Grande Mosquée de Paris

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Mosquée de Paris
Le minaret vu du patio.
Le minaret vu du patio.
Présentation
Culte Islam
Type Mosquée
Début de la construction 1922
Fin des travaux 1926
Style dominant Néo hispano-mauresque
Protection  Inscrit MH (1983)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Arrondissement 5e arrondissement
Coordonnées 48° 50′ 31″ N 2° 21′ 18″ E / 48.841944, 2.355 ()48° 50′ 31″ Nord 2° 21′ 18″ Est / 48.841944, 2.355 ()  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris est une mosquée française de style mauresque avec un minaret de 33 mètres[1]. Elle est située 6, rue Georges-Desplas dans le quartier du Jardin-des-Plantes du 5e arrondissement de Paris. La mosquée, inaugurée le 15 juillet 1926, a été fondée par Si Kaddour Benghabrit[2]. Elle a une place symbolique importante pour la visibilité de l’islam et des musulmans.

Historique[modifier | modifier le code]

La genèse du projet[modifier | modifier le code]

L’histoire de la Mosquée de Paris est liée à la colonisation.

Un premier projet de mosquée à Paris « dans le quartier Baujon en 1842, puis la relance d’intentions similaires à l’ambassade marocaine en 1878 et 1885[3] » sont attestés.

En 1846, la Société orientale propose un projet de construction « à Paris, puis à Marseille, [d’]un cimetière, [d’]une mosquée et [d’]un collège musulmans ». « Aux motifs philanthropiques, s’ajoutent des raisons politiques (la conquête et la pacification de l’Algérie), mais également religieuses car les musulmans sont estimés plus proches du christianisme romain que ne le sont les juifs[3]. » La réaction négative du ministère de la Justice et des Cultes, qui débat avec le Quai d’Orsay[4], enterre le projet pour dix ans.

La première « mosquée » au Père-Lachaise[modifier | modifier le code]

« L’ambassade ottomane à Paris [est] […] à l’origine de l’arrêté préfectoral du 29 novembre 1856 qui délimita un enclos spécial réservé aux inhumations de musulmans dans la 85e division du cimetière de l’Est parisien, dit du Père-Lachaise[3]. »

« L’enclos aurait mesuré environ 800 m2. […] On y éleva un édifice, appelé « mosquée », pour abriter la toilette mortuaire et la prière aux défunts. Ce fut ainsi la première mosquée aménagée sur le territoire parisien et non pas la première en Europe de l’Ouest depuis la disparition des musulmans du sud de la France au IXe siècle, car une première mosquée a longtemps été utilisée à Marseille dans l’enceinte du « cimetière des Turcs » (détruite pendant la Révolution)[3],[5]. »

Le cimetière abrita d’abord les sépultures des Ottomans morts en France. Peu utilisé, en 1883, il a été rétréci. Le bâtiment se délabra. « Le gouvernement ottoman décida de financer sa reconstruction et son extension[3]. » En 1914, un projet architectural est proposé ; un édifice plus important avec un dôme et des caractéristiques « islamiques » affirmées. La Première Guerre mondiale empêcha la réalisation de ce projet. « En 1923, la commission interministérielle des affaires musulmanes discuta des travaux à exécuter au cimetière musulman du Père-Lachaise. Elle conclut à l’inutilité d’édifier une mosquée dans cette nécropole, puisque l’on en bâtissait une dans « le quartier du Jardin des plantes[3]. »

Le projet de 1895[modifier | modifier le code]

Un premier projet de mosquée est envisagé sans succès en 1895 par le comité de l'Afrique française animé par Théophile Delcassé, Jules Cambon, le prince Bonaparte et le prince d'Arenberg. Un article de La Presse du 12 janvier 1896 est pourtant encore optimiste concernant ce projet de mosquée qui aurait dû être construite sur la Quai d'Orsay avec le soutien financier du sultan de Constantinople, du vice-roi d'Egypte et du sultan du Maroc, notamment[6].

Le journaliste Paul Bourdarie justifie la construction de la Mosquée de Paris dans le journal La Revue indigène :

« Une telle proposition ne pouvait être oubliée et disparaître. Elle correspond trop bien à la politique que la France se doit à elle-même de suivre envers ses fils musulmans, et qui doit se traduire tantôt en actes d’équité politique ou administrative et tantôt en gestes de sympathie ou de bienveillance. Dès sa fondation en 1906, La Revue indigène avait mis dans ses plans de reprendre ce projet dès que seraient réalisées les réformes qu’elle se proposait de préconiser et de faire aboutir. Les membres de la délégation musulmane algérienne venue à Paris en 1912 : MM. le Dr Benthami, Dr Moussa, Mokhtar Hadj Saïd, avocat, etc., se rappellent que la question fut abordée à ce moment au cours des réunions qui eurent lieu au siège de La Revue indigène. Entre temps, M. Christian Cherfils, islamophile, auteur d'un ouvrage connu sur Napoléon et l’islam, préconisait de son côté l’érection d'une mosquée à Paris. D’autres, sans doute, entrevoyaient la même construction comme désirable et possible. »

Bourdarie évoquait, dans son article, la contradiction de l’alliance avec l’Angleterre qui travaillait à dominer les pays à majorité musulmane alors que l’intérêt français était de rester « l’amie du Turc selon le vœu de François Ier et de Soliman le Magnifique » et de garder « son rôle de puissance musulmane arabe ».

La Revue indigène, comme le projet de mosquée à Paris visait à ce que les citoyens français sachent « accorder dans leur esprit et dans leur cœur l’amour de leur patrie et le respect de l'islam ».

C'est pourquoi Bourdarie n’avait cessé de faire pression et de faire partager son projet et avait entrepris de longues démarches qui finirent par trouver l’oreille du gouvernement de l’époque.

Bourdarie confie dans son journal :

« En mai et juin 1915, j’entrais en relations suivies avec un architecte, élève de Girault, de l’Institut, M. E. Tronquois. Nos causeries roulant fréquemment sur l’islam et le rôle des musulmans français sur les champs de bataille, M. Tronquois émit un jour l'opinion que le véritable monument commémoratif de leur héroïsme et de leurs sacrifices serait une mosquée. J’expliquai à M. Tronquois les faits et les points de vue précédemment évoqués et nous résolûmes de nous mettre au travail aussitôt. Et ce fut dans l'été 1916 qu’un certain nombre de musulmans habitant Paris et d’amis des musulmans se rencontrèrent à plusieurs reprises au siège de La Revue indigène pour examiner et, au besoin, critiquer les esquisses de l’architecte. Je puis nommer : l'émir Khaled, venant du front et de passage à Paris ; le Dr Benthami ; le muphti Mokrani ; le Dr Tamzali et son frère ; Halil Bey ; Ziane ; le peintre Dinet ; la comtesse d’Aubigny ; Lavenarde ; Christian Cherfils, A. Prat, député, etc. À la suite de ces réunions, un comité fut constitué, dont la présidence fut offerte à M. É. Herriot, maire de Lyon, sénateur, et la vice-présidence à MM. Lucien Hubert, sénateur, Bénazet Marin et Prat, députés et A. Brisson, directeur des Annales politiques et littéraires. La commission interministérielle des Affaires musulmanes, saisie du projet par M. Gout, ayant donné son approbation, et M. Pichon, ancien ministre des Affaires étrangères, son patronage, le projet fut apporté directement à M. Briand, président du Conseil qui approuva. »

Paul Bourdarie est le véritable père du projet de la Mosquée de Paris, il a travaillé inlassablement à la réalisation de ce projet.[réf. nécessaire] Le premier concepteur du projet est l'architecte Maurice Tranchant de Lunel, qui a été directeur des Beaux-Arts sous Lyautey (1912 à ?) — M. Tranchant de Lunel ami de R. Kipling, de C. Farrère, de la reine Élizabeth de Belgique.

Construction[modifier | modifier le code]

Le minaret et son garde-corps crénelé.

La décision de construire la Mosquée de Paris, première mosquée construite en France métropolitaine, se concrétise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux 70 000 morts de confession musulmane[7] qui avaient combattu pour la France[8]. Cette décision remonte plus précisément au lendemain de la bataille de Verdun lorsque la Société des Habous, association créée spécialement à cet effet 1917, est chargée de construire la mosquée[9].

Financée par la France (loi du 19 août 1920 qui accorde un crédit de 500 000 francs pour la construction d'un Institut Musulman regroupant une mosquée, une bibliothèque et une salle d'étude et de conférences[10]), elle est bâtie sur l'emplacement de l'ancien hôpital de la Pitié et voisine du Jardin des plantes de Paris. La première pierre est posée en 1922. Les travaux sont réalisés par Robert Fournez, Maurice Mantout et Charles Heubès d'après les plans de Maurice Tranchant de Lunel.

Elle est inaugurée le 16 juillet 1926, en présence du président Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef[10]. Doumergue célèbre alors l’amitié franco-musulmane scellée dans le sang sur les champs de bataille européens et affirme que la République protège toutes les croyances[10]. La veille de l'inauguration, Messali Hadj tient le premier meeting de l'Étoile nord-africaine, et critique cette « mosquée-réclame »[10].

Inspirée de la mosquée el-Qaraouiyyîn de Fès (une des plus importantes mosquées du Maroc et une des plus anciennes au monde), toute sa partie décorative et en particulier les zelliges est confiée à des artisans spécialisés d'Afrique du Nord avec des matériaux traditionnels. Le minaret de 33 m est inspiré de celui de la mosquée Zitouna en Tunisie[9].

La grande porte de la Mosquée de Paris est ornée de motifs floraux stylisés dans le plus pur style islamique.

La mosquée, sur un terrain de 7 500 m2, rassemble :

  • une salle de prière décorée par plusieurs influences du monde musulman ;
  • une madrassa (école) ;
  • une bibliothèque ;
  • une salle de conférence ;
  • des jardins arabes sur une surface de 3 500 m2
  • des annexes : restaurant, salon de thé, hammam et boutiques.

La mosquée, ainsi que le centre islamique, ont été inscrits aux monuments historiques par arrêté du 9 décembre 1983[11]. L'édifice reçoit également le label « Patrimoine du XXe siècle ».

La Mosquée de Paris peut accueillir 1 000 personnes, autorise l'accès aux femmes et dispose de salles d'ablutions ainsi que d'un accès pour handicapés[12].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans un documentaire, Derri Berkani[13] rapporte que durant la Seconde Guerre mondiale, et l'occupation de la France par l'Allemagne nazie, la Mosquée de Paris sert de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les Algériens du Francs-tireurs partisans (FTP) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri. Bâtie sur des caves, la mosquée permettait de rejoindre la Bièvre discrètement[9]. Les FTP ont par la suite porté assistance à des familles juives, des familles qu’ils connaissaient, ou à la demande d’amis, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le docteur Assouline a comptabilisé 1 600 cartes alimentaires (une par personne) qu’il avait fournies à la Mosquée de Paris pour les juifs qui y avaient trouvé refuge[14],[15],[16].

Les chiffres concernant le nombre de juifs hébergés et sauvés par la Mosquée de Paris durant cette période divergent selon les auteurs. Annie-Paule Derczansky, présidente de l'association des Bâtisseuses de paix, précise que « selon Albert Assouline, qui témoigne dans le film de Berkani », 1 600 personnes auraient été sauvées. Au contraire, pour « Alain Boyer, ancien responsable des cultes au ministère de l'Intérieur français, on serait plus proche de 500 personnes ».

Un appel à témoin de juifs sauvés par la Mosquée de Paris entre 1942 et 1944 a été lancé le 3 avril 2005 pour que la médaille des Justes soit remise par le mémorial de Yad Vashem aux descendants du recteur de la Mosquée de Paris Si Kaddour Benghabrit[17] qui aurait sauvé la vie d’une centaine de juifs, dont celle du chanteur Salim Hilali, en leur faisant donner par le personnel administratif de la mosquée des certificats d’identité musulmane, qui leur permirent d’échapper à l’arrestation et à la déportation[18].

Serge Klarsfeld, président de l‘association des filles et des fils de déportés juifs de France, est plutôt sceptique sur le chiffre de 1 500 juifs sauvés et précise que « sur les 2 500 membres de notre association », il « n'en a jamais entendu parler ». Il considère toutefois la « démarche de lancer un appel à témoins » entreprise par l'association des Bâtisseuses de paix comme « positive »[19].

Le réalisateur franco-marocain Ismaël Ferroukhi a mis en scène dans un long métrage intitulé Les Hommes libres l’histoire méconnue des résistants musulmans de la Seconde Guerre mondiale avec Tahar Rahim et Michael Lonsdale comme acteurs principaux[20],[21].

Ce film a été critiqué par les historiens Michel Renard et Daniel Lefeuvre, qui le considèrent comme peu rigoureux[22].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

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La Mosquée de Paris fait office de mosquée mère des mosquées françaises sous la direction de Dalil Boubakeur, recteur depuis 1992.

Le 12 décembre 2011, les travaux de construction d’une toiture amovible couvrant le grand patio face à la salle de prière de la Mosquée de Paris ont été lancés lors d’une cérémonie officielle. Cette importante réalisation, très attendue depuis de nombreuses années par l’ensemble des fidèles de la mosquée pour se protéger des intempéries marque un tournant dans sa conception en 1922-1926[23].

Un toit rétractable en double courbure équipe désormais le patio central de la Grande Mosquée de Paris La membrane composite Précontraint® 1002 S2 se veut discrète mais revêt un caractère exceptionnel : il s’agit de la première réalisation de ce genre au monde ! AIA Ingénierie et l’agence d’architecture Dubois Jeanneau se sont associés pour donner naissance à une prouesse architecturale : la conception/réalisation d’une couverture amovible en double courbure - 29 mètres de long et 20 mètres de large - quasi invisible une fois repliée. Ceci, afin de ne pas affecter l’architecture originelle de cet édifice historique et d’être en accord avec le ministère de la Culture. Ce toit rétractable - destiné notamment à protéger les fidèles lors de la prière du vendredi - respecte l’histoire du lieu de culte. « Nous avons cherché à être aussi peu invasif que possible tant au niveau de l’existant que du visuel et seules, de très légères modifications ont été apportées au bâtiment d’origine pour permettre le repli des arcs » précise Jean-Marc Marion, ingénieur Structures Complexes chez AIA Ingénierie. Ce toit mobile est constitué de deux parties qui s’actionnent - complémentairement - sur les côtés Nord et Sud du patio central. Pour chacune des parties, un arc motorisé entraîne des arcs courants venant couvrir ou découvrir le patio. Dans un premier temps, les chemins de roulement montent - sur une hauteur d’environ 1,80 m - le long de poteaux-supports avant que le déplacement des arcs ne s’enclenche.La membrane composite Serge Ferrari - légère et 100% recyclable - se déploie alors en 20 minutes et offre une esthétique incomparable. Son traitement de surface S2 optimise la performance des alliages PVDF (polyvinylidène fluoré) et limite l’adhérence des pollutions/salissures. Insensible aux UV, la membrane Précontraint® 1002 S2 contribue aussi à l’apport de lumière naturelle (taux de translucidité 8 %). Ses atouts+ : La technologie exclusive Précontraint Serge Ferrari® assure une stabilité dimensionnelle et une planéité inégalées. La membrane résiste sans renfort à la déchirure et son armature - composée de fils polyester haute tenacité - garantit une solidité exceptionnelle. La structure métallique est constituée de 9 arcs en treillis (4 côté Nord et 5 côté Sud), supportés par des rails eux-mêmes repris par 8 poteaux, fixés dans le plancher - renforcé - de la terrasse. La manœuvre de couverture s’effectue grâce à 4 moteurs équipant les pieds des 2 arcs centraux de jonction. Des pantographes guident la membrane durant son déploiement. L’ensemble des manœuvres s’effectue automatiquement à partir d’une armoire de commande électrique (système sécurisé rendant impossible le fait de descendre la couverture lorsqu’elle est en place ou de déplacer les arcs quand les chemins de roulement sont bas). Le toit s’actionne quand les vents sont inférieurs à 30 km/h.

En décembre 2013, un collectif de musulmanes exige de la direction de la mosquée de pouvoir prier dans la même salle que les hommes, après en avoir été exclues et reléguées à l'entresol[24].

Les directeurs et recteurs[modifier | modifier le code]

« À l'époque [de Si Kaddour Ben Ghabrit] le titre de « recteur » n’exist[e] pas (il n’y en a d’ailleurs pas d’exemple en Islam ; ce titre est inspiré du catholicisme)[25]. »

Six directeurs ou recteurs ont dirigé la Mosquée de Paris, l’Institut musulman de la Mosquée de Paris et la Société des habous des lieux saints de l’islam :

  • Si Kaddour Ben Ghabrit (1922-1954), « consul général de France pendant la Première Guerre mondiale, à l’origine de la Société des habous et des lieux saints de l'islam, puis de la Mosquée de Paris ; […] un Algérien entré au service de l’administration du protectorat au Maroc en 1892[,] agent diplomatique français de grande envergure[3] » et « chambellan du roi du Maroc[26] » ;
  • Si Ahmed Ben Ghabrit (1954-1956), « neveu [de Si Kaddour Ben Ghabrit] assure l'intérim[26] » ;
  • Si Hamza Boubakeur (1957-1982), « agréé par Guy Mollet comme directeur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris ; c'est ensuite qu'il prit le titre de « recteur »[25],[27] » ;
  • Cheikh Abbas (1982-1989) ;
  • Tidjani Haddam (1989-1992) ;
  • Dalil Boubakeur (1992-).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Vue générale de la grande mosquée de Paris.
Porche d'entrée avec sa porte de chêne clair, cloutée de bronze, surmontée d'entrelacs en bois d’eucalyptus et en corail.

La mosquée est ouverte à la visite touristique toute l'année, hormis les salles de sermons des imams, de lecture du Coran, de prières et de médiations réservées aux pratiquants de l’islam. La visite est gratuite pour les musulmans et payante pour les non-musulmans. Toutefois, les visiteurs musulmans sont invités à déposer de l’argent dans une urne pour la zakât.

La mosquée intègre également un restaurant traditionnel « Aux Portes de l'Orient » de cuisine des pays du Maghreb (tajine, couscous…), salon de thé (thé à la menthe, loukoum, pâtisserie, narguilé, etc.), hammam (non mixte : exclusivement réservé aux femmes[réf. nécessaire]), boutiques d’objets traditionnels arabes, ouvert au grand public toute l'année.

La Mosquée de Paris est ouverte aux visites tous les jours, sauf le vendredi ; la visite est payante[* 1].

Accès[modifier | modifier le code]

La Mosquée de Paris est accessible par la ligne 7 du métro de Paris aux stations Place Monge (Jardin des plantes) et Censier - Daubenton ainsi que par plusieurs lignes de bus RATP (47 67, 89).

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Visites : h12 h et 14 h18 h, tarif normal : 3 euros, tarif réduit : 2 euros », plaque informative sur la porte principale de la Mosquée de Paris (consultée le 7 juillet 2011).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Visite guidée », sur le site Internet de la Mosquée de Paris.
  2. Dalil Boubakeur, « La symbolique de la Mosquée de Paris », sur le site Internet de la Mosquée de Paris.
  3. a, b, c, d, e, f et g Michel Renard, « Les prémisses d’une présence musulmane et sa perception en France — Séjours musulmans et rencontres avec l’islam », dans Mohammed Arkoun (dir.), Histoire de l’islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours, op. cit., 2e partie, chap. II, p. 573–582.
  4. Lettre du 28 janvier 1847 du ministère des Affaires étrangères au ministère de l’Intérieur et des Cultes.
  5. « À la vérité, cette appellation de mosquée est quelque peu inappropriée. En effet, une mosquée (étymologie : masjid, de sajada, se prosterner) est le lieu de rassemblement des fidèles pour l’accomplissement de la prière rituelle qui comporte une suite de mouvements (inclinaison, génuflexion, prosternation) que la prière aux défunts n’observe pas. La prière sur le mort en linceul (janâza) consiste à prononcer à quatre reprises la formule Allâhu akbar suivie chaque fois d’invocations ; l’iman ou l’officiant lève les mains à hauteur des oreilles et les autres prieurs [sic] font de même ; tous restent debout ; elle se clôt par une formule prononcée à voix basse et par un salut de l’iman à droite et à gauche. La tradition musulmane prescrit même de ne pas effectuer la prière rituelle dans l’enceinte des sépultures. »

    — Ibid.

  6. La Presse, N°1324 du 12 janvier 1896, p.3 sur Gallica
  7. Allocution du ministre de la Défense à la Grande Mosquée de Paris – 11 novembre 2010.
  8. Maurice Barbier, La laïcité, L'Harmattan,‎ 1995, 311 p. (ISBN 2-7384-3063-5, lire en ligne), p. 98.
  9. a, b et c Dalil Boubakeur, « l’histoire de la Mosquée de Paris », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 13 mars 2012
  10. a, b, c et d « 1935 – 2005. L’hôpital Avicenne : une histoire sans frontières », dossier pédagogique réalisé par le musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en collaboration avec le bureau du patrimoine du conseil général de la Seine-Saint-Denis et l’inspection académique de Seine-Saint-Denis, pour l’exposition « 1935-2005. L’hôpital Avicenne : une histoire sans frontières ».
  11. « Notice no PA00088481 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Mosquée de Paris », Al-Manakh.com.
  13. La Mosquée de Paris, une résistance oubliée (29 min), diffusé dans l’émission « Racines de France 3 » en 1991.
  14. Nadjia Bouzeghrane, « Des centaines de juifs sauvés de l’extermination nazie », El Watan, 11 avril 2005.
  15. Nadjia Bouzeghrane, « Les FTP algériens et le sauvetage d’enfants juifs », El Watan, 16 mai 2005
  16. Derri Berkani, « Une résistance oubliée… la Mosquée de Paris 1940-1944 », Licra.fr, 9 juillet 2009.
  17. Nadjia Bouzeghrane, « Si Kaddour Benghabrit, un juste qui mérite reconnaissance », El Watan, 16 mai 2005.
  18. Robert Satloff, « The Holocaust's Arab Heroes », The Washington Post, 8 octobre 2006.
  19. Assmaâ Rakho Mom, « Des juifs ont été sauvés par la Mosquée de Paris, l'association les Bâtisseuses de paix veut rappeler les faits », SaphirNews.com, 8 juin 2008.
  20. Hanan Ben Rhouma, « « Les Hommes libres », ou comment les musulmans ont sauvé des juifs du nazisme », SaphirNews.com, 1er septembre 2011.
  21. Les Hommes libres, sur AlloCiné.
  22. Michel Renard, « Résistance à la Mosquée de Paris : Histoire ou fiction ? », Rue89, 1er octobre 2011 ; Daniel Lefeuvre, [http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2011/10/09/22292189.html "Les hommes libres" et les approximations historiques, Études coloniales, 9 octobre 2011.
  23. Malek Chebel, « l’histoire de la Mosquée de Paris », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 13 mars 2012
  24. Stéphane Koviacs, « Guerre des sexes à la mosquée de Paris », in Le Figaro, vendredi 27 décembre 2013, page 8.
  25. a et b Alain Boyer, L’Institut musulman de la Mosquée de Paris, op. cit.
  26. a et b Alain Boyer, « La diversité et la place de l'islam en France après 1945 », dans Mohammed Arkoun (dir.), Histoire de l'islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours, op. cit., 4e partie, chap. I, p. 767
  27. « Le 18 mai 1957, par arrêté publié au Journal officiel du 21 mai, Guy Mollet, président du Conseil, sur avis du ministre de l'Intérieur, du ministre des Affaires étrangères et du ministre résidant en Algérie, prend une « décision portant agrément de M. Boubakeur Hamza Ben Kaddour en qualité de directeur de l'Institut musulman de la Mosquée de Paris ». C'[est] un coup de force imposé par les circonstances, mais qui pla[ce] directement cet établissement sous l'autorité de la France. Les justifications mentionnées dans l'arrêté « agréant » M. Boubakeur (sans qu'aucune autre instance ait proposé sa nomination) indiquent bien la complexité de la situation juridique de la Mosquée de Paris :

    « attendu qu’il n'existe pas de statut particulier ni de r[è]glement de l'Institut musulman ;

    attendu que le président fondateur de la Société des habous et lieux saints de l’islam (sic) exerçait également, en vertu des dispositions de l’acte susvisé du 24 décembre 1921, les fonctions de directeur de la Mosquée et de l'Institut musulman de Paris ;

    attendu que le président fondateur Si Abdelkader Ben Ghabrit est décédé le 23 juin 1954 ;

    attendu qu’il n'est fait aucune mention dans les deux actes susvisés des conditions de désignation du directeur de la mosquée et de l'Institut musulman de Paris ;

    attendu qu'il est impossible, dans les circonstances actuelles, de réunir l'assemblée générale de la Société des habous et lieux saints de l’islam ;

    attendu que la vacance du poste de directeur de la mosquée et de l'Institut musulman de Paris est préjudiciable à leur fonctionnement normal et qu'il y a par conséquent intérêt à mettre fin à cette situation ».

    Cette situation apparaît bien comme un acte de « circonstance », lié à la situation des pays du Maghreb. Elle se justifie par des considérations d’ordre public. C’est pourquoi l’Institut musulman est rattaché administrativement, le 24 septembre 1957, au ministère de l’Intérieur [en remplacement du ministère des Affaires étrangères], chargé en particulier de redresser la situation financière difficile, avec un passif de 3 500 000 francs, à cause du retard de versement des subventions de l’Algérie et de la ville de Paris, dû à l'incertitude sur ses orientations politiques. D’ailleurs, dès le 14 août 1957, M. Boubakeur, […] port[e] plainte contre Si Ahmed Ben Ghabrit pour mauvaise gestion. Il retire sa plainte en novembre 1958, sur intervention du ministre des Affaires étrangères qui ne souhait[e] pas envenimer les rapports avec le Maroc sur ce terrain-là. »

    — Alain Boyer, L’Institut musulman de la Mosquée de Paris, op. cit., p. 37–38

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]