Tartu

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Tartu
Blason de Tartu
Héraldique
Drapeau de Tartu
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de l'Estonie Estonie
Comté Tartu (Préfecture)
Statut Municipalité urbaine
Maire
Mandat
Urmas Kruuse (ER)
2007-
Démographie
Gentilé Tarbatois, Tarbatoises
Population 103 284 hab. (2010)
Densité 2 662 hab./km2
Ethnies Estoniens : 80,3 %
Russes : 15,6 %
Autres nationalités : 4,9 %
Géographie
Coordonnées 58° 22′ 44″ N 26° 43′ 12″ E / 58.3789, 26.72 ()58° 22′ 44″ Nord 26° 43′ 12″ Est / 58.3789, 26.72 ()  
Altitude Min. 57,2 m – Max. 79 m
Superficie 3 880 ha = 38,8 km2
Localisation

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Tartu

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Tartu
Liens
Site web http://tartu.ee/

Tartu (prononcer /taʁ.tu/), est la seconde ville d’Estonie avec une population de 101 246 habitants (recensement de 2000). En opposition avec Tallinn, capitale économique et politique, Tartu est souvent vue comme la ville intellectuelle et culturelle, abritant la plus ancienne université des Pays baltes, l’Université de Tartu (1632), et la plus renommée du pays.

Tartu se trouve à 185 km au sud-est de Tallinn, elle est la préfecture du comté de Tartu et le centre de l’Estonie du Sud. D'une superficie de 38,8 km², la ville est traversée par la rivière Emajõgi, qui relie les deux plus grands lacs de l’Estonie et coule sur 10 km à l’intérieur des limites de la ville.

Au fil des siècles et des dominations, la ville a connu différents noms : du nom original Tarbatu, on la dénomma « Dorpat » sous dominations allemande de 1224 au XVIe siècle et suédoise de 1629 à 1721, et « Iouriev » sous l’Empire russe.

Sa devise est « Heade mõtete linn », ce qui signifie en français, « La ville des bonnes idées ».

La première trace écrite de Tartu date de 1030. Les traités de Tartu (1920), entre la Russie soviétique et les républiques nouvellement indépendantes d'Estonie et de Finlande qui faisaient auparavant partie de la Russie impériale, ont été signés dans la ville.

Noms au fil de l'histoire[modifier | modifier le code]

Du fait que Tartu a connu différents maîtres au cours de son existence, elle possède des noms différents selon les langues. La plupart d'entre eux dérivent de la première forme attestée, l'estonien Tarbatu. En allemand, en suédois et en polonais la ville a été connue, et l'est encore quelquefois, sous l'appellation de Dorpat, une variante de Tarbatu. En russe on l'appelait Юрьев (Youriev) d'après Iaroslav le Sage et Дерпт (Derpt), une variante de Dorpat (cependant, depuis 1917 c'est le nom estonien de Tartu qui est utilisé). De la même façon, la ville porte le nom de Tērbata en letton.

On trouve aussi la variante Tartou[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques ont montré l'existence d'un premier établissement permanent sur le site du Tartu actuel dès le Ve siècle de notre ère. Au VIIe siècle, les habitants avaient construit une fortification en bois sur le côté est de la colline de Toome (Toomemägi).

La première mention écrite de la région en 1030 est due aux chroniqueurs de la Russie kiévienne. Iaroslav le Sage, prince de Kiev, s'est emparé de Tartu cette année-là, y a construit sa propre forteresse qu'il a appelée Youriev (littéralement « de Youri » - Youry étant le prénom de Yaroslav). Les dirigeants de Kiev ont alors reçu le tribut de l'ancien comté estonien environnant d'Ungannie, peut-être jusqu'en 1061, quand, selon les chroniques, Youriev a été incendiée par une tribu chude (nom d'anciens peuples estoniens), les Sosols. Les Russes ont de nouveau occupé Tartu de 1133 à 1176/1177. Au XIIe siècle, Tartu était la plus grande colonie russe du territoire chude[2],[3].

Les Allemands à Dorpat (Tartu)[modifier | modifier le code]

À l'époque des Croisades baltes, au début du XIIIe siècle, le fort de Tarbatu (ou Tharbata, ou Tartu) fut à maintes reprises pris et repris par les Chevaliers Porte-Glaive et les Estoniens. En 1224, après que des renforts conduits par le prince Vyachko de Kukenois eurent été installés dans la forteresse, elle fut assiégée et conquise une dernière fois par les croisés allemands. Par la suite, connue sous le nom de Dorpat (Tarbatum), Tartu devint pendant la fin du Moyen Âge un centre commercial d'une importance considérable et la capitale de l'évêché semi-indépendant de Dorpat.

En 1262, l'armée du prince Dmitri de Pereslavl, le fils d'Alexandre Nevsky lança une attaque sur Dorpat, qu'il prit et détruisit, mais ses troupes n'arrivèrent pas à s'emparer de la forteresse de l'évêque sur la colline de Toome. L'événement a été consigné aussi bien dans les chroniques allemandes que dans les chroniques en vieux slavon oriental, qui nous donnent également la première attestation de l'installation de marchands et d'artisans allemands à l'ombre de la forteresse épiscopale.

Au cours des années 1280, Dorpat rejoignit la Ligue hanséatique. À l'époque médiévale, Tartu était une ville commerciale importante. Comme dans toute l'Estonie et la Lettonie, une grande partie de la noblesse parlait allemand mais, plus encore, à Tartu/Dorpat (comme à Tallinn), la bourgeoisie germano-balte constituait la partie cultivée de la population et a dominé la vie culturelle et religieuse, l'architecture, l'éducation et la politique jusqu'à la fin du XIXe siècle. Par exemple, c'est un architecte de Rostock, dans le Mecklembourg, qui a conçu la mairie de Dorpat, et les bâtiments universitaires de leur côté l'ont été par Johann Wilhelm Krause, allemand lui aussi. Beaucoup, si ce n'est la plupart, des étudiants et plus de 90 % des enseignants avaient une ascendance allemande et on peut voir encore dans la ville aujourd'hui de nombreuses statues de savants remarquables et qui portent des noms allemands. La plupart des Allemands ont dû partir pendant la première moitié du XXe siècle.

Domination polono-lituanienne puis suédoise[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Livonie, au XVIe siècle, les parties sud de la Confédération livonienne, ainsi que Tartu, tombèrent aux mains du Grand-duché de Lituanie, puis de la République des Deux Nations et firent partie de la voïvodie de Dorpat, dans le duché de Livonie. Un lycée jésuite fut établi en 1583. En outre, un séminaire pour traducteurs fut créé à Tartu et la ville reçut du roi polonais Étienne Bathory son drapeau blanc et rouge.

Les activités, tant du lycée que du séminaire, furent arrêtées par la guerre polono-suédoise (1601). En 1629, Tartu devint suédoise, ce qui entraîna en 1632 la fondation de l'université par le roi Gustave II Adolphe de Suède.

Empire russe[modifier | modifier le code]

Le traité de Nystad en 1721 donna la ville à l'Empire russe et elle fut connue dès lors en russe sous le nom de Derpt, mais toujours en français sous le nom (allemand) de Dorpat. Elle fait alors partie du gouvernement (province) de Livonie. En raison des incendies qui détruisirent au XVIIIe siècle une grande partie de l'architecture médiévale, la ville fut reconstruite dans l'esprit ud baroque tardif et du néoclassicisme. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, Tartu fut le centre culturel des Estoniens à l'époque du nationalisme romantique. La ville accueillit le premier festival de chants en Estonie en 1869, ainsi que le Vanemuine, le premier théâtre national, en 1870. Elle vit aussi la fondation de la Société des écrivains estoniens en 1872.

En 1893, la ville reprit officiellement son ancien nom russe de Iouriev. L'université fut ensuite russifiée à partir de 1895 avec l'introduction du russe comme langue obligatoire dans l'enseignement. L'université impériale russe fut transférée à Voronej en 1918, mais l'université estonienne de Tartu ouvrit ses portes dès 1919.

Avec l'indépendance estonienne qui suivit la Première Guerre mondiale, la ville fut désormais officiellement connue sous le nom estonien de Tartu.

Sous le régime soviétique[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre d'indépendance de l’Estonie qui a suivi la Première Guerre mondiale, un traité de paix entre les Bolcheviks et l'Estonie fut signé à Tartu le 2 février 1920. Il stipulait que la Russie bolchévique renonçait « à jamais » à toute revendication territoriale sur l'Estonie. Cela n’empêcha pas qu’à la suite du Pacte germano-soviétique de 1939, l'Union soviétique occupât l'Estonie et Tartu en 1940.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une grande partie de la ville ainsi que le ‘’Kivisild’’ (pont de pierre historique construit par Catherine II de Russie en 1776-1778 au-dessus de l’Emajõgi) furent détruits par l'Armée rouge au cours de ses combats, en partie en 1941 et presque complètement en 1944. En 1941 avant l'arrivée des Allemands, les Soviétiques s'empressèrent de fusiller 192 prisonniers politiques et jetèrent leurs corps dans un puits.

Après la guerre, Tartu fut déclarée « ville interdite » aux étrangers, car c’était désormais une base aérienne où l’on construisait des bombardiers sur l'aérodrome de Raadi, dans la banlieue nord-est de la ville. La piste d’envol et d’atterrissage abrite aujourd'hui un grand marché de voitures d'occasion, et on l’utilise quelquefois pour des courses automobiles.

Pendant l'époque soviétique, la population de Tartu a presque doublé, passant de 57 000 à 100 000 personnes, en grande partie en raison d’une immigration massive en provenance d'autres régions de l'Union soviétique.

Indépendance[modifier | modifier le code]

Depuis que l'Estonie a recouvré son indépendance en 1991, le centre historique de la ville est en cours de rénovation.

Climat[modifier | modifier le code]

Tartu se situe dans la zone tempérée humide du climat continental. Le climat est plutôt doux si l’on considère sa haute latitude ; c’est dû en grande partie à la proximité de la mer Baltique et aux apports d’air chaud venant de l'Atlantique. L'influence continentale peut néanmoins se faire sentir pendant les jours de chaleur en été et les périodes de froid en hiver, quand la température peut parfois (mais c’est rare) tomber au-dessous de -30 °C. En général, les étés vont du frais au chaud et les hivers sont froids, même s’ils ont été très doux et pluvieux ces dernières années.

Administration[modifier | modifier le code]

Le conseil municipal compte 49 membres, élus tous les quatre ans par les habitants selon le principe de la représentation proportionnelle[4]. Il est dirigé par un maire et cinq adjoints[5]. Le maire actuel est Urmas Kruuse. Andrus Ansip, actuel Premier ministre d'Estonie, a été maire de Tartu pendant de longues années. Ansip et Kruuse appartiennent tous les deux au parti réformateur estonien, majoritaire à Tartu actuellement.

Démographie[modifier | modifier le code]

D'après les données de "Statistics Estonia", la population de Tartu se répartirait historiquement et nationalement comme tel [6],[7]:

Nationalité Effectif Pourcentage
Total 102 414 100 %
Estoniens 82 268 80,3 %
Russes 15 998 15,6 %
Ukrainiens 1 214 1,2 %
Finnois 1 084 1,1 %
Biélorusses 491 0,5 %
Juifs 141 0,1 %
Polonais 140 0,1 %
Allemands 124 0,1 %
Lettons 109 0,1 %
Lituaniens 91 0,1 %
Tatars 81 0,1 %
Autres 673 0,7 %
Année Population
1881 29 974
1897 42 308
1922 50 342
1934 58 876
1959 74 263
1970 90 459
1979 104 381
1989 113 320
1995 104 874
2000 101 241
2005 101 483
2006 101 740
2007 101 965
La population de Tartu entre 1990 et 2009

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Naissance à Tartu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1], Histoire des pédologues et de la science des sols (1989), Jean Boulaine, pages 132 et 160
  2. Dictionnaire académique russe
  3. Tartu orduajal
  4. Voir la liste ici
  5. Qu’on peut voir ici
  6. "Statistics Estonia", Population par genre et par nationalité.
  7. Statistics Estonia Données globales pour les recensements de 1881, 1897, 1922, 1934, 1959, 1970, 1979, 1989.

Liens externes[modifier | modifier le code]