Eugène de Rastignac

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Eugène de Rastignac
Personnage de fiction apparaissant dans
La Comédie humaine

Rastignac avec Vautrin dans la cour de la pension Vauquer (Le Père Goriot).
Rastignac avec Vautrin dans la cour de la pension Vauquer (Le Père Goriot).

Origine Angoulême, Drapeau de la France France
Sexe Masculin

Créé par Honoré de Balzac
Roman(s) La Comédie humaine

Eugène de Rastignac est un personnage romanesque d'Honoré de Balzac dont les aventures débutent dans le Père Goriot et dont l'évolution va se poursuivre dans un nombre considérable de romans de La Comédie humaine.

Originaire d'Angoulême, il s'installe à Paris pour suivre des études de droit. C'est un jeune homme ambitieux, qui regarde la « bonne société » avec des yeux à la fois surpris et envieux, qui va se montrer prêt à tout pour parvenir à ses fins. Adolphe Thiers, alors futur président de la République, a servi de modèle à Balzac : en effet, comme Thiers, Eugène de Rastignac épouse la fille de sa maîtresse. Aujourd'hui, le terme de « Rastignac » désigne un arriviste, un « jeune loup aux dents longues ».

Chronologie de Rastignac dans la Comédie humaine[modifier | modifier le code]

Rastignac, jeune étudiant de 22 ans (en fait il a 21 ans d’après sa mère, Rastignac se vieillit d’un an lors d’une conversation avec sa cousine, madame de Beauséant), confronté au cynisme des uns (dont Vautrin) et aux duperies des autres, devient amant de Delphine de Nucingen. Après la mort du père Goriot, il pousse son célèbre cri "A nous deux maintenant !", que Balzac complète par un ironique "Et pour premier acte de défi que Rastignac portait à la société, il alla dîner chez la baronne de Nucingen." Le cri d'un arriviste.
Une année a passé. Le jeune « loup », amant de Delphine de Nucingen, est devenu banquier aux côtés de son mari, le baron de Nucingen.
Rastignac, devenu expert en luttes d’influence, louvoie dans la société. Il sait aussi bien éliminer ceux qui le gênent que se mettre dans le sillage des hommes qui montent.
Rastignac est devenu membre à part entière du monde des « roués Parisiens », ces meneurs de la société qu’il admirait tant lors de son arrivée à Paris.
Rastignac est alors âgé de vingt-cinq ans selon Bianchon, narrateur de cette nouvelle qui montre son ami tenté par la marquise de Listomère, dans une histoire amoureuse qui restera sans suite.
Rastignac a commencé à profiter aux côtés de Nucingen, il a déjà quatorze mille livres de rente, a doté et marié ses sœurs et songe à quitter Delphine au profit d’une marquise fortunée, la marquise d'Espard. Reste fidèle aux mercredis de Célestine Rabourdin, salon où il retrouve Lucien de Rubempré, Horace Bianchon, et un certain nombre d'intellectuels parisiens
Rastignac a grandement évolué : il est aujourd’hui désabusé, cynique, joueur, « viveur », à la limite de la débauche et de l’auto-destruction.
L’action de ce livre se situe en 1836 mais une conversation entre quatre journalistes révèle l’ascension de Rastignac : encore sans le sou en 1827, Rastignac a rompu en 1833 avec Delphine de Nucingen mais travaille toujours avec son mari qui l’associe à des opérations frauduleuses et lui permet de gagner quatre cent mille francs et de se constituer un rente de quarante mille livres. Il est en passe, en 1836 de devenir ministre, pair de France...
Rastignac est pour la seconde fois ministre, il vient d’être fait comte et suit les traces de Nucingen. Il a épousé en 1839 la fille de Delphine et du baron de Nucingen. Le comte Maxime de Trailles, relation de Rastignac, définit ainsi son parcours : « Vous avez fini par épouser l’unique héritière des millions de Nucingen, et vous l’avez bien gagné... vingt ans de travaux forcés ! »
Rastignac a 48 ans. Le caricaturiste Jean-Jacques Bixiou dit de lui : « Il a trois cent mille livres de rentes, il est pair de France, le roi l’a fait comte, c’est le gendre de Nucingen, et c’est un des deux ou trois hommes d’État enfantés par la Révolution de juillet ; mais le pouvoir l’ennuie quelquefois, et il vient rire avec nous... »

On le retrouve également dans les romans suivants :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Françoise Aubert, « Aristocratie et noblesse : Balzac ou le ‘complexe Rastignac’ », Studi dell’Istituto Linguistico, 1982, n° 5, p. 91-101.
  • (en) Alexander Fischler,« Rastignac-Telemaque: The Epic Scale in Le Père Goriot », Modern Language Review, 1968, n° 63, p. 840-848.
  • (fr) Nicole Mozet, « Rastignac, ce n’est pas moi... : Lecture romanesque et différence des sexes », Compar(a)ison, 1993, n° 1, p. 75-81.
  • (fr) B. Reizov, « Rastignac et son problème », Europe, 1966, n° 447-448, p. 223-230.
  • (fr) Lawrence R. Schehr, « Rapports écrits : les Lettres de la famille Rastignac », Balzac, pater familias, Claudie Bernard, Éd., Franc Schuerewegen, Éd. et intro., Amsterdam, Rodopi, 2001, p. 73-83.
  • (pl) Justyna Trzcinska, « Rastignac w krainie czarów: O mowie przedmiotów w powiesci Kazimierza Brandysa Obywatlele », Ruch Literacki, Sept-Oct 2001, no 42 (5 [248]), p. 587-605.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Samedi 2 novembre 1833 : "Aujourd'hui, inventé péniblement Le cabinet des Antiques, tu liras cela quelque jour. J'en ai écrit 17 feuillets de suite. Je suis très fatigué…" Cf. correspondance avec Évelyne Hańska (Ewelina Hańska).