Timișoara

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Timișoara
Temesvár
Blason de Timișoara
Héraldique
La place Unirii
La place Unirii
Administration
Pays Roumanie Roumanie
Région StemaBanat.jpg Banat
Département Actual Timis county CoA.png Timiș
Maire
Mandat
Nicolae Robu
2012-2016
Code postal 300xxx
Indicatif téléphonique international +(40)
Démographie
Population 311 586 hab. (2009)
Densité 2 388 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 45′ 36″ N 21° 13′ 48″ E / 45.76, 21.2345° 45′ 36″ Nord 21° 13′ 48″ Est / 45.76, 21.23  
Altitude 90 m
Superficie 13 050 ha = 130,5 km2
Divers
Cours d'eau Bega
Localisation

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Timișoara

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Timișoara
Liens
Site web http://www.primariatm.ro
Temeswar, 1685. In: Wagner, Delineatio Provinciae Pannoniae, Augsburg, 1685.

Timișoara (prononcé, en roumain, [ti.mi.ˈʃa.ra ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter ; en allemand Temeswar, ou anciennement Temeschburg ou Temeschwar[1], en hongrois Temesvár [ˈtɛmɛʃvaːr ] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter[1], en serbo-croate Темишвар/Temišvar[2], en bulgare du Banat Timišvár, en turc : Temeșvar) est une ville de l'ouest de la Roumanie, dans la région du Banat, județul Timiș, avec une population de 329 554 habitants en 2000. Toutes les variantes de ce nom dérivent du nom de la rivière Timiș, qui coule dans la proximité et dont les eaux arrivaient, dans un passé lointain, depuis les monts Semenic jusqu'à la ville. En fait c'est la Bega, canalisée depuis 1728, qui parcourt la localité. Ville industrielle avec des services extensifs, elle fut la première ville européenne à être éclairée à l'électricité, en 1884, et l'une des premières villes à être dotée d'un tramway électrique (en 1899).

Le territoire municipal couvre 136 km2 (le județ, ou département, du Timiș, comptant 8 697 km2).

Le climat, de type continental, est marqué par une légère influence méditerranéenne qui tempère les rigueurs hivernales.

Timișoara est une ville multiculturelle avec des minorités influentes, essentiellement des Allemands (Souabes ou « Schwaben »), des Hongrois, des Serbes et des Roms mais aussi des Italiens, des Arabes et des Grecs ou encore des Tchèques et des Slovaques. C'est la ville de naissance de Johnny Weissmuller (champion olympique de natation de nationalités austro-hongroise puis américaine, connu pour son interprétation de Tarzan). Timișoara a aussi été visitée par Gustave Eiffel. Il y a aussi construit un pont piétonnier sur la rivière Bega. Économiquement, la ville a connu un fort essor, avec notamment des implantations d'entreprises italiennes, ou françaises, comme Valeo, ou encore Alcatel (l'un des premiers employeurs locaux, avec plus de 800 cadres, informaticiens en particulier). Parmi les productions locales, signalons celle de la brasserie, la bière Timișoreana (propriété d'Ursus Breweries qui produit aussi, en Roumanie, l'Ursus et la Pilsner Urquell). La première brasserie de Timișoara fut construite en 1718. Les communautés francophone et germanophone sont dotées chacune d'un établissement culturel, le Centre culturel français et le Deutsches Kulturezentrum Temeswar, qui contribuent fortement au calendrier culturel local.

Autrefois qualifiée de Petite Vienne, la ville est surnommée la Cité des roses en raison de ses nombreux parcs et jardins et de sa roseraie, créée en 1928, qui maintient près de 600 variétés de roses.

La ville est réputée pour son dynamisme commercial. Outre ses anciens centres commerciaux, du centre (le complexe commercial Bega) ou de l'immédiate périphérie, elle s'est dotée de complexes d'envergure à vocation commerciale et récréative, tel le Iulius Mall (du nom de son promoteur), ou le centre commercial Auchan couvrant respectivement, en 2007, 83 000 et 20 000 m2. En 2008, deux autres complexes, celui de Ion Țiriac (l'ancien joueur de tennis), et celui de Plaza Centers NV, devaient ouvrir leurs portes à l'automne.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1019 Timișoara (sous les noms divers de Dibiscos, Bisiskos, Tibiskos, Tibiskon, Timbisko, etc.) est mentionnée pour la première fois dans des documents écrits par l'empereur byzantin Basile II (tous les historiens ne s'accordent pas sur cette identification).

Pour l'essentiel, voir l'histoire du Banat de Temesvar. L'an 1552 marque le début de l'occupation ottomane qui prit fin en 1716 avec le succès du siège mené par le prince Eugène de Savoye. Son influence modernisatrice valut rapidement à la ville le surnom de Mica Vienă (Petite Vienne).

La première usine de tabac de Roumanie fut créée à Timișoara. C'est la première ville de l'Empire où l'éclairage public à l'aide de bougies et de lampes à huile fut introduit et elle fut également la première ville d'Europe aux rues éclairées à l'électricité (1884). Ce fut aussi l'une des premières villes européennes à être dotée d'un réseau de transports urbains (tramway à chevaux), et l'une des premières de Roumanie à être dotée d'un chemin de fer (la reliant à Baziaș sur le Danube).

Elle fut rattachée à la Roumanie en 1918. Comme toute la Roumanie, Timișoara fut soumise aux régimes dictatoriaux carliste, d'Ion Antonescu et communiste de février 1938 à décembre 1989.

L'insurrection de 1989[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution roumaine de 1989.

Le 16 décembre 1989, une insurrection populaire débute à Timișoara contre le régime communiste de Nicolae Ceaușescu. La ville est ainsi la première à se rebeller contre le pouvoir. Un ordre d'évacuation administrative du pasteur calviniste László Tökés est donné à la police, surveillé par la police secrète, la Securitate, en réaction duquel sa maison est entourée par des membres de son Église, le 15 décembre. Le 16 décembre, des centaines de citoyens de toutes les religions et croyances, majoritairement roumaines orthodoxes, décident d'exprimer leur désaccord avec les méthodes du régime communiste. Vers 17 heures, les premiers slogans anticommunistes sont lancés : Jos guvernul! Jos Securitatea! (A bas le gouvernement! À bas la Securitate!), et le premier tram est bloqué par les manifestants. Le centre de la ville est entièrement occupé et Piaţa Maria (Place de la Vierge) est bloquée. À 22 heures commence l'intervention en force de troupes USLA pour dégager le périmètre autour de la maison paroissiale, en dispersant les manifestants dans les rues voisines. Durant la nuit, les forces spéciales transportent le pasteur et sa famille avec une ambulance et deux camions en direction de Mineu, en Transylvanie. Les forces armées ouvrent le feu sur les manifestants et les agents de Miliţia et Securitate opèrent des centaines d'arrestations. À la suite de la reprise des émeutes, la répression continue le 18 décembre, notamment autour de la cathédrale orthodoxe Place Victoria (centre ville), de la Place de la Liberté, et des grands boulevards Calea Girocului, Calea Lipovei et Calea Buziasului, ou bien Pont Decebal et Place Trajan. Lundi matin, une rumeur, se répand dans la ville: environ 40 cadavres déposés dans la nuit de dimanche à la morgue, ont été transportés en deux camions frigorifiques après avoir été numérotés et photographiés, en quittant la ville avant l'aube. Mardi, le 19 décembre des comités dans les grandes entreprises décident l'arrêt complet du travail et des marches de solidarité avec les familles endeuillées et les personnes arrêtées. Les menaces de politiciens déplacés sur place n'ont aucun résultat. Mercredi, le 20 décembre, un comité des représentants est invité à présenter au premier ministre communiste « la liste de doléances » dans l'établissement du conseil régional. Les revendications étant trouvées inacceptables, les représentants, après avoir annoncé l'impasse des négociations au balcon, demandent le regroupement de manifestants en face du Palais Culturel (l'Opéra). L'armée reçoit de nouveau l'ordre d'ouvrir le feu sur les insurgés, mais certains officiers refusent d'obtempérer et se rangent du côté des manifestants. L'après-midi, un comité révolutionnaire s'installe à l'Opéra en déclamant du balcon les revendications de la population. Le 20 décembre, après quatre jours d'insurrection, Timișoara est déclarée première ville libre de Roumanie. Le Front Démocratique Roumain est constitué le soir.

Le 21 décembre une proclamation est lue en répétition par les représentants du Front Démocratique Roumain, en demandant, entre autres, l'abolition du régime et des élections libres. C'est la fin du régime qui tombe le 22 décembre.

Le charnier de 1989, une falsification célèbre[modifier | modifier le code]

Les journalistes[3] rapportèrent qu'il y aurait eu 1 104 tués et 3 352 blessés pendant l'insurrection, en opposition avec le nombre réel de 93 morts à la fin de celle-ci. Les images de cadavres dont l'origine véritable avait été cachée furent abondamment diffusées dans le monde entier. Ce n'est qu'en février 1990 qu'il fut officiellement établi qu'il s'agissait là d'une intoxication. Le nom de Timișoara est dès lors resté associé aux manipulations dont les médias sont toujours susceptibles d'être à la fois les dupes et les relais[4]. Dès la première diffusion des images aux téléspectateurs il était visible, pour un observateur un tant soit peu attentif, que les corps déterrés portaient de nombreuses cicatrices de plaies recousues trahissant des interventions chirurgicales.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville compte une usine de fabrication de pneumatiques du groupe allemand Continental AG, et la brasserie Timișoreana construite en 1718.

Démographie[modifier | modifier le code]

Timișoara compte 336 089 habitants (statistiques de 2006, contre 317 660 lors du recensement de 2002). La croissance annuelle moyenne est de +1,5 %. 14,2 % de la population a 15 ans ou moins. 4 % ont plus de 75 ans.

La répartition entre les cultes reflète plus ou moins la composition multiculturelle. Lors du recensement de 2002, environ 80 % des habitants se déclarent orthodoxes et 10 % catholiques romains, la ville compte encore plus de 4 000 gréco-catholiques. Les diverses églises néo-protestantes (pentecôtistes, baptistes…) ont notoirement progressé en influence tandis que la communauté juive, très importante avant l'instauration du régime communiste, s'étiole fortement et ne peut plus entretenir les trois synagogues de la ville (dont la grande Synagogue de Timișoara).

Dynamique de la population de la municipalité et composition ethnique :

Recensement[5] Composition ethnique
Année Population Roumains Allemands Hongrois Serbes Juifs Roms Slovaques Bulgares Ukrainiens Autres
1850 20 590 3 807 11 715 2 346 1 770 1 867  ?  ?  ?  ?  ?
1880 38 702 5 188 21 121 7 745 2 487  ?  ? 416  ? 29 1 716
1890 45 948 5 594 24 973 11 100 2 363  ?  ? 332  ? 27 1 559
1900 60 551 6 312 30 892 19 162 2 730  ? - 288  ? 13 1 154
1920 86 850 16 047 32 097 27 189  ? 8 307 -  ?  ?  ? 3 210
1930 102 390 25 207 33 162 31 773 2 237 7 264 379 652 279 56 1 381
1941 125 052 46 466 37 611 24 891  ?  ?  ?  ?  ?  ? 16 084
1956 142 257 75 855 24 326 29 968 3 065 6 700 122 575 280 56 1 310
1966 174 243 109 100 25 058 31 016 4 188 2 590 120 490 475 71 1 135
1977 269 353 191 742 28 429 36 724 6 776 1 629 1 109 404 942 299 1 299
1992 334 115 274 511 13 206 31 785 7 748 549 2 668 675 1 314 756 903
2002 317 660 270 487 7 142 25 131 6 271 367 3 114 570 1 218 762 5 506

Selon l'Institut national de Statistique roumain (INSSE), le nombre d'habitants de la municipalité de Timișoara s'élève au 1er juillet 2007 à 307 347 personnes[6].

Universités[modifier | modifier le code]

Les principales universités sont :

Il y a d'autres universités privées, dont l'Université Mihai Eminesco et l'Université chrétienne Dimitrie Cantemir, ayant une filiale locale. http://www.ucdc.ro/

Lycées francophone, germanophone, anglophone...[modifier | modifier le code]

  • Le Lycée Jean-Louis Calderon est créé en 1990. Il porte le nom d'un journaliste français mort en mission pour la Cinquième chaîne française pendant la révolution de 1989 à Bucarest. Le lycée Shakespeare dispense des cours en anglais. Le lycée germanophone Nikolaus Lenau (dont est issu la Prix Nobel Herta Müller) est aussi fréquenté par des élèves issus des diverses communautés linguistiques du Banat. Des cours sont aussi assurés en hongrois ou serbe dans divers établissements et l'ITT (Institut Intercultural Timisoara) favorise l'intégration des élèves Roms dans les écoles. L'hébreu fut aussi longtemps langue d'enseignement dans la ville du fait de l'importance de la communauté hébraïque avant les déportations des régimes fasciste puis communiste.

Vie culturelle[modifier | modifier le code]

La vie culturelle est marquée par le multiculturalisme, la vitalité de diverses associations communautaires, l'influence des universités dont celle de l'Ouest (la musicologie et les arts plastiques sont enseignés à l'UVT), la présence de groupes musicaux renommés, de maisons d'édition, &c. Les centres culturels français et allemand organisent de nombreuses manifestations, parfois conjointement. Les saisons culturelles sont ponctuées par de nombreux festivals. En 2009, Hexagone, association culturelle estudiantine francophile, est venue renforcer le rayonnement du lectorat de français de l'UVT et du Centre culturel français. Une association d'origine française, la Maison des Clowns, organise des formations et des spectacles de cirque avec les enfants dits « des rues ».

Personnalités célèbres liées à Timișoara[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Les réseaux de tramways et trolleybus.

La ville dispose d'un réseau de transports urbains exploité par la Regia Autonomă de Transport Timișoara (RATT). Il comprend des lignes de tramways, de trolleybus et d'autobus. Depuis les années 1990, le réseau s'équipe de véhicules d'occasion provenant d'Allemagne (Brême, Karlsruhe, Munich) pour les tramways, de Belgique (Bruxelles), de France (Mulhouse), et d'Autriche (Salzburg) pour les autobus, et d'Allemagne (Eberswalde, Weimar, Esslingen), d'Autriche (Salzburg), de Suisse (Winterthur) et de France (Lyon) pour les trolleybus.

Près d'une dizaine de compagnies de taxis et des indépendants se partagent le marché local.

L'aéroport international Traian Vuia est desservi par de nombreuses compagnies aériennes classiques et sert de plaque tournante pour les vols de la compagnie scandinavo-moldave Carpatair. Les compagnies aériennes low cost (à bas prix), déjà présentes dans les aéroports voisins d'Arad et Cluj, telles Alpi Eagles ou Sky Europe ont proposé des dessertes saisonnières. En 2009, la compagnie hongroise Wizz Air dessert l'aéroport de Traian Vuia depuis ceux de Beauvais, Luton, Dortmund et de plusieurs aéroports espagnols ou italiens. Plusieurs autocaristes assurent des liaisons régulières nationales et internationales ou permettent de rejoindre les aéroports de Budapest ou Belgrade. La Compagnie des chemins de fer assure plusieurs liaisons par jour avec Budapest (puis Vienne et d'autres villes) et une desserte quotidienne de Belgrade.

La ville est aussi dotée d'une base aérienne dénommée Traian Vuia.

Aux alentours[modifier | modifier le code]

Les alentours de la ville sont renommés en raison de la présence d'anciens volcans et de parcs naturels et réserves (faune, flore) protégées comprenant notamment des lacs et des marais.

Le site le plus réputé est celui de l'arboretum du Parc Bazoș (situé à Bazoșul Nou, proche de la localité de Bazoșu Vechi, à 18 km à l'est de la ville). Sa forêt de chênes, implantée voici plus de 150 ans, abrite aussi plus de 800 autres essences (à l'origine, en 1909, l'arboretum fut constitué par des apports provenant de celui de l'université d'Harvard, et le parc, propriété de la famille Ambrozy, fut acquis en 1934 par l'Office roumain des Forêts). Son statut de réserve naturelle protégée lui fut conféré en 1954.

La réserve ornithologique Mlaștinile Satchinez se situe près du lac et de la localité de Stachinez (distante de 25 km au nord-ouest de Timișoara). Dénommée aussi Delta Banatului, cette réserve, d'une superficie de plus de 240 hectares, est baignée par la rivière Apa Mare (la « grande eau »).

Le site paléontologique fossilifère de Rădmănești se situe à proximité de la commune de Bara (environ 70 km de Timișoara).

Le département du Timis comprend au total 14 sites naturels préservés bénéficiant du classement en réserves.

La grotte des monts Poiana Rusca, proche du village de Românesti, est réputée pour les concerts de musique classique qu'y organise l'association spéléologique Speotimis depuis 1984.

Les complexes de balnéothérapie de Buziaș et de Calacea contribuent aussi à l'attractivité touristique de la ville, de même que les vignobles et caves du Recaș. La maison romano-britannique Cramele Recaș, qui produit des vins issus des cépages sauvignon blanc, merlot, chardonnay, riesling et pinot gris principalement, est l'une des principales animatrices du festival des vins de Timișoara.

Proche de la frontière hongroise, le village de Sânnicolau Mare abrite la maison natale du musicien et compositeur d'origine hongroise Béla Bartók qui popularisa la musique du Banat. Cette maison a été transformée en musée.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Timișoara est jumelée avec[9] :

Timișoara entretient également des accords de partenariat avec :

Photos de la ville[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gerhard Hochstrasser - Historische und Philologische Untersuchung des Ortsnames Temeschburg - Temesvár - Timișoara, Editure Eurobit, 2001, p.7
  2. Sorin Forțiu - Falsele denumiri ale orașului Timișoara (fr Les faux noms de la ville de Timișoara)
  3. Jean-Marie Charon, Le journalisme, Milan,‎ 2007, 63 p. (ISBN 978-2-7459-2598-5), p. 50
  4. « Timișoara représente le point extrême de ce procès, qui mérite de donner son nom au nouveau cours de la politique mondiale. Une police secrète, qui avait conspiré contre soi-même pour renverser le vieux régime à spectacle concentré, et une télévision, qui mettait à nu sans fausse pudeur la fonction politique réelle des médias, ont réussi à accomplir ce que même le nazisme n’avait osé imaginer — faire coïncider en un seul événement monstrueux Auschwitz et l’incendie du Reichstag. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des cadavres à peine enterrés ou alignés sur les tables des morgues, ont été exhumés en vitesse et torturés pour simuler devant les caméras le génocide qui devait légitimer le nouveau régime. Ce que le monde entier voyait en direct sur les écrans de télévision comme la vérité vraie, était la non-vérité absolue et bien que la falsification ait paru par moments évidente, elle fut authentifiée cependant comme vraie par le système mondial des médias pour qu’il soit clair que le vrai, désormais, n’était qu’un moment dans le mouvement nécessaire du faux. Ainsi la vérité et le faux devenaient indiscernables et le spectacle se légitimait uniquement à travers le spectacle. Timișoara est, en ce sens, l’Auschwitz de l’âge du spectacle: et de même qu’il a été dit qu’après Auschwitz, il est impossible d’écrire et de penser comme avant, de même après Timișoara, il ne sera plus possible de regarder un écran de télévision de la même manière. » Giorgio Agamben, Postface à l'édition italienne en un volume de La Société du spectacle et des Commentaires sur la société du spectacle de Guy Debord[1].
  5. Ethnic items of Timiș County par E, Varga (hu)
  6. http://www.insse.ro/cms/files/pdf/en/cp2.pdf
  7. Rodica Draghincescu, page web personnelle, consulté le 2011-04-26
  8. [2], site web Banaterra - encyclopédie virtuelle du Banat consultée le 2012-12-14
  9. Orașe înfrățite

Liens externes[modifier | modifier le code]

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