marseille, ainsi que vers Paris. L'Union des Comores est desservie par Inter-îles pour Anjouan, Air Austral pour Moroni.

Culture mahoraise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des Comores.

Plusieurs cultures se côtoient à Mayotte, mais la culture mahoraise qui concernait il y a quarante ans 60 % de la population s'est imposée progressivement sous une forme syncrétique à l'ensemble de la population locale. Il reste toutefois dans le sud de l'île des isolats d'une seconde culture malgache, toutefois fortement marquée par la culture mahoraise au point de n'être difficilement discernable qu'au regard avisé. Enfin la culture française comme d'une manière générale, la civilisation occidentale moderne imprègne de plus en plus la culture locale.

Langues[modifier | modifier le code]

Le français est la langue officielle. Mais il n'est pas ou peu connu des personnes âgées originaires du monde traditionnel de l'île. Celles-ci, ainsi que la plupart des plus jeunes, maîtrisent une langue africaine bantoue, le shimaore, ou des dialectes du malgache, le kiantalaotsi ou le shibushi, parlers vernaculaires du sud ou de l'ouest de Mayotte. Le shimaore varie légèrement d'un village à l'autre sous l'influence d'autres dialectes des autres îles Comores. Le shimaore est de facto la lingua franca indigène pour un usage au quotidien.

On estime que l'illettrisme en français concernait en 2000 environ 35 % des hommes et 40 % des femmes. Toutefois cet illettrisme français est aussi causé par une piètre familiarité avec l'alphabet latin. L'illettrisme en arabe est moindre car la langue et l'alphabet arabes sont enseignés avec assiduité dans les madrasas. Toutefois depuis la dernière décennie de gros efforts sur l'instruction ont été menés par l'État, ce chiffre a donc constamment baissé et l'illettrisme ne concerne qu'une certaine catégorie de la population relativement âgée.

Cultures traditionnelles[modifier | modifier le code]

La société mahoraise traditionnelle est matriarcale. La femme a un rôle déterminant, des tâches économiques de base à la politique en passant par la vie associative. Une femme à tout âge ne peut que s'épanouir ou aller vers le succès de ses diverses entreprises alors que l'homme a atteint sa plénitude à son mariage. À cette occasion autrefois fort coûteuse pour la gent masculine, la femme reçoit cadeaux et bijoux, autrefois en or, qu'elle portait ensuite pour afficher son statut social. L'autorité de la mère, possédant biens et maisons, forte d'avoir élevé ses enfants et assemblé sa parentèle ou sa descendance, pouvait chasser ou sauver son conjoint lorsque les critères sociaux, communément constatés par la communauté villageoise, avaient confirmé la déchéance maritale. D'une manière générale, c'est l'autorité de l'épouse active qui protège sur ce plan mari et foyer. Il va de soi que l'importance de la sœur d'un mari jouait un rôle crucial en cas de dispute familiale, au cas où celle-ci avait un rang au moins similaire à sa belle-sœur.

Le deba est une rencontre sous forme de chant et de danse religieux. Les femmes vêtues de chatoyants lambas au motifs similaires, et assemblées d'après des critères d'appartenance à une même petite communauté forment un chœur lancinant, laissant aux hommes l'apport musical rythmé. Ainsi s'organise une forme de rivalité chorégraphique entre villages.

Traditions masculines et jeux virils d'autrefois[modifier | modifier le code]

Une banga à Mtsamoudou

Les jeunes hommes après l'adolescence quittent la case familiale ou maternelle et construisent des bangas, petites maisons dont le toit était autrefois en bois, en bambou ou en raphia et feuille de cocotier et qui leur permettent de s'initier à la vie adulte en y invitant les filles auxquelles ils peuvent se fiancer.

Un homme marié trouve à ne pas perdre son prestige en initiant ses neveux. Ainsi le meilleur pédagogue des techniques traditionnelles conservait un statut particulier au sein de sa famille et de sa communauté.

« Femmes malgaches, élégantes de Mayotte » (phot. Léon Humblot, fin du XIXe siècle)

Le moringue ou mouringué, analogue à la capoeira brésilienne, était pratiqué, jusqu'à la fin des années 1980, entre villages rivaux. Il a, actuellement, presque disparu. On peut encore avoir l'occasion d'assister au moringue mahorais durant le mois de ramadan : au coucher du soleil, après avoir bien mangé, les gens se regroupent sur la place publique, tapent sur les tam-tam et pratiquent le moringue. La seule différence avec la capoeira est que cette dernière se rapproche d'arts martiaux alors que le moringue n'a strictement aucun enseignement ni règle réellement définie. Des règles, il y en a, comme obligation de combattre à mains nues, et auparavant chacun des deux protagonistes pose son pied sur celui de l'autre et vice versa, empêchant ainsi la fuite. La rancune reste interdite une fois le combat fini et en dehors de celui-ci. S'il doit y avoir vengeance, celle-ci se fera à un prochain mouringué, ou lors du même moringué. Mais le « moringue » est considéré, par les Mahorais comme un jeu, il est et reste aussi un moyen de règlement d'éventuels différends. C'est aussi un moment de convivialité. Les lutteurs deviennent très souvent amis après la lutte.

Auparavant, le moringué se faisait entre villages voisins, et peu importe la distance, on se déplaçait à pied. Des mouringués se font aussi tout autour de l'île et des invitations orales convient tout le monde à rejoindre le lieu dit. Un lutteur ne peut défier plus d'un adversaire en même temps, le nombre de combats n'est pas limité.

Soins et habits féminins traditionnels[modifier | modifier le code]

Il est commun d'observer des masques de beauté, principalement à base de bois de santal râpé mélangé à de l'eau, sur les visages féminins. Les cheveux, après un lavage avec une décoction de kapokier, étaient parfumés et tressés de façon savante. La chevelure était agrémentée avec des fleurs choisies pour les fêtes.

Le vêtement traditionnel féminin s'appelle le « nambawani ». Il se compose de deux parties : le saluva qui est un paréo, c'est-à-dire une jupe et le kishali, pièce de tissu qui se porte en châle, sur les épaules ou parfois replié sur la tête. Il servait autrefois de signes de reconnaissance communautaire.

Spectacles, musique et carnaval modernes[modifier | modifier le code]

De nombreux écrivains locaux racontent l'île à travers leurs ouvrages. Des spectacles divers illuminent les veillées des week-ends, du théâtre à la tradition locale en passant par la musique. Mayotte connait différentes sortes de musique dont le « m'godro », musique locale s'inspirant du salégy ou saleg, une musique malgache.

Un carnaval scolaire se perpétue vers les mois de juin-juillet. Au cours de l'année scolaire, les élèves organisent et préparent cet événement. Aidés des enseignants, ils illustrent le thème de l'année et le parfont. Celui-ci a souvent pour but d'informer et de sensibiliser la population et les jeunes, le sujet change chaque année. Dans les années 1990 se sont succédé des idées telles que les pirates, la tortue, et d'autres thématiques axées sur l'environnement et la vie de tous les jours.

Religion[modifier | modifier le code]

De tradition sunnite, introduite par des populations arabo-persanes, profondément imprégnée à la culture swahilie des Comores, religion structurant une société teintée de croyances africaines et malgaches, l'islam est pratiqué par 95 % de la population mahoraise. Dès l'âge de six ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République. Ceci dit cette double fréquentation est en perte de vitesse du fait de l'influence croissante de la République française et des médias français. La madrassa est donc de moins en moins une formalité pour les mahorais.

La communauté catholique, très minoritaire, formée d'environ 4 000 personnes, ne dispose que d'une seule paroisse avec deux lieux de cultes : l'église Notre-Dame-de-Fatima à Mamoudzou et l'église Saint-Michel à Dzaoudzi[56].

Incidence juridique : statut personnel[modifier | modifier le code]

Les Mahorais peuvent choisir entre :

  • le statut de droit commun, identique à la métropole (notaires, administrations, tribunaux…),
  • un statut personnel dérogatoire au code civil et à la laïcité, réservé aux musulmans originaires de Mayotte (ou éventuellement d'autres îles des Comores ou du nord-ouest de Madagascar). Ils peuvent renoncer à ce statut et choisir le statut de droit commun.

Le statut personnel peut toucher l'état des personnes mais aussi le droit des successions (discriminations selon la religion des héritiers) ou le droit foncier[57].

La loi d'orientation pour l'outre-mer no 2003-660 du 21 juillet 2003 a aboli la polygamie pour les nouvelles générations en déclarant : « Nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents. Le présent article n'est applicable qu’aux personnes accédant à l'âge requis pour se marier au 1er janvier 2005 ». Traditionnellement, la maison appartient à la femme à Mayotte et la répudiation ou le divorce représente donc essentiellement la perte d'un compagnon plutôt que la perte d'un statut social ou économique (les foundis et les aînés veillaient à la bonne tenue de la situation économique de la femme même après le départ du mari). Toutefois, la répudiation unilatérale a été abolie pour les personnes qui accèdent à l'âge du mariage à partir de 2005[58]. En outre, un décret du 1er juin 1939, interdit la lapidation des humains.

La justice touchant le statut personnel était rendue par des juges musulmans, les cadis[59]. Ces juridictions ont été supprimées par l'ordonnance no 2010-590 du 3 juin 2010, mais les juges ont toujours la faculté de consulter les cadis sur l'application du droit local ; mais ce sont les juges qui tranchent le litige.

Mosquées[modifier | modifier le code]

Construites autrefois dans la tradition arabo-shirazienne, les mosquées étaient de petite taille avant de subir l'évolution architecturale commune aux rivages africains. La plus ancienne connue en pierre est la mosquée de Tsingoni. Mais la tradition mahoraise rapporte l'arrivée des premiers musulmans prêchant la parole de paix et de soumission à Allah sur l'île de Petite Terre ou Dzaoudzi. La Ziyara de Pôlé est considérée dans cette tradition orale comme le lieu saint fondateur, à l'origine de la diffusion de l'Islam sur l'ensemble de l'île. La légitimité du pouvoir sacré des premiers sultans shiraziens émanait de ce lieu saint.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Poste et philatélie[modifier | modifier le code]

En matière postale, Mayotte a été le centre administratif des Comores dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce que prouve le cachet d'oblitération énonçant la provenance des lettres : « Mayotte et dépendances ». Intégrée administrativement ensuite et utilisant les timbres coloniaux de Madagascar de 1912 à 1950, de l'archipel des Comores de 1950 à 1975 et de France de 1975 à 1997, l'île obtient une autonomie philatélique et postale le 2 janvier 1997 en utilisant des timbres spécifiques choisis par la filiale locale de La Poste.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bien que le quorum n'ait pas été atteint lors de la première réunion du conseil général de l'île qui devait désigner un nouveau président et lancer officiellement le nouveau statut de Mayotte (cette réunion est reportée au 3 avril), le gouvernement français considère que le 101e département français a bien été créé le jeudi 31 mars puisque l'article 37 de la loi n° 2010-1487 du 7 décembre 2010 relative au département de Mayotte prévoit simplement que « Hormis celles de ses articles 30 à 35, les dispositions de la présente loi entrent en vigueur à compter de la première réunion suivant le renouvellement du conseil général de Mayotte en 2011. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nom issu de son surnom historique arabe Jazirat al Mawet soit « île de la Mort » (Mawet signifiant tout simplement « mort » en arabe).
  2. Malgré son nom officiel de Département de Mayotte, rien n’exclut dans les textes Mayotte du statut de région d’outre-mer. Ainsi, Mayotte n’est pas qu’un département d’outre-mer mais aussi une région d'outre-mer (« Le 18 avril 2008, le conseil général de Mayotte a effectivement voté à l'unanimité une résolution demandant que Mayotte soit soumise au statut de département et région d'outre-mer. Enfin, conformément aux engagements pris par M. Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, M. Yves Jégo, secrétaire d'État à l'outre-mer, a annoncé le 5 mai 2008 qu'un référendum serait organisé à Mayotte « en mars-avril 2009 » sur la question de la transformation du statut de l'île en département et région d'outre-mer. »Mayotte : un éclairage budgétaire sur le défi de l'immigration clandestine - Site du Sénat). Mayotte « connaît actuellement une évolution institutionnelle notable, avec sa transformation en Département et région d’outre-mer. »Questions à l’Assemblée nationale de juillet 2009
  3. a, b et c Consultation de la population de Mayotte quant à son rattachement aux îles des Comores.
  4. a et b Mayotte-Comores, op. cit. page 48 et suivantes
  5. Allocution de Son Excellence Dr IKILILOU DHOININE, Président de l’Union des Comores, à l’occasion de la Cérémonie de Signature des Accords sur la Délimitation des Frontières Maritimes entre la République du Mozambique, la République Unie de la Tanzanie et l’Union des Comores sur le site de la Présidence de l'Union des Comores 5 décembre 2011
  6. Mayotte devient le 101e département français, Le Monde, le .
  7. Le Monde.fr "Mayotte accède à son statut de département dans la confusion", consulté le 31/03/2011]
  8. Code officiel géographique
  9. Les padza désignent les zones de terres et/ou de roches au sens géologique, non couvertes par la végétation.
  10. a et b CGEDD (2013) Contamination des cours d’eau par les pesticides en 2011 (PDF 7 pages) et résumé), Chiffres et statistiques, n° 436 Jui llet 2013
  11. (en) William L. Steffen, A. Sanderson, P. D. Tyson, J. Jäger, F. Oldfield, K. Richardson, H. J. Schellnhuber, B. L. Turner II, R. J. Wasson, Global Change and the Earth System: A Planet Under Pressure, Birkhäuser,‎ 2005, 336 p. (ISBN 3540265945, lire en ligne), p. 190
  12. http://mayotte.orange.fr/news/mayotte/gestion-des-dechets-mayotte-progresse,28891.html (article et commentaires)
  13. http://www.iedom.fr/IMG/pdf/ne52_eclairage_dechetsmayotte_10.2008.pdf
  14. Par conséquent, ce ne serait pas un amalgame disparate de populations, d'un point de vue culturel. Cette civilisation typique des pourtours de l'océan Indien est apparentée à l'origine avec celle d'Indonésie (Austronésiens/Protomalgaches) comme avec celle de Madagascar.
  15. Maore est le nom swahili de l'île.
  16. Les Bantous sont plus présents sur la Grande Comore et sur Mayotte, que sur Anjouan. Les peuples malgaches appelés Sakalaves et Antalaotsi profitent de la proximité avec le sous-continent malgache.
  17. Philippe Lemarchand (dir.), L’Afrique et l'Europe, éditions Complexe, 1994[réf. incomplète]
  18. « Présentation », Ministère de l'Outre Mer (Mayotte)
  19. Sans tenir compte l'avis des mahorais. Résolution 3385 du 12 novembre 1975 des Nations unies [PDF]
  20. Pierre Caminade, Comores-Mayotte, Une histoire néocoloniale, 2010
  21. Projet de résolution S/11967 [PDF] ; (en) Compte rendu des débats [PDF]
  22. Onze voix pour (Chine, URSS, Bénin, Libye, Pakistan, Panamá, Roumanie, Guyana, Japon, Tanzanie, Suède) - Une voix contre (France) - Trois abstentions (États-Unis, Royaume-Uni, Italie)
  23. Voir la résolution 31/4 du 21/10/1976 de l'Assemblée Générale de l'ONU Assemblée Générale, « Question de l'île comorienne de Mayotte », ONU,‎ 1976 (consulté en 2010-12-28)
  24. Question de l’île comorienne de Mayotte, sur le site un.org du 6 décembre 1994
  25. Au cours d’une escale à Mayotte, le Chef de l’État réitère son refus d’un référendum dans l’île, sur le site beit-salam.km, consulté le 21 février 2013
  26. Mayotte paralysée par des manifestations contre la vie chère Le Monde - 07/10/2011
  27. Caroline Bruneau, « Le gouvernement nomme un médiateur à Mayotte », le Figaro,‎ 22 octobre 2011 (consulté le 23 octobre 2011)
  28. Vos témoignages de Mayotte : « La situation est incontrôlable » - Rue89, 20 octobre 2011
  29. Un manifestant décède à Mayotte lors d’affrontements avec la police - La Croix, 19 octobre 2011
  30. Faut-il un mort pour que les médias s'intéressent à Mayotte ? - Blog de Paul Tian, Le Nouvel Observateur, 19 octobre 2011
  31. Ballorain, K., & Nivert, N. (2010). L'évolution statutaire de Mayotte et les enjeux environnementaux : l'exemple de la protection des tortues marines. Écologie trophique de la tortue verte Chelonia mydas dans les herbiers marins et algueraies du sud-ouest de l’océan Indien, 9, 163.
  32. a et b site officiel de la présidence des Comores
  33. Les électeurs ont été convoqués par décret le (décret du 20 janvier 2009 (voir archive) [PDF]) afin de se prononcer sur l'instauration d'une collectivité unique exerçant les compétences dévolues aux départements et aux régions d'outre-mer. Le conseil des ministres du 14 janvier 2009 envisage un changement de statut lors du renouvellement du conseil général en 2011(http://www.mayotte.pref.gouv.fr/depot/departementalisation/conseil_des_ministres_du_14_janvier_09.pdf Conseils des ministres du 14 janvier 2009] (voir archive) [PDF]
  34. « Mayotte aura de nouveaux droits, mais aussi des devoirs » - Le Figaro, 29 mars 2009
  35. « Mayotte : le « oui » l'emporte massivement », Le Nouvel Observateur,‎ 29 mars 2009
  36. « La départementalisation de Mayotte se précise », L'Express,‎ 3 août 2010
  37. La transformation a lieu à l'occasion du renouvellement du conseil général en mars 2011 (Les conséquences de la départementalisation, préfecture de Mayotte (voir archive) [PDF]).
  38. Décision du Conseil constitutionnel du 2 décembre 2010
  39. Julien Arnoult, « Mayotte : 101e département français », Carto n°5,‎ mai-juin 2011 (consulté le 16 octobre 2011)
  40. « Décision 2012/419/UE du Conseil européen du 11 juillet 2012 modifiant le statut à l’égard de l’Union européenne de Mayotte » [PDF]
  41. Arrêté du 3 mars 2008 (complétant l'arrêté du 27 octobre 2006 modifié fixant la liste des ports maritimes relevant des collectivités territoriales et de leurs groupements où l'autorité investie du pouvoir de police portuaire est le représentant de l'État)
  42. « L'UMP prend la présidence du conseil général de Mayotte », Le monde.fr sur une dépêche AFP,‎ 20 mars 2008, 15h45 (consulté le 20 mars 2008)
  43. Pacte pour la départementalisation de Mayotte - outre-mer.gouv.fr, page 20 [PDF]
  44. « L'afflux de comoriens à Mayotte », France Info,‎ 7 décembre 2012 (consulté le 9 décembre 2012)
  45. a et b Fécondité et mortalité à Mayotte en 2009, MAYOTTE INFOS n°24, Insee, 2007
  46. Manuel Valls veut améliorer les conditions de rétention des sans-papiers à Mayotte - Le Monde, 11 décembre 2012
  47. Mayotte accède à l'Internet haut-débit - Le Figaro, 12 avril 2012
  48. À Mayotte, futur département français, tout reste à construire, Le Monde, 27 mars 2009
  49. Inégalités : les tristes records des départements d'outre-mer
  50. Mayotte : recensement de la population du 30 juillet 2002 - Insee Première no 940, décembre 2003 [PDF]
  51. 70 % selon le rapport Bonnelle, 18,5 % des actifs occupés selon le rapport du Conseil Économique et Social présenté par Miguel Laventure des 22-23 avril 1997 qui élude l’économie informelle. Voir Mayotte-Comores, op. cit. page 33
  52. Citée par La lettre de l'océan Indien, 22 juillet 2000.
  53. En 2006, l'île a reçu plus de 30 000 touristes (cité par le magazine Pleine Vie de mars 2007)
  54. source: magazine Air Austral
  55. source : www.corsairfly.com
  56. Bienvenue à la paroisse Notre-Dame de Fatima - Paroisse Notre-Dame de Fatima à Mayotte, 7 janvier 2012
  57. Pierre Caminade, Mayotte-Comores: une histoire néocoloniale, Marseille, Éditions Agone, 2003, p. 31 et suivantes
  58. Loi du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer, article 68
  59. Ces juridictions étaient régies par le décret du 10 juin 1939 et un arrêté du 13 juillet 1944. Rapport parlementaire du député Jacques Floch, 29 mars 2000, section 2B3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierrick Graviou et Jean-Philippe Rançon, Curiosités géologiques de Mayotte, Éditions du Baobab, Mamoudzou ; BRGM, Orléans, 2006 (ISBN 978-2-7159-0985-4), 95 pages
  • L. Abad et J.-F. Hory, Mayotte des maisons et des hommes, éditions Vilo, Collection Mahoraises, 1999 (ISBN 978-2951049918), 94 pages
  • Pierre Caminade, Mayotte-Comores: une histoire néocoloniale, Marseille, éditions Agone, 2004 (ISBN 978-2748900217)
  • Les Cahiers des Archives orales de Mayotte, collection dirigée par Tiziana Marone, éditions du Baobab
  • Marie Céline et Yves Moatty, Mayotte en 200 questions-réponses, Orphie, Chevagny-sur-Guye, 2009 (ISBN 978-2-87763-479-3), 191 pages
  • Gilles Nouraud (photographies et dir.), François Perrin (texte), Mayotte, l'île au lagon, éditions Orphie 2002 (ISBN 2-87763-137-0), 96 pages
  • Luc Reynaud (photographies et dir.), Bernard Grollier et Sylvie Chaussée-Hostein (textes), Scènes de la vie de Mayotte, éditions Orphie, 2001 (ISBN 2-87763-104-4-1), 160 pages
  • Bruno de Villeneuve, Mayotte et son lagon : le saphir de l'océan Indien (Mayotte vue du ciel), Éd. Ylang images, Mamoudzou, 2009 (ISBN 978-2-84984-019-1), 96 pages
  • Guy Fontaine, Mayotte, Édition Karthala, 1996 (ISBN 978-2865376070)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Mayotte, une île entre deux eaux, réalisé par Anthony Binst, Institut de Recherche pour le Développement, 2013, 52 min (HD)
  • La problématique de l'eau à Mayotte, réalisé par l'Association réunionnaise de réalisations audio visuelles (ARRAV), Saint-Gilles les Bains (La Réunion), 1995, 26 min (VHS)
  • Justice des cadis à Mayotte, réalisé par Jim Damour, Réseau France Outre-mer, 1999, 26 min (VHS)
  • Mayotte : m'wendro wa shissiwa (une île en marche), réalisé par Jérémy Blazquez et Philippe De Cet, éd. du Baoboab, Mayotte, 2000, 26 min (VHS)
  • L'Océan indien : Mombasa, Zanzibar, Mayotte, Madagascar, Maurice, réalisé par Alain Dayan, Seven 7, 2008, 58 min (DVD)
  • Un homme et ses femmes, la polygamie à Mayotte, film documentaire de Rémi Rozié, France Ô et Beta Production, 2009, 52 min
  • Paradis amers, téléfilm de Christian Faure, 2012
  • Mayotte, quand l'agriculture sort de terre, film documentaire de Vivien Chareyre et Klervi Le Cozic, Kwezi TV et LaTéléLibre.fr, 2013, 26 min

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]