Place Charles-de-Gaulle

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles de Gaulle (homonymie) et La Place de l'Étoile.
8e, 16e, 17e arrts
Place Charles-de-Gaulle
Place Charles-de-Gaulle, l'Arc de triomphe.
Place Charles-de-Gaulle, l'Arc de triomphe.
Situation
Arrondissements 8e, 16e, 17e
Quartier Champs-Élysées, Chaillot
Voies desservies Voir texte
Morphologie
Longueur 240 m
Largeur 240 m
Historique
Création 1670
Dénomination 13 novembre 1970
Ancien(s) nom(s) Place de l'Étoile
Géocodification
Ville de Paris 1830
DGI 1820

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place Charles-de-Gaulle

48° 52′ 27″ N 2° 17′ 41″ E / 48.87403, 2.29486 ()

La place Charles-de-Gaulle, anciennement place de l’Étoile, est une place située à Paris, à la limite de plusieurs arrondissements (les 8e, 16e et 17e). Encore très connue sous son ancien nom, 4 jours après la mort de Charles de Gaulle, elle est officiellement rebaptisée en l'honneur de ce dernier, le 13 novembre 1970. Au centre de cette place, se trouve l'Arc de triomphe.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Charles de Gaulle - Étoile.

Histoire[modifier | modifier le code]

La barrière de l'Étoile au début du XIXe siècle, par Christophe Civeton.
La Place de l'Étoile est un pôle majeur de transports en commun depuis le XIXe siècle. On voit ici le terminus du tramway Paris - Saint-Germain (PSG), du temps de son exploitation par les TMEP, l'un des lointains ancêtres de la RATP, entre 1911 et 1921

Le nom originel est butte de Chaillot. Marigny eut le projet d'aplanir la butte en même temps qu'il faisait replanter en ligne les Champs-Élysées. Les travaux, considérables, furent terminés en 1777. Le pavage de la place représente aussi une étoile[1].

Le nom d'Étoile est ancien et indique une convergence de routes ; ce qui s'appelle aujourd'hui la place de l'Étoile est au XVIIIe siècle un carrefour de chasse.

En 1787, lors de la construction du mur des Fermiers généraux, la barrière de l'Étoile (encore appelée barrière de Neuilly) est aménagée sur les dessins de Claude Nicolas Ledoux pour encaisser l'octroi à l'entrée de Paris. Deux bâtiments encadraient la barrière et sont aujourd'hui disparus. La barrière marquait la limite de Paris et de son ancien (1795-1859) Ier arrondissement correspondant à l'actuel 8e arrondissement et à la partie ouest de l'actuel 1er arrondissement.

La construction au centre de la Place d'un arc de triomphe,commencé en 1806 sur ordre de Napoléon Ier, est achevée en 1836 sous le règne de Louis-Philippe Ier.

Sous le Second Empire, la Place est redessinée par l'architecte Jacques Hittorff, sous le contrôle du baron Haussmann, qui est préfet de la Seine à partir de 1853, et qui s'attache à réorganiser Paris. Par décret du 13 août 1854, l'espace entourant l'Arc et pris en partie sur un promenoir de Chaillot est dévolu à des hôtels particuliers qui subsistent encore aujourd'hui. Les jardins de ces hôtels sont tournés vers la place. Ces hôtels sont bien reconnaissables à leurs colonnes identiques. Sis « entre cour et jardin », ces hôtels comportent deux ailes encadrant la cour ouverte sur une rue circulaire aménagée à cette époque. C'est en corrélation avec le nom des avenues environnantes que les Parisiens leur donnèrent à l'époque le nom d'hôtels des Maréchaux.

Description[modifier | modifier le code]

La place de l'Étoile vue d'avion - l'avenue de Wagram est celle qui part au-dessus du coin inférieur gauche

Douze grandes avenues rectilignes débouchent sur cette place et forment une étoile. Depuis le nord et dans le sens anti-horaire (sens de circulation des véhicules) :

  1. Avenue de Wagram depuis le Second Empire et auparavant boulevard de l'Étoile ou boulevard Bezons.
  2. Avenue Mac-Mahon : avenue du Prince-Jérôme sous le Second Empire.
  3. Avenue Carnot : avenue d'Essling sous le Second Empire.
  4. Avenue de la Grande-Armée depuis le Second Empire et avenue de Neuilly auparavant.
  5. Avenue Foch : avenue du Bois (de Boulogne) sous la Troisième République et avenue de l'Impératrice sous le Second Empire.
  6. Avenue Victor-Hugo : avenue d'Eylau sous le Second Empire et avenue de Saint-Cloud auparavant.
  7. Avenue Kléber : avenue du Roi-de-Rome sous le Second Empire et boulevard de Passy auparavant.
  8. Avenue d'Iéna.
  9. Avenue Marceau : avenue Joséphine sous le Second Empire.
  10. Avenue des Champs-Élysées.
  11. Avenue de Friedland depuis le Second Empire et boulevard Beaujon auparavant.
  12. Avenue Hoche : avenue de la Reine-Hortense sous le Second Empire et boulevard Monceau auparavant.

Ces douze avenues forment six axes :

  1. axe avenue Mac-Mahon et avenue d'Iéna
  2. axe avenue de Wagram et avenue Kléber
  3. axe avenue Hoche et avenue Victor-Hugo
  4. axe avenue de Friedland et avenue Foch
  5. axe avenue des Champs-Élysées et avenue de la Grande Armée : c'est l'axe historique de Paris
  6. axe avenue Marceau et avenue Carnot

La place de l'Étoile (ainsi que l'Arc de Triomphe) est partagée à la façon d'un gâteau entre les 8e, 16e et 17e arrondissements de Paris :

  1. 8e : secteur délimité par l'avenue de Wagram et l'avenue Marceau
  2. 16e : secteur délimité par l'avenue Marceau et l'avenue de la Grande Armée
  3. 17e : secteur délimité par l'avenue de la Grande Armée et l'avenue de Wagram

La place est entourée de deux rues formant un cercle autour d'elle : la rue de Presbourg et la rue de Tilsitt qui perpétuent deux succès diplomatiques de Napoléon et sont les appellations données en 1864 à la rue circulaire.

Prenant place entre l'avenue Kléber et l'avenue Victor-Hugo, la rue Lauriston constitue une treizième voie rayonnant autour de la Place mais elle s'arrête à la rue de Presbourg et ne vient donc pas troubler l'harmonie de la Place proprement dite.

Le pavage de la chaussée forme une étoile :

  1. des pavés d'une teinte plus foncée forment des triangles dont la base jouxte le terre-plein central et la pointe est dirigée vers chacun des hôtels des Maréchaux ;
  2. de la même façon, des pavés d'une teinte tirant vers le rouge forment des triangles qui semblent réécraser les précédents et dont la pointe est dirigée vers les avenues qui convergent vers la place.

Un passage souterrain pour les automobiles permet de passer directement de l'avenue des Champs-Élysées à celle de la Grande Armée.

Un autre passage souterrain, le Passage du Souvenir, est réservé aux piétons, et relie le terre-plein où se trouve l'Arc de Triomphe aux trottoirs de l'avenue des Champs-Élysées et de l'avenue de la Grande Armée.

Événements[modifier | modifier le code]

À l'angle de la Place et des numéros pairs (au no 156 qui correspond à l'un des hôtels dits des Maréchaux) de l'avenue des Champs-Élysées est apposée une plaque indiquant : « Le 11 novembre 1940 devant la tombe de l'Inconnu les étudiants de France manifestèrent en masse [et furent ainsi] les premiers [qui] résistèrent à l'occupant ».

Le 30 mai 1968 une grande manifestation rassemblant près d'un million de personnes remonte l'avenue des Champs-Élysées pour aboutir place de l'Étoile. Tous les dirigeants gaullistes y participent.

Un attentat a lieu le 17 août 1995 et fait 17 blessés. Un engin explosif est déposé dans une poubelle métallique à proximité d'un kiosque à journaux. Rien ne vient rappeler l'événement sur place, mais l'attentat est à situer à l'angle de la Place et des numéros pairs de l'avenue de Friedland.

Un changement de nom fait sous le coup de l’émotion[modifier | modifier le code]

Enseigne Place Charles de Gaulle

Par l'arrêté du 13 novembre 1970, la place de l’Étoile change de nom pour devenir officiellement la place Charles-de-Gaulle. Cet arrêté fait suite à la mort de Charles de Gaulle, survenue quatre jours auparavant le 9 novembre dans sa retraite de Colombey-les-Deux-Églises.

Initialement, c'est l’avenue des Champs-Élysées qui devait être rebaptisée, mais c’est finalement la place (dépourvue d'habitations et de commerces) qui est choisie, sans que cela mette fin à une polémique où la personne du général de Gaulle, qui avait quitté le pouvoir à l’annonce des résultats du référendum du 27 avril 1969, n’est pas seule en cause.

La polémique qui enfle débouche sur la création le 31 décembre 1970 du « Comité national de défense de la place de l’Étoile - Sanctuaire du Soldat Inconnu et du Prestige de Paris dans le monde » qui, animée par Paul Antier, a pour principal objectif de faire maintenir le nom originel de place de l’Étoile.

Depuis ce changement d’appellation, les élus du Conseil de Paris ont édicté de nouvelles règles : on ne peut plus attribuer le nom d'une voie publique de Paris à une personne décédée depuis moins de cinq ans[2] et l’on cherche à ne plus heurter de front les habitudes des Parisiens - comme en témoigne l’appellation rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault où le nom de Marcel Dassault est une adjonction récente.

Pour leur part, les responsables de la RATP ont renommé la station Étoile en station Charles de Gaulle - Étoile. Il s'agit notamment d'éviter autant que possible la confusion regrettable pour certains touristes pressés qui empruntent le RER en espérant se rendre à l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, et qui se retrouvent en haut des Champs-Élysées. On note qu'il subsiste une petite rue de l’Étoile (17e arrondissement) à proximité de la place.

De plus, le dernier pont construit à Paris (1994-1996) est le pont Charles-de-Gaulle dénommé par arrêté municipal du 29 novembre 1990. Mais il est situé à l’autre bout de la ville par rapport à la place homonyme, puisqu’il relie les 12e et 13e arrondissements.

Une statue représentant Charles de Gaulle marchant, signé Jean Cardot, se trouve sur la Place Clemenceau dans le 8e arrondissement.

La Nomenclature officielle des noms de voies publiques et privées éditée par la mairie de Paris (9e édition, mars 1997) écrit place Charles de Gaulle et pont Charles de Gaulle sans traits d’union.

Le Général était-il d’accord ?[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage (voir la Bibliographie ; page 315) Roland Pozzo di Borgo fournit le témoignage suivant :

« En 1968, commissaire au bicentenaire de la naissance de Napoléon en Corse, j’avais imaginé de changer le nom de la place de l’Étoile en place Napoléon. […]
Il me fallait l’accord du général de Gaulle […].
Il refusa le projet au motif que l'on ne devait pas toucher au nom de la place, sans autre commentaire.
[…] Le Général m'avait-il dit non car il se réservait l’espoir de voir son nom sur cette place, ce qui arriva, ou avait-il une autre motivation ? […] C'est Alain Poher qui un jour, au cours d’un déjeuner au Sénat, me donna la réponse : « Le Général était un soldat et pour lui la place de l’Étoile était avant tout la tombe du Soldat inconnu. De ce fait, le nom de la place devait rester anonyme pour préserver la mémoire des hommes morts pour la France... » »

Littérature[modifier | modifier le code]

La Place de l'Étoile est le titre d'un roman de Patrick Modiano paru en 1968 donc avant le changement de nom de la place.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Image de l'étoile de la place Charles-de-Gaulle » (consulté en 5 février 2009).
  2. Le baptême de la place Jean-Paul-II en 2006 montrant toutefois qu’on peut y déroger.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]