Hôtel Lutetia

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Hôtel Lutetia
Le Lutetia, en 2007.
Le Lutetia, en 2007.
Localisation
Localisation 45 Boulevard Raspail
Paris VIe
France
Coordonnées
géographiques
48° 51′ 04″ Nord
       2° 19′ 38″ Est
/ 48.851084, 2.32717
Date d'ouverture Décembre 1910
Équipements
Étoiles 4/4 starsStar full.svgStar full.svgStar full.svg
Nombre d'étages 7
Chambres 231
Restaurants 2 restaurants et 1 bar
Compagnies
Architecte(s) Louis-Charles Boileau et Henri Tauzin
Propriétaire(s) Groupe Alrov
Style Art nouveau
Protection Classé Monument Historique
Site officiel lutetia.concorde-hotels.fr

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(Voir situation sur carte : France)
Hôtel Lutetia

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(Voir situation sur carte : Paris)
Hôtel Lutetia

L'hôtel Lutetia est un hôtel de luxe du 6e arrondissement de Paris, situé au 45, boulevard Raspail, à l'angle de la rue de Sèvres, dans le quartier Notre-Dame-des-Champs. Il est la propriété du groupe israélien Alrov depuis le 1er août 2010 et il est géré par la marque Concorde Hotels & Resorts.

Sommaire

Histoire [modifier]

Construit en 1910 à l'initiative de Madame Boucicaut, propriétaire du grand magasin Le Bon Marché « afin que ses importants clients de province fussent logés dans un établissement tout proche et correspondant à leur train de vie, quand ils venaient faire leurs courses à Paris », l'hôtel Lutetia est un hôtel Art nouveau avec un des premiers bars au style Art déco à Paris. Il est conçu par les architectes Louis-Charles Boileau[1] et Henri Tauzin[2].

Situé dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, entre Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, il est témoin du renouveau artistique de l'entre-deux-guerres, accueillant de nombreux peintres et écrivains (Picasso, Matisse, André Gidequi y vécut à l’année, James Joyce, Samuel Beckett, Saint-Exupéry et André Malraux, en 1920, etc.). Notamment, le couple Consuelo et Antoine de Saint-Exupéry y demeure en 1936[3]. Albert Cohen y écrit son chef-d'œuvre, Belle du Seigneur. Y vivent également Alexandra David-Néel de retour de ses voyages en Extrême-Orient, la chanteuse Joséphine Baker accompagnée de ses nombreux enfants, ou encore le Général de Gaulle à l'occasion de sa nuit de noces.

Le 14 juin 1940, l'armée allemande entre dans Paris. Le lendemain, l'hôtel est occupé par l'Abwehr, le service de renseignement et de contre-espionnage de l'état-major allemand, qui y installe son QG. À la Libération, le propriétaire de l'hôtel doit, pour prouver son engagement envers la Résistance, mettre à sa disposition le Lutetia. L'hôtel accueille les déportés à leur retour des camps de concentration nazis. C'est Sabine Zlatin, surnommée la « dame d'Izieu », qui assure la mise sur pied du centre d'accueil, vers lequel convergent les familles à la recherche d'information sur d'éventuels proches déportés. Aujourd'hui, une plaque posée à l'extérieur de l'hôtel rappelle cet épisode[4].

De 1955 à 2005, l'hôtel Lutetia a été la propriété de la famille Taittinger. Le Lutetia était la propriété de Starwood Capital, un groupe d’investissement américain, depuis 2005. Ce dernier l’a cédé fin juillet 2010 au groupe israélien Alrov[5], société du milliardaire Alfred Akirov spécialisée dans l'immobilier. Un véritable symbole pour le lieu qui abrita de nombreux juifs français rescapés des camps après guerre.

En 2010, l’hôtel Lutetia fête son centenaire[6]. Des événements ont été organisés tout au long de l'année pour célébrer l’événement : soirées exceptionnelles, accueil de stars du jazz, de photographes et d'écrivains… À cette occasion, l’historienne-journaliste Pascaline Balland, a rédigé un livre, « Lutetia », publié aux éditions Lattès et retraçant l’épopée de l’établissement. Les photos sont signées Christophe Majani d’Inguimbert.

L'ensemble des façades et des toitures sur rues et sur cours de l'hôtel, le hall d'accueil, le hall de réception, la galerie, le salon Borghèse (ancienne salle à manger), le salon Saint-Germain (ancien jardin d'hiver), les trois escaliers avec leur cage, le vestibule d'entrée de l'extension de 1912, la rotonde palière du salon Président, et le salon président (ancienne salle des fêtes) avec ses lustres Lalique, sont inscrits aux monuments historiques par un arrêté du 16 octobre 2007[7].

Hôtel actuel [modifier]

Géré par le groupe Concorde Hotels & Resorts, filiale du Grope StarWood l'hôtel Lutetia possède 231 chambres dont 60 suites d'inspiration Art déco, parmi lesquelles les suites thématiques « Eiffel », « Littéraire », « Parisienne » ou encore les suites « Arman » et « David Lynch » décorée par les artistes eux-mêmes, ainsi que deux restaurants et un bar. L'hôtel accueille aussi l'exposition permanente de sculptures de Philippe Hiquily, d'Arman, de César et de Chemiakin, ainsi que des peintures de Thierry Bisch. En 1985, l'hôtel est redécoré par la couturière et designer Sonia Rykiel. Seuls la Brasserie et le restaurant gastronomique Le Paris, tous deux dirigés par le Chef Philippe Renard, proposent encore le décor signature de Sonia Rykiel, qui a, en complément, signé pour eux en 2009 un dessert gourmand tout chocolat. Considéré comme le premier palace de la rive gauche, il est le lieu de séjour ou de passage de nombreuses célébrités françaises et internationales. Certains initiés disent « à Lutetia » et non « au Lutetia ».

Le 6 août 2010, le conglomérat israelien Alrov, société immobilière du milliardaire Alfred Akirov, annonce le rachat de l’hôtel Lutetia pour 135 millions d’euros, qui reste géré par le groupe Concorde Hotels & Resorts.

Géographie [modifier]

L'Hôtel Lutetia se trouve en bordure du quartier Saint-Germain-des-Prés, en face du grand magasin Le Bon Marché et à proximité de la Seine. Il est situé à 30 minutes de l’aéroport d’Orly et à 40 minutes de l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

Caractéristiques [modifier]

L'hôtel éclairé de nuit.
  • 231 chambres dont 60 suites et junior suites décorées dans le style parisien des années 1930
  • Un restaurant gastronomique : le Paris. Son chef étoilé, Philippe Renard, y sert une cuisine française contemporaine préparée avec des produits de saison[8].
  • La brasserie Lutetia (spécialisée dans les fruits de mer)
  • Le bar du Lutetia avec ses soirées jazz et son piano-bar
  • Le salon Borghèse et son brunch dominical mixé au son de la musique Jazz-lounge du DJ Didier Bornis
  • L’Ernest Bar, intimiste et branché
  • 10 salons de réception répartis sur 1 200 m2
  • Le Spa Lutetia, (soins, massages, gym, yoga) et un centre de remise en forme

Le Lutetia dans les arts et la culture [modifier]

L'hôtel fait l'objet en 2003 d'une chanson (en hommage à Serge Gainsbourg), Au bar du Lutetia, par Eddy Mitchell, dans son album Frenchy.

Pierre Assouline en fait le décor de son roman Lutetia en 2005[9].

L’hôtel a accueilli, en août 2010, le tournage du long métrage « Bye Bye Blondie » réalisée par Virginie Despentes qui adapte son roman, du même titre, au cinéma.

En février 2010, c’est le tournage de « Paris Connections » à l’hôtel, un thriller anglais se déroulant dans l'univers de la mode parisienne.

L’hôtel accueille de nombreuses manifestations culturelles, telles que les « samedis littéraires », pour les adultes comme pour les enfants, ou les « Délices musicaux du Lutétia » le dimanche[10].

Dans la série Person of Interest, (épisode 15, saison 2), John Reese affirme avoir travaillé dans cet hôtel pour mieux s'infiltrer chez un concurrent new-yorkais.

Bibliographie [modifier]

  • Willi Jasper (trad. Nicole Bary, Jacqueline Grenz, Françoise Toraille), Hôtel Lutétia : Un exil allemand à Paris [« Hotel Lutetia : Ein deutsches Exil in Paris »], Paris, Michalon, 1995, 403 p. (ISBN 2-84186-000-0) 
  • Pascaline Balland (photogr. Christophe Majani d'Inguimbert), Hôtel Lutetia Paris : L'Esprit de la Rive gauche : 100 ans d'un hôtel de légende, Paris, J.-C. Lattès, 2009, 192 p. (ISBN 978-2-7096-3335-2) 

Anecdotes [modifier]

La salle du restaurant, de style Art Déco, s’inspire de l'une des salles à manger du paquebot « Normandie », détruit par un incendie en 1942 à New York[11]. Un meuble à cigares en forme de femme, imaginé par le sculpteur Philippe Hiquily et baptisé Ernestine, a été remis à l’honneur avec l’ouverture d’un fumoir dans l’Ernest Bar en février 2010.

Références [modifier]

Lien externe [modifier]

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