Cyrano de Bergerac (Rostand)

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Cyrano de Bergerac
Coquelin aîné lors de la première de Cyrano, publié par L'Illustration le 8 janvier 1898.
Coquelin aîné lors de la première de Cyrano, publié par L'Illustration le 8 janvier 1898.

Auteur Edmond Rostand
Genre Comédie dramatique
Nb. d'actes Cinq actes en vers
Dates d'écriture 1897
Lieu de la 1re représentation en français 28 décembre 1897
Compagnie théâtrale Théâtre de la Porte-Saint-Martin
Personnages principaux
Cyrano de Bergerac
Roxane, cousine de Cyrano
Christian de Neuvillette
Le Comte de Guiche
Le Bret
Le capitaine Carbon de Castel-Jaloux
Les Cadets de Gascogne
Ragueneau

Cyrano de Bergerac est l'une des pièces les plus populaires du théâtre français, et la plus célèbre de son auteur, Edmond Rostand. Librement inspirée de la vie et de l'œuvre de l'écrivain libertin Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), elle est représentée pour la première fois le 28 décembre 1897[1], au Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris.

La pièce est difficile à jouer : elle fait intervenir un grand nombre de personnages, elle est longue, le rôle titre est particulièrement imposant (plus de 1600 vers), les décors sont très différents d'un acte à l'autre et elle comporte une scène de bataille. Le succès de la pièce était si peu assuré qu'Edmond Rostand lui-même, redoutant un échec, se confondit en excuses auprès de l'acteur Coquelin, le jour de la générale, pour l'avoir « entraîné dans une pareille aventure ». La suite des évènements démentit les craintes de l'auteur : ce fut un triomphe ; non seulement la représentation fut saluée par vingt minutes ininterrompues d'applaudissements, mais le ministre des Finances Georges Cochery vint dans la loge épingler sa propre Légion d'honneur sur la poitrine de l'auteur en expliquant : « Je me permets de prendre un peu d'avance ». Rostand reçut en effet officiellement la décoration quelques jours plus tard, le 1er janvier 1898.

Le succès fut considérable, en France comme à l'étranger. Le personnage de Cyrano est devenu, dans la littérature française, un archétype humain au même titre qu’Hamlet ou Don Quichotte (auquel il tire son chapeau dans la pièce). Deux statues du personnage ont été érigées sur des places de Bergerac, en Dordogne, quoiqu'il n'existe aucune preuve d'un lien entre cette ville et le véritable Cyrano[2].

Genèse[modifier | modifier le code]

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La pièce est écrite entre 1896 et 1897. Politiquement, le contexte est plutôt à la morosité : la France est sous le coup de la défaite de 1870, l'affaire Dreyfus débute, un attentat anarchiste coûte la vie au président Sadi Carnot, la République sort à peine de sa tentation boulangiste, de nombreux scandales éclaboussent les hommes politiques. Nombreux sont les analystes qui voient dans ce contexte une des raisons de l'engouement du public, avide d'idéal, pour cette pièce[3],[4],[5],[6].

L'actualité théâtrale favorise les pièces de boulevard et les vaudevilles (Georges Courteline, Georges Feydeau). Le naturalisme et le réalisme sont à l'honneur avec la parution de pièces étrangères (Strindberg, Ibsen). Drame historique écrit en vers, la pièce de Rostand se présente au public comme une bouffée de romantisme et fait dire à Francisque Sarcey dans Le Temps du 3 janvier 1898 : « Nous allons enfin pouvoir être débarrassés et des brouillards scandinaves et des études psychologiques trop minutieuses et des brutalités du drame réaliste »[7].

Création et sources[modifier | modifier le code]

L'intérêt d'Edmond Rostand pour la période de Louis XIII date de ses études sous la direction de René Doumic[8]. D'après sa femme, la poétesse Rosemonde Gérard, il était fasciné depuis longtemps par le personnage historique de Savinien Cyrano de Bergerac, mais l'idée lui vient d'en faire un personnage de théâtre, lorsqu'il l'associe à un épisode de sa propre vie où, pour aider un ami à séduire une jeune snob, il l'aide à trouver les phrases susceptibles de produire l'effet voulu[9]. Il connaissait parfaitement l'œuvre de Cyrano et avait lu ses biographes[10], mais il sut s'en détacher pour créer un personnage héroïque et consensuel[11]. La difformité du personnage lui est inspirée d'une part par l'œuvre de Théophile Gautier, Les Grotesques, qui, fasciné par la grosseur du nez de Cyrano, observée sur un tableau, contribua à créer cette légende, d'autre part par un maître d'étude, surnommé Pif-Luisant, auquel il consacre d'ailleurs le poème VIII des Musardises[12].

Edmond Rostand a vingt-neuf ans lorsque, entre plusieurs crises de dépression[13], il entreprend l'écriture de sa pièce. Il en présente les grandes lignes à l'acteur alors en vogue Constant Coquelin, qui, enthousiasmé[9], participe à la création de l'œuvre[14]. Edmond Rostand porte un soin particulier à la mise en scène comme en témoignent les nombreuses didascalies[15] et prend une part active à sa réalisation[16].

Réception[modifier | modifier le code]

La répétition générale a lieu le 27 décembre 1897, dans l'inquiétude générale, mais elle fait un triomphe[17]. Le succès est confirmé lors de la première du lendemain[18]. La critique se déchaîne soit pour l'encenser (Francisque Sarcey, Émile Faguet...), soit pour l'éreinter (Ferdinand Hérold, René Doumic, Léon Daudet, André Gide et d'autres)[15]. Mais le public est au rendez-vous. La pièce est jouée quatre cents fois de décembre 1897 à mars 1899, et atteint la millième en 1913. 150 000 exemplaires du texte sont rapidement vendus en France et traduits dans de nombreux pays. Pour la seule année 1898, la pièce rapporte une recette de 2.286.000 francs, un chiffre d’affaires jamais atteint par un théâtre[19]. Elle est reprise à la Comédie-Française en 1938 et reste une valeur sûre du théâtre français[15].

La pièce[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Création de la pièce, avant-dernière scène, vue par L'Illustration du 8 janvier 1898.

Cyrano de Bergerac est une pièce en 5 actes écrite presque entièrement en alexandrins[20]. Edmond Rostand la qualifie de comédie héroïque mais les analystes y reconnaissent de nombreuses influences[21] dont la principale est le théâtre romantique ou néo-romantique.

De la comédie héroïque, la pièce possède son sens de l'épique et la description d'un héros dont la vie s'organise autour de l'amour et de l'honneur[22]. Maurice Rostand y voit une œuvre qui exalte les valeurs de l'héroïsme et qui donne à tous le « courage d'être des héros »[23]. D'autres auteurs lui reprochent un esprit cocardier[24].

Du romantisme, elle possède les caractéristiques du mélange des genres et des registres[25] : on y côtoie la farce et ses coups de pied[26], les scènes d'amour et le pathétique. La langue alterne entre le registre noble et le registre familier. L'alexandrin se développe sous sa forme classique dans la Tirade du nez ou de celle des Non merci ou dans des répliques où le vers se désintègre[27]. On passe brutalement de la scène intimiste (duo de l'acte II scène 6, trio de l'acte III scène 7, le couvent ...) aux grandes réunions collectives (l'hôtel de Bourgogne, la rôtisserie de Ragueneau, le siège d'Arras)[28].

De la tragédie classique, la pièce conserve son découpage en 5 actes et un style qui rappelle parfois Corneille[29] mais elle s'en démarque par son refus des règles classiques : il n'existe ni unité de lieu, ni unité de temps. L'unité d'action est toutefois respectée. Quant à la bienséance, elle est bafouée par la présentation d'un duel et la mort de Cyrano sur scène[25].

Jean-Louis Cloët y voit un manifeste de la néo-préciosité en remarquant que le refus des choses vulgaires et l'amour pur y triomphent (en effet, dans la pièce, Cyrano, Roxane et Christian demeurent vierges)[30] alors que C. Flicker voit dans la préciosité de la pièce seulement une étape à dépasser[28].

Patrick Besnier y décèle aussi un apologue sur la nourriture[31]. Celle-ci rythme en effet les différents actes, de la rôtisserie des poètes de l'acte II aux ventres affamés du siège d'Arras de l'acte IV, Cyrano se singularisant par son abstinence (dîner de l'acte I, scène 5, miettes du festin d'amour de l'acte III scène 10, jeu sur gras et maigre de l'acte V...)

Jean Rostand affirme que son père voyait dans la pièce une symphonie et Jean-François Gautier confirme y déceler « cinq mouvements musicaux avec chacun son caractère, son thème, son rythme »[32]. Catherine Steinegger montre l'importance jouée par la musique dans la pièce (Cornemuse de Montfleury, fifre de Bertrandou, théorbes de d'Assoucy, orgue de couvent)[33].

Liste des personnages[modifier | modifier le code]

  • Cyrano de Bergerac
  • Roxane (Magdeleine Robin), cousine de Cyrano
  • Christian de Neuvillette
  • Comte de Guiche
  • Le Bret
  • Le capitaine Carbon de Castel-Jaloux
  • Les cadets
  • Lignière
  • De Valvert
  • Un marquis
  • Deuxième marquis
  • Troisième marquis
  • Montfleury
  • Bellerose
  • Jodelet
  • Cuigy
  • Brissaille
  • Un fâcheux
  • Un mousquetaire
  • Un autre
  • Ragueneau
  • Un officier espagnol
  • Un chevau-léger
  • Le portier
  • Un bourgeois
  • Son fils
  • Un tire-laine
  • Un spectateur
  • Un garde
  • Bertrandou le Fifre
  • Le capucin
  • Deux musiciens
  • Les pages
  • Les poètes
  • Les pâtissiers
  • Sœur Marthe
  • Lise
  • La distributrice des douces liqueurs
  • Mère Marguerite de Jésus
  • La duègne
  • Sœur Claire
  • Une comédienne
  • La soubrette
  • La bouquetière
  • Un espagnol
  • Une dame
  • Une précieuse
  • Une sœur
  • Une foule constituée de tous ces types de personnages

Argument[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

La scène se déroule en 1640[34] dans l’Hôtel de Bourgogne, où un public nombreux et varié, composé de bourgeois, de soldats, de voleurs et de petits marquis, va assister à une représentation de La Clorise, une pastorale de Balthazar Baro. On découvre Roxane, une jeune femme belle et distinguée, Christian de Neuvillette, un jeune noble qui l’aime en secret et le comte De Guiche, qui cherche à faire de Roxane sa maîtresse et veut la marier au vicomte de Valvert, ce à quoi la jeune femme ne souscrit pas. C’est alors qu’intervient Cyrano de Bergerac, le cousin de Roxane, au moment où Montfleury, l’un des acteurs, déclame sa première tirade. Cyrano interrompt la représentation et le chasse pour des raisons personnelles. Valvert intervient et provoque Cyrano, qui réplique par une brillante tirade à l’honneur de son propre nez. Tout en rimant, il sort son épée et bat en duel le vicomte, que ses amis évacuent blessé, tandis que l'assemblée acclame le vainqueur. Le calme revient. Cyrano, qui est secrètement amoureux de sa cousine Roxane mais dont le physique l’empêche de se déclarer, apprend que celle-ci lui fixe un rendez-vous le lendemain. Transporté, il raccompagne son ami Lignière pour le protéger d'une embuscade de cent hommes.

Acte II[modifier | modifier le code]

Cyrano, fébrile, attend Roxane chez leur ami restaurateur et poète Ragueneau, en lui écrivant une lettre, et sans prêter attention aux interrogations et insinuations de la cantonade sur l'exploit de la nuit passée : cent hommes défaits par un seul !

À son arrivée, Roxane évoque leur enfance commune, puis révèle peu à peu à Cyrano qu’elle est amoureuse. Celui-ci, paralysé pour une fois par l'émotion, ne sait que répondre et elle avoue son amour envers le baron Christian de Neuvillette, qui vient d’être engagé dans la compagnie de Cyrano. Roxane, qui ne connaît pas les sentiments de Cyrano pour elle, souhaite juste lui demander de servir de parrain au jeune baron. Cyrano - effondré, mais n'en montrant rien - accepte.

Avant de quitter Cyrano, Roxane évoque son admiration pour le courage dont il a fait preuve face aux cent hommes. Il se contente d'un sobre et triste « Oh, j'ai fait mieux depuis ! » Roxane le quitte sans s'interroger sur cette remarque.

Christian cherche à braver Cyrano pour s'imposer dans la compagnie des Cadets ; celui-ci, fidèle à sa promesse, ne réplique pas et le jeune homme acquiert même son estime par ce courage. Christian lui parle alors de Roxane, qu'il se désespère de conquérir : elle est précieuse, tandis que lui ne sait parler d’amour. Cyrano, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, propose de l'aider à conquérir Roxane et lui donne, pour elle, la déclaration d'amour qu'il vient de rédiger, non signée. Christian l'accepte, sans se douter qu'elle était précisément destinée à Roxane.

Acte III[modifier | modifier le code]

Le comte de Guiche rend visite à Roxane, qu'il cherche à séduire. Comme il lui annonce que le régiment de Cyrano -dans lequel sert Christian- va partir à la guerre, Roxane, qui veut protéger Christian, convainc le comte de laisser ce régiment se morfondre à Paris. Peu après, malgré les conseils de Cyrano, Christian rencontre Roxane, mais s'avère incapable de lui parler d'amour. La jeune précieuse le quitte, déçue. Cyrano aide Christian à rattraper cet échec. Caché dans l’ombre sous le balcon de Roxane, il souffle à Christian ses mots, puis prend sa place et déclare à Roxane son amour, la laissant totalement charmée par un si bel esprit qu’elle pense être celui de Christian. À peine ont-ils le temps d'échanger un baiser, que Roxane et Christian sont interrompus par un capucin, qui remet à la jeune femme une lettre du comte de Guiche lui annonçant qu'il va la rejoindre cette nuit même.

Roxane demande alors au capucin de célébrer sur le champ son mariage avec Christian. Pendant ce temps, Cyrano retarde de Guiche en se faisant passer pour un homme tombé de la lune. Arrivé à l'hôtel de Roxane, le comte la découvre mariée ; constatant qu’il a été abusé, il envoie aussitôt Christian et Cyrano combattre au siège d’Arras.

Acte IV[modifier | modifier le code]

Assiégeant les Espagnols à Arras, la compagnie que dirige de Guiche est bloquée par les Espagnols, et les soldats, affamés, commencent à se décourager. Quant à Cyrano, il franchit tous les jours les lignes ennemies, au péril de sa vie, pour faire parvenir à Roxane des lettres qu'il écrit et signe du nom de Christian.

Touchée par ces lettres, Roxane parvient, grâce à la complicité de Ragueneau, à se rendre au siège d’Arras avec un carrosse rempli de victuailles. Elle veut prouver à Christian son amour et lui dit que c’est la « sincérité » et la « puissance » des lettres qu'elle recevait qui l'ont fait venir ici. Le jeune homme comprend alors que Cyrano est lui aussi amoureux de Roxane et que c'est de lui que la resplendissante jeune femme est amoureuse sans le savoir. Il enjoint Cyrano de révéler la vérité à Roxane, mais les Espagnols attaquent le camp et le jeune homme court au combat. Tué dans la bataille, il lui laisse une dernière lettre d’adieu et d'amour écrite par Cyrano. Celui-ci décide de garder le secret de son amour. De Guiche s'enfuit avec Roxane à la demande de Cyrano, lequel se lance à corps perdu dans le combat.

Acte V[modifier | modifier le code]

Quinze ans plus tard, Roxane, toujours amoureuse de Christian, s'est retirée dans un couvent parisien où Cyrano lui rend visite une fois par semaine. Ce jour-là, Cyrano est tombé dans une embuscade et arrive au couvent mortellement blessé à la tête. Mourant, il ne dit pourtant rien à Roxane. Comme elle évoque la dernière lettre de Christian, qu'elle porte constamment sur elle, il demande à la voir et la lit à voix haute. Son ton trouble Roxane, qui reconnaît la voix qu'elle avait entendue sur son balcon ; elle s'aperçoit que Cyrano lit la lettre alors que la nuit est tombée, ce qui signifie qu'il la connaît par cœur. Elle comprend alors "toute la généreuse imposture". Cyrano demande à Roxane de pleurer sa mort au même titre que celle de Christian. Divaguant, il veut mourir debout et attend la camarde, l'épée à la main, en pourfendant vainement les « Sottise », « Préjugés », « Lâchetés » et « Compromis ». Il meurt en emportant avec lui son « Panache ».

Lieux et périodes[modifier | modifier le code]

Cyrano de Bergerac est une pièce de théâtre qui se déroule en plusieurs endroits. Tout d’abord dans l’hôtel de Bourgogne, un lieu où sont représentées un grand nombre de pièces de théâtre vers le XVIIe siècle. Puis dans la boutique de Ragueneau, la rôtisserie des poètes, où le rôtisseur-pâtissier Ragueneau dirige les travaux de ses cuisiniers tout en écrivant des vers. Ensuite devant le balcon de Roxane où Cyrano et Christian parleront d’amour à celle-ci. Après, dans le camp d’Arras où le régiment de Cyrano assiégera la ville. Enfin, le parc du couvent parisien des Dames de la Croix où Roxane s’est retirée. Il semble que tous ces endroits se situent à Paris, excepté le camp d’Arras qui se situe dans le nord de la France.

La première partie (les quatre premiers Actes) s’étend entre le 3 juin et le 9 août 1640, laps de temps durant lequel se déroula le siège d’Arras auquel participe Cyrano de Bergerac dans ce récit et auquel le véritable Cyrano de Bergerac, dont Rostand s'est inspiré, participa également. La seconde partie a lieu « 15 ans après le siège d’Arras, en 1655 » dans un cinquième Acte qui marquera la fin de la pièce avec la mort de Cyrano.

Personnages[modifier | modifier le code]

Cyrano[modifier | modifier le code]

Statue de Cyrano de Bergerac, place de la Myrpe à Bergerac (Dordogne).

La pièce est centrée sur Cyrano. Sur les 2 600 vers qui la composent, plus de la moitié sont prononcés par lui[35]. D'après Maurice Rostand, la personnalité de Constant Coquelin, à l'aise dans les longues tirades et moins à l'aise dans les scènes d'amour, a grandement influé sur le développement du personnage[36]. C'est lui aussi qui est l'origine de l'habitude de donner ce rôle à des acteurs d'âge mûr, alors qu'en 1640, le Cyrano historique n'avait que 21 ans.

Cette personnalité comporte de multiples facettes qui en font un personnage très complexe.

Commedia dell'arte[modifier | modifier le code]

Cyrano, avec son chapeau, son masque, sa cape et son épée, ses rodomontades, a tous les ingrédients qui peuvent faire de lui un héros de la Commedia dell'arte. Magali Wiéner-Chevalier[37] signale que Cyrano, dans la scène du duel, se réfère au personnage de Scaramouche. Elle y voit des analogies avec Scapin ou le Capitan. Nombreux sont les critiques qui évoquent, à son sujet, ce personnage de Matamore[38],[39] mais qui démontrent par ailleurs qu'il n'est pas que cela. Dans son livre, Cyrano à la recherche du nez perdu, Francis Huster s'interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour ne pas limiter le personnage à cette seule facette[40].

Héros romantique[modifier | modifier le code]

Avec son mélange de pathétique et de sublime, Cyrano est considéré comme l'archétype du héros romantique tel que le décrit Victor Hugo dans la préface de Cromwell[41]. Grotesque par sa disgrâce physique qui le range dans la catégorie des Quasimodo ou des Riquet à la houppe[42], il est sublime par son sens du dépassement[43], sa bravoure et son sens du sacrifice[44]. Cyrano est l'homme des contrastes[45] : il allie le courage physique (combat porte de Nesle, siège d'Arras) à la timidité (rendez-vous avec Roxane[46]) . Malgré ses victoires au combat, il est poursuivi par l'échec : c'est Christian qui récolte le baiser, fruit de la conquête de Cyrano, c'est Molière qui récolte la gloire avec la réplique « Mais qu'allait-il faire dans cette galère ? »[47]. Edmond Rostand lui fait dire au sujet de son épitaphe : « Cyrano de Bergerac, qui fut tout et qui ne fut rien »[48]. Pour Raymond Trousson[15], c'est toute la pièce qui est ainsi traversée par le thème de l'échec, et Jules Harazti note la sympathie qu'éprouve Rostand pour ces « ratés de l'amour et de la gloire »[49]. Cyrano, c'est aussi un assortiment de fanfaronnade et de pudeur sur ses souffrances[50], alternant l'énergie et la mélancolie[51].

Idéalisme[modifier | modifier le code]

Le personnage est aussi attachant par sa soif d'idéal et son refus des compromis[52]. Pour Susan Lloyd, chez le personnage d'Edmond Rostand, la poursuite d'un idéal est plus importante que son achèvement et la loyauté de Cyrano envers Christian serait autant due à son sens de l'honneur qu'à la préférence d'un amour spirituel à un amour charnel : inconsciemment, Cyrano préfèrerait l'idéal à la réalité[53]. Trousson[15] parle d'un personnage généreux, idéaliste, en lutte contre le vulgaire et rappelle la tirade « J'ai décidé d'être admirable en tout, pour tout ! »[54]. Il faut aussi citer Constant Coquelin, se proposant à Rostand pour devenir son « Colporteur d'idéal ».

Le panache[modifier | modifier le code]

Lors de la dernière scène, le rideau tombe sur ce dernier mot prononcé par Cyrano, « mon panache ». Ce mot est très fortement associé au personnage. Magali Wiéner-Chevalier[55] le définit comme la capacité à être « vif, spirituel, poète même dans l'adversité ». Edmond Rostand lui-même développe ce thème lors de son discours d'entrée à l'Académie française et le décrit ainsi :

« Le panache, n'est pas la grandeur mais quelque chose qui s'ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d'elle. C'est quelque chose de voltigeant, d'excessif - et d'un peu frisé [...], le panache c'est l'esprit de bravoure. [...] Plaisanter en face du danger c'est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l'héroïsme, comme un sourire par lequel on s'excuse d'être sublime[...] »[56]

Et c'est toujours Edmond Rostand qui conseille aux élèves du collège Stanislas, lors d'une représentation de Cyrano, d'avoir du panache[57].

Le panache n'est pas sans rappeler la figure d'Henri IV demandant lors des combats que l'on se rallie à son panache blanc, figure évoquée d'ailleurs par Cyrano reprochant à de Guiche sa lâcheté[58].

Le verbe[modifier | modifier le code]

Cyrano prononce environ 1 600 vers[59] dans la pièce. Tour à tour chroniqueur (la gazette), pasticheur (la ballade du duel), séducteur (scène du balcon), captiveur (le voyage sur la lune), envoûteur (la scène du fifre), Cyrano est, selon Patrick Besnier, un « homme-parole »[60], qui transforme tout en mots et qui a besoin d'un auditoire pour exister (Roxane ou de Guiche). C. Flicker signale l'importance de l'escrime verbale dans toute la pièce : les duels se font autant par les mots que par l'épée. Mais elle signale aussi le drame de Cyrano : son incapacité à livrer son âme autrement que par écrit. Elle parle de « tragédie de la parole impossible »[61].

Héros faustien[modifier | modifier le code]

Le pacte passé entre Christian et Cyrano qui les lie jusqu'à leur mort évoque Faust[62]. À Christian, Cyrano offre son esprit, tandis que Christian donne sa beauté aux paroles de Cyrano. Tous les deux y perdent leur âme. Le pacte ne peut être rompu : Christian s'y essaie, en vain au début de l'acte III. Même la disparition de Christian à la fin de l'acte IV ne libère pas Cyrano et il faut attendre la mort du héros pour que les deux personnages soient réunis dans l'amour de Roxane.

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Le fait que le personnage historique, Savinien Cyrano de Bergerac, ait été homosexuel[63], et les rapports ambigus qu'entretiennent les trois personnages, permettent d'imaginer que le personnage de Cyrano éprouve des sentiments amoureux pour Christian. Jérôme Savary évoque cette éventualité parmi d'autres[64]. Jean-François Gautier signale que l'on trouve de tout dans les interprétations dont celle de la psychanalyse de l'homosexualité[65]. Cette question est aussi soulevée par Patrick Besnier[66].

Roxane[modifier | modifier le code]

Elle est décrite comme belle et précieuse, admiratrice de d'Urfé et lectrice de la carte de Tendre. Pour créer son personnage, Edmond Rostand s'est inspiré de deux femmes du XVIIe siècle: Madeleine Robineau, cousine de Savinien Cyrano de Bergerac, épouse de Christophe Champagne, baron de Neuvillette, qui, devenue veuve après le siège d'Arras, se fit dévote et chercha à faire revenir son cousin libertin au sein de l'Église, et Marie Robineau, précieuse, amie de Madeleine de Scudéry, connue sous le nom de Roxane[67].

Si Patrick Besnier ne voit en elle qu'un personnage inconsistant, inaccessible, dont l'unique rôle serait d'écouter[68], d'autres lui reconnaissent de l'épaisseur[69]. Loin du personnage idéalisé par Cyrano (la plus belle de toutes, tenant le rôle de cousine, complice d'enfance, mère de substitution[70]), Roxane se présente comme une personnalité tranchée capable d'évolution. Au début de la pièce elle se révèle précieuse, frivole, égoïste, capricieuse comme dans la scène 6 de l'acte II[70], elle peut se révéler manipulatrice comme dans la scène 2 de l'acte III, elle maîtrise parfaitement le beau langage et manie avec aisance la métaphore, mais elle s'enferme dans les apparences[71]: elle aime Christian parce qu'il est beau et lui imagine de l'esprit pour se donner le droit de l'aimer. Les paroles de Cyrano vont la faire naître à l'amour véritable. Elles vont lui faire découvrir la sensualité[15] (acte III, scène 7 « oui je tremble, et je pleure, et je t'aime et je suis tienne, tu m'as enivrée »). Elles vont la rendre héroïque (entrée dans le camp des cadets en pleine guerre) et vont lui révéler qu'elle aimerait Christian même laid. Elle reste fidèle à cet amour même après la mort de Christian.

Christian[modifier | modifier le code]

Le baron de Neuvillette a réellement existé et a bien épousé une cousine de Cyrano, mais le personnage réel se prénommait Christophe[72]. Edmond Rostand le décrit comme beau et courageux. Il se dit sot mais est capable d'esprit dans sa joute verbale contre Cyrano (Acte II, scène 9). Au départ superficiel (il est capable de bâtir une relation amoureuse sur une imposture), le personnage mûrit[15] et évolue vers davantage d'authenticité. Il cherche à se libérer du pacte conclu avec Cyrano (acte III scène 4) et, lorsqu'il découvre l'amour qu'éprouve Cyrano pour Roxane, il s'efface généreusement[73] en allant à la mort.

Le comte de Guiche[modifier | modifier le code]

Le comte Antoine III de Gramont, comte de Guiche, futur duc de Gramont et maréchal de France, était un personnage influent à l'époque de Savinien Cyrano de Bergerac.

Dans la pièce, c'est un personnage puissant et ambitieux[74]. Il utilise sa puissance pour parvenir à ses fins, obtenir la femme qu'il désire (Roxane) ou se venger de ceux qui lui tiennent tête : vengeance contre Lignière (acte I), contre Christian qu'il envoie au combat (fin de l'acte III), contre Cyrano et les cadets après l'épisode de l'écharpe (acte IV, scène 4). Philippe Bisson y voit un « double négatif » de Cyrano[75]. Il est cependant capable de courage et même de panache (« je vais me battre à jeun » acte IV, scène 7)[76] .

On le retrouve, à la fin de la pièce (acte V, scène 2), assagi et un rien désabusé[15]. Fidèle, lui non plus n'a pas cessé d'aimer Roxane, mais se montre désormais clément envers ses anciens rivaux, louant à demi-mots Christian et tentant de prévenir l'attentat contre Cyrano. Il louera finalement amplement Cyrano pour avoir vécu « sans pactes, libre dans sa pensée autant que dans ses actes », et avoue qu'il « lui serrerait bien volontiers la main ».

Personnages historiques[modifier | modifier le code]

Outre de Guiche, de nombreux personnages représentent des personnalités de leur époque.

Les académiciens[modifier | modifier le code]

Lors de la représentation (acte I scène 2), le personnage du bourgeois cite à son fils les noms des académiciens (1re génération) qui assistent à la pièce de Baro (Balthazar Baro).

Les précieuses[modifier | modifier le code]

Lors de la représentation au théâtre (acte I scène 2) puis lors de la lecture de la Carte de Tendre (acte III), les précieuses sont présentes, et cachent leurs hauts patronymes derrière leurs surnoms. Ceux-ci ont été notés par Antoine Baudeau de Somaize dans son Dictionnaire des Précieuses (1661).

Poète et acteurs[modifier | modifier le code]

Sur scène (Acte I scène 3 et 4) et dans le théâtre, on retrouve :

Autres[modifier | modifier le code]

Publications de la pièce[modifier | modifier le code]

  • Paris, Bordas, 1988, 254 p. (Univers des lettres Bordas. Textes littéraires. Texte intégral). ISBN 2-04-016897-4. Avec une analyse de la pièce, des notes et questions par Pierre Lauxerois.
  • Paris, Presses pocket, 1989, 393 p. (Presses pocket ; 6007. Lire et voir les classiques). ISBN 2-266-02927-4. Préf. et commentaires de Claude Aziza.
  • Paris, Gallimard, 1990, 337 p. (Collection Folio junior ; 515). Supplément disposé tête-bêche à la fin de l'ouvrage. ISBN 2-07-033515-1. Présentation et notes de Jean-François Ménard ; ill. de Philippe Davaine.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cyrano de Bergerac (film, 1900)

Opéra[modifier | modifier le code]

  • Cyrano, (Walter Damrosch, sur un livret de W.H. Henderson), Metropolitan Opera, New York, 1913
  • Cyrano de Bergerac, (Franco Alfano, sur un livret d'Henri Cain d'après Edmond Rostand), comédie héroïque en 4 Actes (22 janvier 1936 Rom, Teatro Reale)
  • Cyrano de Bergerac, op. 45 (Eino Tamberg, sur un livret de Jaan Kross d'après Edmond Rostand), en 3 Actes et un épilogue (1974);
  • Cyrano de Bergerac, (Paul Danblon), Festival de Liège, mai 1980;
  • Cyrano de Bergerac, David DiChiera, créé à Detroit (Michigan) le 13 octobre 2007. Livret de Bernard Uzan.

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Ballet[modifier | modifier le code]

Pastiches[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Cyrano de Bergerac / Daniel Patte, scénario et Didier Convard, ill. ; d'après Edmond Rostand. In Je Bouquine, octobre 1989, no 68, p. 67-83.
  • Cyrano de Bergerac / Edmond Rostand ; [dessins par] Lionel Garcia, Michel Rodrigue, Jean-Claude Vruble ; présenté par Jacques Weber. Paris : Éd. Vents d'Ouest, 1986, 121 p. ISBN 2-86967-017-6
  • Cyrano de Bergerac / de Edmond Rostand ; adapt. intégrale en bandes dessinées par Fanch Juteau, scénariste et dessinateur. Darnétal : Petit à petit, septembre 2007, 284 p. ISBN 978-2-84949-097-6. Édition annotée et commentée avec complément pédagogique.

Autour de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Cyrano de Bergerac était la pièce favorite du général Charles de Gaulle qui, encore au lycée, écrivit un petit acte humoristique en vers, Une mauvaise rencontre, dont le style n'est pas sans rappeler Rostand (publié dans le recueil de ses œuvres complètes).
  • Gérard Depardieu, qui découvrit la pièce lors du film de Jean-Paul Rappeneau, en fut emballé au point de déclarer qu'en lisant une telle pièce, on pouvait se sentir « fier d'être Français ».

Il y fait référence dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre déclamant : « C'est un pic, c'est un cap, que dis-je : un cap ? C'est une péninsule ! » parlant en fait du nez du Sphinx. On peut noter également un clin d'œil identique dans l'autre film Astérix aux Jeux olympiques avec la scène du balcon et sa célèbre tirade « ... c'est ... un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer » (un clin d'œil apparaît aussi dans l'album intitulé Le Cadeau de César).

  • Le groupe The Police donne en 1976 le titre de Roxanne à l'une de ses chansons, qui parle d'une prostituée. Dans l'hôtel où Sting était hébergé à Paris, il y avait une affiche de Cyrano de Bergerac, ce qui lui inspira ce nom[79].
  • Les auteurs Ayroles et Masbou de la bande dessinée De cape et de crocs, « Amateurs de théâtre, commedia dell'arte et de cape et d'épée » font des références régulières à Molière (L'Avare), Edmond Rostand (Cyrano de Bergerac) etc. L'un des personnages secondaires, le Maître d'armes, a d'ailleurs de nombreux points communs avec Cyrano : le nez, les voyages et les théories scientifiques...
  • Dans ce spot publicitaire intitulé « Vive le Football Libre », Oxmo Puccino lit, en voix off, la ballade improvisée de Cyrano de Bergerac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve assez majoritairement cette date pour la première (voir par exemple Patrick Besnier dans sa notice de Cyrano de Bergerac, édition Galimard, Folio, 1983, pp 423;453 ou Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, p 137) cependant certains auteurs parlent du 27 décembre (par exemple Max Favalelli, 27 décembre 1897, la triomphale première de Cyrano de Bergerac, Roman vrai de la troisième république ou Sylvie Jouanny, Théâtre européen, scènes françaises, culture nationale, dialogues des cultures, p 175) considérant que le triomphe de la pièce est effectif dès la répétition générale du 27 décembre
  2. Un nouveau Cyrano à Bergerac sur le site Cyranodebergerac.fr
  3. Patricia Chatel, Fracasse et Cyrano, le théâtre et l'épée sur Encres vagabondes.
  4. Evelyne Pieiller, Pérennité du roman populaire, Le Monde diplomatique, juin 2002.
  5. Sophie Lebeuf, Illustre méconnu, Cyrano de Bergerac sur Actualité théâtre- EVENE, décembre 2008.
  6. Jean-Marie Apostalidès, Cyrano, qui fut tout et qui ne fut rien, Les Impression Nouvelles.
  7. Magali Wiéner-Chevalier, Le théâtre de la Belle Époque, dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Châtelet, pp 18-22.
  8. Jean-Marie Apostalidès, Cyrano, qui fut tout et qui ne fut rien, Les Impression Nouvelles, p 14.
  9. a et b Robert Cardinne-Petit, Les secrets de la Comédie-Française 1936-1945, Nouvelles Editions Latines, 1958, pp 123-124.
  10. Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, p 100.
  11. Jean-Marie Apostalidès, Cyrano, qui fut tout et qui ne fut rien, Les Impression Nouvelles, pp 14-16.
  12. Magali Wiéner-Chevalier, Le théâtre de la Belle Époque, dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Chatelet, pp 31-32.
  13. Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, pp 106, 111, 114.
  14. il aide à son financement et encourage l'auteur à créer un personnage à sa mesure (Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, pp 134-135.)
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Raymond Trousson, Un succès inusable, Cyrano de Bergerac, dans www.bon-a-tirer.com.
  16. Voir « Coquelin, le 1er Cyrano » et « Les exigences imbéciles de l'auteur » sur cyranodebergerac.fr.
  17. Voir par exemple le récit qu'en fait Max Favalelli (p 22) ou les Souvenirs de Maurice Rostand son fils.
  18. Caroline de Margerie, Edmond Rostand ou le baiser de la gloire, Grasset, 1997 « La générale est un triomphe absolu, (...), le 28 décembre la première provoque le même délire »
  19. Gérard Bauër, « Le Centenaire d’Edmond Rostand : Cyrano de Bergerac », Historia, no 257,‎ avril 1968, p. 63
  20. il faut en exclure La Ballade du duel de l'acte I, Les Tartelettes amandines de l'acte II et Les Cadets de Gascogne de l'acte II
  21. C. Flicker parle à son sujet de pièce « difficilement classable (...) qualifiée tout à la fois de néo-classique, néo-romantique, néo-parnassienne et néo-précieuse », (C Flicker, Le théâtre « Fin de siècle », Cours de littérature française, 2004-2005, p 42)
  22. Magali Wiéner-Chevalier, Entre comédie héroïque et drame romantique dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Chatelet, p 24.
  23. Maurice Rostand, Naissance d'un chef-d'œuvre sur le site cyranodebergerac.fr.
  24. Sartre, par exemple parle à son sujet de « fanfare de pantalons rouges » (Jean-Paul Sartre, Les Mots, éd. Gallimard, Paris, 1964, p. 35-36.)
  25. a et b Magali Wiéner-Chevalier, Entre comédie héroïque et drame romantique dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Chatelet, pp 27.
  26. Acte I, scène 4, v. 302
  27. Patrick Besnier parle de vers qui explosent, émiettés, désarticulés (préface de Cyrano de Bergerac, édition Galimard, Folio, 1983, pp 28-29).
  28. a et b * C Flicker, Le théâtre « Fin de siècle », Cours de littérature française, 2004-2005, p 57.
  29. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, p. 45.
  30. Jean-louis Cloët, Cyrano de Bergerac de Rostand ou le manifeste de la néo-préciosité, dans La Revue Polaire, 7 juillet 2008
  31. Préface de Cyrano de Bergerac, édition Galimard, Folio, 1983, pp 22-25.
  32. Jean François Gautier, Les Rostand, le dramaturge et le biologiste, in valeurs actuelles, 16 juillet 2009
  33. Catherine Steinegger, La musique à la Comédie-Française de 1921 à 1964, Editions Mardaga, 2005, pp 16-18.
  34. Edmond Rostand, « Didascalie initiale de Cyrano de Bergerac », sur http://lelivrescolaire.fr/, Le livre scolaire,‎ 1897 (consulté le 20 décembre 2012)
  35. Cyrano de Bergerac en un clin d'œil.
  36. Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, p 134.
  37. Magali Wiéner-Chevalier, Entre comédie héroïque et drame romantique dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Chatelet, pp 25.
  38. Laurent Calvié, Laurent Calvié, Cyrano dans tous ses états, éditions Anacharsis, 2004, p 11.
  39. Jean-Marie Apostalidès, Cyrano, qui fut tout et qui ne fut rien, Les Impression Nouvelles, introduction.
  40. Extrait de Cyrano à le recherche du nez perdu de Francis Huster sur www.cyranodebergerac.fr.
  41. Dossier scolaire du Théâtre du trident, pp 9,11.
  42. Cyrano intime sur Theatrauteurs.
  43. C Flicker, Le théâtre « Fin de siècle », Cours de littérature française, 2004-2005, p 54.
  44. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, pp 125-127.
  45. René Doumic l'appelait « une antithèse qui marche »(Raymond Trousson, Un succès inusable, Cyrano de Bergerac, dans www.bon-a-tirer.com).
  46. « Lâche!... mais que je meure, si j'ose lui parler, lui dire un seul mot... »(Cyrano de Bergerac,acte II scène 3, v 678-679).
  47. Cyrano de Bergerac, Acte V, scène 6, v 2500-2505.
  48. Cyrano de Bergerac, Acte V, scène 6, v 2541-2542.
  49. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, pp 28-29; 129.
  50. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, pp 138-139.
  51. Voir par exemple ses confidences à Le Bret dans la scène 6 de l'acte I, ou la réflexion sur les feuilles mortes de la scène 5 de l'acte V.
  52. Voir par exemple la tirade des « Non merci ! » (Acte II, scène 8, v. 965-1015) ou son combat final contre compromis, préjugés et lâchetés (Acte V, scène 6, v. 2558-fin).
  53. Susan Lloyd, The man who was Cyrano, Unlimited Publishing LLC, 2002, p 132.
  54. Cyrano de Bergerac, Acte I, Scène 5, v. 481.
  55. Magali Wiéner-Chevalier, Entre comédie héroïque et drame romantique dans Dossier pédagogique sur Cyrano de Bergerac du Théâtre du Chatelet, pp 32.
  56. Edmond Rostand Discours de réception à l'Académie française, hommage à M. de Bornier, p 23.
  57. « Et c'est pourquoi, je vous demande du panache ! Cambrez vous, poitrinez, marchez, marquez le pas (...) Ne connaissez jamais la peur d'être risibles. (...) » (Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, p 205).
  58. « Henri quatre/, n'eut jamais consenti, le nombre l'accablant/À se diminuer de son panache blanc » (Acte IV, scène 4, v. 1860-1862).
  59. quatorze cent vers selon Max Favalelli (Plaisir de lire - lire par plaisir p 45).
  60. Patrick Besnier, Préface de Cyrano de Bergerac, édition Gallimard, Folio, 1983, p 26.
  61. C. Flicker, Le théâtre « Fin de siècle », Cours de littérature française, 2004-2005, p. 51.
  62. C Flicker (Le théâtre « Fin de siècle » pp 52 -53) et Jacques Weber (Cannes Soleil, p 12) parlent de pacte faustien.
  63. Jacques Weber, acteur, réalisateur et scénariste qui a joué plusieurs fois Cyrano au cours de sa carrière : «Contrairement à ce qui se dit souvent, je pense, pour ma part, qu’il existe une véritable complémentarité entre le personnage réel, qui a très profondément inspiré Rostand, et le Cyrano de légende […] Ce qui me bouleverse avant tout, c’est l’exigence définitive du ”non-compromis“ […]: il revendiquait le droit à la différence, par sa laideur, bien sûr, mais aussi par son homosexualité.» (interview, Cannes Soleil, n° 43, juin 2005)
  64. Dans un entretien avec un journaliste de Cannes Soleil Jérôme Savary avance : « On pourrait dire, en délirant, que Cyrano est homosexuel et que c'est de Christian, en fait, qu'il est amoureux. N'est-il pas prêt à tous les sacrifices pour lui ? N'a-t-il pas peur de l'amour de Roxane ? On pourrait dire qu'il est freudien et que Christian n'est que son double » (Cannes Soleil, n° 43, juin 2005) [lire en ligne]
  65. Jean-François Gautier : « ainsi, les interprétations les plus divergentes accompagnent un sacre séculaire. Elles vont de la classique aventure de cape et d’épée au vaudeville Cyrano-Roxane-Christian, en passant par le conte de fées, la pièce d’acteur, la psychanalyse de l’homosexualité ou l’exaltation du scepticisme. » (« Les Rostand », Valeurs actuelles, 2009)
  66. « Tant de mouvement et d'agressivité, et ce flot de paroles masquent mal un retrait, un silence, une impuissance. Il faut bien sûr ici examiner le nez. Qui aura deviné qu'il était (redoublé, en outre d'une prompte épée) phallique ? Rostand dit bien des choses de ce nez mais pas celle-là : preuve que c'est la seule qui compte. On pourra (...) remarquer qu'il faut la présence de Christian pour que Roxane soit désirable : schéma classique de la rivalité amoureuse où l'amour hésite entre le rival et l'objet de la rivalité (Rostand, inconsciemment, rend par là compte de l'homosexualité du Cyrano historique) » (Patrick Besnier, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, préface, éditions Gallimard 1983)
  67. Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Préface de Patrick Besnier, édition Galimard, Folio, 1983, Notice, p 432.
  68. Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Préface de Patrick Besnier, édition Galimard, Folio, 1983, préface, p. 26.
  69. Voir l'opinion de Raymond Trousson ou celle de C. Flicker (p 59).
  70. a et b Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, II, 6
  71. C Flicker, Le théâtre « Fin de siècle », Cours de littérature française, 2004-2005, p 59-60
  72. Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Préface de Patrick Besnier, édition Galimard, Folio, 1983, Notice, p 431.
  73. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, p. 125; 134;135.
  74. Philippe Bulinge, Cyrano de Bergerac et la Samaritaine, p 56.
  75. Philippe Bulinge, Cyrano de Bergerac et la Samaritaine, p 57, note 86.
  76. Jules Harazti, Edmond Rostand, 1913, p 135.
  77. Le siècle de Cyrano : L'Académie est là ?
  78. Le siècle de Cyrano : Barthénoïde, Urimédonte...
  79. Sting, Broken music : a memoir, Cambridge University Press, 2003, p 285,286

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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