Agen

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Agen
Le centre historique d'Agen.
Le centre historique d'Agen.
Blason de Agen
Blason
Agen
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Lot-et-Garonne (préfecture)
Arrondissement Agen (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 5 cantons
Intercommunalité Agglomération d'Agen
Maire
Mandat
Jean Dionis du Séjour
2014-2020
Code postal 47000
Code commune 47001
Démographie
Gentilé Agenais
Population
municipale
33 620 hab. (2011)
Densité 2 926 hab./km2
Population
aire urbaine
111 011 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 44° 12′ 18″ N 0° 37′ 16″ E / 44.204931, 0.62115344° 12′ 18″ Nord 0° 37′ 16″ Est / 44.204931, 0.621153  
Altitude Min. 37 m – Max. 162 m
Superficie 11,49 km2
Localisation

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Liens
Site web www.agen.fr/
Topographie d’Agen

Agen (prononcé [a.ˈʒɛ̃ ][1] en « français standard » et [a.ˈʒɛŋ ] localement) est une commune du sud-ouest de la France, préfecture du département de Lot-et-Garonne (région Aquitaine). Ses habitants sont appelés Agenais(es). Le pays qui l'entoure, sur les deux rives de la Garonne, est l'Agenais.

Avec 33 620 habitants en 2011[2], elle est la 228e commune de France par sa population. Son unité urbaine rassemble 79 764 habitants (2011)[3] et se classe au 71e rang en France métropolitaine. Son aire urbaine compte 111 011 habitants (2011)[4]. Enfin, Agen est au cœur du 31e espace urbain de France avec 155 523 habitants (2007)[3].

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Agen est située dans la vallée de la Garonne qui borde la commune à l'ouest. Celle-ci reçoit le ruisseau de la Masse (arrivant de Monbalen) au nord de la ville, au niveau du pont-canal. Au nord et à l'est, on retrouve les premières collines du pays de Serres (Coteau de l'Ermitage, côte de Gaillard au nord, côte du Fromage à l'est). Au sud et à l'ouest, en revanche, on se situe dans la plaine de la Garonne, large d'environ 6 km à ce niveau.

Agen est situé dans le sud-ouest de la France, dans le sud-est du département de Lot-et-Garonne, sur la rive droite de la Garonne et au bord du canal latéral à la Garonne. La ville se trouve entre Toulouse (115 km) et Bordeaux (140 km).

Distance des grandes villes françaises[modifier | modifier le code]

Ville Toulouse Bordeaux Périgueux Montpellier Marseille Nantes Lyon Nice Paris
Distance

Orientation

115 km

(S-E)

140 km

(N-O)

139 km

(N)

417 km

(E-SE)

593 km

(S-E)

529 km

(N-NO)

518 km

(NE)

812 km

(E)

622 km

(N-NE)

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes d’Agen
Colayrac-Saint-Cirq Foulayronnes Pont-du-Casse
Le Passage d'Agen Agen Bon-Encontre
Boé

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

La ville bénéficie d'un climat tempéré doux en automne, avec des printemps le plus souvent pluvieux et humides, des étés assez chauds et secs et des hivers doux. L'hiver est doux et le mois de janvier le plus froid comporte des températures proches de 5 °C. Le record de température minimale a été enregistré à -21,9 °C en février 1956. Au printemps, les températures sont en hausse régulière avec des mois d'avril et de mai souvent pluvieux. L'été est chaud et sec et les records de chaleur sont réguliers. Les orages sont des phénomènes réguliers dont les précipitations sont abondantes et ponctuelles. Enfin, l'automne est doux et peu pluvieux[5].

Tableau comparatif des données météorologiques d'Agen et de quelques villes françaises[6]
Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Agen 1 984 716 4,8 30,1 70,6
Paris 1 630 642 15 19 13
Nice 2 668 767 1 31 1
Strasbourg 1 633 610 30 29 65
Brest 1 492 1 109 9 11 74
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 2,5 4,1 6,4 9,9 13 14,9 14,7 12,1 9,2 4,9 2,6 8,1
Température moyenne (°C) 5,5 6,9 9,3 11,7 15,4 18,8 21 20,8 18,1 14,2 8,8 5,9 13,1
Température maximale moyenne (°C) 8,9 11,2 14,4 16,9 21 24,5 27,1 26,8 24,1 19,2 12,6 9,1 18
Record de froid (°C) −17,4 −21,9 −10,5 −3,4 −1,6 3,9 7 4,7 1 −4,4 −8,6 −12,1 −21,9
Record de chaleur (°C) 20,1 22,3 26,3 30,2 33,6 38,5 38,8 40,9 36,7 31,7 23,9 21,2 40,9
Précipitations (mm) 59,6 54,6 53,8 62,1 79,5 62,2 53 55,7 59,3 59,9 60,5 65,4 725,9
Source : Le climat à Agen (en °C et mm, moyennes mensuelles 1958/2008 et records depuis 1958)meteostats-bzh.ath.cx:93


Agen, 59 m, 1981 - 2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 2,4 4,4 6,6 10,3 13,6 15,4 15,3 12,3 9,7 5,4 2,8 8,4
Température maximale moyenne (°C) 9,2 11,3 15 17,5 21,5 25 27,6 27,6 24,5 19,6 13,2 9,5 18,5
Source : « données climatiques », sur Météo-France (consulté en juin 2013)


Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Agen est situé à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, sur un axe majeur de la vallée de la Garonne, emprunté depuis plusieurs milliers d'années. Aujourd'hui, la commune est traversée par la RD 813 (ancienne RN 113) menant au sud-est vers Toulouse et au nord-ouest vers Bordeaux. Un deuxième axe principal, l'autoroute A62, passe au sud de la ville. Ces deux axes de communication longent la Garonne et le canal latéral de la Garonne. Un troisième axe principal, la route nationale 21, mène au nord à Villeneuve-sur-Lot puis à Bergerac dans le département de la Dordogne et enfin Limoges en Haute-Vienne. Au sud, cette même nationale permet de rejoindre Auch dans le Gers, Tarbes et Lourdes (Hautes-Pyrénées). Le réseau secondaire est composé de plusieurs routes départementales. Au nord-est, la route départementale 656 rejoint Tournon-d'Agenais puis Cahors dans le département du Lot. Au sud, la route départementale 931 rejoint au sud-ouest Condom et Eauze dans le département du Gers.

L'aéroport Agen-La Garenne est situé sur la commune du Passage, à 3 km au sud-ouest d'Agen sur un ancien terrain militaire. Il est géré par le syndicat mixte pour l'aérodrome départemental de Lot-et-Garonne, composé du conseil général de Lot-et-Garonne, de la communauté d'agglomération d'Agen, de la Chambre de commerce et d'industrie et de la Chambre des métiers. Trois vols aller et retour quotidiens sont assurés par la compagnie Airlinair, et permettent de rejoindre l'aéroport d'Orly à bord d'un ATR 42 de 48 sièges. Le service a repris le 7 janvier 2008 après une suspension de plusieurs mois consécutive à la faillite de la compagnie portugaise Aerocondor. En 2009, le nombre de passagers était de 27 731[7]. L'aéroport n'assure pas le fret de marchandises.

Transports urbains[modifier | modifier le code]

Logo de Tempo
Articles détaillés : Keolis Agen et Transports en commun d'Agen.

Le réseau Tempo est exploité par la société Keolis Agen et dessert les 29 communes de l'agglomération d'Agen soit un total de 92 042 habitants depuis le 30 mars 2013, en remplacement du réseau Transbus. En 2013, le nombre de voyageurs annuels s'élève à près de 2 000 000 pour plus d'1 800 000 kilomètres parcourus [8] .

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

Agen comptait 17 983 logements en 1999. Les constructions neuves sont peu présentes puisqu'en 1999, seulement 7,9 % des résidences principales étaient postérieures à 1990. A contrario, les constructions antérieures à 1949 représentaient 39,4 % du parc.

86,3 % des logements sont des résidences principales, réparties à 36,4 % en maisons individuelles et à 63,6 % en appartements (respectivement 70,7 % et 29,3 % dans la région). La ville possède donc une majorité de logements collectifs contrairement au reste de la région[9],[10]. 31,6 % des habitants sont propriétaires de leur logement, contre 64,7 % qui sont locataires (respectivement 58 % et 36,6 % dans la région)[11],[12].

À noter qu’avec 3 059 logements HLM soit 19,7 % du parc en 1999 (10 % dans la région), la ville ne respecte pas tout à fait les dispositions de l’article 55 de la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000 fixant à 20 % le taux minimum de logements sociaux pour les communes les plus importantes. On peut noter en outre que le nombre de logements vacants était assez important en 1999 avec 11,4 % du parc contre seulement 6,7 % dans la région[9].

La plupart des habitations possèdent 4 pièces (44,4 %), ou 3 pièces (26,3 %), puis 2 pièces (17,7 %). Les petits logements sont assez nombreux (studios : 11,6 %). La ville possède par conséquent des logements de taille modeste. Enfin il faut préciser que ces logements sont bien dotés puisque 94,8 % ont le chauffage central et 45,2 % possèdent un garage, box ou parking (respectivement 79,8 % et 65,9 % pour la région)[9].

Projets d'aménagement[modifier | modifier le code]

Depuis les élections de mars 2008, la nouvelle équipe municipale conduite par Jean Dionis du Séjour a entrepris un vaste programme de revitalisation du centre-ville : création de places de parkings en périphérie avec navettes gratuites vers le centre-ville, piétonnisation du Boulevard de la République (principale artère commerçante) et de ses rues adjacentes, création d'un multiplexe aux portes du centre-ville dans le quartier du Pin, création d'une zone 30. Depuis début octobre 2013, une vaste zone commerciale de 29,4 ha est en activité au sud de la commune[13].

La commune, irriguée de voies cyclables, s'équipe de vastes zones vertes ceinturant la ville le long de Garonne[14], et par le biais d'un parc naturel sur les lieux-dits de Passeligne et de Pélissier autour des lacs du même nom[15].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Agen est documenté au XVIIe siècle. Il est issu d'un ancien Aginnon (IIe siècle, Ptolémée), Aginnum (IIIe siècle, Itinéraire d'Antonin), basé sur un nom préceltique aginno signifiant « rocher, hauteur » et s'appliquant à l'oppidum de l'Hermitage[16], lui-même basé sur le radical oronymique ag- [17].

Ce toponyme se retrouve dans les noms d'Ayen, Ayn ou encore Agino (Alava).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le site d'Agen fut vraisemblablement peuplé au moins dès le Néolithique mais il est difficile d'en dater l'origine exacte. Les vestiges que nous avons actuellement à notre disposition témoignent d'un peuplement d'origine Ibère aux viiie et viie siècles av. J.-C.. Cependant, le site occupé à cette époque était différent de celui que nous connaissons aujourd'hui : c'est le plateau de l'Ermitage. C'est d'ailleurs cette situation (sur un éperon rocheux) qui donnerait la clé de la toponymie de la cité.

Le site, bien que se trouvant à la confluence de la vallée de la Masse et de la Garonne, n'est pas un des endroits les plus stratégiques de la vallée. Il est donc difficile d'expliquer par la seule géographie la raison pour laquelle les Nitiobroges (peuple Celte arrivé vers 400 avant Jésus-Christ) ont choisi cet endroit pour en faire la capitale de leur royaume. Ils avaient édifié sur ce site une place forte d'environ 50 hectares, située à 100 mètres au-dessus du lit de la Garonne. On a trouvé des traces de cette occupation du sol au XIXe siècle et plus récemment, grâce au travail de l'équipe des archéologues de l'Agenais.

Le déplacement de la ville vers les terrasses de la Garonne est sans doute antérieur à l'occupation romaine. Il faut mettre en relation ce transfert avec la richesse des échanges commerciaux qui avaient lieu le long du fleuve ainsi que vers les Pyrénées et le Massif central. La découverte de la très riche tombe à char de Boé atteste de l’opulence des élites locales à la fin du Ier siècle av. J.-C..

Une ville gallo-romaine[modifier | modifier le code]

La ville gallo-romaine a laissé d'importantes et assez nombreuses traces. Malheureusement, elles ont pour la plupart été détruites et en particulier les plus intéressantes. Tout d'abord le théâtre, chose assez rare pour une ville de moyenne importance, d'autant plus qu'Aginnum était aussi doté d'un amphithéâtre (daté de 215 après Jésus-Christ) pouvant accueillir 10 000 à 15 000 personnes, nombre considérable. On a également des indices concernant l'existence d'au moins une nécropole. La ville s'étendait sur 80 hectares et était donc assez riche et surtout peuplée. Mais la prospérité était davantage liée à une activité de transit qu'à un véritable rôle de pôle commercial. Ce passage intense est à mettre en relation avec l'implantation précoce de la religion chrétienne. Dès la fin du IIIe siècle, les chroniques relatent les martyres de saint Caprais et sainte Foy. Au siècle suivant, l'Église chrétienne s'organise avec son premier évêque connu, Phébade, dont les travaux théologiques lui valurent un prestige dans toute la chrétienté.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Comme pour beaucoup de cités, nous avons peu de documents concernant l'époque des Grandes Invasions. Pendant quatre siècles, Agen vit passer les Vandales, les Wisigoths puis les Francs avant de subir les assauts des Vikings au IXe siècle.

Une image du parcellaire médiéval : la rue Beauville.

Pendant le haut Moyen Âge, Agen restait en Aquitaine aux abords de la Novempopulanie puis de la Vasconie. Après l'an 660, la Vasconie et l'Aquitaine sont devenues indépendantes des Francs et parviennent à leur apogée avec Eudes d'Aquitaine. En 732, les Sarrasins envahissent la Vasconie et Bordeaux, mais leur progression est arrêtée par Charles Martel et Eudes entre Poitiers et Tours. Pépin le Bref poursuit la conquête de toute l'Aquitaine et, en 766, les Basques (appelés Wascones) se rendirent auprès de Pépin à Agen. La ville se replia sur elle-même et se fortifia dans sa première enceinte (une dizaine d'hectares) autour de la cathédrale Saint-Étienne (emplacement de l'actuel marché-parking couvert) et dont la fondation est difficile à dater. N'ayant jamais été totalement terminé, l'édifice s'est détérioré et menaçant de s'effondrer il a été démoli au début du XIXe siècle.

C'est autour de ce noyau que s'est développée la ville médiévale dont la trame urbaine était organisée à partir de la rue des Cornières (dont il reste une partie) qui aboutissait place du Marché (aujourd'hui place des Laitiers) c'est-à-dire au pied de l'ancienne cathédrale. Les principaux vestiges de l'Agen médiéval sont des édifices religieux. On a déjà vu que la cathédrale Saint-Étienne a disparu. Mais le monument le plus magnifique est sans conteste l'église des Jacobins (aujourd'hui transformée en centre culturel). L'église est le dernier vestige du couvent des Jacobins (ou Dominicains) et date du XIIIe siècle. La construction, à l'exception des trois piliers centraux (en pierre) qui séparent le vaisseau en deux nefs, est réalisée en briques. Les récents travaux de restauration ont dégagé des peintures murales où figure Alphonse de Poitiers (seigneur de la ville et protecteur du couvent à sa construction). Elle fut le lieu de grands évènements locaux ou régionaux : en 1354, le Prince noir y reçut l'hommage de 40 barons et en particulier celui de Gaston Phébus.

Maison à colombages abritant le Service départemental de l'Architecture et du Patrimoine.

La ville comptait un grand nombre d'autres édifices à caractère religieux, couvents ou églises comme l'actuelle cathédrale : la collégiale Saint Caprais, en grande partie de style roman. Autour de l'église il y avait un ensemble architectural servant à accueillir les chanoines : monastère, cloître… dont il ne reste que la salle capitulaire. Exploitant les rivalités féodales entre Plantagenêt (succédant aux comtes de Poitiers) et comtes de Toulouse puis entre rois d'Angleterre et Capétiens, évêques et habitants surent échapper à la tutelle de leurs seigneurs.

Dès le XIIe siècle, la ville jouit d'une certaine autonomie, elle possède une coutume, des libertés et des franchises. Cette autonomie s'affirme au XIIIe siècle (la charte date de 1248) et la tutelle du roi (ou du comte) et de l'évêque est de plus en plus lâche. La ville est administrée par des consuls qui apposent sur les actes solennels le grand sceau de la cité représentant sur l'avers une ville fortifiée avec à l'intérieur un clocher et au revers un aigle. Mais l'administration consulaire n'a rien de démocratique, c'est une oligarchie qui abusa souvent de ses pouvoirs, entraînant plusieurs révoltes populaires aux siècles suivants.

La ville s'est en effet notablement agrandie au cours du Moyen Âge : elle atteint désormais 60 hectares. Agen était une cité prospère et peuplée (peut-être 10 000 habitants alors que Toulouse en comptait moins de 40 000) vivant en particulier des activités liées à la Garonne : commerce, pêche, minoterie. Cependant, bien que la ville n'ait pas trop souffert directement des terribles affrontements de la guerre de Cent Ans (elle y a même gagné un peu plus d'autonomie) elle a subi les conséquences des ravages des contrées environnantes. De plus, XIVe et XVe siècles connurent la terrible épidémie de peste noire aggravée par des intempéries nombreuses et dévastatrices. La Garonne en particulier frappa par des crues meurtrières.

L'époque de la Renaissance[modifier | modifier le code]

De la fin de la guerre de Cent Ans aux premiers troubles des guerres de Religion Agen connut une renaissance autant matérielle qu'intellectuelle. Une vague d'immigration venue du Massif central, de l'Ouest et des Pyrénées repeupla la région. En outre, le diocèse fut dirigé par cinq évêques italiens successifs dont plusieurs issus de la famille La Rovère, apparentée au pape Jules II. Ils étaient de fins lettrés, comme Mateo Bandello, auteur de nouvelles. C'est l'une d'elles, écrite probablement à Bazens, résidence des évêques d'Agen, qui inspira à Shakespeare Roméo et Juliette. Ils vinrent accompagnés de toute une suite composée de gens obscurs mais aussi très brillants comme le médecin et humaniste Jules César Scaliger, connu dans toute l'Europe, ou son fils, Joseph-Juste, acquis à la Réforme (c'est l'un des "illustres" agenais). Agen, cité catholique (et rivale de Nérac, capitale politique et intellectuelle des réformés), fut à plusieurs reprises occupée et pillée par les troupes protestantes durant cette période dramatique. Elle abritera quelque temps la reine Marguerite de Valois, dite la reine Margot.

La paix revenue, la ville connut un regain de prospérité après un Grand Siècle difficile, comme le reste du pays, en raison de conditions climatiques préjudiciables à l'agriculture, activité dont la ville était fort dépendante. Séditions populaires, pestes et famines font que le retour véritable à la prospérité n'eut lieu qu'au XVIIIe siècle, ce qu'attestent les nombreux édifices civils : hôtels particuliers des riches familles nobles ou bourgeoises enrichies dans l'activité commerçante et textile. Ce n'est qu'à la fin du siècle que fut bâti le magnifique palais épiscopal devenu par la suite siège de la préfecture. Agen est à cette époque une ville manufacturière spécialisée dans la toile à voile mais aussi les draps, cordes et tissus divers. La ville sort de plus en plus de ses remparts. Elle ne craint plus les troubles politiques mais seulement les humeurs de la Garonne. On n'hésite cependant pas à embellir les bords du fleuve en aménageant la promenade dite "du Gravier" plantée d'ormeaux (aujourd'hui amputée et défigurée par la voie sur berge et le mur qui sépare désormais la ville de son fleuve). Cet endroit accueillait les grandes foires, en particulier celle de juin où les chalands venaient de toute l'Europe. La ville dépend en effet de plus en plus de son fleuve qui exporte vers les Amériques la farine du Haut Pays que l'on échange là-bas contre du sucre. On vend aussi aux marins les prunes séchées qui durant la traversée permettent d'éviter le scorbut. Le commerce du vin était aussi très important mais gêné par le privilège des vins de Bordeaux interdisant la vente des vins de l'amont jusqu'à Noël, une partie de la production était transformée en eau-de-vie.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La Révolution puis le blocus continental et les débuts de la révolution industrielle vont porter de rudes coups aux activités agenaises. Mais cet engourdissement économique que l'on constate au XIXe siècle est aussi à mettre au compte de la bourgeoisie locale, qui a perdu son dynamisme et se replie sur une rente foncière de moins en moins lucrative : le comice agricole d'Agen de 1855 cherche encore à démontrer la supériorité de la faux sur le volant ! Comme l'a écrit Peter Weissberg dans l'histoire d'Agen parue chez Privat en 1991 : « Agen n'a pas manqué sa révolution industrielle : elle ne l'a même pas tentée ». Ainsi, les atouts que constituaient le chemin de fer et le canal latéral de la Garonne, qui devait, après transformation en « canal des deux mers », selon les militaires "prendre la moitié du trafic de Gibraltar et éviter à notre flotte l'humiliation de passer sous les canons anglais", furent insuffisamment utilisés ou ne virent pas le jour. L'apport de populations venues du Massif Central, des Pyrénées et d’Espagne, compensa le très important déficit de main d’œuvre dans une région en grave déclin démographique mais essentiellement absorbé par la construction et l’agriculture. Le XIXe siècle fut cependant celui des grandes réalisations édilitaires. Dès 1827, Agen a enfin un pont (plusieurs tentatives ont avorté, du Moyen Âge au XVIe siècle et pendant 300 ans on traversa la Garonne par le bac), doublé par la passerelle suspendue en 1839 et enfin le Pont-Canal, achevé en 1843, véritable chef-d'œuvre doté de 23 arches qui enjambent le fleuve et son lit majeur. C'est en 1875 que la Garonne connut sa crue la plus dramatique (elle fit 500 morts à Toulouse et 8 à Agen) mais le Pont Canal avait résisté.

Les véritables transformations de la trame urbaine agenaise n'eurent lieu que sous le mandat de Jean-Baptiste Durand, entre 1880 et 1895 (la ville comptait à cette époque 20 000 habitants). On perça les deux grands boulevards actuels : République et Carnot, ce dernier aboutit à la gare, nouvellement construite (le bâtiment principal est achevé en 1858 et deux ailes latérales sont ajoutées en 1886 puis détruites en 1981). Sur le tracé des anciens remparts, démantelés à la Révolution, on réalisa des boulevards de ceinture. Ces grands chantiers détruisirent cependant des témoignages du passé comme la majeure partie de l'église Sainte-Foy. C'est en 1888 qu'est inauguré le nouveau Lycée Bernard Palissy d'Agen, construit sur un tertre afin qu'il soit à l'abri des crues. Le second lycée de la ville (lycée technique Jean-Baptiste de Baudre, du nom de l'ingénieur concepteur du canal Latéral) occupe les murs du grand séminaire, imposante bâtisse de la fin du XVIIe siècle, construit par l'évêque Mascaron pour parfaire l'œuvre de la Contre-Réforme.

C'est enfin Jean-Baptiste Durand qui fait édifier sur l'emplacement de l'ancienne cathédrale le marché couvert, dans le style des halles de Baltard, malheureusement lui aussi disparu. Fort heureusement, à l'écart de ces grands travaux subsistent encore de petites artères, rues et venelles aux maisons à colombages et en encorbellement ou vieux hôtels de pierre ou de brique. Ces constructions, dont les plus anciennes sont datées du XIVe siècle, donnent à Agen un cachet particulier que l'on retrouve dans d'autres cités de moyenne importance, à l'abri d'une trop boulimique expansion.

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Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La Gare d'Agen, vue ici au début du XXe siècle, a été édifiée de 1854 à 1858.

Aujourd'hui, la ville s'est considérablement étendue, bien au-delà du noyau primitif, seul endroit à l'abri des inondations. Les travaux d'endiguement du fleuve doivent protéger le lit majeur des crues dévastatrices (le siècle a connu deux crues "centenaires" : 1930 et 1952 et la dernière inondation importante eut lieu en décembre 1981). Si la population de la ville stagne à un peu plus de 30 000 habitants, l'agglomération s'est étendue vers le sud et l'est, profitant aux communes de Bon-Encontre, Boé et Le Passage. Selon l'INSEE, l'unité urbaine compte actuellement environ 80 000 habitants (78 000 en 2008).

Au sein d'un environnement essentiellement rural et agricole, Agen doit tirer ses richesses du secteur agro-alimentaire. C'est pour cela qu'a été créé en 1990, l'Agropole, situé à côté de l'échangeur autoroutier, sur la commune d'Estillac. Cependant, la plus grande entreprise agenaise est la firme UPSA, laboratoire pharmaceutique fondé en 1935 par le docteur Bru et rachetée par le groupe américain Bristol-Myers Squibb qui ont deux sites sur l'agglomération un sur Agen et un à Le Passage. Le tissu industriel est aujourd'hui très diffus et c'est surtout le secteur tertiaire qui entraîne l'agglomération et la ville vers le XXIe siècle avec en particulier le pôle universitaire (antenne de la faculté de Bordeaux et I.U.T.) et l'École nationale d'administration pénitentiaire (ENAP) en 2000.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de 1981 à aujourd'hui
Période Identité Étiquette Qualité
1981 mars 1989 Georges Ricci UDF  
mars 1989 mars 2001 Paul Chollet UDF Médecin
mars 2001 mars 2008 Alain Veyret PS Chirurgien
mars 2008 en cours Jean Dionis du Séjour[18] NC Ingénieur, ancien député de la 1re circonscription, président de l'Agglomération d'Agen
Hôtel de ville d'Agen

Administration épiscopale[modifier | modifier le code]

Agen est le siège d'un évêché dont le titulaire actuel est Monseigneur Hubert Herbreteau, depuis 2005.

Depuis sa fondation, au IVe siècle, le diocèse d'Agen a vu se succéder un très grand nombre d'évêques parmi lesquels :

Voir aussi la liste complète : liste des évêques d'Agen.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 33 620 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
19 639 9 876 10 850 11 659 12 631 13 399 14 987 15 517 16 027
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
17 667 17 263 18 222 18 887 19 503 20 485 22 055 23 234 22 730
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
22 482 23 141 23 294 23 391 23 530 24 939 27 152 33 397 32 593
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
32 800 34 949 34 039 31 593 30 553 30 170 33 728 33 620 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2004[20].)
Histogramme de l'évolution démographique


Au recensement de 2007 et à périmètre identique à 1999, l'aire urbaine compte 104 779 habitants pour 56 communes, l'agglomération 77 031 habitants pour 14 communes. C'est la quatrième agglomération d'Aquitaine. Les principales communes de l'agglomération en dehors d'Agen sont Le Passage d'Agen (9 097 habitants), Bon-Encontre (5 910 habitants), Foulayronnes (4 874 habitants), Boé (5 178 habitants) et Pont-du-Casse (4 306 habitants).

Économie[modifier | modifier le code]

La ville est célèbre pour la culture du pruneau AOC.

Située au cœur d'une importante région agricole, l'industrie agro-alimentaire occupe une place de choix dans l'économie agenaise. l'Agropole, vaste zone industrielle dédiée à la transformation des produits alimentaires, occupe sur 70 hectares plus de 100 entreprises et emploie 1 700 personnes.

Elle est aussi le siège d'une grande entreprise de pharmaceutique UPSA, filiale du groupe BMS. Cette entreprise possède deux unités de fabrication sur la communauté d'agglomération d'Agen : une sur la commune même et l'autre sur l'autre rive de la Garonne au Passage, elles rassemblent plus de 1 200 employés.

L'entreprise de découpe de viande Bigard.

Agen est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie de Lot-et-Garonne.

Santé[modifier | modifier le code]

Centre hospitalier Saint Esprit (Nord d'Agen)[modifier | modifier le code]

Le centre hospitalier est composé de trois établissements qui constituent un ensemble de 700 lits et places :

  • le centre hospitalier Saint-Esprit avec ses services de médecine, chirurgie, gynécologie-obstétrique et ses services médico-techniques ; il comporte 371 lits et 26 postes d’hémodialyse ;
  • l’hôpital de Monbran, établissement doté de 15 lits de court séjour gériatrique, 42 lits de soins de suite et réadaptation, et de 32 lits de psychiatrie ;
  • le Centre de gérontologie de Pompeyrie, avec un secteur long séjour et une maison de retraite, d'une capacité totale de 182 lits, répartis en 146 lits d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et 36 lits de soins de longue durée[21].

Clinique Esquirol Saint-Hilaire (Agen Sud)[modifier | modifier le code]

Clinique Esquirol Saint-Hilaire.

La clinique Esquirol[22] fondée en 1947 par le Docteur Pierre Esquirol dans les bâtiments de l’ancien Hôtel Central. Le Docteur Esquirol eut une longue série d’échanges avec des praticiens étrangers pour réaliser des actes chirurgicaux inconnus en France, il exerça la chirurgie à la clinique jusqu’en 1972. Une chirurgie de pointe est désormais pratiquée à la clinique Esquirol.

Une nouvelle équipe médicale se met en place.[Quand ?] Une phase de transformation est lancée par Gérard Angotti. Les agrandissements et les rénovations sont alors menés par étapes successives et conduisirent à créer un nouvel établissement.

Dans les années 1990, la Clinique Esquirol s’agrandit encore à l’occasion du regroupement des activités du pôle de santé agenais. À partir de 1996, elle intègre l’activité de chimiothérapie de la clinique Calabet et une partie de l’activité de la clinique Saint-Jean. Tous les services d’hospitalisation sont modernisés au niveau de la structure et des équipements.

La Clinique Saint-Hilaire, fondée à Agen en 1904 dans le centre de la ville, s’installe sur le site actuel en 1973 et de nouvelles spécialités voient le jour. Des travaux d’extension et de restructuration sont réalisés en 1994, parallèlement au regroupement des lits et des équipes des établissements de soins d’Agen. Dès 1996, le regroupement des trois maternités privées de l’Agenais se fait sur son site. Le projet de création d’un très grand établissement regroupant toutes les cliniques privées agenaises est lancé en juin 2000.

Le 1er mars 2005, un nouvel établissement de 27 000 m2 est né, devenant la plus importante clinique d’Aquitaine avec 335 lits pour 30 000 séjours, et quelques 20 000 interventions. La clinique pointe en 2013 à la 30e position des 50 meilleurs établissements privés du territoire national[23].

Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Vie militaire[modifier | modifier le code]

Unités ayant été stationnées à Agen :

Télévision[modifier | modifier le code]

Agen a participé à l'émission Jeux sans frontières en 1976 (5e sur 7 avec 31 points).

Jumelages[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Le Sporting union Agen est le grand club omnisports de la ville. Le SUA comprend notamment une section de rugby à XV (Sporting union Agen Lot-et-Garonne) dont l'équipe fanion évolue en Top 14 pour la saison 2010/2011 et compte 8 titres de champion de France (1930, 1945, 1962, 1965, 1966, 1976, 1982 et 1988). Les rugbymen utilisent le stade Alfred Armandie (14 000 places).
Ayant terminé la saison 2012-2013 à la 13e place du Top 14, le SUA XV a été rétrogradé en Pro D2 pour la saison 2013-2014.

Le section football du SUA (Sporting Union Agen Football) est plus modeste. Elle évolue cette saison en Division honneur.

Les courses hippiques se tiennent sur l'hippodrome de la Garenne.

Au Stadium d'Agen, le Full contact Agen est un club qui compte plus de 100 licenciés, entrainé par William Varnier, le club pratique le full contact, le kickboxing, le muay thai, le K-1 et le combat libre, des résultats élogieux ces dernières années on fait parlé du club grâce à leurs champion Adeline Varnier 4 fois championne de France en full contact, Romain Clique 3 fois champion du monde en full contact, et champion du monde en titre en kickboxing, William Saidi, champion d'Europe en kickboxing, et double champion du monde en boxe thailandaise, Émile Garros, champion du monde en light contact, et plusieurs internationaux Tony Bordes Vecchiato, Soufiane Ouazaf, et Théo Bergonzat un des leaders agenais en combat libre[24]

De plus Agen a l'un des plus grands clubs de kayak-polo d'Europe, (Canoë-Kayak Club Agenais) dont plusieurs joueurs sont des joueurs classés haut niveau sur les listes nationales : Thibaud Chanuc, Manuel Courtin, Anthony Courtin, Martin Brodoux, Thibault Salbaing.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Si Agen a été, sous l'Ancien Régime, une ville riche de monuments architecturaux, certains de ses monuments ont été démolis sous la Révolution et les municipalités successives.

Cathédrale Saint-Caprais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cathédrale Saint-Caprais d'Agen.
La façade de la cathédrale

Édifiée au XIIe siècle sur l'emplacement d'une basilique épiscopale construite au VIe siècle, saccagée par les Normands en 853 puis restaurée, elle constituait initialement une collégiale. Elle fut élevée au rang de cathédrale en 1802.

Saccagée en décembre 1561, elle devint en 1791 un magasin à fourrage avant d'être rouverte en 1796 et de devenir la cathédrale officielle d'Agen, en lieu et place de l'ancienne cathédrale Saint-Étienne[25], en ruines.

L'orgue principal fut offert par l'impératrice Eugénie en 1858.

La cathédrale Saint-Caprais d'Agen présente plusieurs particularités architecturales : son abside romane est prolongée par un vaisseau gothique à une seule nef. Remplaçant un ancien campanile en bois, le clocher actuel fut édifié en 1835 à l'initiative de l'évêque Mgr de Levezou de Vezins et présente la particularité d'être composé des trois éléments stylistiques gothiques (gothique à lancettes, gothique rayonnant, gothique flamboyant) curieusement présentés dans leur ordre chronologique inverse.

Église Notre-Dame des Jacobins[modifier | modifier le code]

Également connue sous le nom de Notre-Dame d'Agen[26], cette église est le seul vestige de l'ancien couvent des Dominicains, appelés également Jacobins. Construite au XIIIe siècle, elle se présente sous la forme d'un vaisseau rectangulaire divisé en deux nefs égales et surmonté d'un clocher octogonal. Elle est liée à de grands évènements de l'histoire agenaise :

  • le 9 août 1279, elle est le témoin de la cérémonie au cours de laquelle l'Agenais est officiellement restitué à l'Angleterre par Philippe III, fils du roi de France Louis IX ;
  • en 1585, Marguerite de Navarre, désavouée par son frère Henri III de France, arrive à Agen qu'elle essaie d'entraîner dans le sillage de la Ligue. Elle transforme alors le couvent des Jacobins en citadelle ;
  • le 12 mars 1789, l'église des Jacobins est le théâtre de la réunion des trois ordres de la sénéchaussée d'Agen, afin de rédiger les cahiers de doléances en vue de la réunion des États généraux.

À la Révolution française, le couvent des Jacobins fut fermé et démoli tandis que l'église fut sauvegardée et transformée en écurie. Elle sera réaffectée au culte catholique en 1807.

L'église a été restaurée et sert désormais de salle d'exposition temporaire pour le Musée des Beaux Arts.

Église Notre-Dame du Bourg[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame du Bourg.

Église ogivale en brique dont la construction remonte au XIIe siècle, elle prend après 1339 le nom de Notre-Dame du Bourg et sert tout d'abord d'annexe à la cathédrale Saint-Étienne, avant d'être rattachée à l'église Notre-Dame des Jacobins. Elle fut entourée d'un cimetière, réservé aux grandes familles de la ville et supprimé en 1802.

Elle se présente sous la forme d'un long édifice de briques, le portail surmonté d'un clocher-mur, typique de l'architecture religieuse du sud-ouest de la France.

En 1874, son chevet est remplacé par un chœur à cinq pans tandis qu'en 1962, l'auvent recouvrant le portail est démoli.

Église des Cordeliers[modifier | modifier le code]

Plus communément appelée église Saint-Hilaire[27], cette église est le seul vestige de l'ancien couvent des Frères Cordeliers : achevée en 1348, elle fut augmentée de deux campaniles en 1892, dont l'un fut découronné en 1963. Désaffectée à la Révolution, elle fut rendue au culte en 1827, alors que l'ancien couvent des Cordeliers avait été démoli et remplacé par une gendarmerie.

Vaste vaisseau gothique à une seule nef, elle doit sa notoriété à sa charpente, qui prend la forme d'une carène de navire renversée.

Notables sont les deux statues sur sa façade - à gauche Saint Pierre, à droite Moïse portant les tables de la loi. Sur les vitraux à l'intérieur on voit Saint Hilaire et en face de lui, à l'autre bout de l'église, une représentation de la trinité (car Saint Hilaire était très actif dans la défense de la doctrine de la trinité, critiquée à son époque).

Musée des Beaux-Arts d'Agen[modifier | modifier le code]

Fondé en 1876, le musée des Beaux-Arts d'Agen, situé au cœur historique de la ville, est logé dans quatre superbes hôtels particuliers de la Renaissance, ouverts sur de belles cours intérieures. Il est l’un des musées les plus riches du Sud-Ouest et présente, dans un agréable parcours évoquant l’intérieur d’un riche collectionneur, un ensemble de peintures et de sculptures, de meubles et de faïences européennes du Moyen Âge au XXe siècle.

Musées des beaux-Arts d'Agen durant la fête de la musique.

Le musée est particulièrement réputé pour son riche ensemble d’œuvres espagnoles des XVIIIe et XIXe siècles, parmi lesquelles cinq exceptionnels tableaux de Goya. Parmi les collections les plus remarquables, il faut aussi citer des natures mortes flamandes et hollandaises, des peintures du XVIIe siècle français (Champaigne) et italien (Le Tintoret), la collection de portraits des ducs d’Aiguillon (Greuze, Oudry, Drouais, de Troy, van Loo, Nattier…).

Le XIXe siècle français est représenté par les grands maîtres de la peinture (Courbet, Millet), les paysagistes de l’École de Barbizon (Corot) et les peintres impressionnistes (Boudin, Sisley, Caillebotte, A. Lebourg).

Enfin des œuvres du XXe siècle sont présentées avec deux fonds remarquables du peintre français Roger Bissière d’une part, et de Claude et François-Xavier Lalanne, d’autre part.

La section archéologique du Musée est constituée d'objets provenant de sites lot et garonnais : la collection des époques celtique et gallo-romaine en constitue un des aspects majeurs. Enfin, une très belle donation d’archéologie orientale (objets de l’âge du bronze jusqu’à l’époque des Croisades, provenant du Liban et de Syrie) est venue enrichir le musée.

Préfecture[modifier | modifier le code]

Préfecture du Lot et Garonne.

La préfecture d'Agen est installée dans l'ancien palais épiscopal, construit de 1775 à 1783 pour l'évêque Jean-Louis d'Usson de Bonnac afin de remplacer le précédent évêché, vieille construction féodale tombée en ruines. Elle fut construite sur les plans de l'architecte Charles Leroy, élève de Jacques-Germain Soufflot.

Ravagée par un incendie accidentel le 21 octobre 1904, elle fut reconstruite en 1909.

Marché couvert[modifier | modifier le code]

Épaisse construction de béton abritant une galerie marchande surmontée d'un parking automobile à étages, le marché couvert d'Agen n'offre d'intérêt que par les deux monuments auxquels il a succédé :

1- La cathédrale Saint-Étienne d'Agen, vaste basilique commencée au XIIIe siècle et dont la construction, sans cesse interrompue par le manque d'argent et les guerres de religion, ne fut jamais véritablement achevée. Son manque de grâce extérieure était compensé par une très grande richesse intérieure.

Reconstruite à neuf par l'évêque Jean-Louis d'Usson de Bonnac, elle fut démantelée à la Révolution française et ses ruines définitivement abattues en 1835, sous la municipalité du comte Adolphe de Raymond.

Saint-Étienne d'Agen fut assortie d'un campanile d'architecture fort curieuse : non adjacent à la cathédrale, construit sur une ancienne tour de la première enceinte d'Agen connue sous le nom de tour de l'Escuragno, il se présentait sous la forme d'une épaisse flèche en bois et en ardoises, à hourds, flanquée de quatre clochetons et surmontée d'une girouette. Cette flèche fut abattue en septembre 1793 tandis que la tour, vieille construction romane, fut abattue en 1885.

2- Le marché couvert d'Agen fut édifié en 1882, à l'initiative du maire Jean-Baptiste Durand sur l'emplacement de l'ancienne cathédrale Saint-Étienne d'Agen. Inauguré en 1884, il était l'œuvre de l'architecte Lhéritier et se présentait sous la forme d'une vaste construction de pierre et de métal, inspirée des halles de Paris construites par Baltard.

Particulièrement aimé des Agenais, qui le jugeaient décoratif et bien adapté aux nécessités du marché local, il fut abattu sous la municipalité de Pierre Pomarède en 1970.

Tour du Chapelet[modifier | modifier le code]

Située dans le voisinage immédiat de la cathédrale Saint-Caprais, cette tour est le dernier vestige de la deuxième enceinte d'Agen. Construite au XIIIe siècle, elle fut incorporée au XVIe siècle dans le couvent du Chapelet, auquel elle servit de campanile. Le couvent fut rasé après la Révolution française et cette tour servit de prison à partir de 1815.

À peu près carrée, bâtie en pierres de moyen appareil, elle comprend une vaste salle voûtée en berceau, surmontée de trois étages ajourés de fenêtres géminées et de fenêtres à meneaux.

Longtemps laissée à l'abandon, elle a été restaurée et abrite aujourd'hui un cabinet d'architecture.

Tour des pénitents[modifier | modifier le code]

La tour des pénitents, aussi appelé « Ancienne église Saint-Hilaire » est une église du XIIe siècle aujourd'hui en ruines.

Passerelle sur la Garonne[modifier | modifier le code]

Le passage sur la Garonne

Il s'agit d'un pont suspendu construit au XIXe siècle et qui permet de traverser la Garonne à pied en reliant la ville d'Agen, située sur la rive droite, à celle du Passage située sur la rive gauche.

Elle a été restaurée en 2005. Les pylônes d'origine en pierres ont été remplacés par des pylônes métalliques[28].

Pont-canal d'Agen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont-canal d'Agen.

Le Pont-canal d'Agen permet au canal latéral à la Garonne (appelé également « canal des deux mers ») de franchir la Garonne. Sa construction s'est étalée entre 1839 et 1843. L'ouvrage comporte 23 arches et sa longueur atteint 550 mètres ce qui en fait le deuxième plus long pont canal de France.

Pont d'Agen[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pont de pierre (Agen).

Pont sur la Garonne, il est construit sur ordre de Napoléon Ier en visite à Agen le 30 juillet 1808 dont les travaux débutèrent en 1812 et finirent en 1827[29]. Décret du 30/7/1808

Centre des archives départementales[modifier | modifier le code]

Le Centre des archives départementales du Lot-et-Garonne[30], situé 3 place de Verdun, conçu en 1907 architecte Albert Courau, architecte départemental du Lot-et-Garonne, a reçu le Label « Patrimoine du XXe siècle » en 2007[31].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Théâtres[modifier | modifier le code]

Théâtre Ducourneau

Le théâtre Ducourneau d'Agen est un théâtre à l'italienne, œuvre de Tronchet achevée en 1906. La première pierre a été posée par le président de la République Armand Fallières, originaire du Lot-et-Garonne. Ce théâtre fut le premier à être construit en ciment armé.

Deux autres théâtres complètent l'offre culturelle : Le Théâtre du Jour, fondé en 1994 par Pierre Debauche, qui réunit une compagnie théâtrale ainsi qu'une école supérieure d'art dramatique et de comédie musicale, et La Tannerie qui propose des spectacles tous publics.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne le grand écran, deux établissements se partagent la programmation : le nouveau multiplexe "Cap Ciné" (10 salles, 1600 fauteuils) qui a ouvert ses portes en 2013 et le cinéma art et essai "Studio Ferry" (2 salles, 288 fauteuils) géré par l'association Les Montreurs d'images.

Musique et spectacles[modifier | modifier le code]

Le Centre de congrès d'Agen, dont l'inauguration est prévue en juin 2014, est une salle de spectacles modulable dont la capacité maximale atteint 4 562 places.

L'ancien music-hall Le Florida a été transformé en une salle de concert et en studios de répétition. Ce centre national de création et de diffusion des musiques amplifiées, structure unique en France, accueille régulièrement des artistes en résidence. Ils disposent dans des locaux municipaux de 4 studios de répétitions, d'une salle de spectacle de 800 places et d'un espace multimédia.

Philatélie[modifier | modifier le code]

  • En 1957, un timbre de 12 francs surtaxé de 3 francs, vert-noir et bleu, figurant à l'effigie de Bernard Palissy est émis. Il fait partie de la série Célébrités du XIIe au XIXe siècle et est vendu le 15 juin à Agen, avec une oblitération 1er jour. Il porte le n° YT 1109.
  • En 1964, un timbre de 12 centimes, rouge, jaune et noir, figurant les armoiries d'Agen est émis. Il fait partie de la 4e série des armoiries de villes et est vendu le 16 mai à Agen, avec une oblitération 1er jour. Il porte le n° YT 1353A[32].

Patrimoine environnemental[modifier | modifier le code]

La Réserve naturelle nationale de la frayère d'Alose se trouve en partie sur le territoire d'Agen.

Dans son palmarès 2012, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué une fleur à la commune au Concours des villes et villages fleuris[33].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Agen Blason Parti : au premier de gueules à l'aigle essorant d'argent tenant dans ses serres un listel du même chargé du nom AGEN en lettres onciales de sable, au second aussi de gueules au château donjonné de trois tourelles pavillonnées d'or, maçonné, ajouré et ouvert de sable.
Devise 
"Nisi dominus custodierit civitatem frustra vigilat qui custodit eam" (Si le Seigneur ne protégeait pas la cité, c'est en vain que veillerait celui qui la garde)[34]
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Ce blason illustre un timbre poste de 12c (Armoiries de villes, 4e série 1962-65).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beaumont Stéphane, Histoire d'Agen, Ed. Privat 1991
  • Dubernard Jean, Album du vieil Agen, Éditions CTR, Agen, 1983
  • Lauzun Philippe, Souvenirs du vieil Agen, 1913
  • Molinié Jean-Louis, Agen, 25 siècles d'histoire, bulletin du Cercle héraldique généalogique de Lot-et-Garonne, 1995
  • Riotte Jean, Agen d'hier et d'aujourd'hui, IC, Agen, 1964
  • Soulage André, Les rues d'Agen racontent leur histoire, Société académique d'Agen, 1973

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 104.
  2. « Statistique [[Insee]] population légale 2011. »
  3. a et b Statistique Insee population légale 2010
  4. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau_local.asp?ref_id=POP&millesime=2010&nivgeo=AU2010&codgeo=079
  5. « Climat du Lot-et-Garonne », météo France (consulté le 17/10/2007)
  6. « Observations et Normales d'Agen », InfoClimat.fr (consulté le 17/10/2007)
  7. article Le Petit Bleu de Lot et Garonne du 20/11/2010
  8. Conseil d'agglomération du 13/11/2014, rapport d'activité du délégataire Keolis Agen
  9. a, b et c INSEE - Logements à Agen : le parc
  10. INSEE - Logements en Aquitaine : le parc
  11. INSEE - Logements à Agen : les occupants
  12. INSEE - Logements en Aquitaine : les occupants
  13. Carte interactive du Plan Local d'Urbanisme
  14. Les berges de Garonne, de Riols à Saint Jaques - Site de la ville d'Agen
  15. Parc Naturel de Passeligne - Site de l'Agglomération d'Agen
  16. Bénédicte Boyrie-Fénié, Dictionnaire toponymique des communes, Lot-et-Garonne, ISBN 978-2-35068-231-0.
  17. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, 1990
  18. « Agen : élection du maire et de ses adjoints », Actualités, sur http://www.agen.fr, Commune d'Agen,‎ 29 mars 2014 (consulté le 29 mars 2014)
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  21. Descriptif des lits sur le site du CH d'agen.
  22. Site de la clinique Esquirol Saint-Hilaire, consulté le 18 avril 2013.
  23. Article du Sud-Ouest 26/08/2013 : "Agen : Esquirol Saint-Hilaire dans le classement des 50 meilleures cliniques de France"
  24. http://www.team-varnier.fr
  25. Jacques Gardelles - Aquitaine gothique - p. 43-46 - Picard - Paris - 1992 - (ISBN 978-2-7084-0421-2)
  26. Jacques Gardelles - Aquitaine gothique - p. 148-150 - Picard - Paris - 1992 - ISBN 978-2-7084-0421-2
  27. Jacques Gardelles - Aquitaine gothique - p. 147 - Picard - Paris - 1992 - (ISBN 978-2-7084-0421-2)
  28. (fr) « La Passerelle », sur www.ville-lepassage.fr (consulté le 24 mai 2010)
  29. ville-lepassage.fr
  30. Site des archives départementales
  31. « Centre des archives départementales », base Mérimée, ministère français de la Culture
  32. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1
  33. Site des Villes et Villages Fleuris, consulté le 21 février 2013.
  34. Armorial de France