Mayotte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Mayotte
France
(détaillé) Armoiries
Carte de localisation de Mayotte
Administration
Statut politique Collectivité d'outre-mer de la France[1]
Capitale Mamoudzou
12°48′S 45°12′E / -12.8, 45.2
Gouvernement
- Président de la République
Premier Ministre
Président du Conseil général
République française
Nicolas Sarkozy

François Fillon

Ahmed Attoumani Douchina
Géographie
Superficie 376 km²
Démographie
Population  (2007) 186 452 hab.
Densité 499 hab./km²
Langue(s) Français[2] (de jure), swahili (mahorais), malgache
Économie
PIB (2003)
 · PIB/hab.
466,8 millions de $
2 600 $
Monnaie Euro (EUR)
Autres
Fuseau horaire UTC +3
Domaine internet .yt
Indicatif téléphonique +262 depuis la France et +269 depuis les autres pays

Mayotte est une collectivité d'outre-mer française, située dans l'archipel des Comores, au nord-ouest de Madagascar. Bien que ce statut ait été plusieurs fois contesté par les Comores, les Nations unies et l'Union africaine, les Mahorais se sont prononcés à 72,94 % en sa faveur (2 juillet 2000). Suite à la consultation référendaire de la population du 29 mars 2009 (95,2% de votes favorables), elle deviendra en 2011 un département d'outre-mer de la République française régi par l'article 73 de la Constitution[3].

Mayotte est constituée principalement de deux îles, Grande Terre et Petite Terre. Elle se situe dans le canal de Mozambique, dans l'océan Indien. Ses habitants sont appelés les Mahorais. Elle a la seconde plus forte densité des DOM-TOM, juste après Saint-Martin, avec 499 hab./km².

Son code postal commence par 976.

Sommaire

[modifier] Histoire

Articles détaillés : Histoire de Mayotte et Histoire des Comores.

Mayotte tient son nom de son surnom historique en arabe « Jazirat al Mawet » ou « Île de la mort ». En effet, il est probable que de nombreux navires se soient fracassés sur la barrière de corail qui protège l'île.

Les VIIIe et IXe siècles voient les premières installations humaines en provenance de la côte africaine (Bantous) et d'Indonésie (Austronésiens/Protomalgaches). Le commerce, très actif dès cette époque, atteste de contacts avec le Moyen Orient islamisé.

XIIIe-XVe siècle: l'île est sous la domination de chefs islamisés (les Fani).Les contacts culturels avec la côte swahilie et Madagascar sont importants. Vers 1470: établissement du sultanat shirazi (le dernier sultan shirazien est renversé par Andriantsoly au début du XIXe siècle).

En 1503, l'île est mentionnée par les Portugais qui la noteront sur les cartes. Tout au long des XVIe-XVIIIe siècles, l'île accueille quelques escales de navires européens venus s'y ravitailler.

De 1742 à 1791, le sultanat d'Anjouan réalise plusieurs tentatives pour conquérir le sultanat de Mayotte. De 1795 à 1820, les razzias des pirates malgaches (Sakalaves et Betsimisaraka) dépeuplent considérablement l'île.

En 1832, l'île est conquise par Andriantsoly, ancien roi Sakalava du Boina à Madagascar. Suite à la prise de Nosy Be (Madagascar) en 1840, les Français prennent connaissance de la présence d'un roi Sakalava à Mayotte. Mayotte devient colonie française le 25 avril 1841, alors que la rivalité franco-britannique pour le contrôle des autres îles allait tourner à l'avantage de la France. En 1886, la Grande Comore, Mohéli et Anjouan deviennent protectorat sous la direction du gouverneur de Mayotte. Tandis que Mayotte, quant à elle, garde un statut de colonie. À partir de 1908, l'ensemble des Comores est intégré sous l'autorité du gouvernement général de Madagascar et dépendances. En 1946, les Comores sont séparées de Madagascar et deviennent territoire d'outre-mer. Suite au refus en 1958 tant de l'indépendance que de la départementalisation, les Comores obtiennent le 22 décembre 1961 (loi no 1412) un statut d'autonomie interne (qui sera élargie en 1968 par la loi no 6804); le député Said Mohamed Cheikh devient président du conseil de gouvernement, jusqu'à sa mort le 16 mars 1970. La capitale Dzaoudzi (Mayotte) est transférée à Moroni en 1966, huit ans après la décision du transfert[4].

Le 25 août 1972, le Comité spécial de la décolonisation de l'Organisation des Nations unies inscrit l'archipel des Comores à sa liste des territoires devant accéder à l'autodétermination. Le 15 juin 1973, la France et les Comores signent des accords relatifs à l'accession à l'indépendance. En 1974, la France organise aux Comores un référendum sur l'indépendance. Le référendum concernait les Comores dans leur ensemble, mais Mayotte se singularise en votant en majorité pour le maintien des Comores au sein de la République française. Le gouvernement français de l'époque décide unilatéralement de séparer Mayotte du reste des Comores et de la conserver sous souveraineté française, tandis que le reste de l'archipel accède à l'indépendance. L'Union des Comores revendique Mayotte en refusant cette séparation qui remet en cause l'intégrité territoriale de l'archipel. L'Union africaine considère ce territoire comme occupé par une puissance étrangère[5].

Un second référendum a lieu en 1976[6], qui confirme le choix de la population de Mayotte de rester au sein de la république française. L'Assemblée générale des Nations unies considère ce référendum comme nul et non avenu, et condamne la présence française à Mayotte[7]. L'ONU s'appuie sur la déclaration du 14 décembre 1960, « sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples colonisés », point numéro 6 sur la préservation de l'intégrité territoriale, malgré le point numéro 2 sur le droit à l'autodétermination. Dans sa résolution du 28 novembre 1994, l'Assemblée générale de l'ONU a rappelé et confirmé l'appartenance de Mayotte à l'État comorien[8]. Depuis 1995, cependant, la question de Mayotte n'a plus été inscrite à l'ordre du jour de l’Assemblée générale de l'ONU.

L'Union européenne reconnaît ce territoire comme français, avec le statut de PTOM (pays et territoires d'outre-mer) mais pas comme Région ultrapériphérique. Cela explique que Mayotte, contrairement aux DOM, ne figure pas sur les billets en Euros.

Suite au référendum sur la départementalisation de Mayotte du 29 mars 2009, Mayotte devrait obtenir en 2011 un statut de département, devenant le 101e département français et le 5e DOM.

[modifier] Statut de la collectivité

La loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte prévoit l'application progressive du droit commun français à Mayotte, dans la perspective de l'évolution vers le statut de département d'outre-mer (DOM). Mayotte est ainsi une collectivité départementale, dotée d'un conseil général, et d'une administration décentralisée, en place depuis le 1er avril 2004. Depuis 2001, les règles applicables à Mayotte figurent au code général des collectivités territoriales. La loi organique du 21 février 2007 a réécrit ce statut, en prolongeant la logique de la loi de 2001. Enfin, depuis le 1er janvier 2008, hormis quelques matières (fiscalité, urbanisme, droit social...), l'identité législative régit le régime législatif de Mayotte : cela signifie que le droit commun est applicable, comme dans les DOM. À l'issue du renouvellement du conseil général en mars 2008, les conseillers généraux de Mayotte ont adopté le vendredi 18 avril 2008 une résolution (à l'unanimité) invitant le gouvernement français à transformer la collectivité en DOM. Il appartient donc au gouvernement de consulter dans les douze mois la population de Mayotte sur le processus de départementalisation toutefois l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte[9]. La consultation a eu lieu le 29 mars 2009 et les électeurs ont approuvé la départementalisation de Mayotte. Ce nouveau statut entrera en vigueur en 2011[10].

Le statut de DOM est peut-être incompatible avec le maintien du statut personnel (voir plus bas), la question n'est d'ailleurs pas claire à ce sujet, dès lors que par exemple : certains Guyanais disposent d'un tel statut, et que la Constitution « protège » le statut personnel. Cependant, la transformation de Mayotte en DOM permettrait l'attribution du revenu minimum d'insertion, ce qui explique le lobbying d'une grande partie de la classe politique en ce sens.

La décentralisation rencontre des écueils similaires à ceux connus en 1982 en métropole, aggravés par la faiblesse de la pratique démocratique qui est à la fois récente et plaquée sur la culture ancestrale et cosmopolite des habitants de l'île. Le clientélisme est très développé[réf. nécessaire].

L'État français est représenté par un préfet. En matière d'éducation nationale, Mayotte constitue un vice-rectorat.

Les habitants de Mayotte sont représentés à l'Assemblée nationale par un député, depuis juin 2007 Abdoulatifou Aly (Force de l'Alternance du MDM, affilié au MoDem) ainsi qu'au Sénat par deux sénateurs : Soibahaddine Ibrahim (UMP) et Adrien Giraud (UDF).

[modifier] Un futur département français

Le dimanche 29 mars 2009 a eu lieu un référendum pour savoir si Mayotte devait devenir département français[11], selon l'engagement du président de la République, Nicolas Sarkozy. Malgré l'unanimité des consignes de vote des organisations politiques locales en faveur du oui, la participation a été marquée par une forte abstention (41,19%). Cependant le "oui" l'a emporté avec plus de 95,2% des suffrages exprimés. Cela signifie donc que la majorité des électeurs (56%) se sont exprimés en faveur du "oui".

Mayotte deviendra donc en 2011 le 101e département français et le cinquième en Outre-mer avec la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion.

[modifier] Élus de Mayotte

[modifier] Politique

En 1958, cinq territoires d'outre-mer, faiblement peuplés, choisissent de conserver leur statut et de ne pas devenir des États au sein de la nouvelle Communauté française : il s'agissait de Saint-Pierre-et-Miquelon, de la Côte française des Somalis, de l'archipel des Comores, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. Ces TOM continuèrent d'envoyer des représentants à l'Assemblée nationale, mais en raison du délai de l'exercice de l'option, ils ne purent participer aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958, les premières de la Ve République. Le siège de député de Mayotte remonte donc à celui des Comores, depuis que, par son vote du 8 février 1976 (« Oui » à 99,4 %) a maintenu ses liens avec la France.

En 1978, c'est l'UDF Younoussa Bamana qui a été le premier député élu, puis réélu, dans cette collectivité territoriale de 19 000 électeurs. Avec l'élection de François Mitterrand, c'est Jean-François Hory, proche du PRG qui est alors élu (alors que Valéry Giscard d'Estaing avait obtenu 89,9 % des voix peu de temps auparavant). En 1986, c'est un centriste, Henry Jean-Baptiste, qui est élu, puis réélu en 1988 et en 1993, alors que l'île dépasse désormais 30 000 électeurs. Malgré la montée progressive de son rival RPR dissident, Mansour Kamardine, c'est toujours Jean-Baptiste qui est élu en 1997 (51,7 %). Ce n'est qu'en 2002, avec le retrait de ce dernier que Mansour Kamardine est élu au 2e tour député avec l'appui du président du Conseil général, Younoussa Bamana, face au candidat UDF-MDM, Vita Siadi.

En 2007, Abdoulatifou Aly, candidat de la Force de l'Alternance du Mouvement départementaliste mahorais (une dissidence du Mouvement départementaliste mahorais) est élu au second tour des législatives contre Mansour Kamardine. Abdoulatifou Aly appartient au Mouvement démocrate de François Bayrou.

Début 2008, le projet de départementalisation de Mayotte a resurgi. Le secrétaire d'État Roger Karoutchi a annoncé le 24 janvier qu'à l'issue des élections de mars, le conseil général, s'il le souhaitait, adopterait une résolution pour que Mayotte devienne un département-région. Or, suite aux élections cantonales de mars 2008, Ahmed Attoumani Douchina conseiller général du canton de Kani-Keli (UMP), a été élu président du conseil général par 13 voix contre 5 et 1 bulletin nul succédant à Saïd Omar Oili, sans étiquette, président du Nouvel élan pour Mayotte (NEMA). Le nouveau président a été élu par une coalition UMP-PS-MDM (le MDM est issu du Mouvement populaire mahorais), favorable à une telle évolution qui pourrait alors se concrétiser avec l'appui gouvernemental en 2008 ou 2009[12]. Actuellement l'ONU et les Comores ont déjà prévenu qu'elles considèrent comme étant nulle et non avenue toute consultation qui serait organisée dans le cadre de la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte [9]. Le référendum pour la départementalisation a eu lieu le 29 mars 2009.

Lors de sa visite, le ministre de l'Outre-mer Christian Estrosi à Mayotte a évoqué la possibilité de revenir sur le droit du sol pour décourager l'immigration illégale, mais cette idée n'a pas été reprise par son successeur Yves Jégo. Conformément à la loi de 2000 ouvrant le droit à une consultation sur le transformation du statut de Mayotte en département d'outre-mer, le Conseil général de Mayotte a demandé en avril 2008 une consultation populaire. Ce référendum s'est tenu le 29 mars 2009 a donné un résultat d'environ 95% de "oui" à la départementalisation, qui pourrait être effective en 2011, avec un alignement progressif sur le droit commun[13]. La départementalisation impose des évolutions notables: l'âge légal minimum des femmes pour se marier sera relevé de 15 à 18 ans, les mariages polygames seront interdits, même si les situations acquises ne seront pas remises en cause, la justice cadiale cédera la place à une justice civile. Les minimaux sociaux seront aussi progressivement augmentés, en commençant par les deux seuls en vigueur, ceux pour les adultes handicapés et les personnes âgées. Le RMI, l'allocation parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique, seront versées à partir de 2012, à environ le quart de ce qu'elles représentent en Métropole et seront ensuite progressivement revalorisées sur une période de 20 à 25 ans, en fonction du rythme du développement économique de l'île, mais avec la mise en place d'un cadastre, la taxe d'habitation et la taxe foncière devraient également faire leur apparition.

[modifier] Géographie et géologie

Article détaillé : Géographie de Mayotte.
Carte topographique de Mayotte
« La Barge », le moyen de transport entre Mamoudzou (Grande terre) et Dzaoudzi (Pamandzi).

Mayotte est composée de plusieurs îles et îlots couverts d'une végétation exubérante, les deux plus grandes sont Grande Terre et Pamandzi (ou Petite Terre) entourées par un lagon de 1 100 km² (un des plus grands du monde) formé par un récif de corail de 160 km de long, qui entoure la quasi totalité de l'île à l'exception d'une douzaine de passes, dont une à l'est appelée Passe en S. Le lagon est parsemé d'une centaine d'îlots coralliens dont certains comme M'Zamboro sont de toute beauté.

Les îles qui forment Mayotte sont géologiquement les plus anciennes de l'archipel des Comores. Leur âge va en décroissant du sud-est (Mayotte) au nord-ouest (Grande Comore), bien que l'on observe tant sur la Grande Terre que sur l'îlot de Pamandzi, des appareils très récents (maars). L'ensemble insulaire est un vaste bouclier volcanique de laves alcalines avec extrusions phonolitiques comme à Choungui dont un cinquième est encore émergé. Le centre de l'appareil se situe en mer, à l'ouest. Une subsidence importante a eu lieu, permettant notamment l'implantation d'une couronne récifale exceptionnelle autour des reliefs résiduels.

Ce récif procure un abri aux bateaux et à la riche faune océanique.

L'activité volcanique passée des îles rend le sol particulièrement fertile.

Le climat est tropical, les températures moyennes oscillent entre 23 et 30°C.

  • Grande Terre, 363 km², mesure 39 kilomètres de long par 22 kilomètres de large. Ses points culminants sont : Mont Bénara (660 m), Mont Choungui (594 m), Mont Mtsapéré (572 m) et Mont Combani (477). Elle abrite Mamoudzou, qui est le chef-lieu et la capitale économique de Mayotte.
  • Petite Terre (ou île Pamandzi), abrite Dzaoudzi-Labattoir, Pamandzi (et l'aéroport). Elle fait 11 km².
  • L'îlot M'Zamboro est la troisième île par sa dimension, elle est habitée de façon permanente entre autres par des pêcheurs et est réputé pour sa culture d'orange.
  • L'îlot Bouzy

[modifier] Climat

Le climat est de type tropical maritime. La saison chaude (saison des pluies) va de novembre à avril (27 à 30°); la saison sèche de mai à octobre (22 à 25°).

[modifier] Environnement

Un maki de Mayotte (Eulemur fulvus mayottensis).
Articles détaillés : Faune des Comores et Flore des Comores.

Mayotte était initialement très riche en biodiversité, mais la forêt primaire y a récemment disparu, entraînant des risques d'instabilité pour les terrains et le littoral ainsi qu'une pollution et dégradation du lagon, alors que la pression foncière et la démographie ne cessent de croître.

Les menaces qui pèsent sur l'écosystème sont notamment les espèces introduites et éventuellement invasives, avec risques croissants d'invasion biologique ; la fragmentation par les routes, qui dégradent l'intégrité écologique de l'île ; les impacts du tourisme ; la dégradation des récifs coralliens par la pollution et par accumulations de sédiments terrigènes (déjà plusieurs km2 sont touchés dans les lagons de Rodrigues et de Mayotte d'où ont disparu les scléractiniaires, suite à la destruction des forêts qui protégeaient les sols de l'érosion. Engrais et pesticides,comme le DTT, peuvent aussi être emportés par les eaux pluviales et favoriser voire rendre permanent le blanchiment des coraux (coral bleaching)[14]. La collecte de coquillage, la pêche excessive et certaines activités extractives (sable corallien), l'agriculture et la divagation d'animaux peuvent aussi avoir des impacts négatifs.

Zone naturelle :

[modifier] Divisions administratives

Article détaillé : Communes de Mayotte.

Mayotte compte 17 communes. À chaque commune correspond un canton excepté pour Mamoudzou qui en regroupe trois, ce qui fait 19 cantons. Chacune des 17 communes regroupe le plus souvent plusieurs villages.

Les communes les plus peuplées sont celles de Mamoudzou, Koungou et Dzaoudzi.

La propriété du port de Mayotte a été transférée au Conseil général[15].

[modifier] Démographie

Article détaillé : Démographie de Mayotte.

Mayotte a une population très jeune. En 2007, date du dernier recensement, la population était de 186 452 habitants, contre 160 262 habitants en 2002. 62,3 % des habitants sont âgés de moins de 25 ans en 2002.

L'amélioration des conditions d'hygiène, de santé publique (médecine rurale, préventive, gratuite pour tous jusqu'en 2005) et du niveau de vie a eu pour conséquence une diminution du taux de mortalité passé de 25 ‰ habitants lors du recensement de 1958, à 3 ‰ en 2004. Même si l’on assiste à une baisse de la natalité, celle-ci reste encore forte, avec un indice synthétique de fécondité de 4.5 enfants par femme en 2004 contre 8.1 en 1978[16].

Quant au taux d'accroissement annuel de la population, il est l'un des plus forts de l'outre-mer français avec 5,8 ‰.

[modifier] Santé

Mamoudzou est l'unique ville où se trouve un hôpital, dont une annexe est ouverte à Dzaoudzi, sur Petite-Terre. Des maternités dites intercommunales sont ouvertes : Mramadoudou au sud de l'île (2005) et Kahani commune de Ouangani au centre (2006). La maternité de Dzoumogné au nord est en cours de construction par la société SMTPC filiale du groupe VINCI.

Cela dit, la grande majorité des naissances a lieu à Mamoudzou : 54 % des naissances annuelles dans l'île en 2003, 57,3 % en 2004 [16].

Depuis le 1er avril 2005, les soins ne sont plus gratuits sur le territoire. Les patients doivent présenter une carte de Sécurité sociale ou acquitter un droit forfaitaire auprès des structures de soins publics ou des honoraires auprès d'un médecin privé.

Il existe aussi des dispensaires dans les villages, qui se partagent les rares médecins de garde.

Depuis 2005, des infirmiers s'installent en libéraux, assurant les soins à domicile.

Le chikungunya est persistant à Mayotte.

[modifier] Culture

Article détaillé : Culture des Comores.

Plusieurs cultures se côtoient à Mayotte, une première d'origine comorienne concernant 60% de la population, une seconde malgache, fortement marquée par la première et enfin française et occidentale qui imprègne de plus en plus les deux premières.

Même si le français est la langue officielle, nombreux sont ceux qui parlent (voire écrivent) le shimaore (ou mahorais) qui contient de fortes racines swahilies ou encore un dialecte issu du malgache, le shibushi. Ce sont les deux langues principales de Mayotte. La première, le shimaore varie d'un village à l'autre, même s'ils sont proches. Le mahorais a largement été modifié au cours du temps, notamment du fait des métropolitains. L'illettrisme en français toucherait 35 % des hommes et 40 % des femmes, mais serait bien moindre concernant l'arabe (enseigné dans les écoles coraniques).

Le moringue ou mouringué, analogue à la capoeira brésilienne, était pratiqué, jusqu'à la fin des années 1980, entre villages rivaux. Il a, actuellement, presque disparu. On peut encore avoir l'occasion d'assister au moringue mahorais durant le mois de ramadan : "Au coucher du soleil, après avoir bien mangé, les gens se regroupent sur la place publique, tapent sur les tam-tam et pratiquent le moringue. La seule différence avec la capoeira est que cette dernière se rapproche d'arts martiaux alors que le moringue n'a strictement aucun enseignement ni règle réellement définie. Des règles, il y en a, comme obligation de combattre à mains nues, et auparavant chacun des deux protagonistes pose son pied sur celui de l'autre et vice versa, empêchant ainsi la fuite. La rancune reste interdite une fois le combat fini et en dehors de celui-ci. S'il doit y avoir vengeance, celle-ci se fera à un prochain mouringué, ou lors du même moringué. Mais le "moringue" est considéré, par les mahorais (habitants de Mayotte) comme un jeu, il est et reste aussi un moyen de règlement d'éventuels différends. C'est aussi un moment de convivialité. Les lutteurs deviennent très souvent amis après la lutte. Auparavant, le moringué se faisait entre villages voisins, et peu importe la distance, on se déplaçait à pied. Des mouringués se font aussi tout autour de l'île et des invitations orales convient tout le monde à rejoindre le lieu dit. Un lutteur peut défier jusqu'à quatre adversaires ou plus en même temps, le nombre de combats n'est pas limité. Il peut être culturel ou sauvage et barbare, selon le fait qu'il soit organisé en ville ou en brousse, constat d'un reporter local.

De nombreux écrivains locaux racontent l'île à travers leurs ouvrages. Des spectacles divers illuminent les veillées des week-ends, du théâtre à la tradition locale en passant par la musique. Mayotte connait différentes sortes de musique dont le « m'godro », musique locale s'inspirant du salégy ou saleg, une musique malgache.

Un carnaval scolaire se perpétue vers les mois de juin-juillet. Au cours de l'année scolaire, les élèves organisent et préparent cet événement. Aidés des enseignants, ils illustrent le thème de l'année et le parfont. Celui-ci a souvent pour but d'informer et de sensibiliser la population et les jeunes, le sujet change chaque année. Dans les années 1990 se sont succédé des idées telles que les pirates, la tortue, et d'autres thématiques axées sur l'environnement et la vie de tous les jours.

[modifier] Statut personnel

Les Mahorais peuvent choisir entre :

  • le statut de droit commun, identique à la métropole (notaires, administrations, tribunaux…),
  • un statut personnel dérogatoire au Code civil et à la laïcité, réservé aux musulmans originaires de Mayotte (ou éventuellement d'autres îles des Comores ou du nord-ouest de Madagascar). Ils peuvent renoncer à ce statut et choisir le statut de droit commun.

En ce qui concerne le statut personnel, la justice est rendue par des juges musulmans, les cadis[17]. C'est le seul territoire d'outre mer ayant des juridictions spécifiquement compétentes en matière de statut personnel. La loi d'orientation pour l'Outremer no 2003-660 du 21 juillet 2003 a aboli la polygamie pour les nouvelles générations en déclarant : « Nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la dissolution du ou des précédents. Le présent article n'est applicable qu’aux personnes accédant à l'âge requis pour se marier au 1er janvier 2003 ». Traditionnellement, la maison appartient à la femme à Mayotte et la répudiation ou le divorce représente donc essentiellement la perte d'un compagnon plutôt que la perte d'un statut social ou économique (les foundis et les aînés veillait à la bonne tenue de la situation économique de la femme même après le départ du mari). le droit des successions (discriminations selon la religion des héritiers), le droit foncier[18]. Toutefois, la polygamie et la répudiation unilatérale ont été abolies pour les personnes qui accèdent à l'âge du mariage à partir de 2005[19]. Un décret du 1er juin 1939, interdit la lapidation des femmes (pour la symbolique puisqu'elle n'a jamais été pratiquée dans l'archipel).

Article connexe : Cadi.

[modifier] Religion

De tradition sunnite, mais teinté de croyances africaines et malgaches, l'islam est pratiqué par 98 % de la population mahoraise. Dès l'âge de 6 ans, les enfants fréquentent en parallèle l'école coranique et l'école primaire de la République.

[modifier] Économie

Malgré une croissance de 9% par an, le taux de chômage atteint 22%. Le SMIC Mayotte est de 63% inférieur au SMIC national. Le revenu annuel des ménages était de 9 337 euros en 2005 contre 29 696 euros en métropole. [20]

Mayotte est une île où la population pratique une agriculture vivrière. Le produit national brut par habitant n'était que de 1000 $ par habitant en 1993. Le taux de chômage s'élevait à 38% en 1995, mais ne s'élevait plus qu'à 29 % au recensement de 2002 [21]. Le revenu minimum d'insertion ne s'applique pas à Mayotte[22].

Les productions agricoles sont principalement les cultures vivrières et notamment la banane et le manioc mais l'on trouve également la culture de l'ylang-ylang (utilisé dans la parfumerie), la vanille et la girofle.

Le port en eau profonde est un port d'escale mineur dans le canal de Mozambique.

Divisée en deux îlots, Mayotte est difficile d'accès. Le débarcadère de Mamoudzou, en Grande Terre, ne peut accueillir que des embarcations légères.

[modifier] Poste et philatélie

En matière postale, Mayotte a été le centre administratif des Comores dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce que prouve le cachet d'oblitération énonçant la provenance des lettres : « Mayotte et dépendances ». Intégrée administrativement ensuite et utilisant les timbres coloniaux de Madagascar de 1912 à 1950, de l'archipel des Comores de 1950 à 1975 et de France de 1975 à 1997, l'île obtient une autonomie philatélique et postale le 2 janvier 1997 en utilisant des timbres spécifiques choisis par la filiale locale de La Poste.

[modifier] Tourisme

Cette île offre moins de plages de sable blond que ses voisines : Grande Comore, Mohéli, les Seychelles, l'île Maurice, et Madagascar. Son lagon offre à certaines saison l'opportunité d'observer des baleines et leurs baleineaux, des troupes de dauphins, et des tortues vertes qui viennent pondre sur les plages désertes.

Certaines activité touristiques ont été structurées :

Le tourisme reste une activité peu développée dans l'île. Les capacités hôtelières de l'île sont réduites : 150 dont 80 de confort convenable selon le CES en 1997. Selon une étude de l'INSEE[23], 9300 touristes auraient fréquenté Mayotte au premier semestre 1999[24], dont 44% de la Réunion et 42% de la métropole. 42% du total correspond à des visites familiales. Le séjour durait en moyenne 9,6 jours pour une dépense moyenne de 50€ par ménage de 1,5 personne.

Pendant longtemps, il n'y a pas eu de vol direct entre Mayotte et la métropole. En effet, la compagnie réunionnaise Air Austral possédait un quasi-monopole sur la destination, partagé avec la compagnie Comores Aviation, et ne proposait que des vols avec escales à l'île de La Réunion, alors que les Boeing 777 d'Air Austral atterrissent depuis 2005 à Mayotte[25]. Corsairfly liste aujourd'hui cette destination comme une liaison directe entre Paris-Orly et Mayotte[26].

[modifier] Code

Mayotte a pour codes :

[modifier] Notes et références

  1. Revendiquée par l'Union des Comores.
  2. Le français a valeur de la langue officielle.
  3. « Référendum de Mayotte » sur le site de l'Outre-Mer
  4. L'Afrique et l'Europe, Philippe Lemarchand (dir.), éditions Complexe, 1994
  5. Résolution 3385 du 12 novembre 1975 des Nations Unies
  6. Mayotte-Comores, op. cit. page 48 et suivantes
  7. Voir la résolution 31/4 du 21/10/1976 de l'Assemblée Générale de l'ONU (fr)Assemblée Générale, « Question de l'île comorienne de Mayotte », 1976, ONU. Consulté le 2008-12-24
  8. http://www.malango-mayotte.com/histoire-resolution_onu_mayotte_comores.htm
  9. ab site officiel de la présidence des Comores
  10. Les électeurs ont été convoqués [pdf] décret le 29 mars 2009 afin de se prononcer sur l'instauration d'une collectivité unique exerçant les compétences dévolues aux départements et aux régions d'outre-mer. Le [pdf] conseil des ministres du 14 janvier 2009 envisage un changement de statut lors du renouvellement du conseil général en 2011.
  11. Le Figaro
  12. L'UMP prend la présidence du conseil général de Mayotte, 20 mars 2008, 15h45, Le monde.fr sur une dépêche AFP. Consulté le 20 mars 2008
  13. Mayotte: le "oui" l'emporte massivement, 29 mars 2009, NouvelObs.com. Consulté le 29 mars 2009
  14. (en) William L. Steffen, A. Sanderson, P. D. Tyson, J. Jäger, F. Oldfield, K. Richardson, H. J. Schellnhuber, B. L. Turner II, R. J. Wasson, Global Change and the Earth System: A Planet Under Pressure, Birkhäuser, 2005, 336 p. (ISBN 3540265945), p. 190 
  15. Arrêté du 3 mars 2008 (complétant l'arrêté du 27 octobre 2006 modifié fixant la liste des ports maritimes relevant des collectivités territoriales et de leurs groupements où l'autorité investie du pouvoir de police portuaire est le représentant de l'État)
  16. ab INSEE INFO no 24 Janvier 2006 INSEE
  17. Ces juridictions sont régies par le décret du 10 juin 1939 et un arrêté du 13 juillet 1944. Rapport parlementaire du député Jacques Floch, 29 mars 200, section 2B3/
  18. Mayotte-Comores: une histoire néocoloniale, Pierre Caminade, Marseille, Éditions Agone, 2003, p. 31 et suivantes.
  19. Loi du 21 juillet 2003 de programme pour l'outre-mer, article 68.
  20. A Mayotte, futur département français, tout reste à construire, Le Monde, 27 mars 2009
  21. Insee Première no 940 - Mayotte : recensement de la population du 30 juillet 2002
  22. 70 % selon le rapport Bonnelle, 18,5 % des actifs occupés selon le rapport du Conseil Économique et Social présenté par Miguel Laventure des 22-23 avril 1997 qui élude l'économie informelle. Voir Mayotte-Comores, op. cit. page 33
  23. citée par La lettre de l'océan Indien, 22 juillet 2000
  24. En 2006, l'île a reçu plus de 30 000 touristes (cité par le magazine Pleine Vie de mars 2007)
  25. source: magazine Air Austral
  26. source: www.corsairfly.com

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Mayotte ».
Créer un livre