Cinéma français

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Georges Méliès vers 1890.

Le cinéma français, avec des scientifiques comme Joseph Plateau et Étienne-Jules Marey, des inventeurs de premier rang dont les découvertes ont été fondamentales, et avec des pionniers aussi imaginatifs qu'Émile Reynaud, Louis Lumière et Georges Méliès, occupe une place privilégiée dans le cinéma, et a contribué, avec des financiers autodidactes de la trempe de Charles Pathé, au développement de l'industrie des films.

En plus de son propre développement, le cinéma français a permis à de nombreux artistes de l'Europe et du monde entier de s'exprimer. Des réalisateurs célèbres, tels que Roman PolanskiKrzysztof Kieslowski, Andrzej ŻuławskiGaspar NoéEdgardo Cozarinsky, Alexandre AlexeieffAnatole Litvak, Michael Haneke, Gela Babluani, et Otar Iosseliani, sont comptés parmi les réalisateurs importants du cinéma français. Inversement, des réalisateurs du cinéma français, tels que Jean RenoirJacques Tourneur, ou Francis Veber, ont mené de fructueuses carrières internationales, exportant ainsi un savoir-faire particulier.

Le cinéma français est le plus prolifique d'Europe, avec 261 films français sortis en 2010, et la majorité d'entre eux est destinée avant tout à la télévision, premier coproducteur de films de cinéma.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du cinéma français.

Les inventions successives qui mènent à l’apparition des premiers films ont eu lieu au cours du XIXe siècle, dans plusieurs pays, principalement les États-Unis et la France, mais aussi la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Ce sont bien les films, en tant qu’ouvrages artistiques, qui sont à la base d’un des procédés historiques de leur représentation, les salles de cinéma. Avec son dispositif, public et payant, de projection sur grand écran, Émile Reynaud en 1892, imité par les frères Lumière en 1895, pourrait revendiquer la paternité de ce procédé qui est devenu peu à peu largement minoritaire dans les recettes de l’art du film. En effet, les salles de cinéma représentent aujourd'hui, en termes de marché, en gros moins du quart des recettes d’un film, un autre quart est constitué des ventes de droits de diffusion aux chaînes de télévision, les 50% restants proviennent des ventes en formats domestiques, DVD, Blu-Ray[1].

Le Théâtre optique d'Émile Reynaud[modifier | modifier le code]

Émile Reynaud

À la fin du XIXe siècle, pendant les années héroïques des débuts du cinéma, la France fournit plusieurs pionniers importants. Émile Reynaud appelle ses films des pantomimes lumineuses, elles durent de 1 à 5 minutes chacune, mais leur durée de projection peut varier considérablement car l'opérateur a la possibilité d'arrêter sur une image pour donner plus ample information, ou revenir en marche arrière, repartir, revenir, et créer ainsi une succession de courtes scènes supplémentaires plus ou moins improvisées. De 1892 à 1900, les pantomimes lumineuses d'Émile Reynaud seront vues par un demi-million de spectateurs, un très gros succès pour une unique salle.

Le Théâtre optique permet de projeter des images animées. Ce sont les premières projections sur grand écran du cinéma, avant celles des frères Lumière. Le public assiste au déroulement d'une histoire, projetée par Reynaud en personne sur un écran installé dans le "Cabinet fantastique" du musée, plongé dans l'obscurité totale. Les personnages sont dessinés et ils bougent grâce à un mécanisme astucieux. Ce sont les premiers dessins animés du cinéma. Émile Reynaud les appelle des Pantomimes lumineuses.

Les Frères Lumière[modifier | modifier le code]

Auguste et Louis Lumière mettent au point le Cinématographe au cours de l'année (1894), avec l'aide de leur mécanicien Charles Moisson. La machine permet les prises de vues photographiques animées, leur projection sur écran avec l'adjonction d'une lanterne magique, et aussi le tirage de copies.

D'autre part, lors de son voyage à Paris, Antoine Lumière avait pu aussi admirer les pantomimes lumineuses d'Émile Reynaud. Des séances payantes auxquelles il a sans doute assisté, le Musée Grévin se situant à quelques centaines de mètres seulement du lieu où était présenté le Kinétoscope de Thomas Edison et William Kennedy Laurie Dickson. Et là, sa conviction personnelle a vite été faite : les films d'Edison ouvraient des perspectives commerciales alléchantes, mais pas son procédé de vision individuelle, trop furtif à son avis. Les projections de Reynaud se faisaient sur un écran, devant un public rassemblé coude à coude, qui s'entraînait à rire, plaisanter, commenter, s'émerveiller en assistant aux comédies dessinées par le réalisateur. De retour à Lyon, Antoine oriente les recherches de ses fils vers la projection sur grand écran de vues photographiques animées.

Et, le 13 février 1895, les frères Lumière déposent le brevet du Cinématographe avant de présenter, le 22 mars 1895, en projection privée à Paris à la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, la Sortie de l'usine Lumière à Lyon. Après une tournée triomphale en France devant des spectateurs choisis, les frères Lumière se lancent dans la commercialisation de leur invention. Le 28 décembre 1895, la première projection publique et payante de leurs films se déroule à Paris dans le salon indien du Grand Café, 14 Boulevard des Capucines.

Débuts du cinéma français[modifier | modifier le code]

Le succès des projections dans le sous-sol du Grand Café n’est qu’un début. Dès 1896, les frères Lumière entreprennent une gigantesque opération de tournage à travers le monde. Grâce à eux, des opérateurs parcourent les continents, apportant ce spectacle nouveau et étonnant qu’est un photographe actionnant consciencieusement une manivelle pour entraîner sa machine.Gabriel VeyreAlexandre PromioFrancis DoublierFélix Mesguich, les opérateurs vedettes, et bien d’autres, partent en train, en voiture, en bateau, emportant avec eux, non seulement leur Cinématographe sur un trépied, mais aussi les produits chimiques nécessaires au développement du négatif, car il faut stabiliser le négatif impressionné dans les délais les plus brefs. Ils développent la nuit (à cette époque, il est plus facile de trouver l’obscurité complète que de nos nuits, envahies actuellement par l’éclairage électrique généralisé). En plein jour, leur souci est de trouver de l’obscurité pour charger la précieuse pellicule dans la caméra. Les caves, les cryptes des églises, tout est bon, même un cercueil qu’un jour un opérateur doit louer pour continuer ses prises de vues. Francis Doublier, envoyé en Espagne pour filmer une corrida, comprend qu’il n’a pas assez de pellicule pour filmer correctement les différentes phases de la manifestation. Il décide alors de réduire la vitesse de rotation de la caméra. Louis Lumière leur a tous appris qu’il faut tourner la manivelle au rythme de la marche guerrière : Le Régiment de Sambre et Meuse, qui produit 16 à 18 images par seconde. Doublier oublie la consigne et tourne à 9 images par seconde, doublant du même coup la durée d’enregistrement de chacun de ses bobineaux de 17 mètres. Surprise, lorsqu'il visionne la copie positive : en activant la manivelle de l’appareil de projection à la cadence normale, les vues enregistrées défilent en donnant l’impression que tout va plus vite. Doublier vient, bien malgré lui, d’inventer l’accéléré. En 1896, un prestidigitateur, Georges Méliès, qui pratique déjà la projection de vues photographiques fixes à l'aide d'un couple de lanterne(s) magique(s) dans son théâtre Robert-Houdin, qu'il a racheté, assiste à la première projection publique des frères Lumière et en ressort avec l’idée que la projection de vues animées serait d’un bien meilleur effet et attirerait une nouvelle clientèle. Il se lance dans la production de bobineaux qui sont d’abord de simples répliques des vues photographiques animées des Lumière, puis il découvre un trucage, l’arrêt de caméra, qui lui permet de faire apparaître, disparaître, ou se transformer des personnages ou des objets. Au début du cinéma en France, les films de Méliès font mouche. Comme tous les films de cette époque, ils durent chacun moins d’une minute. L’Homme-Orchestre, Le Mélomane, L’Homme à la tête de caoutchouc sont des régals, Le Déshabillage impossible est désopilant. En 1899, Cendrillon est enfin un film long (6 minutes). Il n’en faut pas plus pour que d’autres copient les tours de magie que permet n’importe quelle caméra. Les frères Lumière eux-mêmes confient à des opérateurs habiles le soin de « faire du Méliès ». Mais ils comprennent vite qu’ils ne sont pas des hommes de scène et admettent leur incapacité à contrer des « saltimbanques », s’arrêtant définitivement de produire en 1902.

Georges Méliès importe de la photographie des techniques qui deviennent les premiers effets spéciaux du cinéma : la surimpression : on rembobine la pellicule et on impressionne de nouvelles images sur les premières. Fondus enchaînés : on bouche progressivement l'objectif avec une soie ou un feutre noirs, on rembobine sur quelques dizaines de photogrammes, on redémarre la caméra dont l'objectif est obturé par la soie, on enlève progressivement la soie, débouchant ainsi l'objectif ; les prises de vues se succèdent après un bref mélange des deux.

Georges Méliès importe un trucage mis au point par deux cinéastes de l'équipe de Thomas Edison (pour "décapiter" la reine Marie Stuart, L'Exécution de Mary, reine des Écossais), qu'il systématise et porte à une complexité inégalée à l'époque : l'arrêt de caméra, qui permet de modifier comme par miracle un objet ou un personnage, ou le faire apparaître ou disparaître comme par enchantement : on arrête la caméra, on change la position des objets ou des acteurs, on reprend la prise de vues; après développement, on coupe les photogrammes surexposés qui révèlent l'arrêt et le redémarrage de la caméra, et on soude avec de l'acétone.

Georges Méliès met son talent de dessinateur au service des décors de ses films, qu'il peint lui-même, et notamment en exécutant d'habiles "trompe-l’œil", donnant l'illusion de la réalité sur 3 dimensions à des surfaces peintes à plat.

À la charnière du théâtre et du cinéma, l'importance capitale de Georges Méliès dans le cinéma en tant que divertissement populaire, est reconnue aujourd'hui dans le monde entier. D. W. Griffith dit de Méliès : « Je lui dois tout. » et Charles Chaplin rajoutera « C'était l'alchimiste de la lumière. » Georges Méliès est décoré de la Légion d'honneur en 1931. Depuis 1946, le prix Méliès couronne chaque année le meilleur film français ou de coproduction française. Le 13 mars 1961, la Poste française émet un timbre d'une valeur de 50 centimes à l'effigie de Georges Méliès. Il fut retiré de la vente le 14 octobre 1961 après avoir été tiré à 5 270 000 exemplaires. Le documentaire américain Georges Méliès, cinema magician, de Luciano Martinengo et Patrick Montgomery, 21 minutes, rend hommage au cinéaste en 1978. Les recherches de Serge Bromberg aboutissent en 2010 à l'édition d'un coffret de DVD avec 200 films restaurés de Georges Méliès. Le documentaire Le voyage extraordinaire de Serge Bromberg et Éric Lange rétablit en 2011 une copie en couleur du Voyage dans la Lune. Le film Hugo Cabret de Martin Scorsese, adapté du livre de Brian Selznick, L'Invention de Hugo Cabret, est une adaptation libre de la vie de Georges Méliès (incarné par Ben Kingsley).1995 : Queen se sert des scènes De la Terre à la Lune pour le vidéo-clip de Heaven for everyone. Le clip des Smashing Pumpkins : Tonight, Tonight lui rend hommage, on y voit notamment un navire appelé le SS Méliès.

Si les industriels ont du mal à faire face aux saltimbanques, qui, eux, formés par le spectacle vivant, connaissent les réactions du public et savent les anticiper dans leurs films, un certain Charles Pathé va réussir dans leur branche, l’industrie du film, alors qu’il a pauvrement commencé en risquant toutes ses économies pour acheter un appareil qui l’a séduit : le Phonographe à cylindres de Thomas Edison. « Au début de septembre 1894, il quittait Vincennes dans un char à bancs, pour la foire de Monthéty (Seine-et-Marne). Sa femme tenait des cylindres de cire enfermés dans un carton. S’ils s’étaient brisés, le jeune ménage se fut trouvé ruiné ». Mais ce ne fut pas le cas, le couple gagna en une journée ce qu’il gagnait auparavant en un mois. C’est ainsi que Pathé amasse un bon pécule qu’il risque encore en découvrant cette fois les Kinétoscope Edison contrefaits en Europe. Sa première affaire, où il s’associe avec son frère Émile, faillit les ruiner, mais heureusement Charles n’a pas abandonné l’exploitation du Phonographe d’Edison, du moins la vente des phonographe contrefaits en série par les Anglais. En 1898, un industriel lyonnais lui offre une commandite d’un million de francs. De forain, Charles Pathé se transforme en homme d’affaires. Créée avec Émile, la nouvelle société Pathé Frères devient au début des années 1900 la plus importante société de production de films du monde, plus puissante encore que l’Edison Manufacturing Company ou l’American Mutoscope and Biograph Company. Charles Pathé fait confiance à Ferdinand Zecca, un inconnu dont il avait enregistré la voix.

Alors que Georges Méliès construit en 1897 à Montreuil-sous-Bois le premier studio de cinéma en Europe, un bâtiment vitré de près de 1 200 m2, Pathé entreprend « la production de films joués sur une estrade dressée en plein air sur des tonneaux ». Zecca plagie les films de Méliès, mais aussi les chase films des cinéastes anglais, qui le poussent à quitter parfois son aire de tonneaux pour tourner en extérieurs naturels des poursuites échevelées. Le procédé de l’arrêt de caméra lui est familier autant qu’à Méliès, mais il sait l’utiliser dans un autre but que la recherche du gag.

Apogée du muet[modifier | modifier le code]

L'époque du muet en France, est traversée par de nombreux courants : l'ère des fééries (Georges Méliès, Segundo de Chomon), celle des films et séries d'art (Charles Le Bargy, Michel Carré, Georges Monca,..), puis vint la mode des films comiques (Max Linder, Jean Durand,..). La France suit enfin la mode des "sérials" (Louis Feuillade, Victorin Jasset,..), avant de voir l'arrivée, à la fin du muet, de l'"avant-garde" cinématographique (Louis Delluc, Abel Gance,..).

Débuts du parlant[modifier | modifier le code]

1940-1945 : le cinéma sous l'occupation[modifier | modifier le code]

1945-1980 : qualité française, nouvelle vague, cinémas populaires[modifier | modifier le code]

« Qualité française »[modifier | modifier le code]

La Nouvelle Vague[modifier | modifier le code]

Cinémas populaires[modifier | modifier le code]

1975 à aujourd'hui : crise et renouveau du cinéma français[modifier | modifier le code]

Avec 200 millions de billets vendus en 2012, et environ 190 millions en 2013, la France est actuellement le troisième marché du cinéma mondial, que ce soit en termes d'entrées (derrière les États-Unis et l'Inde), ou en termes de revenus (derrière les États-Unis et le Japon). La "Direction des études, des statistiques et de la prospection" du CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) note cependant dans son rapport du 4 janvier 2014[2], que « La forte reprise de la fréquentation observée en fin d'année n'a pas suffi à compenser la baisse des mois précédents. Sur l'ensemble de l'année 2013, la fréquentation des salles de cinéma diminue de 5,3%. » Le même organisme officiel constate une baisse symptomatique des recettes de films français (40,2 en 2012, 33,3 en 2013) et une augmentation non moins symptomatique des recettes de films américains (42,7 en 2012, 53,9 en 2013), qui ne demeurent pas dans l'hexagone mis à part le pourcentage prélevé par le CNC, qui vient ainsi soutenir la production de cinéma et d'audiovisuel en France.

Personnalités notables du cinéma français[modifier | modifier le code]

Réalisations[modifier | modifier le code]

Listes des films classés par décennie :

Exploitation[modifier | modifier le code]

Exploitation cinématographique en France[3]
2005 2005 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Nombre d'établissements 2 130 2 100 2 076 2 063 2 054 2 068 2 065 2 046 2 032 2 029
Nombre de multiplexe (+8 salles) 158 164 171 172 176
Nombre d'écrans actifs 5 281 5 276 5 273 5 283 5 315 5 389 5 469 5 464 5 466 5 502
Nombre de fauteuils 1 073 000 1 061 669 1 059 264 1 056 868 1 056 072 1 066 593 1 076 984 1 073 681 1 065 803 1 068 903
Nombre d'entrées (millions) 173,46 195,69 175,52 188,77 178,41 190,18 201,51 206,95 217,07 203,44
Recette totale en salle 996,11 M€ 1 138,94 M€ 1 031,2 M€ 1 120,7 M€ 1 061,52 M€ 1 142,21 M€ 1 236,41 M€ 1 308,92 M€ 1 373,92 M€ 1 305,63 M€
Part de marché des films
français dans les recettes
34,9 % 38,4 % 36,5 % 44,6 % 36,5 % 45,4 % 36.8 % 35,8 % 40.9 % 40,3 %

Financement du cinéma français[modifier | modifier le code]

Le centre national du cinéma et de l'image animée collecte une taxe sur les recettes en salle (11 % du prix du billet) ainsi qu'une taxe sur les ventes de VHS et de DVD (2 % du prix de vente). Il redistribue ensuite cet argent aux producteurs en fonction de leurs résultats passés et utilise cet argent pour promouvoir les jeunes réalisateurs par le biais de l'« avance sur recettes »[4]. Les aides du CNC représentent en 2011 15 % du budget d’un film en moyenne qui se répartit dans les rémunérations (58 % dont 12,1 % pour les acteurs, 9,4 % pour les scénaristes réalisateurs, 18,7 % pour les techniciens, 5,1 % pour les producteurs, etc.), les frais de tournage (30 % dont 7,6 % pour les décors et costumes) et les frais techniques (12 %)[5].

Par ailleurs, les chaînes de télévision ont l'obligation d'investir dans le cinéma[4].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Formations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études de cinéma en France.

Festivals et récompenses[modifier | modifier le code]

Festivals
Récompenses

Organismes et associations[modifier | modifier le code]

Censure et visa d'exploitation[modifier | modifier le code]

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Article détaillé : Censure en France.

Pour être diffusé en France, un film doit obtenir une autorisation administrative délivrée par le ministère de la Culture. C'est la Commission de classification du CNC qui visionne les films et donne ses recommandations pour l'attribution d'un visa d'exploitation par le ministère.

La Commission comprend 28 membres titulaires et 55 suppléants. Elle est présidée par un conseiller d'État nommé par décret du Premier ministre[6]. Les membres sont répartis en 4 collèges : celui des administrations, celui des professionnels du cinéma, celui des experts, celui des jeunes.

En mars 2011, le président est Edmond Honorat (il succède à Emmanuel Glaser en février 2011) et la présidente suppléante Catherine Ruggeri[7].

Hors interdiction totale, le visa d'exploitation peut être assorti d'un certain nombre de contraintes :

  • interdiction aux moins de douze ans (par exemple pour les films abordant le suicide ou la drogue) ;
  • interdiction aux moins de seize ans (généralement pour des films érotiques ou particulièrement violents) ;
  • classement X pour un film pornographique ou « présentant une succession de scènes de grande violence ».

Si l'objectif est aujourd'hui avant tout la protection des mineurs, le visa d'exploitation a été utilisé à certaines époques pour interdire des films gênant politiquement. Certains films, notamment à l'occasion de la Guerre d'Algérie, furent purement et simplement interdits. Depuis lors, ces interdits ont été levés.

La loi du 30 décembre 1975, en créant le classement X, évite en grande partie les interdictions totales, comme celle du film de Jacques Rivette, La Religieuse de Diderot, en 1965. Mais ces films sont cependant limités à un circuit de salles particulier et soumis à un régime fiscal désavantageux. En l'absence de définition juridique, la commission d'exploitation considère comme pornographique tout film qui montre explicitement une activité sexuelle ; elle peut cependant nuancer son jugement en fonction des qualités du scénario ou de la réalisation. Cela a par exemple été le cas de L'Empire des sens de Nagisa Ōshima qui a échappé au classement X grâce à ses qualités artistiques.

À la suite de l'affaire Baise-moi, le décret du 12 juillet 2001 prévoit aussi la possibilité pour le ministre d'interdire un film aux moins de dix-huit ans, sans toutefois l’inscrire sur la liste des films pornographiques ou d’incitation à la violence.

En outre, le maire peut, en vertu de ses pouvoirs de police administrative générale, interdire la diffusion d'un film sur le territoire de la commune pour prévenir un trouble à l'ordre public s'il existe des circonstances locales particulières.

Un service sur le site du CNC permet de rechercher les films et de connaître leur classification.

Spécialisations[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.cnc.fr/web/fr
  2. www.cnc.fr/web/fr/frequentation-cinematographique
  3. CNC, « bilan 2012 du CNC - dossier nº 326 – mai 2013 », sur CNC.fr,‎ 2013
  4. a et b Paule Gonzales, « Cinéma : un système de financement très encadré », Le Figaro,‎ 3 janvier 2013 (lire en ligne)
  5. « Le prix d'un film en France », sur Le Journal du dimanche,‎ 6 janvier 2013
  6. http://www.cnc.fr/web/fr/composition-de-la-commission39
  7. http://www.cnc.fr/c/document_library/get_file?uuid=987a69a0-f7d8-4412-a001-85cc561b37e4&groupId=18

Voir aussi[modifier | modifier le code]